Ce que j’ai appris de mes jobs d’été

Ce que j’ai appris de mes jobs d’été

Il y a longtemps, et je n’arrive même plus à retrouver dans quel article, une chroniqueuse avait parlé de ses jobs d’été, de ce qu’ils lui avaient apporté. J’avais trouvé que c’était une très bonne idée, j’avais eu envie de la suivre. Et puis je ne l’avais pas fait.

Il faut dire que l’année dernière, prise par mon deuxième congé parental et une espèce de crise de la quarantaine je n’avais pas très envie de penser à mon avenir professionnel – et donc de me pencher sur son passé. Ma reprise s’est étonnamment bien passée cette fois alors parler travail me semble désormais plus facile. Cela me rappelle d’ailleurs un conseil qu’on m’avait donné un jour : il vaut mieux envisager de changer de poste quand on est porté par le succès, en haut de la vague. C’est malheureusement souvent plutôt le contraire qu’on fait.

Lorsque j’étais étudiante, j’ai été : professeur particulier, agent d’accueil, employée des ressources humaines, employée de banque et femme de ménage. Comment ? La plupart du temps en m’inscrivant en intérim chaque été de juillet à octobre tout simplement. Avec la mention : « veut bien tout faire ». Au final je n’ai jamais gagné que le SMIC, mais cumulé aux primes de fin de mission, cela valait le coup financièrement. Mes parents n’étaient pas spécialement pour et ne comprenaient pas. Ils couvraient toutes mes dépenses et éprouvaient sans doute une certaine fierté à nous offrir le luxe de pouvoir étudier sans travailler. Mais moi j’avais envie de faire comme les copines. Et puis finalement, cela m’a constitué de jolies économies pour la suite.

2006 sur le parvis de La Défense

J’ai détesté : être femme de ménage à l’hôtel – et toutes celles qui n’ont pas d’autre choix que d’exercer ce métier ont toute ma compassion. C’est épuisant physiquement : il faut soulever des matelas, des aspirateurs, des seaux sans cesse et à une cadence infernale, la direction mettant la pression pour que tout soit prêt dans les temps. Et c’est dégoutant : avec une femme de ménage à domicile, on fait attention à ne pas laisser la maison trop sale, on se connait. A l’hôtel, les clients s’en moquent totalement. On trouve les chambres – et surtout les salles de bain – dans un état déplorable. Dans l’état où j’étais quand je rentrais, je peux vous dire que j’ai compris pour toujours la notion de pénibilité.

Je n’ai pas aimé : être professeur particulier. Et cette expérience a été très importante dans mon orientation. J’ai toujours adoré la littérature, l’histoire, la philosophie, des matières qui portent naturellement vers l’enseignement. Oui mais j’aime ces matières, pas les enseigner. Je n’ai pas la patience d’expliquer, le désintérêt affiché d’un interlocuteur me désespère – comment faire alors face à une classe ?

J’ai aimé : être employée des ressources humaines. Enfin, disons que j’ai aimé l’ambiance de ce service calme, dans lequel ne travaillaient que des femmes bienveillantes. J’ai aimé avoir l’impression de percer l’intimité des centaines d’employés, de connaître les raisons de leurs retards, de leurs absences. Au fond il s’agissait peut-être juste de curiosité malsaine ou de voyeurisme, je ne sais pas.

J’ai adoré : être agent d’accueil. Totalement. Et je vous assure qu’il m’arrive parfois encore d’en rêver. J’ai été agent d’accueil pour une entreprise monégasque, qui recevaient chaque jour plusieurs grands et riches clients. Pour tout vous dire, j’ai ainsi eu l’occasion de recevoir un ancien premier ministre, une grande actrice et un pilote de formule 1 ! Mon métier consistait à les accueillir, leur offrir un café, leur amener le journal de leur choix – on avait à notre disposition les journaux de tous les pays, et pour moi qui maîtrisais quatre langues à l’époque c’était le paradis – et à les installer dans un salon particulier le temps que leur interlocuteur vienne les chercher. Parfois ils aimaient échanger quelques mots avec moi. Parfois ils me laissaient repartir et je pouvais alors me replonger dans mes lectures. Je n’avais finalement pas grand chose d’autre à faire que d’être disponible, bien habillée et souriante, et ça m’allait bien.

Il y a un métier que je regrette de n’avoir jamais exercé – pour le moment, qui sait ce que l’avenir peut nous réserver – c’est celui de serveuse. Je pense que le contact permanent avec des clients plus ordinaires que dans mon entreprise monégasque m’aurait plu, mais je ne sais pas si j’aurais supporté l’aspect sans doute physique de ce métier. Je ne crois pas que j’aurais aimé être vendeuse : conseiller sans savoir ce que le client pense, ce qu’il va finalement décider, si on n’est pas en train de perdre son temps, je trouverais cela sans doute trop frustrant.

Je ne serai sans doute plus jamais agent d’accueil, à moins d’accepter une baisse de salaire considérable mais je sais que cette expérience, le plaisir que j’y ai pris, devra m’orienter si un jour je désirais changer de poste. Je ne pourrais définitivement pas supporter être enfermée dans un bureau de longues journées. Je me souviens d’un stage effectué en ministère pendant mes études qui m’avait à cet égard assommée.

Et vous, vous avez eu des révélations pendant vos jobs d’été ?

49 réactions au sujet de « Ce que j’ai appris de mes jobs d’été »

  1. Hihi c’est rigolo comme article. J’ai aussi fait tout un tas de boulots d’été (ménages dans des hôtels, agent de sécurité à une course moto, ouvrière dans la metallurgie, préparatrice de commandes dans plusieurs entrepots, barman à une soirée étudiante, agent d’accueil pour un spectacle de voyant, et je dois en oublier). J’ai toujours trouvé ça très formateur, on en apprend tellement sur ce qu’on veut ou pas.

    1. Oui je trouve aussi c’est très formateur ! J’avoue que j’ai quand même un peu de mal à t’imaginer agent de sécurité 🙂 .

  2. Mes jobs d’été ont également été multiples, j’en ai retenu que j’aimais bien le contact avec les clients, même s’il y a des c… partout mais que j’avais un souci avec la hiérarchie, qu’est-ce qu’elle peut être casse pied, tu veux bien faire ton taf et elle casse tout sous prétexte d’économiser des petits sous ! 😉 🙂 🙂
    Bon ba du coup aujourd’hui je suis à mon compte, hein ?
    J’ai pensé à revenir au salariat lorsque nous sommes devenus parents mais j’étais hyper exigeante sur la société. Je pense que j’aurais fini par faire un entretien d’embauche à l’envers type « et pourquoi je devrais choisir votre société ? que pouvez-vous m’apporter ? Quel est le projet de votre entreprise » 🙂 🙂 🙂 En effet, mon métier me fait échanger régulièrement avec les patrons et DRH. Depuis 2008, je constate les dégâts d’un mauvais management et ce que peut donner une Direction « humaine ».
    Finalement, je suis restée à mon compte car le confort de pouvoir prendre une journée pratiquement quand je le veux pour m’occuper de ma fille est quand même inestimable. Quand j’entends parler mes amies du nombre de jours qu’elles sont obligées de poser parce que la crèche ou l’école les a appelées « votre enfant a un peu de fièvre » « je pense qu’il est malade », je suis déprimée à l’avance de devoir justifier ce type d’absence ou de culpabiliser sur le boulot non fait pendant ce temps. A mon compte, si je prends une journée en semaine, je rattrape le soir ou le weekend quand bb dort ou que mon mari est là pour s’en occuper. Ce n’est pas possible dans une structure collective.
    Oui, parents derrière ou pas pour assurer financièrement, je trouve l’apport général d’un job d’étudiant inestimable. Pour moi, c’était une nécessité mais cela m’a aussi apportée une assurance que les « tout frais sortis de l’école » n’ont pas.

    1. Indépendamment de notre situation financière, je crois que j’inciterai nos fils à le faire aussi. Tu as raison c’est clairement une façon d’apprendre à se connaître !

  3. Comme toi, j’ai eu envie de travailler pendant mes études, même si mes parents n’y voyaient pas trop l’intérêt car nous n’avions pas de problème financier.
    Mes jobs d’été étaient plutôt orientés dans la santé. Je suis sage-femme de formation et j’ai de nombreux remplacement comme aide-soignante ou auxiliaire de puériculture. J’ai testé plusieurs services de la maternité à la chirurgie, même de la gériatrie. J’ai donc fait ma place, je me suis fait connaître, j’ai créé des contacts et je me suis fait embauchée sitôt mon diplôme en poche dans une des structures où j’avais beaucoup travaillé.
    Le milieu de la santé est derrière moi maintenant je pense. J’ai mis du temps à tourner la page, mais désormais je suis prête. Cette expérience a fait de moi ce que je suis, je ne regrette pas.

    1. Je ne suis plus sûre de me souvenir : tu vas faire une demande d’agrément pour devenir assistante maternelle ou c’est tout autre chose ? En tout cas ça doit faire bizarre de changer de secteur totalement, mais ça doit être excitant également ! Je ne l’ai encore jamais encore vraiment envisagé de mon côté.

      1. Non pas de demande d’agrément pour moi, complètement autre chose (milieu du livre). Quitter son domaine et ses connaissances pour un autre milieu est difficile, il y a tout a apprendre, mais j’aime les challenges. J’espère réussir.

  4. Très sympa ce petit billet !
    Pour ma part, j’ai été longtemps employée polyvalente chez mac Do, et j’ai beaucoup aimé. La cadence, le contact avec les clients, l’ambiance dans les cuisines, les horaires décalées…. Impossible de s’ennuyer. J’ai aussi exercé dans des bureaux des jobs où mon seul objectif de la journée était d’attendre qu’elle se termine. L’angoisse totale.
    J’ai aussi été dame de cantine, en école maternelle, à l’hôpital et dans un établissement psychiatrique. De chouettes expériences aussi ! Mais j’ai bien conscience que si j’ai aimé ces métiers, c’est parce que j’avais un début et une fin de mission, et qu’ils ne me servait que de tremplin pour la suite. La vision n’est à mon avis pas la même quand on les exerce une vie durant.
    En tout cas, ces jobs m’ont bien aidé car je sais que j’en serai à nouveau capable en cas de coup dur, et j’ai aussi appris de ces expériences de jeunesse que je préfère largement avoir des journées bien remplies même si les missions de sont pas très gratifiantes que de m’ennuyer dans un bureau 8 heures de suite !

    1. Tu as raison, le fait de savoir que c’est provisoire est déterminant. Je ne sais pas finalement si je me serais épanouie en tant qu’agent d’accueil toute ma vie, disons juste que cela a révélé certains de mes intérêts. J’ai eu beaucoup d’échos positifs sur les expériences étudiantes chez Mac Do il faut croire que niveau management ils savent bien faire 🙂 .

  5. Mon premier job d’été : animatrice en centre de loisir avec le groupe des petits… Je suis éducatrice de jeunes enfants. Et tous mes jobs d’été ont été réalisés au contact d’enfants… Bref : une révélation 😉
    En tous cas, super originale cette idée d’article !

  6. Ton article me fait penser à celui de Maman Lempicka sur les métiers qu’elle aurait aimé faire. C’est différent puisque toi, tu les as testé ! J’aime bien en tout cas cette réflexion, c’est « et si » j’avais fait ci ou cela, et pourquoi pas, et si je changeais pour ci ou cela ! J’imagine effectivement que femme de chambre est difficile. Je suis atterrée de penser que les gens font n’importe quoi sous prétexte qu’ils sont à l’hôtel… mais pour avoir discuté avec des personnes ayant fait ce métier, il parait que c’est légion, et la personne à qui je pense ayant travaillé dans un palace, elle a des histoires absolument inimaginables sur la saleté des gens (connus, pour certains, en plus). Ça en dit long sur la nature humaine…
    De mon côté j’ai notamment été mono sur un Club de Plage, c’était sympa mais épuisant ! Clairement pas le job d’une vie, il faut une certaine forme physique pour courir dans le sable toute la journée après les mômes surexcités ! Sans compter l’installation et le remballage matin et soir… Je crois que mon boulot préféré c’est quand même celui de maman mais on me souffle dans l’oreillette que c’est très mal rémunéré… Quel dommage 😉

    1. Tu as raison, ces deux articles se répondent un peu ! Cette expérience dans les hôtels est bien triste en effet même si je veux croire que ce n’est pas volontaire : quand on est du côté client, et qu’on n’a jamais connu le côté employé, je crois qu’on ne se pose pas la question, qu’on n’imagine même pas vraiment. Un peu comme, quand on mange de la viande, on ignore – volontairement ou pas – les conditions d’abattage (je ne suis pas végétarienne et mon exemple est un peu osé mais je n’en trouve pas d’autre, j’espère que tu comprends ce que je veux dire 😉 ).

  7. C’est drôle parce que de mon côté j’ai été prof particulier, agent saisonnier (récolte des mirabelles) mais surtout serveuse, dont tu dis que tu aurais aimé tester. Je peux te dire que tu n’as rien manqué. Les seuls avantages sont de pouvoir manger gratuitement (quand le resto t’en laisse le temps) et justement, de ne pas voir le temps passer !! Les cours particuliers, ça allait, mais il y a une différence avec les cours devant une classe, que je préfère mille fois. Agent d’accueil non, je m’ennuierais trop. J’ai d’ailleurs quitté un job dans lequel je faisais essentiellement du tri de courrier, des copies, du café et de l’accueil téléphonique. Je ne le regrette pas, et mon cerveau est bien content de servir à nouveau à quelque chose !

    1. Je n’ai jamais été prof devant une classe du coup tu titilles ma curiosité. Mais je pense quand même que cela n’était pas fait pour moi. Je ne supporte pas beaucoup les enfants des autres 😉 . Ton retour sur le métier de serveuse est très intéressant également ! J’imagine que c’est éreintant.

  8. J’aime beaucoup l’idée de cet article que je te piquerai certainement à l’occasion 😉 Je trouve très enrichissant de faire ces jobs d’été. C’est vraiment une plus-value à mon sens, quelque chose qui fait partie de nous et qu’on ne pourra jamais nous enlever. J’encouragerai mes enfants à travailler l’été, je trouve que c’est une expérience formidable pour leur construction d’adulte et de futur travailleur!

  9. C’est marrant, je n’avais jamais trop fait de point sur mes jobs d’été. En vrai, j’en ai très peu de différents : j’ai fais les vignes. Boulot très dur physiquement par contre je garde un beau souvenir de cette ambiance si particulière de travailler dehors dès le lever du jour et une bonne ambiance malgré le dos en compote. Et vendeuse d’assurance décès sur une plateforme téléphonique.: l’horreur!! Plus jamais ! Et sinon j’ai longtemps été agent d’accueil et je n’ai jamais aimé. À tel point qu’après 5 ans à faire ce boulot dans la même entreprise j’ai démissionné du jour au lendemain, parce que je sentais que je sombrais dans une petite dépression. Et grâce à cette color j’ai enfin trouvé un boulot où je m’éclate !

    1. Finalement c’était donc un « mal pour un bien » et dans mon cas aussi il y a eu une expérience de ce genre : c’est grâce à un travail que je détestais que j’ai rencontré mon mari 🙂 .

  10. Tiens moi aussi j’avais adoré mon job d’été dans les ressources humaines ;). C’était certes un poste de secrétariat pas bien valorisé socialement, mais c’est là que je me suis le plus épanouie. Si on me le proposait aujourd’hui, je n’hésiterai pas !

    J’ai été aussi pendant longtemps celle qui rangeaient les rayons frais et surgelés des supermarchés, caissière, boulangère, bref j’ai un peu tout fait à l’hypermarché local. Ce sont des boulots d’une pénibilité incroyable. Le management peut être inhumain. J’ai énormément de respect pour ces personnes qui finissent souvent broyés physiquement en fin de carrière.

  11. Je suis à fond pour les jobs d’étudiants tellement formateurs! Quand je suis arrivée en Allemagne, je parlais peu l’allemand et surtout je ne savais pas l’écrire, difficile donc de trouver un boulot correspondant à mon diplôme, j’ai donc fait des petits boulots aussi. Pendant mes études j’ai été baby sitter, femme de ménage, hôtesse d’accueil, j’ai distribué des tracts en roller (la grosse mode des années 90), j’ai travaillé au Mc Do, j’ai fait de la promotion dans des supermarchés (ça c’était horrible, tu te les pèles au rayon frais). J’ai fait la promotion dans des grands magasins pour les machines Nespresso quand elles sont sorties sur le marchés!,, ça se vendait comme des petits pains, à l’époque j’hallucinais De voir tous ces gens dépenser 1000 francs pour une machine à café sans broncher….J’ai tout aimé faire sauf les supermarchés. Après les agences qui t’emploient et qui te font passer un entretien d’embauche genre tu vas être ministre, j’avais du mal à avaler…. en Allemagne, j’ai travaillé de nuit dans un bar d’hotel Et dans leur boite quand il y avait des soirées. Ça aurait pu être sympa si j’avais été en mode fête mais j’avais vraiment besoin d’argent et mes débuts à l’étranger m’avaient rendu austère ( voire coincée….) j’ai été réceptionniste dans une salle de sport, vendeuse chez un traiteur et pour finir, j’ai été hôtesse de vente sur des salons professionnels, j’ai adoré cette ambiance de créativité, surtout sur les salons déco genre maison et objets et puis j’ai été vendeuse/caissière/emballeuse de cadeaux dans un grand magasin et j’ai aussi adoré. Comme je suis très manuelle, je m’éclatais à faire des supers emballages cadeaux et les gens étaient tellement contents! Quand tu vois ensuite la mauvaise humeur que les gens dégagent dans un bureau d’entreprise classique! Après il m’est difficile de gérer que certains te prennent pour une conne finie, juste parce que là oui tu es la caissière qui encaisse leur nouvelle paire de chaussettes. .. supers expériences en tout cas mais je suis ravie que ça soit derrière moi 🙂

    1. Oh la la tu as eu beaucoup d’expériences je vois ! J’imagine bien les yeux qui pétillent à la vue de jolis paquets 🙂 .

  12. Très intéressant et original comme article ! J’ai travaillé pendant mes études car j’étais boursière et il fallait bien compléter financièrement, surtout quand je suis arrivée à Paris. J’ai été souvent caissière (Décathlon, Gibert Jeune, Jardin d’Acclimatation) et j’ai retenu que les clients les méprisent quand même beaucoup et leur font sentir qu’elles sont à un statut subalterne.
    Ma meilleure expérience a été clairement dans les musées, notamment le Musée d’Orsay et le Louvre. A Orsay, j’ai été longtemps surveillante de salles et j’ai fini par connaître le musée par cœur, au point de remarquer quand on déplaçait un tableau. J’ai aussi travaillé au Louvre en librairie (une cadence assez folle, beaucoup de bruit) mais c’était assez fascinant de découvrir les couloirs souterrains qui courent sous le musée et que je devais emprunter pour aller chercher mon fond de caisse ou rapporter ma caisse à la régie. J’ai été quelques semaines à la boutique aux Invalides et je ne vendais que des statues, mouchoirs, magnets à la gloire de Napoléon et de son tombeau…
    En plus du gain financier, j’ai trouvé que c’était une expérience vraiment enrichissante pour découvrir le monde du travail. Même si mes enfants seront dans une autre situation financière que celle qui était la mienne, je les encouragerai fortement à avoir des jobs d’été pour acquérir ces expériences.
    En plus, on était bien payé à l’époque car je touchais 8000F nets alors que le SMIC était autour de 6000F !

    1. C’est triste ce que tu me racontes sur le statut de caissière… Je suis très envieuse de ton expérience dans les musées en revanche !

      1. Quand tu es caissière, tu sens bien que tu es tout en bas de la hiérarchie sociale. Entre le mépris des chefs (pas tous) et celui des clients (pas tous non plus), ça peut être assez violent psychologiquement. A deux reprises, j’ai démissionné à la fin de mon premier jour préférant me serrer la ceinture que me faire traiter de cette façon.
        A Gibert Jeune, j’étais à la librairie droit-éco et fréquemment quelqu’un venait me demander un bouquin très spécifique (« Vous avez un livre en droit russe de la succession ? »), je lui répondais donc de s’adresser aux vendeurs et j’avais toujours droit au magnifique « ah oui, vous, vous n’êtes que caissière ! ». Bref…
        Dans les musées, c’était vraiment chouette ! J’ai passé plus d’un an à Orsay et c’était fascinant de voir l’envers du décor et puis… ce que c’est beau un musée sans touristes ! 😉

  13. J’ai eu une expérience à McDo nettement moins positive que celle rapportée plus haut. J’y ai travaillé un été à 18 ans, dans le restaurant le plus proche d’un célèbre parc d’attractions. Cela explique peut-être un management assez agressif, où on nous mettait une énorme pression. Il y avait beaucoup beaucoup de monde, des gens du coin comme des touristes du monde entier. J’ai plutôt apprécié le contact avec les clients et je n’ai pas eu de difficultés à servir avec le sourire. En revanche, je me suis sentie en gros décalage avec les autres équipiers (très nombreux) et je n’ai pas du tout réussi à m’intégrer… Autant dire que j’ai compté les jours ! Mais bon, je ne regrette pas, ça m’a permis d’acheter un ordinateur… Et ça m’a certainement appris sur moi.

    Finalement, ça a été ma seule expérience de ce type. Ensuite il y a eu professeur des écoles, puis professeur particulier en attendant de passer un nouveau concours, et enfin bibliothécaire. Professeur particulier je n’ai pas trop aimé non plus, je passais beaucoup de temps dans les transports pour quelques heures, et face à la non-motivation on est un peu démuni !

    Par contre pour les hôtels j’avoue que ça me révolte un peu, personnellement je fais attention… Je n’arrive pas à oublier que des gens nettoient derrière !

    1. Ca doit donc sûrement dépendre des restaurants… Mais quoiqu’il en soit même quand l’expérience est mauvaise, quand on a la chance de savoir qu’elle est limitée dans le temps comme tu dis on en retire toujours quelque chose finalement !

  14. Pour ma part, mes parents n’ayant aucune ressource, je n’avais guère besoin de travailler l’été puisque j’étais boursière. C’était d’ailleurs la bizarrerie du système, des amis, dont les parents gagnaient beaucoup plus que les miens, se retrouvaient davantage en difficultés financières. Par ailleurs, très timide et peu capable de quoi que ce soit, n’ayant aucun « piston » et aucun moyen de transport, je n’ai pas eu beaucoup de jobs étudiants. Un m’a passionnée dans une grande maison d’édition dont un de mes enseignants était le directeur de publication et un autre peu réjouissant en tant que femme de ménage d’une résidence universitaire. J’ai par ailleurs donné quelques cours en milieu pénitentiaire qui m’ont profondément marquée et qui me sont encore maintenant très utiles pour enseigner.
    Je regrette de n’avoir pas davantage roulé ma bosse et aujourd’hui, tant par nécessité mais aussi par conviction, j’oblige mes filles (dès le bac obtenu) à trouver des emplois saisonniers. Et je crois qu’elles le vivent très bien. Je remarque ainsi que plus on est issu d’un milieu favorisé, plus il est facile de trouver des emplois intéressants et variés.

    1. Merci pour ton commentaire c’est très intéressant de lire ta réflexion sur le sujet ! Ton expérience en milieu pénitentiaire a vraiment dû être très marquante en effet.

  15. Dès mes 16 ans, il était primordial pour moi de travailler, je n’attendais même que ça !
    J’ai eu la chance de travailler en tant qu’employée au rayon textile de l’hypermarché géré par mon père. J’ai adoré cela, notamment l’ambiance avec les collègues mais regretté le peu de contact avec les clients …
    J’ai également été baby sitter et cela même dès mes 13 ans … sur des journées entières, voire des weekends. C’est bien entendu pour moi l’expérience que j’ai le plus apprécié … j’ai ainsi pu jouer à la petite maman et apprendre des tas de choses pour plus tard …
    J’ai donné des cours particuliers et comme toi, j’ai du mal quand en face, le public n’est pas réceptif … Même si j’adorerai enseigner en tant que formatrice assistante sociale … c’est d’ailleurs suite à cette expérience que j’ai renoncé à mon envie d’être prof d’histoire !
    J’ai bossé 1 an en tant que vendeuse chez Picard, j’en garde un bon souvenir grâce à la clientèle et à une équipe top ! Mais je ne me voyais pas faire ça toute ma vie … trop physique et répétitif …

    Tous ces jobs d’été m’ont surtout apporté le goût de l’effort, la valeur du travail et de l’argent gagné … et c’est quelque chose que je compte transmettre à mes enfants ! Il n’y a pas de sot métier !

    1. Dis-donc tu as aussi eu la chance d’accumuler des expériences très variées ! Je n’ai jamais fait de baby sitting de mon côté, c’était ma soeur qui s’en occupait. Jusqu’à ce qu’elle ait elle-même des enfants, qui m’ont permis de m’entraîner 😉 .

    2. Dis-donc tu as aussi eu la chance d’accumuler des expériences très variées ! Je n’ai jamais fait de baby sitting de mon côté, c’était ma soeur qui s’en occupait. Jusqu’à ce qu’elle ait elle-même des enfants, qui m’ont permis de m’entraîner 😉 .

  16. J’ai travaillé pas mal dans une grande surface célèbre. J’ai appris… que c’était bien de faire des études, et que c’était bien de sortir de son milieu et de fréquenter d’autres gens. Et même si je n’y ai passé que deux étés c’est une leçon très importante. Tous les jeunes devraient faire ses travaux pénibles… (au risque de passer pour une vieille peau!)

  17. C’est vrai que c’est chouette comme article. C’est marrant de voir tous les petits jobs qu’on a pu exercer et ce que ça nous a apporté. Pour ma part, j’ai été animatrice en centre de loisirs et en colonies, avec tous les âges. Les 7-8 ans sont de loin mes préférés avec les maternelles 😉 C’est vraiment quelque chose que j’ai adoré et qui m’a apporté beaucoup. J’ai aussi pu faire pas mal d’activités et de sorties que je n’aurais jamais fait autrement!

    1. Ceci explique sans doute ton envie de reconversion, non ? D’ailleurs où en es-tu ? Je réalise d’ailleurs que je ne sais pas du tout quel métier tu exerces actuellement. Mais c’est peut-être trop intime, tu n’es pas obligée de me dire, je comprends 🙂 .

  18. J’ai exercé pas mal de job d’été, mais celui qui m’a le plus marqué, c’était aide soignante. À tel point que si je n’avais pas eu mon concours d’entrée à l’école d’assistante sociale, je me serais orienté vers ce métier.
    Pourtant, à la base, j’y allais à reculons, mais le contact avec les résidents étaient vraiment très enrichissant.
    Par contre, les conditions de travail étaient vraiment déplorable. J’ai également été scandalisé par certaines pratiques.
    Mais globalement, j’en ai retenu que ce qui me plaît est tout ce qui attrait à l’humain, au relationnel.

    1. J’ai été longtemps bénévole en maison de retraite et cela m’a beaucoup apporté aussi. Même si je crois que j’ai besoin d’un travail moins impliqué émotionnellement car j’ai trop de mal à me protéger.

  19. Oh ben c’est rigolo, moi, le seul job d’été que j’ai exercé est celui de serveuse ! Et j’ai adoré ! Je bossais principalement le soir, ce qui me laissait libre une bonne partie de la journée et j’adorais avoir une excellente raison de vivre la nuit.
    J’ai été serveuse dans un petit bar sympa avec terrasse où, effectivement, c’était un peu physique, mais aussi dans un bar à rhum où je restais simplement derrière le bar, et là, c’était plus que tranquille.
    C’était une époque de ma vie où je sortais doucement d’une adolescence tranquille, et où me faire draguer plusieurs fois par jour était extrêmement positif pour ma confiance en moi. J’ai eu aussi la chance d’être à chaque fois entourée d’une équipe hyper bienveillante et ça m’a permis de ne tirer que du positif.
    Par contre, je ne me vois pas retourner vers un poste de ce genre : je n’ai pas forcément beaucoup apprécié les contacts « permanents avec des clients ordinaires », comme tu dis. Je préfère les contacts que j’ai actuellement avec mes collaborateurs, partenaires et même avec mes élèves, pas toujours hyper intéressés par mon enseignement au début, mais que j’arrive toujours à bousculer suffisamment pour qu’ils s’impliquent 😉

    1. Oh la la je t’envie cette jolie expérience ! L’idée t’était venue spontanément ? Quand j’y pense, mon côté lève-tôt / couche-tôt aurait sans doute été un désavantage me concernant…

  20. C’est serveuse qui m’a le plus plu dans mes différents jobs d’été, 3 mois d’affilée dans un village vacances proche du Mont-Blanc, j’ai adoré le contact client, le fait que tout aille vite, la vraie fatigue après la journée de travail, les horaires décalées. Si un jour j’en ai le courage je quitte le job de bureau et j’ouvre mon propre café 🙂

  21. Merci pour cet article super intéressant qui a entraîné des commentaires passionnants.
    Pour ma part, j’ai commencé en donnant des cours particuliers à 14 ans (au début non rémunérés). A 17 ans, j’ai passé le BAFA. Au départ, je voulais prendre derrière un poste planqué en centre de loisirs. Mais l’ambiance et l’équipe de l’endroit où j’ai été formée m’ont séduite et j’y suis restée 5 ans, glissant d’animatrice à directrice adjointe. J’ai eu pas mal de missions différentes (tenir l’accueil, gérer le matériel, les plannings, etc.). Cela m’a beaucoup aidé à grandir, même si c’était payé avec un lance pierre.
    Et puis, je skiais un mois par an sans débourser un centime et ça, c’était plutot cool, n’est ce pas ?
    Comme l’ont dit d’autres, j’ai commencé jeune car je voulais ‘gagner mon argent’… et j’inviterai probablement mes enfants à travailler de façon saisonnière dès qu’ils auront l’âge.

    1. Je connais ainsi quelques personnes qui ont fait carrière dans un travail qui ne devait être au début qu’alimentaire. Je trouve que c’est aussi une bonne chose !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.