Crèches et KiTas : comparatif

Crèches et KiTas : comparatif

Mathou est une fidèle lectrice, éducatrice de jeunes enfants en France. Pour inaugurer ma rubrique « témoignages », elle m’a proposé de comparer les systèmes d’accueil français et allemand.

Qu’est-ce qu’une crèche ?

M / La « crèche » française n’existe plus en tant que telle. Le mot approprié est « établissement d’accueil du jeune enfant », mais pour faire plus simple on parle de crèche. Les enfants accueillis sont dans les textes âgé de deux mois à six ans mais en réalité peu d’enfants français fréquentent les crèches après leur troisième année : ils vont à l’école maternelle. Le nombre d’enfant accueillis varie énormément : de 10 pour les micro-crèches allant jusqu’à la centaine pour les très grandes structures. Le gestionnaire peut être privé (une association, une entreprise…) ou public (une commune).

F / En Allemagne on parle de KiTas c’est-à-dire de structures d’accueil de jour pour enfants. Les enfants accueillis ont entre un et six ans. Traditionnellement seul le jardin d’enfant « Kindergarten » à partir de trois ans existait. L’accueil des enfants de un à trois ans est en plein développement depuis l’instauration en 2013 d’un droit national opposable à une prise en charge à partir d’un an. Cela signifie que si ma ville ne m’offre aucune prise en charge pour Charles en août prochain, je peux l’attaquer en justice et qu’elle devra rembourser mes salaires perdus.

La plupart des KiTas accueillent une cinquantaine d’enfants dans des groupes répartis par tranche d’âge – les « U3 et Ü3 », plus ou moins de trois ans. Beaucoup sont encore gérées par les Eglises catholiques ou protestantes. 

Qui s’occupe des enfants à la crèche ?

M / Nous avons tendance à utiliser le terme générique « éducatrice » ou » puéricultrice » mais l’équipe est généralement pluridisciplinaire :

  • la directrice est le plus souvent infirmière puéricultrice, cela signifie qu’elle est infirmière et qu’elle a fait une spécialisation d’un an pour devenir puéricultrice.
  • l’EJE peut être directrice, adjointe de direction, et/ou travailler auprès des enfants. Dans ce cas, elle aura toujours un rôle fédérateur et moteur auprès de l’équipe. Elle a fait trois ans d’étude (psychologie, développement de l’enfant…) et n’a pas de formation médicale.
  • les auxiliaires de puériculture ont une formation d’un an axé à la fois sur les soins mais aussi sur le développement de l’enfant. Elles prennent en charge les enfants dans leur globalité tout au long de la journée.
  • les titulaires du CAP petite enfance : ce certificat d’aptitude permet de prendre en charge les enfants de la structure mais aussi de faire de l’entretien (du linge, des locaux) et de la  cuisine.
  • on rencontre aussi du personnel qui intervient quelques heures par mois comme le médecin de crèche.

Le personnel des crèches françaises est donc majoritairement issu de la filière médicale ou sanitaire. Le nombre de personne présent auprès des enfants varie aussi d’une structure à l’autre. Mais le minimum requit est une personne pour cinq enfants qui ne marchent pas et une pour huit qui marchent.

F / En Allemagne les éducatrices « Erzieherinnen » s’occupent principalement des enfants. Elles ont reçu une formation de deux ou trois ans en pédagogie, psychologie, développement de l’enfant. Il n’est pas nécessaire d’avoir l’ « Abitur », le baccalauréat allemand pour devenir éducatrice mais le système scolaire est aussi bien différent. Les éducatrices doivent être au minimum : deux pour dix enfants de un à trois ans et deux pour 25 enfants de trois à six ans. La crèche comprend par ailleurs généralement une directrice, parfois une cuisinière. 

Je suis pour ma part toujours surprise d’entendre que les enfants français reçoivent parfois du paracétamol ou peuvent voir un docteur dans leur structure. Ici on appelle les parents dès que l’enfant à 38,5 parce qu’il n’est plus en mesure de participer aux activités. Et il est hors de question de lui administrer un quelconque médicament.

Combien ça coûte, et comment avoir une place ?

M / Le prix de revient d’une place de crèche à l’heure est très cher (environ dix euros). Très peu de parents peuvent se permettre ce coût donc la plupart des structures reçoivent des subventions : ces subventions peuvent provenir des collectivités territoriales, d’une entreprise mais surtout de la CAF (Caisse d’allocations Familiales). Pour les structures privées qui ne travaillent pas avec la CAF,  les familles peuvent recevoir des aides venant de leur entreprises ou de la CAF mais cela reste globalement plus cher.

Pour avoir une place dans une crèche, il faut se renseigner auprès de sa mairie. Pour certaines structures privées, il faut contacter directement la directrice de la crèche. Pour les structures publiques et certaines structures privées, il faudra attendre un passage en « commission d’attribution des places ». Dans cette commission sont étudiés les dossiers de chaque famille qui demande une place. Chaque dossier reçoit des points en fonction de la situation familiale et sociale : précarité, fratrie, monoparentalité, handicap, parents travaillant tous les deux… toute une liste de critères qui permettent d’obtenir un nombre de points. Celui qui a le plus de points est le premier servi. Ces commissions permettent une attribution neutre et équitable des places dans les structures.

F / Dans ma ville, le prix est fixé en fonction des revenus des parents et va de la gratuité à 700 Euros par mois. Ce prix est unique quelque soit le nombre d’enfants : notre cotisation ne changera donc pas avec la rentrée de Charles. Les repas, à tarif unique, sont payés séparément et par enfant et le prix est d’environ 50 Euros par mois. L’obtention d’une place en crèche se fait via la mairie, selon une procédure semblable à celle décrite ci-dessus. Il n’existe qu’une seule date possible de rentrée : au mois d’août chaque année – les périodes d’adaptation des nouveaux s’égrainant cependant jusqu’en septembre. A la rentrée 2019 seront accueillis en « U3 » les enfants nés entre le 1er novembre 2016 et le 31 octobre 2017 (dont Charles !) et en « Ü3 » les enfants nés entre le 1er novembre 2014 et le 31 octobre 2015 (dont Pierre !). Les enfants nés à partir du 1er novembre 2012 quitteront eux le jardin d’enfants pour entrer à l’école primaire.

Comment se déroule une journée à la crèche ?

M / Chaque structure va avoir une routine de journée qui lui est propre mais qui est toujours réfléchie en fonction du projet pédagogique. Ce projet, qui est obligatoire, va servir de ligne conductrice aux pratiques des professionnelles tout au long de la journée. Ce projet doit être communiqué aux parents, voir réfléchi en collaboration avec eux. Chaque crèche a ses horaires propres mais souvent l’ouverture se fait vers 7h-7h30 et la fermeture vers 18-19h. Par ailleurs un enfant peut arriver plus tard, ou n’être présent que certains jours de la semaine, si cela correspond au planning de ses parents.

De manière très générale, le matin est le temps de l’accueil où les enfants arrivent petit à petit. Les professionnelles les accueillent, les enfants se dirigent vers les jeux installés. Vers 9h, s’il y a plusieurs groupes/ section, les enfants se séparent, et vont pour les plus grands faire un jeu ou une activité. Puis vient le temps du repas (souvent précédé par un temps de change/ lavage de main et d’un temps calme), puis la sieste. Enfin une activité, le goûter et à nouveau les accueils du soir.

A savoir que ce rythme est valable pour les plus grands. Pour les bébés, ils sont normalement couchés et nourris à la demande, en fonction de leur rythme et de leurs besoins.

En fonction du projet de la structure multiples activités peuvent avoir lieu : sortie à la bibliothèque, à la piscine, partenariat avec une maison de retraite, intervention d’un musicien…

F / Les horaires d’ouverture sont plus restreints ici. La plupart des enfants sont accueillis 35 heures par semaine : du lundi au vendredi de 8h à 15h.

Les enfants doivent être présents tous les jours avant neuf heures. A neuf heures, la journée commence par une ronde, le « Morgenkreis ». Les enfants s’assoient autour des éducatrices qui évoquent alors les projets en cours et chantent des chansons sur le thème du moment.

Après le « Morgenkreis », les enfants prennent ensemble leur petit déjeuner, le « Frühstück ». Certains arrivent en effet à jeun dans la structure. D’autres prennent alors plutôt ce qui pourrait s’apparenter à un gros goûter. C’est en tout cas généralement les parents qui fournissent ce repas dans une « Brotdose », une « boîte à pain » compartimentée. Il est traditionnellement constitué de pain complet, de charcuterie ou de fromage et de crudités ou de fruits.

Ensuite les enfants font des activités jusque 11h30, l’heure du repas de midi. Une grande place est faite aux jeux en extérieur quelque soit le temps. Les parents doivent ainsi fournir dès la rentrée une tenue complète de pluie : bottes, veste et salopette imperméable, le fameux « Matschhose ».

De 12h30 à 14h00 c’est l’heure de la sieste ou d’un temps calme de lecture. Vers 14h30 un goûter est parfois servi par la structure. A partir de 14h30 les parents peuvent venir récupérer leur enfant. C’est généralement l’occasion d’échanger un peu avec les éducatrices mais cet échange n’est pas formalisé.

Et en conclusion qu’est-ce qu’on en pense ? 

F / En Allemagne j’apprécie beaucoup le fait que la prise en charge soit garantie à partir d’un an, et que les parents aient droit à un congé parental indemnisé jusqu’à cet âge. J’aime aussi les activités proposées, très axées sur l’autonomie et les jeux en extérieurs. Enfin pour les plus grands je trouve l’absence de stress pour l’acquisition de la propreté et leur adaptation respectueuse de leur développement. Ce qui me chiffonne un peu :

  • l’emploi du temps fixe : il contraint l’organisation des parents et le rythme des plus petits,
  • l’échange d’informations avec les éducatrices, que j’ai trouvé insuffisant lorsque Pierre avait un an.

M / En France, le système de financement via la CAF permet d’offrir des place à moindre coût. Les horaires d’accueil, d’une large amplitude et flexibilité, s’adaptent vraiment aux besoins des parents. La formation sanitaire du personnel est bien adaptée à la prise en charge des bébés de moins d’un an.

Malheureusement, le nombre de places disponibles est très restreint et beaucoup d’enfants sont exclus de ce type d’accueil. La flexibilité des jours et horaires d’accueil, si elle est perçue positivement de la part des parents, comporte aussi des désavantages pour le personnel et les enfants : dans ces conditions, il est difficile d’instaurer une routine quotidienne stable. Cela peut même devenir un vrai casse-tête pour la direction en terme de gestion administrative, mais aussi pour les professionnelles qui doivent presque toute la journée être en mesure d’accueillir des enfants tout en gérant le groupe.

Voilà, vous savez presque tout maintenant ! – même s’il est important de préciser que, l’Allemagne étant une fédération, l’organisation peut varier selon les régions.

Alors, si vous aviez le choix, vous préfèreriez vivre ici ou là-bas ?

69 réactions au sujet de « Crèches et KiTas : comparatif »

  1. J’adore notre crèche. C’est une crèche parentale qui est située au rez-de-chaussée d’une petite maison. Toute petite structure très rassurante, avec peu de turn-over chez les professionnelles. B. est devenu le président de l’association des parents il y a un an maintenant ; et il adore.
    Bref. Je suis aussi contente qu’on ait cette école maternelle en France, je trouve que c’est une vraie chance pour nos enfants – même si la rentrée a été dure j’en reste convaincue.
    Voilà pour les points positifs que je vois chez nous. Après, votre système me fait vraiment rêver : un an de congé parental rémunéré à 65% ! Le pied. Après le fait que ce soit obligatoire, pour le coup, je trouve ça dommage. Mais c’est une super opportunité pour construire un vrai lien avec son bébé.
    Bref, un mix de tout ce serait bien ?

    1. J’aimerais beaucoup savoir pourquoi tu considères l’école maternelle comme une chance, ton point de vue de professionnelle là dessus. Mon grand n’est pas encore chez les « grands » de sa crèche mais les différences avec le système français m’interrogent. Je suis assez persuadée que les enfants français sauront faire plus de choses que lui au même âge (tenir un crayon correctement par exemple) – et pour tout te dire en ce moment ça me stresse parfois un peu – mais je me demande si c’est vraiment mieux ? Les allemands arrivent aussi à apprendre à écrire un jour ? Le congé parental n’est pas vraiment obligatoire, tu peux choisir de faire moins d’un an et trouver une nounou privée par exemple… C’est juste que tu n’as pas de droit automatique à une place en crèche du coup… Et cela dit dans les faits je ne connais qu’une personne qui l’ait fait en effet.

      1. Bonjour,
        Un membre de ma famille qui est Grundschullehrerin et qui est « à moitié » française m’a expliqué qu’effectivement beaucoup d’enfants n’arrivent pas à écrire correctement à la fin de la 1ère classe. Le fait qu’il n’y ait pas d’école maternelle semble poser surtout problème aux enfants qui ont des difficultés et qui doivent apprendre à écrire très très rapidement sans avoir eu le travail préparatoire de la maternelle. Ensuite pour avoir vécue en Allemagne et pu comparer des enfants allemands et français du même âge je trouve les enfants allemands beaucoup plus autonomes et épanouis en général.

        1. C’est intéressant ce que tu dis ! De mon côté je n’ai pas encore suffisamment de recul pour en juger. Comme tu dis cela dépend sans doute des enfants, il doit y en avoir pour qui ce modèle correspond mieux et inversement… Et puis comme toujours chaque système a forcément ses avantages et ses inconvénients 🙂 .

          1. Je rajoute mon grain de sel à cette conversation qui m’intéresse beaucoup!
            Ayant vécu en Allemagne, c’est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de faire l’IEF (= Instruction en Famille = école à la maison) pour notre aîné: je n’apprécie pas trop la pression mise sur l' »académique », dès le plus jeune âge, en France.
            A mes yeux un enfant de 3 ans a surtout besoin de jeux, de mouvement… le « retard » se comblera vite ensuite!

            J’avoue que l’IEF me permet de combiner les deux d’une manière qui me convient bien: 1h par jour consacré à « l’école », plutôt orienté Montessori, et le reste à jouer, participer à la vie de la maison, et beaucoup de temps dehors!

      2. Bien sûr que tu n’as pas à t’inquiéter. Lire, écrire, Pierre apprendra tout ça en temps voulu.
        Je considère la maternelle comme une chance car elle prépare réellement à « la grande école » même si elle reste différente au niveau des rythmes et de l’organisation (en ateliers et en grands groupes, pas encore sur les « bancs » de l’école). En France, tout le monde ne va pas en crèche, loin de là, et pour beaucoup c’est encore la première fois en collectivité ! Pour moi c’est vraiment le début de l’apprentissage de la vie avec les autres, à mon sens une des plus grandes choses qu’on apprend à l’école. Et puis… c’est gratuit ! C’est bête mais ça aussi c’est une vraie chance.
        Alors, certes, il y a des choses à revoir… 30 enfants en maternelle, c’est trop. Mais les maitresses y font un boulot tellement formidable, s’inspirant de tas de méthodes (Montessori, Freinet…) et essayant avec leurs moyens de s’adapter à leurs élèves. Ça reste encore très ludique et pourtant des tas de choses sont posées pour la suite : s’assoir sans bouger, écouter la maitresses, écouter ses pairs, attendre son tour pour parler… le temps du goûter, de la récré, tous ces moments propres à l’école sont déjà mis en place et c’est tout ça de gagner pour le cp.
        Bien sûr, ils vont apprendre les lettres, à tenir un crayon, et ça c’est important aussi en sachant que l’intérêt d’un enfant pour la lecture se manifeste souvent avant six ans, dans les faits. Ils vont poser les bases, apprendre à découper, à coller aussi, mais ça ne veut pas dire que sans l’école maternelle un enfant ne saura pas tenir un crayon. Vraiment pour moi l’intérêt premier c’est d’entrer en douceur dans cet endroit si particulier, avec ses codes propres, et aussi d’apprendre la vie en collectivité (même si Number 1 a été à la crèche, tu vois, je vois bien qu’il se comporte à l’école complètement différemment).

        1. Merci pour toutes tes explications passionnantes 🙂 . Bientôt une maman en Allemagne va raconter la rentrée de sa fille en CP ici j’ai hâte de voir ce que tu en penseras !

    2. Le turn over peut être un turn over important d’enfants , nécessaire pour faire tourner la structure, comme de professionnelles. C’est une chance si ça ne tourne pas trop dans la crèche de ton bébé, car ça arrive toujours à un moment donné dans la vie d’une équipe. La mienne par exemple à été recrutée « jeune » et nous sommes donc déjà 4 à être devenues maman une ou plusieurs fois depuis 4 ans . Donc congé maternité, parental, arrêt pathologique, temps partiel… C’est tout à fait normal mais ça fait beaucoup de changements pour les enfants et les familles.

  2. Pour moi qui vis aussi en allemagne c’est intéressant de voir à quel point c’est différent d’un endroit à un autre! Et d’ailleurs les tarifs ne varient pas seulement d’un Länder à l’autre mais carrément d’une ville à l’autre! Les villes n’ont pas toutes le même budget alloué aux structures d’accueil. A 15km de chez nous il y a une ville ( où on habitait avant) où on payait quasiment cent euro de moins par mois pour un enfant et c’était fonction des salaires pour les U3 alors que dans notre ville ici ce n’est le cas qu’à partir de 3 ans révolus (Ü3) et pas de 1 à 3 où là il faut payer 350 euro par enfant ( sans compter le repas de 55 euro ), peu importe ce qu’on genre. Le deuxième enfant paie ici 65%. Seul le 3e est gratuit, il faut juste payer le repas ( si ils sont tous les 3 dans une structure publique).
    Pas loin encore, une autre ville, le kindertagen est carrément gratuit pour tous!!
    Et ici les enfants sont mélangés de 1 à 6 ans dans le même groupe, pas cloisonnés par âge.
    Pour moi c’est clair que l’Allemagne c’est vraiment super pour les enfants, il y a beaucoup plus de liberté et moins de stresse, en revanche il est difficile de concilier carrière et enfants. Je ne connais personne dans mon entourage qui travaille à plein temps, en moyenne les femmes travaillent 20h au lieu de 40.
    Je ne suis pas sûre d’avoir compris: qu’est ce que tu entends par  » emploi du temps fixe « ? Je ne trouve pas du tout justement mais c’est mon expérience ici et c’est tellement différent d’un endroit à un autre!

    1. Je suis tout à fait d’accord avec toi sur cette difficile conciliation de carrière et famille ici… Toutes les mamans que je connais sont à temps partiel. Avec cette histoire d’emploi du temps je voulais dire le fait de devoir être là tous les jours avant neuf heures, que la sieste soit pour tous les enfants à la même heure… En France je crois qu’il y a plus de flexibilité en crèche (on peut inscrire l’enfant que deux jours par semaine, etc.).

      1. Là aussi ça depend des endroits je pense , en France comme en Allemagne. Mais oui du coup je comprends ce que tu as voulu dire. Je sais qu’en France dans certaines villes il y a des tarifs horaires ( tant d’heures par semaines), ici je n’en connais pas et pour la sieste effectivement c’est tout le monde en même temps et ils sont mêmes réveillés, ce qui paraît aberrant à quelqu’un en France je pense.
        Je suis d’accord avec un autre commentaire: c’eet certain qu’un mixe des deux serait mieux, en Allemagne on encourage les mères à reprendre le plus tard possible, en France le plus tôt possible, et dans les 2 pays beaucoup de mères aimeraient faire autrement mais ne peuvent pas. La pression sociale joue un rôle aussi.
        Pour ce qui est de l’école maternelle en france, c’est vrai que elle a plusieurs atouts majeur: c’est gratuit ( ce n’est pas le cas de la plupart des Kindergarten, ça peut même coûter très très cher selon les salaires…) et c’est toute la journée. C’est un système qui bénéficie je pense aux enfants de classes défavorisées, ceux qui en ont le plus besoin donc je trouve ça très bien.
        Pour mes enfants, je préfère le système allemand car ils n’ont pas de pression et peuvent jouer toute la journée jusqu’à 6-7 ans. Alors oui ils ne savent pas les mêmes choses que les enfants en France, mais c’est pas grave, ils ont toute la vie pour apprendre. Et apprendre tôt ne veut pas dire  » savoir mieux.  » les français n’ont pas un meilleur niveau que les allemands en fin de collège et pourtant ils ont su lire et écrire plus tôt. Si l’enfant est demandeur , ok, mais sinon je trouve bien qu’il puisse faire ce qu’il veut à son rythme pendant six ans.

  3. Plusieurs réflexions me viennent à l’esprit en lisant ton article (sachant que Petit Lapin est gardé par une nounou) :
    – comment fait-on en Allemagne quand la fin de ton congé parental ne coïncide pas avec la rentrée à la crèche en août ? Si ton enfant naît en avril par exemple, il faut une autre solution de garde en attendant le mois d’août ?
    – le temps de sieste me paraît vraiment court pour des petits ! Quand j’ai repris le travail, je finissais une heure plus tôt qu’à l’heure actuelle, mais finalement c’était une heure de sieste en moins pour Petit Lapin. Il a bientôt deux ans et fait encore 2-3h de sieste, sans compter qu’il y a qq mois il dormait encore une heure dans la matinée…
    – le fait de permettre aux enfants de jouer dehors par tous les temps, c’est vraiment chouette ! Et ça manque clairement chez notre nounou qui a toujours peur qu’ils prennent froid (ceci dit, avec les chaussures orthopédiques de Petit Lapin, ça complique un peu la donne quand il pleut)
    – comment font les mères qui ont des professions où avoir des horaires fixes est compliqué ? Je pense aux professions lubérales par exemple, pas facile d’avoir fini pour 15h tapantes !! Les enfants vont forcément chez une nounou ?

    Merci pour cet article comparatif ! J’ai aussi appris des trucs sur les crèches en France vu qu’on n’a jamais été concernés ^^

    1. Un an de congé parental c’est le minimum , en général on prolonge jusqu’à avoir une place en nounou ou Kita ( c’est évidemment pas rémunéré pareil, par contre l’employeur ne peut pas refuser et quasiment toutes les femmes demandent un congé parental de 2 ans et reltenn avant en fonction de la place) . Pour les enfants nés entre juillet et octobre les mères attendent souvent les 2 ans de l’enfant car pour la plupart des allemandes mettre leurs enfants à un an dans une crèche c’est beaucoup trop tôt! En tout cas c’est ce que je vois partout ici ( je vis en allemagne depuis dix ans). Ma fille est née en avril, j’ai effectivement prolongé mon congé jusqu’à fin août, elle a commencé l’adaptation en crèche à 16 mois et je n’ai repris le boulot qu’en janvier lorsqu’elle avait 21 mois. C’est très courant.

    2. Merci à toi pour toutes ces remarques ! La question de la rentrée en août est effectivement un point sensible : soit on prend une nounou en attendant, soit on accepte de rester à la maison quelques mois sans revenus, soit on fait en sorte de viser l’été pendant les essais (sincèrement, pour le deuxième c’est ce qu’on a fait…). Ça fait partie des désavantages en tout cas clairement. Pour la durée de la sieste, c’est la raison pour laquelle je trouve cet emploi du temps un peu trop strict, surtout pour les plus petits ! Enfin pour les mères, la plupart mettent leur carrière de côté et quasiment toutes sont à temps partiel, c’est le gros revers de médaille… ou alors elles ont une grand-mère à disposition pour les aider.

  4. Merci pour cet article hyper pratique ! Dans ma ville allemande on dirait bien qu’il y a certaines KiTa qui acceptent les enfants jusqu’à 17h mais du coup ça me paraît louche je vais bien me renseigner le moment venu.

  5. En kita, les horaires sont fixes parce que cela donne une structure aux enfants, ils en besoin dès le plus jeune âge et cela leur servira toute leur vie. Les activités commencent à 9h et les enfants qui arrivent en retard n’arrivent généralement pas à s’intégrer réellement car les autres sont déjà tous occupés. Pour la sieste, s’il l’a font avant ou après l’horaire désignée, on n’en va pas laisser debout, si l’enfant veut dormir, il peut aller se reposer.

    Quant aux inscriptions, oui, la majorité sont en été parce que c’est le moment où les grands partent à l’école et donc où il y a le plus de places libres. Mais un enfant peut arriver à n’importe quel moment de l’année en Kindergarten s’il y a une place de libre pour son âge. C’est sûr que ceux qui ont moins de chances sont eux dont les enfants sont nés en court d’année. Mais dans ce cas-là, si les parents ne peuvent vraiment pas faire autrement, ils prennent une nounou, selon les villes, cela ne revient pas à plus chère que le kindergarten.

  6. Super article à 2 voix! Bravo les filles!
    Tess ne va pas en crèche mes chez la nounou, je ne peux donc pas vraiment comparer avec nous.
    Vos conclusions sont très justes je trouve. J’ai tendance à préférer le système allemand qui donne vraiment la possibilité de rester avec son enfant jusqu’à ses 1 an mais c’est vrai que je n’imagine pas le rythme imposé avec notre vie actuelle. Mais bon, l’Allemagne ne vit pas vraiment au même rythme que nous et en étant là bas, je suis certaine qu’on s’y habituerait même si ça n’a pas l’air très flexible pour l’organisation…
    Finalement, y a-t-il un système meilleur que l’autre? Pas certaine, ils ont tous les 2 beaucoup d’avantages et un peu d’inconvénients même s’ils sont différents!

    1. Oui tu as raison finalement chaque pays a ses avantages et ses inconvénients ! J’ai hâte de voir ce qu’il en sera au moment de la rentrée à l’école.

    2. Tu as raison en fait comme souvent les deux ont leurs avantages et inconvénients. J’ai hâte de voir ce qu’il en sera lorsque Pierre entrera à l’école !

  7. Bonjour 🙂
    Je te suis depuis un petit moment dans l’ombre – moi même étant une française expatriée en Allemagne, je retrouve des sujets que me parlent 🙂 Pour mon premier commentaire, ca m’embête un peu de te contredire, mais je crois qu’il ne faut pas faire de généralités… du coup notre expérience :
    – On a connu deux villes, et pour le même temps de garde, il y a un facteur 2 pour les frais… lié à la politique sociale de la ville et la prise en charge accordée
    – ici il y a autant de crèches publiques (ville), privées (entreprise), parentales (association), financées par les Églises via des associations (catholiques, évangéliques…)
    – les structures sont souvent ouvertes jusque 17h voir 17h30 – même si il y a très peu d’enfants après 14/15h
    – et en Allemagne aussi il y a la distinction « Erzieherin » (et il me semble que c’est plus que 3 ans de formation – mais à vérifier) et « Kinderpflegerin » (qui ont en général moins de responsabilité pédagogique mais gèrent « concrètement » les activités
    – pour la routine quotidienne, 100% d’accord (quand même 😉 )
    – et n#1 avait commencé en janvier, #2 en octobre… et je connais des enfants ayant commencé leur « eingewöhnung » en mai/juin… après effectivement la rentrée principale est en septembre, mais ça reste utile de demander pour faire autrement! Ca peut être possible…
    Bonne journée

    1. Ne t’inquiète pas je ne vois pas du tout ça comme une contradiction plutôt un complément 🙂 . C’est pour ça que j’ai pris la peine de préciser à chaque fois « généralement », « dans ma ville »… car je sais qu’il peut y avoir d’autres expériences !

  8. Pour avoir vécu en Allemagne durant 10 ans et bien épluché les systèmes de modes de garde avant la rentrée à l’école primaire, je souhaite apporter une correction. Oui, il y a une loi obligeant les mairies à offrir une place à un enfant dès ses 1 an. Oui, on peut aller au tribunal si ce n’est pas le cas. Mais non, on ne touche pas ses salaires perdus ! On touche le surcoût provoqué par l’absence de place dans un mode de garde public. Par exemple, si on a du embaucher une nounou, on touche la différence entre ce que la nounou nous a coûté et ce qu’aurait coûté une place en Kita. Mais si on ne trouve personne et qu’on décide de s’arrêter de travailler, on l’a dans le c*l.
    Nous avons quitté l’Allemagne il y a quelques mois, pour nous installer en Belgique, où les mentalités et les habitudes sont très proches de la France. Bien sûr nous regrettons l’Elterngeld, qui finance le congé parental durant la 1e année de bébé, et aussi la possibilité de ne travailler que 20 ou 30 heures par semaine durant les 3 premières années. Par contre, ne pas se sentir obligé de rester entre 1 et 3 ans à la maison, c’est bien aussi ! Pour ma part, quand j’ai repris le boulot aux 8 mois de bébé au rythme de 15h par semaine, tout le monde me regardait comme une ovni. Les allemands (quoi ? bébé gardé si jeune ? et aussi longtemps ???? mère ingrate !) comme les français (quoi, à 8 mois, seulement ? et comment tu peux travailler aussi peu par semaine ? ça ressemble à rien !).
    Et mieux vaut bien choisir où vivre en Allemagne. Une de mes amies par exemple vit à Hambourg. La Kita est complètement gratuite pour 5h par jour, pour tous les enfants de plus de 1 an, et ensuite les tarifs sont indexés au salaire mais très très raisonnables.
    Au final, je trouve que les conditions pour accueillir un bébé sont bien plus agréables en Allemagne. Le congé parental du papa permet en plus de se payer 2 mois de vacances en famille. On peut reprendre le travail par petite dose, pour bien profiter de notre bambin sans étouffer à la maison à ne faire que ça. C’est très agréable. Mais seulement si on en a les moyens financiers. Parce qu’être quasi obligée de rester à la maison durant un an, et ne toucher que 2/3 de son salaire, pour beaucoup c’est un gros frein. Surtout quand ensuite la Kita puis l’école ferment à 15h, voire à 12h. Le temps partiel et les pauses de longue durée ne sont pas forcément un choix en Allemagne, et ce n’est pas pour rien que les allemandes font si peu d’enfants (1/3 des femmes bac +5 restent sans enfant par exemple). Et ne parlons pas des crèches privées qui accueillent les enfants avant 1 an. Pour pouvoir travailler à temps plein, j’aurais du débourser 1300€ pour payer la seule crèche de la ville qui acceptait les bébés si jeunes… Retravailler m’a coûté de l’argent la première année. 20 h de garde payée pour pouvoir bosser 15h et Elterngeld réduit, reste dans la poche au final moins que si j’étais gentiment restée à la maison à toucher mon Elterngeld complet.

    1. Merci pour ta correction c’est intéressant je ne savais pas et espère ne jamais en arriver là… Pour le reste tu as raison avec ton diagnostic, l’article était déjà trop long pour se lancer dans ce débat mais ce système pose bien sûr son lot de problèmes pour le travail des femmes notamment. Moi-même si j’apprécie encore mon temps partiel avec mes petits, je suis un peu dépitée de savoir que je serai sans doute contrainte de le conserver à long terme vu les horaires de l’école…

    2. J’adore cet article et tous les commentaires! 🙂 Cassonade, je comprends et compatis complètement. J’ai entendu ici des tas de fois: « hein ton enfant va déjà dans une Kita?!! » , qui signifiait « oh la pauvre enfant » alors qu’elle avait 1 an 1/2 passé et qu’elle était super contente d’aller à la crèche…pire encore pour mes jumeaux qui n’avaient que 1 an (nés en septembre, c’était pile poile sinon j’aurai certainement dû attendre un an de plus), cela semblait dingue à la plupart des gens autour de moi tellement c’était « tôt » alors que c’était vraiment tard pour mes amis en France.
      Côté finance et carrière, c’est vrai qu’il vaut mieux être en France , tout dépend du coup de ses objectifs.
      Et en plus là on parle de Kindergarten: ils ferment plus tard que l’école. Une fois à l’école, c’est pire, à moins d’avoir une Ganztagschule…

  9. Bonjour,

    Moi aussi je suis désolée de te contredire, il y a énormément de différences entres les Länder, les villes, quant aux horaires, aux mois où l´on peut rentrer: ici à Munich en Septembre en général mais l´on peut exprimer son souhait d´une rentrée en Avril par exemple et obtenir une place pour ce mois-là si une devient libre. Tres souvent les creches font monter les enfants en Kindergarten des leurs trois ans pour liberer des places regulierement en cours d´année.
    Je n´ai non pus jamais ressenti le manque d´informations, les educatrices m´ont toujours bien decrit ce qui s´était passé danas la journée.
    L´Allemagne est tout sauf un pays centralisé et tout ce qui concerne l´éducation est du ressort des régions: l´age d´entree À l´école (6 ans avant le 1er octobre en Baviere par exemple et non pas 1er novembre comme chez toi), les programmes, l´orientation, …
    Comparer maternelle et KiGa est un vaste theme, il y a du bon et du meilleur dans chaque systeme, comme toujours.
    Le gros inconvenient dé notre KiGa etait le manque d´activités l´apres-midi: ce n´était vraiment que de la garderie, rien n´était proposé et mes enfants qui restaient jusqu´À 16:30 s´ennuyaient beaucoup.

    Donc s´il te plait continue à nous ecrire de jolis articles mais un peu plus documentés s´il te plait! J´ espere que tu ne m´en vousdras pas trop.

    1. Encore une fois, je ne le vois pas du tout comme une contradiction ! J’ai vraiment pris soin dans cet article de mentionner à chaque fois : « dans ma ville… », « en général… », « la plupart du temps… » pour éviter justement de laisser croire que c’était toujours comme ça. Et même en conclusion j’ai encore rappelé que l’Allemagne était un pays décentralisé. Je ne sais pas bien ce que j’aurais pu faire de plus pour que ce soit clair pour tout le monde ? Du coup oui je me doute qu’en Bavière, qui est en plus réputée pour ses particularités, il y a des choses différentes. Cela dit malgré tout il me semble que l’essentiel concorde.

  10. C’est super intéressant comme article ! Et à sa lecture, je me dis que je suis bien contente d’être en France où c’est courant de reprendre à temps plein très vite. Et pour moi, un reprise aux 6 mois de l’enfant reste l’idéal… entre la France et l’Allemagne !

    1. Je me souviens aussi que lorsque Pierre a eu six-huit mois je me suis dit : maintenant, je pourrais imaginer une séparation. C’est à ce moment là que le bébé n’est plus vraiment si petit et fragile je trouve.

    2. Tout à fait d’accord en tant que maman et que pro: 6 mois ça me semble le minimum pour que la séparation soit bien vécue par les parents ! (Et par l’enfant?) Un congé maternité de 2 mois et demi c’est vraiment trop court!

  11. Encore un article très intéressant et qui tombe à pic !
    Dans ma ville du Land de Bremen, les Kitas ne courent pas les rues …
    Nous sommes donc en pleine réflexion … (Prévu pour la mi décembre, et je/nous suis/sommes toujours indécis(e))
    En tout cas, je me répète mais je lis avec soin tout tes articles, même si je ne commente pas toujours, je suis une lectrice fidèle ! Merci de nous faire partager tout ça !

  12. C’est très intéressant cet article ! Je n’ai pas l’intention de vivre en Allemagne, mais un petit peu plus d’incitation au congé parental en France ne ferait pas de mal. Il faut dire quand même que financièrement quand on est ni au SMIC, si classe sup, on est « obligé » de reprendre le boulot à la fin du congé maternité. Je crois qu’en France, les femmes reprennent le boulot rapidement pas vraiment par choix non plus. Un jour peut-être, on pourra vraiment choisir… et les hommes aussi !!

    1. Oui en fait c’est toute la problématique, il n’y a pas de bonne solution, la seule serait d’offrir un vrai choix à chaque couple et ce n’est pas évident à mettre en place comme politique publique…

  13. Il est très chouette cet article !! J’aime beaucoup cette comparaison.
    Ici pour Miss E c’est une crèche à gestion parentale avec un super projet pédagogique. Du coup je retrouve un peu des deux modèles décrits. Dans notre structure on a beaucoup de personnels pour pallier au mieux au rythme de chaque enfant. Les activités en extérieur dont tu parles sont favorisés chez nous, ainsi que la motricité libre et la découverte de l’autonomie assez tôt. Je trouve que ça les prépare à la rentrée à l’école.
    Le choix du nombre de jours est adapté en fonction de la demande des parents. Ma fille n’y va que 3j/sem (les jours où je travaille en fait). Par contre le matin il y a des horaires à respecter pour ne pas perturber le fonctionnement du groupe. Je trouve un peu rigide ce rythme de 35h en Allemagne et préfère le système français pour cela.
    Je trouve que les deux systèmes ont des avantages et des inconvénients. Pas de système parfait. Mais de toute façon je crois que la perfection n’existe pas 🙂

  14. Je n’ai pas d’enfant, en revanche je suis expatriée en Allemagne depuis 3 ans. Je suis assez étonnée du ton plutôt positif employé vis-à-vis du système allemand tellement j’en ai une lecture différente.
    Après 3 ans ici, je me suis dit que si un jour j’ai des enfants, ça ne sera pas dans ce pays. Peut-être que ça vient de mon milieu professionnel, la recherche, dans lequel il me semble impossible d’évoluer tout en ayant un enfant. En plus de ça je suis en Bavière, Land très conservatif au sein duquel il est très mal vu de vouloir concilier vie professionnelle et vie de famille. Je pense que ce système impose vraiment un choix entre travailler ou avoir un enfant et je trouve ça édifiant que toutes femmes allemandes, travaillant dans mon entourage et ayant des enfants, soient à temps partiel. Après discussion il en ressort souvent un mélange fait de “ce n’est pas par choix, l’école fini très tôt” et d’ « On ne fait pas des enfants pour les sacrifier”. Au cours d’un séminaire de recherche, il y a eu une session ouverte sur l’égalité homme-femme au travail. Un chercheur allemand a tout simplement posé la question “Ne pensez-vous pas que c’est sacrifier vos enfants que de reprendre le travail à temps complet?” Une chercheuse Belge a rétorqué que cette notion de sacrifice elle ne l’entendait qu’ici en Allemagne et j’étais parfaitement d’accord avec elle. Je trouve que le système est culpabilisant et que les mamans qui « osent » travailler sont horriblement jugées.
    Enfin ces horaires si rigides en crèche me semblent impossibles et j’ai l’impression qu’il faut avoir suffisamment d’argent pour s’en sortir.
    Pour finir mon avis est probablement biaisé par le fait que ma propre mère soit assistante maternelle (et d’exception je dois dire) et que j’ai eu l’habitude de voir des bébés en très bas âge chez moi, parfaitement heureux, et qui ont trois ans plus tard fait leur rentré en maternelle incroyablement dégourdis, sociaux et toujours aussi heureux.

    1. Tu as raison, le système allemand repose principalement sur le sacrifice de la carrière des femmes (principalement, pas toujours, je connais de rares cas où l’homme ou une grand-mère assume cette part) et je comprends que ça te choque. J’ai sans doute employé un ton positif « malgré moi » pour en parler parce que en l’occurence j’ai fait ce sacrifice de bon coeur, il correspondait assez bien à mon projet de vie. Mais je comprends que pour d’autres ce soit différent.

    2. Histoire d’apporter un peu de mon expérience, oui le système allemand repose beaucoup sur la mère… après, il devient possible de faire autrement… même en Bavière!
      Je fais partie des rares à bosser à plein temps (avec un contrat à 35h, ca aide bien – je reconnais) et à avoir repris avant les « 1 an » de mes enfants. Alors oui, il y a des réflexions – mais en France aussi, il y en aurait, peut-être sur d’autres sujets mais de toute facon, devenir parents impliquent de devoir vivre avec le regard des autres (je n’ai pas dis que c’était top – juste que c’est comme ca) – mais il n’empêche que je suis bien contente d’être chez moi à 17h, de partir du boulot sans devoir justifier que je ne reste pas jusque 18h, 19h, 20h?… alors au final c’est un peu comme partout, à chacun de tirer le meilleur d’un système pas parfait. Mais en France aussi, l’école se termine au mieux à 16h/16h30 donc il faut un mode de garde périscolaire, prendre ses journées « enfant malade » n’est apparemment pas la règle…
      Et surtout, je pense qu’au delà du pays, la compréhension de l’employeur et des collègues ainsi que l’implication du conjoint font partie des critères principaux pour conjuguer carrière et maternité.

  15. J’aime beaucoup le format que tu as choisi pour tes articles « témoignages ». C’est très intéressant de pouvoir comparer les deux systèmes, chacun a ses avantages et ses inconvénients mais j’ai quand même l’impression que, pour les femmes notamment, le système français reste tout de même un gage de liberté de pouvoir ou non reprendre le travail rapidement si on le souhaite. De la même manière, l’école maternelle gratuite rend plus facile et surtout moins onéreuse l’organisation au quotidien pour les parents qui travaillent.
    Chez nous, nous avons la chance d’avoir une place en crèche publique gérée par la communauté de commune où nous vivons. C’est une petite structure de 14 places en crèche et 6 en halte garderie et pour l’instant je n’ai pas grand chose à leur reprocher, si ce n’est une heure de fermeture un peu trop tot (18h, donc tu vois je me plains de pas grand chose 😉 )

    1. Hé oui 18h en France c’est tôt! Ma structure ferme à 19h et pourtant c’est encore juste pour certains parents (je vis à 45min d’une grande agglomération pourvoyeuse d’emploi et du coup avec les bouchons….
      En France tout est fait de ce point de vue pour faciliter la conciliation vie familiale et vie professionnelle

  16. C’est vraiment très instructif de lire cette comparaison ! Merci à toutes les deux de ses précisions bien utiles. Je reconnais bien ma crèche dans la description de l’organisation que tu en fais Mathou. Et merci d’expliciter les diplômes car j’ai un peu honte mais je ne savais pas du tout à quoi cela correspondait.
    J’ai beaucoup aimé vous lire à quatre mains j’espere qu’il y en aura d’autres !

    1. Merci
      C’est vrai que ça n’est pas évident de s’y retrouver , car comme dans tout milieu professionnel nous avons notre jargon. Je suis ravie de t’avoir aidée à y voir plus clair!

  17. Comme tu le notais (et comme le disent certaines de tes lectrices), c’est fou comme c’est différent d’un coin à l’autre de l’Allemagne (et aussi d’une forme de Kita à une autre). Ici notre Kita municipale est ouverte de 6h à 18h (même si clairement il n’y a aucun enfant de la Krippe qui est là sur toute la plage horaire). Comme toutes les Kitas berlinoises, elle est gratuite pour tous depuis cet été. Je paye donc la somme folle de 23 euros mensuels pour le repas midi (+ 5 euros pour le petit dèj et le goûter + 2 euros pour la caisse du groupe avec laquelle ils achètent des cadeaux, bref je suis ruinée !), autant te dire que je fais profil bas devant mes amis français. Ce que je trouve fou ici aussi c’est aussi la variété des structures, des Waldkindergaerten dans la forêt aux nombreuses structures parentales bilingues qui fleurissent à tous les coins de rue (même si perso je n’ai pas fait ce choix). Ah et les écoles sont ici quasiment toutes passées en ganztag … Bref, tout ce temps pour comprendre comment le pays marche et au final ne pas savoir comment ça se passe ailleurs que dans sa ville c’est frustrant alors merci pour l’éclairage sur ton coin de NRW 😉 (et pour répondre à ta question, j’ai fait mon choix et je n’en changerai pas dans les prochaines années, je nous sens ici vraiment trop gâtés en tant que jeune famille. Dans quelques années par contre, si j’en ai toujours marre de devoir épeler mon nom, on en reparlera ;))

    1. Je pense aussi dans ton cas et sur ce sujet notamment qu’il y a encore de fortes disparités entre l’Allemagne de l’Est et l’Allemagne de l’Ouest (réputée beaucoup plus conservatrice avec ses « trois K »). En tout cas ce que tu dis de Berlin me fait vraiment rêver, et dire que j’adore cette ville en plus !

      1. Oui tu as raison pour le côté est/ouest, j’ai toujours tendance à oublier… Alors, comme ça la Franzoesin adore Berlin, voilà qui nous fait un point commun 🙂 J’espère que tu me diras si tu passes par là … Ici mon mec vient de trouver un nouveau boulot donc période d’essai jusqu’à Pâques et pas de NRWtour d’ici là :/

  18. Merci pour ce bel article comparatif ! C’est intéressant de confronter les systèmes et de réaliser que chacun à ses avantages et ses inconvénients.
    Juste une petite précision concernant les horaires des crèches en France, j’ai l’impression qu’elles dépendent des structures. Dans la notre, nous devons déposer notre enfant avant 9h et le récupérer à partir de 16h, ou entre 12h et 12h30. Ce choix a été fait pour ne pas perturber le rythme des enfants et permettre aux éducateurs de faire les activités plus aisément et de ne pas avoir à déranger les petits pendant leur sieste…

    1. Oui tu as raison, le règlement intérieur peut permettre de contraindre un peu les horaires pour faciliter la vie du groupe. Mais il est hors de question d’obliger une famille à payer une journée complète si elle n’en a pas besoin (enfin dans les crèches subventionnée par la CAF).
      Néanmoins beaucoup de structures font le choix de ne pas être trop strictes sur ces règles pour encore une fois faciliter la conciliation vie familiale/vie professionnelle: par exemple si un parent commence à 12h son travail, comme beaucoup de gens qui travaille du matin/ou du soir (comme moi!), il est bien content de profiter de mon enfant le matin et de ne pouvoir l’emmener à la crèche qu’à 11h ou 11h30, surtout s’il va finir tard le soir…
      Cette flexibilité a donc aussi ses avantages.

  19. Merci pour ce comparatif tres interessant! Je ne connais ni l’un ni l’autre des systemes, alors j’ai beaucoup appris.
    Ce que j’en retiens, c’est surtout la brievete des journees a la creche, en Allemagne, pour les petits. Je ne sais pas si c’est bon pour leur mere, mais je suis persuadee que ces journees courtes sont ideales pour l’enfant, a qui il reste du temps pour se ressourcer a la maison.
    Une petite question du coup: peut on laisser son enfant a la creche, en Allemagne, lorsque l’on ne travaille pas? Et est-ce que cela se fait?

    1. Oh la oui ça se fait énormément autour de moi ! Je me rends compte d’ailleurs grâce à toi que ça fait aussi partie des différences. En France la plupart des mamans au foyer que je connais ne font pas garder leur enfant, en tout cas pas tous les matins.

  20. Super intéressant ton article ! Quoi qu’il en soit, à la lecture des 2 systèmes, malgré leurs différences, me conforte sur l’idée que je trouve la collectivité vraiment au top pour les petits. Mon grand a été en crèche, j’ai vraiment cru que ses petits frères n’auraient pas de places et en fait si. Clairement, je suis absolument ravie de ce mode d’accueil, j’y ai vu et vois mes enfants épanouis, et je suis 100% sereine.

    1. C’est super que tu aies ce bon sentiment, ça permet de laisser ses enfants sereinement ! De mon côté j’ai été moins convaincue au début avec Pierre, je n’ai commencé à y voir un réel intérêt que vers 18 mois.

    2. Tans mieux si ce mode de garde vous convient ET que tu ai réussi à avoir une place! Néanmoins dans les critères d’admission pour avoir une place les jumeaux ou plus rajoutent des points me semble-t-il. ;)(ou tout du moins les fratries)

  21. J’adore cet article comparatif : merci à toutes les deux !
    A bien des égards, le système allemand me fait rêver, et ce que tu décris, Die Franzoesin, donne envie. Pourtant, il n’y a finalement pas tant de différences que ça, entre les deux systèmes de garde, chez les tout-petits. Je pense que la grande différence se fait à 3 ans, là où la grande majorité des petits français entrent en maternelle, alors que les petits allemands ont encore la chance de bénéficier d’un environnement rassurant et protégé pendant quelques années. Quand je vois comme Poupette a eu du mal avec ce début d’année, j’envie les petits allemands ! (d’ailleurs, je ne savais pas qu’en théorie on pouvait laisser son enfant à la crèche jusqu’à 6 ans, en France !)
    Pour en revenir au sujet de votre article, c’est clair que la prise en charge plus contrainte côté allemand serait difficile à concilier avec nos rythmes de travail à la journée, à Mister F. et moi. Déjà que notre crèche parentale fait plutôt des horaires réduits par rapport à d’autres structures (8h/18h) et que tous les parents n’y trouvent pas leur compte !
    Et la garantie d’une place en crèche pour chaque enfant âgé de 1 an est vraiment un rêve ! Par contre, je suis surprise des rentrées simultanées : finalement, selon son mois de naissance, le bébé peut entrer à 1 an ou presque 2 ans, ce qui fait quand même une grande différence, pour la maman, quant au temps passé à la maison et pour l’enfant. Pour le coup, je trouve le système français un peu plus souple. L’idéal serait encore que les rentrées différées soient poursuivies à la maternelle, comme c’est le cas en Belgique….
    Et si on mixait tous les systèmes d’éducation européen pour en sortir un fonctionnement idéal ? 😉

    1. Hi hi bonne idée ! Cela dit j’y ai déjà pensé et j’imagine que pour un pays financer un congé parental long et des crèches avec de larges horaires d’ouverture qui prennent en charge des bébés ça doit être trop… Concernant la rentrée en août c’est en effet un vrai souci et comme tu le sais chez nous ça a même un peu influencé nos essais bébé la deuxième fois ! Mais je n’ai pas parlé des nounous elles existent aussi ici et prennent souvent en charge la « période creuse » s’il y en a une entre les un an et l’entrée en crèche.

    2. Oui mais comme je disais plus haut finalement en France on a souvent le même problème. La majorité des places se libérant en septembre il y a peu de place en court d’année et il y a des parents qui prennent une nounou en attendant leur passage à la prochaine commission.
      Sinon je suis tout à fait d’accord avec toi. Un peu plus de cocooning ne serait pas du luxe pour nos petits français qui entrent à l’école à 3 ans et parfois moins et à qui on en demande beaucoup! (propreté en autres).

  22. Le problème en Allemagne je trouve, c’est que l’école avant 6 ans n’est pas accessible à tous. Elle est payante et les places sont limitées avec aussi des disparités énormes entre les villes/ les régions.
    J’ai une amie (arrivée à l’été, alors que dans ma ville la moyenne est de 2 ans d’attente pour obtenir une place) qui n’a trouvé qu’une place à mi- temps pour sa fille de 5 ans! (on peut avoir une place jusqu’à 13h, jusqu’à 15h ou jusqu’à 17h et ça ne dépend pas du travail des parents mais de la chance). L’école venait d’ouvrir, ils n’avaient pas encore de « vorshule » (dans ma région tous les enfants sont supposés faire un an de préparation avant l’entrée à l’école primaire, ils vont dans un bâtiment séparé une demie- journée par semaine et c’est comme à l’école primaire), tant pis, c’est pas obligatoire! Aux parents de se débrouiller…
    J’ai encore une connaissance dont la Kita a fermé et 30 enfants se sont retrouvés sans rien à la rentrée. Son fils avait 5 ans. Pas grave, de toute façon, c’est pas obligatoire, les parents n’ont qu’à trouver une solution!

    Les allemands voient l’école comme un cout et non pas comme une structure essentielle d’apprentissage et d’intégration…

    (Pardon mon précédent commentaire apparait mal).

    1. C’est vrai que ce n’est pas obligatoire avant six ans mais je ne savais pas que de telles situations existaient…Quelle galère pour les parents concernés !

  23. En plus, tu peux obtenir une place dans une Krippe/Kita loin de chez toi. C’est mon cas, il y a 3 Kita tout près de chez moi et malgré mes insistances, je n’ai pas obtenu de places. Alors qu’en France, on est sectorisé et c’est bien pratique.
    Tu parles bien dans ton article des Kitas gérées par la municipalité (dans ma ville à part être fonctionnaire ou avoir des relations parmi les gens qui y travaillent, c’est impossible d’y avoir une place). Heureusement, il y a l’Eglise et des associations qui ont leur réseau de Kita. Leur service est aussi de bonne qualité et le prix exactement le même que dans le public (390 eur par mois pour le premier enfant, réduction pour le deuxième et gratuit pour le troisième).
    Je lisais parmi les commentaires que le système allemand faisait rêvé certaines mamans. C’est vrai que le système allemand, je suis bien d’accord, prend beaucoup plus en considération le rythme de l’enfant, c’est un système tout en douceur avec des effectifs moins chargés. Or, il y a aussi beaucoup de mamans que je connais ici que le système français fait rêver (place prêt de chez soi, gratuit, accessible à tous, horaires qui s’adaptent plus au horaires de travail…).

  24. Super article très instructif !
    Je me rends compte que la crèche en Suisse à Zürich a certes des points communs avec l’Allemagne (comme le goûter du matin ou faire une activité en plein air tous les jours et par tous les temps) mais que ce n’est pas DU TOUT la même chose niveau coûts. C’est presque 3000chf par mois et ça explique que les femmes en Suisse sont souvent à la maison ou travaillent à temps partiel et aussi qu’elles n’ont pas beaucoup d’enfants et tard. Pour le coup je rêve indifféremment du système français ou allemand bien plus family friendly ! Après en effet la prise en charge est top en Suisse avec 3 adultes pour 10 places sachant qu’un bébé jusqu’à 18 mois compte 1,5 places (donc dans les faits souvent 3 adultes pour 7 enfants). Ma fille adooore la crèche. Et malgré le prix prohibitif on va se serrer la ceinture pour mettre BB2 en crèche aussi ! Mais purée c’est un sacrifice… et comme en Allemagne le Kindergarten commence tard donc beaucoup d’années à financer !!

    1. Oh la la mais c’est pour tout le monde cher comme ça ? C’est en effet très dissuasif comme système, dommage… Je trouve le système de notre ville, ajusté selon les revenus, plutôt juste.

      1. Oui il faut vraiment avoir très peu de revenus pour bénéficier d’aide (par exemple 1 seul parent qui travaille comme caissier au supermarché). Mais du coup les femmes sont plus à la maison…

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