Y a-t-il une meilleure place dans une fratrie ?

Y a-t-il une meilleure place dans une fratrie ?

Vous vous êtes déjà posé la question ? Je me la pose depuis longtemps personnellement. Avant même de devenir maman je me la posais déjà.

Celle du benjamin ?

J’ai toujours considéré que j’avais la meilleure place, celle de la cadette d’une famille deux. Ma soeur avait presque trois ans de plus que moi, exactement le même écart d’âge qu’entre Pierre et Charles, et j’ai l’impression d’avoir énormément appris d’elle. Je suis à peu près sûre de lui devoir mes exploits scolaires petite, et mon année d’avance.

J’ai aussi toujours eu l’impression d’être plus libre. Il faut dire que j’ai eu de la chance : elle a répondu à toutes les attentes de mes parents. Elle a passé un bac S, est devenue institutrice, s’est mariée, a eu des enfants… Et elle a fait tout ça très tôt, me libérant par la même occasion de l’obligation de le faire. C’est peut-être bête, mais je crois que j’aurais été triste que mes parents ne soient jamais grands-parents par exemple. Si elle n’avait pas comblé ce désir chez eux je me serais peut-être sentie inconsciemment le devoir de le faire ?

Paradoxalement, je crois que les cadets sont moins aimés. Je ne pense pas, comme il est coutume de le dire, que l’amour des parents se multiplie à leur arrivée : je pense qu’il se divise. Mais je pense que c’est une chance. Trop d’amour n’est pas forcément bon : ça étouffe, ça emprisonne. Je l’ai bien ressenti avec mon ainé. Lorsqu’il était encore unique, il était mon tout. J’étais persuadée que je ne lui survivrais pas s’il lui arrivait quelque chose. Depuis que Charles est né, quelque chose a changé. Je sais que s’il arrivait quelque chose à l’un des deux, je serais obligée de continuer, pour l’autre. Et je pense que c’est autant d’air dans leurs ailes.

Enfin je me rends compte que, même si je m’étais jurée de ne pas le faire, j’ai tendance à beaucoup responsabiliser Pierre. Je suis souvent seule avec les deux, alors c’est vrai parfois ça m’échappe. Je suis en cuisine, occupée, alors je crie à travers la porte : « Pierre tu peux jeter un coup d’oeil dans la chambre s’il-te-plait, il fait quoi Charles ? ». Comme si c’était à lui de le surveiller… Je m’en veux quand ça arrive d’un autre côté je me dis que c’est humain. En tout cas il me semble évident que, s’il reste le dernier, Charles n’aura jamais à surveiller personne. Et que ce sera un soupçon de légèreté en plus dans son enfance.

Celle des parents ?

Il y a longtemps, j’avais entendu un psychologue à la télé dire qu’en tant que parent, on avait toujours tendance à avantager l’enfant qui occupait notre place dans la fratrie. Je ne suis pas sûre que les choses soient aussi systématiques, mais au fond je crois qu’il y a un peu de vrai là-dedans. Ce qui est certain, c’est qu’aujourd’hui déjà j’ai l’impression de mieux comprendre, de mieux savoir les besoins de Charles dans son rapport à son frère.

Je fais par exemple attention à le photographier beaucoup seul, sans Pierre. Parce que je sais que moi, je suis un peu agacée de n’avoir aucune photo de moi bébé sans ma soeur. J’aime beaucoup ma soeur, évidemment, mais bon, un portrait de moi, juste moi, bébé, je n’en ai presque pas – et je suis sûre qu’elle en a des dizaines. A l’inverse, une amie aînée de sa fratrie a pris soin de fabriquer un gros album photo sur sa première avant la naissance de sa deuxième. Pour « se souvenir du temps où elle était enfant unique » m’a-t-elle dit, en me confiant à l’occasion qu’elle aussi aurait aimé avoir plus de souvenirs de ce temps-là. Et je me suis dit que c’était drôle, que cette idée ne m’avait jamais effleurée l’esprit. Sans doute parce que je n’ai jamais été l’ainée justement ?

Globalement je fais très attention à maintenir une certaine égalité dans la façon dont je traite mes fils et surtout mon cadet au regard de son aîné : ils ont tous les deux un livre bébé rempli avec beaucoup d’attention, ils ont tous les deux bu du lait maternel pendant deux mois, ils ont tous les deux fait partie d’un groupe de PeKip et de bébés nageurs, ils ont tous les deux bénéficié de purées maison et d’une maman en congé… Les listes du genre : « Ces 10 choses que j’ai faites seulement pour mon aîné » m’horripilent. Sans doute parce que la benjamine en moi s’insurge.

Celle de l’aîné ?

Arrivés à ce stade de ma réflexion, vous devez vous dire que Pierre est bien malchanceux ! Eh bien pas forcément non plus… C’est compliqué hein, les rapports humains !

Paradoxalement, comme je considère que Charles en tant que cadet a le plus de chance, je crois que j’ai tendance, pas toujours consciemment évidemment, à ré-équilibrer la balance. Par exemple en ce moment, j’accorde encore beaucoup de temps de qualité à mon aîné, je l’emmène à la piscine le mercredi, lui propose des activités de son âge le samedi et le dimanche. A l’inverse, Charles a la chance de passer toutes ses matinées seul avec moi à la maison, mais c’est souvent du temps qu’il doit partager avec toutes mes autres activités. Il est très rare que je m’installe près de lui pour regarder un petit livre ou jouer, faire quelque chose de son âge. Mon cadet suit le mouvement…

Dans le même ordre d’idées, j’ai beaucoup plus tôt passé le relais au papa pour s’occuper de Charles. Dès sa naissance, il n’était pas concevable pour moi d’instaurer cette règle tacite et répandue : « Papa s’occupe de l’aîné, maman du bébé ». Je trouvais cela profondément injuste. Dès les premières semaines donc, il est arrivé à Ulrich de donner le biberon à Charles pendant que je lisais un livre à Pierre par exemple. Ainsi, et même si je l’ai cependant énormément été, je dois reconnaître que j’ai sans doute été plus présente pour mon aîné que pour mon cadet la première année.

Enfin et même si ça me pèse beaucoup de le reconnaître, je culpabilise parfois à l’idée d’être une moins bonne mère pour Charles… Une mère moins « irréprochable » en tout cas. Bien sûr il bénéficie de mon expérience, j’ai moins paniqué devant ses pleurs de nourrisson. Et puis peut-être aussi que ma mémoire me ment et embellit la petite enfance mon aîné. Il n’empêche que Charles a déjà dû plus souvent patienter, attendre, et même si c’était en pleurant. Quand il hurle de faim soudainement pour avoir son biberon et que je suis justement en train d’accompagner son frère aux toilettes, il n’y a pas le choix. Et puis au delà, avec deux enfants, mes limites se sont aiguisées. Quand il est 18 heures, que je dois lancer la préparation du repas, que mon mari m’appelle pour prévenir qu’il aura du retard, que le premier hurle car il veut du chocolat, et que le deuxième s’y met parce qu’il veut jouer avec des fils électriques, j’ai du mal à avoir une réaction « sereine et pédagogique ».

Sans doute que toutes les places ont leurs avantages… J’imagine aussi que chaque dynamique familiale est différente, sans parler des écarts d’âge, des fratries plus importantes, des sexes différents et du temps qui passe. C’est un sujet sur lequel il m’est cependant important de réfléchir, peut-être parce que c’est un sujet sur lequel j’ai si peur de me louper ? Souffrir de penser qu’on n’est pas le préféré, c’est terrible, et c’est vite quelque chose qui se cache dans tout ça, non ?

Et vous, à votre avis, y a-t-il une « meilleure place » dans une fratrie ?

73 réactions au sujet de « Y a-t-il une meilleure place dans une fratrie ? »

  1. Question intéressante que je le suis posée avant ma grossesse…mais résolue par l’arrivée de nos jumeaux. Pas d’aîné, pas de cadet (ils ont une minute d’écart ) mais d’autres réflexions : comment passer du temps individuel avec l’un sans frustrer l’autre et cela dès la naissance.
    En réa puis en neonat, je ne savais déjà jamais qui prendre en 1er pour les peaux à peaux. Puis à la sortie avec les nombreux rdv médicaux de l’un, j’avais toujours l’impression d’abandonner l’autre.
    Une puéricultrice m’a dit un jour où j’étais à l’hôpital avec l’un: sur l’échelle d’une vie, vous serez présente de façon égale pour les deux, c’est juste une question d’enchaînement des priorités à l’instant T.
    Chaque configuration familiale entraîne son lot de questions et réflexion .

    1. Oui c’est vrai je pense que de mon côté la particularité vient du fait que j’ai reproduit quasi-exactement ma propre fratrie à l’identique (même sexe, même écart d’âge), du coup ça me donne deux fois plus de raisons d’interroger ce modèle !

  2. Je ne sais pas s’il y a une meilleure place. Je pense que ça dépends beaucoup de l’attitude des parents. Pour moi l’important est de passer du temps avec chaque enfant dans une activité qu’il apprécie. Après, il y a des avantages et des inconvénients à chaque place. A ce sujet. Frère et soeur sans rivalité de faber et mazlish est très bien

    1. Je l’ai acheté sur tes conseils ! Et justement je voulais écrire cet article avant de me plonger dans cette lecture car je suis sûre qu’elle va modifier ma perception des choses en tout cas c’est ce que j’en attends !

  3. Je crois que quelque part notre place dans la fratrie a beaucoup d’influence sur nous. Par exemple, j’ai l’impression que les aînés sont souvent plus responsable et les cadets ont parfois plus de mal à prendre leur envol. Mais ce n’est qu’un ressenti et aucunement une règle absolue. On dit souvent que la place du milieu est la moins facile.
    Pour mes deux enfants, j’essaie d’accorder du temps de qualité à chacun et de leur montrer tout mon amour et leur unicité. Mais c’est vrai qu’avec 2 enfants on dispose de moins de temps. Pour autant, je trouve que je suis une maman plus zen, plus patiente pour mon deuxième car j’ai plus de recul, je connais les étapes du développement. Je le laisse aller à son rythme. Et je sais ce qui a de l’importance pour moi, j’ai déjà cheminé, je suis donc moins influençable dans mes choix éducatifs. Pour mon aîné, j’étais une maman beaucoup plus sensible, qui avait à cœur de tout bien faire comme il faut. La maternité est un tel chamboulement, elle nous change, nous transforme. Je me mettais plus la pression et j’aurais aimé être plus sereine. Cela se traduit aussi dans l’amour que je porte à mes enfants, la relation avec mon premier est très fusionnelle, passionnelle. Avec le deuxième, c’est une relation si simple, très douce, tendre. Il m’apporte tellement tous les deux. Je culpabilise parfois pour mon aîné; son petit frère est arrivé alors qu’il était encore si petit (21 mois), j’ai un peu peur de l’avoir fait grandir trop vite. Comme j’allaite encore, le papa s’ occupe beaucoup de l’aîné (biberon, changement de couches) mais j’ai toujours essayé de garder des moments de complicité mère / fils : lecture, jeux, sortie mais parfois (svt) le deuxième est à nos côtés même si endormi ( se réveillant dès que je le pose et ne dormant que sur moi). Je veille également à notre moment en tête à tête au moment du coucher. Mais je suis parfois interrompue par les pleurs du 2e. C’est vraiment ça ma plus grande difficulté car on ne peut pas se dédoubler. Mais je me dis aussi qu’avoir un frère ou une sœur, un compagnon de jeu est un beau cadeau de la vie et je commence déjà à entrevoir leur complicité naissante. J’aimerais réussir à ce qu’il n’y ait pas de rivalité entre eux, qu’ils sachent qu’on les aime inconditionnellement pour ce qu’ils sont, tels qu’ils sont avec leurs différences.

    1. Je me retrouve beaucoup dans ton témoignage, et c’est un beau défi de réussir à les faire grandir sans rivalité ! J’imagine que tous nos questionnements sont déjà une belle preuve d’amour.

  4. J’aime beaucoup la manière très honnête dont tu décris la situation.
    En tant que petite dernière d’une fratrie de filles, je me suis beaucoup posée la question. Mon fils est pour le moment enfant unique et je ne vois pour le moment que les privilèges dont il dispose: l’attention exclusive de ses parents, leur temps.
    Il y a quelques semaines, je me suis rendue avec mon fils chez mes parents qui gardaient ma petite nièce de deux ans. Cette adorable tornade, voulait jouer avec mon fils, lui enfiler sa casquette à coups de mains pataudes, lui renversait l’eau dans le bain sur la tete, faisait beaucoup de bruit quand il faisait la sieste. Mon fiston est rentré sonné: il n’a pas l’habitude de tant d’agitation. Il s’agit pour moi du véritable privilège de l’aine: il grandit dans le calme. Dans un premier temps, cela m’a peinée: je me suis dis que mes autres enfants ne bénéficieraient jamais de cela.
    Et pourtant, lorsque nous sommes rentrés, j’ai vu combien la présence de sa cousine lui avait fait du bien: il était plus autonome, a commencé à se lever, à utiliser ses jouets d’une manière différente, et est maintenant beaucoup plus sociable au parc.
    Depuis, je suis convaincue qu’il n’y a pas vraiment de meilleure place, seulement des enfants différents qui bénéficient d’avantages différents.

    1. Je suis assez d’accord avec ta conclusion. Et c’est drôle je me souviens que moi aussi, quand mon aîné était encore unique, je me disais qu’il avait définitivement le plus de chance avec tout ce temps et cette exclusivité 🙂 .

  5. Je ne pense pas qu’il y a une place plus facile que l’autre dans une fratrie. Elle sont toutes différentes, avec toutes certains avantages que les autres n’ont pas. Nos enfants sont différents aussi, avec des envies, des caractères différents, ils n’auront pas forcément besoin de la même chose. Je le vois bien déjà avec mes deux filles. Et nos envies à nous parents sont aussi différentes avec chacun de nos enfants, on évolue, on apprend, on murit aussi nos réflexions.
    Avec l’arrivée de ma deuxième fille, ce que je trouve le plus dur c’est de devoir se partager entre mes deux enfants. Elles ont forcément besoin de moi au même moment. Quand la deuxième réclame son biberon, la première a toujours besoin de quelque chose à ce moment là. Mon mari travaille beaucoup, je gère seule les enfants. Il est donc parfois compliquer de pouvoir rester sereine.
    Moi j’ai toujours peur de privilégier ma deuxième, car c’est un bébé par rapport à ma grande qui est un peu plus autonome. Mon mari s’occupe beaucoup plus de notre ainée, elle est plus en demande aussi (son papa c’est tout pour elle). Mais dès que j’ai un peu de temps libre sans bébé, je privilégie mon ainée.
    Bref, parfois je me torture l’esprit. Je trouve que c’est ce qu’il y a de plus dur à gérer depuis que je suis maman de deux enfants : leur donner autant de temps et d’importance l’une et l’autre.

    1. Je suis presque rassurée de lire que je ne suis pas la seule à me torturer autant l’esprit en tout cas 🙂 . Je pense que les débuts notamment sont pleins de questionnements, sans doute qu’avec le temps, on ne pourra même plus imaginer avoir eu un jour un seul enfant !

  6. Très intéressant cette réflexion. Bon, je suis l’ainée et mon mari aussi donc j’espère qu’on ne favorise pas forcément uniquement l’enfant qui a la même place que soit. Moi aussi je demande parfois à mon ainée de « surveiller » sa sœur (me dire si elle est réveillée en général) même si j’essaye aussi de ne pas la pousser à grandir plus vite parce qu’elle est grande sœur… mais inévitablement, ça joue dans son besoin de se sentir encore bébé (demande de l’aide pour manger) et dans ma nécessité qu’elle fasse des choses seule car je n’ai que 2 mains. Tout est question d’équilibre. Ma seconde est encore petite mais j’essaye aussi de ne pas l’empêcher de grandir parce que c’est la plus petite. Comme tu dis, elle suit le mouvement et on s’adapte moins à son rythme. Faute de temps et d’envie, je ne fais pas tout pareil, j’ai changé, je porte un autre regard sur mon rôle de maman, je suis moins centrée sur mon bébé. Je me sens moins bonne mère depuis que j’ai deux enfants, moins bonne pour les deux : moins patiente avec l’ainée, moins présente avec la seconde. Je pensais que l’amour se multipliait mais le temps se divise et comme tu dis, effectivement l’amour se partage aussi, ce qui a du bon.
    En devenant parent de deux enfants, j’ai repensé à certaines jalousies que j’ai ressenties envers mon frère – enfant ou ado – et j’ai compris que mes parents n’ont pas forcément accordé les mêmes choses à chacun mais ont fait de leur mieux pour répondre aux besoins de chacun selon leurs possibilités du moment.

    1. Moi aussi depuis que je suis maman de deux enfants je comprends mieux certains comportement de mes parents qui ont pu me rendre jalouse…

  7. Je comprends très bien ta « peur de te louper »… Je suis fille et enfant unique et alors qu’il nous a toujours paru évident d’avoir plusieurs enfants depuis que le comte et moi sommes mariés, maintenant que l’idée d’un petit deuxième émerge, je me pose aussi pas mal de questions… Je ne sais pas trop ce que c’est que de devoir partager ses parents et je me demande bien quel modèle choisir… Mes beaux-parents ont eu beaucoup d’enfants mais ils font trop de différences (à mon sens qui seraient facilement évitables) entre leurs enfants, ce n’est donc pas ce que je voudrais reproduire. Bref, je ne sais pas s’il y a une maman sur terre pour qui tout cela est évident mais si elle passe par là, j’attends ses conseils avec impatience ! (mais tout ce que tu dis me paraît très juste et je crois que si je faisais comme ça je serais déjà contente ! Et rien que parce que tu y réfléchis, Pierre et Charles ont beaucoup de chance de t’avoir pour maman)

    1. Merci beaucoup pour tes compliments, ça me touche énormément ! Mon mari aussi est fils unique et veut absolument plusieurs enfants donc à priori en tout cas une fois adulte la fratrie convainc 😉 . Mais je pense qu’elle suscite des questions chez toutes les mamans (enfin en tout cas aucune ne s’est encore manifestée pour dire autre chose !).

  8. Ta réflexion est très intéressante. Tu es la première que je lis qui dit que l’amour ne se multiplie pas mais se divise. Ca pourrait me faire sauter au plafond mais bizarrement, je comprends bien tes raisons car elles font aussi parties des raisons pour lesquelles je ne souhaite pas que Tess soit enfant unique.
    Je suis l’ainée et je n’ai jamais souffert de ma place dans la fratrie. Je pense que ça a été plus difficile pour ma sœur qui était au milieu de 3. Elle n’a pas les responsabilités et l’importance qu’on peut donner au plus grand ni toute l’attention réservée au petit. C’est d’ailleurs, inconsciemment, peut-être une des raisons pour lesquelles je ne voudrais pas plus de 2 enfants.
    A aujourd’hui, n’ayant pas encore l’expérience d’une fratrie, j’ai du mal à me positionner mais je crois que je repenserai à ta manière de voir les choses en temps utile. Pas certaine que tout ça me serait venu en tête et j’ai trouvé ça très intéressant! Peut-être parce que nous n’occupions pas la même place dans notre famille 😉

    1. Cette question de la place du milieu est aussi pour moi très présente, et c’est aussi un de mes contre-arguments pour un bébé supplémentaire…

  9. Non, je ne pense pas qu’il y ait une meilleure place dans une fratrie honnêtement. Chacun aura ses avantages et ses inconvénients, qui varieront d’une famille à l’autre, d’un enfant à l’autre. Ca dépend de tellement de facteurs différents ! Mais pour moi dans l’ensemble, ça s’équilibre.
    Du moment qu’on les aime tous autant… 🙂

    1. J’aimerais bien avoir tes certitudes 🙂 Peut-être (sûrement !) que le fait de venir d’une fratrie et d’avoir une fratrie avec des genres différents joue un rôle. C’est quand même plus facile dans cette constellation de trouver sa place j’imagine…

  10. Pour ma part je ne crois pas qu’il y ait de reelle preference, ce sont des places différentes, de fait. Le premier nous a eu dans une relation plus fusionnelle, plus approfondie, mais aussi plus angoissée… on aura toujours le petit truc au coeur d’avoir vécu toutes nos premières fois avec lui, mais il y en aura aussi d’autres vécues avec les suivants. Tant qu’on les traite globalement de façon égale, sans marquer de préférence, je crois que chacun peut trouver sa place.

  11. Encore un article interessant. Petite je ne me suis pas posé la question, car je n’ai qu’une soeur du même âge que moi, il n’y a jamais eu de place d’aîné(e) ou de benjamin.
    Ton commentaire « Souffrir de penser qu’on n’est pas le préféré, c’est terrible » me parle pourtant beaucoup puisque c’était mon impression enfant, et surtout à l’adolescence (que mes parents préféraient ma soeur, preuve que cela n’a pas forcément un rapport avec l’âge vu qu’on est jumelles) et là dessus c’est là que je ferai tout pour que mes enfants ne pensent pas une chose pareille…
    En tant que mère, j’essaie aussi de veiller à un certain équilibre sans faire la même chose pour tous car chacun a ses propres besoin. C’est vrai qu’on attend plus de responsabilité de l’aîné, en revanche il a aussi de sacré avantages, de choses qu’il /elle peut faire que les autres ne peuvent pas encore.
    Je crois que toutes les places ont des avantages et des inconvénients. On lit souvent que la place de l’ainée est la plus dure. On en a conscience de notre côté et on lui garde des moments juste pour elle, j’ai l’impression qu’elle le vit très bien, elle a aussi beaucoup de libertés.
    On a eu des jumeaux ensuite et là eux sont tout le temps ensemble, difficile de passer du temps JUSTE pour l’un ou l’autre, l faudrait pouvoir se diviser en trois… Par contre côté photos, pas de soucis, on en a de tous séparément, ils ne pourront pas nous le reprocher 🙂
    Mais effectivement c’est bien plus que ce détail et j’aimerai pouvoir séparément passer plus de temps seule avec l’un ou l’autre.

    1. C’est drôle tu as une jumelle et tu es maman de jumeaux, je ne savais pas ! Je pense en effet comme tu dis qu’une clé est là, dans ce temps qu’on arrive à accorder à chaque enfant en tête à tête mais je vois bien déjà de mon côté qu’il est très très rare, ce n’est pas facile à organiser alors j’imagine à peine avec trois enfants dont des jumeaux justement…

    2. Bonsoir
      Ton commentaire m’interpelle dur deux points en tant que maman de jumeaux.
      Le premier est ton ressenti enfant. Quel comportement de vos parents te donnait ce sentiment ? Est ce que ta soeur ressentait le même ? Je suis avide de témoignage de jumeaux car la gemelité me force à me poser beaucoup de questions.. du fait de pb médicaux de l’un, j’ai l impression de delaisser l’autre et de voir de la tristesse dans son regard. J ai emmené seul le second faire des courses avec moi ce week end et j’ai vu de la fierté dans son regard mais difficile de consacrer du temps individiel à chacun.
      Le deuxième est ta position de maman de jumeaux. J’ai le même ressenti ….vraiment difficile de se dedoubler. As tu déjà ressenti ce sentiment de tristesse pour un de tes enfants. Je culpabilise souvent à ce sujet.

      1. Salut, si tu veux on peut échanger sur WhatsApp ou e-mail ? Die französin a les 2, elle peut te le faire passer, ça sera plus simple. En tant que jumelle et maman de jumeaux, c’est évidemment un sujet qui me tiens à coeur.

  12. Bonjour Alice,
    Ton article fait écho à mes interrogations depuis que j’ai eu ma petite 3ème 😉
    Je ne sais pas s’il y a une meilleure place mais force est de constater que la place « du milieu » n’est pas la plus confortable. Maintenant c’est à nous les parents d’essayer de rééquilibrer la balance pour que tous nos enfants se sentent bien, ou au moins le mieux possible, dans leur fratrie…
    Bonne journée, je suis toujours contente de te lire 🙂
    Julie

    1. Merci Julie c’est ton premier commentaire ici, je suis ravie de faire ta connaissance 🙂 . Cette question de la place du milieu est présente aussi chez moi, je me la pose beaucoup quand on réfléchit avec mon mari à avoir encore un enfant… J’ai peur que ce soit difficile pour Charles.

  13. Article très intéressant encore une fois! Je suis l’ainée de ma fratrie et j’adore ma place. Ayant été fille unique pendant presque 7 ans, et la première petite fille de mes grands-parents (que ce soit du côté de maternel ou paternel), j’ai longtemps ressenti que j’étais la chouchoute. Pas forcément de mes parents, mais des grands-parents et des oncles et tantes, avec qui j’avais un rapport très proche. Quand ma sœur est née, je ne me rappelle pas avoir été jalouse : j’étais assez grande pour comprendre que ma mère ait un deuxième centre d’intérêt. D’ailleurs, j’ai beaucoup câliné ma petite sœur. Du coup, je t’avoue que je ne me suis jamais posé la question sur la place de mes enfants dans la fratrie. C’est peut-être plus facile parce qu’il s’agit d’un garçon et d’une fille… Mais je trouve le sujet vraiment intéressant !

    1. J’ai aussi conscience aujourd’hui que l’aîné d’une génération est clairement le plus attendu dans une famille. Et l’aîné tout court : on reçoit davantage de cadeaux, de messages de félicitations, la grossesse fait plus évènement dans l’entourage… Mais bizarrement, moi en tant que deuxième je n’ai jamais eu conscience de cela enfant, sans doute que je ne le savais pas tout simplement (et ma soeur était trop petite – trop rapprochée en âge – pour s’en souvenir !).
      Concernant ta fratrie je pense aussi que le fait qu’elle soit mixte rend les choses quand même différentes. Quelque part, c’est une petite raison pour laquelle je les envie : mes fils sont déjà constamment comparés par tout notre entourage…

  14. cette question, moi aussi j’y ai beaucoup réfléchis avant même d’avoir un enfant.
    J’ai pas mal d’exemple de fraterie dans mon entourage et pas de règle absolu qui se dégage.
    D’abord je ne pense ni que notre amour se multiplie, ni qu’il se divise. Notre attention se divise c’est certain, après je n’ai pas l’impression que l’intensité de mon amour pour Martin se soit modifié et cet attachement à Basile (1 mois demain déjà!) est en train de se créer, même si l’amour est déjà là. Le coeur n’est pas un récipient avec une contenance précise. ça se superpose, se rajoute se modifie, un peu comme un mille feuille, une tour de jenga, une aquarelle, on rajoute des touches de couleurs et ça reste beau…

    Ensuite je ne sais pas s’il y a une bonne place dans une fraterie… je ne le crois pas. J’ai lu il y a longtemps un article sur « la meilleure place est celle de troisième », parce qu’avant les enfants sont « attribués » à chacun des parents (en fonction des affinités, attentes projections) le troisième est l’enfant de « personne » et donc beaucoup plus libre, on projetterai beaucoup moins sur ce troisième enfant…

    Comme toi nous essayons de faire « autant » pour l’un que pour l’autre, un cahier de la première année, des photos à tire larigot…

    Personnellement ce que j’aimerai vraiment éviter avec mes enfants c’est les comparaisons… Ton frère faisait comme ça. L’ainé est comme si, le cadet est comme ça… Je pense que ça peut faire beaucoup de mal et donner une impression d’être moins aimé, ou pas comme ce que l’on attends de nous, qu’on ne fait pas comme il faudrait. Donc soit l’enfant se positionne en clone (pour courir après un amour ou une attention pas assez donné pour lui) ou au contraire prends le total contre pieds (en mode rébellion j’ai pas besoin de vous)… Oui pour cultiver les différences non pour les souligner. Et j’essaie que l’entourage ne le fasse pas (trop).

    1. Tu as raison de parler des comparaisons, je me souviens à quel point elles m’ont blessées dans mon enfance. Mais c’est un point très compliqué car nous ne maîtrisons pas tout. Je n’ai pas l’impression que mon mari et moi en fassions beaucoup, nous reconnaissons nos enfants dans toute leur complexité. Mais tout notre entourage (de la voisine à la grand-mère) passe son temps à comparer nos deux fils : leur physique, leur personnalité… Soit en les opposant comme des contraires, soit en les confondant comme des sosies, ça m’horripile et je ne sais pas comment endiguer ce phénomène… Si tu trouves un antidote, s’il-te-plait tiens moi au courant !

      1. Pour l’instant on en souffre pas trop (c’est plus physiquement est ce qu’il lui ressemble ou pas…)
        J’avoue ne pas avoir la solution pour endiguer les comparaisons de l’entourage mais j’ai toujours été assez épater par une famille de mon entourage. Un frère une soeur cadette, le frère était porté très haut par les grands parents, qui n’ont que des mots durs pour la soeur… J’ai l’impression que les parents m’ont jamais fait de différence entre les deux (eux!) et quand je vois la soeur je la trouve hyper équilibrée, assez résignée, amusée mais pas en souffrance (elle a 24 ans aujourd’hui). Je ne sais pas comment les parents ont fait pour lui donner cette confiance en elle et cette liberté quant à ce que l’on peut dire ou penser d’elle… Comme quoi c’est possible, et c’est surement les parents qui font la différence. Je suis sûre que vous arriverez à le faire avec vos enfants, en tout cas que vous ferez tout ce qui vous semble le mieux pour eux!

        1. Je pense aussi que c’est possible… J’en avais parlé à une psychologue qui m’avait dit que pour un enfant, les paroles de l’entourage étaient très secondaires, ce qui était le plus important, c’était l’attitude et les mots des parents.

  15. Je me suis beaucoup posé cette question enfant (benjamine avec deux grandes soeurs) avec l’impression que tout ce que faisait ma soeur ainée était survalorisé et quand c’était mon tour on y accordait finalement peu d’importance.
    Mais du point de vue de mes aînées j’ai été chouchouté beaucoup plus qu’elles…
    Ce que je comprends aujourd’hui c’est que ces vérités n’en sont que dans notre regard à chacune et quelles sont complètement subjectives.
    En tant que maman je dois reconnaître que la naissance de ma 2e fille m’a vraiment bouleversé sur cette question de place. Je dois reconnaître que la place de mon aînée a été malmené et que j’en ai beaucoup culpabilisé. De ma préoccupation principale elle est devenue souvent secondaire (par rapport aux besoins d’un nouveau né et de la fusion ressenti avec ce bébé, tout comme je l’avais ressenti avec elle 2ans plus tôt ) et si mon amour pour elle était toujours aussi fort, toutes mes marques d’attentions se sont vues largement diminuées ( moins de temps pour elle, moins de patience, moins de photos que d’elle…)
    Je suis tout à fait d’accord, l’amour parental, les enfants sont obligés de se le partager, ou tout du moins les preuves d’amour.
    Et puis comme toi aussi cette responsabilité que je lui incombe si jeune « tu vois ta soeur? Que fait-elle ? »
    Bref je me dis que la place d’ainée n’est pas si drôle finalement !
    Si bien que cela est un argument anti bébé 3 aussi : pas envie de faire revivre ça à ma grande ni de le faire vivre à ma 2e.
    Seul avantage que je lui trouve à être l’aînée pour le moment c’est que comme j’ai pu pendre un congé parental pour la naissance de la plus jeune, elle a pu avoir une 1ere année d’école plutôt light: pas de cantine ni d’après midi, alors que quand sa soeur ira à l’ecole elle fera des journées complètes car j’aurai repris le travail …

    1. Je suis triste de lire que la naissance de ta petite t’a autant culpabilisée, ça n’a pas dû être facile à vivre. Et du coup je suis contente si ma notion de « division » t’a rassurée, je trouve le discours sur la « multiplication » de l’amour parental finalement assez culpabilisant : non les bras et les heures d’une journée ne se multiplient pas avec le nombre d’enfants, alors même si les sentiments sont intenses, il faut bien composer avec ça…

  16. Très beau texte, je trouve… Et c’est une question compliquée. J’attends mon deuxième et je me demande, comme beaucoup de parents, si je vais réussir à m’en occuper « autant » et « aussi bien » que du premier, et si du coup il va souffrir de cette place de deuxième. J’ai déjà l’impression que cette grossesse est différente de la première : je parle beaucoup moins au futur bébé à naître, pour le premier tous les jours du dernier mois de grossesse je tenais un journal, et pour lui j’ai vraiment du mal à trouver le temps, etc. Je pense que toutes les situations ont leurs inconvénients et leurs avantages, mais que le parent est forcément influencé, dans son ressenti et dans son comportement, par sa propre place dans sa fratrie. Il faut donc s’efforcer de se détacher un peu de sa propre expérience — comme d’ailleurs pour tout dans la vie — pour appréhender les choses avec un peu plus d’objectivité et de sérénité. Dans tous les cas, on fait comme on peut… Parfois, il arrive que ce soit à l’adolescence ou à l’âge adulte que l’individu considère qu’il a été « moins bien aimé » que ses frères et soeurs. Un peu comme une réaction à retardement. Alors que les parents pensaient que tout allait bien. Je suis sûre que tu fais comme il faut. Et déjà, se poser les questions que tu te poses, c’est très sain, je trouve 🙂 Mais il ne faut pas se torturer l’esprit.

    1. Merci pour ton gentil commentaire 🙂 C’est vrai que j’ai parfois tendance à beaucoup réfléchir, à intellectualiser mes sentiments et mes réactions. Mais c’est aussi à cela que me sert cet espace justement, dans la vie je suis quand même spontanée dans mes réactions 😉 . J’espère de ton côté que tu trouveras un joli équilibre avec ton deuxième !

  17. Merci pour ton billet. Il tombe plutôt à pic car nous serons bientôt 4. Je suis d’accord avec toi concernant le fait que je m’occuperai de ma fille et laisserai le papa s’occuper du bébé régulièrement. Étant fille unique, j’ai plutôt tendance à me mettre à la place de l’aînée. En plus c’est une fille donc je m’identifie à elle. J’ai peur qu’elle souffre de ne plus être fille unique, qu’elle le vive mal. Et en même temps je culpabilise déjà vis à vis de ce bébé que j’ai peur de moins aimer (peur d’être moins complice avec lui car c’est un garçon, peur de lui consacrer moins de temps par la force des choses, etc.). Mon mari est aussi l’aîné de sa fratrie donc peut-être que chez nous ce sera notre aînée qui aura la meilleure place… En tout cas je me dis que le fait que ce soit deux enfants de sexe différent permettra peut-être d’atténuer une certaine jalousie/compétition. L’avenir nous le dira! 😉

    1. Je ne connais pas du tout les fratries mixtes puisque je viens d’une fratrie unisexe et j’ai une fratrie unisexe. Mais clairement je pense que c’est un désavantage pour tout ce qui concerne les compétitions / comparaisons. Donc je suis sûre que de ton côté tout va rouler 🙂 . Et mon mari a beau être fils unique, c’est un super papa de fratrie !

  18. D’abord j’adore la photo de tes fils. Elle est vraiment super mignonne !
    Ensuite pour la question de fond… Je la trouve très intéressante mais j’avoue ne me l’être jamais posée ! Je fais partie de ses mamans qui font tout au feeling. Je suis convaincue que chaque enfant a besoin, pour s’épanouir, de l’amour inconditionnel de ses parents. Et c’est tout. Peu importe que ce soit l’aîné ou le puîné. Alors je ne cogite pas. Tantôt Alphonse est mon préféré parce qu’il chante cette chanson si mignonne. Et je lui montre. Mais 5 minutes plus tard il se fait détrôné par Gustave qui du haut de ses 80 cm essaye d’ouvrir la porte. Et ainsi de suite. Je ne cherche pas à compter ou analyser. Je leur donne tout l’amour que je peux et espère bien que ça suffira !

    1. C’est génial moi aussi j’aimerais bien être comme ça des fois 🙂 ! Mais du coup je me dis que tu n’as jamais dû souffrir enfant de ta place dans ta fratrie, que tu t’es toujours sentie aimée sans penser qu’il pouvait y avoir des préférences, sans comparaison ni compétition ? Parce que je pense clairement de mon côté je me la pose parce que, comme je l’ai dit dans mon introduction, je me la suis beaucoup posée enfant…

      1. Alors je me vois dans l’obligation de te détromper 🙂 Déjà je partage le rôle d’aîné avec ma soeur. Toute notre enfance on a été comparé, pas tant par nos parents, mais constamment par notre entourage. C’était parfois pénible, souvent usant mais je m’y suis habituée (ça a été beaucoup plus dur pour ma soeur). Ensuite j’ai grandi avec la conviction, que j’ai encore, que mon petit frère était le chouchou… Mais tout ça s’inscrit dans la relation très complexe que j’ai eu avec mon père. Au delà de ce traitement de faveur je m’emploie quotidiennement à ne pas lui ressembler.

        1. Oh la oui ça n’a pas l’air très simple… Les comparaisons venant de l’entourage ne sont pas faciles à gérer non plus c’est vrai, je m’en souviens quand j’étais enfant et elles commencent déjà concernant mes deux fils !

  19. La question du deuxième enfant est encore lointaine, bien sûr, mais je trouve tes interrogations et tes réflexions très pertinentes.
    J’aurais tendance à penser que l’aîné bénéficie de moments privilégiés avec ses parents… mais il peut lui être difficile de perdre ce statut. En revanche, les suivants bénéficient peut-être de parents plus détendus, plus sûrs de leurs choix !
    En ce qui me concerne, je suis une enfant du milieu, et ma petite sœur est née à peine plus d’un an après moi. Autant dire que je ne garde pas beaucoup de souvenirs de l’époque où j’étais la petite dernière ! Mais il paraît que j’ai plutôt mal vécu de perdre ma place, justement.
    Heureusement, les choses se sont vite arrangées et j’ai trouvé en mes deux sœurs de très bonnes compagnes de jeux 🙂 (et de crêpage de chignon à l’occasion !)

    1. C’est super et du coup ton message me rassure ! C’est bête mais cette place du milieu me fait un peu peur pour Charles si jamais on élargissait encore la fratrie, j’ai souvent entendu dire qu’elle pouvait être mal vécue et comme je n’ai aucune expérience sur le sujet ça me questionne !

  20. La meilleure je n’en sais rien. Mais je suis l’aîné. Et mon aîné bein… c’est mon aîné. J’ai une relation avec lui bien plus forte qu’avec ses frères. Mais… le fait qu’ils soient arrivés à 2 ne brouille t-il pas aussi la donne ? Je me dis souvent que ça doit beaucoup jouer aussi… Quoi qu’il en soit, je me dis tous les jours que je n’ai pas le temps pour eux que j’avais pour mon grand, et ça c’est indéniable.

    1. Le fait d’avoir eu des jumeaux joue forcément un rôle en effet… Et puis cette histoire compliquée avec ton aîné a sans doute aussi renforcé vos liens j’imagine, toi et lui contre le monde entier 🙂 .

  21. Je suis fille unique donc je suis très mal placée pour répondre avec mon exemple personnel ;). Même si je pense que la pire place dans une famille c’est justement d’être enfant unique. On cristallise l’attention et les angoisses des parents. Et nous n’avons personne avec qui les partager.

    J’ai beaucoup culpabilisé avec mon petit dernier, j’avais l’impression de m’occuper plus de lui que de ses frères. Certainement parce que lui était arrivé dans nos vie tout seul.

    Pour mon conjoint clairement la meilleure place est celle du cadet car pour lui il est plus chouchouté que les autres et il bénéficie de toute l’expérience des parents.

  22. Je reste persuadée que la place de l’ainé est la plus difficile (j’en suis une). Sur l’ainé repose le poids inconscient du désir des parents, l’obligation de réussite et de rentrer dans toutes les cases. Et les parents ont tendance aussi à mettre un peu la pression, on ne lâche prise qu’au 2eme ou 3 eme enfant, c’est bien connu 😉
    Les études le disent d’ailleurs, que les ainés ont tendance à mieux réussir scolairement, ce qui fut aussi mon cas. Mes frères et soeur se la sont coulés bien plus douce que moi, parce que comme tu l’as dit, moi, j’avais déjà remplie pas mal de cases. Je fais donc bien attention a rendre la vie de mon grand la plus douce possible, au risque de le « protéger » un peu plus que les autres … pas évident tout ça !

    1. C’est vrai que, tout en restant la même personne, je suis très différente avec mon deuxième enfant, je trouve même ça assez fascinant ! Un mélange de lâcher prise et de confiance en moi aussi, comme si je n’étais plus obligée de tout faire parfaitement… Et donc sans doute que lui aussi le ressent…

  23. Alors en tant que fille unique, maman de fils unique je pourrais ne pas avoir grand chose à dire sur le sujet mais … tu me connais 🙂

    Déjà, bravo pour le franc-parler mais je me joins un peu au commentaire de So, je trouve que tu confonds un peu amour et attention/temps … Moi je suis persuadée que l’amour peut se multiplier (je le vois avec les amis ou avec les chansons, ce n’est pas parce que j’en aime de nouveaux que j’aime moins les anciens, après j’y consacre peut-être moins de temps mais il ne faut pas tout confondre) ….

    Le temps/ l’attention, non effectivement ça se divise mais est-ce forcément tout le temps un drame ? Il ne faut pas oublier tout ce qu’un enfant ne peut apprendre que lorsqu’on le laisse tout seul : la capacité à trouver des solutions, la créativité, l’introspection et j’en passe … Après je conviens qu’entendre son bébé hurler de faim et ne pas pouvoir réagir dans l’instant est un brise-coeur mais ça ne dure pas des heures (et je suis sure que tu lui expliques que son frere avait besoin de toi et qu’il le comprend, ca comprend tout les bébés)…. Ma sage femme m’avait dit un truc du genre « tu sais, ce n’est pas grave si tu ne trouves pas tout de suite une solution quand il pleure, l’important ce n’est pas qu’il soit calmé tout de suite mais qu’il soit conscient que quelqu’un cherche une solution au plus vite. » …. Ca m’avait fait beaucoup de bien

    Un autre point sur lequel je trouve que tu exagères un peu, c’est quand tu parles de faire perdre à Pierre un peu d’insouciance quand tu lui demandes de regarder si son frère va bien pendant que tu fais à manger…. Ca me semble tellement éloigné de ce à quoi je pense quand je pense à des enfants qui perdent leur insouciance trop tôt (misère, violences, maladies, etc. etc.) …. La tu parles de lui demander de te rendre un service tout à fait dans l’ordre de ses capacités pendant que tu lui fais à manger, un peu comme si tu demandais qu’il mette la table ou que ne sais je …. C’est pas comme si tu lui demandais de se lever la nuit pour donner un biberon pour que tu puisses dormir ou de le garder pendant que tu sors avec tes copines. Je digresse un peu mais à la Kita de Milo, ils ne sont divisés qu’en 2 groupes d’âge u3 et ü3…. A la réu de septembre tous les parents de petits u3 étaient ravis de savoir leurs enfants au contact de plus grands qui nécessitaient moins d’attention et avaient plein de choses à leur apprendre. Là on vient d’avoir la réu de préparation pour la prochaine rentrée et ces mêmes parents paniquent, demandent des dérogation pour savoir si leur deuzansetdemis ne peuvent pas passer en ü3 : leurs « grands » ne vont ils pas régresser au contact de petits ? vont ils avoir assez d’attention et tout et tout …. Je trouve qu’on a tendance à oublier à quels point le contact avec des plus petits est enrichissant, à quel point on fixe ses savoirs en les transmettant, à quels point on gagne en empathie au contact de ‘plus faibles »

    Pour ce qui est du « préféré »/ de la culpabilisation par rapport à l’aîné/ au deuxième , je note que ça semble préoccuper beaucoup les mamans autour de moi quand elles ont leur 2ème enfant. C’est peut-être du au fait qu’au début tu te retrouves avec ton gosse que tu aimes chaque jour de plus en plus depuis 1/2/3/4 ans et un nouveau-né qu’au final tu ne « connais » pas tant que ça donc oui forcément tu as un préféré mais ça s’atténue. Pour observer beaucoup les mamans d’enfants plus âgés/ d’ados / d’adultes qui ont plus de recul, je ne vois que rarement des « préférés » et j’ai l’impression que la grosse majorité aime leurs enfants avec la même intensité mais qu’après c’est une question d’affinités/ de facilité (qui fluctue, celui avec lequel tu t’entends/t’éclates le plus maintenant ne sera pas forcément le même dans 5/10/15ans)… J’ai toujours trouvé très beau la façon dont certains parents verbalisent leur non-préférence (le mari de ma marraine disait à ses filles toi tu es ma préférée de cinqans, elle c’est ma préférée de dixans, il le fait encore aujourd’hui avec 18ans et 23ans c trop chou, ma voisine dit à ses fils je t’aime toi comme je ne pourrais jamais l’aimer lui et je l’aime lui comme je ne pourrais jamais t’aimer toi, je trouve ca très beau aussi)

    Après effectivement, ayant grandi en fille unique, c’est compliqué pour moi de me projeter dans les conséquences qu’une rivalité/jalousie dans une fratrie peut avoir mais je peux te dire que ces émotions existent aussi chez les enfants uniques (ahlala la comparaison avec la cousine toujours sage ou avec les enfants des voisins qui rangent leur chambres ….) … Puis comme tu le disais dans ta réponse à So, quand c’est pas les parents qui sont à l’origine de ces sentiments, c’est l’entourage qui s’en mêle …. Mais notre rôle de parent est il à tout prix de protéger les enfants de toute émotion négative ou au contraire de leur apprendre à les reconnaitre, à les exprimer, à accepter qu’elles sont humaines et tout à fait gérables ? (ouh la vilaine question rhétorique) (en plus je me rappelle encore de ton article sur l’envie, qui de mieux que toi pour parler de cela avec tes fils :))

    Et voilà mon pavé de la semaine

    1. J’attendais ce pavé même si je ne savais pas que tu étais enfant unique (sinon j’imagine qu’il aurait fait le double 😉 ).
      Pour l’amour qui se divise, évidemment, ce n’est pas mathématique (sinon que resterait-il à l’enfant d’une fratrie de six ?). Mais je reste sur ma pensée que ça change tout, d’en avoir un ou deux. En tout cas ça change beaucoup de choses à la relation mais aussi aux sentiments éprouvés.
      Et d’ailleurs, sans vouloir remettre en cause ton témoignage, je pense que de la même façon qu’on ne peut pas comparer les remarques quand elles viennent de l’extérieur ou des parents (c’est ce que je viens de répondre à Sonia), je pense que les comparaisons hors fratrie ne sont pas de même nature. Même si on t’a comparé à la voisine… Tes parents n’aimaient que toi, pas la voisine.
      Si ce sujet me préoccupe, c’est évidemment parce qu’il m’a aussi beaucoup préoccupée enfant et ce que je remarque de la plupart des gens avec lesquels j’aborde le sujet, c’est que c’est très fréquent du moment qu’il y a une fratrie, presque incontournable ? Il n’y a qu’à voir d’ailleurs les déchirements dès que les parents meurent et qu’il est question d’héritage…
      Alors évidemment, je n’arriverai pas forcément à protéger totalement mes petits de ces sentiments négatifs, et sans doute même que ce ne doit pas être le but, mais si je peux faire le moins d’erreur possible, ce serait quand même bien. Du coup je suis en train de lire un best seller sur le sujet, j’en ai mis la photo sur IG, je vous dirai ce que j’en ai retenu !
      Et sinon du coup pour vous Milo devrait rester enfant unique aussi ? Ou c’est trop indiscret comme question 🙂 .

  24. J’avoue que c’est une question que je ne me suis jamais posée 😉
    J’ai 3 filles et chacune à sa place. La première m’a fait maman, la deuxième a fait l’aînée grande sœur. Et la troisième, ma foi, a trouvé sa place. Je n’ai pas l’impression de les aimer différemment. Je les aime, c’est tout. Là où je suis d’accord avec toi, c’est quand tu écris que ton fils aîné était ton tout et que la naissance du 2e a temporisé tout ça (si j’ai bien compris lol).
    Et fin août, c’est un 4e bébé qui nous rejoindra, il complètera la famille, il a déjà sa place dans notre cœur !

  25. Beau et vaste sujet ! Je suis assez sensible à l’argument que tu avances sur la position des parents dans leur propre fratrie. Je suis l’aînée de 5 enfants. Quand j’étais jeune j’avais l’impression de devoir mener tous les combats, ouvrir toutes les portes pour eux. Sans le vouloir je leur ai aussi « mis la pression » en posant les premiers jalons des performances scolaires attendues, par exemple. Je n’ai en revanche jamais souffert de m’occuper des plus petits, je le faisais même avec plaisir ; et j’ai à chaque fois été très heureuse de voir la famille s’agrandir. En fait je n’ai aucun souvenir de ma vie d’enfant unique, et je considère que c’est une bonne chose. J’avais d’ailleurs très peur que ma fille aînée reste seule trop longtemps…
    Bref, c’est plutôt ma cadette qui m’inquiète alors je suis bien contente de lire ton expérience réussie

    1. Ah oui c’est drôle 🙂 bon ben du coup finalement si nous pensons toutes les deux avoir eu la meilleure place c’est qu’il n’y a vraiment que des bonnes places peut-être 😉 .

  26. Holàla ce sujet me passionne et j’aime beaucoup ta réflexion ! Je pense que chaque place a ses avantages et inconvénients, et en effet ça dépend aussi des critères que tu cites à la fin. Cependant, je pense en effet que le parent s’identifie peut-être plus à celui qui a la même place dans la fratrie.
    Je suis l’aînée de 6 et clairement les plus petits chez moi ont eu beaucoup plus de liberté. par contre les gens pensent souvent que de ma place, j’ai dû beaucoup aider ma maman et avoir des responsabilités mais honnêtement je n’ai pas du tout ce sentiment et j’ai pleinement vécu mon enfance, sans me sentir du tout une deuxième maman…
    Tu as l’impression que tu avais la meilleure place mais du coup ta soeur qu’en pense-t’elle ? Ce serait intéressant, peut-être qu’elle estime avoir elle la meilleure place ;-). Cependant c’est vrai qu’en général la place de ma fille me parait plus facile pour l’instant, elle est tirée vers le haut par son frère, elle avance moins dans l’inconnu (par exemple, elle connaît déjà l’école et des enfants pour sa première rentrée, pour mon grand c’était l’inconnu…). Elle a aussi un caractère plus fort, ça joue aussi ;-).
    La place qui me paraît la plus compliquée, c’est celle du milieu (même si c’est aussi ceux qui sont plus tranquilles, car c’est vrai qu’il y a une pression inconsciente sur les aînés, ils ouvrent la route) . Je me pose beaucoup de questions sur la place de ma fille si nous avons un troisième enfant par exemple… J’ai peur qu’elle se sente moins aimée, d’autant qu’elle est vite jalouse quand je suis avec son frère alors que lui ne l’est pas.
    Je pense comme toi qu’au fond la question est de se sentir aimé pour ce que l’on est et pas moins que sa soeur ou son frère, c’est pourquoi je leur dit tous les jours que je les aime (ce qui ne se disait pas (et ne se dit toujours pas) chez mes parents), je suis vigilente à celà.
    Sinon je te rassure que ma patience est aussi beaucoup plus limitée depuis qu’ils sont deux !

    1. Merci pour ton témoignage ! En fait je ne sais pas ce que ma soeur en pense, ce serait drôle en effet si elle aussi estime qu’elle a eu la meilleure place 😉 . Mais je ne pense pas.
      La place du milieu m’inquiète aussi un peu si un jour nous agrandissons encore la famille même si je suis sûre qu’il y a plein de façons d’y arriver aussi.

  27. Sujet super intéressant et question que je me pose en permanence ! Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis – peut être parce que j’ai moi aussi 2 garçons avec sensiblement le même écart d’âge je pense. Par contre, je suis constamment en train d’osciller entre deux eaux, car je n’ai pas de référence vraiment. Je suis la troisième et dernière de la famille, seule fille arrivée … 13 et 14 ans après les deux premiers. J’ai passé 7 ans avec eux puis nous avons déménagé et je me suis retrouvée seule avec mes parents. Je suis donc passée du statut de petite dernière dans une -relative- grande fratrie; à celui de quasi fille unique, centre de l’attention … et j’ai détesté. Je peux même dire que mon enfance à partir de ce moment là a été d’une grande tristesse. Du coup je n’avais qu’un souhait, avoir des enfants proches, et surtout pas d’enfant unique.
    Maintenant que c’est fait ;-), il est vrai que j’ai quand même l’impression que l’aîné est avantagé … mais j’essaie d’équilibrer !
    Quoiqu’il en soit, c’est hyper intéressant pour moi de lire d’autres témoignages, alors merci pour cet article !

    1. De rien merci à toi pour ta contribution ! Je suis assez convaincue aussi qu’il est difficile d’être enfant unique, et puis même si c’était parfois conflictuel, je garde surtout beaucoup de joie et de complicité en souvenir avec ma soeur c’est pourquoi pour moi l’enfant unique n’était pas une option…

  28. Je suis l‘aînée d‘une famille très nombreuse et je n‘ai jamais été jalouse que de mes 2 sœurs qui me suivent de très près en âge (3 ans d‘écart en tout), et surtout de ma sœur cadette qui est depuis toujours la préférée de mon père. C‘est surtout devenu insupportable quand elle m‘a dépassé en taille et que tout le monde la prenait pour l‘aînée. Après elle était toujours meilleure à l‘école et a longtemps été la plus jolie avec ses cheveux très blonds. Le plus difficile reste jusqu’à aujourd’hui qu‘elle a toujours eu une relation très facile avec nos parents alors que pour moi cela est encore compliqué. Petit détail au passage, j‘ai fait de très bonnes études alors qu‘elle a abandonné les siennes avec l‘accord de mes parents – le comble dans une famille qui sublime l‘excellence – et à 41 et 40 ans, j‘ai toujours l‘air plus jeune et mes traits sont restés fins quand les siens se sont durcis dès la trentaine. Bref, j‘étais très mal à l‘aise d‘imposer un 2 ième à ma fille, d‘où leur écart d‘âge de presque 4 ans et puis finalement ça s‘est fait tout seul! Je me suis rendue compte que ce sont les parents qui provoquent le plus de jalousie dans leur attitude. Il y a bien sûr toujours des rivalités entre les frères et sœurs puisque ce sont des personnalités différentes avec des qualités et des difficultés différentes mais je pense que c’est aux parents d‘apprendre à valoriser chaque enfant sur ses propres performances. J‘ai aussi fait exprès d‘avoir de grands écarts d‘âges entre chaque enfant ( même si 8 ans entre le 2 ieme et le 3 ieme sont dûs au divorce), le 3ieme et le 4 ieme auront 5 ans d‘écart, j‘ai pu passer beaucoup de temps seul et exclusif avec chacun de mes enfants et c’est ma revanche personnelle sur mes parents. Je continue à garder ce temps exclusif en allant déjeuner avec chacun des grands 1 fois par semaine et le soir je m‘occupe du dernier aussi seul puisqu‘il est encore au rythme histoire/ chansons/ câlins avec ses 4,5ans.
    Je pense qu’il faut bien avoir en tête aussi que les enfants cherchent en permanence l‘attention exclusive des parents, dès que l‘un veut dire quelque chose, l‘autre a aussi quelque chose d‘incroyable à raconter, dès que les parents se parlent, téléphonent, vont aux toilettes! Ou font tout simplement quelque chose seul, ne serait ce que 5 minutes, un des enfants veut dire un truc hyper urgent qui ne peut pas attendre. C’est normal et c’est aux parents de leur apprendre à attendre et à respecter le temps de parole ou d‘action des autres. C’est pas facile, c’est sûr mais c’est une chance que d‘apprendre cela petit avec sa familles et de manière bienveillante! Autre point, il est conseillé partout et je confirme par mon expérience qu‘il est très important d‘impliquer les grands dans le soin des petits. D‘abord la responsabilisation aide à grandir et valorise, ensuite cela permet d‘expliquer au grand ce que l‘on fait avec le petit, pourquoi il en a besoin et lui raconter ce que l‘on faisait avec lui petit, et ce qu‘il aimait ou pas, ce sont de grands moments de complicité à 3 que j‘adore! Et ça favorise en même temps l‘attachement des enfants entre eux puisque l‘attachement passe aussi par le soin. Évidemment, il y a des moments où je me sens plus proche d‘un enfant que d‘un autre et d‘autres où l‘un d‘entre eux a plus de difficultés et du coup besoin de plus d‘attention, mais je pense et j‘espère que c’est la manière dont on s‘en occupe et présente la chose qui fait que chacun des enfants sait qu‘il peut compter sur moi quand il en a besoin. Il n‘y a qu‘eux qui pourront témoigner plus tard de ma „réussite“ ou de mon échec sur ce point mais j‘aurais sûrement fait des erreurs sur des sujets qui me tiennent moins à cœur….

    1. Je sens que tu as déjà beaucoup réfléchi au sujet, évidemment de par ta propre histoire… C’est triste que tu aies tant souffert enfant de ces comparaisons mais c’est aussi beau de voir que du coup que tu en protèges autant tes enfants ! Je pense que je vais m’inspirer de ton témoignage expérimenté pour l’avenir 🙂 .

  29. J’avais écrit un long commentaire, j’ai tout perdu
    Pour résumer, je disais que ça faisait écho à mon avant dernier article (et celui d’il y a 6 mois) : en tant qu’ainee jumelle, j’ai oscillé entre la première et la deuxième place, avec une soeur brillante que je me DEVAIS d’égaler (ce qui ne m’a jamais intéressé) et un petit frère « miracle » (donc chouchou à mes yeux d’enfant, alors que lui pense l’inverse) …
    Aujourd’hui c’est ma soeur qui subit la pression sociétale à se marier et faire des enfants, comme moi . J’ai longtemps eu des relations compliqué avec ma fratrie et ce n’est que maintenant que ça va mieux.
    Personnellement, j’essaye d’être équitable et non égalitaire avec les garçons, d’agir en fonction de leur âge et de leur besoin, même si je culpabilise parfois de ne pas faire « assez bien ».
    Sinon, une astuce du blog CPMHK que j’aime bien c’est de ne pas demander à FeuFolet de veiller SUR LutinCoquin, mais de jouer/faire AVEC LutinCoquin

    1. Je suis désolée pour le commentaire, ça m’énerve tellement quand ça m’arrive ! C’est vraiment compliqué ces relations dans une fratrie et comme ton exemple le démontre, ça peut varier avec le temps et sa perception est aussi très subjective. J’avais bien aimé en tout cas ton article : c’est vrai, rien n’est figé. Et merci pour l’astuce j’aime bien ce blog aussi !

  30. Merci pour cet article très intéressant! Je ne me suis jamais vraiment posé la question de savoir s’il y a une meilleure place dans la fratrie, mais ton article m’a éclairé sur le fait que l’on réagit différemment au comportement d’un enfant selon sa propre place.
    Je suis l’ainée et j’ai une sœur, et j’ai trois enfants, 1 « grande » de 3 ans et des jumeaux d’1 an.
    J’ai observé qu’en cas de dispute quand mon aînée ne veut pas prêter ses jouets à son frère et sa sœur, ma sœur prend systématiquement parti pour les jumeaux car pour elle l’aînée doit prêter ses jouets. Alors que moi au contraire, ma réaction est de leur dire de laisser leur sœur tranquille car je comprends à quel point c’est envahissant quand 4 mains viennent prendre le jouet! Je pensais initialement que son manque d’empathie pour mon aînée était lié à son caractère, mais je pense qu’en fait c’est surtout lié au fait qu’elle n’a jamais vécu cette situation d’avoir un petit frère/sœur qui vient constamment s’immiscer dans ses affaires.
    Et je suis tout à fait alignée avec toi sur l’importance du comportement des parents, je déteste quand ma mère compare nos parcours, ce qui est toujours à mon avantage étant la docile aînée qui a fait tout comme il faut

    1. Je trouve aussi que cette idée est éclairante et c’est un comportement que j’ai souvent remarqué ! Tant mieux si je t’ai permis de l’analyser 🙂 .

  31. Pour moi la place idéale dans une fratrie, c’est comme l’écart idéal entre deux enfants : un mythe.
    Déjà on juge en fonction de son propre vécu
    Ensuite d’une fratrie à l’autre c’est différent
    Enfin chaque place (chaque écart d’âge) a ses avantages et ses inconvénients.
    De part mon expérience de la fratrie de 3 (j’en suis issue, mon mari aussi, et je suis maman de 3 enfants), j’ai l’impression qu’être au milieu est le moins confortable : toujours trop grand ou trop petit.

  32. Merci pour ce magnifique article ! Tu as réussi à exprimer très clairement ce que je ressentais assez confusément.

    C’est moi aussi un sujet qui me passionne. Et qui me « torture » au quotidien ! Je suis maman de 2 filles. Et je suis aussi la dernière d’une fratrie de 3. Je me suis promis de ne pas reproduire un tas d' »erreurs » de mes parents… tout en comprenant seulement maintenant, petit à petit, que ça n’est pas si simple !
    Par exemple j’ai détesté le grand écart d’âge avec mes frère et soeur (9 et 6 ans) : j’ai l’impression de n’avoir partagé aucun jeu d’enfance avec eux (mon frère était en prépa quand j’étais en primaire, par exemple), d’avoir grandi solitaire comme une enfant unique tout en ayant l’inconvénient de devoir suivre le « bon exemple » de mes frère et soeur.
    Mais d’une part je réalise qu’en tant que parent on ne choisit pas forcément l’écart d’âge, d’autre part je réalise que 3 ans d’écart (que je considérais comme un écart idéal avant d’avoir des enfants) est plein d’inconvénients aussi (l’aîné se souvient très bien de l’époque où il était enfant unique et peut la regretter, tout en étant trop petit pour chérir cette soudaine autonomie forcée).
    Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres !
    Comme une autre de tes lectrices, je te conseille « Frères et soeurs sans rivalité ». Je l’ai déjà lu deux fois, ce livre m’a bouleversée (comme un autre ouvrage des mêmes auteurs).
    Même s’il ne m’a pas empêchée de me sentir un peu démunie quand, hier, ma 3 ans et demi est entrée d’un air tout triste dans ma chambre en désignant sa petite soeur (en train de téter) et en disant « Elle m’a pris ma maman… ».
    Tu peux sans doute imaginer que je n’ai pas fini de me faire des noeuds au cerveau avec le sujet des rivalités entre frères et soeurs !

    1. Re-bienvenue ici Galeopsis, je crois que tu es une de mes plus anciennes lectrices et ça fait longtemps que je n’avais pas lu un commentaire de toi, ça me fait très plaisir ! Je suis en train de lire le livre dont tu parles et en effet il est très éclairant… Mais comme tu le dis et comme souvent avec ce genre de livres, je sais que je ne pourrai pas éviter toutes les erreurs, alors j’espère au moins qu’elles n’empêcheront pas mes fils de grandir épanouis. Ton expérience sur l’écart d’âge me parle beaucoup, je crois que j’expliquerai à mes enfants très tôt que, parfois, dans la vie, on ne fait pas vraiment ce qu’on veut.

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