Faire le deuil d’un accouchement naturel idéalisé : le parcours de Flora

Faire le deuil d’un accouchement naturel idéalisé : le parcours de Flora

L’ancienne blogueuse et chroniqueuse Flora m’a demandé récemment de publier son récit d’accouchement. Il m’a émue et j’ai évidemment accepté.

Écrire pour mieux digérer les choses est une thérapie qui a plutôt fait ses preuves chez moi. Alors si tu me permets d’être ma psy du jour, je veux bien m’allonger dans le canapé et te conter ce qui me tracasse depuis maintenant neuf mois. Vois-tu, j’ai sagement attendu ces neuf mois parce que « neuf mois pour faire, neuf mois pour défaire ». Sans trop y croire, j’espérais un peu un « reset » de ma mémoire le jour du neuvième moisversaire de ma choco-grenouille. Malheureusement non seulement sa naissance n’est pas devenue le plus beau jour de ma vie comme par enchantement, mais la drôle de boule qui me serre la gorge dès que j’y pense n’a pas diminué d’un iota…

On m’avait dit que l’accouchement était comme un marathon, plus on était préparé et plus on avait des chances de franchir la ligne d’arrivée triomphante. Mais le petit astérisque que je n’avais pas vu c’est qu’aucune préparation ne pouvait te mettre à l’abri de fouler ta cheville en descendant de ton lit le jour du marathon !

Alors j’y ai cru et j’ai commencé ma préparation bien en amont ! Pour commencer je suis partie en repérage. Je me suis abreuvée de blog parentaux et j’ai lu tout ce qui me tombait sous la main (dont l’agréable guide de Camille : ce qui va certainement t’arriver après l’accouchement). Bébé se faisant attendre, j’ai eu le temps de connaître mon sujet avec toutes les statistiques possibles.

Je ne sais pas si c’est la mode, les blogs ou un esprit suicidaire mais je voulais connaître la vraie expérience. Les sensations au max, tester mes limites et rejoindre le club select de celles qui savent… Exit la péridurale !

Pour me donner les moyens de mes prétentions, je n’allais pas lésiner sur ma préparation (marathon tu te rappelles) . Cela a commencé par le choix de mon suivi de grossesse. Une sage-femme pour réduire la médicalisation au strict minimum, puis la maternité qui partage ma vision. Pour la maternité ce fut compliqué car à part le vague label « amis des bébés » il y a très peu de statistiques accessibles sur les hôpitaux de ma ville. Mais ma passion pour les statistiques et mon ami google m’ont quand même permis de dégager 2 hôpitaux plus « nature » que les autres. Puis en poussant un peu j’ai même réussi à savoir lequel des deux avait le plus bas taux de césariennes (la bonne blague). Ça tombait bien, il s’est avéré que c’était le plus proche de chez moi !

Quand bébé a enfin élu domicile dans ce qui allait être sa piscine personnelle pour neuf mois, j’ai déroulé mon plan d’attaque. J’ai trouvé la perle rare de sage-femme libérale effectuant des accouchement dans l’hôpital convoité, avec qui on a créé un plan de naissance détaillé et clair. La grossesse n’a pas été un long fleuve tranquille mais je vais t’épargner les détails et juste te dire qu’elle ne m’a pas laissé un souvenir ému, bien au contraire. La fin a été longue et houleuse avec deux mois allongée à craindre la prématurité, suivi d’un mois espérant que le bébé sorte sous tambour de contractions quotidiennes, pour enfin dépasser le terme (40 SA ici en Belgique).

Le jour tant attendu est arrivé à 40SA+5 quand vers 18h j’ai commencé à sentir des contractions plus fortes que celles qui me ruinaient les nuits depuis deux mois. À 20 heures on était déjà aux fameux cinq minutes d’intervalles et à 22 heures on a pris le chemin de l’hôpital. Jusque-là je gérais bien, super entraînée que j’étais. Je veillais à changer de position toutes les demies-heures, à faire basculer mon bassin et à favoriser la gravité. Arrivés à l’hôpital, j’étais dilatée à trois centimètres. On m’a directement installée dans la salle nature et on a prévenu ma sage-femme. Une heure plus tard, toujours trois centimètres malgré les belles contractions régulières enregistrées par le monitoring. Deux heures plus tard, même chose, trois heures plus tard (il est maintenant une heure du matin) pareil. La sage-femme me conseille d’essayer de dormir parce que je cite « ça risque d’être long ». La bonne blague ! Malgré le monitoring sans fil, vas-y pour essayer de dormir dans un lit inconfortable avec des contractions toutes les quatre ou cinq minutes ! Je te la fais court, à six heures du matin j’étais à « aller on peut dire 3,5 cm » et il a fallu se mettre à l’évidence, rien ne marchait comme prévu. Il allait falloir changer de stratégie.

On m’a proposé deux options : la rupture artificielle de la poche des eaux (bouuuuuh pas physiologique) ou essayer de rentrer chez moi et espérer qu’être dans mon environnement me permette de me reposer et, qui sait, de débloquer la situation…

Une partie du plan a marché, retrouver mon lit douillet m’a permis de m’effondrer de fatigue (avec des contractions qui me réveillaient toutes les cinq minutes hein) mais c’est à peu près tout ! Parce que je n’avais pas envie de retourner à l’hôpital pour rien, j’avais convaincu mon mari de se coller à la mesure de l’ouverture du col. C’est comme ça que je savais que rien n’avait changé au moment où j’ai senti que mon corps arrivait à bout vers 16h. J’ai appelé ma sage-femme en larmes et on a convenu que j’allais retourner à l’hôpital : 24 heures de contractions inefficaces c’était assez pour se dire que mon corps n’en avait rien à faire de la physiologie ! Elle en a aussi profité pour me dire de la façon la plus diplomatique possible qu’elle venait de commencer ses vacances et que ça ne serait donc pas elle qui allait m’accoucher (bah oui pour ne rien gâcher, on était le 23 décembre).

A 18 heures on était de retour à l’hôpital et vers 19h je retrouvais la super salle nature qui venait de se libérer (ma seule chance de l’histoire je crois). La sage-femme de garde briefée par la mienne me propose d’abord le bain, pour donner une dernière chance à mon corps de se décider à « lancer la machine ». Je n’y crois pas du tout vu que j’ai passé la moitié de mon après-midi dans le bain mais bon le leur est peut-être magique, on ne sait jamais… Deux heures plus tard je suis à quatre centimètres ! Il parait que la moyenne est d’une heure par centimètres, pour la chanceuse que je suis, on en est à plus de 27 heures.

Elle procède donc à la rupture de la poche. Moi qui m’attendais à voir le déluge, je suis déçue. je ne vois rien sortir tellement que je doutais qu’elle l’avait fait ! Mais le doute n’a pas duré très longtemps puisqu’en à peine quelques minutes, les contractions ont pris de l’ampleur. Plus longues, plus intenses, plus rapprochées mais hélas pas plus efficaces. On réessaie le bain ? Soyons folles ! Il est 23 heures quand je décide que tout cela a assez duré et que mon amour de la physiologie n’a pas l’air réciproque. La sage-femme lisant la déception sur mon visage me propose un dernier recours avant la péridurale : le gaz hilarant. Quand j’y pense maintenant c’est l’idée que je trouve hilarante ! Je ne sais pas si ce truc a jamais marché pour qui que ce soit mais chez moi ça m’a juste permis de me rendre compte que je ne voulais plus souffrir. Je détestais ce que ce truc me faisait mais j’étais prête à me le farcir en continu pour atténuer ne fut-ce qu’un tout petit peu la douleur des contractions. Une heure plus tard, je me voyais demander d’appeler l’anesthésiste et de changer de salle d’accouchement pour laisser la salle nature à celles pour qui elle pouvait être utile.

En quinze minutes j’avais ma perfusion, le monito avec fil cette fois-ci et j’attendais l’anesthésiste la larme à l’oeil. Ce changement de décor abrupt me donnait l’impression d’être punie parce que mon corps ne voulait pas marcher comme il est supposé le faire, mais je m’accrochais aux dires de la sage-femme qui répétait que la péridurale allait sans doute débloquer tout ça. Il était passé minuit quand j’ai reçu le saint-graal de l’accouchement moderne qui prend comme il faut et met vite fin à mes 30 heures de douleur. Commence alors la parade où la sage-femme me réveille toutes les trente minutes pour vérifier l’état du col (toujours rien à signaler) et me met dans des positions de plus en plus bizarres sensées motiver la petite à s’engager vers la sortie. Un peu avant deux heures elle essaie de tourner la tête pour l’encourager à descendre sans succès et il est 2h30 quand la gynécologue entre dans ma chambre pour la première fois.

Forcement je sais que si la gynécologue s’en mêle ce n’est pas bon signe mais elle me rassure qu’elle veut juste être sûre que tout roule. A ce moment-là je suis à cinq centimètres « en forçant » et sa tentative de faire pivoter la tête se montre infructueuse aussi, elle est trop haute et n’appuie pas du tout sur le col… Ceci explique cela ! J’avais demandé à ce qu’on désactive le bip-bip du monito et ça m’a coûté de ne pas remarquer le début de la fin (le coeur de la petite qui commençait à lâcher à chaque contraction).

Il est un peu avant trois heures quand le mot « césarienne » est prononcé pour la première fois. Je me serais attendue à être anéantie par la nouvelle mais à ce moment précis je voulais juste que ce soit fini, le comment m’importait très peu. C’est à 3h30 allongée sur la table d’opération, mon mari livide à ma gauche me tenant la main, l’anesthésiste un peu nerveuse à ma droite et deux gynécologues de l’autre côté du champ opératoire que je me suis rappelée pourquoi je ne voulais pas ça, cette impression d’être spectatrice de son propre accouchement !

Heureusement, Dieu (ou mère nature comme tu veux) a beaucoup d’humour et je l’ai eu mon accouchement dans la douleur ! Au moment où ma fille est venue au monde, je vomissais mes tripes (merci l’anesthésie), tremblais comme une feuille (merci la chute de tension) et hurlais de douleur pendant qu’une des gynécologues appuyait sur le haut de mon ventre comme une dératée (partie hors champ de la péridurale) pendant que l’autre essayait d’attraper ma fille qui se trouvait encore plus haut que prévu. Voilà le portrait de ce qui devait être un moment magique : une gynéco pleine de sang avec deux bras plongés dans mon ventre, la deuxième en train de pousser sur mon ventre de toute ses forces, du sang, beaucoup de sang et des sage-femmes qui courent dans la salle, une anesthésiste affolée parce qu’elle ne comprend rien à ma réaction, un mari qui commence à se voir père célibataire, moi profitant de l’entre deux tremblements pour vider le contenu de mon estomac dans un « haricot » en inox, et même pas le fameux premier cri du bébé… On repassera pour la magie mais en tout cas je ne me suis pas ennuyée pendant que les gynécologues faisaient tout le boulot !

Ce récit est bien trop long alors je vais passer sur le passage de la choco-grenouille en néonat’ et la longue attente avant de pouvoir faire sa connaissance, pour te dire qu’au fond je suis déçue mais je ne regrette rien. Je suis allée au bout de ma démarche et maintenant je sais que ma fille avec son tour de tête au-dessus de la dernière courbe (percentile 97) n’aurait jamais pu passer par mon bassin de demi-portion. Bizarrement savoir tout ça ne m’enlève pas l’impression d’avoir raté mon accouchement. Pour ça je crois que je dois d’abord faire le deuil de l’accouchement « normal » et j’espère qu’écrire ces mots m’aidera à entamer ce processus.

52 réactions au sujet de « Faire le deuil d’un accouchement naturel idéalisé : le parcours de Flora »

  1. Je n’ai pas de mot. Ce récit est déchirant. Toute cette attente, toute cette douleur et toute cette souffrance qui est toujours présente. Il n’y a pas besoin d’accoucher sans péridurale pour connaître la douleur. J’espère de tout coeur que Flora se sentira apaisée d’avoir trouvé des mots pour exprimer sa peine.

  2. Alala la photo de néonat’, tellement de souvenirs… J’ai eu une naissance du même acabit mais heureusement j’avais zéro projet de naissance donc pas d’objectif de naissance naturelle. Et voilà que pour Erwan je suis repassée sur le billard bis repetita, je ne pourrais jamais accouché naturellement si jamais je récidive…
    Mais j’ai juste eu à passer le traumatisme de la naissance, pas à faire un deuil de l’accouchement. C’est plus simple… mais ça m’a quand même pris du temps !
    Après l’important c’est d’avoir son bébé avec soi in fine, le temps et en parler aide bien à vivre avec son histoire. Et ça devient notre histoire à nous et donc un souvenir précieux même si plus douloureux que d’autres avec la rencontre parfaite. Notre rencontre est cabossée mais cela reste notre rencontre.

    1. Je compatis ! J’ai de bonnes chances d’y repasser aussi (à moins de faire un format mini la prochaine fois) mais je fais tout pour être mieux préparée la prochaine fois.
      Tu as 100% raison, rencontre cabossée mais rencontre quand même ! J’espère que tu te remets bien <3

  3. Je suis vraiment désolée pour cet accouchement à l’opposé de ce que tu souhaitais 🙁 je suis contente d’avoir de tes nouvelles quand même !!
    En tout cas je compatis, car mon premier accouchement n’a pas non plus ressemblé à ce que je souhaitais (je l’ai raconté sur DMT). Si ça peut te rassurer, mon 2e accouchement a été parfait !!
    J’ai mis du temps aussi à accepter mon 1er accouchement. Mais finalement, près de 3 ans plus tard, ça reste certes un souvenir douloureux mais c’est surtout pour mon fils que ça me rend triste que nous ayons été séparés les premières heures. Je crois que mon 2e accouchement m’a bien aidée à accepter le 1er car j’ai finalement eu l’accouchement dont je rêvais.
    Ces qq heures d’accouchement sont vraiment marquantes et vu comment ça s’est déroulé pour toi, c’est juste normal que tu aies l’impression d’avoir « raté » quelque chose. Mais chaque femme fait comme elle peut sur le moment, avec recul on imagine toujours comment ça aurait pu être avec d’autres paramètres. C’est difficile avec la douleur, la fatigue et les émotions d’arriver à réfléchir en plein accouchement, surtout pour un premier. L’essentiel est qu’au final vous alliez bien toutes les deux même si je comprends bien que tu aurais préféré rencontrer ta petite fille autrement…
    J’espère en tout cas qu’elle va bien et que tu arriveras à repenser sereinement à cette naissance mouvementée d’ici quelques temps.

    1. Contente d’avoir de tes nouvelles aussi 🙂 J’avais lu ton récit oui et j’imagine bien que ça doit être autrement plus difficile à digérer avec des surprises en plus…
      Ma choco-grenouille va très bien et grandit à vitesse grand V. Ça aide à mettre tout ça en perspective, et le temps aidant j’arrive à objectiver un peu.
      Par contre pour l’éventuel futur accouchement, je préfère y aller en étant préparer au pire, tant mieux si ça se passe bien comme toi mais je ne veux plus tomber de haut.

  4. Bonjour, je fais aussi partie de l‘équipe „col qui ne s‘ouvre pas“ quoiqu‘on essaie et j‘ai donc eu 4 césariennes. C‘est dur, ça fait mal, on s‘en remet plus lentement etc.. MAIS si j‘avais vécu 1 siècle plus tôt, je serais sûrement morte en couches ou mon aînée serait morte-née donc je pense qu‘il est important de reconnaître la chance qu‘on a. Désolée si ça sonne un peu „dur“… Je viens d‘avoir mon dernier il y a 6 semaines et je souffre encore des suites de couches mais quel bonheur de l‘avoir et de vivre ce miracle de la vie!!!

    1. Tu as entièrement raison ! En plus ma choco-grenouille est un bébé éprouvette donc crois moi je réalise ma chance d’avoir accès à ce que la médecine moderne peut offrir.
      Malgré ça, et le fait d’avoir eu des suites de couches assez « light », ce n’est pas tout à fait ce que j’espérais… même si bien entendu je ne regrette pas ce parcours puisque sans lui je n’aurais pas ma super fille.

    1. Oh mais de rien j’ai sincèrement aimé ton article. Et tu sais en le lisant j’ai vu mon reflet aussi, le reflet de ma déception de ne pas avoir pu allaiter mes enfants. Souvent mes copines allaitantes m’ont dit : « Mais tu en a fais 1000 fois plus que nous avec ton tire allaitement, on t’admire ! » et cela ne m’a jamais consolée. Pourtant en te lisant j’ai eu envie de te dire la même chose… Je fais partie du club sélect de celles qui ont accouché « naturellement » c’est vrai. Mais je ne crois pas avoir démontré le quart de ta force en fait… Je vous envoie plein de pensées en Belgique 🙂 .

  5. Merci beaucoup Flora, de nous livrer une partie si intime de ta vie… C’est tellement émouvant de retranscrire son accouchement, et de lire celui des autres… J’espère que tu arrives à prendre de la distance et à garder seulement le positif. Je t’embrasse.

  6. Quel plaisir Flora de retrouver ta plume l’espace d’un instant !!!
    Je m’associe à ta peine, comme ça a du être dur cet accouchement ! C’est quelque chose que je n’ose imaginer. Ton mari a du avoir la peur de sa vie aussi…
    J’espère qu’avoir couché tes mots sur le « papier » t’a un peu apaisée et, comme dit plus haut, le plus important c’est ta magnifique petite fille ! Je suis ravie de lire qu’elle va bien et grandit bien 🙂

  7. Je suis une fidèle lectrice du blog. Il m’est arrivé parfois de commenter avec le nom de mon propre blog, car j’ai quelques points communs avec Alice, die Französin… Également expatriée en Allemagne, mariée à un bel allemand (en toute objectivité), et maman depuis décembre 2017 d’une petite franco allemande… Mais cette fois ci, je commenterai en anonyme. En fait, je n’ai tjs pas réussi à faire le deuil de mon accouchement que je désirais moi aussi le moins médicalisé possible. Et de ce fait, je n’assume pas cet episode de ma vie qui s’est finit en césarienne. Seulement mes proches sont au courant de cet épisode qui devait être le plus beau jour de ma vie… Pour les autres, j’ai accouché par voie basse avec la péridurale point.
    Depuis, j’ai traversé une grosse dépression post partum, qui a commencé le 23 décembre 2017. (A croire que cette date soit boudée des accouchements par voie basse.)
    Pour faire court, une grossesse de rêve, tombée enceinte du premier coup, et ici comme en Belgique les grossesses se comptent en 40 semaines, et donc à 40+3 fissure de la poche des eaux le 23/12 à 2h du matin, arrivée à la clinique, début des contractions juste insupportables, comme si mon col était ouvert à 9, alors qu’il ne souvrait qu’à peine, obligée comme toi de demander la péridurale pour avoir un peu de répit, et l’équipe médicale qui parle de césarienne au bout de 10h de travail contre-productif. Bébé allait bien, j’étais encore en pleine forme. Je me suis donc insurgée contre cette césarienne, que je redoutais tellement, pour moi je n’étais pas allée au bout de mes forces. J’ai fait une crise de nerfs dans la salle de naissance. Mon mari en pleurs, ma sage femme au téléphone qui me dit que je peux m’y opposer car bébé et moi nous allions bien, et l’équipe médicale qui me dit qu’ils me feront une cesa, que je le veuille ou non. Bébé nait en pleine forme au bout de 12h, de mon ventre. Depuis ce jours, je souffre. Je suis en pleine psychose, je vois la maladie partout, j’ai peur d’être malade, d’avoir un cancer, que l’un de mes proches soit touchés. J’ai fait 3 IRM, un scanner, des multiples prises de sang. Un enfer. Sans parler de mon rapport d’accouchement qui mentionne une future mère pleine de rage. Ce rapport est un tissu de mensonges et de psychologie de bas étage. Ce rapport fait saigner mon cœur. Peut être même plus que la cesa en elle même.
    Bref. Aujourd’hui 10 mois après je vais mieux, mais je ne suis toujours pas guérie dans ma tête… Je ne mentionne jamais cette opération. J’en ai honte. Honte de mon échec. A cause de la société ? Oui envie de faire comme la tendance, ou peut être envie de me prouver à moi même ou aux autres, et à la société ce dont j’étais capable et donc d’accoucher de manière peu médicalisée, c’était mon souhait.
    Résultat, confrontée à mon échec personnel je suis en thérapie auprès d’une psychologue et j’ai beaucoup appris sur moi même, j’ai pas mal avancé et j’ai pas mal changé. J’ai même pu allaiter sans problèmes, ce qui m’a beaucoup aidé, jusqu’à ce que je décide d’arrêter pour prendre des anxiolytiques, au bout de 3 mois… Encore un échec. Je voulais allaiter un an… Je voulais, je voulais… Entre ce que je veux et je peux… Il y a ce fossé que je n’accepte pas…
    Je sais aussi que ma seule possibilité de guérison à l’heure actuelle, serait un AVAC pour ma prochaine grossesse… Et si je n’y arriverais pas ? Je sais que je serai doublement anéantie… « de quoi tu te plains, ta fille est en pleine forme, toi aussi » « des tas de femmes stériles aimerait avoir un enfant, même par césarienne »… Je ne veux plus l’entendre… Je ne peux plus… Ça ne m’aide pas… Si tu as pris le temps de me lire chère Flora, je te remercie… Moi je t’ai lu et ton récit m’a fait du bien. J’ai vu que je n’étais pas là seule. J’ajouterai que j’ai quand même eu un petit truc sympa dans cette histoire, en effet, mon petit réconfort a été de ne pas avoir été séparée de mon bébé et de mon mari qui sont restés avec moi directement après l’opération… Et le fait d’y être retournée 5 mois avec mari et ma fille dire pour lui dire que je laimais et que j’étais désolée pour cette crise de nerfs au moment de sa naissance… Que cette rage n’était pas contre elle.
    Je te souhaite bien du courage, je connais ta souffrance… Si tu souhaites en parler avec moi, ce serait avec plaisir, Alice doit certainement voir mon email qui s’affiche… Prends soin de toi et de ta famille !

    1. Ton message me fait tellement mal au coeur je ne savais pas que ça avait été si mal pour toi… La pression sur les mères est si forte, encore plus en Allemagne, tu ne trouves pas ? Je t’envoie tout mon soutien, je suis sûre que Flora te répondra aussi.

    2. Très chère,
      je t’ai lu avec beaucoup d’intérêt jusqu’à la dernière ligne. C’est terrible ce qui t’est arrivé et j’espère que ça t’a fait autant de bien que moi de l’exprimer dehors comme ça. J’ai déjà beaucoup de mal à accepter ma césarienne alors que je sais que c’était ABSOLUMENT nécessaire. Je peux comprendre que quand on en est pas convaincu, la pilule doit être encore plus difficile à avaler. Je suis vraiment attristée par le peu d’écoute au quel tu as dû faire face et à ce rapport qui t’accable en plus ! Ça n’a pas dû être facile de traverser tout ça et je te félicite d’avoir trouvé la force de te relever en toi et en ta famille.
      Je te souhaite vraiment de vivre l’accouchement voie basse de tes rêves la prochaine fois, mais j’espère que tu t’en auras pas besoin pour guérir. Pour ma part je me suis déjà fait tellement de mal à y croire que je préfère me dire que ce n’est peut être pas pour moi parce que je n’ai pas envie d’être déçue une deuxième fois.
      Ce que je me dis c’est qu’on se fait beaucoup de mal à mesurer notre capacité à des épreuves qui ne nous sont peut être pas destinées. Qui a dit qu’on était toutes faites pour accoucher par voie basse ? allaiter ?… Comme on dit : « si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il vivra toute sa vie en pensant qu’il est stupide ».
      Je suis persuadée que tu es une excellente Maman et c’est tout ce qui compte pour ton bébé, j’espère qu’un jour ce sera assez pour toi aussi.

  8. Je crois qu’on a toutes des « deuils » à faire concernant la maternité. Je m’imaginais avoir la super pêche toute ma grossesse, accoucher « naturellement », porter mon bébé en écharpe, allaiter longtemps, ne jamais donner de petits-pots industriels, faire du co-dodo, être en fusion. Et finalement j’ai eu… des jumeaux, une fille avec une fente labio-palatine et un accouchement pourri! Du coup, tout à été à revoir. Mais je le vis super bien, pour moi, c’est même complètement libérateur! Puisque je ne peux pas me conformer à un idéal (bien sûr très influencé par les modes du moment), autant faire vraiment ce que je veux (et ce que je peux). Je voulais aussi rebondir sur le terme « accouchement normal » que tu utilises, je crois qu’il n’y a pas d’accouchement normal, que c’est toujours une surprise, mais qu’on nous fait croire qu’on peut tout contrôler.

    1. Je crois que tu as raison. Cette histoire de normalité est sans doute la base de tout ces deuils. Il y a 1001 façon de devenir maman et je crois qu’il ne devrait pas y avoir de hiérarchisation, ni d’idéal. Mais ce serait sans compter sur notre tendance maladive à tout comparer…

      1. Et surtout, un accouchement, quoi qu’on nous fasse croire, ça ne se vit pas seul: il y a le bébé, souvent le corps médical, parfois le papa. Ma mère par exemple, a eu une césarienne pour un de ses accouchement, tout simplement parce qu’un bébé était mort lors de l’accouchement dans l’hôpital où elle était et le corps médical a eu peur que ça se reproduise. Il y a tellement de facteurs qui entrent en compte qu’on ne peut pas parler d’échec lorsque ça ne se passe pas comme ou se l’était imaginé ou comme le cours de préparation à la naissance nous l’avait fait miroiter.

  9. BOnsoir,
    Enfin, malheureusement je ne suis pas la seule.
    31h de travail, le cœur de bebe qui ralentit, l’equipe Médicale qui débarque, cesarienne d’urgence.
    J’ai également vomi (sur la petite), j’ai eu l’impressIon d’un mêlée de rugby sur le ventre, donc j’ai du mal à comprendre celles qui parlent de cesarienne de convenance…

    Pour bébé 2, la cesarienne sera inévitable, peut être moins galère en post accouchement que pour la première…

    Et aussi le sentiment d’avoir été spectatrice et non actrice…

    1. La césarienne de convenance est un grand débat que j’ai beaucoup de mal à comprendre aussi j’avoue. Mais ça a le mérite de montrer qu’ on a pas toutes les mêmes références. Bon courage pour la prochaine fois alors, je suis sûre qu’on le vivra mieux rien que pour le fait d’y être mieux préparées ! Éviter les 31 h de travail inutile devrait aussi aider 😉

  10. On mais en lisant les commentaires je me dis, putain c’est quoi cette pression de merde que tout le monde se met à „réussir“ sa grossesse, son accouchement, son allaitement etc…comme si tout était un concours ou en concurrence!! Un peu d‘estime de soi et reconcentrons nous sur l‘essentiel, l‘amour à donner à nos enfants! Fermez vos comptes Instagram et Facebook, lisez moins de blog et VIVEZ la vraie vie!!

      1. Bon, dernier commentaire et après j’arrête de spamer ton blog, Die Franzoesin 😉 Je crois que la pression ne vient pas que des réseaux sociaux mais aussi tout simplement des mamans qu’on rencontre « dans la vraie vie », des sages femmes et des conseillères en lactation (en tout cas, c’est mon vécu). Il y a quand même toute une part des pros de l’accouchement et de la maternité qui prodiguent des conseils basés sur les modes du moment sans aucun fondement scientifique.

  11. Moi aussi je me retrouve dans tes mots, un accouchement de plus de 40 heures qui a fini en césarienne d’urgence, ma plus grosse phobie. Ce jour reste un des pires de ma vie et les gens ne comprennent pas quand je leur dit, c’est le plus dur actuellement. J’entends toujours « on oublie » mais ce n’est pas vrai, on n’oublie pas une telle douleur, même s’il s’agit de la naissance de son enfant (que, je trouve pour ma part, j’ai raté puisque je n’ai pas pu la prendre tout de suite, je l’ai à peine vue, bonjour le merveilleux moment!). Et sans parler du jugement de certaines qui se permettent de dire que j’ai choisi « la facilité », notre société trop parfaite n’accepte pas que les choses ne se déroulent pas normalement et nous les césarisées en subissons certaines conséquences 🙁
    Bref, bon courage <3

    1. Si tu veux mon avis je trouve que le plus de pression dans cette histoire vient directement de nous même ! Quand tu dis que c’était difficile je comprends totalement, mais je te trouves dure avec toi même d’en faire un échec personnel. Non tu n’as rien raté puisque tu ne contrôlais rien ! Je ne pense pas qu’on oublie non plus mais j’espère qu’avec le temps on arrive au moins à accepter <3

  12. Après un premier accouchement par césarienne programmée (abusivement), j’ai voulu mettre toutes les chances de mon côté pour un accouchement physio pour bébé suivant.

    Dépassement de terme d’un jour. 21h je commence à avoir des contractions régulières de travail. 4h du matin je perds la poche des eaux, dilatée seulement à 1. 10h du matin: le coeur du bébé chute, césarienne en urgence.

    Sur le coup je l’ai mal vécu, mais au moins je suis allée au bout de mon idée, j’ai vécu un vrai travail, les hormones de l’accouchement.

  13. J’avoue avoir hésité à lire ce témoignage … Etant enceinte de 7 mois, d’un premier bébé après des années de combat pour l’avoir … et ayant pour projet un accouchement physio en maison de naissance … Je redoute énormément ce genre de scénario (plus que la douleur des contractions et tout le reste) … Et pourtant je pense en effet que poser des mots apaiseront à terme les maux de cet accouchement … Accepter cet accouchement n’est pas renoncer … C’est surtout accepter d’avancer avec cette histoire qui est tienne et celle de ta fille … de te l’approprier pour avoir moins l’impression qu’on t’ait volé cette naissance … Je te souhaite d’y parvenir … dans quelques semaines, mois ou même années … le corps et l’esprit ont besoin de temps pour guérir …

    1. Toutes mes félicitations 🙂
      J’avais lu pour ta grossesse mais je crois pas avoir pris le temps de commenter. Je te souhaite d’avoir l’accouchement de tes rêves.
      Merci ! Je pense que ça ira avec le temps. C’est un peu comme renoncer au bébé couette, ça prend du temps mais l’idée a finit par faire son chemin.

  14. Bonsoir à toutes,

    Je viens de lire ce témoignage si émouvant et les commentaires qui le suivent et qui sont eux aussi très touchants.
    Je vis aussi en Allemagne, en couple avec un Allemand et je trouve aussi qu’ici la pression est tellement forte sur les mères. La société attend de nous que nous nous sacrifions entièrement à nos enfants, sous peine de devenir des Rabemutter. L’accouchement doit être sans péridurale afin que le bébé bénéficie de ces fameuses hormones (honnie soit la maman qui préfère le « confort » de la péridurale), le bébé doit bien sûr être allaité exclusivement pendant au moins six mois, le bébé ne doit pas découvrir la crèche ou une nounou avant son premier anniversaire…
    Le congé parental allemand très généreux suppose aussi que la maman n’a « rien » d’autre à faire que de s’occuper de son bébé, participer à tous les cours d’éveil pour bébés qui sont proposés dans sa ville, de cuisiner elle-même les petits pots, etc.
    Et puis, il y a toute cette police des mœurs, à savoir nous-mêmes et les autres mamans, qui surveille, calcule… et ces mamans qui se sentent obligées de se justifier quand elles sortent un biberon, un petit pot acheté au supermarché du coin, etc.
    Nous parlons de bienveillance pour les enfants, sans nous l’appliquer à nous-mêmes, nous épuisant à essayer d’être parfaites et d’être celles que la société veut.

    L’accouchement est un moment que l’on peut essayer d’imaginer mais rien n’est maîtrisé. Même en ayant déjà accouché, on ne sait absolument pas comment sera le prochain. Et puis, il y a tellement de façons d’accoucher ! La voie basse en est une, la césarienne en est une autre.
    Un accouchement réussi, c’est devenir maman. C’est peut-être parce que l’adoption fait partie de mon histoire familiale mais pour moi, la première rencontre avec l’enfant adopté est une forme d’accouchement réussi, avec toutes ces émotions, ces doutes et cette douleur que l’on ressent aussi pendant un accouchement.

    Je vous souhaite à toutes de trouver l’apaisement avec votre accouchement et j’espère que vous vous verrez, comme je vous vois, fortes d’avoir réussi à donner naissance à votre enfant.

    1. J’arrive pas mal à m’affranchir des projections et des injonctions d’autres personnes, mais ce qui est difficile avec l’accouchement c’est que j’ai l’impression que c’était un choix personnel qui n’a pas pu être accompli. Mais sinon je suis entièrement d’accord avec toi, on nous en demande beaucoup trop !

  15. J’ai lu avec émotion ton témoignage, qui ressemble beaucoup au mien : 1er accouchement qui finit avec forcep, une petite fille couverte de bleu et 18 mois de douleur car coccyx fêlé et 2ème accouchement avec 27h de contraction pr rien, une fin en césarienne où comme toi j’ai détesté être spectatrice de l’ouverture de mon ventre…
    Mettre tout ça par écrit sur mon blog m’avait apaisé, le diktat et la pub de la maman parfaite et naturelle est tellement nocif pour les nouvelles mamans, je me suis fait avoir les deux fois!
    J’espère que mettre des mots par écrit va t’aider et panser un peu ce mal-être.

  16. Ah oui, effectivement! Déjà tu as tenu super longtemps!
    J’avais un projet d’accoucher en plateau technique pour ma fille (donc sans péri). Ça n’a pas pu se faire à cause de sa position en siège. Mais j’ai demandé la péri bien plus vite que toi. C’est tellement difficile de se rendre compte pour le premier.
    36,5cm de périmètre cranien pour mon fils 😉
    En tout cas, j’espère que tu réussira à faire ton deuil.

  17. Il y a cette tendance actuelle à glorifier l’accouchement naturel sans péridurale qui me chiffonne beaucoup. Ça met beaucoup de pression aux femmes.
    Flora, tu as toute mon admiration pour ce que tu as vécu. J’ai l’impression que tu n’as pas été très soutenue par l’équipe ? (je me trompes peut-être…).
    Mon 4e accouchement ressemble au tien au début. Mais dans mon cas, la sage-femme m’a proposé de petites doses d’ocytocine pour aider l’utérus. Elle m’a fortement déconseillée la péri qui risquait de faire perdre ce qu’on avait ( dilatée à 4 après plus de 18h de perte des eaux).

    1. Ça ressort peut être pas du récit mais j’ai été plutôt bien accompagnée. Je suis tombée sur une perle de sage-femme qui a été très présente (je l’avais pour moi toute seule). Elle a été un vrai coach mais bon quand le corps ne veut pas…

  18. Bonsoir,
    Ce qui est dommage, c’est que tu n’aies pas eu une mesure des os du bassin avant ton accouchement, ce qui t’aurait évité cette longue attente et la déception finale.
    Ce qui m’interpelle c’est le désir profond que tu avais d’accoucher de la façon la plus naturelle possible, peut-être en lien avec ton histoire et le deuil du bébé couette. Moi, je ne m’étais pas du tout imaginé mon accouchement avant car ayant perdu un enfant in utero, j’étais obsédé par le fait qu’il soit vivant. Du coup, l’accouchement par césarienne ne m’a pas du tout gêné (enfin sauf les douleurs qui suivent après ) car j’avais ce que je voulais…
    Bonne continuation à toi.

  19. Notre passif influence nos choix c’est certain.
    Ma sage-femme libérale avait évoqué la possibilité du bassin étroit après un mois d’alitement, des contractions toujours présentes et un col qui ne bouge pas du tout. Mais il aurait fallu faire un scanner pour vérifier et ça me semble être beaucoup de radiations pour mon tout petit bébé, pas spécialement nécessaire.

  20. Je suis sincèrement désolée que tu aies ressenti ton accouchement ainsi Flora. Mais – et attention, ceci n’est pas absolument un jugement – peut-on « réussir » un accouchement? Je trouve que cette notion de réussite / échec n’est pas adapté à un événement physiologique où on ne contrôle pas vraiment ce qui arrive (a fortiori pour un premier enfant).
    Je suis pourtant assez (trop) inscrite dans ce schéma « tout réussir » dans ma vie, mais pour le coup, pas du coup pour mon accouchement.
    C’était quelque chose qui ne me faisait pas vraiment peur (sans pour autant m’enchanter!), ce qui étonnait beaucoup de mes amies. Je me disais qu’on y arrive toutes. Dans le sens où, la majorité du temps, l’enfant et la maman sont en bonne santé à la fin. J’ai découvert la peur de la césarienne en regardant l’émission Les Maternelles, où des femmes pensaient avoir raté leur accouchement parce qu’il a eu lieu par césarienne. J’avoue que jusqu’ici je ne m’étais même pas posé la question : c’était pour moi une façon de naître, point. Ce que j’ai retenu de mes cours de préparation à l’accouchement (et qui a finalement été le plus utile), c’est que ça ne se passe JAMAIS comme on l’avait imaginé.
    D’un point de vue objectif, mon accouchement était loin d’être idéal : 48 h de faux travail, puis un travail très très lent sous péridurale, puis des douleurs atroces (l’équipe médicale a fini par se rendre compte que le cathéter de la péri était débranché), puis un accouchement aux forceps car le petit cœur de mon bébé ne tenait plus le coup. Pourtant je ne l’ai pas mal vécu : je ne dis pas ça pour me gloser (finalement, tant mieux pour moi hein) mais pour dire que tout est une question de point de vue. Pour moi, c’est l’événement qui m’a permis de rencontrer ma petite merveille. C’est tout. Pas le plus beau jour de ma vie, mais le plus fort.
    Tout ça pour dire que je trouve qu’il y a une pression sociale injustifiée autour de ce moment de notre vie : essayons d’en faire fi! (même si ca peut être dur, j’en conviens!)

    1. Objectivement tu as raison sur toute la ligne et c’est tant mieux si tu l’as bien vécu. Mais hélas, l’objectivité est un luxe qu’on ne peut pas toujours s’offrir.
      Quand on rêvait de sortir de la maternité sur pied et de rentrer à la maison le jour même et qu’à la place on se retrouve coincée dans un lit d’hôpital sans même pouvoir s’occuper de son bébé sans assistance, la « force » des circonstances est toute relative…

      1. Je comprends tout à fait que tu aies pu ressentir les choses ainsi. J’ai moi-même été très frustrée de ne pas pouvoir m’occuper de ma fille les 1ers jours (même avec un accouchement par voie basse, c’était très dur de me lever…même si je ne compare en rien ce que j’ai eu à l’état de la maman post césarienne). J’ai juste divisé les choses, accouchement/ après accouchement (où là je n’ai pas aimé!).
        J’espère de tout cœur que tu trouveras un moyen de faire ton deuil en tout cas. Et que tu n’as pas mal pris mon commentaire : loin de moi l’idée de juger les femmes qui vivent mal leur accouchement – d’ailleurs je me rends compte que je l’ai rédigé un peu trop vite : « se gloser », ça ne veut vraiment rien dire!). Bonne continuation à toi.

  21. Ma chère Flora, je suis très émue de te lire… Je suis tellement désolée pour toi que tu n’aies pas eu l’accouchement dont tu rêvais et même un accouchement pas facile du tout… En faire le deuil n’est pas simple. Je ne suis moi même pas certaine d’avoir fait le deuil d’un accouchement voie basse même si j’ai eu une très belle césarienne…
    Il faut n’en garder que le meilleur même si ce n’est pas facile… N’hésite pas à aller voir du côté de l’association Césarine. Le forum pourrait peut-être t’aider dans ce processus de deuil. Bon courage!

    1. Merci 🙂
      Rien que d’y mettre des mots et d’échanger avec vous ici m’a déjà aidé à mettre le doigt sur les points qui me dérangent vraiment au fond. Ce n’est qu’un début mais le chantier est lancé.

  22. Cet article m’a beaucoup émue ! Merci d’avoir pris le temps de l’écrire et de nous le partager, cela fait réfléchir sur notre propre vécu. Je crois qu’il n’y a rien de plus imprévisible qu’un accouchement. On s’en fait une idée, on se prépare, on anticipe et puis… la nature fait ce qu’elle veut ! Je souhaite à Flora que son ressenti vis à vis de son accouchement s’apaise un jour <3

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