De places en crèche et de politique

De places en crèche et de politique

Je vous en ai parlé récemment : depuis plusieurs mois déjà, Ulrich et moi sommes partis à la recherche d’un établissement pour accueillir nos deux enfants à la rentrée. Pour rappel, en Allemagne les enfants de un à six ans sont accueillis par des éducatrices dans ce qu’on appelle une KiTa, un jardin d’enfants. Les municipalités sont tenues par une loi fédérale d’assurer la prise en charge de ces enfants, mais chacune organise comme elle l’entend l’attribution des places.

Dans notre ville la rentrée a lieu chaque année au mois d’août et l’attribution des places se fait au mois de février. A partir de l’automne et jusqu’à la fin du mois de janvier, les parents ont la possibilité de déposer leur candidature dans douze jardins d’enfants. Ce sont les établissements qui choisissent ensuite les enfants qu’il accueilleront sur la base de critères qu’ils fixent eux-mêmes et peuvent être à la fois très logiques – comme la répartition homogène des tranches d’âge et des sexes dans les groupes – ou moins évidents – comme le lieu de domicile ou la situation professionnelle des parents. Si certaines familles n’obtiennent aucune réponse positive, la municipalité les aide à la fin du printemps à trouver une place restante.

Jusqu’à maintenant, notre aîné étant accueilli par la crèche de mon employeur, nous n’avions pas eu à suivre cette procédure. Mais cet établissement ne prend en charge que des enfants de moins de trois ans.  Cette année, Ulrich et moi avons donc dû comme tout le monde déposer notre candidature dans douze établissements.

Dans notre liste, nous avions retenu pour principal critère la probabilité d’accueil de nos deux enfants – je voulais éviter de les conduire chaque matin dans deux lieux différents, il fallait donc que l’établissement ait à la rentrée des places libres aussi bien pour les moins que pour les plus de trois ans – et l’éloignement géographique de notre domicile ou de mon lieu de travail – toujours dans le même souci d’optimisation de mon temps de transport. Et finalement dans notre liste on trouvait de tout : de grands établissements publics situés dans des quartiers moins favorisés, parce que proches de mon travail, comme un petit établissement privé géré par une association de parents bilingues, avec un supplément de soixante euros par mois et par enfant à payer – en plus du tarif fixé par la mairie en fonction des revenus des parents.

Cette histoire d’inscription en crèche, je crois que ça a été une des premières confrontations de mes idées politiques à notre éducation. Politiquement, je suis convaincue qu’il faut mélanger les gens. Je suis aussi persuadée que c’est une solution aux problèmes d’intégration. Elève d’une école puis d’un collège-lycée privé catholique je n’ai côtoyé que des enfants qui me ressemblaient pendant toute ma scolarité. Je me souviens de ma surprise quand j’ai commencé à faire du soutien scolaire pour des petits en difficultés dans d’autres quartiers, en terminale. J’ai rencontré pour la première fois un musulman dans mon travail, à 25 ans. Et je ne pense pas que ce soit bien ni normal. C’est comme si j’avais loupé un truc, vécu à côté d’une partie de la France.

D’un autre côté pour tout vous avouer, j’ai été un peu inquiète quand j’ai visité les grands établissements excentrés de notre liste. Voir l’ensemble des panneaux traduits en arabe, la liste des menu sans porc affichée… Je me suis dit que mes enfants seraient minoritaires, me suis demandée comment ils le vivraient. Il y avait la liste des prénoms aussi, un marqueur social tellement évident, et les éducateurs qui ont évoqué un problème de goûter, que tout le monde n’arrivait pas toujours à fournir de qualité. Je me suis demandée si ces nouveaux camarades et leurs parents auraient des comportements différents, peut-être plus violents ? J’ai eu toutes ces pensées… Que celles qui rêvent d’inscrire leur enfant en ZEP lèvent la main que je les en félicite, j’ai eu plus de mal avec la mise en pratique. Heureusement les équipes que nous avions alors rencontrées étaient super, on avait envie de leur faire confiance. Nous avions donc maintenu notre candidature dans trois établissements de ce type, marqués socialement.

C’était sans compter sur les fameux critères. Ils sont sans doute toujours choisis avec beaucoup de bonne volonté, mais ils comportent de graves biais. Tous les établissements dont je viens de vous parler favorisent les parents en difficulté. C’est très humaniste, sans doute. Mais cela nous excluait : nous étions définitivement trop riches pour y accéder. Riches, nous le sommes en revanche visiblement assez pour le jardin d’enfants bilingue du centre ville. C’est là – et là seulement – que nous avons obtenu deux places. Parce que nous avons remplis leurs critères, parce que nous avons les capacités de payer le supplément, parce que nous avons plu aux parents devant lesquels nous avons dû passer un véritable entretien de sélection.

Je vais être honnête : je m’en réjouis. Bien sûr, et même si je ne me l’avoue pas totalement, ce jardin d’enfant avait ma préférence. Dès que nous l’avions visité nous avions été séduits par le personnel adorable, les locaux incroyablement bien situés, les activités proposées. C’est d’ailleurs le seul établissement qui nous avait accueilli pour une visite en présence des enfants – ce qui démontre de mon point de vue une certaine capacité à « ne rien cacher ». Et d’un autre côté je me dis bon sang, bravo la mixité sociale. Pas un enfant un peu bronzé. Des enfants bilingues oui, mais bizarrement aucun ne parlant l’arabe – la seconde langue la plus répandue en Allemagne, évidemment.

Mes enfants y seront bien sans doute, et c’est bien le principal. Il y avait trois établissements au profil social différent sur notre liste et ils ne nous ont pas pris, je peux dormir tranquille avec mes principes. N’empêche que mes enfants sont bien partis pour reproduire mon schéma : les riches restent toujours entre eux, et tout le monde semble content.

C’est mieux comme ça ?

78 réactions au sujet de « De places en crèche et de politique »

  1. c’est une sacrée problématique… effectivement si tes enfants avaient été accepté dans les crèches plus « populaires » , ils auraient peut être pris des places que n’auraient pas obtenu les familles ailleurs, n’ayant pas eu les revenus suffisants. mais quelque soit l’origine et le niveau social, pour qu’il y ait mixité, je pense qu’il ne faut pas qu’une tranche de population soit favorisée, bref, que tout le monde soit représenté à part égale. Et là, ça devient compliqué à mettre en place. moi j’avoue que pour la première année de maternelle en France, j’avais demandée une école dans un quartier plus calme, j’avais peur que ma fille déjà très réservée se fasse embêter. les préjugés ont la vie dure, même chez moi…

    1. Je ne sais pas si ce sont forcément des préjugés, il y a aussi des inquiétudes qui sont fondées. Mais je regrette que ce soit aussi marqué et les commentaires reçus sur cet article ne me rassurent pas…

  2. Si on enlève le côté politique, c’est un des reproches que je fais aux écoles alternatives. Un certain coût que toutes les familles ne peuvent pas assumer et qui fait un peu « stratégie d’écrémage ». En fait, c’est quand même un peu politique parce que s’il n’y avait pas ce principe « hors contrat », ce supplément n’existerait pas et tout le monde pourrait y accéder; en fonction de leurs critères éducatifs et de choix « conscients ». Et ça ferait peut être des écoles multiples et variées. Oui, dans le monde des Bisounours, j’aimerais bien être ministre de l’Education ! 😀

    1. Hi hi c’est peut-être le moment où jamais de candidater 😉 . Cela dit, l’abolition d’un régime hors contrat n’est pas forcément suffisant pour établir une vraie mixité : il n’y a qu’à voir les stratégies déployées par les parents dans le public pour éviter certains établissements ou classes (choix des langues secondaires, etc.).

  3. C’est pas tellement mieux, comme toi je pense que la mixité sociale et culturelle enrichie. Mais c’est plus facile comme ça pour beaucoup.
    Je suis sur une colline excentrée de ma ville mais plutôt avec de beaux bâtiments donc chers, autour de l’école de Lu c’est différent et le quartier est plus « populaire » (comme disent les agents immobiliers). Je sais que ça rebutte pas mal, des gens ont refusé d’acheter dans mon immeuble pour ça et les 3/4 des copains de Lu dans ma résidence vont dans le privé. Moi je suis plutôt contente que dans sa classe elle voit une bonne diversité de ce que l’humanité donne et comme ça on a des petits avec des prénoms qui me semblent totalement exotiques (et au début imprononçable et inécrivable de tête) à côté de BCBG Versaillais prout prout (pas toujours prononçable non plus), le contraste me plaît !

    1. J’imagine le contraste ça doit être rigolo 🙂 . Je n’imaginais pas qu’en France le privé était utilisé à ce point pour contourner la carte scolaire mais maintenant que j’y pense c’est évident !

  4. C’est chouette cette place en crèche pour tes deux enfants. C’est déjà un point positif. Pour bébé 2 pas encore né, je ne sais pas encore si j’aurai une place.
    Pour ce qui est de la mixité sociale, en te lisant, je m’aperçois que le problème est le même partout. Je pense que c’est plus prononcé dans les grandes villes. Nous les critères d’attribution sont aussi les personnes en situation difficile. Mais je trouve qu’il y a tous les rangs sociaux présents et plusieurs nationalités. Je ne sais pas si cela aurait été la même dans une ville plus grande.

    1. Oui tu as raison du coup c’est passé un peu à côté mais c’est avant tout une super nouvelle, que nous ayons ces deux places 🙂 . Et je pense aussi que dans de petites communes, il y a peu d’établissements donc pas forcément autant de choix.

  5. Arf, quel dilemme … en tant que parents, on souhaite le meilleur pour nos enfants. Et, si l’intention des établissements plus grands publics a favorisé les familles en difficultée est louable, c’est sûr que ça limite la mixité …
    Peut-être qu’il y en aura un peu plus à l’école? Dans notre petit bourg de campagne, il y a pas de mixité sociale mais peu de population immigrée…

      1. *pas mal de mixité sociale
        Alors pour avoir passé un grand nombre de fin d’année en classe de primaire allemand avec ma cousine, je dirais que le primaire est assez semblable à la France, c’est après que ça change vraiment.

  6. Quand j’ai appris que les crèches publiques de ma commune n’appliquaient pas de critères sociaux, ça m’a étonné ! Sachant que le prix peut être double du public dans le privé, il me semblait justifié de donner priorité aux revenus faibles… C’est vrai qu’en regardant ça du point de vue mixité social c’est plutôt une bonne chose.
    Je crois qu’on peut difficilement te jeter la pierre, il y a les idéaux et puis il y a la réalité. Les dés sont pipés d’un côté comme de l’autre (ici notre progéniture ira aussi, si acceptée, dans une école catholique même si trop « prout-prout » parce qu’il y a une différence de niveau flagrante avec l’école communale)

    1. Pour commencer je vais te faire une confidence hier en publiant cet article je me suis dit : en voilà un que Flora commentera peut-être ! Je sais que tu aimes ces sujets et moi j’aime toujours tes interventions 🙂 . Et je vois en l’occurence que nous sommes confrontées au mêmes paradoxes.

      1. Je ne pouvais pas m’en empêcher en effet, comme quoi tu m’as bien cerné par PC interposés !
        C’est vrai que je commente de moins en moins mais je te lis toujours aussi fidèlement 😉

  7. C’est une question à laquelle il est bien difficile de répondre.
    J’ai grandi dans une école de campagne ou le niveau était plutôt bon, me semble-t-il. L’arrivé au collège de la ville la plus proche en ZEP a été un vrai choc pour moi au début. Au niveau des compétences scolaires, on ne va pas dire que c’était la panacée, mais socialement j’ai beaucoup appris.
    Je souhaite vraiment que mes enfants aillent dans le public pour les valeurs que je défends. Mais pas non plus à tout prix. Si les choses se passent mal, l’Instruction en famille me tente vraiment.
    Comme toi, je suis pour la mixité sociale, car je pense qu’elle peut tirer tout le monde vers le haut. Encore faut-il accepter de mélanger tous les milieux sociaux sans forcément entrer dans les quotas.

    1. Oh l’instruction en famille, voilà un autre thème à débat ! Ici c’est interdit – enfin c’est plutôt l’école qui est obligatoire à partir de six ans.

  8. Bonjour,
    Merci pour cet article, très honnête! J’ai de grands principes également mais qui tournent courts quand il s’agit de mon loulou.. et comme tu le soulignes, parfois, le clivage se fait de toutes façons, avec ou sans notre volonté ‘active’ (non, je ne vais pas demander une dérogation pour que mon loulou aille à l’école au milieu du quartier craignos de la ville où nous n’habitons pas)… Nous sommes en réflexion pour inscrire notre fils dans l’école privé de la ville. Je m’accroche au fait que, compte tenu de la mixité sociale, culturelle, cultuelle de ma ville, l’école privé devrait refléter un peu cette diversité… mais en réalité, je n’en sais trop rien…
    En tous cas, super pour les 2 places dans le même établissement 🙂

    1. Oui c’est une bonne nouvelle finalement pour nous 🙂 . Et je suis rassurée de voir que beaucoup se reconnaissent dans cet article finalement, je ne suis pas la seule à ressentir un décalage entre principes et pratiques.

  9. Non, ce n’est surement pas mieux comme ça. Mais en France avec la carte scolaire, on en arrive au même système: ghettos de riches contre ghettos de familles en difficulté, et au milieu, heureusement, quelques établissements vraiment mixtes socialement. Je comprends que tu te sentes rassurée et à court terme, c’est bien l’essentiel. Quant à espérer voir évoluer les choses, je ne suis guère optimiste. Ici en Bretagne, dès qu’une école a mauvaise réputation, le privé est là pour nous accueillir les bras grands ouverts. Alors oui les fossés continuent à se creuser et la société future en fera les frais malheureusement.

    1. Je ne m’étais pas rendue compte qu’en France le privé jouait ainsi ce rôle d’alternative… C’est très dommage en effet à long terme 🙁 .

  10. C’est un sujet bien délicat…
    Je suis cette enfant dont les parents aux bons revenus ont toujours considéré comme un acte militant de la mettre dans des établissements de proximité, même ZEP et qui une fois arrivé dans un lycée de centre ville a totalement déchanté…. Passer de meilleure élève sans rien faire à élève totalement perdue fait beaucoup de dégât à l’égo et prend du temps à rattraper.
    Alors malgré mes opinions politiques, je ne ferai pas vivre cela à mes enfants.
    Par contre, je tiens à la mixité sociale, surtout tout petit, je ne sais pas encore comment je trouverai l’équilibre, je fais au fur et à mesure…

    Je crois qu’on a également besoin de savoir que nos enfants seront bien et forcément, ça passe par un lieu qui nous ressemble, même si cela nous met face à nos contradictions….
    Et là, c’est chouette que tu aies pu trouver !

    1. Ton expérience est très intéressante, je n’avais pas non plus pensé à cette question de niveaux. Et je suis d’accord, c’est plus facile de confier mes enfants à un lieu qui me ressemble et qui ressemble aussi à ce que j’ai connu enfant.

  11. Interessant cet article. Nous nous habitons une ville « classe moyenne » collee a une grosse aglomeration. Ici, il y a 3 reseaux de Kita: les Kitas municipales dont les places sont accordes en priorite aux employes de la ville et aux fonctionnaires, les Kitas gerees par une association dite « integrative » et les Kitas gerees par l’eglise evangelique. Qui n’a pas de place se debrouille. En theorie, il y a cette fameuse loi qui garentit a tous un moyen de garde des un an. En pratique, il y a une penerie de place et de personnel. Nous avons obtenu une place pour notre fils dans une Kita evengelique. Le directeur de cette Kita fixe volontairement des quotas pour garentir une grande mixite culturelle. Et Mon fils a des copains/ copines de tous horizons. L’annee derniere, il y a eu de tres gros problemes avec un enfant pour lequel la Kita a du prendre des dispositions speciales et cet enfant etait allemand- allemand, fils de notables, comme quoi… Pour ma fille, nous avons obtenu par miracle une place dans la Kita partenaire cette fois parce que la directrice avait un bon feeling avec nous. Cette fois changement de decor: cette Kita prend en priorite les fideles de son eglise, alors moins de mixite culturel…

    1. J’ai l’impression qu’au niveau des KiTas les systèmes d’accueil sont très variables selon les villes… En revanche je croyais que l’obligation d’accueil pour les enfants d’un an valait pour tout le pays ?! Théoriquement si elle n’est pas respectée je crois qu’on peut faire un procès à la municipalité – même si évidemment, peu le font.

      1. Ce droit opposable, parlons- en. Ce n’est pas si compliqué d’aller devant le juge, surtout que les assurances légales sont très courantes ici, mais est- ce que c’est efficace?

        J’ai une amie allemande mais qui avait récemment emménagé, dont la fille de 4 ans a été « oubliée » . Et pourtant, elle est mère célibataire, donc sensée être prioritaire. Elle a bien sûr été se plaindre à la Mairie. On lui a répondu qu’elle pouvait porter plainte si elle voulait, qu’ils avaient déjà 100 plaintes de famille contre eux devant le juge, mais quoi faire « y a pas de place, y a pas de place, qu’ils veulent bien construire d’autres Kita mais qu’ils leurs manquent déjà du personnel pour celles ouvertes ». Finalement, elle a trouvé une place dans le privé grâce à une relation.
        J’ai une autre amie qui allant se renseigner pour savoir où en était sa demande de crèche faite alors qu’elle était enceinte, s’est vu rétorquée qu’elle était la 659 ème sur la liste d’attente!!!! ».

        Mais la ville où j’habite est un cas particulier, beaucoup de familles type classe moyenne viennent s’y installer pour profiter d’un immobilier « un peu plus abordable et bien connectée à une grosse agglomération. Ici, je dirais que les inégalités se font pas par rapport au porte- monnaie (les Kitas public comme privé coûtent toute 390 eur par mois) mais plutôt sur les relations des parents et s’ils se bougent ou pas pour leurs enfants. Au final, les critères d’admission se font sur des critères très subjectifs et si on ne se déplace pas pour rencontrer le directeur en personne, on est sûr de rien avoir.

        Il n’y a pas que les infrastructures scolaires qui peinent à suivre. Mon pédiatre n’accepte plus aucun nouveau patient (et pourtant, il y est tenu de par la loi, je crois).

        La théorie et la pratique…

        1. C’est incroyable ! Ici une famille a porté plainte l’an passé et a eu gain de cause, ça a fait beaucoup de bruit dans les journaux locaux. Je crois que la mairie a dû indemniser la famille pour la perte du salaire de la mère même si en l’occurence je ne suis pas sûre de l’information…

  12. Merci pour cet article, qui vise très juste. Non ce n’est pas mieux comme cela, je le pense profondément. Je ne sais pas en Allemagne mais en France le racisme est je trouve de plus en plus général, intégré. Et la non mixité, dès l’enfance, construit ce racisme structurel. Je n’ai pas eu une education scolaire de prestige, j’ai fréquenté un collège et lycee zep qui m’a certainement donné une autre approche des quartiers et de leurs habitants. Quand je vois des amis qui n’ont que méfiance, ou des collègues envoyer leurs enfants en privé par «precaution», par peur sans même savoir, je comprends que j’ai eu là un fondement qui n’est pas rattrapable. Ce n’est pas la solution à tout, et je comprends tout a fait tes peurs de maman. Et je vois bien que la société m’a tout de même éloigné après le lycée, car la non mixité est aussi partout ailleurs. Cet état des choses donne profondément aux enfants (des deux côtés) l’idée de deux mondes parallèles, et le respect et l’acceptation, l’intégration ne vient que dans le partage non? Tu touches juste, les politiques de mixité devraient vraiment être revues.

    1. Je suis en effet persuadée que c’est la racine de nombreux maux. De l’ignorance nait la peur et c’est vraiment ce que j’ai ressenti en visitant les établissements qui accueillent les enfants plus en difficulté : j’étais mal à l’aise, j’avais un peu peur, mais je ne savais même pas de quoi concrètement : sans doute seulement de confronter mes enfants à un monde que moi même je n’ai jamais connu.

  13. Comme je te comprends… Mes enfants sont en école publique ici en France… Et nous sommes dans un quartier très mixte socialement parlant. L’école prend également en charge les enfants d’un foyer d’accueil voisin et il y a une classe ULIS (enfants en grande difficulté – scolaire, sociale ou comportementale)… Bref, mes enfants sont confrontés à pas mal de difficultés mais clairement, ils en ressortent grandis, plus matures… Je me pose souvent la question, car clairement, beaucoup de parents aisés du secteur ont fait le choix de l’école privée…
    Ce qui me rassure ce sont les parents qui font le chemin inverse. Je me dis que tout n’est pas perdu…
    Bref, tout ça pour dire que la frontière entre nos idéaux humanistes et le bonheur (très égoiste) que l’on souhaite pour nos enfants est souvent très mince !

    Virginie

    1. Ca me rassure de lire les commentaires de mamans qui ont fait ce choix comme toi, je me dis alors aussi qu’il reste de l’espoir finalement 🙂 .

  14. Voilà a nouveau un article audacieux!
    J’aurai sans doute choisi comme vous (même si vous n’avez pas choisi). On cherche aussi a maximiser le potentiel de nos enfant,leur offrir les meilleures chances y compris si ça passe par des écoles privées…
    Pour mon ainé,il est dans une école maternelle à taille humaine ( 2 classes par section). Mais dès la visite j’ai été interloqué par les parents (beaucoup de jogging et pull Lacoste). A la réunion de rentrée nous étions 4 parents pour une classe de 27. Le brassage culturel est important,des enfants d’origines culurelles différente (dont certains ne parlent pas français), d’origine sociale différente également et des enfants handicapés. J’avoue que je ne me trouve pas vraiment de points communs avec les autres parents. Deux sections donc,une monolingue et une bilingue. Nous avons choisi d’inscrire notre ainé en monolingue vu que je baragouine à peine l’allemand (et lui a peine le français). N’empêche que les enfants du bilingue sont déjà d’un autre milieu. C’est une réalité. Une copine m’a confirmé hier que lesnparnets inscrivaient les enfants en bilingue pour être sûr d’être dans une « bonne classe ».
    Quand au petit il est dans une crèche qui accueille des enfants handicapés (il y a d’ailleurs les petits camarades trisomiques de Putois).C’est un autre brassage. C’est un pour sa localisation que nous avons choisi cette structure mais au final on est super content. La.prise en charge est personnalisé,le personnel est hyper ouvert et j’espère que ça donnera à Malo cette ouverture sur l’autre.

    1. Je suis une blogueuse qui ose tout moi madame (sauf les mouchoirs sales qui trainent sur Instagram) 😉 . Les langues étrangères c’est clairement dès le début un moyen d’influencer les parcours malheureusement… Quant à la mixité rapportée au handicap j’aurais aussi pu en parler, car un établissement de notre liste était très engagé dans ce secteur. Mais je crois pour le coup qu’elle a définitivement meilleure presse et tu le confirmes avec ton expérience.

  15. J’ai grandi comme toi dans des écoles catholiques. D’abord en pleine campagne donc avec un peu plus de mixité sociale puis au lycée en ville où même moi qui venait de ce monde me suis pris une bonne claque au milieu de ces filles et fils de médecin, notaire, grand agriculteur, etc. D’ailleurs, avec une copine qui venait de classe moyenne comme moi, on s’était donné comme surnom « ma petite merde » tellement notre intégration a été difficile la première année (bon, ensuite, j’y ai quand même vécu de très bonnes années ^^). Mon mari a tout fait en ZEP. Alors aujourd’hui, on est un peu sur un choc des cultures… Contrairement à toi, même si j’ai presque honte de l’écrire, je n’aurais pas pu mettre ma fille dans une école type ZEP ou s’en rapprochant (alors que mon mari oui). Je t’en félicite d’ailleurs d’avoir fait ce pas et ce que tu décris et finalement malheureux car on ne favorise vraiment pas cette mixité. Finalement, nous n’aurons pas de choix à faire tout de suite de notre côté. On vit dans un village où l’école est fréquentée sans trop de différence sociale donc je pense que chacun peut y trouver sa place.
    Je suis finalement contente de lire que vous êtes satisfaits de l’attribution qui vous a été faite. Du coup, la KiTa est bilingue Allemand / Anglais?

    1. Non en fait notre KiTa accueille des enfants qui parlent tous deux langues à la maison, quelle que soit la deuxième langue 🙂 . Et les parents (c’est une crèche parentale) sont un peu tenus de proposer des activités liées à leur culture (je sens que je vais faire des galettes tous les mois de janvier). Mon mari était aussi plus convaincu que moi concernant les établissements moins huppés, c’est lui qui avait aidé à me convaincre…

  16. Non, ce n’est pas mieux comme ça ! Mais la mixité sociale doit rester de la mixité et j’avoue avoir reculé devant un centre aéré où les enfants étaient tous, je dis bien tous, d’origine africaine ou maghrébine. Ce n’est pas de la mixité ! Les établissements dont tu parles devraient peut-être ne pas systématiquement refuser les enfants « plus favorisés ». Mon fils ainé, qui a grandi dans une jolie petite école de quartier, est revenu perplexe de son premier jour au collège « Maman, ils ne sont pas comme nous ! ». Je pense néanmoins que tes fils auront, plus que toi, l’occasion de rencontrer des gens d’autres milieux, d’autres cultures, les choses ayant évolué en une génération. PS Je pense avoir deviné le prénom de ton cadet mais je me demande bien comment on le prononce « à l’allemande » !

    1. On ne le prononce pas à l’allemande, on le prononce à la française et les allemands gelèrent un peu 😉 . Ce qui m’a un peu dérangée concernant les établissements plus éloignés, c’est la traduction des panneaux d’affichage. Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée qui favorise l’intégration et l’apprentissage de l’allemand.

  17. Merci pour cet article ! Quand je vois ce qui se passe dans les autres pays, je rale moins sur la situation ici en Autriche (Salzburg) : pas de creche publique, pas de garde d’enfant publique avant 3 ans, pour la raison essentielle que confier son enfant avant 3 ans, c’est mal. Donc creche privee pour nous, qui avons les moyens (400€/mois pour 35 heures). Mais justement, quand on gagne autour de 1000€, qui peut se permettre d’avoir un enfant et de s’arreter de travailler pendant 3 ans, ou de degager 40% de son revenu en garde d’enfant? Peu de gens, donc la population vieillit… A partir de 3 ans (revolus a la rentree de septembre) on peut mettre son enfant en Kindergarten, ou pour le coup les criteres nous etaient tres favorables : d’abord les freres et soeurs de ceux qui y sont deja, puis les parents travaillant tous les deux a plein temps, puis les mi-temps, puis le reste. Pas de critere de revenu. En revanche, on doit fournir des horaires de travail, et l’enfant n’est garde que jusqu’a une demi heure apres le travail, et en conge mat’, on recupere son enfant a midi. Quand on a 3 enfants, on est donc prie d’emmener les trois faire les courses… ou deux enfants et un nourrisson, on a 4 heures par jour seule avec un nourrisson pour faire tourner la maison… Je trouve ca tres dur comme message qu’on envoie aux meres de famille (et concretement assez difficile a gerer)

    1. Finalement ça ressemble beaucoup au modèle allemand « d’avant ». Je ne sais pas quand les choses ont changé mais heureusement les enfants sont désormais accueillis dès un an. En revanche pour les horaires ça reste compliqué aussi : je n’en ai pas parlé mais il faut bien justifier pour avoir droit à 45 heures – ou avoir de la chance et c’est notre cas, ouf !

  18. Je me reconnais complètement dans ton ambivalence. Ici, je ne me pose pas beaucoup de questions : l’établissement que je privilégie est l’établissement le plus proche de chez moi. C’est ce que mes parents ont appliqué également quand j’étais enfant. Et vu notre situation géographique, mes enfants ne seront ni dans les « ghettos » ni dans les quartiers huppés. Et ça me va très bien comme ça.

  19. Je comprends tout à fait ce choix assez cornélien ! On veut le meilleur pour ses enfants et parfois, c’est assez difficile de percevoir où se trouve réellement le meilleur finalement…

  20. Je travaille dans le social et mon entreprise prône la mixité sociale mais je suis d’accord avec toi que parfois les municipalités notamment les grandes villes, ne favorisent pas forcément cette mixité sociale. Je suis d’accord sur le fait que les enfants des milieux plus modestes aient un petit coup de pouce de la part des collectivités mais c’est clair que si il n’y a pas de mélange avec des enfants issus de foyers plus aisés notamment dans des crèches (on enlève ceux qui ont eu droit à un passe droit (j’en connais) ) la mixité sociale ne risque pas de prendre du tout malheureusement et c’est bien dommage. D’ailleurs, on savait quasiment d’office que notre demande en crèche publique serait refusée et ça n’a pas louper. Je suis surprise que les établissements dont tu parles il y ai des pancartes traduites en arabe, ça n’aide absolument pas l’enfant à s’intégrer dans son pays d’adoption et là encore ça creuse les clivages. Personnellement j’ai grandie dans un arrondissement de Paris ou la mixité sociale a bien fonctionner car le quartier ou j’habitais avait autant de logements sociaux que de logements privés et j’ai côtoyer des enfants qui étaient issus de milieux assez différents mais je sais que ce n’est pas forcément le cas partout. D’ailleurs là où j’habite actuellement, il y a des écoles où la mixité sociale n’est pas très flagrante et d’autres oui. D’ailleurs, avec mon mari on s’interroge si nous inscrivons notre fils en privé ou en public (j’avoue avoir regarder à la rentrée de septembre la composition des classes pour me faire une idée sur le projet du public ou du privé) car bon nous souhaitons qu’il puisse côtoyer des enfants de différents milieux mais ce n’est pas forcément chose facile. Je trouve ça bien que tes enfants aillent dans un établissement où ils pourront parler autant allemand que français.

    1. Au fond nous avons été naïfs, il était aussi quasiment évident que nos candidatures dans ces établissements seraient refusées. J’y ai été aussi surprise par ces pancartes traduites et n’y suis pas très favorable, j’imagine cependant que les éducateurs en ont eu marre que les consignes soient ignorées. Concernant la crèche où nous iront finalement, elle n’est pas bilingue français – allemand, ça aurait été trop beau. Elle accueille seulement en priorité les enfants qui parlent deux langues.

      1. Tu as sans doute raison au sujet des pancartes, c’est triste qu’il faille en arriver là car c’est un pas en arrière pour l’intégration des enfants issus de familles étrangères et c’est un signe que ces mêmes familles refusent de parler la langue de leur pays d’adoption. Alors je vais peut-être dire une bêtise (n’hésite pas à me rectifier) mais mon mari me disait que le français est une langue assez apprécié en Allemagne et que la langue est souvent enseigner dans les établissements scolaires allemands, d’où le fait que je pensais que c’était un établissement qui pratiquait le français et l’allemand pour tes enfants bilingues .

        1. C’est vrai que le français est très apprécié en Allemagne ! Mais on ne trouve pas tant d’expatriés ou de bilingues que ça dans ma petite ville malheureusement.

  21. De notre côté, nous avons choisi une kita confessionnelle qui met l’accent sur le brassage social, interculturel et… incroyable mais vrai, interconfesionnel! Je suis épatée par l’ouverture d’esprit des protestants allemands qui acceptent même des musulmans, et également par ces musulmans qui envoient leurs enfants dans une kita qui propose des cours d’initiation à la religion et des célébrations à l’église! Dans un groupe de 16 enfants la moitié ont des parents qui ne sont pas nés en Allemagne. L’ambiance dans la Kita est très sympathique. Berlin a mis en place une politique volontariste de « scolarisation » des plus jeunes en offrant la gratuité à partir d’un an et une place garantie à partir de cet âge. Un des objectifs est de permettre aux enfants dont les parents ne parlent pas allemand à la maison d’apprendre cette langue très tôt. Evidemment tout n’est pas parfait mais il y a une vraie ambition politique. Les listes d’attente dans les Kitas sont parfois très longues en revanche. Je peux comprendre tes préoccupations quant aux problématiques d’intégration mais je vois le problème pour ma part plutôt à partir de l’école primaire…

    1. Ce que tu décris fait vraiment rêver, c’est super ! Et je n’ai aucune idée encore de ce qui nous attend avec l’école allemande, je te dirai ça dans trois ans 🙂 .

  22. Ton article m’a interpellée parce que nous sommes actuellement en train de chercher une crèche pour notre petit qui va avoir un an en avril. Nous habitons en Suède depuis septembre dernier et nous découvrons le système. En fait, l’Etat est dans l’obligation d’offrir (gratuitement) au moins 15h de crèche pour les enfants à partir de 1 an (plus d’heure si les parents travaillent ou étudient). Nous avons fait des vœux en janvier et nous attendons la réponse des autorités en espérant qu’il aura bien une place à ses un ans (comme promis par la loi), parce qu’étant donné que les congés parentaux sont très avantageux (mais nous n’y avons pas droit puisque nous venons d’arriver…), il est quasiment impossible de trouver des babysitters ou des assmat etc. Je t’avoue que je ne me suis même pas posé la question de la mixité pour la crèche. Nous habitons dans une petite ville avec beaucoup d’immigrants venus de Somalie, principalement. Nous aussi nous sommes des immigrants… et nous parlons moins bien suédois que ces gens là ! Franchement je ne pense pas que cela puisse être un problème pour notre petit d’être entouré de gamins dont les parents ne viennent pas d’ici.

    1. C’est le paradoxe quand on est soi-même immigré de considérer les autres immigrés comme différents, je me suis fait la réflexion aussi 🙂 . Finalement de mon côté j’ai eu à réfléchir à tout ça à cause de cette liste de douze candidatures et des choix qui nous avions à faire mais si nous avions habité un autre quartier, cela aurait pu être plus simple : moins de choix, ou des établissements tous équivalents. J’espère en tout cas que vous aurez une place qui vous convient.

  23. Bonjour,

    Effectivement c’est une question complexe. Dans ma commune (ile de france), le choix est fait pour les crèches municipales (ou les places réservées par la mairie dans des crèches privées ou d’entreprise) de mélanger les enfants car les tarifs sont calculés sur le revenu quelque soit la crèche municipale où va l’enfant.

    De mon côté ma puce va en école publique, qui nous avons de la chance est très mixte. Et puis dans ma ville (pourtant une grande ville) il y a une petite école privée qui dépend du diocèse catholique, et une école musulmane qui vient d’ouvrir (donc pas tous les niveaux) et qui est hors contrat pour le moment.

    J’ai fait tout ma scolarité dans le public. Au lycée je suis allée dans la ville un peu plus hupée d’à côté pour avoir une option bien spécifique. Et bien j’ai senti quelques changements, mais finalement je crois pouvoir dire que je me suis plutôt intégrée. Comme dit plus haut dans un autre commentaire, j’ai cotoyé des gens de partout dés toute petite et ça amène un bagage intéressant.

    Pour ma fille je la mettrais dans le public tant que cela ne risquera pas de lui fermer des portes, et tant que tout se passera bien…. dans ma ville les collèges semblent être un peu laissés à l’abandon par le département. Ma mère est institutrice en REP (on ne dit plus ZEP, on est passé de zone à réseau d’éducation prioritaire), et le quartier manque de mixité sociale. Forcément ça n’aide pas, et là ce n’est pas seulement l’école qui est en jeu mais le type d’habitat et de population, qui malgré les arrivées et départs n’évolue pas ( la population).

    En tout cas entre nos idéaux et ce que l’on fait réellement il y a souvent une différence car nous voulons ce qu’il y a de mieux pour nos enfants.

    En tout cas c’est top si vos 2 bouts de choux sont tout les deux dans le même établissement.

    Belle journée.

    1. Merci pour ton témoignage intéressant (on voit que j’ai quitté la France depuis trop longtemps, je ne connaissais pas les REP !). J’aimerais aussi que mes fils aient un bagage varié, des rencontres différentes, mais on verra ce que la vie nous donne comme possibilités, on ne fait pas toujours ce qu’on veut malheureusement !

  24. Ce sujet est passionnant mais je le demande s’il y a vraiment une bonne réponse à la mixité sociale. Je suis issue de l’école publique, depuis la maternelle jusqu’au lycée. Mais dans mon tout petit village, on ne peut pas vraiment parler de mixité sociale ! Mon mari lui, issu d’une grande ville, a fait toute sa scolarité dans des établissements privés- et a adoré. Ça a tout de suite été un sujet de divergences entre nous : penses tu, moi enseignante dans le public, comment pourrais-je renier tous mes idéaux et mettre mes enfants dans le privé, comme si le public c’était bien, mais pour les autres ?
    Pour moi cette histoire de mixité sociale c’est vraiment le serpent qui se mort la queue. Le problème c’est que tout est fait pour que tu puisses « contourner le système », même dans le public, et souvent ce sont même les directeurs d’établissements qui te disent comment faire !!! Pour moi, à partir de ce constat, et tant qu’il y aura ce genre de possibilité, la mixité sociale, la vraie je veux dire, sans que personne ne se sente « en minorité », n’aura pas lieu. On aura beau avoir les idéaux que l’on veut, on veut aussi que nos enfants ne soient pas tirés vers le bas ou baignés dans un climat de violence – même si c’est cliché.
    Enfin je dis ça et j’ai travaillé dans de véritables établissements mixtes dans lesquels je mettrai mes enfants les yeux fermés. Mais cela dépend tellement de l’équipe ! Et ça pour les parents c’est difficile à savoir – si l’équipe est bien, tant qu’on n’a pas essayé. A contrario j’ai enseigné dans des établissements pas classés rep et pourtant c’était affreux.
    Au final Louis est dans une école publique mais bilingue. C’est le compromis qu’on a trouvé avec mon mari. Mais je suis contente, il y a de « tout » dans sa classe – même si le niveau social me semble tout de même assez élevé globalement. Ce qui est surtout cool c’est qu’il y a retrouvé pas mal de ses copains de crèche- alors que les autres années ils allaient quasi tous dans le privé.
    Bref, le sujet est passionnant ; je me demande comment cela se passe ensuite en Allemagne après 6 ans ? J’avais souvenir qu’ils étaient tout de même champions de la mixité et de l’intégration, ça le rend presque triste ce système- même si on est d’accord, c’est top que vous ayez eu ces deux places dans le même établissement et près de chez vous !!

    1. Merci pour ton témoignage « de l’intérieur », c’est très intéressant. J’ai aussi été très heureuse dans le privé donc je comprends un peu ton mari 🙂 . Finalement avec les classes bilingues et ce genre de choix d’option, je crois qu’on a un mix entre public et privé exclusif… Je n’ai pas encore bien compris comment fonctionne le système scolaire allemand surtout que, comme tout ici, c’est géré localement. Mais je crois en effet qu’il est quand même bien plus favorable à la mixité sociale que le système français, déjà parce que le privé n’existe pas. Enfin au moins jusqu’à 11 ans puisqu’à partir de là il existe des établissements de niveaux, et pas de collège unique (c’est la différence fondamentale je crois). En revanche je ne sais pas s’il y a une carte scolaire ou un truc de ce genre… Bref, je vous raconterai ça dans trois ans 🙂 .

  25. Sujet très intéressant !
    Mes enfants sont « bronzés » comme tu l’écris car nous sommes un couple franco-africain. À la maison, nos enfants entendent 2 langues mais ne parlent et comprennent que le français. Ce sont aussi 2 religions qui cohabitent et je pense que tout cela est une vraie richesse pour nous et pour les autres. On vit en Outremer ce qui rajoute encore de la diversité. Avec du recul, il me semble impossible d’élever mes enfants dans un monde « blanc », chrétien-catho, francophone, bourgeois (même si je suis moi même blanche, chrétienne mais pas bourgeoise ).
    Voilà, j’espère que ce que j’écris n’est pas choquant car ce n’est pas le but.
    Pour finir, j’espère que tes enfants s’epanouiront dans cette kita. Ils ont eux-mêmes la chance de grandir dans une double culture.

    1. Oh non ce n’est pas choquant ! Tes enfants ont de la chance d’être bronzés, au delà du fait que c’est joli, c’est la double culture incarnée 😉 .

  26. … Ohlala c’est un sujet qui me passionne/m’attriste tellement, je pourrais en parler des heures … J’ai lu tous les commentaires, encore une fois je ne peux que te féliciter et te remercier d’avoir lancer une telle discussion!

    C’est un des points où on est différentes l’une de l’autre. J’ai fait toute ma scolarité en ZEP et je suis persuadée que ça m’a offert une ouverture sur le monde que je n’aurais pas gagnée dans le privé. Je sais que ça peut se trouver autrement; plus je te lis, plus je suis sûre que tu as réussi à trouvé la tienne ailleurs; mon mec a fait toute sa scolarité dans le privé aussi et au final il s’en est bien sorti 🙂 Je voulais cependant à tout pris que mon fils ait cette occasion, j’ai convaincu son père sans difficulté et nous avons dit non à la Kita franco-allemande dans laquelle on nous proposait une place sans qu’on ait rien demandé (ces histoires d’attribution de places sont décidément fascinants). J’y ai cependant beaucoup plus réfléchi que je ne l’aurais voulu: parce que l’offre pédagogique y est bien plus convaincante, parce le taux d’encadrement y est meilleur, même les repas y sont de plus grande qualité mais c’était plus fort que moi, je trouvais ça fou que mon fils soit en collectivité sans petits qui parlent turc dans un quartier comme le nôtre, il va à la grosse Kita municipale. Je me félicite certainement un peu trop de participer à la mixité sociale alors que soyons claires, là tout va bien mais je retournerais ma chemise si je juge qu’il ne s’y épanouit pas et de toutes façons j’oublierai mes principes si il a une place en Europaschule dans quelques années. C’est un système public qui je crois n’existe qu’ici où les enfants bilingues profitent d’un enseignement bilingue dès la primaire. On a la chance d’avoir une école qui a une classe française à côté de chez nous et je trouverai ça dommage de ne pas en profiter. C’est public, je suis ravie, ça colle avec mes principes sauf que je sais bien que tellement d’aménagements y sont faits pour les enfants bilingues qu’on ne peut plus vraiment parler de mixité sociale. Si tout va bien il apprendra donc à lire et à écrire dans ses deux langues maternelles et ça voudra dire qu’il fera sa scolarité avec des gosses comme lui : des gosses de parents expats, qui ont souvent étudié, qui ont souvent les mêmes idées. Je me rassure comme je peux en me disant qu’il gardera des copains de la Kita, qu’il aura les activités extrascolaires, que je l’enverrai en colo et surtout qu’au final, il ne faut pas trop culpabiliser, c’est quand même légitime de vouloir mettre son enfant où l’on pense qu’il recevra l’enseignement/l’accueil qui lui est le mieux adapté

    A part ça, tu m’as l’air perplexe au sujet de ces informations traduites dans certaines Kitas que tu as visitées. Perso je trouve ça génial. Je m’explique : comme je le disais, j’ai fais ma scolarité en ZEP française, là où beaucoup de parents ne maîtrisaient pas le français et cela aurait été impensable. Puis j’ai travaillé dans un collège à Londres, dans un quartier où il y avait une grosse communauté latino. Toute la documentation était traduite pour les parents, les réunions interprétées, ils avaient du staff bilingue, le bilinguisme des élèves était accompagné et c’était super. Cela facilite peut-être la vie de certains parents qui n’apprennent pas la langue, ne les encourageant ainsi pas à s’y mettre. Mais honnêtement s’ils ne le font pas ce n’est
    pas que par manque d’envie parfois aussi par manque de moyens et puis je ne veux pas croire que ça fasse une grosse différence… La grosse différence, elle est pour les enfants dont les parents peuvent s’investir au sein de l’établissement, les enfants qui voient aussi ainsi leur bilinguisme valorisé et qui ne se retrouvent pas à devoir traduire/interpréter pour leur parents … Bref, je n’ai pas compté sur tout l’établissement mais un tiers des enfants du groupe de Milo parle turc à la maison et je trouve ça chouette que la Kita ne l’ignore pas… D’ailleurs s’ils ne parlaient pas turc/arabe/farsi mais anglais, je suis sure que cela ne choquerait pas grand monde que l’anglais soit très présent dans l’établissement et que beaucoup y verraient une opportunité pour leurs enfants. Je vois la longueur du commentaire je suis vraiment désolée. C’est un sujet sur lequel j’ai du mal à m’arrêter. J’ai encore envie de parler de la Rütli Schule à côté de chez moi qui attirent maintenant “les riches”, et puis des charter schools aux Etats Unis où les parents des banlieues chics emmènent leurs enfants dans les écoles pauvres des centres villes avant d’aller travailler mais je crois que vraiment il faut que je m’arrête là où je ne vais plus aller me coucher. Je suis en tout cas super contente que tu aies trouvé votre Kita. Au tout début de ton article j’ai eu peur que ça finisse en histoire d’horreur où tu allais te retrouver à déposer les deux dans des kitas différentes. Ouf non ! Et tu as profité de l’occasion pour t’exprimer sur une question importante et encourager d’autres à faire de même. Encore une fois bravo et merci ! Et j’ai hâte que tu nous en dises plus sur votre Kita.. J’ai plusieurs amis qui sont dans des Elterninitiative, tout le monde en est ravi et ce concept avec des enfants bilingues parlant plusieurs langues différentes m’a l’air super intéressant., je me pose déjà 1000 questions sur le fonctionnement !

    1. J’envie un peu le fait que vous ayez une Europaschule dans votre environnement ! Même si en effet je pense que ce ne sera pas la même chose en termes de mixité comme tu le dis l’école n’est pas le seul moyen de s’ouvrir à son environnement. Et puise ce sera une forme d’ouverture par ailleurs.
      Concernant cette histoire de traduction, tu sais que je travaille dans la fonction publique allemande et je me suis aussi opposée à la traduction de certains de nos services en anglais. J’ai au moins le mérite d’être cohérente, quelle que soit la langue concernée 😉 . Je pense vraiment que l’intégration passe par le langage. Mais je c’est une conviction personnelle, rien d’étayée sur de études ou quoique ce soit, je serais prête à me laisser convaincre si on me démontrait le contraire (et je suis par ailleurs pour le pluralisme linguistique : je trouverais ça dommage qu’un jour on ne parle plus qu’anglais en Allemagne).
      Enfin moi aussi j’ai hâte de connaître le fonctionnement de notre future crèche ! Je vous en reparlerai sûrement !

  27. Merci pour cet article plein de sincérité. Récemment je me disais que même si tout n’est pas si idyllique que ça nous avions de la chance d’habiter à Montreuil et particulièrement notre quartier qui a une vraie mixité sociale. Que ça allait forcément servir à Martin plus tard… Une collègue avait amené son petit fils au travail et il avait peur des noirs parce que dans le village où il vit il n’en a jamais vu… Nous on aura pas trop cette peur avec le foyer de travailleurs à côté de la maison… Dans la classe de Martin il y a diverses origines (africaines, magrébines, indienne, turque) mais aussi du bobo AOP. Avec notre blondinet et notre situation classe moyenne on a été content de voir qu’il y avait de la mixité (ne serais-ce que parce que dans certaine classe de petite section de là où je travaille beaucoup d’enfant (parfois 1/3 de la classe) ,ne parlent pas français à la rentrée… Dur dur pour l’instit de pouvoir s’adapter à ceux qui parlent déjà très bien et ces enfants non francophones. J’aurais eu peur qu’il « prenne du retard » le temps que les enfants apprennent le Français… Je pense qu’arrivé à un certain âge, la majorité du temps on se retrouve « entre soi » socialement (et pas ethniquement forcément) mais savoir qu’il existe d’autre culture et que notre classe sociale n’est pas la seule est un atout pour l’ouverture d’esprit. Ils pourront bien le voir, l’apprendre avec vous sans forcément devoir être sur les mêmes bancs de KiTa. Le square est aussi un super lieu d’apprentissage.
    On l’a partagé sur un mamaclics cet été mais ce témoignage est assez intéressant justement pour les contradictions politiques et éducatives. Il m’avait déjà fait m’interroger à l’époque de sa sortie.
    https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-rue89-culture/20151213.RUE1602/ecole-privee-ou-publique-une-bobo-face-a-ses-contradictions.html
    En tout cas d’un point de vu pratique c’est super d’avoir 2 places dans la même KiTa, parce que je ne te cache pas que j’appréhende la course de l’année prochaine entre la sortie d’école et la sortie de garde…

    1. C’est clair que pour les trois prochaines années je vais optimiser mon temps de transport, ouf ! C’est intéressant ce que tu dis sur l’entre-soi sociologique qui se confirme dans le temps je n’y avais jamais pensé mais ce n’est pas faux. En Allemagne le niveau de langue est contrôlé avant la rentrée (à six ans) et si nécessaire les enfants doivent suivre un cursus spécial pour se mettre à niveau.

  28. Chez nous, c’est un peu l’inverse! Purs produits de ZEP, nous avons du mal à imaginer que nos enfants ne seront pas à l’école avec des enfants de partout.. Car oui, en rase campagne,il n’y a rien à choisir… Et c’est dommage, car je n’ai (presque) que de bons souvenirs et qu’à l’âge où je n’ai plus cru au Père Noël, j’étais rassurée de savoir qu’il y aurait toujours des makrouds au Ramadan!! 🙂

  29. Le soucis des ZEP est que souvent l’équipe pédagogique n’a pas assez d’aide et de financement de la part de l’état donc les progrès se font aux ralentis, et certaines familles ne sont pas ouvert aux « progrès ». Ils vivent dans leur bulle, leur quartier et avec leur vocabulaire. Donc tu peux faire 15 000 efforts et avoir 15 000 convictions différentes pour ton enfant, si il est en ZEP parfois il ne progressera pas comme tu le voudras. Et ce constat je l’ai vécu…

    J’ai été parent déléguée d’élève durant 3 ans dans l’ancienne école maternelle de mon fils qui était ZEP. L’équipe pédagogique se défonçait mais face à certains parents se retrouvait face à un mur.

    Moi en tant que Maman, j’entendais toutes sortes d’insultes dans les couloirs, venant de la part d’adultes. Leur façon de parler.
    Mais va expliquer à ton enfant que « Sale truie » ou « Va t’faire en…. » ne se dit pas quand il entend cela toute la journée de la bouche d’enfants ou des parents à l’heure des parents ?
    Va Lui expliquer que les papiers se jettent dans une poubelle quand à la sortie d’école il voit des parents jeter les papiers à même le sol ou les enterrer dans les branches des arbres ?

    Avec le Papa, nous avons décidé de le changer d’école pour le mettre dans le privé, et c’est le jour et la nuit…

    Son comportement a radicalement changé ainsi que sa façon de parler. Je n’ai plus à me « battre » avec Lui pour l’empêcher de répéter les mots qu’il entendait à l’école.

    Donc oui, c’est payant. Mais cela en vaut la peine… Il continuera sa scolarité dans le privé. Et rien ne me fera changer d’avis.

    1. Je comprends et je dois dire que je suis heureuse que mes parents aient fait ce choix pour moi à l’époque, cela m’a sans doute aidée pour mon avenir.

  30. Mais j’espère bien que tu vas nous raconter ! (tu me diras si tu veux des questions, je te prépare une liste :))

    Pour ce qui est de chez nous, je te dirais bien de convaincre Ulrich de déménager mais il n’y a pas de quoi être jalouse, c’est tellement branché ici maintenant que dans pas mal de cafés/restos on ne peut commander qu’en anglais ! Ca me rend folle et puis bon c’est une école primaire lambda avec un Zug français et apparemment plein de familles francophones qui emménagent ici pour y avoir une place alors rien n’est gagné :))

    Pour ce qui est de la langue, je ne doutais pas de ta cohérence à toi (tu sais que tu es pour moi la maîtresse intellectuelle de la blogomum, je n’en attendais pas moins ;)). Je tiens juste vraiment à souligner que je parle là de rendre service aux enfants, pas à leurs parents. (même si je n’ai perso rien contre le fait de rendre service à leurs parents mais c’est une toute autre question). Il s’agit là uniquement de montrer aux gosses que l’école est là pour eux, que leur langue maternelle est légitime, de la valoriser, de tout faire pour avoir la confiance et la coopération de leurs parents. Après la simple traduction de panneaux d’affichage en langue étrangère ne suffit pas mais c’est un pas comme un autre. Dans la Kita de Milo, il y a par exemple aussi aussi des cours de langue-goûter pour les parents tous les mardis, la possibilité de s’adresser à du personnel bilingue, des stadtteilmütter (mamans immigrées « modèles » rémunérées par la ville pour tenir des permanences, informer, traduire), des éducatrices formées sur l’apprentissage de la langue allemande, un taux d’encadrement plus élevé que la moyenne et beaucoup d’activités tournées sur le langage et des retraités bénévoles qui viennent lire des livres aux enfants.
    J’ai récemment assisté à une discussion où une maman turque qui ne parlait pas très bien allemand demandait des conseils à l’éducatrice spécialisée sur le langage parce que son fils de 3 ans parlait toujours turc et ne semblait pas apprendre l’allemand, fallait il qu’ils parlent allemand à la maison ? que pouvaient-ils faire ? Je ne suis pas sûre que cette discussion aurait eu lieu si la maman ne s’était pas sentie à l’aise à la Kita, et je suis convaincue que son petit en profitera. Mais trêve de convictions … je crois que toute la recherche actuelle va dans le même sens: pour intégrer des enfants, il faut s’assurer qu’ils se sentent à leur place à l’école et c’est compliqué quand on refuse de faire un pas vers leurs parents. Pour assurer qu’ils maîtrisent la langue de leur pays d’accueil, il faut investir pour les y aider mais il faut aussi qu’ils maîtrisent leur langue maternelle (la maîtrise d’une langue facilitant la maîtrise de l’autre) et c’est compliqué si ils n’entendent leur langue maternelle qu’à la maison dans des contextes informels et sont scotchés devant la télé en allemand parce que les parents pensent que c’est bon pour eux (le premier conseil de l’éduc à la maman c’était d’arrêter la télé et de mettre bouchée double sur le turc, lire un max de livres, etc.) … Je te laisse chercher si ça t’intéresse, il y a tellement d’expériences et de recherche sur le sujet, l’OCDE a aussi pas mal publié sur la question. Et si tu t’ennuies (as-tu encore du temps libre quand tu as fini de lire mes commentaires de 12 pages ? je suis tellement désolée … mais il n’y a vraiment je crois aucun sujet qui ne m’ait jamais autant passionnée), regarde ce qui s’est passé à l’école Rütli, la presse en a énormément parlé, les profs voulaient faire fermer l’école tellement la situation était catastrophique et maintenant les bobos du quartier demandent tous des dérogations pour y inscrire leurs enfants. Ils ont eu beaucoup de sous et mis en place tout un tas d’initiatives formidables (Rütliwear, la marque de sportswear designée par les ados de l’école et d’autres entreprises gérées par eux rien à voir mais <3), l'un des axes du projet était d'accorder une grande importance au turc et à l'arabe en y ouvrant les premières classes Europaschule pour ces langues là, en prenant du staff bilingue et en ouvrant l'école aux parents. Les résultats en l'espace de 10 ans sont impressionnants et me donnent un peu d'espoir.

  31. Nous en avons déjà parlé donc tu connais mon positionnement sur ce sujet. C’est un questionnement que je trouve extrêmement complexe et qui est pour nous, comme cela l’a visiblement également été pour vous, le premier qui met en opposition nos principes et nos choix de vie. Nous n’avons d’ailleurs toujours pas trouvé la solution optimale en ce qui concerne l’entrée en primaire de Poupette, et je sais que ce sujet induit beaucoup d’inquiétudes chez Mister F.

    1. Je crois que je serais paradoxalement encore plus inquiète en France, ici j’ai tendance dans l’ensemble à me laisser porter par ce système que je maîtrise mal… J’espère que vous trouverez la solution qui vous convient ! En tout cas n’ayez pas peur du privé, on peut aussi y trouver des gens très bien 😉 .

  32. Je trouve la question très intéressante ! J’ai été scolarisée en primaire dans une petite école de village sans grande mixité culturelle. Par contre le passage au collègue a été un peu un choc : j’étais dans un établissement déjà un peu « sensible » à l’époque et qui l’est encore plus aujourd’hui. Je dois bien avouer pourtant que la meilleure année que j’ai passé dans ce collège est celle que j’ai passé dans une classe où la plupart des élèves venait de milieu très défavorisés.
    J’ai ensuite rejoint des établissements beaucoup plus élitistes au lycée et après.
    Pour autant j’ai le sentiment (à tord ou à raison, je ne sais pas) que les choses sont plus compliquées aujourd’hui, que certaines tensions sont plus présentes et les différences exacerbées. Pour l’instant la question ne s’est pas présentée pour nous car nous sommes à la campagne et la crèche de la Biscotte est une toute petite structure avec des gens de tous niveaux sociaux. Il en sera de même pour l’école. Mais même si je n’en suis pas fière, je crois quand même que je préfèrerais voir mes enfants aller dans des établissements de bonne réputation, même si cela doit se faire au prix de moins de diversité culturelle. J’espère que nous saurons compenser ce manque par une éducation ouverte !

    1. C’est intéressant de lire que, malgré ton expérience très variée, tu aurais cette préférence pour ta fille. Mais tu as peut-être raison, peut-être que la situation de certains établissements s’est encore dégradée malheureusement.

  33. J’arrive un peu après la bataille pour réagir sur cette question de la langue et de l’intégration. Je pense que l’intégration peut passer par l’apprentissage de la langue, mais ça n’en est qu’un aspect et ce n’est qu’une façon de penser l’intégration. Beaucoup de pays ont plusieurs langues officielles (la Suisse, la Belgique) ou parlées couramment par une grande partie de la population (l’Inde), et certains pays n’ont aucune langue officielle (les Etats-Unis, où il est même possible de voter en chinois). Peut-on pourtant dire qu’ils manquent d’unité nationale? L’intégration par la langue n’est donc pas la norme, traduire les affichages en une autre langue peut aussi permettre l’intégration, en permettant aux gens de participer à la vie en société même s’ils n’ont (pas encore) appris l’allemand. Et c’est beaucoup plus motivant d’apprendre une langue quand on se sent connecté à sa société.

    1. Bon bon vous êtes toutes contre moi 😉 . J’y pensais hier soir et je suis désolée, mais j’ai quand même du mal à en démordre… Est-ce que c’est un réflex primaire d’expatriée qui a galéré pour apprendre l’allemand et veut soumettre tous les autres au même calvaire ? Peut-être… Cela dit je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi : la Belgique manque clairement d’unité nationale par exemple, et la langue cristallise ces tensions. Par ailleurs je connais quand même un paquet d’expatriés qui, parce que les allemands font de plus en plus l’effort d’offrir des services en anglais, ne font pas l’effort eux-mêmes d’apprendre l’allemand. Et je trouve ça vraiment dommage. Après je ne dis pas qu’il faut une attitude fermée, je suis par exemple ultra favorable aux cours d’allemand gratuits, aux tandems, toute ces mesures d’aide qu’une autre lectrice a évoqué. Mais la simple traduction de toute la communication écrite ne me satisfait pas.

  34. l’attribution des places en crèches en France est beaucoup plus politique.
    en effet selon si la mairie est de droite de gauche ou communiste tu auras une chance d’avoir une place en crèche publique selon des critères foireux:
    vu que j’habite un quartier bourgeois, je ne pourrais avoir de place en crèche car c’est 0 point (zep:2 points quartier mixte:1 point).
    je travaille à 80% c’est 0.25 point. je vis avec mon conjoint qui travaille à 100 % c’est 0 point.
    et dernier critère wtf pour un 0 pointé : je suis propriétaire d’une maison…
    soit un total de 0.25 sur 5…il reste la creche privée

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