Hypocondriaque

Hypocondriaque

Ca fait longtemps que je veux vous parler de ça, au moins un an déjà. Mais j’ai repoussé à chaque fois ce projet d’article. Parce que lorsque je ne suis pas en pleine crise d’hypocondrie, je préfère ne pas en parler, ne pas prendre le risque de réveiller mes angoisses. Je les laisse dormir bien sagement. Et lorsque j’y suis alors là je ne suis bonne à rien de toute façon – à part à me confier à mon mari, si vous saviez ce qu’il doit endurer. J’ai peur aussi d’être maladroite vis-à-vis de celles qui sont ou ont été vraiment confrontées à la maladie. J’espère ne rien dire qui pourrait les blesser.

Je ne sais pas exactement quand ça a commencé. Mais je peux dire que j’ai toujours été d’un naturel anxieux. Vers dix ans, je souffrais d’insomnies sévères, pétrifiée à l’idée que j’allais mourir un jour. Ma mère appelait ça mes « angoisses existentielles ». Je me souviens aussi de mon amour de la vingtaine, le Lysanxia, ces précieuses gouttes bleues qui se diluaient dans l’eau, son goût légèrement anisé. L’anxiolytique, ce médicament merveilleux qui vous ôte spontanément tout poids sur la poitrine. Une révélation. Du même genre que l’alcool ou les cigarettes d’ailleurs.

Je n’en ai plus pris depuis très longtemps – des anxiolytiques, des cigarettes, de l’alcool également. Mais j’ai encore des angoisses. Et parmi elles bien sûr l’angoisse suprême : celle de mourir. En fait pour être très précise je ne suis pas sûre que mourir m’angoisse vraiment. Ce qui m’angoisse c’est de ne pas savoir où et comment. Si vous m’offrez un infarctus à 95 ans je signe de suite. C’est tout le reste qui me fait peur. L’hypocondrie est une facette de ces angoisses. Et depuis que je suis devenue maman la plus présente. Sans doute parce que la maternité m’a fait brutalement prendre conscience de la valeur de la vie : de celle de mes enfants, de la mienne aussi en tant que maman.

Parce que ne suis pas le genre d’hypocondriaque qui s’auto-diagnostique une intolérance alimentaire, imagine ses enfants légèrement allergiques, un truc dans ce genre. Je suis dans le genre qui se persuade régulièrement qu’elle va mourir dans les six prochains mois. Et c’est très fatiguant.

Je me découvre une boule sous la peau, et la machine se met en route. Je me dis que c’est grave, forcément. Je fais des milliers de recherches Google qui confirment mes pensées. Et je commence à broyer du noir, vraiment. Je me dis que je vais devoir subir des traitements lourds, que je vais faire peur à mes enfants. Que je ne pourrai plus m’en occuper. Que je ne les verrai pas grandir, fêter Noël. Je ressasse ça des nuits entières, et ça m’oppresse tellement.

Avec un mari médecin bien sûr ce n’est pas banal. Est-ce qu’il arrive à me rassurer ? Parfois oui, mais pas toujours en fait. Comme il me le dit souvent, il ne peut pas me délivrer de certificat durable de bonne santé, personne ne peut faire ça. Il peut me dire que je ne présente pas les symptômes typiques d’une maladie donnée à un moment donné, et c’est tout. Et quand on souffre d’angoisses comme moi, souvent ça ne suffit pas. Alors je prends rendez-vous chez des spécialistes en plus. Et seulement après les avoir vus, le plus souvent, j’arrive à m’apaiser. Parfois aussi, souvent même, les symptômes disparaissent d’eux-mêmes. « Mais cette petite boule, elle n’est pas justement située à l’endroit où je me suis cognée hier ? Si en fait… Tiens mais d’ailleurs elle a déjà rapetissé… » A posteriori souvent je me fais sourire moi-même.

Parfois donc, je transfère ces peurs sur mes enfants. Lorsque Pierre passe une nuit à vomir, je ne me dis pas qu’il a attrapé la gastro à la crèche. Je me dis que ça pourrait être les premiers symptômes d’une leucémie – et j’y crois vraiment. Alors je ne dors par de la nuit. Je me dis que s’il arrivait quelque chose de ce genre je n’aurais pas la force, je n’y survivrais pas. Je cours chez le pédiatre à l’aube avec la boule au ventre. Et je l’embrasserais presque quand il parle de gastro. La prise en charge de mes enfants est sans doute sur-médicalisée, je sais. Je n’hésite jamais à leur faire passer un examen complémentaire. Pour me rassurer.

Je sais pourtant que dans la réalité, on est toujours plus forte qu’on pense. Je sais surtout que dans la réalité on n’a juste pas le choix. Alors finalement, parfois, me confronter à la réalité n’est pas le pire, au contraire. J’arrive à accepter que la vie c’est ça, aussi. Une amie justement me disait : « En donnant la vie, on donne aussi ce qu’il y a de plus moche dans la vie ». Il faut juste l’accepter.

Récemment mon mari me demandait pourquoi, pourquoi j’étais comme ça. Je crois que j’ai malheureusement beaucoup de mal à vivre dans le présent. Mon cerveau va plus vite que les minutes qui s’égrainent, j’ai toujours besoin de prévoir, planifier, me projeter. Ce que je peux dire aussi, c’est que les crises apparaissent toujours quand tout va trop bien. Comme en ce moment. Quand je suis tellement heureuse que je me dis que ce n’est pas possible. C’est une espèce de pessimisme bizarre. Comme si je partais du principe que le bonheur absolu ne pouvait pas être pour moi. Que tout se terminait toujours mal. Elles apparaissent aussi quand j’ai un peu trop de temps pour penser. Le congé parental pour ça c’est terrible vous voyez.

Je suis hypocondriaque, angoissée, les deux peut-être. J’aime tellement la vie, ma vie en ce moment. Je voudrais que tout ça ne s’arrête jamais.

Et vous, la mort, vous y pensez ?

56 réactions au sujet de « Hypocondriaque »

  1. Aïe, aïe, en lisant tes mots je me rends compte que je me reconnais un peu. J’ai d’autres angoisses, liées à d’autres choses, mais je vois aussi que je développe depuis plusieurs mois une peur parfois envahissante de la maladie. Je m’imagine gravement malade, je sonde les symptômes, j’ai peur d’aller voir le médecin. Quand mon fils a mal à la tête, la peur monte d’un coup (une tumeur??), mal au ventre (un cancer digestif???), des bleus, de la fatigue (une leucémie???). J’ai peur de passer par le chemin douloureux de la maladie mortelle, que ce soit moi ou un de mes enfants, ou mon conjoint. J’ai peur de devoir faire face à leur corps sans vie ou de devoir leur annoncer que je vais bientôt mourir…
    C’est pas très joyeux… Mais cette vie fatale, imprévisible, cette fin qui peut arriver à tout instant, je me dis que, ça ne peut qu’être angoissant!

    1. Ca me rassure un peu de savoir que je ne suis pas la seule 😉 . Peut-être qu’en tant que jeune maman on se sent particulièrement vulnérable ? J’espère en tout cas de mon côté que ça ne deviendra pas trop envahissant. Généralement quand je travaille je suis plus apaisée.

  2. Tu t’en doutes, ton article résonne particulièrement pour moi. Jusqu’à récemment je n’avais pas trop pensé à la mort. La mienne ne m’effraie pas. Pour une raison complètement égoïste: ceux qui souffrent sont ceux qui restent et doivent composer avec l’absence, pas celui qui part. Pour cette raison, la mort de mon mari m’angoisse beaucoup plus. 5 minutes de retard ? J’imagine le pire. Un accident est si vite arrivé ! Quant à mes enfants. Dès qu’ils toussent, j’imagine le pire aussi maintenant. Je ne sais pas si j’arriverais un jour à retrouver ma sérénité d’avant

    1. Je pense qu’une fois que le ciel nous est tombé sur la tête c’est très difficile de le regarder à nouveau avec confiance. Je ne l’ai pas évoqué ici mais je pense aussi que la maladie de mon neveu a ruiné l’assurance naïve que j’avais dans la vie. J’ai compris que le pire pouvait arriver à tout moment, et ma peur vient sans doute aussi un peu de là. Il faut apprendre malgré tout à vivre avec. J’espère très fort pour toi que le temps passant et les examens rassurants s’accumulant, les choses s’apaiseront.

  3. Je suis exactement comme toi et je n’ai pas de mari médecin pour me rassurer. 🙂 Actuellement enceinte je m’imagine toujours le pire et n’arrive pas à profiter du moment présent alors que je sais très bien que si ça finit par bien se passer je vais culpabiliser et regretter de ne pas avoir profité de ma grossesse. Avec mes ainés dès qu’ils sont malades je pense qu’ils ont contracté quelque chose de grave. Bref ce n’est pas évident. D’ailleurs je vais consulter un psy qui pratique les TCC pour essayer d’aller mieux car cela me gache la vie. Bon courage à toi.

    1. Lors de ma première grossesse j’ai été comme ça aussi, c’était horrible et je n’en ai clairement pas profité. Heureusement la deuxième fois en revanche j’ai réussi à être plus optimiste. Mais je n’ai pas de recette à te donner, je sais qu’il est très difficile de maîtriser ses angoisses. Si elles sont trop envahissantes, consulter peut être une très bonne idée.

  4. Encore une fois ton article me parle! Pas sur l’hypocondrie mais sur le fait que lorsque tout va bien c’est suspect. Je pense qu’ effectivement le gros hic c’est de ne pas être capable de vivre dans le présent. Je n’ai malheureusement pas de solution à t’apporter mais je compatis car je sais à quel point c’est pesant… Ce soir je suis par exemple persuadée qu’ on va divorcer car on s’est pris la tête et que deux ans de mariage c’est déjà trop beau..

    1. Si tu savais le nombre de fois où je me suis prise la tête avec mon mari après la naissance de notre aîné ! C’est tellement normal, c’est une période difficile pour tout le monde. Mais tu vois la plupart des couples restent ensemble et même… recommencent 🙂 ! Je vois en tout cas que je ne suis pas la seule à souffrir de ce type d’angoisses je me demande d’où ça peut venir ? Je n’ai malheureusement pas la réponse.

  5. Je ne suis pas du tout hypocondriaque, c’est même parfois le contraire chez moi, ne pas prendre au sérieux certains symptômes, souvent penser que ce n’est pas grave, attendre et voir si ça va passer…
    je ne m’inquiète pas vite pour les enfants non plus même si je réagis sérieusement pour eux en allant chez le médecin si il y a quelque chose mais en sachant que ce n’est rien de grave…
    Pour celà, je ne peux qu’imaginer les angoisses que tu décris et ton imagination qui s’emballe mais je ne peux pas les comprendre vraiment, je peux juste compatir car je sais que ce sont des choses qu’on ne contrôle pas trop.
    Cependant, je te rejoins sur l’angoisse de la mort… J’y pense beaucoup, surtout depuis que j’ai des enfants. Je ne m’imagine pas malade mais j’ai peur de mourir, d’avoir un accident, de les laisser, de ne pas les voir grandir… C’est à un point non rationnel , par exemple je ne me sens pas capable de prendre l’avion sans eux bien que j’ai beau savoir rationnellement que je risque très peu.
    Et j’ai peur de leur mort à eux, je n’ai même pas de mots pour exprimer cette angoisse…
    J’y pense souvent, je me dis par exemple que je devrais écrire mon testament, mes volontés pour eux, leur écrire des lettres pour leur dire que je les aime, j’ai peur qu’ils ne se souviennent pas de moi si je meure.
    cette angoisse est accentuée dernièrement chez moi avec un membre de ma fratrie atteint d’une maladie très grave… Ca réveille beaucoup d’angoisses, je ne peux pas imaginer ma vie sans lui…
    Bref, je te comprend sur cette angoisse, c’est difficile car j’ai l’impression d’être la seule à avoir des pensées comme celà…mais peut-être que les gens ne l’expriment pas publiquement.
    Merci pour ton partage.

    1. Merci beaucoup sur ton commentaire intime. Je comprends aussi ces angoisses, je ne l’ai pas évoqué mais c’est par exemple la raison pour laquelle je ne me suis encore jamais éloignée géographiquement de mes petits (pour un court voyage par exemple). J’ai peur qu’il m’arrive ou leur arrive quelque chose pendant la séparation. Et justement je pense que ça a beaucoup à voir avec notre propre angoisse de séparation aussi. Au vu des premiers commentaires je sens que je vais découvrir que beaucoup ont ces angoisses mais n’en parlent pas, c’est sans doute un thème un peu tabou. Je suis heureuse si cet article t’a permis de te reconnaître un peu.

  6. Les angoisses je connais aussi. Cette peur de la mort à commencé à peu près au même âge que toi. Je ne suis pas hypocondriaque, je ne pense pas. Mais je broie du noir. Ça apparaît quand j’ai trop de temps pour penser ou alors quand je me sens bien et heureuse. C’est surtout ton dernier paragraphe qui fait écho en moi. Et puis j’ai connu la maladie, les traitements et le décès d’un proche récemment. Ça m’a beaucoup fait relativiser. Désormais j’essaie de profiter de l’instant présent et de ne pas trop penser au futur que l’on ne maîtrise pas. Ce n’est pas facile tous les jours mais j’y travaille.

    1. Je vois que nous avons donc cela en commun, chez moi aussi c’est frappant comme les périodes « creuses » sont synonymes d’angoisse. Mais je comprends que ton expérience t’ait donné envie de changer, je vais essayer aussi car c’est trop bête de se gâcher la vie avec ce genre de pensées morbides.

  7. Je dois être à peu de chose près ton opposée! Et depuis que je manie la lâcher prise c’est encore plus vrai 🙂
    Par contre, je reconnais bien là mon mari qui a toujours quelque chose qui ne va pas. Il fait beaucoup d’analyses et d’examens complémentaires (qui au passage coûte un fric montre à la sécu!). Mais ce qui me surprends le plus c’est qu’a aucun moment les médecins ne mettent le doigt sur le vrai problème : son stress et son anxiété.
    Dernièrement, c’est allé assez loin, il était vraiment persuadé être très malade (encore merci google!) cette fois-ci il m’a promis d’aller se faire aider et de consulter un sophrologue. Affaire à suivre donc.
    Pour ma part, je suis persuadée que les angoisses de ce niveau cache un mal être qui date de l’enfance et que tant que l’on ne va pas y regarder, ça ne changera pas. Après je peux bien évidemment me tromper.
    Cela va de paire avec le contrôle.
    Je te souhaite vraiment de trouver la paix car tu mérites comme tout le monde le bonheur.

    1. Ton commentaire me donne tellement envie de changer ! Quand tu dis que tu manies le lâcher prise, tu veux dire quoi ? Tu as lu des livres sur le sujet ? Si vraiment mes angoisses devenaient ingérables j’irais consulter malheureusement en allemand je trouve compliqué de débuter une thérapie, cela me bloque aussi.

      1. Quand je dit que je manie le lâcher prise, c’est que je met de plus en plus mon cerveau sur pause et j’écoute d’avantage mes ressenties et mon corps. C’est un travail que j’ai débuté il y a de nombreuses années. C’est un peu difficile de te conseiller un livre car c’est vraiment tout un cheminement. Je comprends que ça ne soit pas facile d’entamer une thérapie dans une langue qui ne soit pas la sienne.
        Pour ma part, j’ai expérimentée l’hypnose ericksonienne (3 séances) et je suis vraiment plus sereine depuis. Personnellement, je suis plutôt adepte des thérapies brèves.
        Ce cheminement m’a vraiment beaucoup ouvert l’esprit, et même si certaine chose dépasse complètement mon cerveau, en fait j’accepte de ne pas tout comprendre, je suis d’avantage connecté à moi-même ce qui me permet de vraiment me recentrer sur l’essentiel.
        Je pense que le gros problème de notre époque, c’est que l’on place le cerveau au centre de tout alors qu’il ne nous aide pas toujours: on veut être dans la maîtrise, dans le contrôle, tout comprendre. Et je pense que c’est une grosse erreur qui nous éloigne de nous-même.
        Si vraiment tu souhaites lire quelques livres, je te conseille vraiment « Les 4 accords toltèques » assez facile à lire, tu devrais en faire qu’une bouchée 😉 Et laisse de coté de qui ne te convient pas.
        Tu peux aussi lire Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même » de Lise Bourbeau que j’ai trouvé assez bluffant, et pareille, laisse de coté de qui te convient pas.
        Je te préviens, au début, tu vas prendre les auteurs pour des barrés! Mais essaie d’aller jusqu’au bout. (Et d’ailleurs, si tu les lis, je veux bien que tu me dise ce que tu en a pensé 😉 )
        Et sinon, je peux te conseiller aussi le blog de Maman Orange, que je trouve très intéressant au niveau de la réflexion ainsi que ces challenges yoga. Mine de rien, ça passe par le corps, mais ça permet aussi de se reconnecter à soi même.
        Courage et profite du temps que tu as pour toi, on a qu’une vie 🙂

        1. Je ne sais pas comment te remercier pour tous ces conseils ! Je sens que c’est vraiment ce dont j’ai besoin ! En ce moment je prends des petits cours d’aquagym et à la fin de la séance on fait cinq minutes de relaxation dans l’eau et ça me fait tellement de bien… sentir juste l’eau sur mon corps et ne penser à rien… Je note précieusement tes conseils de lecture et promis je te ferai un retour !

  8. Je ne suis pas du tout hypocondriaque, en tout cas pour moi, un peu plus pour les garçons (et pourtant mon mari est médecin, mais c’est pire parce que pour lui, ce n’est jamais grave … c’est pour ça que les seuls fois où j’ai emmené mes garçons chez le médecin hors visite de contrôle, ils ont été hospitalisés … hum. Son collègue ne veut plus nous voir )
    Par contre, j’ai très peur de la mort, la mienne (et donc de laisser mes pauvres enfants orphelins et de ne pas les voir grandir) à tel point que j’etiquette tous, je notes tous (sur le blogspot, des carnets, les albums photos) pour en garder une trace; celle de mon mari, un peu de retard, un soir sur la route sans nouvelles et je balise; la leur, évidemment, je ne m’imagine pas survivre à une telle épreuve . (Et je compatis auprès de tous les parents qui ont du endurer ce deuil contre-nature)

    1. Si à chaque fois que tu as eu l’autorisation d’aller chez le pédiatre tes petits ont été hospitalisés c’est que ton mari avait particulièrement bien dissocié le grave du moins grave finalement 🙂 . Sinon j’ai cette même hantise de la trace – et le blog en fait partie évidemment.

  9. Ce qui m’angoisse dans ma mort, c’est de laisser mes enfants dans la peine 🙁
    Je comprends tout à fait tes sentiments. Beaucoup de mes proches ont souffert de cancer, du coup c’est une grosse angoisse pour moi. Par contre, pour mes enfants, je suis plus sereine. La peur n’évite pas le danger comme on dit.

    1. C’est super si déjà tu arrives à être sereine pour tes enfants. De mon côté cela dépend un peu des périodes. Lorsqu’on a été touché de près par certaines maladies graves il est en effet encore plus difficile de rester confiante je crois.

  10. Merci du fond du coeur pour cet article si touchant et sincère. Je me découvre de nouveaux points communs avec toi. Je ne pense pas être hypocondriaque, mais en revanche, je suis moi aussi hyper angoissée face à la mort. Je fais la politique de l’autruche en évitant d’y penser, mais cette pensée finit toujours par me rattraper, de manière inattendue. Je n’ai pas trop peur de mourir jeune, car ça me paraît impossible. Je me sens tellement vivante et en bonne santé que je n’arrive pas à me projeter dans une mort proche, mais j’avoue que ça m’arrive d’y penser quand-même et comme toi, je trouve ça insupportable d’imaginer mes enfants orphelins. Non, moi, ce qui me terrorise le plus, c’est plutôt l’idée du néant, du rien qui est relié à la mort. Je ne suis pas croyante (malheureusement) et l’idée de ce vide, de cette vacuité existentielle et physique me donne des sueurs froides. On ne peut pas « penser » la mort, c’est bien là le problème ….

    1. J’avais deviné que nous nous retrouvions sur ce point en lisant ton commentaire chez Maman délire au sujet des angoisses de son fils. Toi aussi, cela a commencé dans l’enfance ? Je me souviens quand j’étais vraiment « petite », vers dix ans, j’avais envie de secouer tous ceux qui m’entouraient et de leur dire : « Mais vous vous rendez compte que vous allez mourir ?? ». Enfin, ce qui me rassure parfois c’est de penser à ce que je vais laisser, mes enfants mais aussi mes écrits, l’image – j’espère pas trop mauvaise – que les gens garderont de moi. Toi aussi tu peux penser à ça et en plus tu es prof, beaucoup d’élèves j’en suis sûre se souviendront de toi toute leur vie, c’est un beau métier qui change la vie de plein d’autres, c’est pour ça que je l’admire autant.

    2. C’est exactement ça. J’envie les personnes persuadées qu’il existe une vie après la mort car j’aimerais pouvoir en faire partie. L’idée de ne plus exister, d’être finalement comme « avant d’être né » est très angoissante mais d’un autre coté, je me dis que nous n’en souffrirons pas.
      Mon angoisse principale réside plus dans le fait d’abandonner mes proches ou de souffrir au moment de ma mort.

  11. Bonjour,
    Lectrice de l’ombre depuis quelques semaines (mois ?) je me lance enfin du côté des commentaires. D’abord laisse moi te dire que j’adore ta façon d’écrire !!
    Concernant tes angoisses je connais les mêmes mais plutôt envers mes proches, et surtout mon mari , encore plus la nuit quand le cerveau décide de cogiter à plein régime… Je m’imagine des scénarios catastrophe ou je le perds et j’en pleure parfois. Il me dit qu’il a les mêmes craintes (il a craqué alors que je faisais une crise d’angoisses il y a qques jours alors que je n’arrivais plus à reprendre ma respiration) et c’est assez effrayant de se sentir aussi « lié » à une personne…
    Je n’ai pas encore d’enfants mais je suis persuadée que j’aurais aussi ce genre d’angoisses pour eux…
    Alors j’essaye de « tirer parti » de ces peurs et je me dis qu’il faut profiter de la vie à fond ! que la vie est fragile et peut être fugace alors profitons de nous et des gens qu’on aime, si un malheur arrive, alors nous l’affronteront comme on pourra mais on aura vécu de beaux moments !

    1. Je suis tout à fait d’accord avec ta conclusion et c’est en pensant comme ça que j’arrive la plupart du temps à ne pas me laisser ronger par ces angoisses. Mais je les comprends évidemment… Merci en tout cas pour ce premier commentaire ça me fait toujours très plaisir quand des lectrices sortent de l’ombre 🙂 .

  12. En s’imaginant le pire, on est souvent rassuré. Je ne m’inquiète pas pour la santé de mes enfants au quotidien, mais j’avoue que quand j’entends une mauvaise histoire, elle résonne en moi, et j’ai tendance à me projeter dedans. Pourquoi ? Alors qu’il y a à côté de ça 10 histoires qui sont belles et que je retiens moins. Mais c’est sûr qu’avec des enfants je suis plus sensible… ça doit faire partie de notre rôle de mère…

    1. Tu as raison sur beaucoup de points ! D’abord sur cette inquiétude inhérente à notre rôle de mère, comme je l’ai écrit, mes angoisses se sont vraiment intensifiées depuis la naissance de mes fils. Et puis sur cette étrange tendance à se projeter dans les drames… Il va falloir que j’y réfléchisse !

  13. Tu le sais, tes mots me touchent et font écho à ce que je vis au quotidien !
    Je ne sais pas non plus quand ça a commencé, peut être quand mon voisin est mort dans un accident de l’an route ou quand même ma maman a été gravement malade.
    Je crois que j’ai pris conscience que des mauvaises choses pouvaient arriver et que je pouvais perdre ceux que j’aime ! J’ai cette peur irrationnelle du coup de fil pour m’annoncer qu’il est arrivé quelque chose à mes parents, ma sœur ou à mon mari et maintenant à ma fille ! J’ai peur de mourir et de ne pas voir ma fille grandir ! Comme toi si on m’annonce une crise cardiaque à 90 ans je signe tout de suite ! J’angoisse de ne pas savoir, de ne pas avoir de contrôle ! D’etre Touchée de plein fouet par une grave maladie ou mon entourage ou l’es personne que j’aime !
    Mon mari supporte tout ça mais je sais que ce n’est pas facile !

    1. Je pense aussi que ces angoisses se sont intensifiées au fur et à mesure que j’ai vu des drames autour de moi. J’ai compris que ça n’arrivait pas « qu’à la télé » alors que mon enfance avait été très (trop ?) préservée. Et puis comme toi je pense qu’un des mots-clé est celui du contrôle, j’ai vraiment ce besoin « dans la peau » c’est insupportable. J’espère quand même que je vais réussir à m’améliorer un peu, à ce titre j’ai déjà mille fois mieux vécu ma deuxième grossesse et c’est déjà une belle victoire.

  14. Moi la mort, j’y ai ete confrontree lorsqu’on m’ brutalement annonce quand ma 1ere fille avait 2 jours, qu’elle avait une malformation cardiaque grave et qu’elle allait mourir. Ca a ete un moment noir de mon existence mais j’ai fais face et j’ai survecu. J’etais tres angoissee comme toi, et ce vecu n’a fait que renforcer mes angoisses quotidiennes. Mais on fait avec. Le yoga, la relaxation ca aide. Et aussi resonner avec son bon sens et oas avec ses emotions.

    1. C’est terrible ce que tu as traversé, j’ai peur de ne pas trouver les bons mots pour t’exprimer toute ma compassion… Bien sûr après un tel choc je comprends que tes angoisses ont été renforcées. Le yoga et la relaxation sont de bonnes idées, je les note dans un coin de ma tête.

  15. Oh là…J’avoue ne pas être une grande angoissée, il me faudrait d’ailleurs parfois plus faire attention aux signes et j’ai la chance jusqu’à présent de n’avoir pas trop eu de soucis à laisser courir mes douleurs jusqu’à ce qu’elles partent seules, ou que je doives aller chez un médecin. Mais vivre avec de telles angoisses au quotidien ne doit pas être facile…Je ne peux rien te proposer, mais j’espère que tu arriveras un jour à t’apaiser et prendre le bonheur qui t’arrive tel qu’il est, sans rechercher de contrepartie!

    1. C’est très intéressant ce que tu écris, cette notion de contrepartie ! Car je pense aussi qu’un des problèmes vient de là. Je n’arrive pas à accepter l’injustice de la vie, le fait que les maladies et la mort frappent en aveugle, ne récompensent ni les gentils ni les méchants… J’espère en tout cas devenir un jour un peu plus comme toi et lâcher prise 🙂 .

  16. (Une gestionnaire de projet qui a besoin de planifier et prévoir, que c’est étonnant 😉 )

    Je t’avoue que j’ai toujours trouvé bizarre les hypocondriaques. Pas négativement hein ! Ca part vraiment d’un étonnement de ma part, d’une vraie interrogation sur ce qui peut vous causer ces pensées (parfois morbides) ? Ton article donne un éclairage intéressant sur le sujet.

    N’en souffrant pas, je ne comprends en effet pas comment on peut s’inquiéter autant pour des maladies qu’on n’a pas 🙂 Mais je ne pense pas être d’un naturel inquiet et je ne le suis en tout cas pas du tout pour le domaine médical. Mon fils a eu beau faire 39-40 de fièvre pendant 3 jours, à aucun moment je n’ai paniqué ni même imaginé le pire (tellement pas que c’est mon mari qui a fini par emmener le petit chou chez la pédiatre…) Je suis peut-être dans l’effet inverse du coup (ce n’est pas mon kyste au poignet que j’ai depuis 2 ans qui va me contredire hihihi). J’ai besoin de preuves concrètes que quelque chose ne va pas, en fait… Quand on m’a dit que le petit avait eu un résultat positif à une maladie grave, j’ai paniqué. Quand on m’a dit que c’était un faux positif, je suis redescendue presque aussi vite.

    Bref, on fait avec « l’équipement » émotionnel qu’on a, différent pour chacun, variable selon le sujet aussi 😉
    Pour les enfants, je crois qu’on imagine de toute façon bien plus facilement le pire pour eux. Je ne m’inquiète pas, non, mais dans un coin de ma tête, il y aura toujours une petite voix qui dit « et s’il leur arrivait quelque chose ? »

    1. Eh oui je dois dire que mon métier me va parfaitement mais parfois je me demande justement s’il ne me pousse pas trop loin dans mes tendances justement. Mes tableaux Excel / plannings / budgets divers et variés ont tendance à rendre fou mon mari d’ailleurs il m’a dit une fois qu’il ne voulait plus en entendre parler ! En tout cas tu as bien raison voilà un sujet sur lequel nous avons tous notre sensibilité. Je remarque quand même en lisant les commentaires que beaucoup de jeunes mamans sont concernées, il doit y avoir un truc…

  17. Je me reconnais tellement dans ce que tu racontes…
    Il y a d’abord le lysanxia que j’ai pris pendant mon adolescence pour mon émétophobie.
    Et puis il y a cette peur de la mort… J’y pense chaque jour! Encore plus depuis que j’ai eu 30 ans car je me rapproche de l’âge du décès de ma maman. Ce qui me fait peur dans la mort, comme toi, ce n’est plus la mort en tant que telle. C’est mourir demain, jeune, en laissant mon père, mes frères et sœurs et surtout mon mari et ma fille. Je ne veux pas faire subir à mon mari et ma fille ce que nous avons vécu dans ma famille. C’est inconcevable pour moi et j’y pense chaque jour.
    La maladie et la mort de mon bébé m’angoisse tout autant mais j’y pense moins…
    J’espère un jour passer au dessus et ceci avant d’avoir passer le cap des 35 ans. Des fois, je me dis qu’il faudrait que j’aille voir un psy… Il faut que j’y réfléchisse sérieusement mais je crois qu’il n’y a que des médecins et des examens qui pourraient vraiment m’aider… et encore…
    Je trouve très joli et tellement vrai ce qu’à dit ton amie. C’est une belle philosophie que je vais garder en tête!

    1. Oh ma pauvre Madame Bobette, j’imagine que dans ton cas c’est encore plus dur 🙁 . De mon côté je me dis que si mes angoisses m’empêchent vraiment de profiter du quotidien j’irai consulter. Pour le moment ce n’est pas le cas mais je sens (comme lors de mon premier congé parental) que je suis dans une période « sensible ». J’espère de ton côté en tout cas que tu trouveras le moyen de t’apaiser un peu.

  18. Je ne suis pas hypocondriaque mais mon beau-père l’est, et je vois à quel point ça peut être angoissant au quotidien.
    Par contre, j’ai une peur viscerale de la mort, j’essaye de me calmer, de me raisonner maintenant parce que je me dis que le jour où mes filles vont me questionner sur la mort, je ne veux pas leur transmettre cette angoisse. Je discute avec mon mari, qui n’en a absolument pas peur (comment fait-il ???!) et j’essaye de philosopher dessus pour arrêter de paniquer en imaginant que je vais mourir en prenant l’avion, ou qu’il est mort quand je n’ai pas eu de ses nouvelles pendant la journée et qu’il rentre plus tard que d’habitude (je fais vite des hypothèses dans ma tête). Étrangement, je ne pense jamais à la mort de mes enfants, mais je crois que c’est du déni, pour moi, c’est absolument impossible qu’une telle chose arrive, je bloque immédiatement mes pensées…
    Tu vois, on a tous nos angoisses, mais je trouve ça bien d’en parler !

    1. Je dois dire que je suis étonnée mais rassurée de lire que beaucoup partagent plus ou moins mes angoisses. En plus certains commentaires me donnent des pistes pour me détendre ! Je vais lire les livres que m’a conseillés Claire et je vous dirai si ça m’a aidé 🙂 .

  19. Pfff quel article! Ça m’a donné des frissons car je m’y reconnais tellement , bien que je n’en parle jamais « de peur de me porter la poisse »…
    Enfant je redoutais la mort de mes parents ( je la redoute toujours), aujourd’hui celle de mon mari, mes enfants mais aussi soeurs, neveux… Je crois toujours que je n’y survivrai pas.
    Je pense aussi que c’est pour cela que j’ai beaucoup de mal à ne séparer de mes filles. Avec moi c’est bête mais j’ai l’impression de contrôler et qu’elles sont plus en sécurité.
    Alors bien sûr au moindre signe je m’echafaude des senarios catastrophes qui me plongent dans l’angoisse et l’insomnie.
    Ma propre mort me fait moins peur mais imaginer ne pas voir mes enfants grandir me rend très triste car je voudrais encore tellement leur transmettre… Bref je me sens très proche de ce que tu racontes.

    1. C’est dingue je n’imaginais pas que nous avions ce point commun ! Et j’ai le même « symptôme » : impossible de me séparer de mes fils jusqu’à maintenant, encore moins géographiquement.

  20. Ton article me touche parce que ça ne doit pas être facile à vivre au quotidien. Et j’imagine que ça ne doit pas être plus simple avec tes enfants.
    De mon côté je ne suis pas hypocondriaque du tout. En général je ne vais chez le médecin que si la douleur ne passe vraiment pas, mais je ne m’angoisse pas des masses pour moi. Très égoïstement, c’est la mort des autres qui me fait peur ! Je me dis que le plus dur c’est pour ceux qui restent. La seule chose qui m’angoisse ce serait de laisser ma Biscotte sans sa maman.
    Par contre je suis extrêmement angoissée à l’idée qu’il arrive quelque chose à mes proches. Mon papa a eu un cancer il y a maintenant un peu plus de 5 ans, heureusement pris très tot mais même si il est aujourd’hui considéré comme guéri par les médecins, je ne suis pas tout à fait sereine avec ça. Le décès brutal de ma belle-sœur (la compagne de mon petit frère) pendant ma grossesse m’a également énormément perturbée et a beaucoup contribué à cette peur de perdre mon mari ou ma Biscotte notamment qui reste aujourd’hui omniprésente chez moi. Je suis quelqu’un d’un naturel plutôt optimiste, mais je crois que ce deuil qui est venu nous frapper pendant une partie difficile de ma grossesse m’a marqué bien plus que je n’aurais pu l’imaginer.

    1. Oh la je comprends ça a dû être un moment très triste et pendant une grossesse on y est toujours particulièrement sensible c’est normal…

  21. Je te rejoins sur beaucoup de points… Peur de la mort, peur d’avoir une longue maladie… Mais ma plus grande peur actuellement c’est que ma fille ne se souvienne pas de moi. Si je meurs demain, quels souvenirs aura-t-elle des moments que nous avons partagés ? Cette idée m’est vraiment insupportable. Je pense d’ailleurs que c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai commencé ce blog. Lui laisser une trace, lui raconter avec mes mots les premières années de sa vie, lui dire en fait qui était sa maman. Bref, je me disais justement qu’avec ton mari médecin tu devrais être rassurée par rapport à ça mais je vois que ce n’est pas le cas. En tout cas à ta prochaine crise d’angoisse, pense à toutes tes lectrices qui ressentent la même chose que toi, ça devrait t’aider.

    1. En effet quelque part je suis rassurée de lire que je ne suis pas la seule à avoir des peurs comme ça 🙂 . Mais j’espère que nous réussirons toutes à passer outre car c’est un peu dommage de gâcher le présent avec ça…

  22. Je suis quelqu’un d’angoissée, pas hypocondriaque mais parfois mes inquiétudes m’amène à la porte de cette maladie… car pour le coup, l’hypocondrie est une maladie… As-tu déjà essayer de te faire suivre pour essayer d’apaiser tout cela ? Car clairement, vivre avec ses angoisses au quotidien, c’est épuisant ! Je te souhaite de trouver des solutions pour être plus zen face à ta santé et celle de tes enfants !

    Virginie

    1. J’ai déjà suivi une thérapie lorsque j’habitais en France pour d’autres soucis mais qui se rejoignent. En Allemagne à cause de la langue franchir ce pas me semble moins évident. Si ça gâchait vraiment mon quotidien je le ferai quand même. Pour le moment ça reste supportable.

  23. Ça doit être épuisant de s’en faire comme ça tout le temps, j’espère que tu arriveras à trouver des pistes pour t’apaiser.

    Pour moi la mort fait tellement partie de la vie que je m’imagine souvent la mort de mes proches… J’ai déjà rêvé que mon mari mourait plus d’une fois, il trouve ça bizarre que je le « tue » si souvent, mais je crois que ma tête a besoin de se préparer à cette éventualité. C’est le bizarre de l’autre extrême j’imagine 😉

  24. Très intéressant point de vue, comme souvent. Je suis plutôt du genre à aller très peu chez le médecin, y compris pour les enfants. Ressortir avec une ordonnance de doliprane, ça m’agace.
    Par exception, juste après les naissance de mon 1er et aussi de la 2 ème, j’ai paniqué, pour rien, en imaginant le pire. Une boule au sein (c’était un engorgement!!!), et une boule(encore) sous la peau (un truc comportement bénin). Du coup je comprends totalement ton point de vue et le rapport au « trop de bonheur pour que ça dure » je pense aussi que donner la vie nous fait toucher du doigt ces grands mécanismes dont la mort fait partie…
    Johanna

    1. C’est dingue ce que tu décris car c’est exactement pareil pour moi, ces peurs décuplées après les naissances. Du coup j’imagine qu’il y a bien un lien.

  25. Je ne suis pas hypocondriaque, ce serait d’ailleurs même plutôt le contraire (je déteste passer 3h en salle d’attente du docteur ! « Moins je le vois mieux je me porte » comme on dit) ; mais étrangement tes mots résonnent en moi.
    Je crois qu’effectivement quand on devient maman on a cette angoisse de mort qui vient plus fort, avec plus de violence. D’une certaine façon donner la vie fait aussi frôler la mort… c’est notre rôle de parents, désormais, de garder ce petit être en vie. C’est notre plus grande responsabilité et c’est vrai que j’ai ressenti un vide abyssal lorsque je me suis rendue compte de cette responsabilité au retour de la maternité avec number 1. Cet être ne dépend que de nous, si on se foire… ce sera uniquement notre faute. Un truc du genre.
    Je n’ai plus ressenti ça ensuite, je m’inquiète plus pour mes nuits lorsqu’ils tombent malades (mon dieu que je suis auto centrée !) !
    Et surtout j’ai moins peur de mourir moi, que mon mari meurt. Surtout depuis les attentats… quelques pétards et un mari sorti en ville ont eu raison de moi l’été dernier… j’étais dans un état ! Il suffit aussi qu’il ait un peu de retard, et le sachant sur la route, je ne suis jamais tranquille.
    Je ne sais pas pourquoi. Je crois que je ne me sens pas les épaules pour être veuve et élever mes enfants seule. Il me manquerait terriblement.
    Cela dit lorsque mes enfants sont sur la route avec d’autres personnes que moi, ça m’angoisse aussi. En fait je n’ai pas peur des maladies, mais des accidents. Le truc encore plus soudain, qui peut frapper à n’importe quel moment, n’importe qui. Moi aussi souvent je me demande « mais pourquoi pas nous ? ». Il n’y a en effet pas de raison. Alors je continue de prier pour que mes grands mères veillent sur nous, de là-haut. C’est sûrement un peu idiot, mais j’y crois vraiment.

    1. En tout cas je constate que nous sommes nombreuses à avoir ce type d’angoisses et ça me rassure un peu ! De mon côté aussi j’ai peur des accidents mais plutôt pour mes proches en effet. Pour moi je me dis que dans ce cas je n’aurai pas le temps de comprendre, ça ira très vite, alors ça va (?).

  26. Bonjour, je te lis depuis longtemps mais je n’ai jamais commenté. Nos aînés ont le même âge, ce que tu vis me parle beaucoup! Pour cette tendance à être hypocondriaque, comme Claire je reconnais tout à fait mon mari…. De mon côté je suis une grande angoissée, mais bizarrement depuis que je suis maman, j’arrive beaucoup plus à prendre du recul et à envisager les choses « froidement », ce qui me change la vie! Mais mon mari chéri….. C’est un fils unique (je le dis car jusqu’à il y a peu, chaque discution commençait par : « oui mais je suis fils unique!! », et pour sa famille les choses ont toujours tourné autour de la santé. Il est responsable du quart du trou de la sécu à lui tout seul. Rien que cette année il a fait 3 infarctus, un cancer des testicules, des calculs renaux, plusieurs AVC, des tumeurs au cerveau, a l’estomac, au poumon…. Dans sa tête. J’ai beau le savoir (et lui a l’admettre depuis qu’il voit un psychiatre ET une psychologue) c’est parfois vraiment difficile à vivre au quotidien. Il est parfois pris d’un blues terrible genre on va au Resto et il passe la soirée le nez dans son plat sans décrocher un mot, convaincu d’être sur le point de mourir ce soir ou dans la nuit, ou bien il passe des heures à me décrire ses « symptômes » et à me faire le compte rendu de ses recherches sur doctissimo. Le pire a été atteint lorsque, alors enceinte de 4 mois il est arrivé comme une fleur et très fier de lui (après une semaine à se lamenter qu’il était sur d’avoir un ganglion dans le cou) à me dire au téléphone qu’il avait la toxoplasmose!! Il était très content c’était pas grave…. Je ne t’explique pas la terreur absolue dans laquelle j’ai vécu jusqu’au moment de sa consultation chez le médecin (qui lui a ri au nez évidement) et jusqu’à ma prochaine prise de sang…. Juste pour dire en fait que pour l’entourage c’est parfois usant, parfois stressant et pour tout dire parfois invivable, même avec beaucoup d’empathie et d’amour. Pour nous son suivi psy a fait beaucoup ainsi que les séances d’haptonomie. Il a maintenant conscience (au moins de loin) lors de ses crises, qu’il est possible que ce soit juste dans sa tête.

    1. J’imagine que pour toi aussi ça soit très difficile à vivre en effet. Je ne me reconnais heureusement pas dans ce portrait, de mon côté c’est beaucoup plus léger quand même et surtout je suis bien consciente justement que souvent j’exagère… mais évidemment si cela devenait trop envahissant j’irai aussi consulter. Pour le moment je vais me contenter des lectures que Claire m’a conseillées. Bon courage à vous !

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