Un an de reprise

Un an de reprise

Après un congé parental de 18 mois en tout, en incluant ma fin de grossesse chaotique et mon congé maternité, j’ai repris le travail en octobre dernier. Un changement de vie radical, au regard des mois qui ont précédés, mais aussi au regard des années que j’avais finalement consacrées, depuis 2013, à la construction de ma famille. Je ne savais pas bien ce qui m’attendais à l’automne et il s’est finalement passé beaucoup de choses déjà depuis. Suffisamment pour avoir envie de vous en parler ici.

Au travail, les choses se sont incroyablement vite et bien passées. J’avais beaucoup souffert, lorsque j’étais revenue en 2015, après mon premier congé parental, d’une espèce de mise au placard. J’étais revenue sans projet, sans équipe, et mon directeur avait saisi l’occasion de mon entretien annuel pour évoquer un éventuel deuxième bébé. Cette fois, tous mes collègues comme ma hiérarchie semblent avoir décidé pour moi que je n’aurais plus d’enfants. Dès mon retour donc, on m’a confié de nouvelles tâches et une grande équipe – six personnes désormais. De quoi relancer ma motivation !

Pourtant je ne termine pas cette année dans l’enthousiasme. Je suis peut-être trop difficile, trop compliquée, c’est dans ma nature. Mais les intrigues sont permanentes et me fatiguent : nous sommes toujours en pleine réorganisation. Et puis, il reste ce déficit de sens à ce que je fais, qui va et vient et me mine. Je ne sais pas encore comment j’y pallierai, je me donne le temps d’y réfléchir. Pour le moment je voudrais me concentrer sur mes fonctions de management, ma plus lourde responsabilité.

J’ai continué à travailler à temps partiel : je travaille en ce moment tous les jours de 9 heures à 15 heures. J’adore ces horaires et n’imagine pas du tout en changer. Le matin, je profite de commencer tard pour démarrer la journée en douceur avec les enfants. Je les emmène au jardin d’enfants à pieds, en poussette, en prenant le temps de discuter avec eux, de commenter ce que nous voyons dans la rue. Je poursuis ensuite ma route en vélo jusqu’à mon bureau. C’est vraiment le moment de ma journée que j’ai le plus savouré cette année. Bien sûr, il y a eu aussi des loupés, des jours où Charles avait caché mes clés et où Pierre tardait à mettre ses chaussures. Mais dans l’ensemble c’était toujours un doux rituel. Maintenant que Pierre sait pédaler, nous pourrions faire tous les trois le trajet en vélo. Ce sera peut-être quelque chose qui se mettra en place l’an prochain, mais j’espère que cela ne nous privera pas de nos longues discussions matinales.

Nos après-midis étaient souvent occupées par diverses activités : musique le lundi, piscine le mercredi, cours de français le jeudi, courses le vendredi… Je regrette un peu qu’elles aient été si chargées, je n’ai pas eu suffisamment l’impression de profiter de mes enfants – alors que c’est la raison pour laquelle je travaille à temps partiel finalement. C’est vraiment quelque chose qui doit changer à la rentrée. Premières mesures envisagées : supprimer le cours de piscine du mercredi – Pierre va commencer à y aller avec le jardin d’enfants une fois par semaine pour apprendre à nager, ça suffira, en plus il n’aime pas ça – et envoyer mon mari faire les courses seul en fin de semaine.

La très grande nouveauté de l’année reste la fondation de notre association : « Culture française » avec une poignée de français motivés dans ma ville. Des français que j’ai trouvé comme ça, un peu par hasard, que je n’aurais sans doute pas fréquentés perdus au milieu d’une masse de français, mais que j’apprécie tendrement ici. Nous avons commencé par organiser un cours pour nos enfants et puis finalement, ce moment est surtout devenu important pour nous, pour nous retrouver et papoter et rire. A partir du printemps nous avons commencé à nous retrouver le soir. J’ai refait la fête comme j’avais oublié, bu des shots de Tequila et dansé la chenille (dans cet ordre, évidemment). Je ne sais pas ce que ce groupe deviendra, c’est toujours compliqué à gérer, un groupe, peut-être même encore plus un groupe de parents. Mais il a illuminé mon année.

Malgré toutes nos recherches et nos efforts, rien n’a changé d’un point de vue immobilier : nous habitons toujours en location dans notre trois pièces du centre ville. Au fond, il est très beau cet appartement, et surtout tellement bien situé, il y a beaucoup de choses que j’apprécie encore. Mais nous nous y sentons de plus en plus à l’étroit, je rêve du fait que nos enfants aient leur chambre, leur intimité. Et puis surtout, dans nos projets de partir, nous n’investissons plus rien, il trône toujours les anciens meubles d’étudiant d’Ulrich, nous n’avons même pas fait de plantation sur notre balcon cette année. Mais j’évite d’y penser – et de me comparer à toutes les heureuses propriétaires d’Instagram, cela ne sert à rien. J’essaie plutôt de savourer notre chance, de profiter des feux d’artifice de notre balcon, et d’un budget logement tout petit.

Je me sens fatiguée en cette fin d’année, les allemands ont le chic pour enchaîner les sorties dès que le soleil recommence à pointer le bout de son nez. Je me sens fatiguée, mais heureuse : je savoure la chaleur, les jeux dehors, ces longues journées dont on profite un peu plus intensément. Et je rêve déjà aux semaines à venir : trois semaines et demie de vacances, rien que ça, dont trois semaines complètes en France et, je croise les doigts, beaucoup de soleil, de siestes , d’apéritifs et de baignades.

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