Une semaine en néonat’

Une semaine en néonat’

J’étais à la fois préparée et peu préparée à ce qui allait se passer. Préparée grâce aux nombreux articles que j’avais lus sur le sujet, aux nombreuses alertes que m’avaient données mon corps, à ma première expérience aussi. Peu préparée parce que je n’avais encore jamais fréquenté la néonatalogie.

Pierre était resté une semaine aussi à l’hôpital, à cause de sa naissance « presqu’en avance » (36+4 SA), de sa prise de poids compliquée puis de sa jaunisse. Mais il avait été soigné dans une petite pièce dédiée à l’étage de la maternité. J’avais pu rester tout du long avec lui, du moins au même étage.

Cette fois tout a été différent, sauf la durée d’hospitalisation de mes bébés finalement. Mais dans les deux cas, c’est une donnée inconnue à l’avance.

Les deux premiers jours ont été les plus durs.

Je pensais naïvement qu’avec son terme et son poids de naissance encourageants, Charles échapperait à une prise en charge lourde, aux câbles et aux machines. Je m’attendais après l’accouchement à le retrouver dans un simple berceau chauffant. Je m’étais trompée. Lorsque je l’ai vu pour la première fois, je ne l’ai pas vu justement. Son visage était presqu’entièrement caché : il avait une espèce de masque à oxygène et une sonde dans le nez. Il avait aussi sur la main un cathéter. Il était entouré de machines qui faisaient beaucoup de bruit et me faisaient très peur. Que lui avait-on fait le temps de notre séparation ? C’est une image terrible qui reste dans ma mémoire et me donne encore très envie de pleurer.

Le personnel de la néonatalogie nous a cependant accueillis très gentiment, avec des mots rassurants. Ils nous ont expliqué que Charles avait juste besoin d’un peu d’aide pour s’acclimater, qu’ils ne inquiétaient pas pour lui. Que peut-être d’ici deux ou trois jours il aurait déjà énormément progressé. Je me suis accrochée très fort à cette idée. Ils ont insisté sur la rapidité de sa naissance comme un point aggravant. Mais je n’ai pas vraiment ressenti de culpabilité.

J’ai passé ces deux jours dans les couloirs de l’hôpital, entre ma chambre et la sienne, les neufs étages qui nous séparaient. Je pompais mon colostrum pour qu’il le reçoive dans sa sonde. Je ne m’effondrais jamais en bas, mais en haut, à côté de son berceau ou lorsque les infirmières le mettaient dans mes bras. Je n’arrivais pas à admettre que ce bébé branché de partout était bien mon bébé. Un matin la maman d’à côté est venue me réconforter. Elle a trouvé les bons mots pour me donner du courage. Le deuxième soir, j’ai demandé à Ulrich de tout m’expliquer : chaque machine et chaque fil. Mieux les comprendre m’a rassurée.

Lorsque je suis arrivée dans la chambre le troisième jour, ils lui avaient retiré son masque à oxygène. Charles a alors ouvert les yeux et m’a regardée. C’était comme si je le voyais pour la toute première fois. Je l’ai trouvé incroyablement beau, avec de grands yeux déjà clairs, des cils et des sourcils très blonds. Ce jour-là ont eu lieu les premières visites, dont celle du grand-frère – nettement plus intéressé par son cadeau et les autres bébés. Ce jour-là j’ai aussi essayé pour la première fois de le mettre au sein. Il a eu l’air de trouver ça bien. Mais il n’a rien avalé. Le soir venu, je me suis rendue compte que j’avais les mains très abimées par le protocole d’hygiène et une gentille infirmière m’a offert de la crème.

J’ai quitté la maternité le matin du quatrième jour. Mes parents étaient encore présents pour s’occuper de Pierre, je savais donc que je pourrais me rendre au CHU quand je voudrais. Je me suit dit que ma sortie ne changerait presque rien finalement. C’était au contraire un soulagement, retrouver Pierre, mes habitudes. Et puis je supportais mal l’étage de la maternité.

J’ai eu l’impression à partir de ce jour-là d’avoir pris un amant. Le soir, j’attendais que Pierre soit endormi pour filer en catimini à l’hôpital rejoindre Charles. Les visites des parents étaient toujours autorisées. Je passais la plupart de mon temps là-bas, je m’y sentais protégée. Je croisais les autres mamans et leurs petites bouteilles de lait. C’est vide les couloirs d’un CHU à une heure du matin.

A l’extérieur, à la maison surtout, j’ai pris conscience de ce qu’il s’était passé. Je me suis rendue compte que je marchais sans ventre, que je n’avais plus besoin de rester allongée. Que je n’avais déjà plus qu’une toute petite enflure à peine visible sur le devant. Alors voilà tout ce qui restait de ma dernière grossesse. Comme si mon corps l’avait déjà rayée de son histoire.

Une puéricultrice m’a proposé de donner un biberon de mon lait. J’ai accepté avec enthousiasme, trop heureuse de devenir une maman presque normale. Ce fut un beau succès. Alors quelques heures après, la sonde était retirée, le visage de Charles enfin entièrement libéré. A côté du berceau j’avais souvent chanté la chanson du lapin qui « se cachait dans le jardin ». Parce que c’était joyeux. Parce que ça parlait d’un petit lapin caché peut-être aussi.

Le cinquième jour, j’ai essayé avec l’aide d’une conseillère en lactation de remettre Charles au sein. Mais il n’a encore rien réussi à boire, s’est épuisé et a délaissé le biberon suivant. Les médecins envisageaient alors de remettre la sonde si le poids ne remontait pas. Et je savais qu’ils surveillaient le taux de bilirubine, et  que moins Charles buvait, plus les risques de jaunisse augmentaient. Alors j’ai discuté avec les puéricultrices et nous avons décidé d’arrêter les mises au sein « pour le moment ». J’ai eu conscience de signer sans doute la fin de mon allaitement. Question de priorités.

A l’extérieur tous les gens que je croisaient et me demandaient des nouvelles me torturaient sans le savoir.  Les messages qui me réclamaient des photos ou son poids également. Je me suis cachée dans l’ascenseur pour éviter nos voisins. J’avais envie de pleurer souvent, sauf quand j’étais là-bas, ou avec Pierre.

A partir de là a commencé la « guerre du gramme ». Les docteurs nous fixaient le matin un objectif à boire. La sortie de Charles ne tenait plus qu’à son poids. J’ai commencé à douter de la qualité de mon lait tiré. Heureusement Charles restait un élève modèle. Il buvait tous les biberons qui lui étaient proposés.

Alors finalement le poids est remonté d’un coup, le septième jour, en même temps que la bilirubine chutait. Et comme promis on l’a laissé sortir d’un coup aussi, le lendemain. Avec pour seule consigne une pesée toutes les 48 heures. J’ai à peine eu le temps de dire au revoir à tout le monde. De remercier aussi.

Bizarrement j’ai été un peu triste de quitter ce service.

Nous avons été choyés par les puéricultrices. Je les ai parfois appelées dans la nuit, juste pour demander comment Charles allait. Parce que j’avais des peurs subites : que le service prenne feu, que quelqu’un le kidnappe. Elles m’ont toujours répondu avec douceur, même à 5h30. Elles m’ont appris avec patience tous les gestes aussi : brancher les électrodes, désactiver le moniteur pendant le change, faire du berceau un cocon rassurant.

Un médecin était toujours présent. Pour s’adapter à mes horaires, il passait souvent me voir la nuit. Tout le monde était gentil, doux, souriant. Personne ne parlait fort.

Les autres mamans me manquent aussi, j’ai regretté de ne pas avoir échangé nos coordonnées. Il y avait un petit coin chaleureux aménagé rien que pour nous à l’intérieur de la néonatalogie, une pièce nommée : « le café des parents ». Une bouilloire, une machine à café, un canapé, quelques tire-laits, des paravents et des prospectus sur la prématurité y étaient installés. J’ai aimé les moments que j’ai passé là-bas, au calme, près d’autres qui comprenaient.

La néonatalogie fut une transition nécessaire, protectrice et aidante, entre la naissance et le monde extérieur pour mon enfant. Et finalement, je me dis qu’elle a peut-être aussi rempli ce rôle pour sa maman.

74 réactions au sujet de « Une semaine en néonat’ »

    1. Merci beaucoup 🙂 c’est un peu le paradoxe cette semaine était à la fois très douce notamment grâce aux professionnels et très violente.

  1. Ton article est délicat, pudique et extrêmement touchant. Je salue ta force et aussi ta lucidité dans ces situations si particulières, je pense que seule une mère qui a vécu cette période peut comprendre.

    Je comprend cette « transition » presque nécessaire comme pour te permettre d’avoir une parenthése, de finir à l’extérieur cette grossesse si rapide.

    Je te souhaite plein de tendresse à 4.

  2. Bonjour!
    Félicitations pour la naissance de Charles!
    Ma fille est née à 35+2 et a passé 2 semaines complètes en néonatologie. Ton article m’a beaucoup émue, pour toi, pour moi, pour toutes les mamans confrontées à la séparation, aux doutes, à l’expérience différente de son enfant juste venu au monde quand il doit aller en néonatologie. Bravo à Charles et toi d’en être sortis si rapidement ! Vous êtes des champions !
    Mon pire traumatisme a été lorsqu’ils ont remis une sonde à ma fille qui ne s’en sortait finalement pas trop sans, et qu’ils ont raté le geste deux fois, avec ses cris incroyablement stridents qui m’ont arraché le coeur. Mais équipe super aussi. Et je suis devenue très amie avec une maman dont la fille est née un jour après au même terme!
    Est-ce que Pierre est venu à la néonatologie? Tu parles de leur rencontre, mais est-ce qu’il est revenu ensuite? (je me projette déjà dans un scénario BB2 en néonatologie – sans raison à ce stade de ma grossesse).
    Très belle continuation à tous les 4 !

    1. Ce que tu me racontes de la sonde me rend bien triste pour vous, j’ai eu de la chance d’y échapper rapidement grâce aux biberons. Les visites des frères et soeurs étaient autorisées à certains horaires (pas comme les parents 24h/24). Nous avons dû fournir le carnet de vaccination de Pierre à l’avance et il a dû être ausculté par un médecin du service aussi avant de pouvoir rentrer (précaution pour éviter qu’il n’emmène un virus avec lui). La durée de la visite n’était pas formellement limitée mais on nous a expliqué qu’il ne fallait pas troubler trop longtemps le calme du service, ce qui me semble cependant évident. J’espère cela dit fort pour toi que la question ne se posera pas !

      1. Merci pour toutes les infos! Chez nous aussi on a essayé allaitement et biberon mais sans succès et du coup sonde. C’est très loin derrière nous aujourd’hui 🙂

  3. Je suis très émue et touchée par ton texte. Ces naissances difficiles sont tellement injustes. Personne ne devrait avoir à renconter son tout petit ainsi… J’imagine sans difficulté ta peine, ce déchirement dans ces moments qui auraient dû être joyeux. Ces 1ers instants resterons forcément gravés dans ton coeur mais je te souhaite que ces plaies douloureuses cicatrisent au plus vite, et surtout de profiter de tes deux garçons au maximum maintenant que vous êtes tous réunis.

    1. C’est vrai que c’est dur et injuste. Et d’un autre côté, j’ai vu tellement de choses plus graves à cet étage, et le service à côté de réanimation aussi, que j’ai beaucoup relativisé et compris notre chance relative. J’espère maintenant bien réussir à gérer l’après au niveau émotionnel, c’est ce qui me semble aujourd’hui le plus compliqué. Je vous en reparlerai 🙂 .

  4. Ton article est très émouvant et j’y retrouve un peu les récits de ma maman sur notre séjour à ma soeur et moi (6 et 4 semaines) : ces fils impressionnants au début, c’est petits bébés qu’on a presque peur de toucher et cette obsession du poids avant la sortie …
    Un jour, ce ne sera plus qu’un souvenir que tu lui transmettra (ou pas selon ton choix, chez moi, ma mère a choisi de ne jamais rien nous cacher, ni les galères de conception, ni les grossesses difficiles, ni la néonat)

    1. Je serais intéressée que tu me racontes plus en détails comment votre mère vous a transmis cette histoire, ce que tu en penses aujourd’hui, ce que tu me conseillerais de dire ou pas plus tard.

      1. Il faudrait que je lui demande à partir de quel âge elle nous en a parler, j’ai l’impression de l’avoir toujours su … comme nous étions en Polynésie, il y a beaucoup de photos et de film de la grossesse alitée de ma maman.
        Personnellement, j’ai toujours été très fière que ma mère se soit autant battue pour nous. Ce qui est d’ailleurs surprenant car nous discutions FIV récemment (elle n’a pas été dans ce cas), preuve d’amour (pour moi) ou preuve d’égoïsme ?
        Donc pour moi, l’important, c’est vraiment de répondre avec sincérité à leurs questions le moment venu.

  5. Je n’ai pas eu à vivre ce genre d’expérience mais ton récit me touche et m’émeut. Peut-être parce qu’il me rappelle combien les premiers jours sont si importants. Le service de néonatalogie avait l’air top en tout cas, ce qui est très réconfortant pour un lieu si particulier.

    1. Oui je crois que j’ai eu beaucoup de chance malgré tout et je ressens beaucoup de gratitude pour les professionnels qui nous ont entourés.

  6. Quel beau billet… On sent toutes les difficultés que tu as traversées mais également toute la douceur dont tu as été entourée par le personnel soignant…

    Je suis ravie de lire que tout va bien et que vous allez pouvoir trouver votre rythme tranquillement et tourner doucement la page de cet épisode un peu douloureux…

    Virginie

  7. Ce n’est pas le récit de naissance que je te souhaitais, mais voilà, c’est ainsi. J’espère que le mettre par écrit contribue à te permettre d’avancer. Je suis contente que Charles soit rentré auprès de vous, et que vous puissiez enfin construire votre vie à quatre. Je suis contente également que tu aies trouvé là-bas la bienveillance et l’accompagnement dont tu avais besoin.
    Je ne sais pas si tu as pu reprendre l’allaitement, ou si tu tires toujours ton lait pour des biberons, mais je suis sûre que tu fais de ton mieux et que tout se passera bien.
    Je te souhaite le meilleur pour ces premières semaines si particulières, et j’ai hâte de lire la suite.
    Je pense à toi, je t’embrasse
    Camille

    1. Merci beaucoup Camille pour ton gentil commentaire. Petit à petit tout se met en place, je vous raconterai bientôt. Charles mange et grandit à vue d’oeil c’est le plus important qui a fait passer son mode d’alimentation un peu au second plan 🙂 .

  8. Oh que je suis émue en te lisant ! Et pourtant, c’est au jour le jour que j’ai suivi les magnifiques progrès de Charles !
    Mais parfois, on ne prend conscience de la douleur éprouvée par une amie et de son courage qu’après la bataille : mille bravos à toi et à ton superbe oisillon ❤

    1. Oh merci ma belle pour tes gentils mots et aussi pour ton soutien pendant ces journées difficiles. Votre présence m’a été si précieuse, je ne les ai partagées avec personne d’autre !

  9. Récit très émouvant. Ces premiers jours à devoir retrouver votre bébé en néonatalogie, ont dû être très difficiles moralement. Je suis contente que vous puissiez enfin avoir votre petit à la maison, près de vous, afin de profiter d’une vie à quatre.

    1. Oui c’est une séparation très compliquée à gérer en tant que jeune maman. Mais désormais nous avons du temps pour nous rattraper !

  10. Oh Alice, quel article émouvant. Je suis contente que Charles ait progressé rapidement et que vous ayez pu rentrer avec lui relativement rapidement.

    Je n’ai pas connu la néonat pour mon jeune homme (c’était un gros bébé né à terme) mais ma marraine a accouché d’un tout petit bout de chou de 620g. J’étais en Ecosse au moment de sa naissance et lorsque je l’ai vu pour la première fois, il avait un mois. Petite crevette avec tous ces câbles, sa couche bien trop grande. Je me souviens du diplôme reçu lorsqu’il a atteint 1kg, du petit lit chauffant (une vraie victoire après la couveuse). Il a désormais 16 ans, sera en 1e à la rentrée, il n’a aucune séquelle.
    Depuis, je suis très sensible à la prématurité, à ces oisillons tombés du nid trop tôt et je suis encore plus contente que ton petit Charles soit à la maison auprès de vous. Prends bien soin de toi.

    1. J’ai croisé en néonatalogie des mamans aux histoires semblables, je les admire énormément. Et merci pour tes gentils mots 🙂 .

  11. Je ne suis pas passée par là! Pourtant je l’ai redoutée durant mes 2 grossesses…surtout ma grossesse gémellaire. Ce qui me frappe dans ton article c’est comment ce service de néonatalogie semble calme et doux comme un cocon! Merci pour ton témoignage ❤️

    1. J’ai croisé en effet pas mal de mamans de jumeaux à cet étage. Et quelque part ce que je voulais dire aussi c’est qu’il ne faut pas forcément avoir peur car je crois que les services de néonatalogie sont vraiment très bien pour la plupart.

  12. Je crois qu’on n’est jamais préparée à la néonat. Tu as eu la chance d’avoir un bon relationnel avec les personnels, c’est un appui solide pour affronter ce passage douloureux.
    J’espère que vous vous portez tous bien aujourd’hui !

  13. Comme cela a du être dur !! Je n’imagine même pas votre première rencontre. Ma fille a été perfusée pour avoir des antibiotiques pendant notre séjour à la maternité à cause d’une infection. J’en pleurais de la voir avec son gros bandage qui recouvrait toute sa main. Bref !! Voir ton fils recouvert d’électrodes… Tu en as du courage. Ton petit Charles est un battant. Il s’en est très bien sorti et toi aussi.
    Je suis d’accord avec toi pour le travail fait en néonatalogie. C’est un cocon, un monde parallèle pour adoucir l’arrivée des bébés pressés de venir au monde.
    Je rebondis sur ton ressenti d’absence de ventre à la sortie de la maternité, comme si rien ne s’était passé durant ces derniers mois. Je te rejoins complètement. J’ai eu cette même impression. Et pourtant j’ai mené ma grossesse à terme. Je n’avais pas imaginé que mon corps serait vite passé à autre chose. J’ai ressenti un vide immense. Tout ça pour te dire que je comprend cette sensation.
    Finalement a-t-il réussi à téter au sein ? Ou alors as-tu continué à tirer ton lait et lui donner au biberon ? Je sais que l’allaitement était un sujet sensible pour toi.
    Bon courage et belle vie à tous les quatre.

    1. La perfusion et la sonde sont les plus douloureuses potentiellement, le masque à oxygène le plus perturbant visuellement… Les électrodes finalement sont juste collées un peu partout pour surveiller l’enfant j’en ai même gardé en souvenir 🙂 (il faut dire qu’on arrivait plus à les décoller au moment de la sortie ! ). Je rejoins ton avis concernant la néonatalogie et je dois dire que malgré les circonstances j’ai vraiment été agréablement surprise. Le vide dans mon ventre est toujours là j’ai hâte d’arriver à mon terme, j’ai l’espoir qu’alors ça ira mieux.
      Pour l’allaitement je voulais vous raconter dans un prochain article mais je peux déjà briser le suspens : il reçoit toujours mon lait tiré au biberon. Mais finalement j’ai réussi à faire le deuil des mises au sein, aussi, même si ça a pris quelques jours.

  14. Oh là là, on lit entre les lignes tout ton désarroi, ta souffrance, mais aussi l’incroyable force dont tu sais faire preuve…
    C’est vrai que les équipes en néonat sont exceptionnelles… elles méritent d’êtres saluées et remerciées pour leur implication sans faille et le travail extraordinaire qu’elles fournissent.
    J’espère que Charles va bien, et Pierre aussi, ça a dû être difficile pour lui également.. Et puis vous 2, bien sûr.
    Je vous souhaite une belle vie à 4, les débuts sont si souvent compliqués, incertains, bouleversés… qu’ils vous soient aussi doux et beaux.
    Tu nous raconteras la suite, hein, le retour à la maison, les bibs ou le sein, Pierre et Charles… ?

    1. Bien sûr je vous raconterai tout promis 🙂 . Tu as raison concernant les équipes de néonatalogie, je prévois de leur rendre visite avec Charles et une boite de macarons bientôt. Les premiers jours après la sortie ont été un peu difficiles émotionnellement pour moi mais cela aussi va déjà beaucoup mieux.

    1. Merci Johanna 🙂 j’ai hâte en effet de « dépasser mon terme » finalement. Et d’un autre côté j’essaie aussi quand même de savourer le présent avec mon tout petit.

  15. Ton article est tellement touchant que je revis cette première semaine avec un regard encore différent ! Je trouve que tu exprimes avec beaucoup de pudeur ces moments si intenses en émotion que vous avez malheureusement vécu un peu trop tôt ! Mais quel champion ce petit Charles et quel courage pour sa maman !

    1. Merci 🙂 . Sur le moment les choses sont encore différentes on n’a pas le temps de se poser trop de questions et puis la fatigue et les hormones sans doute anesthésient un peu les émotions.

  16. Je n’ai pas honte d’avouer que j’ai versé quelques larmes en lisant ton texte. On ressent très bien ce paradoxe de violence et de douceur dans la naissance de Charles. Quelle chance d’avoir eu des professionnels de santé aussi attentifs! Je te remercie de partager cela avec nous!

    1. Ca me fait du bien de partager cette histoire avec vous 🙂 . Je suis désolée pour les larmes mais je comprends que toutes les jeunes mamans soient touchées parce que personne n’a très envie de vivre ça.

  17. C’est un très bel article et j’imagine que si la santé de Charles n’est pas en danger à ce jour, tu dois encore porter les cicatrices émotionnelles de cette naissance. Tout ce que j’ai envie de te dire (et que je t’ai déjà dit, je me répète hihi), c’est que ton fils n’aura pour sa part aucunes cicatrices (ni émotionnelles ni de séquelles physiques) et que votre relation n’en souffrira pas non plus.

    1. Ha ha en effet j’ai deux Elise maintenant j’ai été un peu perplexe mais je me suis dit que le vouvoiement ne pouvait pas venir de toi 🙂 . Merci pour tes gentils mots réconfortants en tout cas.

  18. Très bel article. Je te lis depuis pas mal de temps mais je n’avais jamais commenté.

    J’ai accouché il y a 2 semaines et demi maintenant d’un petit garçon né à 34 SA+5. Il a passé 2 semaines en néonat et depuis lundi nous avons pu rentrer grâce à une hospitalisation à domicile. Je retrouve bien dans ton article tous les sentiments qui se mélangent durant cette période et non ce n’est pas comme cela qu’on imagine la rencontre avec son enfant. Pour moi s’ajoute également un sentiment de culpabilité (on m’a déclenché car je faisais une pré éclampsie) et de ne pas avoir vraiment accouché car césarienne en urgence et je n’ai pu apercevoir mon enfant que 4 heures plus tard et vraiment le toucher que 11h après…

    Je te rejoins sur le fait que la néonat est finalement une transition nécessaire et un cocon réconfortant, surtout pour une primipare comme moi.

    Je te souhaite beaucoup de bonheur dans votre vie à 4.

    1. Ton commentaire me touche beaucoup. J’imagine que dans le cas de la pré-éclampsie tu n’as pas eu le temps de te préparer en plus… Et que la césarienne ajoute à tes regrets. Pourtant tu sais que tu n’y es pour rien. J’espère que le temps t’aidera à accepter ces débuts difficiles. Si tu as besoin d’en parler n’hésite pas en tout cas.

  19. Ton récit est très émouvant. On sent que cette période a dû te marquer en bien autant qu’en mal. C’est finalement rassurant de voir qu’on peut trouver du réconfort dans ces moments là. Je vous souhaite une belle vie sereine à tout les 4

  20. Ton récit est très émouvant, il m’a beaucoup touchée. Je ne connais que la néonat de loin (et j’espère que ça restera comme ça) par le médecin qui était venu me voir lors de mon hospitalisation pour M. et par les autres mamans que j’ai rencontrées pendant mon séjour. Je n’ose imaginer à quel point ça doit être douloureux d’avoir son bébé dans ce service … Mais ce qui m’avait également frappée, c’était la bienveillance, le positivisme du personnel soignant et la solidarité entre mamans. Je suis très heureuse pour vous que Charles soit sorti si rapidement et j’ai hâte de lire ses aventures 🙂
    ps : on a les mêmes tasses dans mon hôpital (et les mêmes pompes), j’espère juste que le menu était plus sympa pour toi ! lol

    1. Figure toi que la cantine de notre CHU est en plus excellente ! Presque comme au Resto ! Décidément j’ai eu de la chance dans mon malheur 🙂 .

  21. Mon expérience en néonat ne ressemble pas du tout à la tienne ! Il faut dire que les circonstances étaient très différentes : bébé né à terme mais ayant souffert de l’accouchement (il n’est resté branché qu’une nuit), découverte de la malformation puis bébé porteur de streptocoques -> 5 jours d’antibios en intraveineuse….
    Cela dit, dans l’hôpital où j’étais, les chambres comprenaient toutes une partie bébé et une partie maman pour ne pas laisser les bout’choux seuls ! On est resté 10 jours à l’hôpital et ma première sortie pour prendre l’air n’a eu lieu que le 8e jour. Mais entre les douleurs post-accouchement, l’allaitement et la fatigue je crois que ça ne m’est même pas venu à l’esprit avant… En revanche, je n’ai eu aucun contact avec d’autres parents, j’entendais juste d’autres bébés pleurer le soir et ça me faisait me sentir moins seule dans cette galère. Je redoutais toujours les nuits une fois que mon mari était parti et que je me retrouvais seule avec bébé qui pleurait.
    Je comprends en tout cas comme ces quelques jours peuvent être marquants ! Même si tu ne les oublieras pas, je te souhaite d’arriver à les accepter et à aller de l’avant avec ce petit Charles qui a l’air si attachant 🙂

    1. Merci pour ton témoignage en effet c’était bien différent ! Et en tout cas j’accepte de mieux en mieux ces débuts particuliers maintenant.

  22. Votre histoire à tous les deux me touche beaucoup… j’ai accouché il y a 15 mois à 33 SA après un beau  » déni d’accouchement « ! ( merci pour le terme je n’avais jamais réussi à mettre un mot sur ce que j’avais vécu! ), nous sommes restées 3 semaines et demie ensemble dans une unité kangourou ( cela existe en Allemagne ? ). Un véritable petit cocon où les mères et leurs bébés sont hospitalisés ensemble et chouchoutés par un personnel bienveillant et toujours à l’écoute!
    Je vous souhaite beaucoup de bonheur et de la sérénité pour ces premiers mois!

    1. Votre histoire me touche aussi beaucoup. Je ne sais pas si ce genre d’unités existe en Allemagne mais vous avez eu de la chance de pouvoir en bénéficier ! Je vous souhaite aussi plein de bonnes choses pour la suite.

  23. Bon, j’avais écrit un super commentaire de mon téléphone, mais il a bugué, donc, j’ai décidé de ne plus jamais commenter depuis mon mobile.
    Je suis désolée que tu aies dû vivre ces choses si difficiles, je sais combien tu tenais à « réussir » ton allaitement et à mener ton bébé à terme. C’est un nouveau petit deuil à faire, et Dieu sait qu’ils sont nombreux et imprévus dans la maternité. Il faut apprendre à composer avec, on n’a pas le choix, mais c’est dur. Je comprends un peu ce que tu as dû ressentir.
    Mais concentrons-nous sur le positif: tu as mis au monde un petit garçon qui va te combler de joie et de bonheur, une extension de toi, de ta famille <3 Félicitations encore!

    1. Ah la la la détresse de la commentatrice sur smartphone je peux te dire que je la connais ! Mon truc à moi c’est d’écrire mes commentaires sur une application de prise de notes puis de les copier coller pour éviter de les perdre !
      Merci en tout cas de tes gentils mots. De plus en plus je parviens à faire le deuil de cette arrivée mouvementée pour me concentrer sur le positif !

  24. En te lisant, je reconnais la majorité des mamans que j’accompagne en tant qu’assistante sociale en néonatalogie … Je suis contente de lire que finalement, tu as vécu cela comme une bulle transitoire pour ta rencontre avec bébé et pour sa rencontre avec le monde extérieur 🙂

    1. J’ai pensé à toi quand j’y étais ! Tu fais vraiment un travail formidable, je ressens énormément de gratitude pour les équipes qui nous ont entourés.

  25. Pour commencer, félicitations pour ton petit Charles ! On sent à la fois de la tristesse et de la nostalgie pour ce passage en néonat … Le plus dur j’imagine étant de ne pas savoir combien de temps cela peut durer ! l’essentiel étant évidemment que tout aille bien désormais, ce qui est semble-t-il le cas ! Alors plein de bonheur à vous 4 !! (et je pose ça comme ça, mais une amie à moi qui avait catégoriquement refusé d’allaiter a finalement mis son fils au sein au bout de quelques jours (4 ou 5 je crois, en pleine montée de lait), les sages femmes n’en revenaient pas … aujourd’hui son fils à 7 mois et demi et elle en ch*** pour le sevrer 😉 ! ). Je crois que rien n’est jamais perdu en matière d’allaitement (enfin quand il rentrent au CP; si, peut-être :-P)

    1. Merci pour tes encouragements, tout va bien en effet désormais et comme tu dis c’est bien le principal ! Concernant l’allaitement en revanche hum je ne suis pas sûre de faire partie de ce genre d’exceptions mais tant pis j’apprends à l’accepter aussi 😉 .

  26. Oh, me me doutait bien que ça n’avais pas été facile mais je ne pensais pas que ça avait été si douloureux.
    Comme on dit le principal c’est que Charles aille bien mais j’espère que tu arriveras à panser tes blessures et faire le deuil.
    Je t’embrasse.

    1. Merci pour tes gentils mots. Ca va prendre du temps je pense pour que j’accepte définitivement tout ça, mais ça va, tant que mon petit bout va bien j’arrive à rester positive 🙂 .

  27. Le récit de la première fois où tu as vu Charles m’a beaucoup touché. Je crois que la plupart des mamans aurait réagi comme toi!
    Pour autant, comme j’ai pu le lire dans d’autres commentaires, le reste de ton billet m’a semblé doux et posé bien qu’on y ressente bien ton inquiétude voire ta douleur. Ca n’a pas été un moment facile à passer. J’espère que cette douleur finira par s’estomper avec le temps. En attendant, je te souhaite de merveilleux moments avec ton petit Charles qui j’espère se porte bien.

    1. Merci pour tes gentils mots 🙂 . Charles se porte bien depuis et cela me permet d’accepter de mieux en mieux son arrivée un peu chaotique.

  28. Ton article est très émouvant et plein de tendresse. J’aime beaucoup ta façon de nous raconter ce passage difficile.
    Comme toi j’ai eu une impression de cocon rassurant (en grande partie grâce au personnel merveilleux) à la maternité. Et mon séjour de 6 jours ne m’a paru long du tout ! Je pense que je leur dois en grande partie la réussite de mon allaitement et une certaine sérénité à mon retour à la maison malgré une puce qui prenait peu de poids.
    Je suis certaine que quand la maman se sent bien à la maternité, que l’environnement lui semble rassurant, ça aide beaucoup pour la suite, surtout si le déroulé de la naissance n’est pas exactement celui auquel on s’attendait !
    Je suis contente de lire que finalement ce séjour t’as permis d’avoir des moments de douceur avec ton petit Charles malgré la néonat.

    1. Je suis contente que tu gardes cette impression positive de mon article sur cette semaine en néonatalogie car c’est finalement ce que je souhaitais retranscrire. Et tu as raison c’est drôlement important aussi pour la suite !

  29. Je trouve ton texte vraiment très beau, à la fois plein de douleur mais aussi de tendresse et de recul sur ce que tu as vécu. Je t’embrasse fort et espère que ces premières semaines à 4 se sont bien passées

    1. Merci 🙂 Oui petit à petit tout est rentré dans l’ordre et maintenant je savoure simplement le temps avec mon nourrisson !

  30. J’ai trop de retard dans mes lectures (enfin dans mes coms en fait ) ! En même temps pour cet article, à part t’envoyer des ❤❤❤ je ne sais pas trop quoi dire.
    Je suis heureuse de lire que tu as été si bien entourée. C’est presque doux à te lire. Et pourtant cela a du être des instants si angoissants ! Je suis aussi heureuse parce que je sais que tout cela a très bien fini, et qu’aujourd’hui vous êtes 4 et que tout va bien, malgré ce drôle de chemin.

    1. C’est vrai qu’une fois qu’on connaît la fin tout ça ne semble plus si grave. J’en garde quand même beaucoup de gratitude pour le personnel qui nous a accompagnés.

  31. J’ai les larmes aux yeux quand je relis ce genre de choses, tant de souvenirs remontent. Douloureux.
    Mes jumeaux sont nés sans que je puisse les voir (césarienne mais on me les a même pas montré!! envoyé d’urgence en néonat), j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps jusqu’à ce que ENFIN, plus de 12h après leur sortie, on m’autorise à les voir. J’ai découvert la tête du second, sans tubes, masques, etc, seulement 4 jours après sa naissance.. Ce fut à la fois bouleversant et un veritable coup de foudre.
    Ils sont restés 1 mois à l’hôpital, en couveuse, leur soeur n’avait pas le droit de les visiter, comme aucun enfant à cause des possibles risque de contamination. Ce fut un mois horrible où je passais mon temps à me diviser entre ma fille, ma machine à tirer du lait et les jujus… Leur retour à la maison a été reculé plusieurs fois à cause d’un des garcons qui faisait de l’apnée du sommeil et s’étranglait en buvant au biberon. On a fait une formation premier secours pour qu’ils puissent rentrer ensemble avec nous au bout d’un mois…
    La première rencontre avec leur soeur a été effectivement un des moments des plus magiques de ma vie.

    1. Je suis désolée d’avoir ravivé ces douloureux souvenirs. Nous n’oublierons jamais ces débuts compliqués. J’imagine à peine comme ce mois a dû vous sembler long… J’espère au moins que, comme moi, vous êtes tombés sur une bonne équipe de soignants.

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