Le parent par défaut

Le parent par défaut

Ce matin je me suis livrée à un petit exercice rigolo sur excel. J’étais sensée travailler un budget formation et puis mes doigts ont dérapé. J’ai eu envie de calculer, comme ça, combien de temps mon fils passe avec qui. Je me doutais un peu du résultat mais je voulais voir si les chiffres confirmeraient mon sentiment ou pas. Il parait que dans un couple, chacun a toujours l’impression de faire un peu plus que son conjoint.

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Voilà le résultat : mon fils passe « en gros », hors dodo et week-end compris 35% de son temps à la crèche, 30% de son temps avec son papa et moi et 30% de son temps seul avec moi. Et du temps rien qu’avec son papa alors, vous avez calculé ? En visant large, en partant du principe que je sortais parfois le soir et qu’il l’emmenait à la piscine de temps en temps j’ai atteint un petit 5%.

Cette organisation, nous l’avons choisie d’un commun accord avec mon mari, je ne la subis pas. Ulrich a fait des études longues et difficiles et n’a pas encore atteint l’objectif professionnel qu’il s’était fixé – avoir son propre cabinet. Il travaille donc énormément en ce sens, plus de soixante heures par semaine parfois. De mon coté, j’ai toujours souhaité m’investir dans mon rôle de maman. Vous savez que j’y prends énormément de plaisir, que l’éducation de mon fils me passionne. Et j’ai la chance d’avoir un poste qui me permet une grande flexibilité. Je n’assume pas pour autant toutes les tâches du foyer : mon mari paie de sa poche notre femme de ménage, fait régulièrement les courses en rentrant du travail et passe l’aspirateur le week end, aussi – je déteste les aspirateurs.

Je suis cependant, très clairement, le parent par défaut. Celle qui emmène Pierre à la crèche tous les jours. Celle qui va le chercher tous les jours aussi. Celle que la crèche appelle quand ça ne va pas (évidemment). Celle qui prend les rendez-vous chez le pédiatre. Celle qui connait le prénom de tous ses copains. Celle qui pense à renouveler la garde-robe et connait sa taille d’habit. Celle qui gère les repas. Celle qui a le siège-auto dans sa voiture. Celle qui achète les couches. Celle qui gère seule au moins une soirée par semaine, sans compter les week-ends (de garde).

Et au fil du temps, je découvre évidemment de nouveaux avantages ou désavantages de cette fonction.

Au tout début, je crois qu’elle m’a fait du bien, voire même qu’elle m’était nécessaire. Je crois que j’avais besoin que mon mari me laisse toute cette place là pour apprendre à remplir ce rôle de maman. Je n’aurais pas aimé qu’il me guide pour changer les premières couches ou donner le premier bain. J’ai été flattée d’être l’experte, celle qui sait, cela m’a aidé à me trouver d’abord, à acquérir une certaine légitimité.

Ce qu’il en reste aujourd’hui,  je le répète, c’est l’immense plaisir que j’ai à passer du temps avec Pierre. Chaque après-midi avec lui – ou presque –  est une fête. Je suis très heureuse d’avoir tout ce temps avec lui, il me permet de profiter de chaque progrès, de savourer chaque moment, de lui transmettre beaucoup de choses aussi à commencer par ma langue. J’aime prendre mon goûter avec lui, l’écouter me raconter ses journées, faire des puzzles, de la peinture et de la pâte à modeler. Je rêverais même parfois ne faire que ça de mes journées, je vous l’ai déjà confié.

Mais il y a aussi des difficultés, et c’est d’elles que je souhaitais aujourd’hui vous parler. Elles sont liées à ce déséquilibre entre mon mari et moi : je suis le parent par défaut, il reste l’Exceptionnel.

Il y a des agacements, anciens, répétés. J’ai expliqué au moins cent fois à mon mari comment faire le biberon du matin, en vain : il le fait trop rarement pour retenir la recette. Je m’énerve quand il me demande où se trouve chaque affaire – je ne possède aucun don de localisation automatique de jouet. Je n’aime pas non plus qu’il me demande au moindre pleur : « Qu’est-ce qu’il veut ? Qu’est-ce qu’il a ? ». Je ne sais pas toujours !

Il y a parfois un manque de compréhension – sans doute mutuel. J’aimerais que mon mari sache ce que ça fait, de se préparer le matin avec un lutin suspendu à son pantalon, de laisser en pleurs son enfant à la crèche, d’aller faire des courses avec un asticot rouge et hurlant dans la poussette, de porter les courses et un bébé en même temps… J’aimerais qu’il connaisse cette responsabilité écrasante et de tous les instants, quand on ne peut se reposer sur personne, quand on doit toujours assurer et être là. Quand on a personne à qui demander : « Qu’est-ce qu’il veut ? Qu’est-ce qu’il a ? ».

Il y a parfois un soupçon de jalousie aussi, quand au cours d’une journée j’ai essuyé les pleurs, la fatigue, les râles, que la clé tourne dans la porte et que papa, tel un héros, fait son entrée… pour récolter l’ensemble des sourires d’une journée.

Et puis aujourd’hui, avec un enfant de deux ans, je me trouve confrontée à une autre dimension. Certains jours Pierre teste, provoque, s’oppose, s’énerve… Lorsque nous sommes deux pour faire face, c’est presque facile, il suffit de passer le relais : notre patience est immense et nos réactions mesurées. Mais je suis souvent seule avec mon fils, vous l’avez compris, et là les choses deviennent rapidement, au bout de la troisième crise : « Mais je ne veux mettre ce pantalon aaaaah non pas celui-là non plus je vais tout casser et te donner des coups de pied aaaaaah »… un peu plus compliquées. Je répète inlassablement les mêmes règles, m’épuise à tempérer ses réactions, et perds patience aussi, parfois, ajoutant mes cris aux siens pour me morfondre ensuite dans la culpabilité.

Depuis peu, quand mon mari et moi sommes là, Pierre exprime fermement qui doit faire quoi : changer sa couche, lui donner le bain… Nous sommes parfois compréhensifs, parfois pas. Mais la nuit c’est maman qu’il réclame, toujours. Alors par souci d’efficacité c’est toujours moi qui finit par me lever et m’en occuper. Je ne ne sais pas si c’est normal, c’est comme ça.

Quand mon mari est là, il s’occupe énormément de son fils, avec une énergie et une patience admirables après de trop longues journées de travail. Mais il peut alors rapidement succomber à ce que j’appelle « le syndrôme du grand parent » – une tendance à être laxiste, à tout permettre, à ne pas respecter les petites limites que je cherche désespérément à fixer : « Oh mais il joue avec mon Iphone et alors cinq minutes… ». Je comprends qu’il n’ait pas envie de se fâcher, que leur temps est précieux. J’essaie de lui expliquer qu’un peu de constance lui ferait quand même du bien. J’ai parfois peur alors de devenir la maman pénible, celle qui fixe les règles, qui ne dit pas toujours oui, qui fait les gros yeux. Et puis quand mon mari est là, je suis là aussi, la plupart du temps. Pour dire où se trouve quoi et ce qu’il y aura à manger au repas. Presque trop facile, non ?

Le modèle parfait n’existe sans doute pas. J’aimerais parfois avoir un mari un peu plus disponible, pouvoir plus souvent passer le relais, mais nous n’y pouvons rien changer à court terme. Tout ce que nous pouvons améliorer c’est notre cohérence parentale – et nous y travaillons. J’ai la chance de pouvoir m’investir dans mon rôle de maman comme je le souhaitais, et je la savoure avant tout. Mais je serais curieuse de savoir comment les choses se passent chez vous, ou recueillir vos avis sur le sujet. Y a-t-il forcément un parent par défaut ? Comment vous le vivez ?

97 réactions au sujet de « Le parent par défaut »

  1. Je suis clairement aussi le parent par défaut. Pourtant notre équilibre doit plus être du 35% crèche, 30% moi seule, 15% lui seul et 20% à deux . Quoi qu’il en soit, c’est toujours vers moi que Bébou se tourne quand elle a besoin de quelque-chose. Pourquoi? Parce que je suis la plus réactive des deux, celle qui se lève le matin, écoute ses besoins, etc. Bien plus que son papa, qui, même si il est un super papa, est moins flexible et moins 100% disponible que moi.

    1. Ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule. Et j’imagine que les 15% du temps que ton compagnon passe seul avec sa fille sont aussi très appréciables pour toi (en espérant que ce ne soit pas pour travailler…).

  2. Houlala, voilà un sacré sujet !
    Ce que tu appelles « syndrome du grand-parent » me rappelle le principe du « papa du dimanche », pour les couples séparés où le père ne voit ses enfants que le week-end et ne fait que des choses marrantes et pas d’autorité avec eux (bien sûr, ce n’est pas le cas de tous les pères divorcés, à commencer par le mien qui était un papa de la semaine !)
    J’ai un couple de proches où le père est très pris par son travail et voit très peu ses enfants, mais à la différence de votre fonctionnement, le papa n’épaule quasiment JAMAIS la maman dans son autorité, il a plutôt tendance à carrément la saper en disant/faisant le contraire de ce qu’elle a dit – ce que je trouve horrible à vivre pour la maman, et très mauvais pour les enfants qui ne savent plus à quel saint se vouer… C’est super que vous arriviez à travailler sur cette cohérence.
    La difficulté dans le monde actuel à passer du temps avec ses enfants m’attriste. Lorsque j’étais « nounou », c’est à moi qu’on faisait les transmission de sortie de crèche, d’abord à moi que les plus grandes confiaient leurs chagrins d’amitié ou leurs bonnes notes… Et ça me brisait le cœur de me dire que ce n’était pas leur parent qui était là directement pour entendre ça, les consoler ou les féliciter. Elles ne voyaient leur papa qu’un soir par semaine, et c’était une vraie anticipation de réjouissance à chaque fois… qui me brisait le cœur aussi, l’idée que voir leur père était comme une fête exceptionnelle.
    Je me suis juré de faire tout mon possible pour que ça ne soit pas comme ça chez nous, mais on ne décide pas tout ! Mon mari a un boulot de m* qu’il garde uniquement parce que je n’ai pas encore de revenu fixe, et qui l’oblige à être en déplacement la moitié du temps (par exemple, cette semaine, 3 nuits pas là, 2 soirs retour à 22h), et ce n’est pas du tout ce qu’on veut pour nos enfants. Heureusement, le poste suivant dans le parcours est sédentaire, donc ça devrait aller mieux, mais bon… Déjà que j’ai beaucoup plus d’expérience que lui dans le soin des enfants, je n’ai pas du tout envie de devenir « l’experte » du couple, j’aimerais vraiment qu’il se sente à égalité pour s’occuper de nos minuscules – lui-même dit que si je gagnais assez, il aimerait bien être papa au foyer…
    Bref, 3615 ma vie rêvée en pavé, mais ça me semble un vrai sujet de société aujourd’hui.

    1. Je trouve aussi que cette question de la conciliation du travail et de la vie de famille est centrale. Parce que clairement mon mari rêverait de faire plus ! Mais alors il devrait faire une croix sur ses projets, il n’y a pas d’entre-deux, encore moins pour un homme (dont on tolère généralement encore moins les temps partiel etc.). J’espère que ton mari et toi arriverez à trouver un équilibre qui vous convient bien à tous les deux !

  3. Je pense qu’il y a presque toujours un « parent par défaut », souvent la mère mais pas toujours. Chez nous, mon mari est régulièrement au chômage donc souvent présent en même temps que moi avec notre fille. Je pense qu’il en fait beaucoup, mais j’ai le sentiment que c’est du « renfort », de l’aide alors que si c’est moi qui le fait c’est juste normal et évident. J’emmène et récupère notre fille chez la nounou ou à la garderie avant/après mon boulot, la prépare le matin, jusqu’à récemment c’était toujours moi qui la couchait, je gère les rdv médicaux, etc. Et la nuit et le matin c’est généralement moi qu’elle appelle et elle rejette souvent son père au retour à la maison (avant de lui faire de gros câlins et de partager de gros fous rires).
    A l’inverse, la femme d’un cousin était souvent en déplacement et leurs filles réclamaient toujours leur père en premier.

    1. C’est la question que je me posais, s’il y en a presque toujours un ou s’il existe aussi des modèles vraiment égalitaires… Je vois que chez vous c’est un peu comme chez nous 🙂 .

  4. Au départ je me suis demandée ce que tu entendais par « parent par défaut » et puis j’ai compris.
    J’ai de la chance je n’ai pas cette impression. En même temps j’avais été très clair avec Monsieur Génial : « mêmes études mêmes implications dans l’éducation ».
    Donc le partage est assez équitable même si je dois reconnaître que fasse à mà facilité à m’occuper de petit habitant des le début monsieur s’est pendant un moment reposé sur moi. Mais ça m’a toujours exaspéré. Surtout parce que je pense que je ne fais QUE donner l’impression que je gère. Réellement à l’intérieur de moi il y a une moi effrayé qui hurle sans savoir quoi faire.
    Mais je ne me plains pas. Étant donné sa flexibilité au travail c’est monsieur qui gère bébé quand il est malade. C’est lui qui va le cherchercher tous les soirs chez nounou. Et niveau tâches ménagères son côté maniaque lui fait faire beaucoup (beaucoup beaucoup) plus de ménage que moi.
    Mais comme tu dis si bien ce qui compte c’est que tout le monde se sente bien dans l’organisation mise en place.

    1. J’admire beaucoup les couples comme vous qui fonctionnent dans cet équilibre presque « parfait ». J’imagine que c’est aussi un atout pour les enfants ! Et je comprends ce que tu veux dire avec ton « exaspération », c’est pareil pour moi parfois 🙂 .

  5. Je compatis et je comprends que ça te pèse. Ici, je pense qu’on n’est pas loin du 50/50. Mon mari emmène les enfants le matin, je les récupère le soir. Alors quelques fois les soirées me paraissent longues quand il a une réunion ou un déplacement mais globalement ça va. Je l’attends pour donner le bain et le repas. Par contre, c’est toujours moi qui fait les courses avec les 2 enfants… mais ça ne me dérange pas c’est sur le chemin !
    Après c’est vrai que les gardes ne doivent pas être évidentes. J’espère pour vous qu’Ulrich pourra bientôt ouvrir son cabinet !!

      1. Je n’ai pas dit qu’ils restaient sages 😀
        Ils sont tous les deux sur leur trottinette et jouent parfois à cache-cache (bonjour l’angoisse quand tu en perds un !) mais surtout je fais les courses pour eux et ils sont ravis de porter ce que je leur donne et de le mettre dans la poussette (vide puisque la miss ne veut plus y monter) et comme on se fournit surtout au marché le we, les courses du soir sont le plus souvent très réduites !

  6. Hum, je ne peux que comprendre ton sentiment, avec un mari dans la même branche, même si il travaille (un peu) moins … Et c’est encore pire du fait que je ne travaille pas … c’est simple, il ne fait quasiment aucune tâches ménagère, ni soin aux enfants. Heureusement, il « fait sa part » côté jardin et travaux.
    Pour les crises, je compatis … j’aurais aimé m’en passer, mais je le menace souvent du coin quand je suis à bout d’arguments et de patience
    Par contre, ici pas de « syndrome du grand-parents » mais plutôt le « syndrome du seigneur » = zéro patience, Feuillet ne doit pas bouger un orteil de travers le soir …

          1. A Weena aussi (je n’arrive pas à répondre tout en bas de la file)

            Oui, c’était du boulot, ‘heureusement’ quand tu es médecin tu as des revenus corrects, donc il employait une dame pour faire le ménage et s’occuper de nous de la sortie de l’école à son retour (je ne les ai jamais appelées « nounou » ou « tatie » bizarrement).
            Quand à sa manière d’être, je crois qu’on a compris intuitivement qu’il fallait faire le moins de vagues possibles (3 enfants de 9, 4 et 3 ans à gérer, si on n’y avait pas mis du nôtre…) donc on a intériorisé l’autorité (mon mari l’appelle « Le Commandeur » tellement même à 20 ou 30 ans je le vois comme une figure tutélaire), mais il était très cool avec ce qui n’était pas crucial pour ne pas perdre de temps/énergie (genre le temps de télé (pas crucial dans les années 90 😉 ), finir son assiette, ranger sa chambre…)
            Bref, pas facile, mais je dois dire qu’il a assuré vu les circonstances (papa <3).
            Courage avec vos amoureux sauveurs de l'humanité, on est tous bien contents qu'ils soient là !

          2. Je dois juste répondre sur l’aspect pas crucial de la télé dans les années 90, comme tu as raison ! Si tu savais le nombre d’heures que ma soeur et moi avons passé devant 😉 .

  7. Pareil ici mais ce n’est pas un choix … autant comme toi j’ai adoré être seule et autonome les premiers mois. Autant quand j’ai repris le travail j’attendais plus de mon mari …

    1. Je pense que ça a été un peu pareil pour moi, passés les premiers mois je me suis rendue compte que ce n’était pas toujours si facile d’être une maman avec autant de responsabilités…

  8. Ne serais ce pas un petit article féministe ? 😉
    Je te comprends que trop bien. Et je pense que mon mari se réfugie parfois dans son travail pour ne pas avoir à gérer à la maison et rentrer et mettre les pieds sous la table parce qu’il a passé une dure journée. (et moi c’est qui qui me fait à mangé quand j’ai eu une dure journée?)
    Cela ne l’empêche pas d’être un père merveilleux, de s’occuper de sa fille et de prendre le relais quand c’est nécessaire.
    Mais il est vrai que le quotidien, c’est nous qui le gérons. C’est nous qui pensons à toutes les détails/ rendez vous/ vêtements/ …/ et cela est aussi très épuisant.
    Après, je me dit qu’il est libre de ses choix et de passer plus de temps avec nous. Je profite à fond de ma fille et je n’aurais pas le regret plus tard de me dire « si j’avais su ».
    Enfin, il y a encore du boulot pour faire bouger les mentalités !
    Du coup, c’est ton nouveau combat politique ? 🙂

    1. Mon nouveau combat politique je ne sais pas 🙂 . Mais justement j’en parlais dans mon article sur le féminisme parce que mine de rien et même si je me plains un peu dans cet article je pense que de mon mari et moi, c’est moi la chanceuse, pas lui… Notamment parce que comme toi je pense que le temps précieux de ma vie c’est justement celui que j’accorde à mon fils (même si parfois en ce moment… aïe aïe aïe 😉 ).

      1. Je suis bien d’accord avec toi. Mais je pense que tout le monde serait gagnant au final s’il y avait un peu plus d’équité.
        Et je vois venir la phase d’opposition et ça me met en joie !

  9. Je peux dire aussi que c’est moi le parent par défaut, même si je n’aime pas trop ce terme. Je garde ma fille seule un jour par semaine et lorsque nous sommes tous les trois à la maison, c’est plutôt moi qu’elle sollicite. Mais comme pour ton fils, chaque parent a un rôle bien défini selon elle. En général je cède à ses demandes et je suis souvent accaparée jusqu’à ce qu’elle aille au lit. Ce qui fait que c’est mon mari qui fait des machines, range le linge, prépare le repas, pendant que je change la couche, donne le bain, l’habille ou la couche. Mon mari est présent mais ce n’est pas très équilibré pour autant. Lui aimerait que sa fille le sollicite plus et moi je rêve de préparer un bon petit plat ou un dessert sans être tout le temps interrompue. Ça changera peut-être avec le temps et/ou avec un petit frère ou une petite sœur. Mais bon, je ne vais pas me plaindre de passer du temps avec ma fille, j’adore ça! 🙂

    1. Je suis rassurée de voir que mon fils n’est pas le seul à montrer des « préférences » ou plutôt à répartir les rôles… et sinon oui je suis d’accord je me plains un peu dans cet article mais d’un autre côté bien sûr j’adore m’occuper de lui 🙂 .

  10. Je crois qu’il y a très souvent un « parent par défaut ». Chez nous, c’est un peu comme pour vous, c’est moi, puisque je finis le travail très tôt, et que mon chéri rentre à l’heure de dîner le plus souvent. Et puis je suis plus réactive que lui la nuit (d’autant plus avec la 2e, qui a eu une phase où elle hurlait encore plus si c’était son père au lieu de moi qui venait la consoler en milieu de nuit… Du coup maintenant, dans le doute, c’est tjrs moi qui y vais… Je me suis un peu faite avoir là ;)).
    Mais on a trouvé notre équilibre, il profite quand il est là (heureusement, pas de syndrome du grand parent ^^) et je m’accorde plus souvent des sorties avec les copines, où il gère en solo les 2 larsouilles.
    Et puis il les emmène le matin, et ça, ça m’ôte un sacré poids…

    1. Je trouve votre équilibre sympa en effet, parfois j’aimerais qu’Ulrich gère au moins quelques trajets pour la crèche… Quant aux sorties copines j’y arrive aussi parfois d’ailleurs ce soir je vais au resto !! Mais j’aimerais pouvoir le faire encore plus souvent…

  11. Ce n’est malheureusement pas qu’une question de temps passé : je m’occupe notre fille le matin, Yann va la cherche à 17h et gère jusqu’à mon retour à 20h. J’ai les mercredis après-midi avec elle et les week-end, souvent le samedi toutes les 2 et le dimanche tous les trois. Je pense donc qu’au niveau ratio, notre fille passe plus de temps avec son papa qu’avec moi, mais je suis tout de même le parent par défaut. Qui gère les cauchemars, les docteurs, les gardes diverses en cas de besoin, les plats pour chez la nounou, la plupart des taches ménagères… Je ne fait pas tout mais beaucoup et je trouve ça épuisant, comme tu dit très bien l’impression de ne pas partager la responsabilité. Je crois que c’est un vrai problème de rapport social & de patriarcat; je suis féministe, j’ai les convictions et la réflexion, et pourtant je n’arrive pas à me sortir de ce schéma, c’est assez effrayant. Notamment pour ce que nous donnons en exemple à ma fille.
    De ton coté, est-ce que tu ne pourrai pas leur laisser du temps rien qu’à eux de façon plus régulière?

    1. Pour répondre à ta question oui c’est en cours ! Depuis octobre Ulrich emmène Pierre tous les samedis matin à la piscine d’à coté. La sortie ne dure que deux heures et est annulée à chaque fois que Pierre est malade ou Ulrich de garde (1 fois sur trois…) mais quand même c’est un début 🙂 . Te concernant je ne sais pas si je serais aussi tolérante si je travaillais autant que mon mari… En tout cas si cela ne te convient pas tu peux peut-etre essayer de lui en parler ? C’est à la suite d’une discussion « houleuse » de ce type que mon mari a décidé d’embaucher une femme de ménage…

  12. Et beh… C’est rigolo, ça me fait prendre conscience que je suis en pleine phase « fierté d’être celle qui sait ». Pourtant avec mon mari à la maison pendant six mois, on aurait pu croire que l’on partagerait à 50/50. Mais même dans cette configuration, c’est quand même moi le parent par défaut. Qui prend les rdv, qui gère les repas, les horaires, bref toute « l’intendance bébé » au quotidien, même si mon chéri assume certaines tâches. Au début, il gérait autant que moi, puis petit à petit, j’ai pris toute ma place de mère. Les torts sont partagés, je ne lui ai pas non plus rendu sa vie de papa facile, j’ai pris beaucoup de place. Mais il s’est aussi habitué à se complaire là dedans car du coup c’était tout benef pour lui ! Il reprend le boulot lundi donc c’est un peu tard pour réajuster… je me demande ce que ça va donner par la suite, le syndrome du « papa héros », je ne connais que trop bien ! Enfant, je voyais ma mère assez négativement, comme la rabat joie tout le temps en train de râler sur nous 4, et papa le père formidable… en même temps, super facile d’être le héros quand on revient de six mois de mission et que ses 4 enfants ont été gérés par une femme courage 😉 Heureusement, j’ai compris le truc une fois ado ! (et depuis j’aime mes deux parents tout pareil comme les deux personnes géniales qu’ils sont).

    1. Ce que tu dis sur tes parents me rassure : mon fils ne me verra donc pas toute sa vie comme la maman saoulante 😉 . Je comprends bien sinon ton besoin de faire pour tes débuts de maman, j’étais pareil la première année. Depuis que Pierre a 18 mois je ressens moins ce besoin de « tout » prendre en main… Mais les habitudes restent surtout si le contexte professionnel les favorise 🙂 !

  13. Ce que je vais dire n’a un peu rien à voir.. enfin si un peu. Mon conjoint est à un moment de ses études où il hésite entre prof (plein de temps libre, 17h le soir) et agent immobilier (beaucoup moins de temps libre, 19-20h tous les soirs et lundi-samedi, voire dimanche). Du coup je me prépare psychologiquement à vivre ma vie comme toi, comme le parent-référent, seule le soir. Ton témoignage arrive au bon moment car il me permet de voir un peu à quoi peut ressembler la vie de parent et conjoint de quelqu’un qui travaille beaucoup.
    Je te trouve très courageuse car à aucun moment tu ne te plains, même si ta double fonction à deux faces, l’une agréable, l’autre moins, et tu les analyses très bien. Et puis ton petit est encore jeune, deux ans ce n’est pas une période facile ! 🙂

    1. En effet deux ans c’est parfois un peu épuisant 😉 . Mais je ne me plains pas parce qu’avoir du temps avec son enfant c’est avant tout une vraie chance. Mon rêve ne serait pas du tout de travailler autant que mon mari ! Mais un mari qui travaille un peu moins, oui, parfois ce serait pas mal 😉 .

  14. J’adore cet article (comme souvent!).Je crois que, comme toi, j’aurai voulu avoir davantage de place, peut-être « toute » la place au début. J’aurai voulu, comme tu le dis, acquérir la légitimité en ayant le monopole. Et ça s’est pas passé comme ça. Pacs-que-c’est-Lui avait largement l’intention de s’impliquer. Est-ce que de votre coté vous en aviez parlé avant? parce que nous, non! chacun était dans son modèle, persuadé que l’autre avait les mêmes idées. Les débuts ont été compliqués. Ton article me donne très envie de comptabiliser la réalité mais je pense que nous sommes pas loin du 50-50. Je travaille plus que lui, ce qui fait que mon « effort » est relativement plus grand. Et parfois ça m’agace… alors j’ose même pas imaginer si on était parti sur mon schéma exclusivement maternel… Bref, quel que soit le modèle, je crois que c’est toujours un équilibre plus ou moins précaire!

    1. Oh merci pour le compliment 🙂 . C’est intéressant de voir le décalage qu’il y avait au début entre ton mari et toi… Nous n’en avions pas vraiment parlé avant non plus enfin si un peu, je pense en tout cas que mon mari connaissait mon envie de m’investir. Mais finalement je suis d’accord avec toi quel que soit le modèle je pense qu’il y a des avantages et des inconvénients. Et puis ça peut évoluer avec le temps !

  15. Super article! Et j’avoue avoir déjà fait ce calcul (pourcentage nounou, pourcentage avec moi, notamment pour me déculpabiliser de la laisser pour aller m’occuper des enfants des autres). C’est super que tu passes autant de temps avec ton fils et surtout que tu profites de ce choix!
    Je comprends ton raisonnement, je suis aussi le parent par défaut, et aussi par choix! J’ai pris 6 mois de congé parental, puis repris le travail à 50 et enfin à 80%. Je travaille à côté de chez nous, donc je l’emmène/ vais la chercher 9 fois/10 (j’oblige mon mari a y aller une fois par semaine pour qu’il puisse voir la nounou et lui dire des choses que j’ai parfois plus de mal à lui dire…)
    Je prends les RDV chez le médecin, renouvelle la garde robe, fait des activités avec elles, vais à la bibliothèque avec elle, à la pharmacie pour elle(coucou le quiproquo comme quoi elle n’est que sur la carte sécu de son père, mais il n’y a que moi qui gère ça!!!)…. bref tout comme toi (et comme toi je le fais avec plaisir, mais aussi car je suis plus disponible car mon mari travaille plus et plus loin…)
    Et pourtant…. roulement de tambour, ma fille préfère son père!
    Bon « préfère » c’est un grand mot, c’est par phase mais ça revient souvent. En ce moment, c’est « non pas maman » toute la journée et le week end je ne peux à peine l’approcher , elle me dit  » pas maman, papa moi! » (cœur qui se brise…)
    C’est vrai que j’ai été très fatiguée par ma grossesse, mon mari a pris le relais ++ le week end ( la semaine ça reste pareil il part très tôt et rentre souvent tard), c’est vrai qu’il est un père formidable, il s’est toujours parfaitement occupé d’elle, levé la nuit, il joue beaucoup avec elle (d’ailleurs il faut voir les compliments qui pleuvent s’il a fait une activité avec elle genre peinture ou pâtisserie, alors que quand c’est moi tout le monde trouve ça normal… :)), il est aussi très patient.
    Mais en effet j’ai souvent l’impression qu’il récolte les lauriers de « ma » gloire : j’essuie les crises, les larmes, les oppositions sans fins et quand il rentre il a les câlins! J’ai aussi l’impression d’être celle qui est plus ferme, qui met les règles, car comme je lui dit sinon moi seule avec elle je ne m’en sors pas!
    Un samedi où il a géré de A à Z, il a reconnu que c’était épuisant de combiner s’occuper d’elle+ courses+ménage, mon quotidien quoi!
    On a aussi un peu remis les pendules à l’heure entre nous : j’arrête de faire  » la discipline » quand il es présente et lui laisse aussi ce « mauvais rôle », et lui essaie d’être un peu plus ferme…
    Mais cela n’empêchera pas qu’au bout de 2 ans il ne sait toujours pas où se range son carnet de santé (toujours à la même place mon chéri, il n’a pas bougé! ;))

    1. Je me reconnais énormément dans ton témoignage et la dernière phrase m’a faite hurler de rire 🙂 !! La seule différence en effet c’est que mon fils a quand même tendance à me réclamer davantage (même si je suis la vilaine qui interdit de jouer avec le téléphone 😉 ). Enfin ca évoluera peut-être si comme toi un jour une deuxième grossesse m’empêche de continuer à ce rythme.

  16. Je suis tout à fait dans le même cas de figure que toi. Et même si j’en apprécie certains côtés, parfois j’aimerais aussi plus d’implication du papa !!
    La chance que j’ai c’est que son travail lui permet une grande souplesse et qu’en cas de problème, il peut assez facilement se libérer. Ça a d’ailleurs été le cas hier, quand je me suis retrouvée coincée en réunion alors qu’on avait rendez-vous pour les vaccins de Petit Lapin. Mon mari l’a emmené, mais du coup il a oublié de demander au médecin quand il voulait revoir Petit Lapin… Réponse de mon mari : « j’ai pas l’habitude, moi ». C’est bien le problème. En mars, je vais devoir aller en formation 5 jours sans rentrer le soir. Ça ne m’ enchante pas vraiment, mais je n’ai pas le choix et j’aurai normalement deux autres semaines à faire dans le courant de l’année. Ces semaines serint l’occasion pour min mari de voir ce que ça fait de tout gérer du matin au soir, sans en oublier des morceaux : penser à mettre le biberon à chauffer avant de réveiller Petit Lapin, vérifier le sac de la nounou tous les jours, donner le bain, prévoir le repas de midi du lendemain, gérer la préparation du dîner tout en surveillant Petit Lapin, lancer une lessive avant de partir le matin parce qu’il y a eu un accident de couche…
    Bref, tout ce que je fais moi même tous les jours et que j’aimerais parfois pouvoir partager.

    1. Mon mari a aussi du passer quelques journées seuls avec Pierre l’année dernière et j’ai vu un véritable effet, beaucoup plus de compréhension pour moi et mes difficultés au quotidien. J’espère du coup que tes semaines de formation auront aussi cet effet !

  17. Chez nous, les rôles sont assez équilibrés. Lorsque je passais l’agreg, c’est même Pinces d’Or qui était plus présent que moi auprès de Chucky. Et puis il y a eu la naissance de Miss Couches Mouillées et les rôles se sont encore répartis différemment : je m’occupais de la petite et lui du petit.
    Aujourd’hui, les rôles sont parfaitement équilibrés. (Mais nous sommes deux profs )
    Mais étant petite avec un papa absent la semaine, j’ai vécu avec une maman extrêmement sévère et affectueuse. Ma maman est stressée de nature et elle voulait que tout se passe comme elle le voulait: enfants sages, bonnes notes à l’école. J’avais très peur d’elle. Pourt, je n’ai jamais douté de son amour car elle était aussi sévère qu’aimante.
    Quand mon père rentrait le week-end, c’était Noël. Il était très câlin, gentil. Pourtant, il n’a jamais changé une couche de sa vie ni donné une purée. Il dormait tout l’après-midi. Mais il était là pour câliner. Ma mère trouvait ça injuste. Il refusait explicitement de nous gronder et il ne nous a jamais levé la main dessus. Il disait clairement que ce n’était pas son rôle ! Ça désespérait ma mère qui resserrait encore plus la vis…
    Aujourd’hui, j’ai une excellente relation avec les deux! Et je n’en veux à personne.

    1. Tu es le deuxième témoignage de personne avec un modèle parental « déséquilibré » et pourtant à priori satisfaite de tes deux parents, ça me rassure beaucoup pour la suite ! Et chapeau à ta maman toute la semaine seule, ouahou !

  18. C’est un sujet bien sérieux.
    Ne travaillant pas actuellement et mon mari ayant des horaires un peu de fou, disons que chez nous ce n’est pas équilibré du tout. Miss E ne va qu’une seule journée par semaine à la crèche (mais c’est mon mari qui l’emmène) le reste du temps c’est moi qui gère. Je gère l’éducation de Miss E et la maison (cuisine, ménage, linge, rendez-vous médicaux). Certains jours c’est difficile, pour peu que Miss E soit dans sa journée grognon et moi un peu fatiguée, vive la journée catastrophe. Ce n’est pas facile tous les jours, mais je préfère mon rôle que celui de mon mari. Je vois grandir et évoluer ma fille tous les jours, nous avons des moments complices, on partage plein de choses.

    1. A choisir je préfère aussi ma place et je pense que c’est le plus important, c’est sans doute ce qui nous permet de tenir quand il y a des jours « sans » 😉 …

  19. Vaste sujet encore une fois… si je peux juste te donner mon point de vue, je dirai que c’est dommage que ton mari ne passe pas plus de temps avec son fils. Je me doute que c’est pas évident pour lui, que la carrière est importante, qu’il s’est donné du mal pour ses études…. Mais il passe à côté de quelque chose.. ( je suis un peu dure là, je me rends compte..) sans tout chambouler, peut être pourrait-il passer de temps en temps un moment seul avec lui (une après-midi, une soirée..), et que toi tu en profites pour aller te balader, voir des amies ? c’est normal qu’il ne veuille pas « sévir » vu qu’il le voit peu, et pourtant les enfants ont besoin de limites, et comme tu le dis tu ne peux pas toujours être celle qui donne ces limites.. son petit bout l’aimera tout autant même si son père lui dit non, et je dirai même il l’aimera encore plus si son père lui dit non. Bien sur notre société occidentale est faite comme ça, c’est encore malgré tout la mère dans beaucoup de cas qui passe plus de temps avec les enfants, mais c’est dommage. Chez nous il y a eu aussi ce déséquilibre, mais depuis quelques temps nous sommes quasiment a part égale avec leur père. Au niveau du temps, car j’avoue que moi-même j’ai plus de mal à donner des limites, mais c’est plus par envie de ne pas dire non, ou par peur d’un conflit avec les enfants ( évidemment moi aussi j’ai des choses à rectifier ! ) Et je dirai que si le 2eme arrive comme tu le souhaites, tu auras plus besoin de lui, gérer 2 enfants seuls, c’est encore moins évident ! ( j’espère que je ne vais pas te miner le moral avec ce commentaire !)

    1. Ne t’inquiète pas il en faut plus pour me miner 😉 . Mon mari passe à coté de quelque chose je le pense aussi mais il fait quand même le maximum je crois. Depuis octobre il essaie d’emmener Pierre tous les samedis matins à la piscine seul, c’est leur moment et hors maladie et gardes ca fonctionne bien ! Et puis comme je le disais il s’en occupe quand même beaucoup quand il est là – même s’il y a en effet ce problème des limites mais il faut savoir aussi que les allemands en général sont plus laxistes, bref on y travaille 😉 . En revanche concernant BB2 tu as tout à fait raison d’ailleurs mon mari en veut trois mais pour moi c’est clair à ce rythme je ne sais dèjà pas comment je m’en sortirai avec deux alors trois dans ces conditions je ne pense pas…

  20. Je comprends ton sentiment,même si ici il est beaucoup moins fort.
    La nuit, c’est moi qui me lève, quand je demande à l’Homme de préparer le sac de Petite Fleur il me demande quoi mettre dedans ou où se trouve telle ou telle chose.
    Mais à côté de ça, je n’ai jamais donné un seul bain, il joue énormément avec elle (moi ça me lasse vite) et quand il est là, je ne m’occupe presque pas d’elle (sauf pour les repas et couches qu’il ne fait jamais…).

    1. Je pense que le principal au fond c’est que chaque couple trouve l’équilibre qui lui convient, il n’y a pas de modèle unique. Cela dit le vôtre me semble super et me fait envie 🙂 (sauf pour les couches, tu es gentille 😉 !).

  21. Ton article m’a amené à faire le même petit calcul et j’arrive à 35% de crèche, 50% avec nous deux, 10% seule avec moi et 5% seule avec son papa. Donc finalement c’est plutôt équilibré.
    Après c’est très certainement du au fait que mon mari et moi nous avons fait exactement les mêmes études et que nous sommes tous les deux flexibles au niveau des horaires.

    La journée type chez nous c’est réveil autour de 6h pour mon mari, quand je me lève autour de 7h il est prêt à partir et prend en général 20 à 30 min pour aller réveiller la Biscotte, lui changer sa couche et faire un gros câlin pendant que je file sous la douche. Et c’est moi qui prend ensuite le relais quand il part. Je dépose la puce à 9h à la crèche avant de filer au bureau.
    Le soir c’est lui qui va chercher la Biscotte entre 17h30 et 18h, des fois un peu avant. Et ils ont leur petit temps à eux jusqu’à mon retour à la maison autour de 19h. C’est aussi lui qui donne le bain.

    Jusqu’à ma reprise du travail quand ma fille a eu 5 mois et demi, c’était évidement moi qui assurait quasiment tout, mais je pense que j’en avais besoin, j’avais du mal à lâcher mon petit bébé 😉 mais depuis les choses s’équilibrent.

    Les tâches ménagères c’est un autre sujet ! Je suis beaucoup (beaucoup beaucoup) plus maniaque que Monsieur donc en général le ménage c’est pour moi, même si je dois avouer qu’il fait des efforts, et a même tout assurer pendant mon dernier trimestre de grossesse et le 1er mois après la naissance de notre puce. Mais à l’inverse j’en fais beaucoup moins au jardin.
    C’est vrai que chez vous c’est moins équilibré dans le partage, mais c’est sûr que le métier de ton mari doit être très prenant. Je comprends que malgré le fait que tu aimes passer du temps avec ton fils, avoir toujours le « poids » de la responsabilité doit être un peu pesant.

    Quant à l’autorité pour l’instant Biscotte est encore un peu petite, on en reparle dans 1 an 😀

    1. C’est un très joli équilibre que vous avez trouvé ! Le fait que vous ayez le même métier est évidemment une donnée clé. En termes d’éducation il y a plein de choses qui rentrent en compte je pense que spontanément, même sans cette problématique du temps passé, mon mari aurait de toute façon tendance à être plus laxiste que moi… mais on finit toujours par trouver le moyen de s’accorder 🙂 .

  22. De mon côté, le parent par défaut, c’est… tous les deux! Depuis un an, je suis constamment à la maison pour mon fils (j’ai pris une année sabbatique dans mes études). Mon mari est encore étudiant, quand il rentre, il s’en occupe! C’est vrai qu’à 18h, après avoir été réveillée en fanfare par ma progéniture énergique à 7h, et l’avoir suivi toute la journée dans ses pérégrinations, je suis contente de souffler. Généralement, il l’emmène se promener encore une fois. Au début, il était même plus à l’aise que moi pour le change, le bain, etc… Pour les repas, je suis plus à l’aise, à tenter, innover, mais il est très strict (« non, pas de sucre, pas de gras, pas de beurre… »).
    Au final, je crois qu’à cause de notre (très) jeune âge, heureusement qu’on fonctionne comme ça: chacun de nous peut trouver sa place auprès de notre fils. Au niveau du temps passé, c’est 60% avec moi, 40% avec lui. Dans quelques jours, ça sera 40% nounou, 30% lui tout seul avec mon mari, et 30% avec tous les deux.
    Je te comprends aussi, dans un sens, quand tu es dis que tu as aimé (aime encore?) être « l’expert », celle qui sais, parce que parfois, j’aimerais avoir plus d’assurance dans mon rôle de maman, et savoir plus que mon mari, mais je comprends que ça puisse peser, surtout, j’imagine, dans les absences le soir, les week-ends…

    1. Bien sûr c’est agréable d’etre l’experte mais ce n’est souvent qu’une apparence tu sais en vrai je doute aussi énormément 🙂 . Et puis parfois c’est stressant aussi ! Grace à votre jeune age et votre statut d’etudiants j’ai l’impression que vous êtes plus flexibles avec tout ca, vos rôles évoluent dans le temps, c’est super ! En tout cas bonne chance pour la reprise si j’ai bien compris 🙂 .

  23. Dans notre famille, c’était papa par défaut puisque ma maman ne pouvait pas s’absenter de son boulot en cas de maladie ou autre. Pour autant, je dirais que ma maman est plus stricte que mon papa. Mais je les aime autant tous les deux !!!
    Pour ce qui est de notre famille à nous et même si elle n’est pas encore construite totalement, je pense que je ne serais pas forcément le parent par défaut. Et même si je le deviens vue tout ce que fait mon mari à la maison, on peut dire que ce ne serait pas une mauvaise chose que je gère enfin quelque chose

    1. Je suis rassurée de lire tous ces témoignages de gens qui n’avaient pas des modèles parfaitement équilibrés à la maison et sont heureux quand même 🙂 . J’ai hate de savoir comment les choses vont évoluer chez vous ce n’est jamais totalement prévisible !

  24. Alors chez nous je dirai qu’au début (la première année donc), c’était complètement déséquilibré et que je l’ai très mal vécu mais en même temps c’était normal vu que j’étais à la maison.
    A partir du moment où j’ai repris le boulot, cela s’est complètement équilibré et je pense qu’on a trouvé une organisation (sans doute pas parfaite) qui nous convient la majorité du temps. Mon mari s’occupe du choupi le matin avant la crèche, je vais le récupérer le soir. On a chacun des activités quelques soirs de semaine et le week end, on essaye de passer du temps à 3 et de temps en temps de faire des choses rien que pour nous.

    PS : Vous avez un coin buanderie dédié dans votre immeuble ?

    1. Bon alors d’abord je dois te féliciter tu es la seule à avoir remarqué notre superbe buanderie ! En Allemagne il y en a dans tous les immeubles c’est standard et super pratique (grand gain de place dans l’appartement et une espèce de salle de jeu supplémentaire pour Pierre 😉 ). J’ai l’impression que la première année est souvent un peu « à part » et après les choses s’équilibrent mieux. Enfin chez nous donc pas encore mais je garde espoir 😉 .

  25. etant enfant c etait papa au travail et qui ne s occupait pas de nous (sauf pour sevir) et maman a la maison a temps plein. Mon mari est le contraire de mon pere, tres present. Et a la naissance de notre 1er enfant j ai mal vecu le fait qu il soit si gaga de notre fils et me sentait delaissée. ajoutons a ca une grosse depression post partum, mon mari c est beaucoup occupé de notre fils meme s il travaillait a temps plein et moi a la maison. D ailleurs mon fils l a longtemps « prefere ». dans cette phase mon mari relativisait toujours ma fatigue, mon agacement etc… il etait clairement plus laxiste que moi et cela engendrait souvent des conflits lorsque nous etions tous les trois. je passais toujours pour la mechante maman et lui le genti papa. ensuite toujours a la maison et mon mari au travail nous avons eu notre deuxieme enfant. mais la mon mari a pris 5 mois de conge paternite (nous sommes en allemagne) et a enchaine sur une reprise du travail a temps partiel alors que je reprenais le travail a temps plein. ca a clairement sauvé notre couple. Il a enfin compris ce que je pouvais vivre, a enfin commence a manifester de l agacement a dire des phrases comme « j en ai marre » « ca a ete difficile »  » il / elle n a pas arrete aujourd hui » alors qu avant il n emettait aucun jugement negatif. il a alors gere les deux petits tous les apres midi plus toute l intendance de la maison (menage exclu=> femme de menage) mais le linge les courses la cuisine etc… je ne me suis plus jamais demande ce qu on allait manger, le reve!! et puis maintenant, bebe numero 3 est la, je suis a la maison et lui a reprit depuis peu a temps plein… j attends de voir comment je gere tout ca mais j espere qu il n aura pas la memoire courte et se rappelera de ce que ca fait d etre a la maison. mais je ne pense pas qu il oubliera. Ici c est aussi lui qui est en genera plus patient et plus « permissif » et moi plus a cheval sur les regles, mais on s est influencé l un l autre et on se rejoint au milieu. Les enfants sont tres attachés a leur pere. Je ne suis clairement pas leur « referente » 24h/24h et si j ai pu mal le vivre pour mon fils aine, je sais aujourd hui l apprecier! la nuit les grands appelent souvent (toujours) « papa » (surtout maintenant que moi je gere le bebe serial teteur de nuit donc c estlui qui si colle a chaque appele). je pense que dans les prochains mois cela risque encore de changer si je suis plus a la maison. en tout cas je ne peux que conseiller a tous les couples  » d echanger » les roles sur une longues periode (au moins plusieurs mois). sinon c est trop facile de gerer 1 jour voir 1 semaine et de dire  » oh c est pas si compliqué en fait ».

    1. Merci pour ton témoignage hyper intéressant ! Je suis tout à fait d’accord avec toi, échanger les roles est vraiment une expérience enrichissante qui permet de changer de point de vue. Déjà cette année, Ulrich a quelque fois gardé Pierre seul quand il était malade et il a enfin noté la difficulté de la chose 😉 . Concernant la permissivité de nos maris je ne sais pas ce que tu en penses mais je crois qu’il y a aussi un peu de culture allemande derrière… Mais comme tu dis, on finit toujours par trouver un compromis !

  26. Il y a quelques semaines, je suis allée au repas de Noël de mon travail qui avait lieu le soir (le repas, pas le travail) et comme j’habite loin, je suis restée dormir sur place. La première nuit de séparation avec mon fils! J’ai dormi chez une collègue qui m’a demandé à plusieurs reprises (c’en était même inconvenant) si je n’étais pas trop inquiète à l’idée que mon compagnon garde notre fils. Il me manquait bien sûr (oups, ilS me manquaiENt….) mais je n’avais aucune inquiétude. Le papa a déjà géré des soirées seul (le mercredi je rentre à 19h45) et des matins seuls quand je devais aller plus tôt au boulot (et puis la nuit, le bébé dort). En fait, le papa est absolument capable de s’en occuper aussi bien que moi. Bien sur, comme je travaille à temps partiel, le petit est avec moi deux jours complets, mais deux fois par semaine, c’est le papa qui gère la soirée. D’ailleurs c’est quasiment toujours lui qui fait le bain. Bon, il ne gère pas la gestion du stock des vêtements et ne lui a jamais coupé les ongles (mais je n’ai jamais coupé les dents du lapin, oui, on doit couper les dents du lapin).
    On a eu deux semaines de vacances pendant les fêtes, durant ce temps, j’ai changé deux couches, le papa a fait le reste. Il a aussi géré tout les réveils (parce qu’il était levé avant mais quand même).
    Du coup ton article m’aide à apprécier ce que j’ai à la maison. Merci (parce que je râle beaucoup sur le papa en ce moment car notre appart ressemble à un champ de bataille)

    1. Parfois de se comparer avec les autres nous fait prendre conscience de la chance qu’on peut avoir, je suis contente si je t’ai fait cet effet avec cet article 😉 . Chez nous la première vraie nuit de séparation pour le boulot aura lieu bientot et je dois dire que… j’ai presque hate !! Une nuit à l’hotel rien que pour moi, ouah 🙂 !

  27. Je te l’ai dit, je le suis aussi… c’est quand même clairement différent car si Choupie passe assez peu de temps seule avec son père (enfin si, quand j’y pense, ils vont souvent faire les courses ensemble…), elle partage quand même avec lui beaucoup de choses (parce que moi je travaille pendant ce temps, même si je suis là). Ça ne m’empêche pas de trouver les levers à gérer seule 60% du temps et les soirs à gérer seule 30% du temps très compliqués et crevants… Moi même si je travaille, je suis là, et il lui arrive de se reposer sur moi régulièrement, même si je suis occupée. Lui quand il travaille, il est pas là, du tout.

    Malgré tout, je pense qu’on a quand même un équilibre, et que Choupie voit vraiment beaucoup ses deux parents (d’ailleurs y’a pas vraiment de parent gentil et de parent méchant, on est tous les deux, parfois (trop) gentils et parfois (trop aussi ?) méchants… bon, je pense quand même que si fallait absolument se décider, ce serait moi le parent cool voire coulant, donc j’ai pas le mauvais rôle en tout cas).

    Et je t’admire en tout cas beaucoup d’assumer tout ça si souvent… Mais je suis sûre qu’au final, Pierre saura faire la part des choses… D’ailleurs moi ma mère était à mi-temps, et même si elle me courait sur le haricot souvent, contrairement à mon père qui se pointait à 21h après sa journée de travail (moi c’est comme Ars Maëlle, c’est le modèle papa médecin, que j’avais ;)), j’ai une relation bien plus proche avec elle, et ça a toujours été le cas, même quand c’était orageux… (enfin bon, je dis pas que Pierre n’aimera plus son papa, hein, mais il saura ce qu’il te doit et combien tu devais l’aimer pour gérer tout ça)

    1. Je ne me fais pas trop de souci non plus : si enfant, Pierre me considère parfois comme la maman rabat-joie je pense qu’à l’age adulte il verra tout ca différemment. Et puis dans l’ensemble il n’y a quand même pas de différence énorme d’éducation entre Ulrich et moi, c’est plus sur des détails comme le téléphone… Travailler à domicile en présence de ta fille moi c’est pour ca que je t’admire, je ne peux vraiment pas imaginer !

  28. Elle est gigantesque votre buanderie ! Il y a combien d’appart dans ton immeuble ?
    Tu te doutes bien que je n’ai pas d’avis sur le partage de tâche mais il y a un conseil de ma sœur que j’ai bien l’intention de mettre en pratique. Elle dit qu’il faut bien définir les règles dès le départ, même chose pour les responsabilités pour créer un moule avant même que bébé arrive.
    Par exemple, pour compenser le retard de carrière engendré par mon congé maternité, mon mari sera en charge des journées enfant malade. Après entre la théorie et la pratique…

    1. Il n’y en a que 8 mais nous avons presque tous un lave- et un sèche-linge chacun 🙂 . En Belgique c’est aussi comme ca ? Ta soeur a raison je pense même si des évolutions sont quand même possibles en cours de route notamment en fonction du contexte professionnel de chacun je pense.

      1. En Belgique c’est comme en France, chacun se débrouille. Je trouve votre système chouette ! J’imagine que vous devez payer pour l’entretien mais ça vaut largement de ne pas se casser le dos à déménager la machine à laver 🙂

        1. Euh non en fait on a chacun notre machine ! Sauf qu’elles sont toutes dans une piècde dédiée. Et si tu regardes, chaque prise électrique est sous-clé pour éviter qu’un voisin ne se branche sur ta prise. Voilà voilà 🙂 .

  29. J’avoue que ta situation me rend un peu triste pour ton mari. Il a l’air de vouloir passer plus de temps avec Pierre, pourtant il n’en a pas la possibilité. C’est tellement dommage… Et forcément cela te met dans une position délicate à ton tour. Vous avez l’air de bien tirer votre épingle du jeu, même si comme tu dis vous pourriez rêver de quelque chose de plus équilibré. Peut-être quand Ulrich aura son cabinet ? 😉
    Je me demande parfois s’il y a d’office un parent par défaut dans une famille ? Chez nous, on a des emplois du temps non réguliers mais assez similaires. Du coup, selon les jours et l’agenda de chacun, c’est l’un ou l’autre qui va rechercher bébé à la crèche, qui va faire les courses, etc. On se partage toutes les tâches domestiques également. C’est moi par contre qui vais la déposer à la crèche le matin et qui suit le point relais pour les puéricultrices et tout ce qui est administratif (mutuelle, crèche, école, etc.), ainsi que celle qui gère les vêtements de bébé (« on lui met quoi ce matin ? », « elle fait quelle taille maintenant ? » 😉 ). Par contre, c’est mon mari qui se lève la nuit ! Je n’ai donc pas l’impression qu’il y en ait un qui soit le parent par défaut en général, c’est plutôt un « parent de référence » selon les tâches ou moments de la journée.

    1. Oui tu as raison pour mon mari c’est un peu triste… Et j’espère que ça s’arrangera en effet dans quelques années. Je pense qu’il y a plein de degrès d’inégalité dans un couple et que le principal est qu’il convienne aux intéressés. Votre équilibre me semble vraiment super en tout cas !

  30. Je suis également le parent par défaut. L’amoureux travaille 7j/7 (oui, même le dimanche). Depuis peu, il est présent le matin, mais n’a jamais assisté à un seul des couchers de notre fils (qui a, aujourd’hui, 25 mois). Très souvent, cette situation me pèse. Pas la gestion du quotidien, mais bien le fait d’être seule, de ne pas avoir de soutien (je ne peux pas compter sur ma famille). Et le plus dur est d’entendre inlassablement notre fils demander « y est où papa ? ». Malgré tout, le tableau n’est pas si sombre que cela. Nous avons la chance de pouvoir nous rendre sur le lieu de travail de l’amoureux (pour le plus grand plaisir de notre fils). Je peux souffler et lui ou plutôt eux sont contents de partager quelques moments. Mais il est encore trop petits pour rester avec son père, dans un ou deux ans, il pourra rester plusieurs heures avec son papa, sans que je sois à côté. Courage 🙂

    1. Courage à toi aussi, je vois qu’en plus nos enfants ont presque le même âge et ce n’est pas forcément l’âge le plus facile je trouve 😉 .

  31. Quel article intéressant, comme d’habitude ! C’est un vaste sujet ici, un peu difficile en ce moment. En terme de temps passé avec mon fils, c’est assez égalitaire : je m’en occupe le matin avant de le poser à la crèche, mon compagnon le récupère le soir et gère seul jusqu’à mon retour du boulot. J’ai vécu avec un père absent la semaine car il travaillait loin, ma mère gérait tout de A à Z, et même si c’est un fonctionnement qui ne nous a pas gêné mon frère et moi je savais que je ne voulais pas le reproduire. Donc un 50/50 m’a toujours semblé être l’évidence dès qu’on s’est lancé dans l’aventure « famille ». Oui, mais. Il y a un mais. Côté prise en charge de mon fils, je gère tout. Je prends tous les rdv à l’hôpital en jonglant avec l’agenda, j’emmène mon fils chez l’orthophoniste toutes les semaines, je gère toutes les questions administratives. Mon mec se rend dispo pas mal pour m’accompagner au rdv, mais pas plus. Toutes les réflexions, toutes les recherches… je dois tout porter. Et ça me pèse énormément. En ce moment commence à se poser la question de la rentrée en maternelle pour notre petit chat, et ça coince. Parce que peut-être ça ne sera pas simple, peut-être qu’il faudra envisager un accueil à temps partiel pour lui… et donc envisager sa garde le reste du temps. Clairement, la pression est sur moi pour que je gère ça. Pour autant, je ne vois pas pourquoi, je ne vois pas en quoi c’est évident. Son travail offre moins de flexibilité que le mien, c’est un fait. Mais si la question de stopper ou réduire une activité professionnelle se posait… C’est dur de me dire que ça lui semble « naturel » que ça soit de mon côté. Alors qu’objectivement, ce n’est pas si évident. Aujourd’hui je gagne mieux ma vie, j’ai plus de possibilités d’évolution, j’ai un travail moins fatiguant physiquement. D’ailleurs, c’est mon homme qui s’est arrêté pendant 6 mois pour s’occuper de notre fils quand il a été hospitalisé à domicile. Ils ont une relation très forte, et c’est lui qui a pris ce rôle « d’expert » pour les premiers mois. Sauf que depuis le diagnostic, c’est moi qui porte à bout de bras notre organisation pour l’avenir, et clairement je sature. Et 2 petits bouts qui vont arriver… C’est un équilibre difficile à trouver, d’autant plus quand il y a des difficultés sûrement, mais je suis sûre que c’est difficile pour tout le monde d’être pleinement satisfait de la répartition des rôles.

    1. De toute façon je pense que dans beaucoup de couples c’est un équilibre qui n’est pas évident et peut vite générer des tensions. C’est un domaine difficile où tout se mélange : nos ambitions professionnelles, notre histoire familiale, nos envies de parents. Chez nous aussi cela n’a pas été spontané au début mon mari ne faisait pas non plus les courses et ne souhaitait pas prendre de femme de ménage mais là on peut dire que j’ai tapé du point sur la table et que ça a eu son effet (traduire : énorme crise au moment où j’ai repris le travail) 😉 . J’imagine que suite à votre déménagement vos emplois vont changer ? Si c’est le cas ce sera peut-etre l’occasion de reposer les règles de tout ça. Et d’en reparler avec lui, forcément…

      1. Tu pointes du doigt le point « problématique » justement 😉 Mon mec a déjà un travail sur place, moi non… Donc oui, ça change la donne ! Sauf que faire le choix tout de suite de ce dire que « c’est moi qui gère » ferme la porte à des possibilités pro de mon côté et je ne suis pas certaine que ça soit une bonne chose psychologiquement parlant de mon côté. Ce n’est pas évident… C’est drôle ce que tu dis pour la femme de ménage, chez nous aussi c’est un objet de discussion 😉 Mon mec ne veut pas vraiment et se plaint de tout faire. Je défends l’idée depuis des mois de nous décharger de ça vu qu’aucun de nous n’y trouve son compte. A suivre 😉

        1. J’ai hâte de savoir comment tu vas vivre ta petite pause professionnelle et vous allez vous organiser après le déménagement alors 🙂 .

  32. Ton article et les commentaires qui suivent sont très intéressants !!!
    Ici, je ne sais pas quel équilibre nous allons trouver… J’espère que nous arriverons à un équilibre, mais tout dépend du poste qu’aura mon mari l’an prochain et de comment se déroule ma création d’entreprise !

    1. Oui c’est très difficile de prévoir je pense ! Et puis cela dépend en effet aussi beaucoup du contexte professionnel. Tu nous raconteras ça !

  33. Nous avons tous les deux faits de longues études et avons des postes à responsabilités (je suis responsable RH à l’hôpital et Audric est pharmacien hospitalier). Mais j’aimerais, à la naissance de notre bébé, prendre un congé parental (au moins 6 mois, peut-être un peu plus). Ensuite, même si ce n’est pas évident lorsqu’on occupe un poste à responsabilités, me mettre à 80% pour profiter au maximum de mon enfant.
    Je trouverais chouette l’idée qu’Audric aussi prenne un congé parental et même si dans le fond l’idée ne lui déplairait pas, je suis sûre que pour lui c’est impensable en tant qu’homme. Et honnêtement, je trouve ça dommage !

    En ce qui concerne la répartition des tâches aujourd’hui, j’essaye d’équilibrer un maximum mais ce n’est pas toujours évident (c’est aussi du au fait que je suis une maniaque du rangement).

    J’espère vraiment que lorsqu’on aura un enfant, on arrivera à trouver un équilibre, du moins quelque chose qui nous convienne à tous les deux. Je pense que c’est difficile de se prononcer tant qu’on n’y est pas 🙂

    1. A partir du moment où une personne travaille moins que l’autre forcément l’équilibre n’est pas vraiment là mais dans notre cas c’est vraiment exacerbé (j’ai un poste à 75% et lui à 150%…). Je ne sais pas quel est le quotidien d’un pharmacien hospitalier mais s’il a des horaires « classiques » ça devrait quand même aller. Et puis quoiqu’il en soit, très sincèrement (et si tu en as profondément envie bien sûr), je t’encourage très très fort à prendre un congé parental puis un 80% pour ton enfant. Je ne le regrette pas un instant, ce sont des moments qui ne se rattrapent pas 🙂 . Et puis ce temps partiel est je trouve parfait pour combiner un bon investissement au travail et beaucoup de temps avec bébé.

      1. Oui, des horaires assez classiques, on va dire 9h-19h, donc ça va, je ne me plains pas trop 🙂
        Pour le congé parental et le 80% tu me confortes encore plus dans mon envie. Ces moments seront uniques et nul doute que j’apprécierai beaucoup être à la maison en mode cocooning ! ^^

  34. La situation que je vais te dépeindre n’a rien à voir avec ton expérience mais ton ressenti me rappelle douloureusement cette phase de notre vie de couple : la phase où nous avons été tous les deux diplômés, où j’ai lancé mon entreprise et où mon mari est resté au chômage pendant trois ans (ah ces diplômés qu’il faut payer !). Bref, je me suis retrouvée à ramener l’argent dans le foyer, seule, à gérer les comptes, le ménage, les courses, etc. Il était bien sûr présent mais s’est enfoncé peu à peu dans un genre de déni de réalité et/ou dépression. J’ai donc tout porté à bout de bras pendant 2 ans, faisant tout pour que rien ne s’écroule, lui, notre couple, notre appart. nos finances, etc.
    Or, j’ai payé tout ça. Lorsqu’il a enfin réussi à trouver un boulot et que nous avons réglé toutes nos dettes, remis nos compteurs à zéro et repris une vie « normale »… j’ai été malade et littéralement cre-vée. J’ai mis un an à m’en remettre ! Le corps tient le temps que c’est nécessaire. Après, terminé, il te présente l’addition.
    A l’époque, je ne disais rien à personne, je ne me posais pas de question, il fallait avancer. Et je crois que l’erreur est là. J’aurais dû hurler plus souvent (c’est une image), partager mes craintes avec des amis ou tout simplement regarder la situation de plus près plutôt que de la survoler pour ne pas m’effondrer.
    Du coup, je pense que ton approche est la bonne. Tu identifies parfaitement ce qui ne va pas, ce qui te pèse et tu en parles. Je ne doute pas que cette situation perdurera, par la force des choses, vous n’avez pas vraiment le choix tous les deux, mais ton mari semble quand même ouvert au dialogue. Je pense que nous allons droit dans la même situation puisque, les horaires de mon mari étant juste indescriptibles et complètement aléatoires, nous allons devoir organiser notre vie familiale à partir de mon propre planning. Je me prépare donc déjà à devoir être le « monstre »… et je n’ai pas hâte. ça m’inquiète et j’en parle déjà à mon mari en plaisantant mais c’est déjà là.
    La solution est peut-être de se réserver des temps à soi, rien qu’à soi. Je ne sais pas. En tout cas, je te suis complètement sur ton ressenti.

    1. C’est gentil de me dire que j’ai une bonne approche, je tâtonne quand même beaucoup généralement avant de la trouver 🙂 . Au moment où je t’écris mon mari est à la piscine avec mon fils et moi tranquille à la maison et tu as raison ces moments sont mes soupapes de détente 🙂 . Et ne t’inquiète pas trop non plus mon fils ne me considère quand même pas comme un monstre puisque c’est moi qu’il réclame chaque nuit 😉 .

  35. En relisant les commentaires, je vois que tu te demandes si le couple égalitaire existe. Je te le confirme, j’ai eu l’exemple dans le couple de mes parents. Le rôle de l’un et l’autre était certes très différents mais mon père s’est tellement impliqué dès le départ que, quand il nous reparle de l’époque où il cumulait deux boulots, n’était jamais là et de ses regrets, je n’en ai aucun souvenir, au moins douloureux ou de manque. Ils travaillaient tous les deux et nous étions clairement leur priorité dès la sortie du boulot. Lorsque mon père travaillait en décalé, c’est-à-dire commençait à 4 heures du matin pour rentrer dans l’après-midi, il venait directement nous chercher chez la nounou par exemple au lieu de prendre du temps pour lui pour récupérer avant. En revanche, je ne sais pas te dire comment ils l’ont vécu, juste que, lorsqu’ils en parlent, j’ai l’impression d’une course permanente : levé telle heure, déposé à la nounou/à l’école telle heure, prendre tel train, rentrer à telle heure, repas à telle heure, etc. Je ne sais pas si c’est mieux, moins bien mais j’en garde le sentiment que le papa doit s’impliquer autant que la maman, quels que soient ses horaires. Peut-être est-ce injuste pour le papa qui a une vie professionnelle impossible mais c’est ancré dans mon éducation.
    Encore une fois rien à voir mais mon mari est frustré de ne pas avoir la même place dans la tête de nos animaux que moi. Pour eux, il est le jouet et je suis pipi/manger/bobo/câlin/pas bien. C’est aussi la force des choses puisque je suis celle qui gère leur quotidien et leur assure la stabilité. En revanche, nous avons eu les mêmes discussions, désolée de l’analogie si elle te choque, concernant leur « éducation ». Il leur passait des choses que je savais qu’il ne fallait pas passer. Par exemple pour la chienne « mais si elle monte un peu sur le canapé avec nous, elle ne remontera pas si on n’est pas là ». j’ai laissé faire et on l’a retrouvée bien installée une nuit dans nos plaids. Du coup, maintenant il m’écoute sur ce point-là.
    La conséquence de tout cela est que, malgré ses horaires, il veut ab-so-lu-ment être impliqué. Je pense que c’est une bonne base, en tout cas je l’espère 😉

    1. L’analogie ne me choque pas du tout j’ai eu un chien avant d’avoir un fils et j’ai beaucoup appris en l’éduquant qui me sert encore ! Mon mari aussi d’ailleurs, c’est un bon entraînement 😉 .

  36. en te lisant, j’ai revu le couple parental que formait mon père et ma mère. A vrai dire, je n’en ai pas réellement souffert, si ça peut te rassurer pour ton petit homme … mais maintenant, avec du recul et une vie d’adulte, je pense pouvoir dire que je ne souhaiterais pas être « comme ma mère ». je ne la juge pas, mais je n’ai pas le même tempérament qu’elle. Heureusement, mon mari n’a pas un boulot prenant, il a même un projet professionnel qui ira dans le sens où nous passerons autant de temps l’un et l’autre avec nos enfants, lui peut être même un peu plus (j’en parlerai bientôt sur mon blog … j’attends un peu, par superstition que son projet échoue).

    je me rappelle, enfant, être hyper ingrate vis à vis de ma mère … mon père était un héros. Je racontais par exemple à qui voulait l’entendre que ma maman elle partait à la gym tous les mardis soirs et que du coup mon papa me faisait des crêpes tous les mardis soirs … un jour, j’ai appris que ça n’était arrivé qu’une fois, mais c’était pour moi si Exceptionnel et grandiose, que j’en ai fait quelque chose d’ordinaire et de régulier, car j’en avais besoin. Sentir que malgré ses absences, son papa prend soin de nous, c’est important pour un enfant …

    Je suis sûre que tu as ou tu trouveras ton équilibre, avec ton mari. L’arrivée du deuxième et l’avancée de sa carrière professionnelle feront aussi peut être évoluer (ou non) des choses … l’essentiel est, au final, que chacun trouve et aime sa place.

    1. Je comprends ce que tu veux dire avec ton anecdote bien sûr les moments de mon fils avec son papa sont teintés d’exceptionnels aussi. De mon côté je me dis que le principal est que j’y prenne du plaisir que je ne dois en attendre aucune reconnaissance – qui ne viendra sans doute pas d’ailleurs 😉 . J’ai hâte de connaître vos projets professionnels !

  37. J’hésite à laisser un commentaire de plus, au vu de la pléthore déjà suscitée par ton article.
    Chez nous je suis clairement le parent intendant : linge, nourriture, affaire de nounou et d’école, medecin… Ca pèse, un peu,beaucoup selon les moments…
    En ratio de temps passé, je pense qu’on est à l’équilibre, sauf le lundi où j’ai choisi de ne pas travailler et de rester avec les enfants.
    Par contre ce qui est curieux c’est que pour les enfants, le papa est le référent du grand tandis que je suis la referente de la petite. Pourquoi, comment, je ne sais pas, ca c’est fait tout seul après la naissance de la mini.

    1. Je suis toujours heureuse de recevoir des commentaires, même si j’en ai déjà reçu beaucoup sur ce thème 🙂 . La répartition des rôles que tu décris entre le grand et la petite me semble assez classique après la naissance du deuxième. Nous n’en sommes pas encore là mais qui sait, ça évoluera peut-être aussi en ce sens chez nous !

  38. Ça fait des semaines que je me demande comment répondre complètement à ton article. Je sais pas synthétiser, argumenter, expliquer, prendre du recul sur ça. Puis je suis retombée sur cet article et en fait ça répond un peu à notre situation : http://ragnagna.fr/2016/06/un-papa-pas-parfait-mais-son-papa-a-elle/

    Je sais qu’on suit pas la mode de maman = papa, qu’on fait rétro avec maman garde bébé seule, que parfois je sature et voudrait bien des vacances, mais pour le moment ce cadre permet à Lu de grandir dans le bonheur donc c’est que cela doit pas être si mauvais 🙂

    1. Bien sûr je pense que dans la plupart des cas l’important c’est juste que le couple soit content 🙂 . Mais dis-moi de ton coté tu n’as jamais l’impression parfois d’avoir le « mauvais » rôle en termes d’éducation ?

      1. Le Chti est pas du tout comme ton « mari-papy » sur ce côté, il est pas coulant du tout, le peu de règles sont les mêmes avec nous deux. Ce serait moi même qui cèderait le plus vu qu’elle peut m’avoir à l’usure sur 24h alors que lui la voit que quelques heures…

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