Le mois dont je n’ai pas profité – Septembre 2018

Le mois dont je n’ai pas profité – Septembre 2018

Je ne suis pas triste de le voir se terminer, ce mois de septembre. Je ne sais pas bien ce que j’en ai fait, mais je ne l’ai pas vraiment aimé. 

Ce fut le mois de l’adaptation au jardin d’enfants réussie de mes deux fils. Il aurait donc pu être prometteur pourtant. Une mer de temps libre semblait s’offrir à moi. Mais en fait pas tant que ça. 

Parce que pour commencer, des journées qui commencent à 10 heures et se terminent à 14, pause déjeuner au milieu, ça fait court finalement. Le jardin d’enfants préférait ne pas imposer de trop grosses journées à mes fils pour commencer, je les ai donc généralement déposés vers 9h30 et récupérés à 14h30. A l’allemande. 

Et puis vous vous en doutez, je me suis immédiatement trouvé une foule de choses à faire. Trier les armoires des petits, les miennes, prévoir les trousseaux automne – hiver… Je me suis fait plaisir aussi, en revoyant intégralement le contenu de ma trousse de maquillage notamment. Je vous la montrerai à l’occasion. Mais finalement j’ai eu très, très peu de temps juste pour moi, inoccupé.

Parce que la solitude m’a pesée finalement. C’est paradoxal, je sais, pathologique peut-être, mais un peu tout le temps, Charles m’a manqué. Il m’a manqué à midi, sa chaise haute restait vide, et il n’y avait plus personne qui se contorsionnait pour goûter mon assiette. Il m’a manqué dans la ville, petite présence bienveillante qui m’accompagnait dans les rues vides d’un matin de semaine. Et finalement un des plus beaux cadeaux de ce mois de septembre, ce sont les deux jours « enfant malade » que grâce à un gros rhume, il m’a accordée. 

Mais septembre fut aussi le mois du vélo retrouvé ! Pendant trois ans, je n’ai pas eu d’autre moyen de transport ici. Depuis que j’ai des enfants, j’ai tendance à le délaisser. Je n’ai pas cédé à la mode du chariot pour les transporter. Mais j’ai découvert que je pouvais le laisser devant le jardin d’enfants, les accompagner à pieds et poursuivre ainsi ma route. Et j’espère vraiment continuer le plus souvent possible quand je retournerai au travail, malgré le froid qui va bientôt piquer !

En septembre, on a profité des derniers jours de beau temps pour aller au parc l’après-midi et y retrouver les anciens copains de crèche de Pierre. On a installé le lit de Charles dans notre chambre, et cela a eu beaucoup d’effets positifs. Je me suis auto-diagnostiqué mon quatrième cancer de l’année et Ulrich a presque perdu patience.

J’ai paniqué à l’idée de reprendre le travail en octobre. Je me suis dit qu’en termes d’organisation, je n’y arriverai jamais. Et puis je me suis souvenue que j’avais paniqué pareil il y a deux ans, et que j’y étais malgré tout arrivé. Je me suis dit que mes collègues allaient vite se rendre compte, qu’ils ne m’avaient pas manqué, que je n’aimais plus mon travail. Et puis je me suis convaincue que je retrouverai vite l’art et la manière, de jouer la comédie et de faire ce que je sais faire.

J’ai entamé les démarches de naturalisation auprès de la mairie. Voilà les choses sont lancées, je ne réfléchis plus trop maintenant : je me concentre sur la procédure à suivre. J’ai pré-commandé une Apple Watch Série 4 qui n’est toujours pas arrivée – et je ne suis toujours pas sûre de vouloir vraiment l’acheter. Pierre a ramassé une tonne de châtaignes, elles gonflaient les poches de sa veste chaque après-midi. Charles a usé ses premières chaussures.

Dans les jolies choses du mois de septembre, je retiens cet abonnement pris avec une amie française à l’opéra de notre ville. Un peu de temps volé à nos maris et nos enfants pour retrouver ainsi une vie culturelle. Je suis très excitée à cette idée ! Je repense aussi à ces après-midis en ville avec mes deux fils. Ce centre-ville que j’aurais tant de fois arpenté pendant mes congés parentaux. Je connais l’effet de chaque trottoir et pavé sur les roues de ma poussette.

Octobre arrive, le redouté, cette rentrée qui m’a semblé si longtemps si loin. Mais finalement je suis prête maintenant. Je crois que je préfère être au travail que seule dans ma maison sans bébé, à ruminer cette si belle année, cette si douce parenthèse, mon congé parental qui vient de se terminer. 

36 réactions au sujet de « Le mois dont je n’ai pas profité – Septembre 2018 »

  1. Bonne rentrée alors! Il n’y a pas de meilleur moment pour reprendre que le moment où on se sent prête. Et qui sait ? Tu auras peut-être de belles surprises côté pro avec de beaux projets ?

  2. mélancolie aigre-douce des fins de grandes périodes de vie… Ce n’est pas facile, c’est sûr, cette transition. Je te souhaite une belle reprise de travail, malgré tout, et de pouvoir entrer pleinement dans une nouvelle dynamique. Et puis avec le 2e, on est quand même plus rodée que quand on débute : tu te feras sans difficultés au rythme !

  3. ach… si tu savais à quel point notre quotidien actuel se ressemble… moi aussi je suis une francaise de 35 ans, mariée à un allemand. notre petit franco-allemand est rentré à la crèche en septembre, moi je reprends le travail lundi et redoute cette rentrée et ce nouveau rythme…
    beaucoup de similitudes donc, à la différence que j’ai/on a du gérer un déménagement / des travaux de rénovation en plus… l’adaptation a eu beau bien se passer, les heures à la crèche ne me donnaient jamais assez de temps pour faire tout ce que je voulais. Et à une semaine de ma rentrée au travail à moi aussi, je croyais « souffler » un peu… c’était sans compter sur les méchants virus de la Kita qui clouent mon petit à la maison. Je me console en me disant que j’aurais profité de lui jusqu’au bout et suis déjà nostalgique de l’année écoulée…
    alors bon courage à toi !!

  4. « Câlin »
    Peut-être que finalement ce mois de septembre en demi-teinte était ce qu’il te fallait pour reprendre sereinement ⚘
    Ici, j’en garderais le souvenir d’un mois de course dans une fatigue intense, des matins difficiles pour mon tout petit … Octobre débute sous de meilleures hospices

  5. Je comprends bien ton état d’esprit. Je pense que le mien sera assez similaire dans un an quand il faudra reprendre. Alors j’essaie de profiter au maximum de ces moments un peu hors du temps où je suis maman à plein temps, où j’ai le temps de faire découvrir à la miss différentes saveurs et de voir par moi-même si ça lui plait ou non (et non via les éducatrices de la KiTa qui me le raconteront ou pas) et d’observer ses progrès. Quelle chance d’avoir ce congé si long. Ce n’était pas le cas pour mon aîné et je mesure vraiment ma chance.
    Bon courage pour la reprise, le travail me semble très loin aussi même si j’ai gardé contact avec mes collègues et en voient certains régulièrement qui me tiennent au courant. C’est différent et je pense que ma reprise sera bizarre (surtout que mon N+1 ne sera pas la même personne).

    1. Je sais que j’ai énormément de chance, vraiment… Mais ça reste un moment difficile, surtout quand on pense que c’est la dernière fois…

  6. Ce n’est pas très joyeux tout ça !
    Peut-être est-ce parce que tu t’es retrouvée seule que toutes ces angoisses ont surgi ? De très occupée tu t’es retrouvée démunie sans tes enfants.
    Je pense que ta reprise du travail, un nouveau rythme et nouvelle routine va s’installer et tu te sentiras à nouveau mieux. Je te le souhaite en tout cas.
    Ce qui me rassure, on fait comme on peut, c’est que je vois que je ne suis pas la seule à réagir comme cela. Je me sens moins seule.
    Bon courage, j’espère qu’Octobre sera plus positif.

    1. Oui c’est exactement ça, etre inoccupée n’est jamais bon pour moi… Et je suis rassurée aussi de ne pas etre la seule dans mon cas 😉 !

  7. Mmmmm… je comprends que finalement, ce temps par jour était à la fois trop court pour vraiment en profiter seule ( 4 heures c’est très court !) et en même temps long quand on est habitué à avoir son bout de chou avec soi…
    effectivement tu peux repenser à ce que tu avais fait il y a 2 ans quand tu as repris le travail, comment tu as réussi à t’organiser pour que ça se passe bien… quand au passage sur le travail, ça n’est sans doute pas le moment maintenant, mais quand la reprise sera derrière toi, que l’organisation sera mise en place, repense à ce dont nous avons parlé ! 🙂

    1. Alors je suis un peu désolée pour toi… Mais aujourd’hui je porte un regard plus positif et j’ai envie de penser que l’avenir nous appartient 🙂 .

  8. Moi aussi j’appréhende énormément ces périodes de transition, toujours si difficiles à vivre !
    Et comme toi, finalement, elles finissent par passer, avec des jolies choses et des moments plus compliqués.
    Je t’envoie beaucoup de courage pour la reprise, pour que tu arrives à reprendre tes marques au boulot et de nouvelles marques à la maison, en tant que maman qui travaille.
    Oh et je suis vraiment jalouse de ton abonnement à l’opéra ! Profite bien !

    1. Merci pour ta compréhension, elle m’a fait beaucoup de bien ce week-end ! Et comme tu dis ca finit par passer… Pour l’opéra, je vous ferai de mini-critiques, promis !

  9. Ton article me rend un peu triste, peut-être parce que je m’y retrouve… Ce sentiment de « ne pas savoir quoi faire de soi-même sans son enfant »; comme si un morceau de nous-même avait disparu. Parfois je rêve d’une journée à moi seule et dès que je suis seule à la maison, je déambule partout en me disant que mon petit garçon me manque… Etrange cette dualité de sentiments.
    Je te souhaite que ton retour au boulot se passe bien… Et peut-être de changer d’emploi vu que tu ne sembles plus t’y épanouir.

  10. Je dis quelqu’un qui s’ennuie assez vite sans compagnie ! Ce n’est pas pour rien que je suis celle de notre couple qui pense toujours a prendre des nouvelles des potes et à proposer de voir des gens. Du coup j’etais finalement bien contente de reprendre et de ne pas juste être une maman.
    Avec le recul je me dis que j’aurais bien aimé un peu de rab quand’ meme. Peut être pas une année mais quelques mois supplémentaires.
    Je pense que tes angoisses sont légitimes même si elles s’avereront sans doute infondées et je te le souhaite ! Tu géreras comme la super maman que tu es et ce nouveau rythme va vite devenir naturel !

    1. Merci pour tes encouragements 🙂 . Je suis aussi sociable mais en Allemagne comme presque toutes les mamans s’arretent un an on peut etre en congé parental et voir des copines tous les jours, c’est le pied 😉 .

  11. Bonne reprise. Je vais reprendre au mois de novembre après 8 mois à la maison en congé maternité. Je me retrouve dans ce que tu dis au sujet de ne pas te sentir bien sans les enfants. Quand les grands sont à l’école je n’arrive pas à me motiver pour m’occuper de la maison alors que quand ils sont là je m’active. Je suis sûre que je vais regretter de ne pas avoir assez profité de mon congé maternité. J’aimerais beaucoup vivre en allemagne (j’y avais passé une année plus jeune près de Cologne et avais tellement aimé) alors je t’envie un peu mais d’un autre côté ça a l’air difficile avec la crèche qui termine tôt par exmple.

    1. Il y a des avantages et des inconvénients aux deux systèmes… Sans les enfants à la maison c’est comme tu décris : trop ennuyeux pour se motiver !

  12. Un mois de septembre en demi-teinte mais finalement qui t’a préparé aussi tout doucement à la reprise. Je te souhaite d’ailleurs une bonne rentrée et beaucoup de courage pour ce nouveau rythme à caler!
    Et pour ce qui est du boulot en lui-même, je suis certaine que tu trouveras un solution pour t’y épanouir à nouveau, que ce soit là ou ailleurs 🙂

    1. J’admire ta motivation à te lancer dans un concours… Je n’en suis pas là mais j’éspère pouvoir évoluer dans mon environnement un de ces jours.

  13. Je suis la première à dire que j’ai besoin de temps sans mes enfants, mais quand je suis seule et que j’entends pleurer le bébé du dessous j’ai une telle envie de prendre mes enfants dans les bras …

    La deuxième on s’en sort toujours un peu mieux, enfin on panique moins au moindre grain de sel surtout.

  14. Oh, je te sens tout mélancolique.. Je te fais un gros câlin virtuel et heureusement, septembre est derrière toi maintenant! C’est dur de dire adieu à certaines choses, et septembre cristallise beaucoup de choses pour toi… Comment te sens-tu maintenant? Je t’embrasse.

    1. Merci pour ton adorable message 🙂 . Je me sens… écrabouillée. Charles ne dort toujours pas et au travail une montagne de choses à régler m’attendaient (et m’attendent encore). J’espère que tout va finir par se tasser…

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