Il veut un troisième enfant – pas moi

Il veut un troisième enfant – pas moi

La question du premier et du deuxième enfant ne s’est jamais vraiment posée chez nous. Nous n’étions pas forcément d’accord sur le planning : mon mari a toujours été le premier à vouloir lancer les essais. J’avais insisté pour que nous nous mariions avant l’aîné, pour que le cadet arrive au moins deux ans après. Mais finalement, à quelques mois près, il n’y avait pas eu de grand débat.

Depuis la naissance de notre deuxième, et au fur et à mesure que ce dernier grandit, la question du troisième se pose, elle. Avec une certaine particularité : mon mari et moi ne partageons pas le même avis.

Trois enfants + deux parents – ça fait combien de crocs sur le balcon à la fin ?

A l’heure actuelle, je ne veux pas avoir de troisième enfant et je trouve mille bonnes raisons à cela.

Je sature déjà du linge à laver, des repas à préparer… de toutes ces choses du quotidien auxquelles je dois penser. Parfois, très souvent encore, je sens que je ne suis pas loin de perdre pied, de me perdre dans cette montagne de tâches à accomplir, tellement loin des choses auxquelles j’aspire. C’est une source importante de dispute dans notre couple d’ailleurs. Je n’ai pas envie d’en rajouter encore.

Avoir un enfant pour moi en Allemagne signifie approximativement dix-huit mois sans travailler : les solutions de garde ne sont proposées qu’à partir d’un an et avant, un des parents est payé pour rester à la maison. J’ai beaucoup profité de mes deux premiers congés parentaux indemnisés. Mais alors que je viens juste de retrouver un poste intéressant et motivant, cette idée ne me fait plus rêver.

Vous allez me dire, nous devrions revoir notre schéma familial. Pourquoi mon mari ne prendrait pas un congé parental, cette fois ? Et s’il se mettait à faire des lessives ? Si troisième enfant il y a, j’exigerai une aide ménagère supplémentaire, c’est certain, qu’elle vienne de lui ou qu’il la paye. Mais étant donné nos métiers, le mien qui m’offre toutes les flexibilités, le sien qui ne lui en permet aucune, je sais que je ne dois pas en attendre trop.

J’aime passer du temps avec chacun de mes enfants séparément, je savoure davantage ces moments. Or, nous n’avons aucune aide à disposition pour les faire garder. A partir du moment où nous aurons plus d’enfants que de parents dans notre foyer, ces parenthèses vont être compliquées à organiser.

Nous commençons tout juste à sortit la tête du tunnel avec notre cadet : Charles commence doucement à mieux dormir, à partager les activités et les jeux de notre grand. On peut enfin recommencer à faire de vraies sorties intéressantes pour tout le monde, à envisager des vacances sans trop d’équipement. Je ne m’imagine pas repartir de zéro avec un nouveau-né.

J’ai 36 ans. Je me répète – mais c’est sans doute la clé du problème – je me sens très fatiguée. Je ne me sens pas du tout en mesure de me lancer dans une grossesse – et tout ce qui s’en suit, post partum bonjour. J’ai l’impression que c’est derrière moi désormais. Et puis je sais qu’à partir de 35 ans, tous les risques augmentent. Sans compter qu’avec deux naissances prématurées sur deux, toute grossesse sera forcément synonyme dans mon cas de surveillance et d’alitement pendant de longues semaines – tout ça pour finir en néonatalogie. Deux fois de ça, ça m’a suffit aussi.

Enfin il y a le douloureux sujet de l’immobilier. Malgré nos diplômes, malgré nos salaires, trouver un logement avec trois chambres d’enfants dans notre ville actuelle est une mission particulièrement difficile. Devrais-je alors me résoudre à avoir moins de chambres que d’enfants ? Nous pourrions aussi nous éloigner un peu du centre, mais j’ai tellement de mal à l’envisager, moi qui me suis enfin construit un petit réseau, des habitudes, une vie ici.

Quand je pense à tous ces arguments qui me semblent irréfutables, je me sens presqu’en colère contre mon mari. Comment peut-il rêver d’un troisième enfant malgré ça ? Pourquoi ne pas nous contenter de notre bonheur actuel ? Et puis à d’autres moments il me fait de la peine aussi. Comme le jour de Noël : j’avais rédigé une petite carte pour lui faire deviner son cadeau sur un ton un peu énigmatique. Il n’a pas bien compris et cru que je lui annonçais par surprise une troisième grossesse. J’ai tellement vu la joie monter dans ses yeux, très vite. Je me suis sentie tellement étrangère, moi pour qui une grossesse aujourd’hui serait une telle catastrophe. Je me demande de quel droit je peux balayer ses rêves de tablées bruyantes et de famille nombreuse.

Au fond je crois que le vrai problème, c’est que rien de tout ça n’est très rationnel. L’envie d’enfant ne s’explique pas vraiment. On essaie de la comprendre, de trouver des arguments. Mais au fond soit on en a envie, soit pas. Et à l’heure actuelle, mon mari et moi nous trouvons chacun d’un côté opposé. Ce n’est pas vraiment un sujet de dispute. Mais c’est un sujet qui nous hante, je crois, chacun de notre côté. Pour le moment nous reportons la décision, au moins jusqu’à mon prochain anniversaire. Après, à 37 ans, je pense qu’il faudra décider.

Parfois je me dis qu’on ne peut jamais regretter d’avoir fait un enfant. D’un autre côté je me dis que je n’en sais rien, peut-être qu’on n’ose juste jamais se l’avouer. Affaire à suivre.

44 réactions au sujet de « Il veut un troisième enfant – pas moi »

  1. C’est en effet une situation pas très facile. Avez-vous discutez de vos arguments entre vous ? Si vous échangez, peut-être que chacun pourra comprendre l’autre ? Mais tu as raison quand tu dis qu’il n’y a rien de rationnel dans le désir ou non de vouloir un enfant. C’est là et c’est tout.

    1. Je pense que nous nous comprenons assez bien, ce qui explique qu’il n’y ait pas de dispute sur le sujet. Mais pour le moment, personne n’a changé d’avis 🙂 .

  2. J’ai toujours voulu qu’un seul enfant. Mon mari lui était prêt à en avoir plusieurs sauf que l’on a bien morflé avec notre fille pendant sa première année qu’il est revenu sur sa décision !

    Comme toi, j’ai ma routine et je suis sortie enfin la tête de l’eau, je peux dormir, vaquer à mes occupations et prendre entièrement le temps pour elle maintenant qu’elle joue très bien. Jusqu’à aujourd’hui je n’ai pas ressenti ce désir profond d’avoir un enfant, je n’ai pas cédé à cette pression social où il en faut toujours plus. Mon mari est nostalgique de SA fille bébé mais pas du tout de cette période encore assez difficile à se remémorer.

    Je n’ai pas honte de dire que je ne pourrai pas avoir un autre enfant, que ce n’est pas moi, que ce n’est pas mon rêve. Et j’en avais averti mon mari dès le début pour ne pas lui imposer ça si lui rêvait d’une grande tablée. A présent, je suis enfin bien dans ce rôle de maman d’un seul enfant que je ne veux pas en sortir …

    1. Comme tu le décris, je suis parfois nostalgique de mes enfants bébé, de ces tendres souvenirs. Mais cela ne veut pas dire que j’ai envie de recommencer avec un troisième, c’est différent. Ici je ne savais pas vraiment avant combien je voulais en avoir.

  3. Ce sujet est hyper difficile et douloureux pour tous les deux, alors on a soit le discours pro féministe de fou « non mais c’est ton corps, de quel droit ton mari, etc. » ou l’autre variante « il n’a qu’à faire les lessives non mais oh ! », sinon une variante du thème pourquoi le papa n’a pas voix au chapitre sur l’IVG « de quel droit tu le prives de ce troisième enfant ? ». Bref, tout ça est parfaitement irrationnel et on ne peut pas le rationaliser. En revanche, une chose me paraît sûre : si tu trouves autant d’arguments contre, c’est que tu n’y es pas prête. Il semble donc évident que, pour l’instant, ce serait dommage de se lancer.
    Petite parenthèse car je suis plutôt du côté de ton mari, je voulais plusieurs enfants et la vie a fait que… sauf « bébé stérilet », nous n’en aurons qu’un. Si ça peut t’aider à en parler plus sereinement, je dois te dire que ça s’apparente à un deuil. Un peu comme une vie rêvée, toujours envisagée comme possible, sur laquelle on doit faire une croix. C’est vraiment difficile. Pas impossible mais difficile. Après, une fois que c’est fait, je pense qu’on ne revient pas dessus mais c’est un processus à passer. Une de mes amies a vécu ton contraire, elle en voulait 3, son mari aussi au début, mais une fois le 2ème arrivé, il a fait une croix dessus, pas mon amie. C’était surtout le regret de ne pas avoir vécu sa grossesse comme la dernière, un peu comme si on lui avait volé ça, tu vois ? Elle a mis beaucoup de temps à passer cela mais, aujourd’hui, a priori c’est fait. A voir quand elle approchera de la quarantaine 😉

    Ta conclusion me paraît la meilleure possible, c’est effectivement du sentiment et non pas un raisonnement. Plutôt que de vous mettre la pression, peut-être pourriez-vous tout simplement reporter la décision au moment que tu estimes « fatidique’ en termes de conception, a priori 37 ans si j’ai bien compris. Cela vous permettrait peut-être de profiter plus à fond de votre quotidien sans le gâcher par des projections différentes ? Après tout, les deux enfants qui sont là, ba ils sont déjà là 😉 En plus, si jamais tu voulais un 3eme enfant, j’imagine que tu vivrais mieux ce que tu considèrerais comme une 3ème et dernière grossesse voulue plutôt que concédée ? De son côté, ton mari pourrait constater que ton choix n’est pas seulement le résultat d’une fatigue chronique par exemple, qu’il est fait en pleine conscience.

    PS : je me réjouis d’apprendre que tu dors un peu mieux !!! ouf ! bientôt le bout du tunnel.

    1. Oui il y a eu une véritable évolution concernant les nuits depuis un mois, c’était inespéré et je revis ! Je n’ose pas encore trop en parler de peur que ça me porte la poisse 😉 .
      Ce que tu dis sur le deuil est très intéressant et je retrouve un peu mon mari : au fond il est d’accord avec chacun de mes arguments mais c’est plus fort que lui, ça le rend triste.
      Nous appliquons pour le moment la tactique que tu proposes : attendre 2020 pour prendre une décision. On verra bien à ce moment là.

  4. Je comprends que ça ne soit pas évident pour vous du fait que vous avez deux opinions différentes. Peut-être que le temps sera votre allié ? Et que bientôt, l’un ou l’autre verra les choses sous un autre angle. Je vous le souhaite en tous cas.

    1. Forcément le temps nous obligera à prendre une décision dans un sens ou dans l’autre… Et j’espère qu’aucun de nous deux n’aura de regrets !

      1. Et bien nous c’est l’inverse, j’aurai aimé en avoir un de plus et il ne voulait pas. Maintenant j’ai fait une croix dessus et me concentre sur notre vie et tous les avantages cités ci-dessus (entre autre) et mon nouveau futur professionnel! J’envisage des choses que je ne ferai pas si j’en avais un de plus car ce ne serait pas possible. En effet, comme tu le dis, en Allemagne, c’est la mère qui s’occupe le plus des enfants et prend minimum un an de congé parental ou plus puis travaille à mi-temps… C’est plus facile pour le père d’envisager un enfant de plus, c’est la mère qui s’en occupe les 2/3 du temps. Autour de moi, les pères rentrent tard, les mères gèrent les enfants et tout le reste dès 14h/15h.
        Je pense que le plus sage c’est de respecter la décision de celui qui dit non. Je connais plusieurs couples dans mon entourage qui ont fait un enfant de plus (peu importe le nombre finalement, qu’on parle du 2e, du 3e ou plus) pour « faire plaisir à l’autre » et le résultat n’est pas terrible. Soit on est à fond x2, soit il vaut mieux ne pas en faire un de plus… C’est en tout cas ce que l’expérience des uns et des autres semblent prouver!
        Dans tous les cas, il n’y a rien de vraiment rationnel dans le désir d’en avoir un de plus ou pas. En avoir un de plus sans en avoir vraiment envie, c’est risqué. L’enfant, tu l’aimeras par desssus tout, comme les deux autres. Mais tu pourrais en vouloir à ton mari dans le futur si il ne peut pas s’impliquer autant que toi et/ou que cela se complique au boulot, etc.

        1. Je vois que tu me comprends bien, devenir maman en Allemagne c’est en effet un sacré changement de vie. Et c’est exactement comme tu dis : je sais que je l’aimerais, mais j’ai peur que cela génère des tensions supplémentaires avec mon mari au sujet des tâches ménagères.

  5. Ton article est très intéressant et je peux tout à fait comprendre tes arguments. Surtout l’argument linge-cuisine car c’est lourd à porter de tout gérer. Mon mari fait beaucoup de choses à la maison mais il travaille à temps complet et moi à temps partiel donc c’est automatiquement moi qui en fait plus. En outre, il fait une formation pour changer de grade (Aufstieg in den höheren Dienst) donc pendant un an, il est en formation dans toute l’Allemagne et n’est à la maison que les week-ends, c’est donc moi qui gère la maison seule en semaine.

    A la maison, c’est plus la carrière de mon mari qui est privilégiée, pour des raisons toutes simples: il a bien plus d’ambition que moi, sa carrière a plus de « potentiel » que la mienne et il a réussi à allier boulot et passion (il a même réussi à trouver un financement pour sa thèse qu’il commencera à son retour de formation). C’est un papa très impliqué mais c’est clairement moi qui m’occupe de l’intendance, des devoirs… donc je comprend tes arguments et le fait que tu ne veuilles pas de 3e enfant. Comme tout désir, c’est très subjectif et très personnel aussi.

    J’imagine que c’est compliqué à vivre au sein d’un couple ce désir (ou non désir d’enfant). Et j’espère que vous parviendrez à une solution qui vous convienne vraiment à tous les 2.

    Par contre, contrairement à vous, mon mari et moi sommes sur la même longueur d’onde, on aimerait beaucoup un 3e enfant. Même le grand frère (qui m’aide comme il peut en semaine quand mon mari n’est pas là) est très motivé pour être une 2e fois grand frère! En fait, si on n’avait pas autant galéré pour le 2e, on aurait probablement déjà 3 (voire 4) enfants. Nous sommes infiniment reconnaissants d’avoir un 2e enfant et mon âge (j’aurais 38 ans en septembre) n’aide pas. Nous allons essayer d’agrandir de nouveau la famille mais ce n’est absolument pas dit que nous y parviendrons.

    Je ne sais pas si on regrette ou non d’avoir fait un enfant, je sais par contre qu’on regrette de n’avoir pas pu faire un enfant (ma maman aurait voulu un 3e enfant et n’a pas pu pour des raisons médicales, c’était beaucoup trop dangereux pour elle et il y avait une sorte de nostalgie quand elle en parlait). Et je sais d’ores et déjà que de notre côté, le désir d’enfant restera très probablement non assouvi (et ce quel que soit le nombre d’enfants que nous pourrions avoir), ça aussi c’est « irrationnel ».

    1. Je ne veux pas être indélicate mais comme c’est une question que je me pose beaucoup je me permets de te la poser et tu n’es pas obligée d’y répondre : est-ce que, étant donné nos âges, le risque éventuel de complications ou de maladie ne t’effraie pas ?

  6. Je me suis précipitée pour lire ton article… surtout pour comprendre ton point de vue, car chez nous (et c’est le cas le plus courant je pense), c’est l’inverse. Ça fait seulement une semaine que mon mari a enfin explicitement annoncé qu’il ne voulait pas d’autre enfant. La discussion a été très dure, et depuis je me sens en deuil. Parce que je sais bien que j’ai intérêt à essayer de comprendre, et à me préparer à renoncer. C’est ce qui me rendra le moins triste, et qui me laissera peut-être encore une chance de le convaincre. Du coup, je retrouve un peu de ses arguments dans les tiens. Par exemple, il ne veut surtout pas changer d’appartement ; il refuse catégoriquement de conduire une voiture plus spacieuse. Et bien sûr, il ne veut plus jamais vivre avec un bébé. En fait, je crois que je me rends compte a posteriori à quel point il a mal vécu le fait d’avoir des enfants en bas âge. En fait, depuis le début, il attend que cette période de notre vie s’arrête. Alors que moi j’ai du mal à imaginer l’étape d’après. Il a le sentiment de me demander moins d’efforts en me demandant de renoncer à quelque chose qui n’existe pas encore ; que pour lui ce serait bien plus fort d’accepter de tout bouleverser. Enfin, je n’ai pas fini d’y penser… merci pour cette lecture, en tout cas, ça m’aide à avancer.

    1. Ton commentaire me fait beaucoup de peine car même si je suis de l’autre côté j’imagine justement à quel point ça peut être douloureux de renoncer à un tel désir. D’ailleurs je ne hiérarchise pas : je ne suis pas sûre du tout que ton mari et moi soyons ceux qui demandons « le moins d’efforts ». De mon côté je ne suis pas pressée de voir mes enfants grandir mais je me rends compte que notre équilibre tient encore à un fil et j’ai trop peur de le bousculer de nouveau. Si j’avais encore cinq années devant moi, je pense que ce serait une simple question de temps. Mais je ne m’imagine pas maman après 40 ans pour le moment. D’ailleurs si je peux me permettre une question indiscrète tu as quel âge ? Est-ce que le temps ne pourra pas jouer aussi en ta faveur ?

  7. Dans le désir d’enfant, il rentre tout un tas de raisons rationnelles – âge, fatigue, finances, carrière, passé – et ce qui au fond de nous nous pousse à avoir un enfant de plus : la joie de donner la vie et de revivre ces moments, l’amour envers notre conjoint qui nous pousse à agrandir la famille, le souhait de rester jeune, aussi… Renoncer à un enfant c’est accepter de tourner la page sur une époque de sa vie. Quel que soit le choix final, il n’est jamais facile ! Nous avons renoncé à un 3e enfant commun (donc un 5e au total), parce qu’on est trop crevés physiquement, tout bêtement, et qu’on ne souhaite pas flirter avec nos limites psychologiques. Mais cela reste un deuil à faire. Après certaines résolutions évoluent : je m’étais promis de ne jamais avoir d’enfant après 35 ans, et finalement, j’en ai eu 2 ! Comme quoi 😀

    1. Finalement c’est mon argument principal aussi, le fait d’être trop crevée… et je n’en ai pas parlé mais le fait d’évoluer dans un modèle connu aussi est rassurant : je viens d’une fratrie de deux et ma sœur et moi avons exactement le même écart d’âge que mes fils.

  8. Cette question est tellement difficile… comme tu le dis, chacun ses arguments, alors qu’au final on parle d’envie ( ou justement, de pas envie) . la charge mentale est aussi un gros sujet qui vient avec les enfants. tu le vois très bien, mais pour lui, concrètement , avoir 3 enfants, verra t il vraiment la différence en terme de charge ? c’est un sujet délicat ( je me répète) la vie est faite de choix, de renoncement, de compromis. qui aurait le moins mal, dans l’histoire ? faire un enfant pour faire plaisir a l’autre, est ce une bonne idée ? cet enfant, s’il arrivait, tu l’aimerais, sans aucun doute, la question n’est même pas là. qu’est ce que ça signifie pour lui, avoir un 3eme enfant ? rentrer dans un schéma connu pour lui ? avoir une famille « complète » qui ne le serait pas encore ? prolonger le statut de jeunes parents ? ( qui du coup te fait passer pour « jeune ») car oui, plus les enfants grandissent, plus les parents vieillissent… toute cette psychologie de comptoir !!! tu as aussi le droit de vouloir t’épanouir autrement que par la maternité… je vous souhaite de trouver la meilleure réponse, quoi qu’il en soit.

    1. Merci pour ta contribution à notre réflexion 🙂 . Mon mari est fils unique, ses deux parents sont enfants uniques et je crois qu’il lui tient à coeur de briser ce schéma qui lui pèse beaucoup. Je pense que tout est là, et au fond je le comprends. Seulement de mon côté c’est très différent, j’ai beaucoup de cousins et cousines, ma soeur a quatre enfants… Je ne ressens pas ce besoin de construire une famille nombreuse pour mes enfants car je considère qu’ils en ont déjà une.

  9. C’est un sujet délicat quand les envies ne sont pas les mêmes. Plusieurs amis viennent d’avoir des bébés mais ça ne me fait vraiment plus envie. Pourtant, depuis toute petite, ma représentation de la famille idéale était une famille de quatre enfants. Mais je suis contente d’être enfin sortie de la phase bébé. Physiquement aussi, je commence tout juste à remettre de mes grossesses.
    Bref, tous les arguments sont recevables mais tôt ou tard, l’un devra renoncer ou être convaincu par l’envie de l’autre.

    1. De mon côté aussi j’ai eu plus de mal à me remettre physiquement de ma dernière grossesse et pour moi c’était un soulagement de pouvoir me dire « plus jamais… ».

  10. Ici c est un peu l inverse moi qui veut et mon mari non. En plus j ai la même configuration familiale que toi (même âge, enfants même années que les tiens).
    J avoue que certaines de tes raisons je les ai en tête et ça me fait très peur aussi mais je n arrive pas à raisonner mon envie.

    Hâte de connaître le fin mot de l histoire pour toi 🙂

    1. C’est drôle nous sommes des espèces de jumelles de la maternité 😉 . Toutes les parties ont bien le temps de changer d’avis, j’ai hâte aussi de connaitre le fin mot de l’histoire pour toi et j’espère que tu me tiendras au courant !

  11. Ce qui m’interroge dans ton article, c’est que vous ne semblez pas vivre la parentalité avec la même « intensité » (dans ce qu’elle peut avoir de plus difficile). Pourquoi ton mari, lui, serait prêt à remettre le couvert alors que de ton côté, tu en décèdes d’avance? Oui, il ne les porte pas, mais il n’y a pas que ça dans l’histoire et tu l’expliques très bien. Ce décalage doit être très difficile à vivre, peut-être qu’il s’aplanira avec le temps, souvent quand les enfants grandissent vraiment, les envies de bébé s’éloignent.

    1. Tu as raison : d’ailleurs je ne parle pas de charge mentale, je parle de charge de travail tout court pour tout ce qui concerne la prise en charge des enfants. Si petit troisième il y a cela n’aura pas les mêmes implications pour mon mari et moi.

  12. Tu le sais peut-être, ici j’en resterais à deux enfants (après deux ans d’hésitations je dirais mais en accord avec mon mari).
    Mes raisons rejoignent les tiennes, notamment au sujet des lessives, des repas, de ce quotidien à gérer… ça me pèse, comme toi je me dis que ce n’est pas ce à quoi j’aspire, j’ai l’impression que ces tâches quotidiennes m’entraînent dans une fuite en avant, comme toi j’ai l’impression de m’y perdre. C’est quelque chose qui me questionne beaucoup en ce moment, trouver le sens dans ce quotidien « ménager », c’est un poids pour moi.
    deuxième argument sur lequel je te rejoins, c’est passer du temps seule avec ses enfants. J’aime beaucoup cela et en effet, logiquement plus on a d’enfants moins c’est possible, en tout cas moins souvent… j’ai envie de pouvoir leur consacrer du temps tout en en ayant pour moi aussi.

    je te comprend donc et je pense au fond de moi que chaque femme a son nombre en elle. Autour de moi, beaucoup ont 3 enfants mais pour moi je suis bien avec mes deux, épanouie et je ne ressens pas un manque, je nous sens au complet. Cependant j’imagine combien c’est difficile si ton mari en souhaite un 3ème. Je ne sais pas si on peut regretter d’avoir un enfant, j’avais lu une fois un article sur des mères qui regrettaient d’être devenues mères (même si elles aimaient leur(s) enfant(s)), c’était troublant.

    1. C’est intéressant cette question que tu poses du poids des tâches ménagères… De mon côté jusqu’à ce que nous passions à 4, le linge ne me dérangeait pas par exemple. J’aime assez bien laver, étendre et repasser – je sais c’est bizarre mais c’est comme ça. Et pourtant depuis la naissance de Charles, c’est devenu trop, j’ai l’impression d’y passer trop de temps, c’est devenu une vraie charge… C’est ce qui me fait dire, entre autre, que je ne serai pas heureuse avec trois. J’ai peur d’être complètement dépassée.

  13. On ne veut pas de troisième ici non plus. Ni l’un ni l’autre. Nous avons tous les deux je crois le sentiment d’etre passé à autre chose. Bientôt notre deuxième enfant entrera à son tour à l’ecoe (5 ans au Québec) et c’est un pan entier qu’on laissera derrière nous. J’aime les bébés et parfois en voir me donne envie d’un 3e mais le rationnel revient au galop pour toutes les raisons que tu mentionnes. Je n’ai pas envie de m’eloigner de nouveau du boulot, j’apprecie la dynamique que nous avons désormais et l’autononie qu’elles acquièrent. Et comme toi je suis pas mal fatiguée. Anecdote inverse de la tienne: j’ai fait un cadeau surprise en avance à mon conjoint. Je lui ai offert à l’été alors qu’il est en octobre car c’était un truc pour son velo et je voulais qu’il en profite. Il a cru que je lui annonçais une nouvelle grossesse et sur le coup il a refusé de l’ouvrir. Je sais que nous serions tous les deux capables d’assumer un nouvel enfant mais clairement ce n’est pas notre premier choix aujourd’hui. Comme ton mari j’ai toujours eu envie de grandes tablées et d’une grande famille mais ça prend des parents pour l’assumer et moi je ne suis pas cette mère là.

    1. Décidément c’est une manie de la part de nos maris d’imaginer que nous allons leur annoncer une grossesse avec un cadeau surprise, c’est rigolo 🙂 . J’espère que nous aurons un peu de ta sérénité un jour en tout cas. J’envie un peu ceux qui sont déjà sûrs d’avoir une famille au complet.

  14. 2 enfants, ça représente aussi une norme. Un 3e signifie souvent de changer de voiture (3 sièges autos ne sont pas livrables dans toutes les voitures), de faire des compromis sur les chambres (ou déménager), de dépenser plus (vêtements, sorties,…).
    Tes arguments sont recevables mais l’envie d’un nouvel enfant est-il rationnel ? raisonnable ? Probablement pas…
    Si vous n’êtes pas d’accord, cela signifie que l’un de vous devra renoncer. Pas facile tout ça.
    Nous, on a choisi de ne pas être raisonnable et nous avons 4 enfants (et un chat). Mais cela implique beaucoup de fatigue, de charge mental et de lessives !

  15. Je pense que tu as su analyser la situation et que tu as du recul. Chez toi, c’est plutôt le côté rationnel qui prend le dessus, semble-t-il et pour ton mari, l’émotionnel. Le temps, il n’y a que ça, et vous verrez …

  16. Tu sais qu’en ce moment la situation est un peu bizarre chez nous avec une envie de mon côté et celle de mon mari quelque peu différente.
    Mais au demeurant je comprends tous tes arguments et mon âge pas si éloigné du tiens me pose pas mal de souci.
    Donc si la nature le veux bien ça sera sans doute deux chez nous (même si on est pas à l’abri d’une petite farce). Déjà parce que je n’aime pas du tout l’equation 3 enfants que je trouve déséquilibrée car je n’ai que des exemples pas terribles dans mon entourage. Du coup deux ça me parle beaucoup plus. Est ce que tu ne crois pas que l’un des arguments de ton mari n’est pas une famille nombreuse pour palier au fait qu’il est fils unique ? Peut être aussi qu’inconsciemment il aimerait une fille ?
    En tous les cas je trouve sage d’attendre que tu sois prête ou non et que tu y vois plus clair.

    1. Concernant la fille, non je ne pense sincèrement pas. En plus nous avons beaucoup de familles de trois garçons dans notre entourage, je pense qu’il part plutôt avec cette idée en tête. En revanche là où tu as clairement raison, c’est qu’il y a sans doute derrière ses rêves de fratrie nombreuse une volonté de compenser son enfance solitaire. Mais ça ne rend pas son envie moins légitime je trouve…

  17. Je crois surtout, comme tu le dis que « ça ne s’explique pas ». Je pense aussi qu’avec le temps les choses peuvent évoluer, que ce soit chez toi ou chez ton mari. Comme le dit Virg au-dessus, il s’agit d’un deuil, comme pour tout choix de vie important.
    Ce qui me semble important c’est de ne pas en faire un sujet tabou, de continuer à écouter et accepter le ressenti de l’autre, même si on n’a pas le même…

    1. Oui finalement c’est un peu le noeud du problème le temps… Si je pouvais attendre cinq ans avant de me décider je le ferai malheureusement ce n’est pas le cas 🙁 .

  18. Alors, même si je rêve d’une famille nombreuse et que je viens de finir ma troisième grossesse, je ne peux que comprendre ton argumentaire … j’ai trouvé cette grossesse tellement plus fatiguante .
    D’ailleurs, si moi je suis toujours plutôt partante pour un quatrième, mon état pendant la grossesse a quant à lui refroidi mon mari … . On se donne deux ans, voir comment on s’en sort avec trois, d’autant plus que quatre, même si on a le véhicule pour, ça va compliquer l’organisation actuelle …
    Bon courage pour ce dilemme

    1. Oh la la tu me fais peur… Mais j’imagine que c’est la réalité, surtout quand on a très peu d’aide aux alentours pour aider.

  19. J’étais comme toi en 2015.
    Je ne voulais pas de troisième petit. Nos grands ayant 18 mois d’écart, comme nous le souhaitions, il n’était pas question pour moi de remettre le couvert. Avoir 2 enfants me suffisait.
    J’avoue avoir eu des envies à certains moments.
    L’homme lui était plutôt pour avoir une grande famille (quand on s’est mis ensemble il m’a parlé de 10 enfants WTF!!!!!!!!!!!!!!!!??????) demandait un troisième enfant.
    Puis, après avoir « réussis » à le dissuader de la chose, en mai 2015, j’apprenais en juin 2015 ma grossesse.
    Lui heureux, moi pas du tout. Questions, questions, questions…
    Finalement, nous avons gardé notre bébé 3. Sans regrets, aucun même. Car finalement, ça ajoute, ça multiplie encore plus tout.
    Puis… la vie… aujourd’hui je suis enceinte de 4 mois de bébé 4, qui n’était pas attendu. La vie…

    1. Pour le moment je fais vraiment tout ce que je peux pour éviter une surprise et n’étant pas très fertile de nature je ne pense pas que bébé s’invitera tout seul… D’un autre côté parfois je me dis presque que ce serait mieux, la décision nous tomberait ainsi du ciel !

  20. Je suis dans la situation opposée. J’avoue que certains jours, lorsque je suis mal lunée, je vois ça comme une raison valable de se séparer .
    Comme dit dans un autre commentaire, c’est un deuil, une souffrance intime.
    Par ailleurs, je connais un couple où le petit 3ème était plus le choix du père que de la mère, et cette dernière est froide et vexante avec cet enfant. C’est douloureux à voir.
    Bref, la solution est peut-être la séparation .

  21. Petite précision : j’avais mis des petits smileys humoristiques dans mon message et ils ne sont pas passés. Du coup, je précise que la dernière phrase est au 2ème degré.

    1. C’est mieux d’avoir précisé car à la lecture de ton premier commentaire je ne savais pas bien comment réagir 😉 . De mon côté je suis assez persuadée que je ne ferais pas de différence avec un troisième enfant. Mais j’ai peur que dans un sens comme dans l’autre, cette décision génère des tensions avec mon mari, oui.

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