Devenir un garçon

Devenir un garçon

Au printemps dernier, j’avais lu dans un livre que les enfants commençaient à saisir la différence entre fille et garçon vers deux ans et demi et que cela pouvait, devait même être l’occasion d’une première « mise au point explicative ». A l’époque, Pierre avait deux ans et demi justement et je m’étais dit : « N’importe quoi, c’est encore bien trop tôt ! ». Ce livre avait pourtant bien raison. Et puisque je ne savais rien de plus « théoriquement », c’est un sujet que j’ai dû défricher à l’instinct.

Pierre a commencé par spontanément classer toutes les personnes qui nous entouraient en deux catégories : les filles et les garçons, les papas et les mamans, les monsieurs et les dames. C’est  généralement désormais le premier commentaire qu’il fait quand il rencontre quelqu’un – à voix haute, ce qui induit aussi son lot d’erreurs gênantes.

Un jour il est rentré de la crèche et il m’a dit : « Maman elle n’a pas de zizi ». En effet… Après quoi il a poursuivi : « Tu peux me montrer ? ». Panique à bord, j’ai remué ciel et terre pour dénicher une petite illustration adaptée – je n’avais pas très envie de jouer les modèles. J’ai finalement trouvé notre bonheur dans le livre « Le corps » de l’imagerie des tout-petits que je vous recommande d’ailleurs. Un croquis bien suffisant pour lui expliquer que les petites filles avaient un « petit trou », tout simplement. J’ai ensuite appris, dans un numéro de l’émission « Les maternelles » dédié à ce sujet, qu’il valait mieux employer les vrais mots : « pénis » et « vagin » donc. Je ne me souviens plus vraiment pourquoi mais à vrai dire je n’y arrive pas…

Et puis il y a eu ma grossesse qui a soulevé une vague de questionnements, forcément. Un soir en se couchant, observant son ventre gonflé de soupe Pierre m’a dit : « Moi aussi maman, j’ai un bébé dans mon ventre ». J’ai trouvé juste de lui expliquer que c’était impossible, qu’un jour peut-être il serait papa mais qu’il ne pourrait pas être maman. Quelques mois plus tard je l’ai surpris avec amusement en train de tirer sur ses tétons pour en extraire du lait. J’ai essayé de lui expliquer que ça n’arriverait pas non plus, parce qu’il était un garçon. Et j’ai eu l’impression qu’il avait bien compris.

Pierre semble donc avoir désormais acquis qu’il est un garçon, et ce que cela signifie – dans les grandes lignes évidemment. Mais qu’est ce que ça signifie justement ? Est-ce qu’on peut, est-ce qu’on doit vraiment en rester aux différences physiologiques ? En ce moment cette question revient souvent dans notre maison. J’ai lu beaucoup d’articles de mamans de petites filles faisant leurs achats au rayon garçon. Une petite fille en motifs de super héros, c’est déjà une demie-révolution… Et un garçon en robe et avec des barrettes, on en parle ?

J’adore me maquiller, vous le savez déjà je crois. Alors, forcément, tous les matins, Pierre m’observe faire. J’aimais aussi regarder ma maman faire ces gestes chaque matin. Il m’observe donc, et ce qui devait arriver arriva : il veut le faire aussi. « Maman je peux me maquiller ? » Ca tourne à fond dans ma tête. Je me dis qu’il n’y a pas de raison de dire non. Que les animateurs télé eux aussi, sont maquillés. Qu’au fond de moi je suis persuadée que cette tendance va s’étendre, qu’un jour les hommes aussi se maquilleront. Et puis d’un autre côté je me dis que si ses camarades de crèche s’en rendent compte, ils vont se moquer. Ou prendre sa maman pour une folle. Alors que Mia elle, elle vient chaque semaine avec du vernis à ongles, non ? J’ai finalement choisi la facilité : je lui ai prêté mon fond de teint et mon baume pour les lèvres. Du transparent, de l’invisible – et du bio en plus. De quoi tout concilier.

Acte II. A table un soir au milieu de la soupe : « Maman elle a les doigts bleus ». Comprendre : maman a encore fait des folies avec ses ongles. « Moi aussi je veux avoir les doigts bleus ! » Son père : « Ben non c’est que pour les femmes ». Bam ! J’essaie de rectifier en mode maman ultra moderne : « Oh, euh, ben, pourquoi pas… quand tu seras grand ? Pour une fête…? ».

Acte III. Nous souhaitons lui acheter de nouvelles bottes de pluie. Il jette son dévolu sur un modèle orange – une couleur neutre, youpi ! – mais à pois – mais qui s’appelle « Lucy ». On fait quoi ? En l’occurence je dois dire que je ne les trouve pas jolies… Alors j’essaie en douceur de le convaincre de prendre plutôt les jaunes, sans motifs : « Parce qu’elles iront mieux avec ton blouson, voyons ! ».

C’est un sujet sur lequel je m’interroge sincèrement. Je suis mal à l’aise d’interdire à mon fils quoique ce soit sous prétexte que ce serait « pour les filles ». Concernant les couleurs, la longueur des cheveux, je peux trouver une explication rationnelle : on a distribué ces codes pour identifier au premier regard le sexe d’un individu. Etant donné qu’on ne se renifle plus les fesses comme les chiens, cela a peut-être en effet une utilité. Concernant le maquillage, toute autre activité – la couture, la danse classique ? – ou – encore pire – le fait d’exprimer ses sentiments ou de pleurer, je trouve ça en revanche juste absurde. Pourquoi ce serait interdit aux garçons ?

D’un autre côté, sa crèche est fréquentée par des enfants ayant jusqu’à six ans. Imaginer qu’on puisse se moquer de lui, de sa naïveté sur ces sujets, me troue le coeur. Nous ne vivons a fortiori pas dans une très grande ville comme Paris, où croiser l’extravagance dans le métro est quotidien. Je pourrais choisir d’attendre, qu’il comprenne de lui même, ou qu’un autre lui explique plus ou moins gentiement. Mais j’ai aussi l’impression que c’est à moi de le protéger, de lui apprendre. Finalement je dois peut-être lui dire ma vérité, tout simplement. Lui dire que si cela lui plait il a le droit de porter ou de faire à peu près tout ce qu’il veut, en fait. Mais que dans notre société il y a des choses que les hommes ou les femmes font habituellement, et que faire différemment, ça peut provoquer des réactions, plus ou moins bienveillantes.

Et vous le sexe, le genre, vos bambins, tout ça… vous en êtes où exactement ?

63 réactions au sujet de « Devenir un garçon »

  1. Je me pose souvent cette question aussi c’est rigolo.
    Number 1 a la phobie du coiffeur et longtemps il a eu les cheveux longs (moins longs que ceux d’un de ses copains de crèche, justement, mais suffisamment pour que sa mèche l’embête tant qu’on a fini par y mettre… une barrette dorée ! pourquoi pas me suis dit hein ? Julien Doré s’est bien fait connaître comme ça ! Et puis c’était juste PRATIQUE). Les réactions des adultes ont été plus bêtes que celles de ses petits copains mais on a tenu bon. Je pense que si cela devait se reproduire je ferai pareil.
    Il m’a aussi déjà demandé de le maquiller (j’ai expliqué que c’était pour les adultes, mes produits n’étant pas très sains), et de mettre du vernis. Là encore je m’en suis sortie avec la carte « c’est pour les adultes » ; mais honnêtement je ne sais pas ce que j’aurais dit si j’avais eu ce fameux vernis à l’eau… je ne sais pas si j’aurais assumé à la crèche pour le coup.
    Je trouve ça plus facile pour les filles quand même. Aller piocher dans le rayon garçon, c’est facile même si la vendeuse te fais une réflexion tu dois te sentir révolutionnaire comme tu dis, alors que bon.. tu lui achètes un pantalon quoi. Ça va.
    Va mettre une jupe à ton fils, une robe qui tourne, un haut a dentelles ou du vernis sur ses ongles… la on est dans une autre dimension… Et finalement, à quoi bon ? Et au nom de quoi ?
    Tu as raison… c’est comme ça dans le monde des adultes… Les femmes vont de temps en temps dans piocher dans le rayon hommes… ou s’achètent un « jean boyfriend ». Enfile la chemise de leur mec. Mais l’inverse n’est pas (encore ?) dans nos moeurs. Et c’est comme ça ! Aussi je trouve ta conclusion parfaite ❤ et n’hésiterai pas à l’utiliser le moment venu pour expliquer ma gêne !

    1. Oh ben merci alors ! C’est ça qui est bien parfois avec le blog j’ai commencé à écrire cet article sans savoir où j’allais et puis la « solution » m’est apparue d’elle-même à la fin. J’aurais aimé voir ton bonhomme avec sa barrette dorée nous aussi parfois on en utilise une mais sous la douche seulement 🙂 .

  2. Merci pour cet article très intéressant comme toujours, je suis une fidèle lectrice dans l’ombre…
    moi ce qui me questionne c’est plutôt l’âge auquel on fait les choses. Par exemple le maquillage, fille ou garçon au final ça change pas grand chose, pour moi on ne se maquille pas pour aller à la crèche, pareil pour le vernis à ongles. Du coup un problème de régler .
    Pour les habits je me suis aussi trouvée à réfléchir pour acheter des jeans à ma fille(16mois). Les modèles filles avaient tous des dessins de fleurs/ des brillants assez kitch et ceux pour les garçons étaient unis, mais avec une coupe très masculine… et j’ai finalement pris le modèle fille en me disant que tant que c’était moi qui choisissais je prenais des habits de fille… on verra dans quelques mois ce qu’elle choisira…et ce que je ferais!

    1. Effectivement à la base je trouve que quel que soit le sexe trois ans c’est trop tôt pour se maquiller bien sûr ! Dans ce cas précis j’ai aussi voulu éviter une crise matinale j’avoue 😉 . Profite bien de pouvoir encore choisir les habits de ta fille ici ce temps est déjà fini pour le plus grand ! Et d’un autre côté entre nous moi j’adore les motifs fleuris 😉 .

  3. Ca c’est un sacré sujet! Je ne peux que te dire ce que nous, nous avons choisi de faire (après des lectures et des visionnages et surtout, notre ressenti à nous):
    Quand mon fils veut faire quelque chose que la société juge « féminin », je lui explique que c’est quelque chose qui est fait surtout par les femmes/filles mais qu’il y a aussi des hommes/garçons qui le font. Je lui explique qu’il peut le faire, il en a le droit. Je lui explique aussi (c’est très important selon moi, justement pour ne pas qu’il se retrouve dans une situation de « moquerie ») que, comme c’est quelque chose de peu courant chez les garçons, il peut y avoir des gens qui remarqueront son idée et/ou qui pourraient faire des réflexions ou poser des questions.
    Comme ça il sait:
    – qu’il a le droit de faire selon ses envies
    – quels sont les « codes » généralement observés dans la société dans laquelle il évolue
    – quelles sont les réactions auxquelles il peut peut être faire face
    Ensuite, c’est lui qui choisi!

    1. Finalement c’est aussi la conclusion à laquelle je suis venue. Je remarque cependant que pour le moment dans ce cas là il change alors directement d’idée. Le tien aussi ?

      1. Je partage l’avis de Cendra et Léa. Ma fille a 6 ans mais nous ne souhaitons pas qu’elle mette du vernis à l’école donc la question pour les petits frères ne se pose pas. J’ai déjà vu en revanche un petit avec du vernis et j’ai trouvé que c’était chouette: si la soeur a le droit, pourquoi pas le frère! Viendra un jour où probablement il n’en aura plus envie mais il aura décidé de lui même… Sur le même sujet: j’ai rencontré une mère dont le fils de 6 ans a les cheveux longs, adore les licornes et toutes les choses typique de « fille »: ses parents sont très ouverts, l’acceptent et lui ont même fait un anniversaire sous le thème « licorne » . Il y a eu des moqueries de la part d’autres enfants mais les « vrais » copains l’acceptent comme il est, et pour le moment tout se passe plutôt bien (ils sont à un âge où ils sont encore ouverts à tout). Dans tous les cas, je trouve que c’est plus dur pour les garçons. Une fille avec une coupe et des habits garçons c’est presque « cool » alors que un garçon c’est « bizarre » (je parle de l’avis général, pas du mien).
        Mes garçons ont 3 ans, ils se mettent du labello transparent le matin et peuvent mettre les colliers de leur soeur à la maison (pas à la crèche sinon ils les perdent). A la Kita, ils ont le droit de jouer à la poupée et se déguiser en princesse (photo à l’appui!): je trouve que c’est très bien.
        En tout cas à leur âge ils sont dans une période où ils trouvent qu’avoir un pénis est fascinant (nous on dit « pénis » et je crois qu’à la Kita aussi). Une copine de leur soeur est venue chez nous, ils m’ont demandé si elle avait un pénis! J’étais un peu gênée pour la copine embarrassée… 🙂
        J’ai bien expliqué « hommes/garcons » = penis « filles/femmes » = non , ils n’ont pas encore compris et tout le monde y à droit: « Oma a un penis? » « Opa? » , etc 🙂
        Et sinon, ils sont rentrés de la Kita en me disant que Y et Z avaient aussi un pénis… j’ai précisé qu’on ne montrait pas son pénis en dehors de la maison! Je rigole quand même et me demande si c’est pas typique des garçons! Ma fille n’a jamais eu de phase autant intéressée par son sexe.
        PS pour les bottes oranges à poids verts, je les auraient acheté à ta place. C’est juste des bottes et il est encore petit! Bon, roses avec une barbie, j’aurai hésité et proposé autre chose en effet. Un de mes fils a eu pendant longtemps des chaussures violettes (qui étaient à sa soeur avant), cela n’a pas posé de problèmes avec les « grands » de 6 ans 🙂

        1. Ah ah trop drôle cette histoire de penis 🙂 . Je crois en effet que ça les fascine un peu. Pour les bottes le souci premier c’est qu’elles ne me plaisaient vraiment pas parce que je vois en effet sinon à la crèche un paquet de petits frères habillés avec les affaires de la grande sœur et c’est vrai qu’à cet âge ça ne dérange personne.

      2. Oui, souvent il laisse tomber son idée, sans doute par peur des remarques je pense. Dans ce cas je lui rappelle quand même qu’il en a le droit et que c’est même, pourquoi pas, une idée bien sympa!

  4. Oui, c’est pas simple. on est en plein de dans aussi!
    Sur le principe, je suis pour l’utilisation du vrai terme pour désigner le sexe, vagin et penis mais dans les faits, je n’y arrive pas! Alors chez nous les garçons ont un zizi et les filles « une choupinette » je suis pas super fan, mais c’est son père qui a trouvé et je ne trouve pas mieux pour le moment.
    Si quelqu’un une idée je suis preneuse.
    Pour le maquillage, c’est vrai que c’est pas simple mais de plus en plus d’homme se maquille! Alors certes, c’est un maquillage discret (fond de teint et mascara) mais ça se fait de plus en plus.
    Ma fille me réclame aussi du rouge à lèvre (alors que je n’en met pas souvent) alors comme toi, c’est baume à lèvre transparent et elle est ravie 🙂

    1. Je vois que je ne suis pas la seule à avoir un problème de vocabulaire. Par ailleurs je pense que pour le moment Pierre est plus intéressé par la question du pipi et on ne fait pas pipi par le vagin 😉 !

    2. Oh non Choupinette ça ne va pas du tout c’était le surnom de ma fille quand j’étais enceinte d’elle et je le dis encore des fois !! Plus jamais,
      Hiiiiiii – lol :)))))
      Nous on dit  » penis  » pour les garçons, dans mon entourage tout le monde fait ça, même les éducateurs de la crèche ( Kita, Allemagne) et les enfants de 3 ans entre eux. Pour les filles en revanche c’est souvent autre chose, c’est vrai que  » vagin  » c’est bizarre.. Vulve? Ma fille (6 ans) emploi un petit diminutif que je disais quand elle était petite:  » kiki  » même si elle connaît depuis les vrai termes en allemand et français.

  5. ahhh oui le sexisme est vraiment aussi fort pour les garçons que pour les filles, même à cet âge. A mon sens tu dois vraiment le laisser faire ce qu’il veut : il se mettra très très vite les barrières tout seul, les limites sociales sont très vites intégrées. Pour le maquillage laisse le s’amuser avec les couleurs, en restant à la maison et en lui expliquant que quand on est enfant c’est jouer (comme je peux le dire à ma fille). Mettre du vernis c’est un jeu très drôle, et un super exercice de motricité! Sinon je vois pas vraiment d’autre choses qui pourrait le laisser la cible des quolibets. Et au pire si un truc te fais peur, laisse le faire en lui expliquant oui , mais toujours en lui disant que si lui ça lui plait lui c’est tout ce qui est important. Les normes de genre sont tellement tellement puissante, essayons tant que possible de ne pas en rajouter en tant que parent, ils prennent tellement de leur jugement du monde sur le notre…
    Et puis si besoin tu as cet outil génial à imprimer :
    https://mamanrodarde.com/2017/09/08/pour-les-petits-garcons-puissent-etre-et-aimer-ce-quils-veulent-sans-quon-les-emmerde/

    1. Merci pour le lien il est vraiment formidable ! Et pour ton avis aussi, cumulé avec celui de cette maman, il fait progresser ma réflexion. Après c’est bête mais je ne suis pas sûre d’avoir son courage, la force de m’opposer à d’autres adultes pour une histoire de vernis… Et d’un autre côté au delà du vernis c’est de la personnalité de mon fils dont on parle. Je dois y réfléchir encore !

      1. En fait j’ai repensé à ton argument « pour le protéger » mais c’est finalement prendre le partit des « agresseurs » non? Comme dire à sa fille de ne pas mettre de jupe trop courte car elle va attirer les violeurs? je comprends cet argument très bien, et je serai peut-être la première à avoir des crispations dans quelques (looooongues) années quand M. voudra mettre une mini jupe, mais ne doit-on pas de battre pour l’inverse? Pour qu’on éduque les garçons à ne pas agresser les filles en mini jupes/les enfants à respecter les « extravagances » hors norme de genre. Désolée si le rapprochement est un peu gros, mais il m’est venu en tête. Je trouve que c’est prendre le problème à l’envers finalement (et théoriquement), car c’est prévenir le pire sans éduquer à l’acceptation -de façon générale hein, je ne sais rien des efforts que tu fait personnellement en ce sens. Et je conçoit que c’est facile à dire et pas toujours à mettre en pratique en société, mais si ce n’est pas au niveau de l’éducation de ses enfant qu’il faut mettre des principes alors où? Si l’on veut une société meilleur, c’est bien dans comment on les élèves que cela se joue de façon fondamentale non?

        1. Je ne trouve pas le rapprochement si gros il me parle vraiment ! Après je ne suis pas sûre par exemple que le papa soit près à aller jusque là. Et je ne sais pas de mon côté si j’aurai la force de me battre pour ça. Pour la question de l’expression des émotions oui (le cas du garçon qui pleure) pour celle du vernis, un peu moins je dois l’avouer… Ce que j’ai réalisé après avoir écrit cet article c’est que le fait que pour un garçon faire des choses « de filles » soit dégradant – alors que l’inverse, la fille « garçon manqué » me semble de plus en plus valorisée – prouve en fait une chose : que l’on considère encore la féminité comme quelque chose de dégradant. Ça je pense bien en discuter un jour avec mes fils et mari !

  6. Merci pour ton article ! Mon fils a 3 ans et je me retrouve souvent face à des situations dans lesquelles je ne suis pas certaine de quoi répondre. La situation du maquillage je l’ai vécue. Mais récemment mon fils m’a demandé s’il pouvait avoir une robe ou encore des boucles d’oreilles comme maman. Je lui réponds que ces choses là sont plutôt pour les filles mais qu’il pourra essayer s’il le veut. J’ai l’impression de commencer à lui ôter une part de son innocence et ce n’est pas facile mais tout comme toi je me dis que je dois le protéger d’un monde bien souvent trop dur.

  7. Ohlàlà vaste sujet et qui me fait bien réfléchir aussi… Les questions de nos enfants nous renvoie aux normes de notre société…
    Je réagis sur les cheveux longs, je trouve vraiment dommage que la société ait intégré ce code de cheveux courts = garçon, pour moi ce n’est pas ça qui différencie garçon/fille et il n’y a qu’à voir des photos des années 70-80 pour trouver beaucoup de petit garçons (et d’hommes) aux cheveux longs. Tu le sais sans doute mais mon fils de 4 ans a les cheveux longs, il n’en souffre pas pour l’instant, à l’école ses copains l’ont toujours connu comme celà et il n’a donc pas de remarques, ce sont plutot les gens qui ne le connaissent pas qui le prennent pour une fille mais une fois expliqué, pas de soucis… Cependant, je sais bien qu’un jour il aura des remarques et voudra les couper….bien sûr je ne l’empêcherait pas mais je trouverai cela triste si c’est par pression normative que par choix réel 🙁 …
    Bref ceci dit je répond aussi à cette pression, par exemple nous avons acheté un nouveau manteau et mon fils voulait un rouge mais tirant vers le rose (au rayon garçon) et je n’ai pas osé, je me suis dit qu’avec ses cheveux longs en plus les gens penseraient que j’exagère… Je l’ai orienté vers le même en bleu 🙁 .
    Pour les questions physiques, c’est drôle car Louis n’a jamais posé trop de question, même plus petit, mais ma fille de deux ans et demi en pose beaucoup, remarque que son frère a un zizi et elle une nenette (bon c’est le vocabulaire qu’on emploie avec les enfants ici, je sais pas si c’est bien ou mal mais bon…).

    Et je réagis aussi à la maison sur les « jeux de fille » et les « jeux de garcon » , vocabulaire qui est apparu dans la bouche de mes enfants dernièrement…j’essaie de leur expliquer que chacun peut jouer à ce qu’il veut et qu’il n’y a pas de jeux réservés à tel ou tel sexe (mais le chemin est ardu, ne serait-ce qu’à voir les rayons de jouets clairement orientés par sexe).
    Désolé pour ce comm si long mais ce sujet est tellement vaste et intéressant 🙂

    1. Merci pour ton long commentaire ! C’est vrai que ton fils a les cheveux longs, c’est un choix délibéré de sa part ou de la tienne ? Comment ça s’est fait ? En tout cas ils sont magnifiques c’est vrai ! Je dois reconnaître que sur ce sujet j’ai choisi la facilité mais il s’agit aussi pour moi d’un simple aspect pratique (lavage, brossage etc.). Concernant les questions physiques je crois vraiment que ma grossesse a vraiment joué le rôle d’accélérateur.

      1. A la base, déjà, j’aime bien les hommes aux cheveux longs donc pour moi les cheveux longs ne sont pas liés à une affaire de féminité ou virilité…
        Je ne peux pas dire que c’est un choix délibéré de sa part car il n’a jamais demandé puisqu’il a toujours eu les cheveux longs dès qu’ils ont poussés. Ça lui parait naturel je pense et il n’a jamais demandé à les couper (on a déjà coupé mais en gardant de la longueur).
        Et ça c’est fait un peu comme ca, par hasard, je dois dire, ce n’était pas quelque chose qu’on s’était dit à l’avance. C’est juste que ses cheveux ont poussés, on les trouvais beaux et jamais trop long, jusqu’au jour où ils ont été longs et où on s’est dit que ca lui allait bien 😉 ! Du coup je ne peux même pas l’imaginer avec les cheveux très courts… Je serais triste le jour où il voudra les couper même si je rêve que ça n’arrive pas avant très longtemps 😉 ! Cependant si il en souffre on coupera bien sûr mais je regrette que la société exerce cette pression, après tout les cheveux longs ça peut être beau sur tout le monde, pourquoi ce serait uniquement féminin ? je me demande un peu pourquoi la société a tant besoin de différencier les sexes au premier coup d’œil ?
        Et finalement c’est dans ma famille que j’ai le plus de remarques (pas tous, mais mon père et un de mes frères) et du coup je me demande en quoi ca les atteint dans leur propre image de « l’homme », qu’est-ce que ça touche en eux au fond pour que ca les dérange tant…

        1. C’est vrai qu’il a de très beaux cheveux !! Et c’est une bonne question, pourquoi la société semble avoir ce besoin à fortiori pour des enfants ? C’est aussi généralement la première question qu’on nous pose pendant la grossesse…

  8. Ça fait déjà quelques mois que FeuFolet a différencié garçon/fille, mais il y a eu longtemps une catégorie « bébé » …
    Et si tu as suivi sur IG, ma dernière tentative de jupe s’est soldé par un dialogue cuisant .
    Il faudrait que je me procure l’imagerie des tous petits sur le corps car il dit qu’il a des seins comme moi, pour faire du lait, et je trouve aussi que c’est difficile de leur expliquer les différences physiologiques sans les enfermé dans des stéréotypes de genre … mais je n’ai pas encore eu de demandes de sa part qui « dévie » de ce que la société attends.

    1. Mais la tentative de jupe a échoué « par hasard » ou parce qu’ils pensaient que c’était pour les filles ? C’est drôle en tout cas Pierre n’est jamais passé par cette case « bébé » finalement.

  9. J’aime bien la conclusion de l’article, c’est le plus sage à dire en effet:)

    Je trouve que l’Allemagne n’est pas sur ce sujet le pays le plus conservateur. Il y a bien pire…

    Concernant le maquillage, vas- te promener à Paris dans les grands magasins, tu y verras des rayons de maquillage pour homme.

    Les enfants fonctionne beaucoup par mimétisme. Ils s’interrogent. Ils veulent faire comme les adultes. C’est tout à fait normal. Et souvent c’est la maman qui est la plus présente…

    Dans ma ville, j’ai inscrit mon fils avec son père à un « groupe de papas ». C’est le samedi matin (interdit aux mamans:) Les papas se baladent dans la forêt, construisent des bateaux et des cerfs- volants, observent la nature et ramassent les insectes pour les voir (brrr). Quand il fait froid, ils sont à l’intérieur, cuisinent des gâteaux… Je me suis rendue compte que pour mon fils qui a 5 ans aujourd’hui, ces moments privilégiés avec son père sont très précieux. C’est vers l’âge de 3/4 ans, qu’il m’a bien affirmé que lui c’est un garçon.

    Néanmoins, cet article touche là un sujet sensible, celui du genre et qu’est- ce qui fait qu’on s’identifie (ou PAS) au sexe que la nature nous a donné à la naissance.

    1. Je n’y avais pas pensé spontanément mais c’est vrai qu’au déjà de ces futilités il y a cette question : est-ce qu’ils vont aimer devenir une fille ou un garçon ? Et bien sûr le rôle du papa là dedans est très important.

      1. J’ai dans mon entourage proche, un ami qui a entamé une procédure de changement de sexe. Il avait des relations très conflictuelles avec son père et avec son frère.
        Je ne veux pas généraliser, ce sont des situations très complexes et je ne m’avancerais pas à faire de la psychologie de magazine.
        Ce que j’ai remarqué c’est que au départ, la question du sexe, de l’identité, ça s’apprend. Les enfants apprennent pas mimétisme et en testant, les codes sociétaux.
        J’imagine que s’ils n’ont pas une image positive de ce qu’on attend d’eux ou que s’ils ont l’impression qu’on leur demande l’impossible, alors leur envie peuvent de pas être en adéquation avec leur sexe de naissance.

  10. C’est rigolo comme la conscience du genre n’arrive pas au meme age pour tous les enfants… Je trouve que deux ans et demi, c’est tres tot! A trois et cinq ans, les miens n’etaient pas bien au fait de qui etait homme/femme/fille/garcon, si bien qu’ils se trompaient souvent quand on leur demandait si « le bebe » etait une fille ou un garcon. (Apres tout, c’est eux qui avaient raison, je trouve, un bebe est un bebe.)
    J’ai eu les memes problematiques que toi concernant le choix des chaussures. On a resolu le probleme en prenant des photos avec toutes les chaussures qu’ils-adorent-et-trouvent-trop-magnifiques, pour en garder un souvenir eternel… et a la fin, c’est moi qui choisit. (Ca evite aussi les tongs Spiderman!)
    Petit-Deux en revanche est alle a l’ecole avec du vernis consciencieusement tartine par la petite voisine. Il a du avoir une reflexion parce qu’il n’a pas souhaite renouveler l’experience.
    J’essaie souvent de ne pas trop interferer, parce que finalement c’est leurs corps, leurs choix et leurs gouts. Et en meme temps il faut rester socialement correct (Petit-Deux a voulu aller a l’ecole avec une cape et… rien du tout d’autre pour Halloween, et la aussi c’est non 😀 ). D’autant que nous vivons dans une societe ou nous sommes les etrangers, alors il est hors de question qu’on vexe ou choque ou heurte les personnes qui nous entourent.
    J’aime bien ta conclusion, en definitive. Je la trouve tres juste, quand tu evoques la notion de bienveillance de la part de ceux qui nous entourent et de la perception de la societe… Apres, en grandissant, nos enfants choisiront de leur placer leur propre curseur la ou ils veulent 🙂

    1. Bravo pour la technique des chaussures, je note ! Et tu as raison aussi à l’étranger (lointain… pas en Allemagne 😉 ) cette problématique prend sans doute une autre dimension d’intégration.

  11. Ah ! Quel sujet !
    Pour le moment je ne me pose pas autant de questions. Ma fille a à peine deux ans. Mais on a du tout de même dû lui expliquer qu’elle n’était pas un garçon. A-t-elle compris la différence garçon-fille, je ne sais pas, mais désormais papa est un garçon et maman une fille, et puis elle aussi. Affaire à siuvre.
    Pour les jeux, elle choisit ce qu’elle veut. Jusqu’à très récemment elle ne s’intéressait qu’aux tracteurs, camions, vélos, motos et autres jouets classés typiquement pour les garçons dans les catalogues de jeux. Depuis quelques semaines, elle s’intéresse à la dinette, faire à manger à sa poupée et autres peluches, elle adore les promener dans sa poussette (même si elle sert souvent d’outil de transport en commun et de transport en tout genre). Elle n’a pas oublié pour autant sa passion pour les véhicules motorisés. Avec mon mari on la laisse faire.
    Ce qui est plus dur pour moi, c’est au niveau vestimentaire. Pour les filles, cela se résume à du rose, des fleurs et des paillettes. Ce n’est pas facile. Le pire je trouve, ce sont les chaussures. Pour cet hiver, en voyant le rayon fille, mon mari s’est dirigé direct vers celui garçon.
    Tout ça pour dire, que ce n’est pas une question facile, que pour le moment on fait au feeling et en fonction de ce que nous dit et nous demande notre fille.

    1. C’est vrai que c’est un sujet délicat et qui a plusieurs facettes aussi. Et parfois c’est bien aussi de se laisser juste guider par nos petits 🙂 .

  12. Je trouve ça quand assez injuste que ce soit plus simple pour nous (les filles) d’aller piocher dans le vestiaire et les activités du sexe opposé plutôt que l’inverse (même si j’ai déjà eu des remarques de ma maman qui me disait que je n’étais pas assez délicate, soignée et raffinée – alors que je suis assez féminine, je prend soin de moi et me maquille, j’ai juste un très fort caractère 😀 )
    Je trouve ta conclusion vraiment géniale ! je pense que beaucoup de choses passent par la communication et l’explication finalement

    1. Dans un sens c’est vrai que c’est injuste et d’un autre côté on peut se dire que ça démontre que le rôle de garçon reste plus valorisé (donc moins dévalorisant que celui de fille). Merci en tout cas pour la conclusion je suis ravie qu’elle te plaise !

  13. Je suis régulièrement confrontée aux mêmes questions que toi ! Les 3 enfants prennent leur bain ensemble, la différence physique est bien acquises donc (ici, on parle de zizi et de zézette). Pour le reste, Alphonse adore « la couleur sur les ongles », il m’en demande régulièrement. Je lui en mets sur le pouce et c’est tout. C’est un compromis qui satisfait tout le monde. Pour le maquillage, je lui ai dit que c’était pour les grands et non pour les enfants, au même titre que le vin ou les films du soir. Par contre, ce que je redoute, c’est le jour où Ernestine me demandera d’avoir les oreilles percées. Elle fera ça par mimétisme et ne le regrettera pas (je pense !) mais il en va autrement pour Alphonse

    1. J’adore ta technique du pouce je na note 😉 . Pour les oreilles tu pourras peut être justement essayer ma conclusion avec Alphonse ?

      1. C’est une vraie question que je me pose. Je pense qu’Ernestine me demandera de lui percer les oreilles l’année prochaine, influencée par l’école. Mais en vrai, c’est moi qui prendrai cette décision. Je ne me vois pas expliquer à Alphonse que « oui, s’il veut, mais dans notre société c’est plutôt les filles » Parce que, pour moi, ça va au delà. Un trou dans les oreilles, c’est à vie. Et je ne veux pas qu’ils aient ses trous par mimétisme. A 20 ans, pourquoi pas, il pourra prendre ses décisions. Mais à 5 ans il est encore trop petit pour comprendre tout ce que ce geste implique et risque de le regretter pendant ses années collèges…

  14. J’adore ton article et le réel problème qu’il soulève. Je pense que je vais être à la limite du sujet dans mon commentaires…J’ai 2 filles. Au début de ma relation avec mon mari, il y a 17 ans, ma belle mère vernissait les ongles de mes belles sœurs et aussi de mon beau frère, et de façon tellement naturelle que je l’admirais déjà. Elle ne voyait pas pourquoi elle refuserais à son fils ce qu’elle autorisait à ses filles.
    Quand ma fille ainé était à l’école maternelle en petite section, en la déposant un matin, la maitresse me dit « a super ! vous avez eu le temps de recoudre les boutons de son manteau qui étaient tombés hier, je les avais rangé dans sa poche ». Au moment où j’allais lui dire qu’elle devait confondre avec un autre enfant, ma fille lui répond « Mais non ! c’est papa qui est venue me chercher a la garderie et qui a recousu ». Ou la fois ou la maitresse me félicite pour le gâteau d’anniversaire alors que c’était mon mari qui était aux fourneaux…Ma fille m’avait alors demandé pourquoi la maitresse croit toujours que c’est moi.
    Les modèles filles/garcons, ce sont la maman et le papa. Est ce que papa met du vernis ? si il en mets est ce qu’il devient une fille ? est ce que c’est mal ? ça nuit à quelqu’un ? pourquoi on se moque ?
    Je pense que, comme pour tout les autres thèmes que l’on rencontre quand on élève un enfant (le sommeil, le repas…), si ni le papa ni la maman ne font de fixation dessus, ça passe sans problèmes. Mais je suis d’accord, c’est plus simple dans ce sens fille/garcon.

    1. C’est sûr que des exemples concrets à la maison valent toutes les explications. D’ailleurs j’en parlais avec mon mari il ne met pas de vernis certes mais beaucoup de crèmes, lotions et je pense que de ce fait Pierre n’associe pas les soins cosmétiques à un sexe.

  15. Coucou ma Franfran! Alors, que ce soit Couette-Couette ou Chucky, les deux semblent bien avoir compris la différence de sexe. Parfois, lorsque je suis pressée, je leur donne le bain ensemble, et alors là, c’est l’orgie: Couette-Couette essaie absolument de tirer le zizi de son frère qui se laisse martyriser en pleurnichant: « Il a un zizi bébé! » Oui, ma chérie, mais ce n’est pas une raison pour le toucher (on est pas dans le nord) (pardon). Bref, on est pas sortis de l’auberge!

    1. C’est sûr qu’entre frère et sœur ils ont de quoi satisfaire leur curiosité sous la main ! Petite justement j’enviais celles qui avaient un frère et devaient en savoir plus que moi 😉 .

  16. Je me pose aussi beaucoup de questions à ce sujet… Et malgré toutes mes bonnes intentions, je m’aperçois régulièrement que je mets des barrières sans m’en rendre compte… Par contre, je n’ai eu aucun soucis à laisser mon fils jouer avec le vernis de sa soeur à la maison. De toute façon, elle comme lui, n’a pas le droit de sortir avec…

    Mais oui, toutes les personnes et notamment les enfants n’ont pas notre bienveillance et parfois le besoin de protection prend le dessus sur nos bonnes intentions…

    Assumons nos choix autant que possible pour que eux puissent s’assumer également dans l’avenir !

    Belle soirée

    Virginie

  17. Je trouve ce sujet complexe surtout quand on est parents d’un petit garçon. Pour une fille il me semble moins compliqué qu’elle joue aux voitures et au foot, ou d’habiller un bébé fille au rayon garçon. Ce sont des situations qui ne me choque pas du tout j’élève d’ailleurs mes filles ainsi même si l’aînée est maintenant fan de rose paillettes princesses malgré moi ( merci les grandes cousines!)
    A l’inverse si ça ne me choque pas du tout de voir un garçon jouer à la poupée, il me semble néanmoins plus difficile de l’habiller en fleurette rose ou en jupe. J’ai totalement conscience que ça n’est rien de plus qu’un code social (récent) , mais comme tu le dis justement ce code est si bien ancré que je crois que je craindrais que mon enfant ne puisse s’intégrer à la société et se fasse moquer de ses pairs. Je suis donc très partagée sur ce sujet: à la fois je trouve cela parfaitement sexiste qu’un garçon ne puisse porter du vernis sans être moqué et à la fois pour protéger l’enfant je ne suis pas sûre que j’y consentirai.
    Si cela t’intéresse il y a une maman blogeuse qui a justement créé des outils (des petits livrets) pour son fils sur ce thème : par exemple « les hommes peuvent ils porter des jupes » montre des photos/images d’hommes à travers le monde et l’histoire qui portent des robes . Histoire d’aider son fils à faire ses choix en connaissance de cause.

    1. Une autre lectrice m’a conseillé ce lien très intéressant, merci ! Pour le reste je suis en phase avec toi. Et comme je l’écrivais à cette lectrice justement si je suis vraiment prête à me battre pour que mon fils ait le droit de pleurer je le suis déjà moins pour la question du vernis qui me semble plus annexe finalement…

  18. J’ai deux petites filles, et je trouve que, dans ce sens, la question est bien plus simple à gérer. Je n’ai aucune difficulté à leur dire qu’elles peuvent faire tout ce qu’elles veulent, comme les garçons, s’habiller comme bon leur chante, en baskets ou en ballerine, avec du rose à paillettes, du bleu ou du noir, à faire de la boxe, du judo ou de la danse, jouer aux poupées ou aux voitures. Si j’avais eu un petit garçon, je partagerai probablement tes questions …. et la peur du regard des autres. Je n’ai jamais osé offrir à mon neveu un poupon ou une poussette, et pourtant il a été comme un fou quand j’en ai offerte une à sa petite soeur …

    J’aime beaucoup ta phrase de conclusion. A voir comment lui assume et gère le regard des autres. Ici, Pimprenelle y est très sensible et a du mal à assumer ses choix parfois non conventionnels, je la pousse à réfléchir à ce qui compte le plus pour elle, mais aussi à porter un regard bienveillant sur la différence elle aussi.

    1. J’ai hâte de voir comment tout cela va évoluer s’il intégrera lui aussi ces normes, pour le moment il est encore très jeune et ne se pose pas ce genre de questions en fait.

  19. Ahah ! La fameuse illustration SOS !

    Je réalise, à la lecture de ton article, qu’il est bien plus facile pour moi d’encourager ma fille à avoir un comportement non lié à son genre : une petite fille qui a des envies ou des comportements de garçon est plutôt valorisée, alors que l’inverse n’est malheureusement pas autant accepté. Et comme tu le dis toi même, ça montre combien les activités attribuées à la féminité sont, dans notre société, encore moins valorisées que celles attribuées à la masculinité.

    Je trouve ta conclusion absolument parfaite, et je dois te dire que j’admire la manière dont tu gères ce sujet sensible avec ton petit garçon.

    En ce qui concerne le nom donné au sexe des enfants, j’ai récemment lu un article qui expliquait que, souvent, les adultes n’osaient pas utiliser les véritables termes pour le sexe féminin alors qu’ils avaient beaucoup moins de mal pour le sexe masculin. D’ailleurs, c’est aussi ce qui ressort dans les commentaires ! La conséquence serait que les filles sentiraient moins légitimes à parler de leur sexe. Certaines analyses vont encore plus loin et disent qu’à ne pas nommer le sexe des petites filles, on ne le définit que par l’absence de pénis, ce qui peut être très dévalorisant pour la petite fille en construction. Tu connais mes convictions féministes, et l’importance que j’y attache, notamment dans l’éducation que je donne à mes filles, pourtant j’avoue que moi aussi j’ai du mal à parler à ma fille de vulve ou de vagin. Peut-être est-ce la raison pour laquelle Poupette n’a pas eu de phase comme celle que tu décris chez Pierre au moment où elle a compris la différence fille / garçon ? Je ne lui ai pas donné le bon vocabulaire pour en parler ?

    Bref, tu vois, moi aussi je me pose des tas de questions à ce sujet et je n’ai pas encore trouvé le comportement qui me convient parfaitement. Vaste sujet !

    1. Hihi oui tu te souviens de mon SOS !! Cette question du nom est en effet sans doute importante et suite à cet article et aux commentaires dont le tien je me dis que j’aurais mieux fait de dire zizi et zezette ou pénis et vulve. Mais c’est vraiment difficile pour moi et ce n’est pas toujours facile d’aller contre sa nature. J’adore l’idée d’une lectrice qui dit que les filles ont un zizi court / intérieur plutôt que de dire qu’elles n’en ont pas. Je vais voir si j’arrive à aller jusque là !

  20. C’est la 1ere fois que je lis un article comme cela et c’est très intéressant. J’ai 3 filles donc des questionnements différents. Beaucoup de choses ont été dites (#lectoratdequalité). J’ajouterais simplement que j’essaie de dire zizi long pour les garçons et zizi court pour les filles afin qu’elles sachent qu’elles ont bien un sexe mais intérieur. Voilà. Je ne sais pas si j’ai été claire 😕

      1. Penis et vulve c’est aussi très bien, c’est ce qu’ils disent dans les Kita ici, version allemande. Pourquoi ne pas appeler un chat un chat! c’est juste une partie du corps, il n’y a pas de quoi en avoir honte. Ça me fait penser aux gens ici qui disent tous  » tu veux faire haha?  » au lieu de caca.. Nous on dit caca mais on est bien les seuls :))

  21. Je n’ai pas encore réfléchi à tout ça car Tess est petite et c’est une fille. Donc lui expliquer la différence entre un garçon et une fille oui mais finalement, rien ne lui interdit de prendre les mêmes codes qu’un garçon, ça choquer beaucoup moins que l’inverse. Je ne cherche pas impérativement une éducation non genrée mais hier ma belle mère regardé un catalogue de jouets avec elle et lui a fait passer certaines pages qui intéressaient Tess parce que c’était pour les garçons et ça, ça me dérange… On verra par la suite quelle attitude j’aurai vis à vis de cette différenciation des sexes… Pour le moment, on y va au feeling sans trop se poser de question

    1. Finalement c’est ce que j’ai fait aussi les questions sont apparues au fur et à mesure. Mais peut-être que je m’en poserais moins si c’était une fille, ça me semblerait plus spontané ?

  22. Les questions que tu soulèves reviennent aussi souvent chez nous. Je me suis toujours dit que je voulais donner une éducation non genrée à mes enfants mais c’est parfois dur de trouver le bon équilibre.
    Je me pose pas mal de questions sur la conduite à tenir pour que ma Biscotte ne se sente pas cataloguée « fifille » toute en rose et qui joue uniquement à la poupée mais je ne veux pas non plus nier sa féminité.
    Il n’y a pas longtemps nous avons eu une grande discussion avec mon mari concernant les cheveux. Je trouve qu’une fille avec des cheveux longs c’est plus joli, j’adore coiffer la Biscotte comme j’aime moi même avoir les cheveux longs.
    Mais mon mari trouve ça pas pratique, les cheveux sont toujours dans les yeux. Et finalement j’ai réalisé que ça me gênait aussi de lui couper ses cheveux parce que c’était une fille. Bon, les cheveux ont poussé et viennent se caler derrière l’oreille donc le problème est réglé, mais j’avoue me poser pas mal de questions.
    Je crois que c’est encore plus dur avec un petit garçon parce que les gens, qui sont plutôt bienveillant avec une petite fille qui joue ou s’habille comme un garçon, sont beaucoup plus moqueurs avec un petit garçon qui joue à la poupée et met des vêtements roses.

    1. Je comprends si j’avais une fille je ne pense pas que je lui couperai les cheveux à la garçonne non plus… mais comme tu dis paradoxalement il reste quand même plus simple pour le moment d’ouvrir les possibles aux fillettes.

  23. J’arrive après la bataille, et je ne prends pas le temps de tout lire, mais j’ai envie de réagir parce que j’ai déjà été confrontée aussi à ces questions.
    J’ai « refusé » à mon fils des chaussons roses avec des coeurs, et un déguisement de princesse (il avait 4 ans et besoin d’un déguisement pour l’école) parce que j’avais peur qu’il se prenne des réflexions. Mais plus tard sa petite soeur, elle, a eu droit aux chaussons bleus avec des pirates… Quelque part c’est injuste, mais je n’ai pas réussi à faire le pas pour mon fils. Et je pense aussi que le papa aurait eu du mal à l’accepter…

    Je râle toujours beaucoup contre les fabricants de vêtements parce que c’est parfois difficile de trouver des choses non genrées. Mais même quand on trouve des choses qui sortent du bleu ou beige pour les garçons, rose pour les filles, il y a des personnes qui font des réflexions… Comme ce copain de maternelle qui a critiqué le slip mauve de mon fils : « c’est pour les filles »… non non, c’était bien un slip et non une culotte ! J’essaie d’inculquer à mes enfants l’idée que chacun porte les couleurs qu’il veut, en espérant qu’ils ne se moqueront jamais des couleurs des autres !

    En revanche ma troisième qui a maintenant 5 ans, est bien une fille qui porte du rose et des bracelets, mais aime avoir les cheveux courts, et ça ne me pose aucun problème ! C’est tellement plus facile à coiffer !!! Et ça ne l’empêche pas de mettre des barrettes ou de faire une couette sur le dessus donc elle ne « fait » pas garçon…

    Enfin pour les termes, pour moi les garçons ont un zizi et les filles une vulve. Ils ont tous un sexe, mais on ne le voit pas pareil. Je n’emploierais pas le terme « zizi court » pour les filles parce que pour moi zizi = pénis et non pas sexe de façon générale.

    Bref, c’est quand même un avantage des filles : elles ont au fond plus le choix des vêtements et accessoires que les garçons, et certainement pour pas mal d’années encore… Mais au fond, n’est ce pas appréciable de pouvoir identifier facilement le sexe d’une personne à qui on s’adresse, même si on n’est pas défini que par ça ? Je ne veux pas qu’on restreigne trop l’un ou l’autre sexe, mais est-ce que je veux vraiment qu’on devienne indifférencié ? Pas sûr…

    1. Je suis d’accord avec toi c’est pour ça que je ne renie pas non plus tous les signes distinctifs fille / garçon et que je trouve que certains ont leur utilité. Et c’est pour ça aussi qu’il me tenait à coeur que Pierre comprenne qu’il ne serait jamais maman. Mais pour d’autres choses c’est vrai que je trouve ça un peu dommage voire « enfermant ». Je pense que tout est question d’équilibre comme souvent…

  24. C’est Pink qui en parlait récemment dans un show américain pour expliquer à sa fille pourquoi elle ne devait pas avoir honte de ressembler à un « garcon ».
    Et j’ai vu passer cette semaine sur Facebook un article en allemand qui racontait l’histoire d’un petit garcon déguisé avec une robe à la Kita. Son éducatrice lui a dit : « tu ressembles à une fille », et il a répondu : « non je ressemble à un garcon avec une robe ».
    Comme quoi les adultes sont toujours plus influencés par la culture de leur pays (et il existe pas mal de pays dans le monde où les hommes portents des jupes ou robes)

    1. C’est vrai ! Après ce serait justement intéressant d’avoir la réponse mais il me semble que quelle que soit la façon, quasiment toutes les cultures tentent de différencier les sexes via l’habillement ou d’autres signes extérieurs, non ?

  25. Ton article m’a fait beaucoup réfléchir, ce n’est pas vraiment un sujet d’actualité pour moi alors il me fallait un peu de temps pour me faire une idée. L’éducation non genrée est super importante pour moi et je suis vraiment contente de commencer par une fille parce qu’en effet c’est plus facile.

    Je crois que se rendre compte qu’il y a des gens avec des pénis/vagin ne veut pas dire qu’il faut absolument qu’il y ait plus de différences que ça à ce stade là. La différenciation des sexes (celle qui fait qu’on ne doive pas se renifler les fesses) vient avec la puberté et il n’y a en mon sens pas besoin de l’introduire plus tôt. Toutes ces conventions au niveau de la société sur ce qui fait garçon ou fille est exactement ce qui contribue à enlever de la valeur à la fille et à dénigrer tout ce qu’on a défini comme la caractérisant puisqu’elle représente le sexe faible…
    Je ne sais pas si j’aurai un garçon un jour mais si c’est le cas il portera sans doute les robes de sa grande sœur et aura les mêmes droits qu’elle aussi longtemps que ça ne dépendra que de moi (et son papa).

    1. Je suis contente de t’avoir fait réfléchir 🙂 . Cet article m’a aussi poussé à le faire et je pense rester sur ma position, c’est à dire le prévenir quand même dans certains cas des réactions que cela pourrait engendrer. Le fait qu’on puisse se moquer de lui me gêne trop et je ne suis sans doute pas assez « militante » pour l’assumer…

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