Préférer être adulte, c’est grave ?

Préférer être adulte, c’est grave ?

Tout est parti d’un sujet collaboratif sur le thème de l’enfance. J’avais envie de participer moi aussi, j’avais même déjà rédigé ma contribution. Mais elle me provoquait un certain malaise. Alors je ne l’ai pas publiée.

Pourquoi cette gêne à l’idée de vous parler de ces années ? Je n’ai pas eu une enfance malheureuse, pas du tout même ! J’ai eu deux parents aimants, qui nous ont éduquées avec beaucoup de bienveillance, de confiance et de liberté à une époque où ce n’était pas encore à la mode. Je n’ai connu ni la misère, ni la violence, ni la mort, à tel point que longtemps j’ai cru naïvement que le malheur n’existait pas vraiment, ou bien seulement très loin. Mais je ne garde pas une image dorée de cette époque et ne rêve pas avec nostalgie d’y retourner, au contraire même. J’ai l’impression de n’avoir vraiment commencé à vivre qu’au lycée. Et j’ai assez peu de souvenirs de ce qui a précédé.

Ce que je retiens spontanément de cette période ?

Mon absence de liberté. Quelque chose qui m’est, aujourd’hui encore, insupportable.

L’espèce de décalage que j’ai toujours ressenti. Sur la photo je suis la seule qui ne sourit pas. Je n’ai jamais bien réussi à m’intégrer auprès de mes camarades de classe. Je détestais l’école. J’en avais mal au ventre dès le dimanche soir, c’était vraiment terrible. Je pleurais tant que mes parents avaient fini par organiser un roulement avec mes grands-parents pour venir me chercher le plus tôt possible ou m’éviter la cantine. J’étais très bonne élève, suffisamment pour sauter une classe, étonner certaines institutrices, obtenir les meilleures notes, mais le courant ne passait jamais vraiment avec ceux qui m’entouraient. Et je ne sais pas si c’en était la cause ou la conséquence, mais je les traitais avec une forme de condescendance. Avec les adultes mes relations n’étaient pas vraiment meilleures : j’en vénérais certains pour en mépriser d’autres. J’étais alors rebelle : l’insolence a sans doute été un des mots-clefs de mon enfance. Cela m’aura valu une convocation dans le bureau de la soeur directrice en CM2, et je peux vous dire que j’avais les chocottes. Si je jugeais le thème, la matière ou son maître inintéressants, je me permettais aussi de tricher en contrôle. Je détestais mon statut d’enfant je crois, celui qui fait qu’on n’est jamais vraiment pris au sérieux et qu’on doit le respect « par principe ».

Or, poser cela comme ça, écrire : « Mon enfance est finie, Dieu merci ! » m’a énormément culpabilisée.  Comment en arriver à ce constat ? Parce qu’évidemment je suis moi-même maman. Et je serais triste, je crois, que mes fils écrivent cela un jour.

J’avais tout pour être heureuse je vous l’ai dit, et ce ne sont pas que des mots. J’éprouve toujours une certaine stupéfaction quand j’apprends que certains ont tellement souffert petits, ont connu le deuil, le manque de moyens, la maladie. Et puis des bons souvenirs j’en ai aussi évidemment. Des promenades en automne qui se terminaient en soirées crêpes. Les fous rires avec ma soeur au jeu de boules de mes grands-parents. Les repas préparés par mes grands-mères. Mon élevage d’escargots sur le balcon.

Alors j’ai réfléchi. Et j’ai pris conscience de deux choses :

  • J’ai en fait très peu de souvenirs avant dix ans. Je n’en ai même aucun du quotidien : aucune idée de la manière dont je prenais mon petit déjeuner par exemple. Les choses dont je me souviens de cette période sont donc uniquement les évènements traumatiques ou vécus comme tels : mes pleurs à l’école, mes angoisses existentielles, le pouce dont je n’arrivais pas à me séparer. Je ne suis pas sûre que tout ça soit représentatifs de l’ensemble. Mais je n’ai aucun album photos, aucun matériel pour compenser mes défaillances.
  • Je compense cet absence de mémoire par mes souvenirs d’adolescente qui sont – nécessairement ? – plus complexes, moins lisses, plus conflictuels également.

Je pense que l’idée que je me fais de mon enfance est forcément influencée par ces deux éléments.

Et puis finalement je me suis dit que je pouvais écrire cela, et que même si mes parents le lisaient, ils ne devaient pas forcément en être tristes. Je n’ai pas spontanément de souvenirs merveilleux de mon enfance, c’est vrai. Je préfère de loin être l’adulte que je suis devenue. Et si il était là, le plus beau de leur succès ? Etre devenue une jeune femme épanouie, libre, heureuse au quotidien, ouverte d’esprit, je leur dois évidemment. Et c’est déjà une telle réussite pour des parents ! Je pourrais être une adulte déprimée, frustrée, regrettant sans cesse l’enfant qu’elle a été. Ce serait franchement moins gratifiant pour eux, non ?

Voilà. Et puis quand même, la réponse aux questions.

L’enfant que j’étais avait pour jouet préféré… sa barbie Hawaï, les escargots et les lézards du jardin aussi.

L’enfant que j’étais se régalait de… petits écoliers et de grenadine, le goûter de mes jours d’école.

L’enfant que j’étais rêvait de… partir. Fantasmait à l’idée de déménager. Rêvait que ses parents y soient contraints par leur employeur. J’imaginais qu’ailleurs, je saurais me construire un autre personnage scolaire, plus populaire, mieux accepté.

L’enfant que j’étais ne lisait… rien. Par rébellion sans doute. J’ai lu mon premier livre au collège seulement, grâce à une géniale professeur de français.

L’enfant que j’étais trouverait mon moi de maintenant… ennuyeuse.

Je crois que je rêvais de quelque chose de plus exceptionnel, d’un destin. Le seul rêve que j’ai réalisé est de partir finalement. Je n’aurais pas imaginé cette vie banale et simple derrière. Mais je ne savais alors pas non plus à quel point il est difficile d’être banalement heureux justement.

55 réactions au sujet de « Préférer être adulte, c’est grave ? »

  1. J’ai détesté être enfant. Dès l’âge de 4 ans je me languissais d’être adulte et pourtant je n’ai rien vécu de spécialement traumatique mais je ne supportais pas de me soumettre à une autorité.
    Ces souvenirs-là m’empêchaient de devenir mère. Il m’a fallu 5 ans de thérapie et un mari convainquant qui a su me faire voir les côtés heureux de l’enfance pour que je décide de me lancer dans l’aventure de la maternité.

    1. Cette difficulté avec l’autorité me parle vraiment. J’ai aussi fait plusieurs années de thérapie qui m’ont sans doute permis de devenir celle que je suis.

  2. Une réflexion intéressante, comme toujours. Pour le décalage avec les autres enfants, je pointe souvent vers la possibilité d’un haut QI et/ou Asperger – sans te connaître, difficile de dire, mais cela peut te dédouaner légèrement de ce que tu sembles considérer comme un comportement de peste : tu n’avais peut-être tout simplement pas le choix.

    Ici je me sens évidemment « mieux » qu’enfant. J’ai des bons souvenirs d’enfants, des jeux dans le bois derrière chez moi, des amies, beaucoup de lectures… et pas mal de traumas aussi, qui prennent souvent le pas sur les bons moments.

    À l’adolescence, là aussi des amies et des moments sympathiques, et surtout des envies de suicide suite aux traumas de l’enfance.

    L’âge adulte est plus serein mais en même temps, je sais qu’il ne faut pas grand chose pour retomber en dépression. Et surtout, je hais de tout mon cœur l’image type de l’adulte sans aucune étincelle de vie, qui se réjouit d’aller voir son notaire et aime remplir sa feuille d’impôts (sans aucune caricature… haha).
    Bref, je ne sais pas où je me situe. J’aime assez vieillir, au sens d’apprendre la vie et de mieux comprendre ce qui m’entoure, et c’est ce que je trouve intéressant. Mais je pense aussi qu’on peut se sentir en décalage avec son âge à tout moment, sans forcément de linéarité dans le parcours de vie, suite à des facteurs externes et internes.

    1. En fait j’ai toujours eu l’intuition que la trentaine était faite pour moi. J’espère poursuivre sur ma lancée avec la quarantaine et ne pas retomber en arrière ! Mais parfois je doute… d’ailleurs j’ai un article en préparation sur le sujet. En tout cas bien sûr, je pense qu’on garde une certaine sensibilité / fragilité toute sa vie quand même. Concernant mon enfance, j’avais passé des tests chez un pédopsychiatre suite à quoi on m’avait fait sauter une classe. J’en déduis donc que je devais être « précoce ». Mais aujourd’hui je n’ai plus du tout cette sensation mon mari se moque souvent de moi devant mon incapacité à faire un calcul de tête 😉 . Plus sérieusement, je crois que je préfère me dire que je suis comme tout le monde maintenant, enfin 🙂 . Et pour terminer c’est toujours un plaisir de te lire ici, et ailleurs aussi évidemment !

  3. Jolie enfance pour moi aussi, et pourtant, je me souviens de mes crises d’angoisse avant de partir à l’école, de ma phobie de la cantine à m’en rendre malade, de mon stress permanent pour tout et n’importe quoi … je suis moi aussi définitivement plus heureuse depuis que je suis adulte, et je remercie infiniment mes parents de m’avoir aidé à devenir ce que je suis aujourd’hui 😉

    1. C’est dingue encore un point commun ! La cantine c’était vraiment de loin le pire pour moi… D’ailleurs j’ai encore du mal avec les pauses déjeuner ! Je préfère les passer devant mon ordi 😉 .

  4. J’aime beaucoup ton article. On peut avoir eu une enfance non heureuse sans passer par des épreuves terribles.
    Et, je trouve qu’il est plus épanouissant et plus sain de ressentir ce que tu décris plutôt que l’inverse: être malheureux d’être adulte et vivre dans le regret de ne plus être enfant.

    1. Oui c’est la conclusion à laquelle je suis arrivée finalement 🙂 . Vivre dans la nostalgie perpétuelle d’un paradis perdu ça ne doit pas être épanouissant non plus…

  5. J’adore ta conclusion !
    Je suis surprise que tu ne te sois pas plu à l’école, j’aurais parié l’inverse 😉 Et je trouve ça un peu dommage. Si tu ne gardes pas un doux souvenir de ton enfance, j’ai l’impression que c’est beaucoup à cause de ton ressenti vis à vis de l’école et de tes camarades… Mais tu as complètement raison, le plus important c’est que tu aies toutes les clés pour être heureuse, et il semblerait même que ce soit le cas !

    1. Bien sûr, en France on passe toutes nos journées à l’école alors quand ça se passe mal, ça prend le pas sur tout le reste. Mais bon en fait je n’étais pas douée avec mes contemporains en général, même pour les activités extra-scolaires ça ne passait pas ! Enfin je ne veux pas te faire peur je te promets que depuis je me suis améliorée je suis très sympa n’aie pas peur de me rencontrer 🙂 .

  6. Enfin quelqu’un qui n’était pas une petite fille sage dont l’unique rébellion était de lire trop tard dans son lit ! Je commençais à me demander si j’étais une alien extra-blogo 😉
    Sans pour autant avoir détesté mon enfance, je préfère clairement ma vie d’adulte ! L’insouciance c’est bien, l’autonomie c’est mieux 🙂
    Je reconnais un peu de mon enfance chez toi : l’insolence, le tri des matières, le rejet de la lecture… J’étais aussi un véritable moulin à paroles, de quoi exaspérer mes institutrices ! Bref, merci d’avoir quand même publié cet article. Je me sens moins seule.

    1. Ah ah moi aussi je me sentais seule en lisant les autres contributions 🙂 ! Je suis contente – et pas totalement étonnée – de lire que tu faisais partie aussi du camps des « ingérables » 🙂 .

  7. Oh, je suis un peu triste de lire que ce TAG sur l’enfant que tu étais t’as chagriné . Je pense que si je passe tant de temps à photographier mes petits, à tous noter (et à harceler le Breton pour faire nos albums annuels en temps et en heures), c’est parce que je me souviens encore de toutes ces heures passées à feuilleter et refeuilleter le grand album de nos années tahitienne (et la déconvenue quand lors d’un week-end pluvieux on a sorti la caisse de photos de la réunion et que 80% d’entre elles étaient sans intérêt faute d’explication )
    Ensuite, pour avoir BEAUCOUP déménager, croire que l’on pourra se réinventer dans un nouvel établissement est un leur, j’y ai cru à chaque déménagement, à chaque fois la réalité de ma singularité m’est revenue à la figure … ce n’est qu’à la fac que j’ai rencontré des gens qui m’ont accepté telle que je suis (probablement aussi parce qu’ils ne connaissaient pas l’existence de ma soeur jumelle, obviously) …
    J’avoue que si tu me demandais de choisir, je serai bien incapable de te répondre si je préfère l’enfance sue j’ai eu ou l’adulte que je suis … finalement, je crois que ce que je souhaite pour mes enfants, c’est qu’ils profitent de chaque étape de leur vie, en étant heureux d’y être, de se savoir aimer respecter et écouter à tous âge (même quand ils sont/seront relou)

    1. Oh non ne soit pas désolée il en faut davantage pour me déprimer 🙂 . J’ai compris un peu plus tard que déménager était un leurre mais sur le moment c’était la seule option que j’envisageais. J’aime quand même toujours rencontrer de nouvelles personnes, sortir de mon cadre. Et bien sûr être épanoui toute sa vie, c’est clairement le graal 🙂 .

  8. Quel article!
    Je le trouve d’autant plus fort que je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis. Moi qui pensais être isolée dans mon « amnésie » , je suis soulagée de voir que je ne suis pas la seule concernée.
    En essayant de penser à moi enfant, c’est l’image d’une petite fille timide à l’air triste qui émerge.
    Je préfère tout comme toi l’adulte que je suis devenue libre de ses choix, moins timide et plus particulière (en tant que Française en Allemagne).
    Et je vois avec bonheur que ma fille est une enfant joyeuse, intégrée, curieuse. Je me plais à penser qu’elle se souviendra volontiers de son enfance mais évidemment il n’y a aucune garantie. Et puis comme tu le soulignes tout ne dépend pas des parents!

    1. Bienvenue dans la bande des enfants pas très épanouis alors 😉 . Je pense que nous ne sommes pas seules, mais bien sûr c’est moins facile à « avouer ». Moi aussi l’aisance de mon fils en collectivité me fascine et je rêve qu’il ait de meilleurs souvenirs. On verra, comme tu le dis, tout n’est pas dans nos mains 🙂 . Sur ce point, je fais quand même davantage confiance au système scolaire allemand.

  9. Et bien…Ta contribution est pour le moins inattendue, … et intéressante! C’est vrai qu’il y a eu un tel élan de nostalgie parfois un peu culcul, je veux bien le reconnaître, que je ne m’étais jamais posée la question. J’ai aimé mon enfance. Mon adolescence. Ma vie d’adulte. Je ne me suis jamais posée la question de prioritiser ces étapes, et j’avoue que j’en serais incapable, toutes sont différentes mais fortes et belles pour moi, malgré les doutes, les déceptions, et quelques soient les joies et les plaisirs. Pour moi ça forme un tout.
    Alors, oui j’ai commencé de te lire en étant un peu triste, de cette nostalgie que tu n’as pas, car si tu ne l’as pas, n’est ce pas que tu n’étais pas heureuse alors?
    Et puis…et puis comme tu dis, ca veut dire aussi que c’est allé chez toi crescendo, que plus tu avances dans la vie et plus tu te trouves, plus tu te sens vivre, plus tu t’assumes avec bonheur et sérénité. Alors peu importe si tu ne correspond pas à cette norme, tant que tu y trouves ton compte sereinement!
    En tout cas, je suis un peu désolée que ce défi ait pu créer un peu ce malaise, mais heureuse d’avoir ton ressenti, fût-il (ou surtout s’il) est un peu discordant. Ta sincérité sur ce sujet un peu délicat est vraiment admirable!

    1. Ne t’excuse pas au contraire ! Ca m’a beaucoup intéressée de me poser face à tout ça, à cette absence de nostalgie comme tu dis. J’ai mis plus d’un mois finalement à écrire quelque chose de « publiable » mais je sens que ça m’a fait du bien. Et puis j’ai quand même adoré lire toutes les autres contributions 🙂 . Bref j’attends le prochain TAG avec impatience ! (Bon par contre je ne suis jamais très à l’heure pour répondre, mai je finis presque toujours par m’y mettre !)

  10. Un chouette bilan, hyper réaliste, un regard acerbe mais juste… Au début de ton billet, je me suis dis « Mais c’est triste de lire tout ça ». Puis finalement, je crois que tu as raison, le plus important est ce que tu es aujourd’hui… Et tu me parais bien épanouie et à ta place…
    Très intéressant ton retour en arrière en tout cas. Il fait réfléchir.

    Virginie

    1. Merci beaucoup Virginie 🙂 . Moi aussi cet article m’a fait beaucoup réfléchir en l’écrivant ! Je m’y suis reprise à plusieurs fois d’ailleurs.

  11. On sent certaines souffrances liées à ton enfance dans ton article… C’est dommage d’avoir si peu de souvenirs heureux de tes premières années et je comprends ton ressenti ! Tu avais sans doute un grand besoin de liberté qui n’a pas été vraiment respecté et c’est vrai que l’âge adulte permet d’être plus libre, finalement (malgré toutes les responsabilités que nous avons !).

    J’ai eu une enfance très heureuse et j’ai de très bons souvenirs de cette période, contrairement à toi je me rappelle de beaucoup de détails y compris avant mes 6 ans. Mais malgré tout je préfère être adulte parce que justement je me sens plus libre de faire ce dont j’ai envie 🙂 Et si c’était ça, la clé du bonheur finalement ? Non pas l’insouciance comme on veut souvent nous le faire croire mais la liberté … ?

    1. C’est une question très juste ! Je me sens plus libre aujourd’hui paradoxalement car j’ai les responsabilités que j’ai choisies : le mari que j’ai épousé, les enfants que j’ai faits, le travail que j’ai accepté…

  12. J’aime beaucoup ta dernière phrase. Elle résume très bien mes envies d’adulte. Enfant, on idéalise notre vie adulte, mais une fois que l’on y est, cette une vie pas très facile tous les jours.
    Tu n’as pas à culpabiliser. Car si tu es heureuse, épanouie, autonome dans ta vie actuelle, c’est que tes parents ont réussi leur travail de parent. Ils t’ont mené là où tu dois être.

    1. Oui je suis d’accord avec ça. Et j’aime bien ma dernière phrase aussi 😉 . C’est vrai qu’enfant on se rêve super héros ou rien. Et finalement on se rend compte que le quotidien est déjà plutôt héroïque 😉 .

  13. Le respect « par principe » qu’est ce que ça me parle et ma gonfle. C’est aussi dans cette optique que j’élève ma fille. Je souhaite qu’elle me respecte pour ce que je lui apporte et non par autorité. Mon grand-père paternel était comme ça et j’ai rencontré quelques personnes aussi comme ça. Mais fort heureusement ces personnes étaient minoritaires dans mon quotidien.
    Concernant les souvenirs, c’est vraiment dommage que tu n’en ais pas. Nous avons pleins d’albums photos, et même quelques films et ça joue beaucoup pour se remémorer les bons souvenirs.
    Après, j’ai vraiment adoré mon enfance, mais je ne suis pas nostalgique, j’aime aussi beaucoup ma vie d’adulte 🙂

    1. Pour moi aussi comme je l’ai écrit, aujourd’hui encore, le « respect par principe » je n’y arrive pas. Ca ne veut pas dire que je suis forcément indisciplinée. Mais j’ai toujours eu besoin de comprendre, d’accepter une règle pour l’appliquer. Et c’est évidemment quelque chose que je transpose dans l’éducation que je donne à mes fils. J’espère aussi à ce niveau là que le système scolaire allemand sera plus flexible que le système scolaire français.

  14. Ton texte me parle vraiment, notamment car j’en ai rarement lu de semblable qui parle de cette nostalgie inexistante de l’enfance que je ressens. Alors, de mon côté, je n’ai pas eu une enfance très drôle. Enfant, je ne jugeais pas mes parents, mais, aujourd’hui, de mon point de vue d’adulte qui a l’âge d’avoir des enfants, je me rends compte qu’ils ont été vraiment inadaptés. Je ressentais comme toi ce décalage avec les enfants, je n’ai réussi à me forger de vraie amitié qu’à partir de 12-13 ans. Et en y réfléchissant bien, avant 10-12 ans je n’ai quasiment que des mauvais souvenirs qui restent de mon enfance. J’ai l’impression que ma vie a vraiment commencé à 16 ans et que j’ai commencé à entrevoir une vie agréable à 18 ans. Mais, maintenant à 28 ans, je suis vraiment très heureuse et ne pas être nostalgique de l’enfance aide à regarder droit devant vous et à avancer. La nostalgie c’est sympa, mais c’est parfois aussi un frein. Comme quoi, on peut commencer très mal et finir très bien 🙂

    1. Je pense aussi que la nostalgie de l’enfance de même qu’un trop grand attachement à sa famille peuvent parfois être un frein dans la conquête de la vie et de son indépendance. Je regrette juste mon mal-être scolaire, j’espère que mes fils seront plus épanouis dans cet environnement. En la matière, avoir changé de pays et donc de système scolaire me rassure un peu.

  15. Oh je suis désolée de lire que tu te sentais mal pendant ton enfance. Ce qui m’a le plus étonnée c’est que tu n’aimais pas l’école. Je pensais au contraire que tu te sentais bien dans le milieu scolaire. Comme quoi, on imagine toujours des choses sur les gens! Comme dit dans certains commentaires précédents, tu devais être plus mature que les autres et même précoce. J’ai quant à moi eu une enfance heureuse mais j’étais aussi une petite fille très angoissée, notamment par la mort. Je suis plus sereine maintenant, à 34 ans. En tout cas j’arrive à mieux gérer tout ça. En vieillissant on se connaît mieux. C’est sans doute ça la clé. Tu as l’air tellement épanouie et heureuse maintenant ! C’est le principal !

    1. J’ai réussi ma scolarité sans m’y sentir bien c’est sans doute assez rare 😉 . Je sais que nous avons ce point commun en tout cas malgré des parents aimants. C’est la vie et tant mieux si nous en profitons pleinement maintenant 🙂 !

  16. Je me suis tellement retrouvée dans ton article… Figure-toi qu’au départ, j’avais rédigé une contribution bien plus noire sur ce TAG, mentionnant le fait que j’étais une enfant souvent seule, avec peu d’amies et très peu sûre de moi… Mais j’ai préféré changer mon billet et rédiger quelque chose de plus léger. Je ne voulais pas faire de la peine à ma mère. Tout a changé au collège pour moi: ma mère a commencé à me lâcher la grappe pour mes notes, je suis donc rentrée le soir l’estomac plus léger. J’ai commencé à me faire plein de copines, dont j’étais plus ou moins le centre, bref, j’ai découvert enfin ce que c’était d’être populaire dans un groupe, un fait tout nouveau pour moi. Comme toi, je garde très peu de souvenirs de mon enfance, ce qui agace ma mère. Je ne sais pas pourquoi, je n’en garde pas un souvenir très ému… En tous cas, ton billet m’a vraiment touchée.

    1. C’est drôle comme mon intuition alors ne m’avait pas trompée. Ou plutôt comme par blogs interposés on finit mine de rien par bien se connaître 🙂 . Je me souviens que ta contribution m’avait beaucoup surprise voire même un peu « déçue » (d’ailleurs j’ai été vérifier et je te l’avais un peu dit en commentaire 😉 ). Je me disais que, forcément, sur ce point aussi, on devait un peu se ressembler ! Mais je comprends tout à fait tes doutes avant la publication puis le fait que tu aies choisi de ne pas le faire, j’ai moi-même longtemps hésité pour rédiger cet article, je ne voulais tellement pas faire de la peine à mes parents qui ont si peu de choses à se reprocher (quand on compare avec des parents vraiment maltraitants). Bref, comme quoi, ce n’est vraiment pas facile d’être parents !

  17. Clairement l’enfance n’est pas ce que j’ai préféré par contre je suis nostalgique de l’insouciance que j’avais jusqu’à 10 ans et la maladie de ma mère. J’ai l’impression que cela m’a totalement transformé et accentué le décalage que j’ai ressenti jusqu’à la fac ! Car clairement je donnerais tout pour revivre encore et encore mes années de fac !
    Bon j’adore ma vie d’aijourdhui mais elle a moins de piquant et elle est quand même conditionnée par pas mal d’obligation !!!

    1. Moi ce sont les années lycée dont je suis éternellement nostalgique… J’avais l’impression d’avoir le monde à mes pieds ! Ce que je regrette surtout c’est cette sensation d’un avenir complètement ouvert. Mais bon c’est rassurant aussi maintenant de savoir ce que je suis devenue 🙂 .

  18. C’est drôle mais en voyant ce tag passer, j’ai été ravie de notre statut de blogueuses confidentielles et de l’assurance que j’avais de ne pas être taguée sur le sujet… j’ai contrairement à toi quelques raisons assez concrètes de ne pas être nostalgique de mon enfance… j’avais totalement fait abstraction et la naissance de Milo a fait remonter plein de choses … comme si j’avais jusque là fait en sorte d’effacer tout souvenir précédant le lycée … et même si je pense au lycée, à l’adolescence, aux études, à l’indépendance, à toutes ces périodes qui ont elles été plutôt chouettes, je ne me sens pas du tout nostalgique et c’est plutôt bon signe je crois…
    J’ai eu de grandes discussions avec ma mère suite aux remontées de souvenirs, il y a deux ans, elle a pas mal culpabilisé et je crois l’avoir rassurée en lui disant un peu ce que tu dis « Etre devenue une jeune femme épanouie, libre, heureuse au quotidien, ouverte d’esprit, je leur dois évidemment. Et c’est déjà une telle réussite pour des parents ! Je pourrais être une adulte déprimée, frustrée, regrettant sans cesse l’enfant qu’elle a été. Ce serait franchement moins gratifiant »
    (et puis pour répondre à ce que tu dis dans les comms, je suis moi aussi convaincue que l’allemagne est une chance pour nos petits mais bon rdv dans 30ans sur leurs blogs pour savoir ce qu’ils en diront ;))

    1. C’est bien mine de rien aussi que tu aies pu en parler avec ta mère… C’est au moins la preuve d’une parole qui s’exprime. Quant aux blogs de nos fils il faut espérer d’ici là que les hommes seront plus présents sur la blogosphère parce que sinon on risque de ne jamais avoir la réponse 🙂 !

  19. Je trouve intéressant ce que tu dis de ton enfance… Moi je suis une « nostalgique » de l’enfance, j’ai l’impression que j’étais heureuse, dans l’insouciance, avec des ami(e)s à l’école, du temps pour lire, pour rêver… Pour moi ça s’est gâtée à l’adolescence, le collège, et j’en ai vraiment de mauvais souvenirs (avec le recul rien d’horrible mais un mal-être permanent) et du coup j’aurai plutôt tendance à dire « dieu merci, mon adolescence est finie »… Mais je pense que je suis tombée de haut ado, où je me suis rendue compte que les adultes n’étaient pas parfaits !
    Et ne t’inquiète pas pour tes enfants, c’est vrai qu’on ne sait pas ce que chacun gardera comme souvenir de tout celà. Et finalement on ne garde pas beaucoup de souvenirs concrets, du quotidien, de notre enfance, et pourtant ca nous construit tellement…
    moi j’ai l’impression de profiter de l’enfance de mes enfants car je vois leurs « premières fois » avec un regard d’adulte, une conscience de l’éphémère et du coup l’envie de savourer chaque instant.

    1. J’aime beaucoup de que tu dis ! C’est vrai que l’enfance nous construit sans que nous gardions de souvenirs particulier et c’est vrai aussi que nos enfants nous permettent de savourer une deuxième fois ces moments 🙂 .

  20. Ton article m’a… surprise et fait réfléchir. Le souvenir de mon enfance est rose bonbon et c’est vraiment comme cela que je la vois. Mais quelle est la part de vrai ? Les souvenirs anciens sont unitaires, l’ensemble est une reconstruction, une « chimère ». Je crois que ça parle avant de nous aujourd’hui. J’aime voir mon enfance comme un socle solide, tu l’a dépassée pour te trouver. Tant mieux.
    Je trouve que ta phrase de conclusion est d’une poésie renversante.
    Alors merci!

    1. Je suis tout à fait d’accord avec toi il y a sans doute une grosse partie de reconstruction – quel qu’en soit le sens d’ailleurs (positif ou négatif). Et merci pour la dernière phrase décidément elle a plu 🙂 .

  21. Eh mais tu es dans la sélection HC…. qu’est ce que tu disais déjà dans ton article précédent? Félicitation.
    Moi j’ai aimé mon enfance et pourtant, ça m’embêterait d’y retourner. L’âge que j’aime le plus, c’est toujours celui que j’ai. Au final, c’est le principal non?

    1. En fait je devrais me plaindre plus souvent sur mon blog ! Je dis que je n’arrive pas à tomber enceinte, je le suis le mois suivant, je me plains de mon absence de sélection ça marche aussi 🙂 . Et en effet aimer sa vie à tous les âges c’est le graal carrément 🙂 .

  22. Bonjour… et bien voilà, j’étais une enfant hypersensible, « susceptible », jugée insolente souvent, qui a sauté une classe et continuait d’étonner, malaimée et maltraitée par quelques institutrices que je hais encore aujourd’hui… Diagnostic : zèbre ! Par contre, j’avais des amies mais aussi des ennemies ! Ça s’est arrangé au collège puis au lycée, avec les enseignants et j’ai même aimé la fac ! Je garde de mon enfance des colères et des douleurs rentrées, de ne pas être comprise et de ne pas pouvoir faire ce que je voulais.
    Je crois que nous avons quelques points communs ! 😉

    1. En effet j’ai l’impression de me lire 🙂 . C’est déjà rassurant de voir que pour toutes les deux, les choses se sont arrangées à mesure que nous avons grandi et avancé dans le système scolaire.

  23. Bonjour die Franzoesin, ceci est mon premier commentaire. Je me reconnais un peu dans ton post à la différence du fait que j’adorais l’école et que j’ai toujours eu beaucoup d’amis et été bien intégrée. Mais comme toi je me languissais de grandir et de jouir de mon libre-arbitre. Je ne dirais pas que je détestais être enfant, mais j’étais avide de liberté et d’indépendance. Je n’ai pas eu une attitude « rebelle » comme toi (sauf quelques années à l’adolescence) – au contraire j’ai choisi d’être la petite fille modèle. Aujourd’hui je pense que mes parents auraient été mieux avisés de m’encourager à exprimer mes opinions et revendiquer davantage de liberté de choix. Ce n’est bien sûr pas un reproche à leur encontre (on essaie tous me bien faire en tant que parents), mais plutôt une lecon que je retiens pour éduquer mes fils. Je pense toute facon qu’il est sain de vouloir devenir adulte. Une société de Peter Pan serait vraiment invivable!

    1. Bonjour Albertine et bienvenue ici 🙂 . Je suis reconnaissante envers mes parents du fait qu’ils n’ont jamais trop cherché à dompter mes rébellions en effet.

  24. À la lecture de ton article je me demande si mon Numéro 1 n’est pas un peu comme toi. Tout bébé il était si pressé de grandir, toujours fâché. Fâché de ne pas arriver à faire ce qu’il voulait. J’ai cru que c’était passé avec la marche, mais avec l’entrée à l’école je me repose pas mal de questions… même si cela va mieux de ce côté là, je sens que l’apprentissage des règles se fait dans la douleur pour lui, même si sa maîtresse est bienveillante. J’ai un peu peur (non ok beaucoup) qu’il n’aime jamais l’école, qu’il ne s’y sente pas bien. Moi qui ai tant aimé que j’en ai fait mon métier ! Je serai un peu malheureuse je crois. Peur aussi que comme toi il ne garde pas de souvenirs ensoleillés de son enfance. Mais je vais tout faire pour et, je me garde bien dans un coin de ma tête et de mon coeur cet excellent article, car non, tu as raison, ce n’est pas « grave ». De gros bisous

    1. J’espère que tu t’inquiètes pour rien. Après il y a plein de gradations dans le « désamour » de l’école. De mon côté ce n’était pas un problème d’apprentissage beaucoup plus un problème avec la vie en collectivité… Et j’ai fini par m’y sentir très bien au lycée – c’est tardif c’est vrai mais mieux que rien 😉 .

  25. Entre le conformisme recommandé voire obligatoire pour bien s’intégrer et le manque de liberté, je n’ai pas non plus aimé être enfant. En revanche, contrairement à toi, mon refuge a toujours été la lecture 😉 C’était mon moyen d’évasion. Pourtant, comme toi, je n’ai pas à me plaindre, je suis issue de la classe moyenne basse mais on avait notre petite maison, mes parents travaillaient beaucoup ok mais m’ont appris le respect et l’autonomie. Je pense aussi qu’ils peuvent se satisfaire de cela, grâce à leur éducation, je suis bien dans mes pompes adulte.

    Quant au problème avec l’autorité… hum… je suis devenue indépendante, ça veut tout dire 🙂 🙂 🙂

    1. D’un autre côté je trouve cela fascinant de voir comme certaines personnalités – les nôtres ? – sont taillées dès l’enfance. Ma soeur était très différente et adorait l’école d’ailleurs !

  26. Tout comme toi, enfant, je rêvais d’être une autre. Je rêvais d’autres choses que celles que j’avais. Et pourtant, mon enfance a été heureuse, très heureuse. J’ai été choyée, aimée, bien éveillée … Mais j’aspirais à autre chose …
    A l’aube de mes 30 ans, j’ai compris … j’aspirais à être une adulte ! Et à 30 ans, je me sens enfin adulte ! Une chose est donc sûre : si je ne regrette pas mon enfance, je n’ai pour autant absolument pas envie de redevenir l’enfant que j’étais. Je préfère largement l’adulte que j’ai construit … Alors, non, préférer être adulte, je ne trouve pas ça normal … je trouve ça même plutôt sain … (le syndrome de Peter Pan … mouais, très peu pour moi !)

    1. Je suis heureuse de voir que je ne suis pas la seule à ressentir ça 🙂 . Et finalement nous sommes chanceuses puisque nous serons beaucoup plus longtemps adultes qu’enfants ;).

  27. Quel article fort ! Merci de nous faire partager tout ça !
    Nos parcours sont tellement différents : je trouve ça fou de voir à quel point nos vies actuelles sont semblables quand je vois les différences des chemins qui nous y ont mené.
    Mais ce que je retiens de ton enfance, c’est surtout cette force de caractère, ces idées bien arrêtées et cette confiance en toi qui subjugue mon moi adulte.
    De mon côté, mon enfance rose et probablement bien idéalisée par les souvenirs choisis que je mets un point d’honneur à chérir me paraît bien fade en comparaison ! 😉
    J’ai l’impression que tout le travail d’affirmation de soi que je suis en train de réaliser à présent, toi, tu l’as déjà fait enfant, ce en quoi tu étais effectivement précoce.
    Bravo et merci pour cette franchise <3

    PS : il me semble que tu m'as dit que j'étais l'une des causes d'une publication tardive de cet article, mais pourquoi ?

    1. Comme ta poupette et moi partageons le fait d’avoir été identifiées « précoces » par nos institutrices de maternelle j’avais peur que ça t’affole un peu 😉 . Et en effet, niveau confiance en moi, je ne sais pas bien ce que mes parents ont fait (ni s’ils ont fait quelque chose en particulier) mais je crois quand même globalement que je suis partie dans la vie avec un réservoir bien rempli 😉 .

      1. Oh c’est trop gentil d’avoir cherché à me protéger ! <3
        Mais j'essaie de ne pas projeter sur ma fille mes angoisses de maman, même si c'est évident bien plus difficile à faire qu'à dire ! 😉 En tout cas, je vais lui laisser le temps de faire son propre chemin, précoce ou non. Et elle ne ressemble pas énormément non plus à la petite fille que tu étais, parce que côté confiance en elle, elle tient plutôt de sa mère (la pauvre, elle cumule ! 😉 ).

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