Et si je devenais vraiment allemande ?

Et si je devenais vraiment allemande ?

L’acquisition de la double-nationalité est un thème qui me préoccupe depuis plusieurs années et sur lequel ma réflexion a déjà plusieurs fois évolué.

De l’intégration au repli

Lorsque je suis arrivée en Allemagne, j’ai beaucoup fait pour m’intégrer. Mon travail était alors très prenant : je l’exerçais à temps plein, gérais un très gros projet. Ce fut clairement mon premier facteur d’intégration, grâce auquel mon niveau de langue a explosé et j’ai noué mes premières amitiés. Parce que j’avais toujours été habituée à bien maîtriser le français, je voulais absolument aussi bien maîtriser allemand, c’était pour moi quelque chose d’indispensable. J’ai donc cumulé les cours du soir niveau C2 (a priori l’équivalent d’un niveau langue maternelle). A cette époque là, je vous parle des années 2012-2013, j’étais capable de repérer les petites fautes de grammaire dans les mails des collègues. Je parlais allemand avec Ulrich. Et lorsque je téléphonais à ma famille ou mes amis, il me devenait presque difficile de traduire ma vie en français. En 2014, lors des élections communales de ma ville, j’étais enthousiaste à l’idée d’avoir le droit de vote, j’ai commencé à m’intéresser aux différents partis, à leurs programmes. Est-ce que j’étais alors déjà devenue un peu allemande ? Je ne crois pas. J’étais plutôt portée par ma soif d’apprendre et de découverte. Et puis je me souviens aussi que parfois le fait d’être une étrangère continuait à me peser, notamment en soirée. Comprendre l’humour des allemands quand ils ont un peu trop bu c’est… compliqué. Même avec un niveau C2.

Il y a huit ans déjà…

Lorsque Pierre est né, j’ai radicalement fait machine arrière. Tout d’un coup il m’a semblé indispensable de préserver mon identité, de la cultiver, de la défendre. Nous avons commencé à parler français avec Ulrich, j’ai arrêté de travailler et recommencé à passer mes journée en français. J’ai ouvert cet espace, cherché à m’entourer d’une petite communauté de mamans françaises malgré mon éloignement. Mon niveau d’allemand a dramatiquement régressé. Alors que je commençais justement à y avoir droit, je ne souhaitais pas acquérir la double-nationalité. Un de mes arguments principaux contre cette décision était d’ailleurs le risque de perturber mon enfant. Il faut dire aussi que, si j’y ai songé étant donné l’évolution du contexte politique en Europe (le Brexit, la montée de l’extrême droite) j’imaginais quelque chose de très sentimental, un peu comme un mariage ? J’imaginais que le jour où je choisirais de devenir allemande, cela signifierait que j’aurais eu un déclic, que je me sentirais prête, que je le serais déjà dans mon coeur et qu’il ne s’agirait que d’une espèce d’officialisation administrative. Ce moment semblait plus éloigné que jamais, et pourtant…

Mes motivations actuelles

Pourtant je peux vous le dire, j’ai rendez-vous très officiellement en septembre avec l’administration de ma ville pour commencer les démarches. C’est quelque chose qui prendra du temps, notamment parce que je devrai au préalable passer un examen de langue, mais j’ai fait le premier pas. Et je n’ai plus l’impression que je ferai marche arrière désormais.

Le déclic que j’ai eu n’a rien de romantique, au contraire. C’est une consoeur blogueuse qui l’a provoqué. Elle soutient qu’en cas de divorce en Allemagne, les conjoints étrangers sont systématiquement désavantagés au sujet des droits de garde. Ulrich et moi n’avons pas du tout l’intention de divorcer en ce moment, mais quand même, ça m’a faite réfléchir. Parce que tout peut arriver dans une vie, je le sais. Au fond, je ne sais pas si cette théorie est vraiment vérifiée. Mais elle me semble tout à fait plausible : les allemands ont une espèce d’obsession concernant la transmission de leur culture et de leur langue. Il n’y a qu’à voir les remarques que le bilinguisme de mes fils a déjà provoquées. Le seul moyen de contourner la jurisprudence pour les conjoints étrangers ? Devenir allemands eux-mêmes, évidemment.

Mais il n’y a pas que ça : il y a Pierre. Pendant trois ans, je crois avoir vécu dans une espèce de déni, comme si j’allais faire de mon fils un vrai petit français. Et c’est vrai que pendant trois ans, l’illusion a assez bien fonctionné. Jusqu’à maintenant. Jusqu’à cet âge où tous les petits français vont à l’école, où la composante sociale de leur vie, leurs copains, prend soudain toute son importance. Je n’ai qu’à regarder le fil Instragram de mes copines, les films de ma nièce pour m’en rendre compte : non, Pierre ne parle pas aussi bien français qu’un français, oui, il s’amuse désormais presqu’exclusivement en allemand. Il joue toujours aussi bien le jeu du bilinguisme à la maison, vraiment ! Il est même fier de ses deux nationalités. Il m’a même demandé récemment d’apprendre l’anglais ?! Mais je dois désormais accepter que son identité, sa langue, sa patrie dominantes sont allemandes. Et je me dis qu’il est peut-être un exemple à suivre.

Enfin il y a eu l’influence de mes amies françaises sur place aussi. Cette année, j’ai eu l’idée de monter un groupe d’apprentissage de français langue maternelle dans ma ville. Un joli projet pour lequel j’ai trouvé beaucoup de soutiens et qui est en train de se mettre en place. Mais qui m’a aussi mise face à certaines réalités : non, les petits franco-allemands ne jouent pas spontanément en français entre eux, oui, les cadets et les plus grands ont tendance à rejeter le français. Et même si ce fut très difficile pour moi à accepter, grâce à mes amies, à leur sagesse résignée et bienveillante, j’ai compris que ce n’était pas forcément dramatique. Que bien sûr nous continuerions à tout faire pour transmettre notre culture. Mais sans trop de pression ou d’enjeu si possible.

L’enthousiasme provoqué

Et finalement, depuis que j’ai pris ce rendez-vous, donc cette décision, l’enthousiasme qui me faisait tant défaut avant semble enfin s’annoncer. Ce n’était pas le rêve de ma vie de devenir allemande, pas du tout même. Mais je le prends comme un joli projet, une façon de me pousser vers l’avant.

Déjà le petit examen que je vais devoir passer pour certifier mon niveau de langue va m’obliger à le retravailler, et c’est très bien comme ça. Je n’en peux plus de douter de chaque mot lorsque j’écris un mail. J’ai toujours adoré les langues. Et puis j’ai toujours été convaincue d’une chose : maîtriser un langage, c’est le début de la liberté. Peut-être que je saisirai cette occasion pour aller au delà de ce qu’on me demande, prendre des cours et renouer avec l’allemand littéraire.

Et puis vous connaissez mon intérêt pour la politique… Jusqu’à maintenant, bizarrement, je ne m’étais jamais trop intéressée aux débats nationaux d’ici. Si je peux voter, cela va tout changer, c’est certain ! Bien sûr j’aimerais toujours m’intéresser autant à la vie politique française. Mais il y a peut-être de la place pour deux. Et la vie politique allemande, en ce moment notamment, ne manque pas de piment…

Enfin lorsqu’on me demandait récemment si je me sentais davantage expatriée, émigrée ou immigrée je me suis rendue-compte que je ne me sentais plus vraiment rien de tout ça au fond. Je crois que je me sens déjà franco-allemande, comme mes enfants. On peut peut-être avoir une nationalité de coeur et une nationalité de vie finalement.

Et vous, vous avez déjà pensé à entamer des démarches de naturalisation ? Qu’en pensez-vous ?

45 réactions au sujet de « Et si je devenais vraiment allemande ? »

  1. Tu connais mon avis sur le sujet. Je suis en Allemagne depuis 2004 et j’ai la nationalité allemande depuis cette année, quasiment 14 ans jour pour jour après mon arrivée. J’ai longtemps réfléchi à me faire naturaliser, j’avais dit que je le ferai après 10 ans et puis les 10 ans sont passés et je n’avais entamé aucune démarche. Le Brexit m’a motivée, je voulais éviter d’être dans la situation des expat britanniques si jamais la France sortait de l’Europe (ou l’Allemagne).
    Je suis fière d’être française, je n’aurais pas pris la nationalité allemande s’il avait fallu que je renonce à ma nationalité française. La France, c’est le pays où je suis né, celui qui m’a vu grandir, c’est une partie de mon identité, une partie de moi tout simplement.
    Pourtant, j’ai été très émue au moment de recevoir mon certificat de nationalité allemande et je suis fière d’avoir une carte d’identité allemande. J’ai encore du mal à réaliser que je suis allemande par contre. J’ai rangé ma carte d’identité française dans mes papiers à la maison, je n’ai dans mon portefeuille que la carte allemande parce que c’est désormais hyper compliqué de refaire faire ses papiers français (il faut aller à Berlin et prendre rendez-vous, avant il me suffisait d’aller au consulat à Hambourg) et que refaire faire mes papiers allemands est super simple donc si jamais je perds ou me fais voler mes papiers, mieux vaut que ce soit les papiers allemands!!
    Je ne sais pas quel certificat de langue tu prépares mais si c’est le C2 et que tu as des questions, n’hésite pas (ou même les autres, ils sont tous sur le même format). Je peux te donner les titres des 2 livres avec lesquels j’ai préparé l’examen.
    Et pour finir, concernant le divorce, je ne peux pas confirmer les propos d’Audrey. Je suis moi-même divorcée (on avait un enfant et le papa est allemand) et je n’ai pas du tout l’impression d’avoir été désavantagée. Au contraire, je trouve que l’avantage est donné à la mère, allemande ou non. Alors certes, on ne s’est pas déchirés devant les tribunaux mais j’ai eu la garde sans aucun problème et on s’est partagé l’autorité parentale. Je pense que c’est difficile de faire valoir ses droits si on parle très peu la langue et oui, dans ce cas, on peut être désavantagée mais ce n’est pas ton cas ni le mien.

    1. Merci pour ton commentaire sur ce sujet, ton avis compte beaucoup pour moi ! Pour les papiers je fais déjà pareil pour mes fils, c’est une telle galère, leurs cartes d’identité françaises sont rangées précieusement à la maison et je n’utilise que les allemandes. Pour le certificat de langue tu l’as préparé où toi ? Je n’ai aucune idée de l’endroit où je dois aller. Le niveau C2 serait un sacré boulot pour moi sans doute mais ça me motiverait beaucoup du coup je veux bien le nom de tes livres !
      Pour cette histoire de divorce je pense comme dit Sunrise plus bas que le problème c’est si tu veux rentrer en France. Et ça, ça me semble quelque part assez légitime, que les juges ne soient pas favorables au déracinement des enfants… Enfin, je pense quand même que les avantages de la double nationalité sont largement supérieurs aux inconvénients finalement et c’est drôle mais maintenant que j’ai pris cette décision quelque part je ne m’imagine plus reculer. C’est sans doute la preuve que c’était la bonne et que ça couvait depuis longtemps chez moi 😉 .

      1. J’ai préparé le C2 toute seule avec des bouquins. J’avais préparé et passé le C1 au Goethe Institut de Glasgow au tout début de mes études. J’avais le niveau pour le C2 donc c’était surtout pour me préparer au format de l’examen. J’ai bossé avec deux bouquins: « Fit fürs Goethe-Zertifikat C2 » de Huebert et « Mit Erfolg zum Goethe-Zertifikat C2: GDS » de Klett. Je conseille les deux, j’étais contente de pouvoir m’entraîner plus. Je voulais être certaine de le réussir (avec de bonnes notes!) Les deux ont des CD pour s’entraîner à la compréhension orale. Pour l’expression orale et écrite, je me suis entraînée avec mon mari qui corrigeait mes « Aufsätze ».
        Si tu veux prendre des cours, je pense qu’il faut passer par le Goethe Institut parce qu’il n’y a que eux qui fassent passer l’examen. Il me semble qu’il y a sur le site du Goethe Institut un test qui permet de tester ton niveau et déterminer si tu passes le C1 ou le C2. Mais préparer seule, c’est largement faisable, il faut juste arriver à se « discipliner ».
        En fait, il suffit de prouver que tu as le niveau B1 mais comme les examens sont payants, je ne voyais pas l’intérêt pour moi de passer B1 alors que j’avais le niveau C2 et sur mon CV, C2 est toujours intéressant, mais dans l’absolu, tu n’es pas obligée de passer le C1 ou le C2.
        Je trouve très pratique d’avoir une nationalité commune à tous, on ne sait jamais.

        1. Merci beaucoup pour toutes ces infos ! Je vais voir quel niveau de base me donne ce test sur le site du Goethe Institut. Je me suis un peu renseignée de mon côté et malheureusement tous les cours disponibles dans ma ville sont à des horaires impossibles pour moi. Du coup il faudra quelque soit le diplôme visé que je le prépare seule et j’ai un peu peur d’avoir du mal à me discipliner avec les deux petits.

  2. Bonjour,

    Vaste question. Je suis franco-italienne mais je suis née, j’ai grandi et je vis en France. La langue et la culture italiennes étaient très présentes avec mes grands parents (décédés tous les 2 il y a longtemps). L’Italie et l’italien sont et seront toujours une partie de moi, mais cela reste une place moindre que le français. Mon mari est franco-marocain tout comme ma fille ( la nationalité se transmet par le père au Maroc). Lui est arrivé en France en 2002. Le français est notre langue et notre culture « majoritaire » , mais la langue arabo-marocaine (on n’en est pas à l’arabe littéraire sauf dans les livres), et la culture marocaine (religion musulmane comprise pour notre cas), compte beaucoup et nous nous efforçons de maintenir un lien entre notre puce et sa famille paternelle (France, Maroc et Allemangne). Le berbère fait aussi partie de tout ça car C’est la langue maternelle de mon beau père. Tout ça pour dire que nous vivons dans un joyeux mélange, entre lasagnes, tajine, et pot au feu, entre salam, bonjour, ciao (et parfois le dialecte italien de ma mère: mandi). J’essaie de ne pas trop me poser de questions. Ma priorité étant que ma fille apprenne l’arabe car C’est une belle opportunite, une partie de son identité et un lien fort avec sa famille.
    Ce sera la même chose pour bébé 2 qui arrivera en Décembre (une deuxième princesse).
    Le truc drôle: j’apprends moi aussi l’arabe à l’oral avec ma fille et sort parfois des mots sans le vouloir. Bisous

    Isabelle

    1. J’adore ce genre de contexte très « mélangé ». Finalement le notre l’est aussi puisque je viens de la frontière avec l’Italie et que mon grand-père d’origine italienne a été naturalisé français. Il m’échappe souvent un « basta » de bon matin 😉 . Alors finalement je me dis que c’est ça le plus important à transmettre à mes enfants : l’ouverture aux autres cultures !

  3. Pour les divorces, je l’ai lu, relu, et relu sans cesse sur les réseaux sociaux! C’est malheureusement vrai. Il y a des forum où des mères divorcées disent de surtout ne jamais épouser un allemand.. Et je connais effectivement plusieurs cas de femmes qui sont rentrées dans leur pays d’origine et ont perdu la garde, se battent en justice mais perdent forcément contre le système allemand . En revanche si tu restes sur le territoire allemand, c’est bon…. C’est juste que si tu es expatriée et divorce, tu n’as en gros aucune chance de rentrer dans ton pays d’origine avec les enfants. J’ai quand même épousé mon mari allemand en connaissance de cause en espérant qu’on fera parti des chanceux qui restent toute une vie ensemble.. Un couple sur deux c’est peu!
    Jusqu’à il y a peu la double nationalité française – allemand n’était pas possible… La question ne s’est donc jamais posée pour moi, jamais je n’aurais abandonné la nationalité française juste pour pouvoir voter. Si je me trompe pas c’est récent et j’avoue ne m’être plus posé la question jusqu’à cette article 🙂

    1. Bon donc il faut divorcer une fois que les enfants ont quitté la maison pour pouvoir rentrer en France 🙂 . Plaisanterie mise à part je trouve ton information déjà plus rassurante. Au fond je comprends que les juges allemands soient contre un déracinement des enfants… Mais bon quoiqu’il en soit je crois que je vais rester sur ma décision, comme je viens de répondre à Ségolène c’est drôle mais maintenant je suis assez convaincue que c’est la bonne. Je te souhaite une bonne réflexion de ton coté !

      1. Par contre, je pense que lors d’un divorce, que tu aies la double-nationalité ou non, il est quand même très difficile d’obtenir gain de cause si tu souhaites rentrer en France avec les enfants et que le papa est contre.

        On en avait parlé avec mon ex-mari au moment du divorce et on s’était mis d’accord (on avait même signé un papier informel entre nous) pour que je reste en Allemagne avec notre enfant jusqu’à ses 3 ans, pour être sûrs qu’il ait eu le temps de construire une relation avec son père. Ensuite, il ne s’opposerait pas à notre retour. Au final, je suis restée et comme mon mari est fonctionnaire, on ne risque pas de quitter l’Allemagne. On ne quittera pas Hambourg tant que mon grand vivra à la maison pour éviter de le déraciner.

        1. Oui c’est ce que je comprends aussi mais comme je disais je trouve cela plus compréhensible et plus sage de toute façon… Evidemment ça dépend toujours des circonstances mais a priori en cas de divorce je ne pense pas que je souhaiterais déraciner mes enfants qui ont grandi ici non plus, ça a toujours été clair pour moi même si c’est un renoncement.

  4. Moi j’ai un regard complètement extérieur. Je suis française et je vis en France, donc je n’ai pas trop d’avis sur la question. Mais je trouve ça chouette cette double nationalité. C’est enrichissant, c’est une chance je trouve. Mais je comprends tes résistances jusqu’ici et ta culture et tes origines que tu veux transmettre à tes enfants.
    Peut-être que jusqu’ici tu avais du mal à ademettre que ta vie est désormais en Allemagne ? Non ?

    1. Oui c’est tout à fait ça, c’est dur à admettre finalement quand je suis venue à aucun moment je ne me suis dit consciemment : « Je vais faire ma vie ici et ne jamais revenir ». Ça s’est fait petit à petit, étape après étape…

  5. Alors pour l’histoire des divorces franco-allemands, il y a malheureusement de nombreux articles qui affirment ce que j’ai écrit dans mon article sans compter tous les témoignages sur les forums. C’est une triste réalité que certains font même remonter au niveau de l’UE tellement elle est injuste.

        1. Non ce n’est pas une généralité je reçois aussi beaucoup de compliments admiratifs. Mais parfois c’est vrai, de la part des éducatrices à la crèche, des pédiatres ou des personnes un peu plus âgées notamment je note une certaine réserve, la crainte qu’ils ne soient pas assez allemands.

  6. Je ne suis pas concernée par cette situation mais je pense que tu as raison de faire cette démarche surtout comme lorsque tu dis que la justice allemande donne raison au parent allemand lorsqu’il y a une séparation pour la garde des enfants. Je pense que si j’étais à ta place j’aurai fait pareil et puis ça permet aussi de s’impliquer dans la vie municipale notamment de pouvoir voter dans son pays d’adoption.

  7. C’est un très beau témoignage que tu nous livres, riche et complexe, j’ai dévoré ton article qui pose les questions d’identité, d’intégration et de transmission de manière posée et intelligente, comme à ton habitude!

  8. C’est un beau projet en tout cas ! Je trouve étonnant que tu sois moins à l’aise en allemand qu’il y a quelques années alors que tu le praiques tous les jours quand même. Le test d’allemand est difficile pour acquérir la nationalité ? Ça doit n’être qu’une formalité pour toi non ?
    Mes parents et mon frère sont bi-nationaux depuis qq années aussi. Il aura fallu très longtemps à mes parents pour se décider. Quant à mon frère il habite à l’heure actuelle un 3e pays dont il n’a pas la nationalité. Moi j’étais déjà partie en France à l’époque où ils ont acquis la double nationalité donc la question ne s’est pas posé pour moi.

    1. Le test d’allemand pour acquérir la nationalité est très simple en effet ça ne devrait pas être un problème. La question c’est plutôt de savoir si je me fixe le défi de viser le niveau supérieur.
      En effet on peut perdre une langue, en tout cas régresser, même quand on vit dans le pays, et je te jure que c’est flagrant dans mon cas ! Sans pratique, tout se perd au niveau linguistique. D’ailleurs je ne parle plus non plus le même français qu’à l’époque où j’étais en prépa littéraire 😉 .
      C’est une décision difficile à prendre, même quand il s’agit seulement d’une double nationalité alors je comprends ta famille 🙂 .

  9. Hum…. L’humour allemand est particulier, ça c’est sûr. J’ai beau avoir baigné dedans, certaines subtilités m’échappent encore.

    Difficile de conserver son niveau de langue, j’ai le soucis inverse de toi: c’est l’allemand que je dois rattraper, je ne m’en sers plus du tout (et j’habite en France). Et le parler avec ma mère est compliqué: cela fait tellement longtemps qu’elle habite en France qu’elle commence en allemand et finis la phrase en français… Peut-être que le déclic arrivera effectivement.

    Les enfants vont forcément un jour avoir une phase où ils vont rejeter l’autre langue, car cela les rend différents de leurs amis. Mais je pense qu’ils vont accepter cette différence plus tard. Personnellement j’ai eu un blocus sur l’allemand à mon entrée en maternelle, je refusais catégoriquement de le parler. Et cela s’est aggravé quand mes parents m’ont inscrite de force en allemand LV1 au collège. Aujourd’hui je le regrette…

    1. C’est ça le pire, c’est que souvent, les enfants bilingues qui ont fini par rejeter une langue le regrettent à l’âge adulte ! J’espère que les miens dépasseront ce cap… Le papa parle exclusivement français avec moi, peut-être que ça aidera.

  10. C’est un beau projet dans lequel tu te lances ! Je te souhaite de le réaliser et d’en retirer de la satisfaction !

    Côté double nationalité pour nous. Premièrement il y a les Émirats où nous vivons. Ici la question est simple, il n’existe que le droit du sang et même les gens qui sont ici depuis plusieurs générations restent des étrangers. Et de toutes façons nous ne nous considérons que de passage.

    Mais mon mari à une double nationalité lui. De plus en plus je lui demande de la transmettre à nos enfants : pour qu’ils ne soient pas embêtés à la frontière de ce 2ème pays, et pour que ce pays les prennent en compte dans les histoires d’héritages… Mais cela serait plus une nationalité « administrative » car nous avons peu de liens avec ce pays. Et de mon côté, cette nationalité ne s’obtient pas par mariage, alors je reste franco-française !

    1. Et ton mari n’a pas envie de la transmettre, lui ? Finalement c’est une question complexe qui mélange de simples questions administratives et la notion d’identité.

  11. Une façon simple de contourner le divorce allemand est de faire un mariage français, en France ou en Allemagne au consulat. Bien préciser dans le contact de mariage que le mariage relève du droit français, et non du droit du pays où vivra le couple la première année du mariage (qui est la disposition par défaut).
    La nationalité allemande semble apporter peu de contraintes.
    En comparaison, la nationalité singapourienne vient avec un service militaire de 2 ans pour les garçons. S’ils renoncent à leur nationalité avant le service militaire, ils seront interdits à vie sur le sol singapourien. La nationalité américaine rend imposable à vie aux USA, quelque soit le pays de résidence. Par ailleurs, la procédure pour renoncer à la nationalité américaine est compliquée et coûteuse en temps et en argent (frais d’avocat…).

    1. C’est vrai mais je n’avais jamais pensé au moment du mariage à ce type de conséquences pour nos enfants. Et tu as raison, toutes les nationalités ne sont pas aussi simples à porter !

      1. Si je ne m’abuse, le mariage au consulat ou à l’ambassade en Allemagne n’est possible que si les deux conjoints sont français. Pour les mariages mixtes, c’est forcément à la mairie allemande.

  12. Mon commentaire s’est perdu en route mais grosso modo il revenait à te demander pourquoi tu l’envisages presque comme un renoncement d’une partie de ton identité ? En réalité, cela fait aujourd’hui partie de ton identité. En plus, tu participes déjà à la vie économique de l’Allemagne, au renouvellement de sa population, etc. Ce n’est donc que la confirmation de ton statut de citoyenne. De la même manière que pour la langue française, la France restera ta nationalité de cœur, et encore pas tout à fait puisque c’est là où tu as tes proches, vécu l’enfance et les moments de construction de l’individu et de son identité mais tu as aussi vécu des moments forts en Allemagne, en premier lieu deux grossesses et deux accouchements. Je me dis que, dans ta vie de femme, c’est quand même deux événements majeurs que tu as dû vivre en Allemande, non ?

  13. Bonsoir Alice, j’ai découvert ton blog il y a qq temps et je lis tes articles avec plaisir, j’aime bcp ta facon d’analyser les choses. J’ai souvent voulu mettre un commentaire et ai bêtement pas osé le faire… Pourtant les thèmes que tu abordes me parlent souvent, je suis également francaise, mariée à un allemand, on s’est connu en Allemagne mais on a décidé de vivre au Luxembourg, chacun y est étranger et on peut tous deux pratiquer notre langue, le Luxembourg ayant comme langues officielles le francais, l’allemand et le luxembourgeois. Nos trois enfants sont nés au Luxembourg. J’ai décidé il y a 4 ans de prendre la nationalité luxembourgeoise pour, entre autres, pouvoir la transmettre à mes enfants pour leur donner une identité (ils se sentent luxembourgeois, ne connaissent la France et l’Allemagne que via les vacances). Et j’ai été fière de l’obtenir (idem ici test de langue + cours civique et 1001 papiers à fournir…), j’ai été heureuse que mes enfants deviennent luxembourgeois (ils ont même gardé leurs nationalités franco-allemandes, sais pas trop ce qu’ils vont en faire mais bon qui sait, ca peut toujours servir :-)) Et puis mine de rien, c’est plus simple d’aller à la mairie de ma commune faire mes papiers plutôt qu’à l’ambassade (et j’ai de la chance, nous avons le consulat à Luxembourg ville). Bref tout ce roman pour te dire que je comprends ta démarche et j’aime bcp ta conclusion : une nationalité de coeur et une nationalité de vie… C’est aussi une facon d’affirmer notre choix de vie et quand on a la possibilité de le faire c’est chouette ! (tous les pays ne sont pas aussi cools sur la bi-nationalité)
    Au plaisir de te lire !
    Quitterie

    1. Merci pour ton premier commentaire et ton témoignage ! Parfois je me dis que c’est ce que j’aurais du faire, imposer une situation neutre et équitable comme ça, le Luxembourg ou la Suisse… Mais c’est trop tard et d’un autre côté j’aime beaucoup de choses ici en Allemagne… En tout cas je me retrouve bien dans l’évolution de ta réflexion et tu as raison pour les papiers aussi ça va changer ma vie !

  14. Je ne suis pas concernée par ta situation (quoique, hein, j’ai épousé un breton), mais mes cousins sont franco-allemand. Je ne crois pas que ma tante ai franchi le pas de demander la double nationalité.
    Pource qui est de la culture je ne sais pas si c’est parce qu’ils étaient frontaliers, mais j’ai deux cousins très allemands et deux cousins au contraire plus « français » dans leur mode de vie (y compris un qui vit à Berlin, mais qui a fait une partie de ses études à Paris )
    En tout cas, bon courage pour les démarches

    1. Tu veux dire que les deux qui sont plus « français » étaient frontaliers ou c’est une fratrie de 4 ? En tout cas ça dépend de beaucoup de choses, je crois que personne ne peut savoir ce que Pierre et Charles feront de leur identité franco-allemande. Il est probable qu’ils restent en Allemagne et deviennent à 80% allemands mais dans le monde d’aujourd’hui avec le nombre de gens qui vivent à l’étranger… Qui sait l’un d’entre eux finira peut-être par épouser une japonaise à Tokyo 😉 .

      1. C’est une fratrie de 4 et selon leur affinité/caractère, deux sont très « Allemands » et deux sont plus « Français » … un exemple tout bête, ils ont des prénoms assez neutre (ni spécialement Allemand, ni specialement Francais), ceux qui font plus Allemands ont choisi des prénoms très allemands pour leur enfants, les deux autres ont choisi des prénoms soit français, soit internationale

  15. Je trouve ton article vraiment très émouvant. C’est une preuve d’amour magnifique pour le pays dans lequel tu vis. Je suis sûre que tu franchiras l’épreuve de la langue haut la main, vu ton niveau linguistique et intellectuel. Comme je te l’avais déjà dit, j’avais un élève bilingue en troisième qui parlait aussi bien le français que l’allemand, grâce à sa mère germanophone. Son niveau de bilinguisme est épatant. Je suis sûre que tu parviendras au même résultat grâce à ton obstination et ta motivation. N’écoute que ton coeur!

  16. J’avais lu cet article également dont tu parles et je comprends que tu aies pu avoir ce déclic à la suite de cette lecture. Que ce soit vérifié ou non, que le divorce arrive un jour ou non, rien ne sert de prendre un tel risque.
    Je ne sais pas du tout comment je vivrais cette double nationalité à ta place… J’adore l’Allemagne et la mentalité allemande. Je crois donc que cette double nationalité aurait finalement était une décision facile à prendre à partir du moment où je ne me sentirais pas comme une imposteur!
    Par contre, tout ce qui se joue autour des enfants est un deuil plus difficile à faire je trouve. Je suis très attachée à ma culture française et même si j’apprécie la culture allemande, la voir être dominante sur mes enfants sans avoir le pouvoir de renverser me ferait un réel pincement au cœur je pense! Mais je trouve que ta manière de voir les choses et son évolution est très sage!!
    Bon rassure moi, après les Birkenstock ce weekend, tu as été un peu française quand même hier? 😉

    1. A fond !!! Je n’ai pas eu de photos à vous montrer car j’étais trop concentrée devant mon écran. Nous avons regardé le match entre expatriés et c’était super ! Et ce matin encore on chantait dans la voiture : « On est les champions ! »

  17. Je commente après la bataille, désolée! Pour ce qui est de l‘Allemand, j‘ai passé le C2 l‘année dernière pour mon CV mais j‘avais le niveau depuis 10 ans au moins. Je l‘ai préparé toute seule avec le livre de Klett qui est vraiment super, en 5 jours c‘était plié et j‘ai eu 89% 🙂 ça a toujours été très important pour moi de très bien parler l’Allemand, tant par marque de respect envers les Allemands, que pour être sûre d’être très bien comprise, tout comme pour le travail. en revanche, je ne prendrais jamais la nationalité allemande. Je sais apprécier la vie et les qualités des Allemands mais je ne suis pas allemande, ni même à moitié, je ne vois aucune utilité dans la double nationalité et je revendique le fait d‘être française, ce qui me vaut de toute façon autant l‘admiration pour mon allemand sans accent, que de petit racisme quotidien – je parle école, Kindergarten, médecin, hospitalisation, quand on est étrangé, on est vite saqué… autre sujet….
    Pour ce qui est du divorce, j‘étais mariée avec un Français, sous régime français mais nous avons vécu les 7 ans de vie commune en Allemagne. Le pays de résidence est déterminant pour la garde des enfants et le paiement des pensions alimentaires. Alors oui, je voulais rentrer en France et au début, mon ex, qui me lâchait pour une autre était prêt à me laisser partir mais je ne l‘ai pas fait devant l‘énorme chamboulement qui s‘était installé dans ma vie. 1 an plus tard quand j‘ai été prête, il n‘a plus voulu et je n‘ai donc pas pu partir. Je suis donc „kidnappée par mon ex“ depuis presque 10 ans. Parce qu‘il a le droit de m‘empecher de partir et d’avoir la garde partagée, mais ça ne l’oblige pas à s‘occuper des enfants! C’est ça le plus dur finalement, être seule à l‘étranger, sans aide de ta famille, ma carrière souffre puisqu‘en tant que mère célibataire, tu es mal vue de ton employeur et surtout tu subis une expatriation et ça change vachement la donne psychologiquement. J‘en ai pris mon parti bien sûr, je me devais de l‘accepter puisque c’est ma vie qui se déroule et que je veux vivre sans avoir l‘impression de la gâcher et si possible sans trop de colère au centre. Je me devais d‘etre Heureuse malgré tout pour mes enfants. Et puis j‘ai rencontré un allemand génial et nous sommes très heureux. Il n‘empêche que suivant les périodes de l‘année, les difficultés rencontrées et les événements de la vie, il y a des jours, c’est hyper dur de ne pas choisir là où je vis…. mon aînée a 17 ans aujourd’hui et va passer son bac l‘année prochaine, mon second vit chez son père depuis 6 mois, je suis presque libérée et pourtant, j‘ai peur maintenant d‘un retour que j‘ai ardemment souhaité, peur que mon mari ne subisse toutes ces frustrations que je hais s‘il devait passer de l‘autre côté de la frontière….

    1. Merci pour ton témoignage très intéressant et très fort… Je comprends cette sensation d’être prise au piège même si tout va bien pour moi ici en ce moment elle ressort à chaque dispute avec mon mari. Et cette sensation de n’avoir jamais choisi, de m’être retrouvée prise dans un engrenage. Lorsque je suis venue ici il y a sept ans je ne pensais pas qu’il s’agissait d’un aller sans retour. Et puis il y a eu le mariage et puis il y a eu les enfants et finalement je ne m’en rends vraiment compte que maintenant. Mais j’essaie de me dire qu’il n’y a pas de hasard, et de voir les côtés positifs aussi. Ce que tu me dis sur le diplôme niveau C2 m’encourage je vais essayer de m’y mettre cette année donc !

  18. Bonsoir,
    j’avais aussi lu des témoignages allant dans ce cens en ce qui concerne les divorces et lu le même article d’Audrey de Cologne. Je suis toujours en mode « trop la flemme pour faire les démarches » mais qui sait…

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