Guillaume et Yves – Culture Oct. 2018

Guillaume et Yves – Culture Oct. 2018

Malgré un emploi du temps surchargé, j’ai trouvé un peu de temps ce mois-ci à consacrer à ma vie culturelle. Mon récent abonnement à la salle de spectacle de notre ville m’y a bien obligée. Etant donné mon état de fatigue, je craignais de m’endormir pendant la représentation mais la mise en scène énergique m’en a heureusement empêchée.

Au programme de ce premier spectacle, une représentation de la pièce de théâtre « Wilhelm Tell » écrite par Friedrich von Schiller, un des écrivains allemands les plus renommés, en 1804.

Tout le monde connait un peu, je crois, l’histoire de Guillaume Tell, un héros suisse contraint de viser avec son arc une pomme sur la tête de son fils. Mais c’est une légende à multiples lectures que j’ai découverte finalement. Et la mise en scène originale y a apporté encore une nouvelle dimension.

Parce que je n’étais pas sûre de suivre efficacement une pièce de théâtre en allemand – a fortiori rédigée dans une langue littéraire relativement ancienne – je me suis préparée à la représentation en lisant une traduction en français. Voilà un très bref résumé de l’histoire : La Suisse est soumise à un tyran. Plusieurs responsables régionaux préparent une rébellion. Alors que Guillaume Tell ne souhaite pas y prendre part, le tyran le met à l’épreuve : il lui ordonne de viser une pomme posée sur la tête de son enfant. Guillaume Tell se soumet à l’épreuve et en sort vainqueur. Il tue alors le tyran et libère ainsi son pays.

Cette légende peut se lire à plusieurs niveaux. Ce que j’ai trouvé très intéressant, c’est la thèse de l’inefficacité de l’action collective face au tyran. Le pays est finalement libéré par un seul homme qui ne poursuivait pas ce dessein mais souhaitait seulement protéger sa famille. Comme si l’intérêt général n’existait pas, était superficiel, et que seule pouvait compter la poursuite des intérêts privés.

J’ai été très impressionnée par la mise en scène moderne. Le tyran prenait évidemment des airs familiers lorsqu’il vociférait en allemand. J’ai adoré les bruitages, le décor sobre mais énorme, soutenu par des écrans discrets. Un pan de mur gigantesque se retournait en fonction des scènes. 

Même si je n ai pas compris chaque mot c’est vrai, je me suis vraiment laissée transporter et j’ai retrouvé cette magie du spectacle vivant, si différente de l’effet des écrans.

Enfin j’ai retenu l’histoire particulière de cette légende et de cette œuvre, la facon dont elles furent récupérées au fil des années. Cela était rappelé à la fin de la pièce par un écriteau et incitait à la réflexion. 

Ecrite après la révolution française au moment où l’Empire Napoléonien est instauré, on peut lire dans cette pièce à la fois l’inquiétude et les interrogations nationalistes du peuple allemand. Plus tard cet œuvre fut aussi bien reprise par des révolutionnaires communistes – à cause du thème de la rébellion – que par des extrémistes de droite germaniques – à cause des mots : « un seul peuple de frères ».

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Changement complet de thème et d’époque avec ma petite séance DVD de ce mois. J’ai regardé le « Saint Laurent » de Bertrand Bonello. En 2014 bizarrement sont sortis deux films biographiques au sujet du couturier Yves Saint Laurent. J’avais vu le premier au cinéma en France et j’avais dans mon souvenir assez bien aimé. Il faut dire que j’apprécie beaucoup Pierre Niney. J’étais donc curieuse de découvrir le deuxième, présenté comme plus sulfureux car non validé par le compagnon d’YSL, Pierre Bergé. Je voulais aussi le voir car Jérémie Rénier y tient le second rôle et je suis amoureuse de Jérémie Rénier, voilà c’est dit.

Ce film comporte un très grand nombre de scènes montrant la drogue, l’alcool et le sexe de façon très réaliste, à tel point que cela m’a mise un peu mal à l’aise. Dans l’ensemble j’ai trouvé beaucoup de scènes trop longues – j’ai vraiment hésité à faire avance rapide lors d’une négociation d’actionnaires de l’entreprise, et le film en lui même trop long. J’ai trouvé le Yves Saint Laurent jeune, interprété par Gaspard Ulliel, un peu trop beau pour être vrai. Et le Yves Saint Laurent vieux, interprêté par un acteur autrichien, limite dégoutant. Mais peut-être ai-je eu cette impression juste parce que j’en avais marre et que j’avais hâte qu’on en finisse.

En revanche et c’est peut-être la seule chose un peu positive que je retiendrai de ce film, j’ai trouvé Louis Garrel vraiment fascinant. J’ai découvert à cette occasion le personnage qu’il interprète et qui a existé, Jacques de Bascher, une sorte de muse homosexuelle tragiquement mort du Sida dans les années 80, et cela m’a intéressée. Il faut toujours chercher le positif il parait !

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Vous connaissez ces films, cette pièce ? Si oui, je serais curieuse de savoir ce que vous en avez pensé !

4 réactions au sujet de « Guillaume et Yves – Culture Oct. 2018 »

  1. Je ne connais ni les films, ni la pièce dont tu parles. Je ne suis pas du tout cinéphile. Mais j’adore aller au théâtre, enfin j’aurai, parce que c’est plus compliqué maintenant . Le spectacle vivant c’est une chance !
    Merci d’avoir partagé ton avis.

    1. Oui c’est une chance que je savoure… Prochain rendez-vous la semaine prochaine pour un opéra classique, j’ai hâte !
      Et sinon c’est drôle nous avons un point commun moi non plus habituellement je ne suis pas cinéphile.

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