Pierre, super grand-frère ?

Pierre, super grand-frère ?

Quand on se lance dans l’aventure d’un deuxième bébé on pense forcément à la réaction de l’aîné. Je connais des mamans qui se sont fait beaucoup de souci à ce sujet, qui ont même parfois culpabilisé, eu l’impression de trahir le premier. Je ne fais pas du tout partie de cette catégorie. Je pêche peut-être par naïveté, mais dans mon cas j’ai toujours eu un raisonnement inversé. Lors des moments difficiles de ma grossesse, particulièrement pendant mon alitement, une chose parmi d’autres me faisait tenir, c’était la certitude qu’une fratrie était le plus beau cadeau que nous puissions faire à Pierre. J’en ai toujours été intimement convaincue. Je manque peut-être un peu de sensibilité dans ce domaine : je suis la cadette, alors c’est vrai, je ne connais rien des souffrances potentielles d’un aîné. Mais je reste persuadée qu’en général, il vaut mieux de ne pas naître – être ? – seul.

Venons-en aux faits maintenant : depuis la naissance – et même peut-être un peu avant, quel grand-frère est devenu Pierre ?

Au début de la grossesse, Pierre ne semblait pas du tout concerné par la nouvelle. Nous avons fait le choix de lui dire après avoir passé la première échographie, de façon à ce qu’il ne soit pas surpris par la suite de nos discussions avec nos proches. Je lui avais alors même montré une échographie. Il avait dit : « Oui oui » puis était reparti jouer. Il a gardé cette attitude longtemps, malgré les questions répétées – et parfois agaçantes – de la plupart des adultes qu’il rencontrait : « Alooooors, tu es content de devenir grand-frère ? ».

Vers la fin de la grossesse, il a fallu expliquer à Pierre le fait que je sois alitée et ne puisse plus faire grand chose à la maison. Il m’a vue triste aussi parfois. Il a réagi de façon décalée je crois, en se montrant très dur avec son papa, qui s’occupait alors beaucoup de lui. Une amie nous a prêté un petit livre en allemand, l’histoire d’une petite fille et de l’arrivée de son petit frère. J’ai trouvé ce livre particulièrement bien fait car très concret et pratique – et pas trop sentimental, j’ai du mal avec les déclarations d’amour. Ce livre mettait des mots simples sur la grossesse, l’accouchement puis l’allaitement. Il a voulu le lire souvent et j’ai senti qu’il faisait bien le parallèle entre cette histoire et la sienne.

Et puis il y a eu l’accouchement. Et finalement je crois que pour Pierre ce fut un très bel évènement ! Mes parents étaient là et il a passé d’excellents moments avec eux. Et surtout il a ensuite retrouvé sa maman, enfin, pour aller au parc, prendre le bain ou faire des câlins sans entrave. D’abord même pour lui tout seul, quand son frère était encore en néonatalogie et que j’étais à la maison. ll n’a d’ailleurs pas mal vécu l’hospitalisation de son frère. Son petit livre parlait bien du séjour à la maternité et je ne crois pas qu’il en ait perçu la particularité.

Enfin la vie à quatre a commencé et se met en place depuis. Il y a bien eu quelques petits ajustements nécessaires.

Le premier, je l’avais déjà évoqué, a concerné l’étape compliquée du coucher. Les premiers jours avec Charles, Pierre devenait intenable au moment d’aller au lit. Il en ressortait immédiatement, nous narguait, sautait sur le canapé en pyjama à grands coups de : « J’ai pas sommeil » quand il n’en profitait pas pour me piquer mon BuJo ou mon téléphone pour s’enfuir avec – cet enfant sait comment énerver sa maman. Nous en avons vite déduit qu’il n’aimait pas être isolé dans sa chambre alors que Charles restait avec nous. Depuis une semaine nous avons enfin trouvé un rituel qui semble mieux convenir : mon mari s’occupe de Pierre jusqu’à le mettre au lit (toilette, lecture, etc.). Puis je prends le relais et reste avec Pierre et Charles entre leur chambre et la cuisine qui y fait face. Je mets une lumière douce, incite Pierre à rester dans son lit, à me raconter sa journée en chuchotant, je lui donne un peu de ma tisane d’allaitement… Depuis il s’endort beaucoup plus facilement. Je dirais même tendrement.

Le deuxième a concerné l’attitude de Pierre lors des moments « difficiles ». Par moments difficiles j’entends les moments où Charles pleure ou celui où je change sa couche. Pierre jugeait cela a priori négativement et n’hésitait pas alors à nous poursuivre en se moquant bruyamment : « Ah ah ah » (rire sardonique), « Beeeeeeurk » (dit celui faisait encore caca dans sa couche il y a trois mois), vous voyez le genre. Je crois qu’Ulrich m’a trouvée intransigeante sur le sujet, il ne jugeait pas ça si grave. Mais moi si, la bienveillance c’est pour toute la maison. Alors j’ai dit – et redit et redit et redit – à Pierre qu’on ne se moquait pas, que personne chez nous ne s’était jamais moqué de lui. Et quand la coupe fut pleine un jour où j’étais sur le point d’exploser j’ai porté Pierre hors de la pièce où je me trouvais et je m’y suis enfermée à clé pour changer et nourrir Charles en paix. Son père était à l’extérieur mais Pierre l’a quand même très mal pris. Vous trouverez peut-être que j’ai été trop dure, je ne sais pas, j’ai réagi spontanément. Le fait est que depuis il semble avoir compris et ne se moque plus.

Ce furent les petits points négatifs du début de cette aventure, ceux que je me dois de vous confier pour vous dire « rien que la vérité toute la vérité », ceux qui prouvent qu’accueillir un bébé s’apprend aussi.

Pierre mérite pourtant bien à part cela le surnom de « super grand frère ». Son intérêt et sa gentillesse envers Charles dépassent tout ce que j’avais pu imaginer. Il lui apporte son doudou et sa sucette quand il pleure, lui chante des chansons tous les jours, prend sa main et lui fait des câlins quand il le retrouve après la crèche. Et c’est fou l’émotion que cela fait à chaque fois dans mon coeur de maman ! Il lui parle  tout doucement, principalement français, mais aussi parfois un peu allemand, et c’est la seule personne avec laquelle il se le permet – et peut se le permettre justement. Il en est fier aussi : j’adore le voir expliquer aux autres enfants du parc qu’il a un frère, oui oui, et qu’il s’appelle Charles – et qu’il s’applique à prononcer ce prénom très français.

Parfois il y a de petites régressions, il réclame un biberon, veut être porté, se love à son tour dans le coussin d’allaitement. Mais elles sont toujours attendrissantes finalement.

Je me dis que Charles et lui ne sont qu’au tout début de leur histoire, qu’elle connaitra encore sans doute des millions de hauts et de bas. J’espère les accompagner au mieux, sans trop attendre mais aussi sans rien gâcher.

Et vous, comment se sont passés les premiers jours de votre fratrie ?

58 réactions au sujet de « Pierre, super grand-frère ? »

  1. Pierre m’a l’air de trouver doucement sa place et sans aucun doute qu’elle s’ajustera encore plus avec le temps.
    De mon côté, l’arrivée de mon deuxième a été un véritablement évènement de joie pour mon ainé. Je crois que, tout comme tu le décris pour ton histoire, je n’aurais pu rêver mieux. Mon grand a une douceur incroyable et un amour qu’il montre si fort pour son petit frère depuis sa naissance. Ce que j’apprécie et que je trouve très sain chez mon ainé c’est qu’il ne s’oublie pas malgré tout. Depuis que mon deuxième marche et se fait comprendre, il entre maintenant dans le périmètre de jeu de son grand frère et ça, ce n’est pas toujours acceptable pour ce dernier et il le fait bien savoir « non non, je veux jouer tranquille, ne prend pas mes jouets! maman, sors mon petit frère de ma chambre! ». Le moment où bébé se déplace peut être un moment qui devient délicat avec l’ainé! 🙂

    1. J’imagine que le degré de difficulté augmente quand le petit commence à empiéter sur le territoire du grand ! Mais paradoxalement j’ai aussi hâte d’y être 🙂 .

  2. Cette question des liens qui se tissent au sein d’une fratrie – et surtout de quelle façon, me passionne particulièrement. Ça fait partie des choses qui m’ont poussée à écrire.
    Je suis comme toi et n’ai jamais eu l’impression de trahir number 1 en lui faisant un petit frère (à part peut être durant le séjour à la maternité – il était chez mes parents durant tout le temps et avait beaucoup le blues le soir) ; comme toi je pense que c’est le plus beau cadeau qu’on puisse leur faire : ne jamais être seul.
    Je trouve ça tellement mignon que Pierre parle en français et en allemand à Charles ! Trop de mignonitude.
    Ici on n’a pas eu de grosses crises à gérer depuis la naissance ; number 1 a tout donné de ce côté là pendant la grossesse. Depuis que number 2 est né il est plutôt prévenant avec lui, lui fait des caresses, est toujours prêt à m’aider. Lorsqu’il pleure dans la voiture, number 1 lui dit que ça va, on est bientôt arrivé bon et après il se plaint qu’il lui fait mal aux oreilles. Parfois aussi j’ai l’impression que ses caresses se transformerait bien en qqch de plus violent, mais il se retient toujours.
    En tout cas il est très attentif. Si, en réalité, tu as raison, il profite souvent du moment où je donne le biberon pour attirer l’attention sur lui en faisant des bêtises et en me narguant… mais rien de dramatique. Dans l’ensemble, comme Pierre, je le trouve plutôt très bon comme grand frère, très empathique. Et number 2 a l’air plutôt d’accord avec moi

    1. J’ai hâte de lire tes articles à ce sujet puisque nous nous suivons de près ! Je trouve ce que tu dis sur ce besoin d’attention au moment des biberons très juste. Et ce n’est pas toujours facile à gérer !

  3. Oh la la la, que les premiers jours sont loin … je ne sais même plus si j’avais écrit un article, probablement .
    J’ai eu la chance d’être très entourée, ce qui a permis de faire passer l’arrivée de LutinCoquin en douceur.
    Pas de moqueries chez moi, mais FeuFolet était un peu jeune. Par contre, sa spécialité, c’était le caca qui déborde juste au moment d’une tétée
    Et on a eu très peur la première semaine, car les pleurs de LutinCoquin réveillait FeuFolet, un carnage pour le recoucher …

    1. Ici aussi la première semaine a été critique et Pierre se levait presque à chaque fois avec nous ! Heureusement ça n’a pas duré, il a dû s’habituer…

  4. D’abord, parce que ça a l’air de te tracasser un peu… je pense que ta réaction avant l’explosion était très saine. J’ai été marquée par le discours anti bébés secoués : si vous n’en pouvez plus, mettez l’enfant en sécurité dans sa chambre et allez craquer ailleurs. La situation était un peu différente, mais plutôt que de faire du mal à Pierre avec des mots blessants ou des gestes brutaux, tu l’as mis en sécurité avec son papa, et tu as pu laisser descendre la pression tout en t’occupant de Charles. Si tu as eu l’occasion de mettre des mots sur la situation avec Pierre une fois la situation apaisée, pour ne pas qu’il le vive comme un rejet, ça me semble une approche très raisonnable.
    Pour le reste… une de mes citations préférées : « Un frère est un ami donné par la Nature ». [et la magnifique chanson Mon frère de Maxime LeForestier, triste mais si juste sur la relation entre frères]. J’ai toujours craqué devant l’amour fraternel chez les jeunes enfants (je sors d’un weekend babysitting de neveux, deux frangins de 5 et 2 ans, c’était tout simplement adorable de les voir tous les deux, l’admiration du petit, l’attention du grand, l’enrichissement mutuel de leurs jeux…) et je remercie presque chaque jour ma chance d’avoir une fratrie, même adulte. Étant moi-même petite et grande sœur (d’une sœur d’un an de moins, niveau détrônement ça se pose là), je profite des deux côtés et je vis chacun comme une chance immense sans (presque jamais) m’attarder sur ce que ça a pu me faire perdre de partager mes parents…
    Cette nouvelle fratrie Pierre et Charles me semble joliment partie, et je suis sûre qu’au delà des disputes de gamins et des engueulades d’ados, ce sera une magnifique amitié qui grandira entre eux.

    1. Tu as raison sur cet impératif de sécurité et en ce sens je pense que ma réaction était la seule possible parce qu’avec la fatigue tout ça tout ça j’étais un peu sur le point de craquer. Mais elle posait aussi une question de fond : peut-on attendre d’un enfant de deux ans et demi qu’il soit « bienveillant » et ne se moque pas des couches pleines de son frère. Je pense que oui, ne serait-ce que par instinct de protection du petit…
      Ce que tu dis sur ta fratrie me confirme dans mon idée que c’est presque toujours une grande chance 🙂 .

      1. Par rapport à la bienveillance, je pense comme toi. Enfin, je dirais qu’on ne peut pas « attendre » d’un enfant de cet âge qu’il soit bienveillant au sens d’exiger qu’il y arrive tout de suite, par contre on DOIT commencer à le sensibiliser pour l’aider à grandir (tout comme on ne peut pas attendre qu’il sache partager naturellement, mais on doit attirer son attention sur le sujet, lui expliquer pourquoi c’est important, quelles sont les limites pour lui et pour les autres…)
        Bref, je suis d’accord sur le fond autant que sur ta réaction immédiate !

  5. Je suis convaincue, tout comme toi, que donner un(e) petit(e) frère / soeur est un merveilleux cadeau que l’on fait à nos aînés. Les réactions d’Alphonse et d’Ernestine ont été très différente. Alphonse a accueilli sa soeur dans la plus parfaite indifférence. Il ne lui a jamais fait de caresses ou apporter de doudou. Il nous montrait son désaccord en venant à côté de nous pour nous crier dans les oreilles. Et puis, petit à petit, ils ont joué ensemble. À l’arrivée de Gustave, Ernestine a multiplié les colères mais a tout de suite jouer à la maman pour lui. Il pleure ? Doudou, couverture, chanson… Elle essaye tout. Et si ça ne marche pas, elle vient nous chercher. Elle a été adorable dès le début !

    1. C’est trop mignon je l’imagine jouer la petite maman ! Alphonse était plus jeune que Pierre je crois à la naissance de sa soeur, ça doit jouer aussi.

  6. Quel emerveillement de voir ainsi naitre une fratrie. En te lisant, je me rappelle les debuts de mes deux aines. Aujourd’hui, ils sont freres, complices, ennemis a morts puis meilleurs copains de jeux. Ils ne peuvent pas se passer l’un de l’autre et vont se faire des petits coucous a l’ecole ou manger leur gouter ensemble. Ils ont leurs copains. Ils se les gardent parfois, se les partagent d’autres fois. Ils ont leurs gouts, leurs caracteres, se rappellent mutuellement les choses pour ne pas oublier, se dispensent des recommandations et m’avertissent quand l’autre est sur une mauvaise pente. Le soir, ils ont choisi de dormir dans deux lits colles, et s’endorment en nous donnant la main. Et au milieu de la nuit, Petit-Deux vient squatter chez nous sous pretexte que son frere sent mauvais (!!!) mais ils se mettent a pleurer tous les deux quand on parle de les installer dans des chambres separees.
    Et depuis l’arrivee de notre derniere, les associations se sont naturellement faites triangulaires, entre protection, jeux, douceur et conflits passagers. Parfois, on n’entend plus un bruit et on les retrouve tous les trois, tapis dans un canape, ecoutant l’aine qui lit une histoire. Parfois on recupere la plus petite en pleurs, qui s’est fait ejecter de la salle de jeux, parce qu’elle desorganisait le parking geant de ses freres… On a une maison pleine de rires et de cris d’enfants. C’est epuisant, certes, mais si chouette, ces fratries 🙂
    Je lis dans ton billet, aussi, les fondements de cette solidarite indissoluble qui semble vouee a unir tes garcons. Je te le souhaite. Et qu’ils grandissent ainsi. Ce ciment familial rend la vie tellement plus agreable 🙂

  7. C’est émouvant ce que tu écris. Très rassurant aussi sur cette relation au sein de la fratrie.
    Chez nous pas de fratrie pour le moment, mais on commence sérieusement à y penser. Donc ton article m’apaise sur toutes les questions que je peux me poser.

  8. C’est attendrissant les débuts de la fraternité, même si c’est aussi très fatiguant quand bébé est tout petit et que l’aîné ne comprend pas toujours qu’il faut laisser la place de bébé…
    Ici aussi la grande a eu des soucis avec le coucher le premier mois et ensuite c’est rentré dans l’ordre, mais j’avoue que ça a été difficile, je passais parfois plus d’une heure à côté de la grande pour qu’elle s’endorme – parfois avec la petite à bercer en même temps, parfois en priant pour que la petite ne se réveille pas pendant ce temps…
    Mais tout ça, c’est déjà bien loin, et maintenant, elles commencent vraiment à avoir une relation sympa : la petite veut tout faire comme la grande qui adore lui montrer tout ce qu’elle fait, même si elle n’aime pas trop prêter SES jouets…
    Je ne te trouve pas trop dure, il y a certains points sur lesquels on souhaite que nos enfants comprennent que la règle est la même pour tout le monde, je comprends bien car c’est pareil ici, on n’accepte pas qu’elle se moque de sa soeur – d’ailleurs elle ne le fait plus du tout, elle a bien compris ! Tout comme on n’acceptera pas dans l’autre sens quand la plus petite voudra se moquer – mais je me dis que si elle n’a jamais vu ce comportement à la maison, elle ne le fera pas (oui, oui je rêve !!)

    1. Ca me rassure de voir que vous avez été confrontés à une problématique similaire pour le coucher et que c’est finalement définitivement rentré dans l’ordre. Parfois mes soirées sont encore longues ici (à l’heure où je t’écris le grand ne dort pas encore et je désespère…). Et merci de me conforter sur cette histoire de moquerie, c’est exactement ça, même si a priori Charles ne « comprend pas encore » les règles sont les mêmes pour tous !

  9. Pas encore de fratrie ici mais j’avoue avoir le même positionnement que toi et je pense qu’une fratrie c’est plutôt une chance. Et je suis l’ainée de 4!
    Jamais un instant dans mon enfance il me semble que j’aurais préféré être seule mais je pense que l’éducation que l’on reçoit y joue pour beaucoup. Jamais nous n’avons été comparés entre nous. Nous étions et sommes tous les 4 différents et on a toujours été accepté pour la personne que l’on est. Du coup, pas vraiment de rivalité. Des disputes bien évidemment qu’il y en a eu un paquet mais c’est aussi comme ça qu’on apprends les interactions sociales 😉
    On souhaite donner un petit frère ou une petite soeur à notre fille mais nous savons aussi que ça ne sera pas simple tous les jours et qu’il est possible que quelques régressions soient à prévoir. Mais ma foi, nous continuons a accompagner notre fille comme nous le faisons actuellement.
    Et si je peux un peu te rassuré, il m’est arrivé déjà à quelque reprise d’enfermer ma fille (enfin, plutôt de m’enfermer moi 😉 ) quand vraiment j’étais arrivé à bout de ma patience et que je ne trouvais plus d’autre solution. Ca n’a jamais duré très longtemps. Le but était de couper le contact et effectivement elle n’aime pas ça du tout mais en cas de force majeur, je pense que je préfère ça plutôt que de lui hurler dessus ou de lui lever la main dessus par excès de colère.
    On fait chacune comme on peut avec nos besoins et notre niveau de fatigue du moment.
    Et je ne doute pas que Charles sera un super grand frère et qu’ils vous feront tourner en bourrique quand ils seront plus grand 🙂

    1. Ce que tu décris de ta fratrie donne envie ! C’est peut-être trop intime comme sujet mais j’aimerais beaucoup que tu nous en dises plus (si tu as des petits conseils à donner). Cela me rassure oui, que tu aies déjà utilisé la fameuse clé. Je n’aime pas du tout en arriver là, mais comme tu dis parfois il est vraiment nécessaire de couper le contact ne serait-ce que pour souffler un bon coup et reprendre le dessus sur nos émotions.

  10. Oh merci pour ce billet tout doux qui tombe à pic après mon article de la semaine dernière.
    Alors oui, je fais partie de ces mamans qui ont peur de trahir leur ainé… Mais en fait, j’ai plutôt peur que ce soit Tess qui pense ça car tout comme toi, je suis convaincue de l’importance d’une fratrie dans une vie d’enfant ou d’adulte. Je ne peux pas imaginer qu’elle grandisse seule et je sais qu’à terme c’est le plus beau des cadeaux qu’on lui fera.
    La manière dont tu parles des débuts de grand frère de Pierre ma rassure beaucoup et je suis sûre qu’avec de l’écoute et de la bienveillance, tout se passe finalement bien. Pierre a l’air d’être vraiment un super grand frère, fier et plein d’attention 🙂

    1. Je suis contente si mon billet a pu te rassurer ! Je pense qu’en veillant à accorder un peu d’attention et de « temps pour lui » à l’ainé, tout peut très bien se passer.

  11. C’est trop mignon de lire tout ça !
    Cela me fait penser énormément à Choupi avec sa cousine du coup !
    J’adore quand il lui parle et qu’elle le regarde avec adoration. J’espère qu’ils garderont ce lien en grandissant !

  12. Oooh, malgré les quelques accrocs, ça fait rêver cette fraternité qui s’installe doucement…

    Chez moi, maintenant que ma petite à 14 mois, heuu… la guerre est déclarée…elle riposte, hurle préventivement dès que son frère de 3 ans et demi s’approche, et commence à le pousser et le taper -_- en même temps c’est le régime qu’il lui fait subir quasi depuis sa naissance…

    Donc on va dire que chez moi c’est plutôt chats et chiens au naturel… et décibels en conséquence. Ça me désole un peu, mais il y a quand même de vrais moments adorables par ci par là…. j’espère que la complicité se créera avec le temps, mais en attendant, je compte les gnons 🙁 (enfin j’essaye de les éviter à l’un et à l’autre…. !!)

    1. Quand j’étais enfant avec ma soeur nous nous disputions vraiment beaucoup et très violemment et je sais que ça inquiétait un peu mes parents. Et finalement nous gardons toutes les deux un super souvenir de notre enfance et nous sommes aujourd’hui inséparables ! Je suis sûre que dans les fratries, l’amour vache existe vraiment 🙂 .

  13. Ah il sont mignons 🙂
    Comme tu le sais, je ne souhaite pas de deuxième enfant essentiellement parce que j’ai très mal vécu cette place d’aînée peut-être qu’un jour j’en parlerai plus particulièrement … l’article est déjà écrit mais pas encore eu le courage de le publier.
    En tout cas, je sens toute ta délicatesse à vouloir que tous se passe au mieux pour tout le monde et sur le même pied d’égalité pour moi c’est le plus important 🙂

    1. Oh je ne savais pas du tout que ton choix pour un enfant unique venait de là ! Du coup je serais très intéressée en effet que tu nous en dises davantage. Tu as raison, j’espère vraiment réussir traiter mes enfants sur un pied d’égalité et aussi en respectant leurs personnalités – c’est à dire leurs différences potentielles.

  14. Je suis fascinée de voir à quel point nos expériences sont parfois si différentes alors que nous vivons des choses si semblables ! Et cet article en est un parfait exemple !
    Typiquement, moi, je faisais partie de ces mamans qui ont eu l’impression de faire un enfant dans le dos à leur aîné ! 😉
    Et au contraire de Pierre, Poupette a parlé pendant touuuuuuuuuute la grossesse de son futur petit frère ou de sa future petite soeur. Par contre, maintenant qu’elle est là, c’est bien rare qu’elle la mentionne à ses petits copains/copines (mais sur ce point, c’est peut-être simplement dû au fait qu’elle n’a pas retrouvé ses copains de la crèche quand elle est entrée à l’école).
    D’ailleurs, l’arrivée de sa petite soeur dans sa vie n’a pas été spécialement marquée par un changement d’attitude pour Poupette : pas de problèmes de coucher, comme tu l’évoques pour vous, pas de moqueries (d’ailleurs, sur ce point, tu t’en doutes, je trouve que tu as parfaitement réagi) et pas de régression non plus.
    Par contre, je ne trouve pas qu’elle montre un grand intérêt pour cette petite soeur babillante qui s’est invitée dans son quotidien : hormis des phases où elle a très envie de lui donner son biberon ou de la câliner, Poupette continue à faire sa vie de son côté (et en bonne aînée, continue à solliciter autant ses parents).
    Finalement, là où nos expériences se recoupent totalement, c’est le séjour à la maternité, qui a constitué pour Poupette une espèce de parenthèse de bonheur avec mes parents pour s’occuper d’elle et tous plein de petits plaisirs hautement appréciés dont elle me reparle encore souvent ! 🙂

    1. C’est vrai que la différence de nos expériences est troublante ! J’ai cependant l’impression que les réactions de nos enfants sont encore parfois influencées par un calendrier qui nous échappe (les fameuses « phases » faciles ou difficiles). Par ailleurs, je crois que Poupette était déjà plus mature que Pierre pendant la grossesse, qu’il n’arrivait pas à conceptualiser. En revanche aujourd’hui la présence de son frère est le seul évènement de sa vie (pas de rentrée à l’école ni de maman qui retourne travailler) ce qui accroit sans doute son intérêt pour lui.

  15. Bravo ça a l’air de bien commencer cette histoire de fratrie! Ici c’est l’arrivée d’une troisième et je crois que notre principale erreur est d’avoir mis les 2 grands dans le même pot… du coup, on a connu les 1 ères disputes entre eux. On a corrigé le tir depuis et ça va mieux. Que ce soit le 1er, 2ème ou 3ème enfant, les équilibres changent et il faut du temps pour se roder! En tout cas je trouve ton « la bienveillance, c’est pour tout le monde » très puissant! J’aurai certainement laissé tomber comme Ulrich, mais à la réflexion je trouve ta position très constructive pour Pierre et Charles!
    Johanna

    1. Finalement quel que soit la taille de la fratrie de petits ajustements sont sans doute toujours nécessaires au début. Et merci pour cette question de la bienveillance peut être qu’en l’occurrence mon côté cadette a parlé aussi 🙂 .

  16. Oh la la c’est si loin 🙂
    Miss Chocolate a eu la même réaction que Pierre pendant la grossesse, elle ne semblait pas concernée. A la naissance je me souviens d’elle, si petite (2 ans), penchée sur le berceau de sa soeur, je crois qu’elle était sidérée. Et puis ensuite elle s’est montrée attentionnée, même s’il y a eu une période o% il n’y en avait plus que pour son père, étant donné que j’étais très occupée par le bébé. 7 ans plus tard eh bien… elles jouent ensemble dans leur chambre depuis le début de l’après-midi; il y a des disputes bien sûr mais j’ai la sensation que chacune est la partenaire de jeux préférée de l’autre 😉
    Tu vas voir quand ils vont grandir, ce sera encore plus attendrissant (agaçant parfois quand il faut résoudre les conflits!)

    1. Ce que tu me racontes me rappelle ma soeur et moi (deux ans et demi d’écart). Combien d’après-midi avons nous passées à jouer des heures entières aux Barbies ou aux Playmobils !

  17. C’est une bien jolie relation qui a l’air de se nouer entre tes deux petits ! Je suis persuadée qu’une fratrie c’est en effet une chance et en tous cas je n’ai jamais souffert d’avoir un petit frère. Il parait même que j’ai sauté de joie quand il a fallu partir en pleine nuit pour la maternité et que chez mes grands-parents où j’ai passé le reste de la nuit j’étais trop surexcité pour me rendormir !
    Finalement les petits « incidents » du début semblent bien minime à coté de toute la tendresse que Pierre à l’air d’avoir pour son petit frère 🙂 (D’ailleurs je note votre organisation pour rendre le moment du couché plus serein)

    1. Oui je pense que ces petits incidents étaient classiques et je dirais même rassurants car ils prouvent que Pierre s’exprime toujours si quelque chose ne lui convient pas.

    1. Tu as raison et pourtant c’est la partie qui ne m’a pas semblé lui poser problème, accepter que sa maman a désormais deux enfants. Cela s’est fait assez naturellement.

  18. En tant qu’ainée d’une fratrie de 2 (un petit frère de 3 ans de mois) je partage la même vision que toi et j’espère que nous aurons au moins 2 enfants car je m’imagine mal avec un enfant unique.
    Je me souviens de mes débuts avec mon frère, une petite pointe de jalousie et à la fois tellement d’amour, une sorte de pulsion. Les liens que l’on créé si petits dureront plus tard, même si oui, il pourra y avoir de sacrés « clash » … c’est le jeu dans toutes les fratries 😉
    En ce moment, Pierre apprend à devenir grand frère mais dans quelques temps, Charles devra lui aussi apprendre à être un petit frère (pas tjs facile non plus hihi)

    1. C’est joli la façon dont tu décris les débuts de ta relation avec ton frère ! Pour les « clashs » je ne m’en fais pas trop je me souviens bien de ceux que nous avons eus avec ma soeur. En revanche je ne sais pas si Charles apprendra à être petit frère. En tant que petite soeur je l’ai toujours été, j’ai donc presque l’impression qu’il s’agissait d’un état inné.

  19. J’aime beaucoup ta réflexion sur le fait qu’avoir un frère était un cadeau pour Pierre… J’ai le même ressenti et avant l’arrivée de ma deuxième, si j’avais des inquiétudes et des questions, ce n’était en tout cas jamais par rapport à mon aîné, j’étais persuadée que c’était une chance pour lui d’avoir une soeur proche en âge, avec qui grandir. Et je le suis toujours 😉 .
    Bizarrement je ne me souviens plus de comportement changeant à l’arrivée de sa petite soeur, peut-être ai-je oublié ou alors non mais ils ont un peu moins de deux ans d’écart et je pense qu’un bébé ne l’a pas dérangé outre mesure…
    Je pense que tu as raison de marquer le coup pour la notion du respect (ne pas se moquer), pour moi c’est un principe important et je les reprend immédiatement si l’un tape l’autre (oui ça arrive), je leur dit qu’ils ont le droit de ne pas être d’accord mais pas de se crier dessus ou de se taper.
    Sinon je peux te dire que j’adore voir leur relation de frère/soeur, ils s’entendent très bien et ont une belle complicité, je les écoute parler, jouer, rire ensemble et j’adore ca. C’est quelque chose de précieux pour moi et j’espère qu’ils seront toujours proches, unis.
    Du coup, j’ai peur qu’un (très hypothétique) troisième enfant casse cette relation, cet équilibre à deux, pour l’instant je ne vois pas un troisième comme un cadeau pour eux…étrange non ?
    En tout cas je souhaite une belle complicité à tes deux enfants, ils vont grandir ensemble et tu verras c’est vraiment chouette de voir ce lien particulier !

    1. L’écart d’âge joue sans doute énormément sur leur réaction à la naissance à un âge où ils évoluent encore tellement. Et ce que tu dis sur le troisième est hyper intéressant !

  20. Contrairement à toi, je ressens toujours de la culpabilité pendant la grossesse à imposer un nouveau bébé. Mais, heureusement, elle s’efface immédiatement après la naissance ! Sûrement l’instinct de couver ce nouveau bébé 🙂 Chez nous, les 1ères semaines ont connu des hauts et des bas. P était encore un peu petit pour vraiment comprendre la nouvelle situation. Il y a eu quelques crises comme la fois où il a jeté un lego sur M alors que ma sage-femme était là … Mais dans l’ensemble, il a très vite et très bien accepté son frère. C’est trop mignon de les voir ensemble. M. adore aller chercher son frère à l’école et ils se font toujours un câlin 🙂 En ce moment, P encourage M. pour la propreté. C’est un véritable allié !
    Pour bb3, je crois que le plus impliqué c’est P ! Il me caresse le ventre, propose des prénoms (très originaux !). La situation est très différente, il comprend (presque) tout ! Je pense qu’on va même faire un Geschwisterkurs pour qu’il puisse encore plus participer.

    1. J’imagine la relation trop mignonne de P et M ! Au début c’était forcément différent car ton P était bien plus jeune. A cet âge quelques mois c’est énorme ! Je trouve super l’idée du cours j’espère que tu nous raconteras ça !

  21. Ça ne se passe pas toujours comme prévu… Moi ma fille a rencontré ses petits frères au bout de 1 mois d’hospitalisation… Horrible. Elle n’a même pas eu le droit d’aller les voir, enfants interdits d’entrée pour risque de contagion. Ils étaient en couveuse tout ce temps.
    Aujourd’hui ils sont une équipe super soudée, drôle et complice. On a eu la chance de pouvoir les mettre dans une garderie ensemble pour les enfants de 1 à 6 ans, c’était super. Et là, incroyable, ma fille vient de rentrer à l’école et la nouvelle garderie prend les enfants de 3 à 6 ans. Les petits frères débarquent aussi cette semaine et sont ravie d’y retrouver leur grande soeur.
    Je suis fière et heureuse de mon trio, ça valait toutes les difficultés rencontrées au début.

    1. J’imagine ce joyeux trio et la fierté de la grande soeur à la garderie ! Comme tu as pu le lire nous avons eu de la chance car pour nous les visites des enfants étaient autorisées en néonat’ sous certaines conditions.

  22. Très joli article.
    Ici bébé 2 arrive début novembre, donc on verra.
    Mais je suis comme toi. La cadette qui n’a jamais connu de moment privilégier seule avec ses parents et qui trouve qu’avoir des frères et soeurs c’est un beau cadeau pour un enfant.

  23. C’est vrai que c’est beau la création du lien fraternel. Chez nous le début c’est bien passé, il s’y intéressait, mais vaguement (faut dire qu’il était encore petit, 20 mois à la naissance). Puis il y a eu une période très très dure quand le deuxième a commencé à s’asseoir, à se déplacer… il le poussait, lui faisait des balayettes pour qu’il tombe, je n’osais plus les laisser tout seuls.. Et puis du jour au lendemain ça c’est calmé. Et depuis quelques mois (ils ont 3 ans et demi et 2 ans) c’est idyllique. Alors bien sur ils se piquent régulièrement des jouets, se tapent dessus, mais ils jouent ensemble, rigolent ensemble (se font des blagues hilarantes, le grand criant « caca » de son lit au petit qui s’étouffe de rire dans le sien..) et je trouve ça merveilleux. L’autre jour j’entendais le grand dire à travers la haie à un petit voisin « regarde ce qu’on sait faire, avec mon frère » et là, je me suis dit qu’ils étaient vraiment devenus une équipe !

    1. Ooooh ça fait vraiment rêver !! Pour le moment on continue sur l’idylle ici mais c’est facile le plus petit est très inoffensif encore j’imagine que les premiers déplacements changent la donne 🙂 .

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *