Comment je suis devenue… féministe

Comment je suis devenue… féministe

Il y a presque trois ans, j’avais écrit un article sur le blog collaboratif sous notre toit qui s’intitulait : « Pourquoi je ne me sens pas féministe ». Il avait recueilli un nombre important de commentaires. La plupart était plutôt bienveillants, pas forcément d’accord avec moi, mais ouverts au débat. Pourtant je n’avais pas très bien vécu la parution de cet article, je ne sais pas pourquoi. Je crois qu’au fond je m’étais sentie mal comprise. Ou alors j’avais touché du doigt l’idée que c’est moi qui n’avais pas bien compris le concept que je manipulais. Je ne peux pas vraiment écrire trois ans après un article pour dire que j’ai totalement changé d’avis. Mais il est certain que, trois ans après, je n’écrirais plus la même chose. Le féminisme est désormais un thème qui me fait réfléchir, et me touche même parfois. 

Est-ce qu’il y a eu un évènement déclencheur ? Pas vraiment. Sans doute que, l’air de rien, mes copines, leurs lectures et leurs idées m’ont influencée. Mon deuxième enfant et mon deuxième congé parental aussi, m’ont fait mûrir sur bien des points. La première fois, toute à ma découverte de la maternité, j’ai eu l’impression de me réaliser. Je ne pouvais alors pas comprendre que le fait de s’occuper d’un bébé puisse être perçu comme un asservissement. J’ai commencé à saisir le concept le jour où le nombre de couches pleines de caca à changer a doublé. 

Tout cela est encore très confus dans ma tête, et j’attendais que mes réflexions soient plus avancées sur ce thème pour vous les confier. Mais je sens que cela va encore prendre du temps. Il faudrait sans doute que je lise les auteurs que l’ont m’a conseillé. Je m’y mettrai un jour, et ce sera alors peut-être l’occasion d’un troisième article sur le sujet. 

Pour commencer, j’aimerais vous faire fart de tout ce qui m’a traversé la tête, depuis. 

Il y a eu une prise de conscience physique, corporelle. Sans doute liée à mon « coup de vieux« . J’ai toujours plus ou moins correspondu, jeune, aux canons imposés de la beauté contemporaine : grande, mince, imberbe ou presque… Je perds cet avantage à mesure que je prends de l’âge et mesure alors pour la première fois peut-être son importance. Peut-être aussi que j’envie mes fils, leur chance de pouvoir porter des cheveux courts qui ne s’emmêlent pas et sèchent très vite. Mon mari de pouvoir sortir sans maquillage et donc ne jamais devoir se démaquiller le soir. Vous pourriez me dire que rien ne m’empêche de me couper les cheveux à la garçonne et d’arrêter de me maquiller, c’est vrai. Sauf que justement, ce n’est pas si facile. 

Il y a cette pression que je ressens, extérieure et intérieure, intériorisée, qui me ravage. Cette pression d’être mère : de parvenir à la devenir, déjà, puis d’être la meilleure en tout point. Tout d’un coup la blogsphère parentale m’est devenue à cet égard insupportable. Blogosphère parentale, vous dites ? On pourrait être honnête et parler de blogosphère maternelle : en cinq ans d’existence, je crois que les commentaires d’hommes sur mon blog se comptent sur les doigts d’une seule main. Parfois quand je survole les durées d’allaitement, les nombres de mois pour tomber enceinte, les différentes techniques d’éducation, j’ai l’impression d’assister à un concours géant de celle qui pisse le plus loin.

Et puis tout d’un coup ça m’a sauté aux yeux : pourquoi, pourquoi dans notre famille, je fais toujours passer mes enfants avant moi, pourquoi mon mari, lui ne le fait jamais ? Il n’est pas un mauvais papa, je ne crois pas, d’ailleurs les enfants l’adorent. Peut-être même qu’ils le trouvent plus rigolo, moins tendu que moi. Quoiqu’il en soit : il se prend drôlement moins la tête que moi. Il faut dire qu’il n’a pas trop à se la prendre, la tête, puisque je m’occupe de tout : le contenu des repas, l’heure du coucher, la fréquence des toilettes, le choix des tenues, les contacts avec les éducatrices, les inscriptions aux activités… Et le plus dingue, c’est que je le fais volontairement, « freiwillig » comme le disent si bien les allemands avec ce mot qui contient à la fois la notion de liberté et d’asservissement. Je n’avais jamais compris avant que j’avais été, en tant que petite fille, conditionnée comme ça. Je constate seulement maintenant à quel point ce conditionnement est puissant.

Voilà, j’en suis là. Qu’est ce que j’ai fait de tout ça depuis ? De petites choses, de petits pas.

Je suis restée dix mois sans aller chez le coiffeur, et lorsque j’y suis retournée, ce fut seulement pour couper, sans chichis, « faites en sorte que je puisse encore me faire une queue de cheval et ça ira ». Parce que c’est le plus pratique pour moi. Je m’épile de moins en moins souvent aussi, et j’assume de temps en temps, en présence d’inconnus notamment, c’est toujours plus facile. 

Je suis plus vigilante au travail, notamment quand il s’agit d’augmentations.

J’ai fait comprendre à mon mari qu’il devait apprendre à faire un biberon seul – une dose pour 30 ml de lait, ne rigolez-pas. Ce soir quand il m’a demandé comment il devait mettre le petit au lit – comprendre avec quels habits – j’ai fait semblant de ne pas comprendre justement : « Bah, dans son lit ? » « Oui mais habillé comment ? » « Bah ne je sais pas, regarde dans son armoire ». Ça le décontenance mais je comprends. Au fond tous nos rituels, tout ce non-partage des tâches, c’est moi qui les ai mis en place, pas lui. 

Pour le reste rien n’a changé. Je continue d’être celle qui travaille à temps partiel et assure la majorité des tâches ménagères. Chez nous on ne parle pas de charge mentale, on parle de charge tout court. Mais je n’ai pas forcément envie que tout change, pas encore. Au fond j’ai toujours voulu endosser ce rôle-là, être une mère infiniment présente, et il me plait. Seulement maintenant j’arrive de mieux en mieux à disséquer tout ça, entre mon conditionnement de petite fille et ma revanche de fille. Je voudrais aussi léguer autre chose en modèle à mes fils. Le compte Instagram Taspensea est une révélation quotidienne, j’imagine que vous le connaissez. Et j’ai hâte de pouvoir lire encore plus, encore plus assidument sur tous ces sujets. Si vous avez des conseils…

62 réactions au sujet de « Comment je suis devenue… féministe »

  1. Avant que j’oublie : il y a le manuel d’éducation antisexiste d’Aurelia Blanc. J’en avais parlé sur mon blog en janvier je crois. Elle décortique tout le conditionnement masculin. Pour le reste je reviendrai, c’est intéressant comme questionnement

  2. C’est « marrant » que ton article paraisse aujourd’hui… jour de la grève des femmes en suisse ! Je t’invite à aller jeter un coup d’œil au manifeste et à l’appel à la grève, car si comme toi je suis encore en pleine réflexion à ce sujet et que je ne partage pas tous les points défendus. Je les soutiens très fort dans ce combat d’égalité ! Et j’ai moi aussi dit haut et fort cette semaine que, non, je n’aurais plus honte de me dire féministe ! Mais c’est dur de sortir de ce patriarcat… le privilège des hommes me fait penser aux privilèges des blancs, qui, qu’on le veuille ou on existent. Mais je ne peux me plaindre, mon mari est aussi un féministe, il ne le sait pas encore c’est tout ! 😉

    1. Oui c’est drôle j’ai donc découvert l’existence de ce mouvement en Suisse vendredi 🙂 . Finalement le mot féminisme regroupe beaucoup de choses c’est donc compliqué aussi parfois de se positionner.

  3. A la maison, je suis celle qui ne travaille pas, et donc c’est moi qui ai en charge la maison et des enfants. Les remarques et les questions de ton mari sont les mêmes que chez moi. Ce rôle je l’ai voulu et je l’assume, même si parfois il pèse un peu lourd sur mes épaules. J’admire celles qui travaillent, élèvent leurs enfants, se chargent de la maison et de toute son intendance, des enfants, d’elle-même. Sauf que moi, je n’y arrive pas. Pour moi c’est trop. J’ai l’immense chance de n’être pas obligée de travailler. Je le perçois cela comme une chance et non comme un sacerdoce. J’aime organiser mon temps comme je le veux, m’occupé de mes filles. J’ai peu de temps seule avec moi-même, mais je le savoure, je sais que quand les filles seront plus grandes et plus autonomes, ce temps là, j’en aurai beaucoup plus. Mais tu as raison de pointer du doigt les blogs parentaux, cette course éternelle vers la perfection. La perfection n’existe pas et ces personnes là ne l’on pas encore compris. La lecture de nombreux blogs m’ont rendu malheureuse et m’ont fait me sentir défaillante. Alors j’ai arrêté de les lire, cela ne sert à rien de se faire du mal. Je m’en porte beaucoup mieux. Les manuels d’éducation restent dans les rayons des librairies. Mes filles sont heureuses et épanouies, qui a-t-il de plus beau ?
    Bon courage dans ta réflexion, le principal, c’est que tu te sentes bien. Les autres, en s’en fiche un peu. La vie est courte, il ne faut pas la gâcher.

    1. Merci pour ton message plein de sérénité. C’est vrai que c’est ça la clé, être en accord avec sa vie et ses choix, ni plus ni moins…. et éviter les comparaisons qui nous font souffrir évidemment.

  4. Bravo pour cet article! Que je suis heureuse de te relire sur ce sujet. La déconstruction prends du temps, je suis heureuse qu’elle passe aussi par chez toi, car je me souviens bien de ton article de l’époque. Je trouve cela assez réconfortant de lire de plus en plus de témoignage dans ce sens, depuis mee too il y a vraiment un saut en avant je trouve.
    Par contre une de tes phrases m’irrite un peu « Au fond tous nos rituels, tout ce non-partage des tâches, c’est moi qui les ai mis en place, pas lui.  » Parceque non c’est trop facile de dire ça, et tu n’as pas à te victimiser. C’est le patriarcat qui a mis en place cet état des choses. Et il aurait pu réagir et ne la pas fait – même situation chez moi hein, je ne dit pas ça de façon condescendante, mais je crois que c’est important de le dire. Et de lui dire.

    1. Oui tu as raison merci pour ton commentaire en général et d’avoir noté cette phrase en particulier 🙂 . J’aurais peut être mieux fait d’écrire que nous les avions mis en place ensemble : je reconnais y avoir ma part de responsabilité mais il semblerait que de son côté ça l’arrange bien…

  5. J’étais déjà féministe mais je pense que je le suis encore plus depuis que je suis mère, et surtout depuis que je suis mère en Allemagne. Je pense que l’injonction à être une mère parfaite, entièrement dévouée à ses enfants y est encore plus forte qu’en France.
    J’ai repris le travail quand ma benjamine avait un an et je n’ai ressenti que très peu d’empathie au travail alors que nous avons traversé trois années extrêmement difficiles, à enchaîner les rv médicaux et les hospitalisations pour la petite. Ma chef sait que j’ai trois enfants petits et que la dernière a un handicap et cinq rv pour ses thérapies chaque semaine, dont trois rv que j’assurais en dehors de mes heures de travail (les deux autres ayant lieu à la crèche). Je n’ai eu que des reproches sur mes absences, quand les enfants étaient malades ou quand moi j’étais malade. J’ai eu l’impression que mes collègues et ma chef avaient peu d’empathie parce que je transgressais le modèle social : en ayant trois enfants petits dont une avec un handicap, je n’aurais pas dû travailler. Mais mon mari est remercié et félicité par la pdg de venir à une réunion l’après-midi alors qu’il était resté à la maison le matin avec un de nos enfants malades. Personne n’ira lui faire le moindre reproche.
    Ces discriminations sont ressenties par les enfants dès leur plus jeune âge. Ma cadette nous a répété ce que les garçons disaient dans sa crèche (« Jungs sind stark und Mädchen sind Salat »). Je sais, ce sont des enfants mais cela influence déjà fortement leur caractère et la place qu’ils s’accordent. Or, la société laisse déjà plus de place aux hommes qu’aux femmes, que ce soit dans l’espace, au travail, dans les média, etc.
    Je ne veux pas que les femmes aient une place supérieure aux hommes (c’est ce que répètent ceux et celles qui disent ne pas être féministes, mais c’est un contre-sens), je veux qu’elles aient une place égale, qu’elles ne soient pas soumises aux diktats de la norme, aux pressions de la société, qu’elles n’intègrent pas les préjugés disant qu’elles valent moins que les hommes, que leur travail est moins important que celui de leur conjoint. Il y a encore énormément de chemin…

    1. Je suis d’accord avec toi : cette pression sur les mères est encore plus forte voire insupportable en Allemagne. En revanche (et heureusement) généralement mon nombre d’heures de travail et la rapidité avec laquelle je suis revenue à chaque fois (27 heures et 1 an hein mais en rapport avec le modèle ambiant c’est déjà ambitieux) suscitent plutôt l’enthousiasme de mes collègues heureusement…

  6. « Et puis tout d’un coup ça m’a sauté aux yeux : pourquoi, pourquoi dans notre famille, je fais toujours passer mes enfants avant moi, pourquoi mon mari, lui ne le fait jamais ? Il n’est pas un mauvais papa, je ne crois pas, d’ailleurs les enfants l’adorent.  »
    J’ai un brouillon d’article dans lequel on peut lire « mon mari met toujours son manteau avant de faire enfiler les siens aux enfants ».
    C’est un petit geste quotidien anodin… mais il se trouve que j’ai tendance à faire l’inverse.
    Par nos petits gestes quotidien on fini par réaliser que l’on est en charge mentale aggravée…
    Merci pour cet article et ces réflexion en cheminement intérieur

  7. Je comprends ce que tu dis, cette pression et ces petits pas… Ces petits pas qui te rapprochent de ce à quoi tu aspires maintenant. Il y en aura d’autres. Et je te souhaite d’arriver à les faire pour arriver à être en phase avec toi même.
    Je ne connaissais pas ce compte Instagram alors merci du partage !

  8. Je crois que c’est Claire Gezellig qui t’avait dit ça, en effet tu as toujours été plus féministe que tu ne le pensais 😉

    En ce moment je suis très sensible à la différentiation fille/garçon dans l’éducation, ma Tante qui demande à sa fille de 7 ans et non à son fils de 10 ans de s’occuper du bébé pendant qu’elle va aux toilettes par exemple. Ou encore cette maman qui m’explique que les filles s’est normal elles veulent être autonomes plus tôt (je n’ai pas vérifié mais il me semble que mes neveux demandaient à s’habiller tous seuls aussi)… La charge mentale (ou charge tout court comme tu dis) on la créée nous même en oubliant de responsabiliser nos garçons autant qu’on le fait pour nos filles, tout en se plaignant que nos maris ne sont pas responsables !
    Tout : notre besoin d’organisation, notre sensibilité, jusque à notre besoin d’être coquette ou présente pour nos enfants nous a été inculqué, par nos parents, par la société… Et si je peux couper mes cheveux, ne pas me maquiller ou m’épiler, c’est autrement plus dur d’arrêter de réfléchir pour tout le monde ! J’ai fais un test dernièrement, je voulais voir si il allait se rendre compte qu’il faut changer la taille des habits de la petite, et il ne voyait rien. Même quand la crèche a dit que ces bodys devenaient décolletés, il a trouvé ça juste drôle…
    Bref, je suis intarissable sur le sujet tu le sais, alors j’arrête avant de te pondre un pavé !

    1. C’est vraiment très intéressant cette histoire de bodys décolletés j’ai eu un déclic de ce genre aussi récemment. Lorsque les éducatrices me font une remarque sur mes fils, je le prends toujours très personnellement, je me sens remise en cause, c’est presque le drame. Mon mari a toujours une attitude si différente, si détachée dans ce genre de situations… C’est incroyable !
      Il y a tellement à faire, j’espère que nos enfants seront déjà un peu plus que nous sur la bonne voie en la matière.

  9. Je me souviens de cet article 🙂 je le trouvais fidèle à ma pensée. 3 ans plus tard je n ai pas beaucoup évolué mais je pense que c est parce que ma vie me convient parfaitement. Je n ai jamais eu le genre de prise de conscience que tu as eu depuis… mon mari a des défauts c est vrai mais dans notre couple et en tant que parents c est 50/50 chez nous. Et nous n en avons jamais parlé ca s est imposé naturellement. Ou alors maintenant que j y pense, c est parce que des le départ ça a été très clair que je ne serai pas la seule à m occuper des enfants et de la maison. Et en fait je n ai jamais eu à me battre pour cette idée parce que pour mon mari c est logique… mais oui le compte taspensea me montre que malheureusement ce n est pas logique pour tous les hommes… mais j ai du mal a n en vouloir qu aux hommes en fait. C est sûrement naïf mais je me dis que c est peut-être juste un manque de communication au sein du couple et pas forcément que les hommes sont misogynes ou machistes… mais encore une fois j ai la chance de ne pas être victime de ça au quotidien , ce qui biaise forcément mon point de vue.

    1. Je ne pense pas que soit toujours la faute des hommes en effet. D’ailleurs dans mon couple ce n’est sincèrement pas comme ça que les choses se sont passées : c’est moi qui ait voulu, lorsque je suis devenue maman, endosser ce rôle à 100% et qui ai pris toute la place. Mon mari a joué un rôle plus passif qu’actif dans cette répartition des rôles.

  10. J’ai toujours eu conscience de l’écart ayant été toujours hors norme mais avoir une fille m’a rendue encore plus aggressive sur ce sujet. Avoir un fils m’a aussi fait voir plus vivement l’autre versant du problème avec le carcan masculiniste qui pèse sur les garçons. Dans tous les cas j’espère arriver à leur donner la force de s’assumer comme ils le souhaitent, en communion avec leurs forces et leurs faiblesses mais aussi dans le respect des autres et de leurs différences.

    1. J’aime beaucoup ce que je perçois de l’éducation que tu donnes à tes enfants, j’espère aussi faire au mieux pour éviter ces carcans dont tu parles.

  11. Merci pour cet article.
    Moi aussi je me suis pris une bonne claque en devenant mère. C’est exactement ce que tu dis: celle qui pense aux tenues, à renouveler les tenues, à vendre ou ranger les tenues trop petites, qui prépare le sac pour la nourrice, qui pense à décongeler la viande pour que les enfants aient des protéines pour leur repas, à mettre la crème solaire dans le sac, à demander à son mari « t’as pris le carnet de santé? » lorsqu’il amène l’enfant chez le médecin. RDV pris par moi, et que je lui ai fait noter, et rappelé. Etc.!
    Ce genre d’articles, cette prise de conscience, sont extrêmement importants. Mieux partager les tâches représente pour moi une seconde libération de la femme, encore à venir, car oui, penser à tout peut être comparé à un carcan mental lorsque l’on est épuisé. Changer les choses, même des petites choses, peu à peu, ne peut être qu’un bien pour nos enfants, garçons ou filles!
    Bref, merci encore!
    Ici, plusieurs choses au programme.
    Je vais lui demander de faire les valises pour les vacances (même si je vais vérifier… c’est fou non?).
    Tout ce que je lui demande de faire est noté dans son agenda immédiatement et je tâche de ne pas lui rappeler. Lui tâche de le faire…! M’enfin, on est encore et toujours dans l’exécution des tâches et non dans l’anticipation.
    Demandé dernièrement: faire des machines et étendre / détendre le linge.
    de tout petits pas… mais qu’il faut franchir.
    Tu notes que c’est moi qui pense également à alléger ma charge mentale! 🙂

    1. Ici c’est vraiment la maternité qui a tout changé. Hors enfant finalement, les tâches étaient réparties plutôt équitablement entre nous, même la charge mentale – le fait que je sois immigrée a fait qu’il s’est toujours plutôt occupé de l’administratif par exemple. Mais avec mes congés parentaux, les enfants sont devenus mon affaire, et c’est compliqué de corriger ça après (pour tout le monde, je ne te raconte pas le nombre de fois où mon mari est dans la cuisine et les enfants viennent me chercher au salon pour me dire qu’ils ont soif…).

  12. Chère Alice,
    En ce moment après une période de flou (mon fils a trois ans) je fais des efforts conscients pour me retrouver. Je me reconnais dans tes réflexions. Juste hier je faisais clairement noter à mon compagnon que lorsque notre fils dit « je vais dormir avec papa, pendant ce temps tu débarasses la table » cela va le conditionner dans sa vision des roles ou opportunités offertes à une figure féminine ou masculine. Qu’il est inutile de le corriger « verbalement » mais qu’il est nécessaire que notre fils voit régulièrement son père plier le linge, nettoyer la cuvette des toilettes ou sache où se trouvent les pyjamas. Je précise qu’on travaille tous les deux à plein temps (mais que je gagne moins – surprenant? ;))
    J’habite en Italie, et mon compagnon n’est pas un « macho » de base mais j’essaye d’etre vigilante sur ces points. Car si les petites filles qui se tournent vers des activités « masculines » sont applaudies, les petits garçons ne suscitent pas les memes réactions lorsqu’ils s’adonent à des taches féminines. Moi aussi je suis devenue féministe, je veux oeuvrer pour que notre société voit comme positives, nobles, courageuses, les activités traditionnellement vues comme secondaires et donc reléguées à la sphère féminine. Pour que nos enfants grandissent vraiment ensemble. Qui sait quelle société nous construisons pour nos enfants avec cette nouvelle conscience qui s’éveille et s’exprime.
    Je n’ai pas de conseils spécifique à partager mais j’attends avec plaisir les autres commentaires. En attendant je te remercie d’avoir partagé où tu en es, cela donne du courage. A bientot
    Aurélie

    1. Merci beaucoup pour ton long commentaire et tes encouragements. Le manque de valorisation des activités perçues comme féminines et un gros problème en effet et je constate aussi au quotidien avec mes garçons qu’il reste compliqué de leur permettre de mettre une jupe par exemple. Mais j’aime quand tu dis que nous construisons une nouvelle société, je l’espère !

  13. Je te trouve très vraie et très juste dans ce que tu écris ici. Tout est un cheminement et on a le droit d’évoluer et de changer d’avis. On se sent toujours mal à l’aise de le dire et pourtant, quand t’y penses, ce serait tellement triste de rester bloqué sur nos premières idées…

    1. Oui c’est tout à fait ça ! J’ai beaucoup changé d’avis au fil des ans, sur beaucoup de sujets. Parfois ça me fait honte, et parfois au contraire je me dis que je devrais en être fière, ça prouve que je reste ouverte aux arguments des autres, à l’écoute vraiment 🙂 .

  14. Merci pour cet article, il évoque de nombreuses autres questions, en filigrane (comme toujours, tu as un réel talent pour aborder un sujet de façon réfléchie tout en ouvrant la porte à d’autres questionnements, c’est super enrichissant).

    Ici j’ai toujours mis les choses au clair: je ne serais pas seule à porter « La Charge » à la maison (on dirait un titre de film d’action hahaha) (« la Charge: pour sauver le monde, il doit l’aider à faire la vaisselle ») (désolée, je m’égare totalement). ce qui ne signifie pas que les choses sont si simples que cela: on ne se défait pas de son éducation si aisément, et cela vaut autant pour lui que pour moi.

    Ton passage sur le soin que tu apportes à ton apparence me fait énormément réfléchir, et je t’en remercie également. Je pense que ça va se terminer en article de blog également. ^^

    1. Merci beaucoup pour ton compliment que me touche sincèrement ! Pour le reste j’ai hâte de te lire ! Je sais que tu es très « féminine » justement (j’ai dévoré tes articles sur le maquillage, je n’en parle pas dans cet article mais je me maquille tous les jours aussi). A très vite pour poursuivre le débat alors 🙂 .

  15. C’est marrant car sans être maman j’ai eu un peu le même genre de réflexion ce matin. Il y a encore quelques années je ne comprenais pas les féministes, enfin c’est surtout que je les trouvais « trop ». Mais pendant 5 ans j’ai été avec un garçon qui malgré bien d’autre d’info ne m’a jamais fait sentir que c’était à moi de tenir la maison. Oui mais voilà depuis 2 ans que je avec un garçon avec pleins de qualité mais pas celle là et qui pour le coup lui sous couvert de blagues (mais il ne rigole qu’à moitié) me fait bien comprendre que c’est à moi « femme » de m’en occuper. C’est bien simple il ne m’aide à aucune tache ménagère et je no’se même plus demander car je sais que je devrais attendre encore minimum 1 ou 2 jours, répéter, et qu’il finira par le faire en rallant (et mal en plus). Donc je fais. Mais justement ce comportement de sa part me rend enfaite finalement de plus en plus féministe car je comprend maintenant toute l’injustice et l’incohérence de ces comportements. Je me surprends de plus en plus à penser que ce sont les femmes finalement le « sexe fort » et que les hommes ne sont que des pleurnichards. Après tout il semblent bien incapable de gérer à la fois un job, l’éducation des enfant, la gestion de la maison et la pression social de « la mère parfaite ». Finalement je crois que mon mec m’a rendu féministe… Et le pire c’est que je culpabilise quand il rentre et que je n’ai pas eu le temps de lui préparer son diner… conditionnement bien triste.

    1. Oh oui c’est triste… Est-ce que tu as déjà essayé d’en discuter avec lui ? Avec mon mari nous avons aussi ce genre de décalages parfois et ce n’est pas toujours facile de se comprendre alors.

  16. Personnellement, je crois que je suis devenue féministe à la naissance de mes garçons, pas la féministe qui décide de partir en croisade contre les dictats « féminins » (je n’ai jamais été très féminine), ni la féministe ultra-indépendante … mais une mère au foyer parce que c’est en partie MON choix, avec autant de valeur que mon mari ou n’importe quel homme, et avec la ferme intention d’élever mes garçons sans stéréotypes de genre et sans en faire des assistés profitant de leurs places favorables dans le patriarcat
    Après, si tu te sens épanouie en anticipant au maximum, tu as le droit aussi (même si c’est dur de differentier ce qui nous convient et ce qui a été inculqué insidieusement )

    1. Oui je trouve que c’est très compliqué de dissocier les deux. Pour le moment je garde évidemment ce qui me fait plaisir : le maquillage, le BuJo, même si ça reste des choses associées au féminin, je ne m’imagine pas m’en priver par principe. Mais je me libère plus facilement du reste, en tout cas j’essaie !

  17. “Ta mère est la seule personne qui prie pour mourir avant toi”. Je crois que ce n’est ni un conditionnement, ni anti-féministe. C’est un fait. Les mères animales font également passer leur vie après celles de leurs petits.
    Je suis féministe si ça veut dire donner accès aux femmes aux mêmes choses qu’aux hommes (études, carrières, rémunérations…).
    Je ne suis pas féministe si ça veut dire empêcher les femmes d’être des mères. Si ça veut dire passer pour une demeurée parce que je suis au foyer (alors que je suis ingénieur). Si ça veut dire ne pas avoir le nombre d’enfants que je souhaiterais (pour ne pas passer pour une poule pondeuse mais être une femme méritante qui profite à l’économie).
    Certes, c’est exigeant d’être mère. Je vois cette exigence comme une chance d’accéder à la plénitude de la vie. C’est-à-dire, comprendre dans sa chaire que les choses négatives sont aussi importantes que les positives. Et qu’en fait, il n’y a pas de frontières entre les deux. Les hommes peuvent également avoir accès à la plénitude, en fonction de leur vie et de leur tempérament, mais la maternité est un crash course.

    1. Je comprends ce que tu veux dire et j’ai longtemps été de cet avis aussi. Les premiers mois voire les premières années, je crois aussi que la relation d’une maman et de son bébé est particulière. Maintenant, alors que mon aîné a près de cinq ans, je ne vois pas en quoi le fait de lui préparer son sac de piscine (ce que ne fait jamais mon mari) relève de l’instinct. J’ai plutôt l’impression que, sous ce prétexte justement, mon mari en profite un peu…

      1. En fait, c’est peut-être à ton fils de faire son sac ? Ça demandera un peu de formation les premières fois et après il sera autonome. Comme tu dis, il y a une forme de compétition entre mères. Ce qui est incroyable, c’est qu’elle va dans le mauvais sens. C’est le concours à celle qui allaitera le plus longtemps, celle qui codotera le plus longtemps, celle qui diversifiera le plus tard, celle qui mettra des couches le plus longtemps etc. Comme si, plus on s’enquiquine la vie, plus on est une bonne mère. Personnellement, je pense que c’est négatif pour l’enfant. En plus, si c’est source de conflit avec ton mari…fait faire son sac à ton fils ,
        apprend la propreté au deuxième, et élimine progressivement toutes les choses qui t’embêtent. Dis-toi qu’à l’âge de ton aîné, il y a des enfants qui travaillent déjà à plein temps. Non pas que ce soit un objectif, mais il est capable de faire son sac de piscine.

  18. Intéressant cet article, même si on sent l´a
    Pour ma part, je déteste le maquillage et j´aimerais bien gardé mes cheveux longs mais j´ai dû y renoncer après une invasion de poux à l´école (trop dangereux).

    Je pensais qu´il y avait deux courants dans le féminisme: les femmes qui se battent pour avoir exactement les mêmes droits que hommes (ex: France) et les femmes qui se battent pour avoir leurs droits bien spécifiques (ex: Allemagne, Scandinavie)?

    Je devine que tu n´es pas à ces extrêmes mais j´ai un très mauvais exemple dans mon entourage de maman qui s´empare de l´éducation de ses enfants comme de sa seule prérogative. Et moi, qu´est- ce que ça m´énerve…

    1. J’ai déjà entendu parler de ces courants en effet… J’ai l’impression qu’en ce moment ces deux extrêmes ont tendance à se rejoindre et à tendre vers le modèle « femme qui travaille comme un homme mais continue de tout faire ».

  19. C’est un cheminement long de réaliser qu’un système n’est pas égalitaire, quand on a grandit dedans et qu’on s’est habitué !

    Personnellement, je me souviens avoir râlé qu’un prof d’informatique disait « les gars » alors que certes, j’étais l’unique fille de la classe, mais j’étais là. Il avait dit « rha ces féministes, toujours en train de râler » et j’avais été piquée à vif ! M’enfin, je ne suis pas féministe, ne m’insulte pas, je demande juste que tu ne m’ignores pas !
    Dix ans plus tard, je me revendique féministe sans problème, au point de l’afficher dans mes bios sur les réseaux sociaux (ça n’est pas rien, donc !).

    Et même si ça fait maintenant de longues années que je m’affirme féministe, j’en apprends encore régulièrement. L’année dernière, ma plus grande révélation fut en lisant « Libérées » de Titiou Lecoq (avec pour sous titre « Le combat féministe se gagne devant le panier de linge sale »). Je te le recommande vraiment : c’est un essai très facile à lire (contrairement à Mona Chollet, que j’ai très envie de lire mais je n’arrive pas à dépasser les 10 premières pages : je n’ai pas assez de neurones disponibles pour le moment). Moi qui croyait être « calée » sur les questions féministes, en lisant Libérées, j’ai appris pleins de choses et compris pleins d’autres choses (par exemple pourquoi je ramasse les chaussettes sales par terre, et pourquoi j’aime avoir un intérieur propre). Bref, je pense qu’il te parlera vraiment !

    1. Oh merci beaucoup de ce conseil ! J’en ai déjà entendu parlé et je me demandais justement si c’était bien, du coup tu me convaincs !

  20. Ton article est (comme toujours) très intéressant, et je comprends tellement ce que tu dis… J’en suis arrivée à un stade d’épuisement total concernant cette charge mentale familiale. Et je ne comprends pas comment nous en sommes arrivés là, je dirais même que je m’en veux fortement d’être dans cette situation. Là aussi c’est la deuxième grossesse qui a tout chamboulé, j’ai eu l’impression que les choses étaient « moins pires » quand notre aîné est né. La réalité c’est qu’aujourd’hui je ressens pleinement toute cette pression, énorme et insidieuse, qu’on fait porter aux femmes, aux mères, et j’en suis dégoûtée. Il est tellement compliqué de sortir des schémas sans rentrer dans une lutte de pouvoir un peu idiote pour voir combien de temps on tient devant un panier de linge sale qui déborde. Et pourtant… Je ne te parle même pas de tout ce qui touche au handicap de mon fils aîné : alors que j’ai toujours su que j’avais les épaules bien trop fragiles pour gérer, absolument TOUT est de mon ressort (et c’est habituel dans ce milieu là, je n’ai croisé qu’un seul et unique papa). Forcément aujourd’hui, en élevant des garçons, je m’interroge beaucoup. Je ne suis pas fière du modèle parental que nous leur donnons.
    Et pendant que je t’écris ça j’entends un « ils sont où les tee-shirts ? » de mon mec devant la garde-robe des petits…
    (Désolée pour la séance psy via ce commentaire du coup ^^)

    1. J’ose à peine imaginer ce que ça donne chez toi avec la charge de travail décuplée par le handicap… Et je te rejoins aussi : difficile de se lancer dans une lutte difficile avec son conjoint quand déjà le quotidien n’est pas propice au romantisme (on se comprend). J’espère sincèrement qu’avec le temps tu arriveras enfin à prendre un peu de temps pour toi.

  21. Le jour où mon mari et moi nous sommes séparés et avons adopté une garde alternée,j’ai compris qu’il était tout aussi bien capable que moi de tenir une maison, de s’occuper de ses filles et de faire attention à elles. Et en plus il ne se mettait pas de pression… J’avais auparavant l’impression de « tout gérer »
    Par contre, au début, nombreux étaient ceux qui l’invitaient quand c’est lui qui était avec les 3 pour « le soulager » alors que , lorsque c’était ma semaine, tout le monde trouvait ça normal.

    Les injonctions sont elles réelles ou les fantasme t on? Que se passe t il quand on décide de ne plus les écouter? Je ne parviens pas clairement à y répondre et c’est assez déstabilisant.

    1. Je réalise aussi, depuis que j’ai décidé de davantage déléguer que finalement, après un petit temps d’adaptation, les choses se passent assez bien. Et j’ai du mal aussi à démêler, de lui ou de moi, qui a mis en place toutes nos mauvaises habitudes actuelles.

  22. Contrairement à toi, j’ai eu la chance d’avoir un papa qui faisait tout à la maison. Attention, ma mère assumait la corvée de l’éternelle remise au propre de la maison le dimanche matin mais lui assumait le reste la semaine, le quotidien qui fait que, justement, ça va dix fois plus vite le dimanche. Il cuisine aussi facilement, il bricole, etc.
    Par ailleurs, travaillant en décalé, il s’est aussi toujours occupé de nous, même bébé tout petit sorti du ventre de môman 😉
    En fait, bien que mes relations avec mon père soient difficiles pour d’autres raisons, je me suis aperçu au fur et à mesure de ma vie d’adulte qu’il m’avait inculqué des notions essentielles, bien que très basiques. Le bon sens paysan dirons-nous. Du coup, j’ai un sens pratique à tout épreuve. Mon mari et moi n’aimons pas faire le ménage, nous ne nous voyons que le weekend, on prend une femme de ménage et c’est tout. Pourquoi se prendre la tête avec ça ?
    je n’ai pas envie de faire les courses, tu sais le caddie rempli jusqu’au plafond ? je déteste. Vive le drive ! Mon mari préfère y aller, qu’il se fasse plaisir, ça ne m’intéresse pas.
    On est loin de la philosophie féministe très poussée et du coup c’est vrai que j’ai du mal à comprendre cet état d’esprit. C’est un vrai mystère pour mon cerveau.

    Après, dans un tout autre registre, j’ai aussi reçu quelques leçons cette fois de mon corps quand il m’est arrivé de pousser trop loin, migraines à répétition, gastrite (ça fait drôle de perdre 10 kg en deux mois), et au cours de ces dernières années, mon mari et moi avons perdu des proches.
    Tout cela fait réfléchir à ce qui est essentiel parce que finalement, comme je te le disais dans ton précédent article, on n’a plus le temps pour le reste. On mène tous une vie compliquée, alors pourquoi en rajouter ? Bien sûr, on a les contraintes incontournables (ah si seulement je pouvais gagner à l’euro million 😉 ) mais, loin d’être féministe, je suis plutôt « ça m’encombre, ça dégage ». Ainsi, j’ai la sensation de vraiment faire ce que je veux faire. Par exemple, tant que bébé veut bien manger tout ce que je lui donne, je veux absolument qu’elle ne mange que du fait maison. C’est mon crédo, je n’ai pas tenu les couches lavables mais, ce point-là, je ne le lâcherai pas. C’est une vraie contrainte de faire des petits pots variés, je dois faire des courses de frais, de bio, d’agriculture raisonnée, etc. et cuisiner tout cela. Mais c’est une contrainte que je m’impose volontairement.

    Est-ce si important pour toi d’être le pilier ménage, repassage, repas, etc. de ta petite maisonnée ? Plutôt que de partir sur une théorie féministe, que je ne conteste pas puisque je vois cela chez des couples d’amis, peut-être te faudrait-il déjà définir ce que toi tu veux faire ?

    1. C’est une très bonne question ! Certaines tâches ne me dérangent pas d’ailleurs : par exemple j’aime me lever tôt et je m’occupe assez volontiers des enfants le matin. Mais il y en a beaucoup d’autres que je rêve de déléguer et que je n’arrive pas à déléguer : faire la liste des menus et des courses de la semaine, préparer le sac de piscine du grand, jusqu’à changer la couche du petit régulièrement…

      1. Tu sais, je pense sincèrement en voyant les réactions de mon mari, qui n’est pas macho pour un sou et plutôt hyper respectueux, que les femmes ont une part de responsabilité là-dedans. Je ne sais pas si c’est conscient ni même si on s’en rend compte mais je vois bien que parfois il aimerait faire mais n’ose pas. Avec le temps, il a fini par me le faire sentir « je veux bien étendre le linge mais c’est à ma façon » « je fais le repas, laisse moi faire comme je veux » jusqu’à me dégager une nuit qu’il ne parvenait pas -me semblait-il- à rendormir la petite. Je me suis beaucoup interrogée là-dessus puisque j’ai une tendance féministe « naturelle », c’est à dire que pour moi c’est une évidence le partage des tâches, je ne comprends pas que ça fasse encore débat (oui je suis naïve aussi 😉 ). Et je me suis rendu compte d’une tendance à vouloir tout gérer quand même. C’est fou, non ?
        En plus, ton mari semble être un peu comme le mien, il ne t’écrase pas et est de bonne volonté finalement.

  23. J’aime que tu ai écris un nouvel article sur ton blog, j’aime que ce soit un article sur le féminisme, et j’aime la façon dont tu abord ce sujet (encore une fois !).
    Pour revenir vite fait sur le partage des tâches : avec mon mari nous partagions déjà beaucoup. Mais c’est vrai que j’avais une bonne partie de la charge mentale. La tendance s’est énormément inversée quand il s’est retrouvé au chômage. Au début je continuais de penser à tout, même si c’est lui qui exécutait (comme préparer le sac des enfants, préparer les repas, faire les courses, etc.) et petit à petit je me suis rendue compte qu’il gérait très bien et n’avait pas besoin de moi. J’ai lâché la charge mentale, jusqu’au point où je ne gérais presque plus rien. La balance s’était inversée, et c’est pas sain non plus ! Maintenant qu’il a repris un travail tout s’est ré-équilibré, et même si j’ai repris la charge mentale sur pas mal de choses, je sais que maintenant il sait ce que c’est ! et qu’il sait faire. Je ne vérifie plus les sacs après lui par exemple… !

    1. J’imagine bien votre situation et c’est pour ça qu’a posteriori, je regrette que mon mari n’ait pas pris un vrai congé parental de son côté, au moins quelques mois pendant lesquels nous aurions pu « inverser les rôles ». En ayant enchainé deux congés parentaux longs puis des temps partiels au contraire, les rôles traditionnels semblent désormais profondément ancrés chez nous.

  24. J’ai compris à la fin de l’adolescence à quel point j’avais été conditionnée par ma famille (modèle familial des années 40 par contre) et j’ai trouvé ça libérateur.

    Mais lorsque je fais mon auto-critique, je me rends compte que je fais aussi pas mal de choses « freiwillig ». Mon conjoint ne gère pas tout ce qui est rapport avec l’école (sauf les trajets), la psychologie et le développement des enfants, la santé etc. Il est parfaitement capable d’envoyer les grands à l’école en pyjama car il ne sait pas faire la différence

  25. Oh ça va prendre du temps, mais je suis sûre que tu peux réussir à lâcher prise. Par exemple, fais confiance à ton mari pour les biberons, le choix des habits etc. Peut-être qu’il se trompera parfois, puis il s’y fera… Il faut laisser sa place à l’autre et accepter qu’il ne fasse pas exactement de la même manière qu’on le ferait. Et si tu n’as pas envie de te maquiller, et que ton reflet dans le miroir te plaît, pourquoi te maquiller ? Je n’ai jamais porté de maquillage et mon reflet me convient, alors pourquoi changer ? Le plus difficile, c’est de savoir ce que l’on désire et assumer ce désir…

    1. De plus en plus j’assume mon visage sans maquillage quand je ne travaille pas. Au travail en revanche pas encore, je ne sais pas pourquoi, j’associe le maquillage à mon visage de scène peut-être, l’autre me semble trop intime.

  26. J’ai longtemps pris les féministes pour des foldingues aigries. Et puis j’ai commencé à travailler, je me suis mariée, j’ai eu une fille, j’ai divorcé, je me suis remariée et j’ai eu deux garçons (et un beau-fils tout fait). Je suis très attentive à l’autonomie de mes garçons, et à la confiance en elle de ma fille. Elle avait tendance à s’auto-dévaloriser quand elle avait 7-8 ans, et j’ai vraiment beaucoup travaillé avec elle cet aspect. Mon but est d’en faire une femme qui ne dépendra pas du regard des hommes. Car je crois que notre génération est encore assez marquée par cette vision traditionnelle de la famille : le pater familias, et la femme dévouée. Je pense, d’après tes écrits, que nous venons sensiblement du même milieu. Dans ma famille, il était normal qu’une femme cesse de travailler pour élever ses enfants. Bien m’en a pris de ne pas suivre cette route, je me serais retrouvée dans des problèmes infinis si je n’avais pas eu d’indépendance salariale.
    Mon mari est adorable et participe beaucoup à la vie familiale, quand il est là puisque nous sommes séparés toute la semaine. Mais malgré tout : c’est plus difficile pour lui d’arriver à gérer le quotidien sans trop stresser. Parfois, le week-end, il me demande « qu’est-ce qu’on mange à midi ? » et je lui réponds « je ne sais pas, tu as prévu quoi ? » alors il fait, mais c’est souvent des pâtes 🙂 et encore, je trouve qu’il s’en sort bien, vu la mère profondément infantilisante et castratrice qu’il a eu.
    Donc tout ça pour dire que oui, je comprends le combat féministe et je m’en sens beaucoup plus proche maintenant, avec 4 enfants, que quand j’étais jeune fille. Mais je rêverais d’un féministe plus inclusif, plus en partenariat avec les hommes. Cela passe autant par l’éducation des filles, que des garçons.

    1. J’aime beaucoup la notion de féministe inclusif et j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ton témoignage aussi, alors merci ! J’aimerais aussi être plus ambitieuse en la matière dans l’éducation que je donne à mes garçons.

  27. Hihi bienvenue du côté obscure de la force 😉 Ici aussi, la maternité m’a ouvert les yeux, mais plutôt pour confirmer ce que je n’osais pas croire: les inégalités et les discriminations sont très présentes. On est toujours surpris, avec mon compagnon, qu’on soit presque les seuls parents qu’on connaisse à avoir partagé le congé parental (8 mois pour moi, 6 pour lui) et à tous les deux travailler à temps partiel (80% chacun). Il est d’ailleurs souvent le seul père au parc et aux activités en dehors du week end. Je dois dire que le partage du congé parental a tout changé en ce qui concerne la charge mentale: lors de mon congé parental s’était introduite insinueusement la tendence à me rendre responsable de la nourriture, de l’habillement, des courses, etc. Ca nous a valu quelques disputes et on a corrigé le tir. Puis est venu son congé parental et je crois que ca lui a ouvert les yeux. Maintenant, il est traité comme une femme qui travaille: on essaie de lui coller des RDV le vendredi, son jour de libre, on lui reproche de faire passer sa famille en premier et on l’a rétrogradé.
    Sinon pour en revenir à tes articles sur le sujet, je me souviens que tu avais écrit une fois que tu ne trouvais pas ca sexy, un homme qui pouponne et s’occupe de ses enfants. Et je m’étais demandé: pourquoi devrait-il être constamment sexy?

    1. Je me souviens quand nous en avions parlé au restaurant (d’ailleurs, tu reviens quand ?!) j’avais admiré et un peu envié votre modèle. Je trouve ça vraiment super.
      C’est vrai que j’ai eu beaucoup de mal à accepter l’image de mon mari faisant des gazouillis avec notre bébé, c’est bête mais je trouvais ça un peu ridicule. Mais c’est passé, en maintenant enfin j’apprécie de voir le super papa qu’il est, heureusement 🙂 .

  28. Je trouve ton cheminement intéressant. Ça fait longtemps que je me sens féministe personnellement mais j’ai beaucoup de mal à le revendiquer au quotidien (famille assez traditionnelle à la base), heureusement j’ai une soeur qui me rejoint. Cependant je me rend compte que je reproduis le modèle parental même si je travaille. Avant les enfants, je trouvais que nous avions un bon équilibre. Le premier, j’étais comme toi, un peu en fusion avec mon bébé donc ce n’était pas un poids de m’en occuper un peu plus. Et puis avec la deuxième, c’est devenu différent et peu à peu je me retrouve à m’occuper beaucoup des enfants surtout de tout ce qui tourne autour d’eux et cette fameuse charge mentale, comme toi je me rends compte que je fais toujours passer mes enfants avant mais pas mon mari… Bref difficile de sortir de ce conditionnement avec en plus la pression de la société qui attends de toi ce rôle…
    En ce moment, j’hésite à passer à mi-temps pour pouvoir aller chercher mes enfants à l’école parfois, être un peu plus avec eux le soir, ect. J’y gagnerai du temps pour moi aussi mais j’ai bien conscience que c’est encore moi qui fait des choix pour mes enfants d’abord et que celà n’aidera certainement pas à Équilibrer la balance.

    1. Oui c’est le problème du temps partiel, c’est qu’il engendre un déséquilibre de fait qu’il devient du coup presque impossible de compenser. D’un autre côté je suis très attachée au mien, je ne pourrais pas m’en passer, alors j’espère quand même que tu pourras en profiter 🙂 .

  29. Bonjour. Je réagis aussi à ton article, car déjà j avais regretté de ne pas réagir à celui sur la question du 3eme enfant. Tu disais que ton mari en voulait un troisième, mais que toi non. Et j avais l impression que c était cette charge mentale qui était en jeu. Ce qui m avait fait bondir, c est le: « mon mari est médecin, il ne peut pas prendre de congés parentaux. » Ah bon ? Bah, je suis médecin, j ai des tas d ami(e) s médecins, et on s est tous arrangés pdt les grossesses. Celles qui voulaient beaucoup d enfants ont pris des postes salariés où elles s absentent plusieurs mois, voir années(ça met tout le monde dans la merde, mais comme c est chacune son tour, bah, voilà.) et d autres (hommes ou femmes) ont fait des remplacements plusieurs années, pour être très disponibles et flexibles. Ma meilleure amie était elle en libéral, réputé plus compliqué pour s absenter longtemps. Pour sa 3eme grossesse, elle a été en arrêt maladie 4 mois, puis 6 mois en congés mat. Bah, elle a perdu de l argent, ils ont fait un prêt pour gérer ce manque à gagner, et puis voilà. Si ton mari veut un troisième enfant, il se débrouille pour que ce soit possible de s arrêter 6 mois.
    J ai une patiente qui m a demandé si je continuerai bien à la suivre pour les années qui viennent (elle a une maladie chronique…). Elle a ajouté : « enfin, si vous voulez faire des bébés, y a pas de soucis, j attendrai que vous reveniez » bon, j ai la bénédiction de mes patients .
    Bref, le fait d être médecin ne doit pas être une excuse. Je le suis, mon mari non, je gagne 3 fois plus que lui, et bizarrement c est qd même moi qui ai la majorité de la charge mentale. Quoique ça a un peu changé depuis qu on a utilisé un livre pour analyser notre charge mentale et qu il s est rendu compte du déséquilibre. Depuis, il s occupe des repas. Et c est top.

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