Gosse de riche ?

Gosse de riche ?

Je suis cadre dans l’administration. Mon mari est médecin. Nos parents sont tous cadres. Et pour le moment mon fils est fils unique. Alors je ne vais pas vous faire un dessin. Jusqu’ici ses parents comme ses grands parents ont toujours eu l’immense chance de ne pas s’inquiéter en fin de mois et Pierre est très certainement ce qu’on pourrait appeler un gosse de riches. Est-ce que ça change quelque chose ? Est-ce que ça se voit ? Est-ce que ça nous demande des reflexions particulières en matière d’éducation ? Je ne me suis longtemps pas posé la question. Et puis je me suis rendue compte notamment en lisant cet article que cela faisait quand même partie des petites décisions à prendre. Parce quand on a la chance d’avoir suffisamment d’argent pour vivre et même se faire plaisir de temps en temps, il faut aussi décider ce qu’on veut transmettre de cette facilité. Pour tout vous dire sur ce sujet je n’ai pas d’autre ambition que reproduire mon modèle parental, parce que oui, j’ai l’impression que mes parents n’ont pas trop mal réussi de ce coté-là. Ce que je voudrais c’est que mon fils, comme moi, comprenne :

  1. que largent a une valeur, qu’il se gagne, et que si on en a ce n’est pas une raison pour le dépenser n’importe comment (il faut penser à l’avenir, aux autres, savourer sa chance…)
  2. que l’argent n’est pas un objectif en soi – c’est pour ca que sa maman a choisi de travailler moins – mais un moyen qui permet beaucoup de choses, et notamment de jouir d’une forme de liberté

Spontanément je vais vous dire comment je m’y prends en ce moment. C’est un sujet dont on parle assez peu finalement, je veux dire dans les théories éducatives et tout ça. Alors du coup j’improvise, je refais ce que j’ai vu faire, j’en parle avec mon mari et voilà le résultat…

Pierre ne porte presque aucun habit de marque (ceux qu’il possède sont des cadeaux) et est généralement toujours habillé en « premier prix ». Parfois j’avoue ça me fait presque un peu honte. Dans notre cercle d’amis, sur la blogosphère aussi, les mamans rivalisent souvent de bon goût pour habiller leurs bébés. Mais  cela ne m’intéresse pas. Pierre joue toute la journée à la crèche ou au parc, se traîne dans le sable, mange seul et se tartine de nourriture. Alors mettre plus de vingt euros dans une pièce qu’il ne portera que quelques mois (croissance oblige) et que j’aurai des scrupules à passer à la machine puis au sèche-linge, ce n’est pas pour moi. En revanche tous ses habits ont été achetés neufs. Je n’ai jamais réussi à convaincre mon mari d’acheter quelque chose d’occasion. Et je suis assez persuadée que les difficultés commenceront quand Pierre sera en âge de s’intéresser à la mode…

Dans le même ordre d’idées, Pierre a comparativement aux autres enfants de son âge relativement peu de jouets. Nous avons demandé explicitement à nos proches de se contenter de Noël, de sa fête et de son anniversaire et essayons d’éviter à chaque fois l’avalanche en favorisant le pratique (une contribution au nouveau siège auto, du linge…). Nous nous efforçons aussi en tant que parents de ne pas céder à toutes les tentations. Nous sommes aidés dans cette démarche par la taille relativement petite de notre famille, son éloignement géographique et le fait de vivre appartement. J’y ai vu récemment un énorme avantage : pour son anniversaire, Pierre s’est vraiment, sincèrement réjoui des jouets qu’il a reçus. Je ne sais pas si son excitation aurait été la même dans une plus grande abondance. Je dois reconnaître cela dit que ces règles ne sont pas toujours faciles à faire respecter. Nous nous en sortions pas si mal jusque-là mais cette année, Noël a quand même eu un petit goût de raz de marée…

Après il existe d’autres domaines où pour le coup, nous ne faisons pas du tout attention…

Une de ces exceptions concerne ses chaussures. Il existe un beau magasin dans notre centre-ville qui mesure les pieds des enfants et propose des souliers de grande qualité. C’est un magasin qui coûte cher et où tout le monde ne peut pas aller. Mais je pense qu’il est important que mon fils soit bien chaussé. Alors particulièrement cet hiver, je suis très contente d’avoir pu investir dans ses petits botillons fourrés autrichiens. Dans le même genre, mon fils mange beaucoup de produits bio, de marque et frais. Sur ce point je ne lesine pas à la dépense et cela vaut pour toute la famille. Je suis convaincue de l’adage : « on est ce qu’on mange » alors puisque nous en avons la possibilité, j’en profite. Plus généralement Pierre profite évidemment du mode de vie de ses parents : il part en vacances avec nous, est habitué à utiliser deux voitures…

Enfin – et sans doute ce qui m’a amenée le plus à réfléchir récemment, Pierre prend tous les samedis matins des cours dans une piscine privée qui coûte la peau des fesses. J’ai longtemps résisté à cette mode. Tous les enfants de nos amis médecins s’y rendaient mais je trouvais cela trop cher, exagéré. Et puis finalement je me suis laissée convaincre aprés l’été parce que je me suis rendue compte que tous les plans d’eau me stressaient. Je me suis dit que d’apprendre à bien nager tôt pouvait être un cadeau pour toute la vie. Pierre a donc finalement commencé ses cours en octobre et je dois reconnaitre qu’ils sont simplement parfaits. Pierre sait déjà parcourir un bon mètre sans brassards, sauter et se rattraper au bord. Alors je me dis qu’il a juste beaucoup de chance de pouvoir y participer.

Voilà où nous en sommes, entre aisance et réflexions… Je suis sûre que ce thème nous réservera bientôt d’autres surprises, d’autres ajustements, nécessitera de nouvelles discussions. J’espère que nous réussirons toujours à trouver un compromis qui nous convient à tous les deux avec mon mari, et surtout à transmettre nos valeurs sans verser dans un extrême ou l’autre.

Et vous, votre argent et bébé, vous gerez ça comment ? Vous vous êtes déjà posé des questions à ce sujet ?

109 réactions au sujet de « Gosse de riche ? »

  1. Je trouves ton articles très intéressant (comme toujours) … et j’allais me dire que tu t’en pose des questions! Sauf que je me rends compte que je me les suis posé aussi …
    Clairement, avec le Breton, on est plutôt des « bourgeois » (comme nos parents, et encore les miens peuvent être considérer dans la catégorie encore au dessus …) surtout dans le bled de campagne où on a choisi de s’installer, d’autant plus que nous vivons plus que bien avec le seul salaire du Breton … si un jour, je trouve du travail, mon salaire ne sera que du bonus, « des épinards à mettre sous le beurre du Breton » comme j’aime à dire…
    Toutefois, je suis d’accord avec toi : les vêtements des garçons sont soit des cadeaux, soit de la recup’, soit de l’occasion (plus dans un esprit de mieux consommer); par contre, je cuisine bio, on n’a pas lésiné sur la sécurité en voiture, on n’hésite pas sur les équipements médicaux (d’ailleurs, groups l’avance des lunettes … mais sinon y’avait 15 jours de délai, la vue de FeuFolet est plus importante), les activités, et même finalement le luxe d’avoir quelques heures de nounou pour moi ,etc.
    J’espère réussir leur apprendre la valeur de l’argent et la conscience de leur chance
    La seule raison pour laquelle j’aimerais « plus » d’argent, c’est pour être sûre de pouvoir emmener ma tribu en voyage sans me poser de questions plus tard comme mes parents l’ont fait avec moi.

    1. Oui en effet pour les voyages nous avons beau être « à l’aise » ça reste une dépense importante et qui augmente dramatiquement à mesure que la famille s’agrandit 😉 . Je pense que nous sommes en effet très proches dans nos façons de faire et de prioriser nos dépenses, c’est rassurant 🙂 .

  2. Je n’ai certainement pas les mêmes moyens que toi, à nous deux nous devons gagner à peine plus qu’un couple de smicards. ET pourtant je fais bien attention à ne pas transformer ma fille en gosse de riche. Elle est pour l’instant la seule de la famille des deux côtés et on essaye de ne pas la noyer sous les cadeaux. Comme toi il est hors de question d’acheter des habits de marque à ma fille. Surtout qu’ils font de jolis choses dans les magasins type kiabi ou La halle et que c’est vraiment très abordable en solde. J’achète donc la totalité de ses fringues en deux fois (soldes d’hiver + soldes d’été). J’essaye aussi de lui expliquer ce que valent les choses. Par exemple, l’autre jour, pendant la brocante de notre ville, il y avait un vendeur de ballons à l’Hélium. Bien entendu, Bébou en a voulu un. Mais ces saloperies valent 4 euros (pour le plus petit modèle). J’ai dit non, mais on a acheté pour 4€ de jouets et peluches qu’elle a choisi. En rentrant je les ai tous mis sur la table (il y en avait plein!) et je lui ai expliqué que pour le pris d’un ballon éphémère et tout pourri elle avait eu tout ça.

    1. Je trouve cela très intéressant la façon dont tu l’as amenée à réfléchir sur ce point ! Je pense que c’est important en effet de les sensibiliser assez rapidement à ces questions. Et sinon du coup je suis fascinée de voir les petits looks adorables que tu arrives à faire pour ta fille sans l’aide de grandes marques… Je ne suis vraiment pas douée en la matière, il n’y a pas d’autres explications 🙂 !

  3. Article très intéressant ! De notre côté aussi, nous sommes fonctionnaires et l’argent n’est pas un souci. Il y a déjà un gros fossé entre mes proches et moi puisque je m’offre régulièrement des petits plaisirs, j’aime manger dans les bons restos et j’économise souvent pour refaire une pièce de notre appartement ce que personne ne comprend ! Je ne te raconte pas quand nous avions annoncé que nous ferons la réception de notre mariage dans un 5 étoiles ….

    Pour la venue de notre enfant dans trois mois (déjà!), ayant travaillé dur pour arriver à ce confort et sachant que ce sera certainement notre seul enfant, je souhaite transmettre les valeurs du travail.
    J’ai fait tous mes achats pendant les soldes et je n’ai pris que des choses utiles sans craquer sur du futiles . J’ai aussi sensibilisé mon entourage sur les jouets que je veux limiter au maximum et privilégier des cadeaux éducatifs en dehors des fêtes évidemment. Je ne sais pas encore au niveau des activités, j’attends de voir ses goûts mais je suis intéressée par des ateliers qui pratique la pédagogie Montessori et quand j’ai vu les prix : j’ai failli m’évanouir (mais je n’ai pas dit mon dernier mot !).

    Comme toi, niveau nourriture là dessus je ne suis pas regardante c’est moi qui gère les courses et le stock. J’ai mes petites habitudes mon mari m’appelle d’ailleurs « ma petite bobo » !
    Bref, je ne vois pas où est le mal de pouvoir offrir un minimum de confort sans trop en faire non plus. On a justement mis à plat cette question de l’argent avec mon mari avant son arrivée afin de briser ce tabou et d’assumer nos choix même si ce n’est pas simple quand les niveaux de vie sont si disparates …

    1. J’imagine en effet que c’est compliqué quand les niveaux de vie sont différents dans l’entourage familial. Nous avons la chance d’une grande homogénéité entre ma famille et la famille de mon mari même si les habitudes de consommation sont quand même différentes de chaque côté. C’est bien en tout cas que vous en ayez déjà parlé !

  4. C’est très intéressant comme article ! Je pense faire partie de la même classe moyenne que toi et clairement mes enfants ont plus que ce qui leur faut. Néanmoins l’expression « gosse de riche » est très péjorative et me renvoie à l’image d’un enfant pourri gâté qui pense que tout lui est dû. Alors bien sûr il y a la question d’argent mais c’est pour moi avant tout une question d’éducation. Et je partage complètement tes 2 principes. En terme d’éducation justement, ce qu’on peut leur apprendre dès le début c’est le partage et le respect. Ensuite, pour le rapport à l’argent, je compte donner de l’argent de poche dès l’entrée en CP. 1€ tous les dimanches. Avec un petit cahier pour y faire les comptes. S’ils veulent quelque chose de précis soit ils attendent Noël soit ils économisent. C’est ce qu’ont fait mes parents et je trouve ça vraiment bien.

    1. Gosse de riche est en effet très péjoratif et l’objectif c’est qu’il ne le devienne jamais bien sûr 🙂 . J’adore ton idée avec 1 euro par semaine, j’y penserai le moment venu !

  5. Réflexion intéressante. Ici on n’est pas « riches » dans le sens où nous avons de petits salaires, cependant, je ne nous considère pas comme « pauvres » non plus, je suis quelqu’un de raisonnable en dépenses etnous avons la chance d’avoir une jolie maison (construite sur 10 ans par mon mari).
    Mes enfants ne portent pas de marques, par contre j’achète beaucoup de vêtements en brocante pour eux et ma soeur me passe ceux de ses enfants, ce qui fait que j’ai quand même beaucoup de choix pour les habiller, car j’aime bien ca 😉 . Nous essayons aussi de limiter les jeux/jouets, cependant avec 2, même en limitant à Noel et anniversaire ca va vite je trouve.
    Je vais aussi beaucoup à la bibliothèque avec eux, car la lecture est importante pour moi et il y a énormément de superbes livres pour enfants mais ils coûtent cher…
    Par contre nous partons seulement une semaine par an en vacances car mon mari travaille l’été quand moi j’ai mes vacances.
    J’aime bien les deux points que tu souhaite inculquer à ton fils, ils sont importants et j’espère transmettre aussi celà à mes enfants. J’ai choisi un métier où je ne gagne pas énormément mais où je m’épanouis, mon mari travaille moins que le plupart des gens, mais c’est un choix de qualité de vie pour nous.

    1. Je crois que nous sommes assez semblables dans nos manières de faire finalement et je suis rassurée de lire que chez vous aussi, même en se limitant à Noël et aux anniversaires, le nombre de jouets est un peu trop important 😉 . Je ne sais pas si nous sommes « riches » c’est toujours très difficile de se situer et avec mon temps partiel dans la fonction publique je n’amasse pas d’or 😉 mais je sais que nous ne calculons pas en fin de mois et pour moi on va dire que c’est un critère…

  6. C’est vrai qu’il est important de transmettre la valeur de l’argent. Je ne pense pas que ce soit tellement une question d’appartenance à une classe aisée ou plus modeste, même si l’enfant sera confronté à des situations, problématiques différentes mais plus une question d’éducation et de transmission de valeurs. L’essentiel à mes yeux est le respect des autres, l’empathie, le partage. On peut rester simple dans sa manière d’être tout en bénéficiant d’un mode de vie privilégié. Il n’y a pas de honte à bien gagner sa vie et vouloir offrir le meilleur à son enfant. C’est important aussi qu’il puisse se rendre compte que tout n’est pas acquis ou facile à obtenir pour ne pas qu’il ait de désillusions à l’âge adulte. Un enfant trop choyé aura peut être plus de mal plus tard si il est confronté à certaines situations, dureté de la vie et qu’il n’y a pas été préparé. Je pense que c’est important aussi de fréquenter différents milieux, j’ai souvent vu des personnes qui ne se mélangent pas et qui ont beaucoup d’aprioris sur les autres et parfois une sorte de dédain, mépris. Alors, je dirais qu’il n’y a pas de mal à être un gosse de riche c’est plutôt une chance, et cela n’empêche pas de transmettre l’amour et le respect des autres et la valeur des choses. De notre côté, je suis cadre mon mari entrepreneur, on vit en province et je pense qu’on est plutôt dans la classe moyenne. Pour les vêtements, j’achète aussi bien des vêtements bon marché que des marques( defriffes le plus souvent ou en solde), les jouets je préfère privilégier la qualité à la quantité, pour la nourriture on essaie de manger local, d’acheter les produits sur le marché ou dans des cueillettes, un peu bio mais pas pour tout. Apres je pense que nos enfants prennent aussi exemple sur nous alors ils voient bien nos attitudes, comment on se comporte avec les autres et ce que j’aimerais transmettre edt l’empathie, le respect et la confiance en soi, le fait aussi de croire en ses rêves et d’aller de l’avant.

    1. Il est vrai que le niveau de vie n’influence pas forcément les valeurs qu’on transmet, tu as raison de le rappeler ! Mais j’imagine qu’il est plus facile de connaître la valeur de l’argent quand on en manque, même si je n’ai finalement jamais été dans cette situation. Et tu as raison aussi sur cette valeur d’exemple, c’est ce que je me dis souvent et ça me rassure aussi, a priori il n’y a pas de raison que notre fils ne soit pas comme nous.

  7. Gloups, ça fait réfléchir cet article ! Mon mari a la même vision de l’argent que toi, et heureusement, car c’est très sain. Mais moi, je suis assez matérialiste et j’ai des goûts de luxe, et je ne m’étais pas vraiment posé la question pour Choupette, que justement j’habille comme une poupée (sans excéder mon revenu). Mais il est temps que je me pose la question car je souhaite vraiment qu’elle ne soit pas une petite fille gâtée et qu’elle apprenne la valeur de l’argent et la nécessité des économies… Y’a du boulot ! Heureusement que je peux compter sur son papa là dessus. Mais quant à moi, il faut que je fasse attention à lui montrer le bon exemple, toute la difficulté sera là.

    1. A priori tu as une vision très nette de la situation, c’est tout à ton honneur, il est toujours plus facile de lutter contre ses défauts quand on les connait bien 😉 . Après je trouve aussi qu’une certaine forme d’hédonisme est positive, je connais de vrais « radins » et c’est aussi un très vilain défaut, savoir se faire plaisir c’est aussi savoir jouir de la vie. Je suis sûre qu’avec l’aide de ton mari vous trouverez un juste milieu pour votre Choupette 🙂 .

  8. Ton article est très intéressant. Personnellement, j’ai 3 frères et soeurs et enfant nous étions loin de rouler sur l’or. Et pourtant, curieusement je m’estime très chanceuse car cela m’a appris la valeur de l’argent et l’on a appris à s’amuser avec 3 fois rien et surtout dehors. J’estime avoir eu une enfance extrêmement heureuse.
    Donc même si mon mari gagne bien sa vie (actuellement je n’ai plus de revenu étant en disponibilité mais sinon, j’estime que je suis pas a plaindre car mon salaire est supérieur au smic ) je pense que c’est surtout un choix de vie.
    Avec mon mari nous sommes très économe (nous ne savons pas de quoi demain sera fait) et que je me considère plutôt comme écolo (et pour moi ça rime avec économie aussi) mais cela ne nous empêche pas des petits plaisirs.
    Dès que je souhaite acheter quelque chose à ma fille, je m’interroge toujours de savoir si ça lui est utile ou si c’est un plaisir. Comme ça au moins je suis au clair avec moi même.
    En plus au quotidien, ce qui l’intéresse vraiment, ce sont justement les objets du quotidien ! Et puis ce qu’elle aime aussi, c’est courir et être dehors 🙂
    Et comme toi concernant l’habillement, ce qui prime c’est le fait que ce soit pratique et si le vêtement est troué je n’ai pas de larme à verser 😉
    Mais du coup, j’opte surtout pour l’occasion (coté écolo 😉 )

    1. Finalement il est vrai aussi que beaucoup de modes de consommation « responsables » ou écologiques tendent aujourd’hui vers plus d’économies, on peut faire d’une pierre deux coups ! Mais ce n’est pas toujours le cas, les produits bio ou produits de façon responsable restent quand même globalement plus chers. J’aime ce que tu racontes de ton enfance, elle semble lumineuse, un modèle à suivre !

      1. Oui, effectivement les produits bio sont en général plus cher mais de meilleur qualité nutritionnelle, et oui on peut acheter local aussi.
        Ou faire son jardin quand c’est possible.
        Effectivement j’ai eu une enfance merveilleuse et le drame de ma via à été le jour ou j’ai découvert que c’était loin d’être le cas de tous les enfants.
        Probablement la raison qui m’a fait choisir mon métier 😉

  9. J’ai l’impression qu’assez paradoxalement, les parents « pauvres » essaient de donner toujours plus et les parents « riches » toujours moins 😉 A l’exception sans doute des très pauvres qui ne peuvent absolument se permettre aucun écart et des très riches qui ont bien trop d’argent à dépenser pour élever leurs enfants modestement (ça nous a bien fait rire de voir tout à l’heure à la télé que les enfants Fillon avaient des jobs étudiants à 4000€/mois) (assistant parlementaire, c’est définitivement le job qu’il faut avoir) (Choupie, laisse tomber la serrurerie, on a trouvé bien mieux !).

    Mais tout cela est peut-être très inconscient, au fond, chercher à ne faire aucune dépense inutile pour ne pas donner l’impression à son enfant que l’argent n’a pas de valeur, ou chercher au contraire à gâter son enfant pour qu’il ait bien conscience que malgré tout, il est notre priorité absolue. Je crois qu’ici, Choupie est plutôt gâtée. Elle ne possède rien de cher, mais c’est quand même rare qu’on revienne du supermarché sans quelque chose pour elle : du chocolat, un livre, un magazine avec des autocollants… et souvent si elle chipe au hasard des rayons un truc qui semble lui faire plaisir (et que c’est pas très cher, hein), on repart avec (oui, je sais, c’est mal, mais bon, ça fait plaisir à tout le monde : à elle bien sûr, mais aussi à nous parce qu’on aime lui faire plaisir et que j’ai l’impression qu’on lui refuse à côté assez de choses pour qu’elle ne soit pas blasée, même en ayant des mini-cadeaux chaque semaine).

    Je crois qu’en la matière (comme pour beaucoup d’autres choses), il faut faire comme on peut et comme on le sent. Je ne suis pas sûre que le fait de ne pas acheter de vêtements chers à ton fils soit vraiment une démarche consciente pour lui apprendre le coût des choses : je pense que tu le fais surtout parce que ce n’est pas très important pour toi, et pour lui non plus. Et un peu pareil pour les cadeaux, si tu préfères des beaux cadeaux utiles plutôt que plein de bricoles inutiles, c’est peut-être juste aussi ta conception de la vie… qui est peut-être effectivement liée à ton statut social, parce que je me souviens que mes parents faisaient un peu la même chose. J’ai dans mon salon un miroir avec un cadre en bois peint à la main, qui effectivement m’est encore utile des années après… mais quand je l’ai reçu pour mon anniversaire des 15 ans, je me souviens m’être demandé ce que mon père avait bien pu fumer pour considérer que c’était un bon cadeau pour une ado :p Peut-être qu’il y a chez les gens plus aisés une conception du durable qui s’oppose au carpe diem des plus pauvres (chaussures coûteuses qui durent plusieurs années vs chaussures bon marché qui ne dureront qu’un hiver, achat de maison vs location d’appartement, etc.). Toute une culture de l’investissement en fait… Mais bref, je m’égare un peu, là.

    Ce que je voulais dire en fait, c’est que c’était peut-être des mouvements plus profondément ancrés en nous que la simple opposition gâter/ne pas gâter. Peut-être que Choupie a plus de choses que Pierre en volume, mais pas en valeur. Du coup, est-ce qu’elle aura moins conscience de la valeur de l’argent ? Pas forcément. Parce que si on reprend l’exemple des chaussures, si pour Pierre ce qui est naturel, c’est d’aller dans un magasin très coûteux, au final il dépensera plus que Choupie qui aura été habituée à Chaussea. Et s’il économise pour s’acheter une belle voiture, il dépensera plus que Choupie qui se fera des petits plaisirs réguliers mais à moindre coût comme ses cigales de parents. En fait, je crois qu’on ne peut pas élever un enfant de riches comme un enfant de pauvres. On peut évidemment lui dire que l’argent se gagne et qu’il faut respecter tous les travailleurs, mais on lui transmettra quand même implicitement une culture de riches (et d’autant plus si cette « richesse » est stable sur plusieurs générations, et je crois que du coup dans ton cas il y a une vraie différence avec Un énième blog de maman) (je critique pas en mode envieuse, je suis aussi une fille de privilégiés ;)).

    Bref bref bref, j’ai encore digressé (il va vraiment falloir que je copie tout ça sur un document texte pour que je vois à quoi ça ressemble, j’ai l’impression de partir dans tous les sens) (mais je trouve vraiment le sujet passionnant, c’est pour ça). Mais tout ça, je dirais que c’est un peu du pipeau, en fait (ça valait bien le coup d’en écrire trois tartines, hein ?), que ce n’est pas le plus important. Ce que je constate moi, c’est que dans deux fratries dont les membres ont été élevés exactement de la même façon (par exemple, celle de mon mari et la mienne, aux deux extrêmes de l’échelle sociale et donc avec des cultures de l’argent diamétralement opposées : chez mon mari plein de cadeaux de peu de valeur et chez moi peu de cadeaux avec une grosse valeur, chez moi le credo de : « il faut leur apprendre la valeur de l’argent » et chez mon mari : « il faut que les enfants n’aient jamais l’impression de manquer de quelque chose »), on a entre les frères et sœurs des situations sociales aux antipodes (chez mon mari, une sœur juge célibataire sans enfants et une autre mère célibataire de quatre enfants en emploi aidé de 10h par semaine, chez moi – même si l’écart est moins vertigineux – une sœur (presque) fonctionnaire au mari ingénieur qui se fait une place doucement mais sûrement dans la petite bourgeoisie lyonnaise, et une sœur à mi-temps au SMIC avec un mari poissonnier qui est à découvert tous les mois).

    Ce qui à mon avis veut dire que le vrai défi se joue à un autre niveau. Je ne suis pas sûre que ce qui soit important, pour que nos enfants « réussissent » (financièrement parlant) leur vie, ce soient les valeurs qu’on leur transmet. Ça peut éventuellement les aider à ne pas devenir des connards (et c’est déjà bien), mais c’est tout. Je crois que le vrai enjeu, c’est de bien les orienter professionnellement au moment extrêmement fugace où tout ceci se jouera pour eux (et ne surtout pas leur dire qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent tant que ça les rend heureux, philosophie encore très en vogue chez les parents, parce que non, des études de théâtre suivies de 8 ans de chômage, ça ne rend personne heureux… et à 18 ans, on est souvent trop jeune pour voir un peu plus loin que le bout de l’année scolaire…).

    Bref, pour l’instant, Choupie grandit comme elle veut et surtout comme elle peut. Mais quand elle sera plus grande, elle sera serrurière. Ou assistante parlementaire.

    1. J’ai copié mon commentaire sur un document Word histoire de pouvoir bien le relire, il fait donc une page et demi 😀 Un petit article de SNT :p Il est toujours pas très bien structuré parce que j’ai juste suivi le fil de ma pensée, mais merci quand même de m’avoir permis de réfléchir à tout ça le soir, je crois que je me suis auto-enrichis intellectuellement (toujours pas financièrement par contre) en te répondant.

      Et c’est vrai qu’en ça, je ne renie ni mon éducation ni mon parcours professionnel. J’ai l’impression qu’il me manque des bases solides pour réfléchir que des études de philosophie, ou de politique, ou même des études scientifiques auraient pu me donner, j’ai toujours l’impression que mes raisonnements sont très précaires puisqu’ils manquent de fondations sur lesquelles s’appuyer, mais au moins j’ai le goût de la réflexion. Et parfois je me demande s’il n’y a pas un risque qu’avec cette ambition de « droit au but » professionnel pour mes enfants ce goût de penser ne se développe pas, que leurs pensées se dirigent finalement toutes vers la serrurerie (ou le parlement), et qu’ils ne soient plus capable de les laisser vagabonder pendant des heures pour élaborer de nouvelles théories et faire naître (en soi, hein, pas à l’échelle de l’humanité, je n’ai pas cette prétention du tout) de nouvelles idées comme moi je sais le faire (parce qu’on peut pas dire que la fac de lettres m’ait trop bourré le crâne non plus). Bref, c’est un petit dilemme moral. Ou un sacré défi, si j’essaie qu’ils aient les deux, la liberté de pensée absolue (enfin, presque : j’ai écouté hier une émission très intéressante sur le déterminisme) et l’aisance financière assurée. Mais une nouvelle fois je m’égare (s’il y a une chose essentielle qui me manque et qu’il faudraient qu’ils aient, en tout cas, c’est de la rigueur :p).

      1. Je suis contente que tu te sois auto-enrichie suite à mon article, c’est déjà ça 🙂 . Je comprends tes craintes concernant la formation de Choupie c’est sans doute un peu inévitable dans la plupart des cursus, j’ai moi-même assez nettement le cerveau pré-formaté que mes études m’ont donné. Après il y a quand même toutes les autres choses que la vie lui apporteront et qui pourront l’amener à penser différemment : des rencontres, une expatriation, un engagement associatif… Et puis je suis sûre qu’après des heures passées à table avec ton mari et toi, il ne pourra que difficilement en être autrement. Cela fera sans doute partie des qualités que tu lui transmettras inconsciemment, le « penser libre » 🙂 .

    2. Merci pour ce premier long commentaire, il m’a fait réfléchir encore un peu plus à ce sujet. Pour commencer je ne peux rien te cacher, tu as vu les failles de mon raisonnement. Il est vrai qu’au sujet des habits, c’est davantage mon inclination naturelle que mes convictions que je suis. En revanche au sujet de la piscine et des jouets, je m’interroge sincèrement (piscine dont la non-mixité sociale est juste ahurissante, s’il est nécessaire de le préciser). Il est vrai aussi que je ne suis pas allée au bout de ma réflexion : il y a beaucoup de choses et notamment de déterminisme sociaux dont tu parles qui entrent en ligne de compte. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs cet article était en brouillon depuis longtemps, je n’arrivais pas à creuser plus, ou alors j’avais l’impression de devoir creuser trop sans avoir les connaissances suffisantes en sociologie etc. Du coup j’ai finalement préféré essayer de m’en tenir aux faits, au témoignage brut, tout en sachant qu’il y a beaucoup de choses derrière (et notamment cette vision très juste de l’investissement, des gros investissements comparés aux petits achats – j’ai d’ailleurs moi aussi un traumatisme en la matière, une cocotte minute reçue à vingt ans (!) dont finalement je me sers toujours 😉 ).
      Les histoires de vos familles sont intéressantes en tout cas, parce qu’elles prouvent que malgré tout, le déterminisme ne fait pas tout dans un sens comme dans l’autre. Concernant l’importance de l’orientation professionnelle, je te donne à 100% raison. Je n’empêcherai pas mon fils de faire du théâtre, mais j’espère lui faire comprendre qu’avoir une licence d’informatique en parallèle pour assurer les arrières est encore mieux (une troisième idée pour l’avenir de Choupie : l’informatique 😉 ).
      Enfin concernant la stabilité d’une richesse familiale, c’est en effet très déterminant et c’est d’ailleurs tout l’enjeu du terme de « nouveau riche ». Dans ma famille nous sommes dans une relative aisance depuis trois générations seulement. Mes grands-parents sont presque tous immigrés du sud de l’Italie et ont profité du boom des tentes glorieuses et de l’immobilier dans notre région, tout simplement. J’ai connu des familles qui étaient dans l’aisance depuis beaucoup plus longtemps (celles de mon ex par exemple), plus d’un siècle de bourgeoisie française, la culture familiale y est déjà très différente, et les transmissions forcément aussi.
      Bref mille mercis pour cette première contribution, la suite après 🙂 .

      1. Eh eh, pourquoi pas l’informatique, son parrain est ingénieur en informatique (oui, son parrain est mon beau-frère) 😉 Et sa marraine ingénieur aussi, d’ailleurs, dans le BTP… Ca, on peut nous reprocher certainement pas mal de nos choix, mais pour choisir les parrains/marraines, on est au top :p

          1. Pour la marraine oui, j’ai une idée depuis plusieurs mois (à voir après si elle accepte) 🙂 Pour le parrain, comme pour Choupie, ça risque d’être plus compliqué (mon mari n’en peut plus qu’à chaque fois qu’il me parle d’un collègue ou ami, je lui demande s’il est chrétien !) (et niveau beaux-frères, il n’en reste que deux, et j’avoue qu’entre le bodybuilder et le fan de tuning, on ne sait que choisir :p)…

      2. Moi aussi j’ai tout lu !! Et je rejoins chat-mille : la famille de mon amoureux a moins mais offre beaucoup (beaucoup trop) de choses à Poupette, et ma famille c’est l’inverse : mais la dinette qu’elle a eue est de qualité, fabriquée en France, etc. Et la famille de mon amoureux ne l’a pas empêché de faire des études et de devenir comédien. La mienne m’a dit « ok pour le théâtre, mais fais autre chose en parallèle pour assurer tes arrières ». Et finalement j’ai arrêté le théâtre, et mon amoureux en vit. Moi qui ai eu l’habitude d’avoir par exemple des vêtements de qualité, et chers, quand j’ai commencé à pouvoir m’en acheter moi-même, j’ai été hallucinée par le prix « dérisoire » de certaines fringues et j’ai pété un plomb, jusqu’à faire exploser mon armoire qui dégoulinait de fringues. Je suis revenue à la raison, et à acheter moins mais mieux. Alors, quelle valeur m’ont donnée mes parents ? Je n’ai jamais manqué et suis aujourd’hui constamment à découvert. Mon amoureux a vu ses parents compter et épargne depuis toujours, nous sauvant de beaucoup de situations difficiles… Cette discussion a l’air sans fin !!!

        1. Ce n’est pas toi qui a déjà écrit une thèse ? Tu n’as pas envie d’en écrire une deuxième sur le sujet 😉 ? Je pense en effet qu’il y a matière, je découvre également de nouveaux aspects à mesure que je lis vos commentaires ! Si je peux cependant me permettre une toute petite remarque de ce que je connais du milieu c’est quand même beaucoup plus facile pour un homme que pour une femme de vivre du théâtre, non ? Il me semble que la concurrence est moins rude…

    3. Chat-Mille, ton commentaire est vraiment intéressant ! Il m’a moi aussi enrichie intellectuellement 🙂
      Ce que tu dis Die Franzoesin sur la licence d’informatique m’aide beaucoup dans ma propre réflexion.
      Enfin bref, merci les filles pour cet échange. Moi je n’ai rien d’intéressant à ajouter, je voulais juste vous dire que j’étais venue y piquer des réflexions.

        1. C’est très clair ce que tu dis ici. C’est pas mal d’apprendre à nos enfants comment vivre leurs rêves… mais aussi comment se donner les moyens d’être émancipés, autonomes et de ne pas dépendre du bien vouloir du destin.

          Durant nos pérégrinations nous avons rencontré une femme qui avait vécu d’escalade pendant de longues années. A présent elle se sentait un peu coincée avec ses enfants et aucun diplôme pour assurer ses arrières. Je ne dis pas qu’elle aurait dû faire autrement, mais c’est vrai qu’un petit truc en plus l’aurait aidé. Moi même je me sens plus en sécurité avec mon diplôme qui me permet de m’inscrire à concours qui m’intéresse aujourd’hui.

          Enfin, c’est un autre sujet qui sort de ta question de départ !

          Dans ton article Die Frozoesin tu n’as pas vraiment dit : c’est quoi un « gosse de riche » pour toi ?

          1. C’est une bonne question, merci 🙂 . Je crois que pour moi un gosse de riche est un terme péjoratif qui désigne un enfant qui a toujours vécu dans un contexte aisé financièrement et ne s’en rend pas compte – ce qui implique d’une part qu’il ne se rende pas compte que l’argent se gagne, imagine qu’il « tombe du ciel » (et donc ne se donne pas la peine d’obtenir un diplôme par exemple, ou le dépense de façon totalement irraisonnée) et d’autre part qu’il ait un comportement inapproprié vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas sa chance. Et finalement cet article m’a énormément rassurée car je me suis rendue compte que le fait d’avoir des parents aisés, voire même beaucoup de cadeaux, ne voulait pas du tout forcément dire que mon fils deviendrait ainsi. J’ai pris conscience au travers des commentaires et témoignages que j’aurais sûrement l’opportunité de transmettre ces valeurs à mon fils, a fortiori parce qu’elles sont déjà les nôtres, et du coup ça m’a beaucoup rassurée 🙂 .

  10. Vaste programme… J’ai été élevée comme une « gosse de riche », sans manquer de rien, partant au ski tous les hivers. Mais je pense avoir toujours eu la valeur de l’argent. Mon amoureux, lui, a vécu dans une famille bien plus modeste, il a vu ses parents compter même s’il n’a jamais vraiment manqué de rien. Aujourd’hui, on est un peu dans la galère, surtout moi. Et je compte bien m’en sortir rapidement. Je ne veux pas priver ma fille d’un ciné, d’une sortie, de vacances. Je veux qu’elle ait la valeur de l’argent tout en lui préservant une petite innocence vis-à-vis de ça. Je sais, c’est paradoxal. Par contre, pour les chaussures je fais pareil, elle a de la super qualité (c’est un investissement sur de futurs soins médicaux !). Les fringues, je les prends en soldes pour l’année d’après. Pour les cadeaux, je limite mais c’est uuuuuultra compliqué (argent ou pas argent, les familles veulent avant tout gâter la petite, c’est démesuré). Bref, je ne m’étais jamais précisément posé la question, étant avant tout focalisé sur le fait de m’en sortir. Mais tu as raison, il faut commencer tôt. Je vais donc y réfléchir ! Merci 😉
    Marine

    1. Je pense que si tu es préoccupée à t’en sortir en ce moment ta fille en percevra forcément quelque chose… et je suis ravie en tout cas si mon article t’a permis de réfléchir un peu à la question 🙂 (j’ai oublié de dire que moi aussi je suis partie au ski chaque année dans mon enfance mais je n’ai jamais aimé ça, j’ai arrêté depuis la majorité – gâtée et ingrate 😉 ).

  11. Je me retrouve dans tes interrogations et j’essaie aussi de leur inculquer cette valeur de l’argent. Nous sommes très à l’aise mais nos familles le sont moins donc ça me paraît inconcevable qu’ils deviennent des enfants « à qui l’on doit tout »! Comme toi je les habille sans marque et je prends le temps de leur expliquer pourquoi il ne faut pas abîmer/jeter.
    En revanche Noël/anniversaire c’est un vrai pb, tt le monde veut faire son cadeau perso donc j’essaie de limiter comme je peux ;-). Je trouve qu’ils sont déjà naturellement gâtés par l’aisance financière que nous avons donc j’insiste sur le coût parfois/régulièrement.

    1. Je suis rassurée de voir que nous avons presque toutes le même problème pour Noël et les anniversaires 😉 . Mais je pense que ce n’est pas ça qui fera de nos enfants des enfants trop gâtés finalement. Nous avons beaucoup d’autres occasions de leur expliquer les choses.

  12. Pour les vêtements j’ai le principe inverse de toi en fait, j’achète de la marque qui tient bien et longtemps pour la laisser s’amuser sans m’inquiéter des accrocs et surtout en espérant qu’une partie du prix que je mets dans le vêtement soit bien transmis aux petites mains qui l’ont façonnés. La mode flash poubelle à bas prix pour moi c’est arnaquer l’autre bout de la chaine et profiter de la pauvreté de gens. Après voilà j’ai aucune garanti, j’ai pas visité les usines Petit Bateau ou Catimini, mais 5€ le tshirt avec une licence Disney je pense que c’est anormal et que quelque part quelqu’un se fait avoir…
    J’ai arrêté de bosser et on a un gros emprunt pour l’appart donc je suis moins large qu’avant sans parler du fait que mon appart est pas extensible donc les cadeaux sont pour Noël et son anniv, en dehors ce sont des exceptions réfléchis et pesés quand on voit que son évolution demande de nouvelles stimulations. Mais j’ai vu qu’une ludothèque a ouvert dans ma ville donc je vais regarder et autrement on peut se promener au château ou aux parcs dans la forêt.
    Mais c’est sur que comme toi on lui apprendra la valeur de l’argent.

    1. Il est 23h30 Lu dort depuis 30 minutes suis désolée pour les fautes et les phrases à rallonges. Je profite de mon pipi pré dodo pour commenter sinon j’y arriverai pas avant la Saint Glin Glin

      1. Tu fais un peu peur quand tu parles des enfants de médecins, on dirait que tu parles d’un gang xD
        J’ai la chance de pas être écrasée comme ça par un groupe et d’avoir une assez grande variété dans nos amis donc on a pas de pression de ce style et Lucie grandira au milieu de multiples influences.

        1. Oui c’est un des problèmes que j’ai ici, j’ai été rapidement intégrée aux amis d’études de mon mari (il n’est pas non plus originaire de cette ville et y a seulement étudié) donc 80% de nos amis sont médecins (avec même plusieurs couples 100% médecins tu imagines le truc !).

    2. Je dois reconnaître que pour les habits c’est un argument un peu « facile » la vraie raison c’est que je ne suis pas intéressée dans le domaine et que je vais au plus simple… et aussi que la crèche ruine toute mes tentatives d’amélioration puisque les éducatrices ne prêtent aucune attention aux vêtements (prépare toi pour la rentrée 😉 ). La taille de l’appartement c’est le bon plan pour éviter l’avalanche de cadeaux mais j’imagine aussi que, quand on garde son enfant à la maison, on ait besoin de plus de variétés dans les jeux.

  13. Dans cet ocean de raisonable: je me jette à l’eau. Bonjour je suis Ornella, petite fille pourri gatée ( et ce de mère en fille) marié à un ours pourri gaté aussi. Et avec ça on n’est même ps des sociopathes. Du coup on a aps vraiment de ligne directrice pour le haricot. On reproduira ce que nos parents ont pas trop foiré. Bon si dans 15 ans, j’apelle Pascal le grand frère, vous saurez pourquoi!

    1. Tu as le courage d’assumer tes écarts c’est déjà une grande qualité 😉 ! Non mais plus sincèrement, je ne suis pas sûre que ce soit vraiment « grave ». Finalement on se trompe peut-être en faisant un lien entre valeurs et nombre de cadeaux.

  14. Je suis très partagée sur le sujet : comme toi, on fait attention à ne pas trop gâter Chucky. Il n’a qu’un cadeau de notre part à Noël, par exemple. Idem pour Miss Couches Mouillées.
    Cela dit, j’ai toujours été très gâtée par mes parents, qui, venant d’un milieu modeste, ont voulu nous priver de rien et nous choyer, tout en nous inculquant le goût de l’effort.
    Et ça a marché : j’ai toujours travaillé sérieusement à l’école, à partir de 16 ans, j’ai bossé l’été dans une usine , puis j’ai ramassé les melons…
    En parallèle, mes parents ne me refusaient rien…
    Je pense donc qu’on peut faire les deux: gâter nos bébés et leur donner le goût du travail. On a qu’une vie après tout !

    1. Ton commentaire est très intéressant et rejoint finalement celui de Chat-mille : peut-être qu’il n’est pas correct de faire ce lien entre cadeaux et valeurs finalement… En tout cas vous faites progresser ma réflexion (et je serai davantage détendue le Noël prochain 😉 ).

  15. Ton article est très intéressant et ma beaucoup fait réfléchir. Je pense que l’on se rejoint sur certains points.
    Chez nous on ne se sent pas riche du tout, nous comptons tous les mois notre argent pour être sûr que tout rentre dans notre budget. Mais nous ne nous sentons pas pauvre pour autant. Nous venons d’acheter une maison dans le centre ville de notre commune, commune qui est réputée pour être assez chère en immobilier (ce que je confirme). Nous ne sommes pas à pleindre donc. Mais le choix de cette commune était aussi un soucis écologique, nous nous déplaçons à pieds ou à vélo, nous n’avons qu’une seule voiture et c’était ce qui était le plus important pour nous.
    La question d’argent reste assez tabou je trouve. Que donner à ses enfants et comment le donner ? Mes parents comme mes beaux-parents sont issus du milieu ouvrier et ont dû économiser pour offrir à leurs enfants ce dont ils avaient besoin. J’ai toujours été habituée à faire attention à ce que je dépensais. A force de travail, mes parents ont désormais un bon niveau de vie, ils nous ont offert le permis à ma soeur et moi et des études (relativement longues pour moi). J’ai toujours été habituée à travailler pour obtenir ce que je désirais (même pendant mes études), pour éviter que mes parents ne dépensent trop pour moi (je pense aussi que c’était par soucis d’autonomie). Mon mari a reçu la même éducation et la même approche de l’argent.
    J’espère pouvoir transmettre la même chose à ma fille. Elle n’est jamais habillée avec des marques, sauf ce qui m’a été offert (en même temps vu que depuis un an elle prend entre 1 et 3 cm/mois ça me ferait très mal de dépenser tout mon argent dans des vêtements qu’elle ne met au maximum que trois ou quatre mois), on fait aussi des braderies. Au niveau des jouets et des cadeaux, on se limite à Noël et son anniversaire. Elle ne croule,pas sous les jouets (quoique à Noël c’était un peu l’avalanche). On essaye de raisonner nos parents (du côté des miens cela reste difficile). Côté nourriture, c’est du bio ou du local, donc oui ça coute plus cher (quoique ça dépend quoi), mais c’est de meilleure qualité (et goût).
    Le fait que je travaille pas n’aide pas non plus à avoir plus d’argent, mais disons que je suis plus disponible pour ma petite Miss E, un équilibre de vie beaucoup plus tranquille et moins stressant pour mon mari et ma fille (et moi aussi par la même occasion).
    L’argent aide à vivre, sans conteste, nos économies des 10 dernières années nous ont permis d’acheter notre maison. Mais notre quotidien non stressant (on essaye), notre philisophie de vie un peu plus écolo et responsable, notre amour que l’on se porte au quotidien est beaucoup plus important je trouve (ça fait bisounours ça non ?).
    Bon je crois que ce commentaire ne répond tout à fait à tes question, il est un peu décousu aussi, mais il m’a bien fait réfléchir sur ce que l’on veut apporter et ce que l’on apporte déjà à Miss E.

    1. Je suis contente si je t’ai amenée à réfléchir sur ce sujet 🙂 . Je trouve que c’est une grande chance que ton mari et toi soyez sur la même longueur d’ondes spontanément. Et je suis tout à fait d’accord avec toi : l’argent est une espèce de condition nécessaire mais certainement pas le plus important !

      1. Je voulais rajouter encore quelque chose. C’est peu dire que ton sujet ma touché 🙂 j’y ai repensé toute la journée. Je pense que dans ce que l’on transmet à nos enfants ce n’est pas uniquement le fait d’être riche ou pauvre, car en y réfléchissant pour moi ce sont des termes assez subjectifs. Ce sont des valeurs que l’on transmet. Je pense qu’en tant que parent on agit toujours au mieux pour nos enfants quelque soit les moyens que nous avons. Si on a les moyens de leur offrir des cours de piscines ou le permis ou des études il ne faut pas s’en priver. Si on a les moyens plutôt culturel de leur transmettre un art quel qu’il soit il faut le faire. C’est autant de richesse pécuniaire culturelle artistique ou autre pour eux. La seule chose c’est de savoir d’où l’on vient et respecter ceux qui ont plus et ceux qui ont moins. Là je réponds peut-être un peu plus à la question. En tout cas c’est là où a abouti ma réflexion

        1. Après avoir lu une quarantaine de commentaires sur le sujet j’en suis aussi arrivée à peu près à la même conclusion rassurante 🙂 . Je suis ravie en tout cas d’avoir suscité autant de réflexions et de débats ! Merci d’y avoir contribué 🙂 .

  16. Question intéressante. Je ne me la pose pas en ces termes parce que nous ne sommes pas riches (si je calcule on vit sous le seuil de pauvreté). Petite fille d’agriculteurs, mes parents ont bénéficié de l’ascension sociale des années 80, tandis que moi je fais partie des diplômés qui n’ont pas trouvé de poste au niveau de leur diplôme. Et mon mari n’a pas toujours mangé à sa faim et est actuellement sans emploi. Malgré ce que disent les chiffres, je ne nous sens pas pauvres, probablement parce que nous avons les ressources intellectuelles pour nous contenter de moins/de l’essentiel, pour passer du bon temps sans dépenser… et parce que notre fille n’étant pas encore en âge de réclamer, je n’ai pas l’occasion de lui refuser des plaisirs pour raisons financières.

    1. Tu as raison sur le fait que ce soit une question de ressenti beaucoup. Je remarque que beaucoup de gens ne se sentent pas « riches » pourtant objectivement et statistiquement ils sont déjà tout en haut de la classe moyenne. J’imagine que l’inverse est possible aussi d’autant plus que, comme tu le dis, les ressources culturelles – qui se transmettent aussi d’ailleurs – ne sont pas négligeables.

  17. Ah l’argent !!! Sujet complexe pour les Français, un rapport un peu malsain avec ce petit truc… qui fait quand même beaucoup ^^
    Mon mari et moi sommes issus de la classe moyenne basse, tous les deux. Hum disons que la plupart des « astuces » que donnent l’article que tu mentionnes me sont très familières 😉 Bonjour EDF ! lol Nous avons gardé les mêmes habitudes, fringues chez Gémo, Kiabi, etc. parce que, d’une part, après étude du marché et tests divers, je me suis aperçu que les vêtements pour adultes, si tu ne mets pas un prix vraiment excessif, ba ça ne tient pas plus longtemps que les vêtements Kiabi, d’autre part, je refuse d’acheter tout ce qui ne va pas à la machine à laver/au lave-vaisselle. ça réduit un peu les choix. En fait, j’ai pour ma part gardé un petit côté écureuil, économie, des difficultés à jeter, donc on recycle pour que la chose usagée serve à autre chose, etc. En revanche, j’ai fait le même choix que toi en ce qui concerne la nourriture. Je crois que c’est cela que m’a apporté « l’aisance » financière, c’est-à-dire que je regarde peu les prix en ce qui concerne ce qui compte le plus pour moi : livres, nourritures, soins de mes animaux. Récemment, j’ai découvert le prix des voitures neuves… je te laisse imaginer ma tête face à ma découverte « mais ils sont malades ou quoi ? comment ils font les gens ? » Toutefois, nous en avons pris une neuve bien équipée car je fais beaucoup de kilomètres (coucou le dos qui fait grève) et que mon mari n’est pas mécano. C’est un achat qui me paraît donc très onéreux mais il est raisonnable, c’est un besoin.
    Pour l’achat de la maison, écureuils oblige, on s’est forcé à rester dans une fenêtre de crédit courte, donc à acheter de l’occas à rénover. En fait, on a peur des crédits.
    Il faut que je précise que mon mari et moi nous sommes rencontrés étudiants et que nous avons vécu ensemble des périodes… hum… limite surendettement à se demander si on a le droit au resto du Coeur, et pi non il y en a qui sont pires que nous, ils en ont plus besoin, surendettement, découverts à gogo, etc. vive le chômage n’est-ce pas ? Je pense que c’est plus cela qui nous a marqués que notre enfance.

    On s’est posé les mêmes questions que toi. Surtout que nous n’envisageons pas d’avoir d’autres enfants que la petite fée que je porte. En revanche, nous avons tous les deux des revenus variables. Je suis à mon compte et mon mari compte 50% de son salaire en part variable, ce qui fait que l’on est quand même obligé de gérer … à l’année ! Et oui, bien joli de dépenser quand les gros salaires tombent mais il faut aussi faire face aux échéances quand ils sont plus bas. En conséquence, on a un rapport à l’argent encore une fois en mode écureuils peureux, c’est-à-dire « on ne sait pas combien de temps ça va durer et ils ne faut pas oublier que tel mois j’ai cette grosse dépense qui tombe ». J’ose espérer que notre fille le ressentira.
    Pour les vêtements, j’ai ri en lisant ton article car j’ai dû batailler dur pour que mon mari accepte les vêtements 1 mois / 3 mois que l’on nous donnait. J’ai argumenté « mais les bébés ne les portent vraiment pas longtemps », etc. J’ai fini par gagner mais je sais qu’il va aussi en acheter. Toutefois, ça ne porte que sur les vêtements et l’hygiène en général. Par exemple, il a refusé tout net que l’on me prête un coussin d’allaitement, que j’ai donc acheté neuf.
    Nous ne voulons pas en faire une enfant gâtée. En revanche, nous voulons l’aider financièrement pendant ses études et pour son premier appart. Nous avons bien trop galéré à ces moments de nos vies pour accepter de faire vivre la même chose à notre fille. Donc excepté nos vies finalement assez banales, nous ne partons pas en vacances tous les ans par exemple et ne comprenons pas qu’on offre une console à 350 € à un gosse de 10 ans, je vais profiter de notre « aisance » financière pour épargner en vue des études, permis et autre de notre fille. C’est cela que m’apporte réellement nos salaires actuels, c’est-à-dire la possibilité d’envisager sereinement le démarrage de la vie d’adulte de notre fille. Tant qu’elle sera sous notre toit, elle ne manquera pas de grand-chose et, oui, on ira chez Gémo et Kiabi, en sachant qu’elle ne sera pas traumatisée pour autant. Grosso modo, j’ai parfaitement conscience qu’un sou est un sou et que ça peut disparaître n’importe quand, surtout dans le contexte économique actuel.

    1. Je trouve aussi que pouvoir aider ses enfants « au démarrage » c’est à dire pour leurs études et leur permis est vraiment très important si on peut se le permettre bien sûr. D’ailleurs nous avons ouvert un compte pour Pierre et incitons aussi nos familles à y virer un peu d’argent pour plus tard plutôt que de lui acheter une énième petite voiture (mais c’est pas gagné 😉 ). Étant donné votre histoire et vos conditions de travail actuelles je suis sûre que votre fille connaîtra la valeur de l’argent.

  18. Un bel article.
    Ici aussi nous sommes tous les 2 cadres, avec de bons salaires, et nos enfants peuvent être considérés comme des « gosses de riches ». (mon frère a d’ailleurs déjà utilisé cette expression pour parler de nous, j’ai détesté…)
    Bref, on leur apprend aussi la valeur des choses, et le fait de ne pas « jeter l’argent par les fenêtres » sous prétexte qu’on en a. Ils savent donc qu’on ne fait pas ce qu’on veut, et surtout que certaines choses sont « trop chères ». Ils sont par contre, comme le tien, habitués à manger très souvent dans des restos, à partir en vacances, à avoir une maison de campagne… Mais j’essaye de leur apprendre que ce n’est pas donné à tout le monde…

  19. Bon, j’ai voulu prendre le temps de bien tout lire avant de commenter, et de répondre posément. Au troisième essai, je me rends compte que je vais faire un billet chez moi un jour pour dire tout ce que m’évoque le sujet, et simplement aller droit au but (as if !) sur quelques points.
    1/ apprendre à Pierre la valeur des choses, c’est bien, mais par peur de trop le gâter, ne lui donne pas la peur de manquer. Chez nous (côté papa), il y avait de l’argent mais aussi une peur terrible des coups durs (lié à la guerre pour ma grand-mère et au cancer de mon père), qui m’a habituée à avoir peur de certaines dépenses (on a de l’argent de côté comme une poire pour la soif, qui aurait permis d’abaisser nos mensualités ou de raccourcir notre emprunt immobilier, mais on préfère le laisser là « au cas où ») et même à avoir peur de dépenser du « non monétaire » : enfant, je n’osais pas jouer à mes jeux « consommables » parce que j’avais peur de les dépenser (la mousse créative, la cire à bougie déco, la pâte à modeler durcissante pour bijoux – « je la garde pour plus tard »). Et aujourd’hui, ça se voit encore, j’ai peur de faire des trous dans les murs de mon appart (et si ça diminue sa valeur ?), j’ai du mal à utiliser ma jolie papeterie (après y en aura plus) …
    Ce que je veux dire, c’est qu’être économe, c’est bien, responsable vis-à-vis de soi, de son entourage et de la planète, mais qu’il ne faut pas que ça bride la vie quand en réalité on est très loin de la pénurie.
    2/ en contrepartie, mon père ne voulait pas nous priver, alors quand on lui demandait un truc (rarement parce que ce n’était pas dans les habitudes, donc), il nous l’achetait ; et plus tard je n’ai pas eu de vrai budget quand j’étais étudiante. Il me payait le loyer, les livres et les monceaux de fournitures nécessaires en archi, sans me donner de plafond. Catastrophe assurée quand j’ai dû gérer mon propre argent ! Donc je suis tout à fait sur la ligne de Camomille, apprendre très tôt aux petits à savoir ce qu’ils ont et à choisir ce qu’ils en font.
    3/ pour ne pas être un gosse de riche, selon moi, ce qui compte, ce n’est pas d’avoir plus ou moins, c’est de ne pas se croire « entitled », d’avoir conscience de sa situation privilégiée et de ne juger les autres sur ce qu’ils ont. Sans les culpabiliser, il est important selon moi de dire aux enfants que ce qu’ils ont, ce n’est pas forcément ce que tout le monde a, mais que ça ne change rien à la « valeur » des gens.
    J’en profite pour glisser un lien qui permet de savoir où on se situe niveau richesse, parce que je constate que beaucoup de gens comme moi « qui s’en sortent pas mal » n’ont pas conscience qu’en fait ils s’en sortent plus que bien par rapport à la population globale [j’ai terriblement conscience de vivre dans une bulle privilégiée, où même le salariat déguisé en vacation ou autoentreprenariat sont plus confortables que beaucoup de situations professionnelles] : http://www.inegalites.fr/spip.php?page=salaire (en France, désolée pour les expat’)
    Je m’arrête là, mais ça laisse trotter des questions dans ma tête, c’est sûr, j’y reviendrai, alors merci d’avoir mis ça sur le tapis !

    1. J’étais sûre que le sujet t’intéresserait 😉 . Tout d’abord merci pour ton lien je suis toujours un peu étonnée de voir des cadres ou professions libérales propriétaires qui ne se considèrent pas comme « riches ». Riche est subjectif mais objectivement on est quand même au dessus de la moyenne est c’est mieux d’en avoir conscience. Concernant ton 1 oui je suis d’accord et c’est tout l’équilibre subtil à trouver… Concernant le 2 je suis d’accord aussi je m’y mettrai dès que possible (en plus gérer des budgets c’est un peu mon métier 😉 ). Concernant le 3 enfin oui et un grand oui : qu’il aille à cette piscine ok mais j’aimerais qu’il sache que les trois quarts des familles ne peuvent pas se le permettre et qu’il a de la chance…

  20. Selon ma propre expérience, il y a deux choses assez distinctes : le fond de son rapport à l’argent, qui vient inévitablement du rapport de ses parents à l’argent. Je pense que ce n’est pas vraiment la peine de se tracasser mille ans en techniques éducatives sur le sujet (s’il n’y a pas de pathologie de ce coté), car vraiment c’est du ressort de la transmission inévitable de parent à enfant.
    Mais il y aussi le caractère de chacun. Mes parents sont des gens très raisonnable dans leur rapport à l’argent, pleine classe moyenne mais assez anti-consommation, pas matérialiste pour un sou. J’ai été très peu gâtée matériellement, et je l’ai très bien vécue (bon à l’adolescence un peu moins mais l’adolescence quoi). Par contre ils m’ont fait allégrement profiter de voyages, de vacances au ski, de spectacles, de cinéma, de cours de musiques, de théâtre… Je ne l’ai pas du tout ressentie comme ça mais le fossé « gosse de riche » était là finalement, certaines de mes copines allaient au centre commercial tout le temps, moi jamais mais j’avais bien d’autres privilèges.
    Je suis vraiment très heureuse de cette relation saine à l’argent qu’ils m’ont donné, et j’espère la reproduire (mais avec un conjoint qui n’a pas vraiment le même rapport à l’argent, je me demande ce que cela va donner). Mais à coté de ça je suis très dépensière depuis que j’ai un travail bien payé. Je ne suis jamais dans le rouge, je reste toujours dans le à peu près raisonnable (car la base est là), mais j’ai des phases d’achats assez folles (enceinte ça été vraiment n’importe quoi). Je pense que cela tient de mon caractère (ma soeur ne l’est pas du tout du tout), mais surtout c’est un phénomène de réaction de mon caractère face à l’éducation de mes parents : acheter, c’est toujours combler un manque, et ça prouve assez que finalement j’ai ressenti là une carence.
    Il en reste pour ma fille que j’ achète vraiment tout d’occasion, mais il n’en reste pas moins que Mia a beaucoup de jeux, beaucoup de livres, d’habits. Et ça m’embête, j’ai aussi peur de l’enfant pourri que toi, bien que si je suis le principal moteur, mais je ne veux pas qu’elle vive ce manque. Bon je me suis calmée quand même, et j’espère vraiment aller vers moins mais c’est un travail sur moi.

    Si tu veux aller un peu plus loin dans tes réflexions, suite à ton commentaire plus haut sur le déterminisme social, je ne peux que te conseiller de lire Bourdieu, qui a été une très grande révélation de ma vie étudiante.

    1. J’ai déjà un peu approché Bourdieu pendant mes études et j’avais trouvé ça passionnant. Tu as un livre en particulier à me conseiller, si possible pas trop « technique » ? Sinon ton cheminement est très intéressant et illustre bien que c’est plus compliqué qu’il n’y paraît… Finalement en étant peut-être un peu trop économes tes parents t’ont rendue un peu dépensière…? Mais tu en as conscience et c’est bien le principal. Et puis je ne sais plus après avoir lu tous les commentaires si finalement la notion de « gâtée-pourrie » se mesure aux nombres de cadeaux. Là encore c’est sans doute plus compliqué qu’il n’y paraît !

      1. Oh je t’avoue que j’avais étudié tout ça de façon globale et du coup plusieurs parties d’ouvrages. De mémoire je crois que La Distinction est le plus emblématique mais je ne me souviens plus si c’est abordable ou non (j’avais un très bon prof pour me décrypter tout ça)

  21. Je suis issue d’une famille comme la tienne, mais du côté de mon mari, les revenus ont toujours été modestes. Il n’y avait pas de vacances en famille car pas possible (ses parents étaient tous les deux agriculteurs, donc impossible de quitter la ferme ne serait-ce que quelques jours). Même si nous gagnons bien moins d’argent que mes parents, j’espère que PetitLapin pourra profiter de plein de choses durant son enfance (apprendre à nager rapidement – d’ailleurs je ne savais même pas que c’était possible aussi tôt, je pensais qu’à l’âge de Pierre c’était plutôt une familiarisation à l’eau – prendre des cours de musique et/ou sport…). Rien que le fait de voir ses parents travailler beaucoup joue certainement dans la conception que l’on se fait de l’argent. Certes, nous sommes toujours beaucoup partis en vacances quand j’étais petite, mais à côté de ça j’ai toujours vu mes parents être de garde régulièrement les weekends et les soirs et devoir retourner travailler quelle que soit l’heure. Pour les vêtements, je fais un peu comme toi et je profite de ce qu’on nous a gentiment prêté ! En ce qui concerne les vacances, nous serons toujours limités par le fait que mon mari ne peut partir que deux fois une semaine par an.
    Nous essayons d’être raisonnables mais de profiter quand même de gagner notre vie correctement pour ne pas se priver inutilement. Ceci dit, les montagnes de cadeaux de Noël ce n’est vraiment pas l’optique dans laquelle nous sommes. Nous essayons de limiter un peu les cadeaux, mais pour certaines personnes c’est compliqué à faire comprendre…

    1. J’ai l’impression de beaucoup me retrouver dans ton témoignage 🙂 . Je pense aussi que le simple de fait de nous voir travailler, et de nous voir le faire « pour gagner de l’argent » justement suffira à transmettre certaines idées. Concernant Noël je suis rassurée de voir que mes parents et beaux-parents ne sont pas les seuls indisciplinés 😉 .

      1. J’en profite pour rajouter un petit truc concernant Noël : ça fait un moment que je me dis que quand PetitLapin sera suffisamment grand, je lui demanderai de choisir un jouet dont il ne se sert plus pour qu’on aille le donner à la Croix Rouge pour le Noël d’enfants défavorisés. Je me dis que ça aidera peut-être PetitLapin à se rendre compte que tous les enfants n’ont pas la même chance que lui et que certains n’ont pas de cadeaux de Noël ! A voir le moment cenu si c’est réalisable !

  22. Ton article fait vraiment réfléchir sur ce que l’on souhaite transmettre à ses enfants. C’est vrai que la question de l’argent est un sujet assez tabou.
    Mon mari et moi nous venons de 2 milieux très différents de ce point de vue-là. Lui a grandi dans une famille aisée et ses parents ont tous les deux des « gros » salaires. De mon côté j’ai grandi dans une famille où – par choix – seul mon papa travaillait, avec un petit salaire (disons que son salaire de fin de carrière c’est mon salaire de début de carrière). Ma maman a arrêté de travailler à ma naissance et nous a élevés mon frère et moi.
    Mais finalement même avec des moyens très différents, mon mari et moi avons eu les mêmes valeurs enseignées par nos parents et une enfance assez similaire.
    Je n’ai clairement jamais manqué de rien, ni vêtements, ni vacances, même le ski une fois par an, mais mes parents faisaient des choix au quotidien pour économiser: je ne suis quasiment jamais allé au restaurant pendant mon enfance, nous prenions les nationales pour partir en vacances, le ski c’était dans une petite station de moyenne montagne, les vêtements c’était pendant les soldes… etc.
    Aujourd’hui nous avons tous les deux de bons salaires grâce auxquels, au quotidien, nous avons les moyens d’acheter du bio et du local, grâce auxquels également nous sommes devenus propriétaires de notre maison et même d’un petit appartement en location. Mais nous avons fait tous les travaux de rénovation de la maison et de l’appartement nous-même, j’habille souvent ma fille chez Kiabi ou La halle, et mes fringues de grossesse viennent aussi de là. Nous avons beaucoup acheté d’occasion pour sa naissance (poussette et meubles de sa chambre sur leboncoin par exemple) et aussi beaucoup récupéré de nos familles et amis (vêtements, matériel de puériculture…). Je dois être un peu radine mais je n’arrive pas à mettre plus de 20 euros dans un vêtement pour enfant qui ne sera porté que quelques mois (exception faite des chaussures où je te rejoins tout à fait, nous lui avons acheté de bonnes chaussures pour ses premiers pas).
    Sans être radins non plus j’espère que nous arriverons à lui transmettre que l’argent c’est bien, ça aide à avoir pas mal de choses, mais l’important c’est surtout le temps passé ensemble. Mais je sais que ça ne sera pas forcément facile, c’est toujours un peu compliqué de trouver le bon équilibre : ni trop radins ni trop généreux !
    Et puis je rejoins Cha-mille sur le fait que pour moi l’important c’est guider son enfant pour qu’il fasse le bon choix dans ses études. Et ça, c’est plus une question d’éducation que d’argent. Mes parents ont su me guider, m’aider et me soutenir dans choix d’orientation. Ils ont toujours répondus présents pour me relire une dissert en philo ou un devoir de math et ce jusqu’en prépa et en école (c’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai réalisé que les iut et les bac+2 de l’époque de mes parents étaient bien plus costauds que nos prépa à nous !!!). Et je suis bien consciente que ça a été une vraie chance d’avoir mes deux parents qui avaient fait des études supérieures, parce que finalement avec plus d’argent mais moins d’encouragement je ne serais peut-être pas allée aussi loin.
    Et hop un pavé de plus dans tes commentaires, mais le sujet est vraiment très intéressant et interpellant ! 😉

    1. Merci pour ton témoignage très positif 🙂 . C’est en effet un subtil équilibre à trouver et à transmettre, j’espère comme l’ont suggéré d’autres lectrices que cela se fera finalement assez spontanément. Et je trouve intéressant de voir que ton mari et toi, malgré des milieux un peu différents, avez été éduqués avec les mêmes valeurs. C’est encourageant de voir qu’on peut avoir une véritable influence éducative, au delà de son compte en banque 🙂 .

  23. On est aussi plutôt dans la classe moyenne aisée comme nos parents. Sauf qu’on est entouré de vrais bourgeois belges qui représentent tout ce que je ne veux pas que mes enfants deviennent. C’est un peu pour ça que je crois que je choisirais la brocante ou premier prix comme toi pour ne pas tomber dans le cliché enfant habillé en Ralph Lauren de la tête au pied.
    On est pas du tout regardant sur la nourriture, les voyages et les investissements à long terme, mais je suis farouchement contre investir dans le « m’as-tu vu ». Les grosses voitures, les sorties golf (oui oui nos amis font du golf)… non merci. Je limite même des plaisirs que je m’offrais avant comme des sacs de marque.
    On n’a même déjà commencé à débattre sur dans quelle école on mettra nos enfants. On a une très bonne école à 300 m de chez nous mais c’est aussi l’une des plus bourgeoises de Bruxelles. Du coup on est partagé entre l’envie de leur donner les meilleures chances et la peur de les mettre dans un milieu qui va sans doute les formater à vie (sans parler de savoir comment leur différence sera perçue dans ce milieu-là).
    Je pense que la mixité sociale est vraiment très importante et comme toi, l’idée de faire des gosses de riches me fait froid au dos. Surtout que je suis convaincue qu’on se dirige vers de plus en plus de racisme social et que c’est en vivant dans des milieux non mixtes qu’on cultive cette différence.
    C’était une des raisons pour lesquelles mes parents nous avaient envoyées à l’internat, pour apprendre que les choses qu’on trouve normales ne le sont pas pour tout le monde. Mais malheureusement je ne peux pas faire pareil. Déjà parce que je serais classée comme mère indigne mais aussi parce que pour le coup ici les internats sont pour la grande bourgeoisie !
    Après pour revenir à ton histoire de piscine, si c’est bon pour lui, ce n’est pas une demi-journée par semaine qui va changer sa vie je pense.
    En tout cas c’est un sujet très passionnant même pour les mères en devenir 😉

    1. Je n’imaginais pas que ce sujet allait faire autant réagir, je suis contente de voir que beaucoup y ont trouvé matière à réflexion 🙂 . Tu as raison concernant cette histoire de piscine au fond… Il est en effet possible que la question se pose dans des termes similaires au moment de l’école mais je pense qu’en la matière, l’Allemagne est davantage « égalitaire » au début, enfin c’est mon impression. Les écoles privées sont marginales. Le gros schisme se fait plus tard, à 11 ans, quand on oriente les enfants vers la voix professionnelle ou le baccalauréat… Je vous en reparlerai sans doute le moment venu 😉 .

  24. C’est difficile comme éducation, le rapport à l’argent. Ca dépend de tellement de facteurs, dont on n’est pas forcément responsable nous-mêmes ou qu’on ne peut influencer.
    Je crois que ce que je veux réellement transmettre à mes enfants, c’est le fait qu’il faut faire avec ses moyens et… c’est tout.
    On fait clairement partie de la classe moyenne avec mon mari (même si on est loin derrière vous à mon avis). On gagne actuellement, et alors même que nous avons des petits salaires vu nos postes, au moins autant que nos parents qui ont 35 ans de carrière. Notre niveau de vie au même âge est donc très différent.
    J’ai toujours vu mes parents faire attention au moindre franc, se priver pour qu’on puisse partir en vacances, avoir des jouets et une chouette maison, et pratiquer une politique minimaliste d’achats (je n’ai par exemple jamais eu droit à des Stabilo car c’était trop cher pour eux). Ils n’ont jamais dit qu’ils étaient malheureux de vivre comme ça, au contraire je pense.
    Comme je dispose de plus d’argent qu’eux, j’ai fait mon marché dans ce que mes parents faisaient : qu’est-ce qui est nécessaire, qu’est-ce qui est superflu et à quel point on peut permettre telle ou telle dépense selon son budget.
    J’ai vraiment souffert par exemple d’avoir des vêtements trop petits ou trop grands, d’occasion ou neufs de mauvaise qualité parce qu’on se moquait de moi à l’école. Alors aujourd’hui, je veille à ce que Croquette soit habillée correctement : pas forcément des marques mais des jolies choses (pour moi, une belle pièce qui s’abîme à cause des lavages, c’est une bonne chose, ça veut dire qu’on en a profité !), de bonne qualité et dans une gamme de prix comme la tienne. Je suis comme toi pour la nourriture et les chaussures, ce sont donc des dépenses importantes ! Mais si on se retrouvait tous les deux d’un coup au chômage, mon mari et moi sommes en phase sur le fait que vêtements et nourriture ne seront plus une priorité mais au contraire, les premiers postes à diminuer !
    Et là je reviens aux facteurs « extérieurs » du début de mon message. On habite une grande ville chère (logis, crèche), on veut acheter une maison en 2017 (donc un poste « épargne » conséquent pour la financer). Tout ça, on peut plus ou moins l’influencer mais pas de beaucoup. Alors, pour tout concilier, il a fallu faire des choix.
    Ce que je voudrais montrer par là à nos enfants, c’est que l’argent n’est certainement pas acquis et que, peu importe combien on en a, il faut adapter sa manière de vivre, vivre avec ses moyens. On leur montrera qu’il existe différentes façons de faire qui se valent et qui sont le résultat de choix réfléchis.

    1. C’est une notion très intéressante cette histoire de stabilité de l’argent. Je ne sais pas si nous arriverons à éduquer Pierre avec l’idée que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Nous avons mine de rien tous les deux des emplois très sûrs, et nos parents respectifs ont, il faut bien le dire, de quoi assurer nos arrières. Alors bien sûr, on est jamais à l’abri d’une immense catastrophe mais nous ne vivons pas dans cette crainte en tout cas. En revanche bien sûr nous ajustons en fonction des circonstances, j’étais ainsi beaucoup plus économe l’année où j’étais en congé parental. Et mes postes d’économie ont été en premier les sorties, les vacances, la nourriture « plaisir » (boissons, plats cuisinés), et les vêtements (y compris ou surtout pour moi 😉 ).

  25. Il y aura toujours des gens pour critiquer de toute façon !
    Je viens d’une famille aisée, je prenais l’avion plusieurs fois par an pour aller à l’autre bout de la planète, je passais mes vacances dans un chalet au milieu des pistes et sur des bateaux et j’ai eu la chance de pouvoir utiliser des voitures qui coûtent un bras. Et pourtant, dès mes 16 ans j’allais travailler à l’usine et mon père ne m’a jamais pourrie gâtée personnellement (par exemple, je ne lui ai jamais réclamé d’argent pour faire les magasins ou ce genre de choses, j’utilisais l’argent que j’avais gagné en travaillant).
    Avoir de l’argent est souvent mal considéré et les mauvaises-langues trouveront toujours quelque chose à redire à ceci ou cela car elles sont jalouses et elles ne se rendent pas compte que l’argent ne fait pas 100% du bonheur.
    Je pense que tant qu’un enfant est élevé dans l’amour et dans le respect de valeurs telles que celle du travail, du dépassement de soi ou encore du respect de l’autre, eh bien vous pourriez être billionnaires que cela ne ferait pas de lui une « mauvaise » personne (aka « un gosse de riche pourri gâté »).
    Ce qui compte aussi, c’est d’expliquer la valeur des choses. Mon père nous l’a toujours expliqué, comment la société fonctionne, le système des taxes, blabla, « pour te donner 100 euros, j’ai dû en sortir le double avec les charges patronales, ceci, cela ». Ca m’a permis, je pense, de garder au moins 1 de mes 2 pieds sur terre et d’avoir conscience que l’argent ne tombe pas du ciel 🙂
    Voilà pour mon avis !
    Bonne journée 🙂

    1. Merci pour ton témoignage très intéressant ! Je suis rassurée de lire que des enfants peuvent grandir dans un milieu économique favorisé sans forcément devenir une mauvaise personne comme tu dis. Et je suis d’accord aussi pour cette histoire de jalousie, j’espère que Pierre n’en souffrira pas parce que comme tu le dis si bien : « l’argent ne fait pas le bonheur » !

  26. Article très interessant. Nous aussi c’est une famille franco/allemande avec une petite puce d’un an. On n’est à plaindre mais on termine les mois dans le rouge, tout le temps. On essaye de faire des économies sur tout, mais pas sur les légumes et les fruits de bébé (quitte à se priver un peu plus pour notre nourriture). Pour les vêtements on mixe entre neuf et produits de seconde mains. Elle a beaucoup de jouets et de cadeaux par la famille, c’est donc un soulagement pour nous. On espère que le situation va vite s’arranger afin de gérer les choses plus sereinement.

    1. Je vous le souhaite sincèrement du fond du coeur ! J’ai bien conscience de notre chance dans le contexte actuel et espère ne pas avoir donné l’impression de me plaindre.

  27. Cet article est très intéressant 🙂
    Je viens d’une famille de classe très très très moyenne, et quand j’étais petite je n’avais que le strict minimum. Un seul smic pour 4 autant te dire que ce n’était pas la joie…
    Plus jeune j’étais très frustré de voir certains de mes cousins avoir beaucoup plus de cadeaux à Noël, partir en voyage etc…
    Quand ma fille est née il y a 11 ans, j’ai voulu qu’elle « ne manque de rien » (j’entend par là les futilités que je n’avais pas eu étant petite). Alors comme j’avais beaucoup travaillé pour ne pas être une smicarde moi aussi, elle a été pourri gâté pendant les 5 ou 6 premières années de sa vie (une gosse de riche quoi, avec des manteaux de chez zadig et voltaire et tout le tralala…).
    Il y a 3 ou 4 ans j’ai eu le déclic et j’ai compris que ce qui la rendait heureuse, c’était de passer du temps avec sa mère et pas d’avoir un manteau qui coute un smic justement… J’ai beaucoup réduit mon temps de travail, mes dépenses, ma manière de consommer.
    Elle a « moins » de matériel, mais plus de moment avec nous, de souvenirs, d’activité en famille (qui ne coûte pas forcément toujours de l’argent) et j’ai vraiment l’impression qu’on est beaucoup plus heureux maintenant. Même si on garde un budget confortable. Mais je veux te dire par là, que le gosse de riche, ce n’est pas forcément l’enfant de parents qui gagne de la tune, mais plutôt l’enfant de celui qui aime le dépenser…et montrer aux autres qu’il le dépense…
    Alors ne t’inquiète pas pour « la valeur » de l’argent et pour les cours de piscine qui coûte une fortune, vous travaillez certainement dur pour ça, et il ne faut pas regretter d’avoir ce que l’on a gagné sous prétexte que d’autres ne l’on pas…En tout cas, j’ai beaucoup aimé ton article 🙂

    1. Merci beaucoup pour ton témoignage vraiment passionnant ! Ta petite puce a eu de la chance que tu saches te remettre en question au bon moment, je pense en effet que l’argent ne fait pas le bonheur des enfants – mais le manque d’argent est sans doute difficile à gérer pour eux, cela je l’imagine et c’est pourquoi je comprends ton besoin premier de « compenser » ta propre enfance.

  28. Très bon article à la réflexion très intéressante !
    J’ai vécu dans une famille qui m’a inculqué la valeur de l’argent et du travail. Rien n’était dû, tout était mérité. Et nous ne manquions de rien. Nous partions chaque année en vacances, et c’était la fierté de mon père de pouvoir le dire, tout comme rajouter que l’on ne mangeait pas des patates à tous les repas. Mon compagnon a connu la même chose et nous avons à cœur de l’inculquer à notre fille. Et pourtant nous avons souffert des clichés sur les professions de nos paternels : banquier et médecin spécialiste.

    Nous vivons confortablement mais n’avons pas la folie des grandeurs. On aime acheter ce que l’on veut quand on veut et ne pas avoir à se priver de manger varié pour se l’offrir. Mon chéri travaille dans une branche commerciale et a déjà eu des clients qui ne payaient pas leurs mensualités mais menaient la grande vie au quotidien (voyages, fringues grand luxe, voitures etc.). Ce n’est pas notre philosophie.

    Depuis que ma fille est née, je peux dire que je la gâte beaucoup (trop). Je lui ai tout acheté ou presque. Côté vêtements, ça dépend. J’ai un faible pour Sergent Major, mais je peux très bien dévaliser Kiabi ou les rayons enfants des supermarchés. En revanche, je fais la guerre aux marchands de chaussures pour enfants qui vendent une paire 80 euros qui va durer 3 mois. Je préfère lui trouver de belles chaussures en cuir ailleurs, pour deux fois moins cher. Peut-être parce que sa première paire a été ruinée en 24h et que j’en étais écœurée ! 🙂

    Dans notre entourage, nous avons des gosses habillés en grandes marques. Et cela va du dentiste au simple employé. Très sincèrement, je ne me vois pas habiller ma fille en Burberry de la tête aux pieds pour passer la journée à la crèche… Tout comme toi, cependant, elle mange du bio, du frais et de la marque. Pareil pour les couches et autres produits.

    J’ai eu cette réflexion au moment d’acheter la poussette canne, puisque tout le monde n’en avait que pour la McLaren. J’ai finalement opté pour une Aubert à 150e avec l’habillage pluie et la chancelière polaire. La McLaren était à 200e, juste la poussette… Même si je pouvais la payer, j’en ai pas voulu ! En revanche nous avons acheté 2 sièges autos Isofix pour que chacun puisse prendre la petite sans souci de choisir le bon véhicule ou de transférer le siège…

    Bref, le rapport à l’argent est différent pour chacun, que l’on en ait un peu ou pas du tout. Le besoin d’étaler une pseudo richesse dans des choses matérielles m’indiffère et j’ai appris à ne pas me laisser avoir par ces éléments. (désolée pour le pavé !)

    1. Merci pour ton témoignage je vois que nous sommes finalement sur la même longueur d’ondes et cela me rassure, de voir que je ne suis pas la seule avec mes interrogations et ces débuts de réponses 🙂 .

  29. Halloooo!
    Très intéressant cet article. Ici on n’est pas riches, mais on jouit d’une situation confortable. Bon on vit en Suisse…donc tout le monde pense qu’on roule sur l’or 😉 Pour le moment nous travaillons tous les 2, mais si l’un de nous devait être amené à arrêter, notre situation deviendrait précaire (c’est cher le chocolat…).
    Pareil ici, on ne veut pas gâter notre enfant, même si en effet il bénéficie de notre niveau de vie. Je n’achète jamais de cadeau à mon fils hors anniversaire/Noël, et je demande aux autres d’en faire autant.
    Paralèllement à cela, nous mettons tous les mois de l’argent de côté pour lui. Pour son futur. Ce sera peut-êter pour ses études, si il fait le choix d’en faire, ou peut-être qu’il le claquera dans un tour du Monde. Cet argent on a décidé qu’il en ferait ce qu’il voudra…mais on bosse dur sur son éducation en espérant qu’il prendra les bonnes décisions. D’un côté je me dis que c’est quand même le gâter que de faire ça… Mais en même temps, j’avais aussi un compte épargne étant jeune, et cela ne m’a pas empêché de travailler dur pour me payer mon permis de conduire.
    Donc je pense que tout est question des valeurs que nous allons inculquer à nos enfants. Qu’il y ait de l’argent plus moins facile autour d’eux ou pas…
    Bises
    Emilie

    1. C’est ce que je retiens aussi de tous ces échanges aujourd’hui avec mes lectrices : finalement au delà du milieu dans lequel on grandit la transmission de valeurs est relativement indépendante. Pierre a aussi déjà un petit compte épargne, mais je n’ai pas encore réfléchi si on le laissera le dépenser comme il le souhaite ou pas 😉 .

  30. J’aime beaucoup ton article. Ici ce n’est pas Crapouillou qu’il a fallu éduquer mais plutôt JeunePapaEpanoui ^^’

    A la fois gosse de riche et petit enfant d’immigrés, il a cette peur innée de manquer alors qu’il a été pourri gâté toute sa vie. Du coup, quand j’ai changé de carrière pour me lancer dans l’enterprenariat, il a fallu que je reprenne tous les comptes en main pour lu prouver par A + B qu’avec un seul salaire (le sien) nous restions dans la classe moyenne à l’aise !

    Même malgré ça, les peurs subsistent. Du coup pour Crapouillou je m’applique à lui acheter des vêtements d’occasion ou en soldes, et à faire tourner ses jouets pour qu’il les apprécie et ne s’en lasse pas. On a déjà fait un premier tri avant Noël, avec lui. On a fait don de ses jouets à une association qui offre un Noël aux enfants qui n’en auraient pas autrement. Je ne sais pas s’il a compris le principe de don, mais il a participé activement au tri en choisissant dans quelle corbeille (« A garde » ou « A donner ») il mettait ses jouets.

    Je ne sais pas si c’est la bonne façon de faire, mais je suis contente de voir que du haut de ses deux ans, il aime bien quand ses jouets tournent (donc ne pas avoir tout le temps les mêmes) et qu’il a été prêt à donner certains jouets (pour tout dire, c’est plus mon coeur de maman qui s’est serré en voyant partir certains doudous ^^’)

    1. C’est super cette idée d’inciter ton enfant à donner ! Et concernant l’éducation de ton mari j’imagine bien la situation car mes beaux-parents ont aussi cette peur irrationnelle de manquer. Ils sont tous les deux nés pendant la guerre et ont subi de grandes privations lorsqu’ils étaient enfants, j’imagine que cela les a traumatisés.

  31. Je prends le temps de commenter car je trouve le sujet vraiment passionnant.
    Clairement, et j’en avais déjà parlé mes parents avaient des moyens limités. Pour autant je n’ai jamais manqué de rien ! Mais des fois à l’école c’était dur d’être celle qui a des choses pas à la mode, qui ne pratique pas de sport ou qui n’a jamais fait de musique. J’ai travaillé très tôt pour pouvoir me payer des choses et j’ai économisé chaque argent donné à Noël ou à mon anniversaire pour pouvoir m’acheter des choses après. J’ai payé ma mobilité, ma première voiture, mon permis. J’ai payé mes études avec ma bourse d’étude et l’aide de mes parents et d’un prêt d’études que j’ai remboursé en commençant à travailler. Je n’ai jamais eu d’argent de poche mais j’ai vraiment la notion de l’argent ! J’ai fais les études que je voulais en gardant en tête que c’était une chance que mes parents m’offrait. Je ne dépense jamais plus que ce que j’ai. Je suis capable de faire des sacrifices au besoin et plus que tout je suis fière de ne pas demander d’aide financière à mes parents parce que je sais qu’ils gagnent moins que moi et que pourtant il me donnerait tout si j’en avais besoin.
    Pour mon mari c’est un peu différent, ces parents sont quand même plus aisés que les miens et ils ont un enfant unique. Il a donc bénéficié de choses que je n’ai pas eu. Pour autant, ils ont un rapport à l’argent beaucoup plus étrange. Parfois à donner et parfois ne pas donner alors qu’ils pourraient et à être ultra exigeant. Mon mari est du coup encore moins dépensier que moi, alors que ça mère m’apparaît ultra dépensière. Et c’est surtout la manière dont elle voit l’argent des autres qui finalement me dérange un peu. Comme si c’était un signe de réussite. Et clairement, je pense que pour elle, le fait que l’on ne gagne pas plus est sans doute un signe d’échec. Mais très honnêtement personnellement je m’en fiche. Je ne demande rien à personne et on vit confortablement. Certes des fois on fait des sacrifices mais je ne me sens pas malheureuse pour autant.
    Concernant les enfants, c’est quelque chose qui m’angoisse. Pas tellement vis à vis de nos valeurs, je sais qu’on arrivera à les transmettre, mais plutôt cette débauche dont tu parles.
    J’ai vu à Noël avec les petits cousins et honnêtement j’ai trouvé ça démesuré. J’ai dis à mon mari que c’était hors de question. J’avais toujours un cadeau sous le sapin et cela me suffisait bien, c’était des choses que je chérissais. Je pourrais en discuter des heures à l’occasion si tu veux
    Mais pour moi ton petit Pierre ne sera pas un gosse de riche car vous veillez au grain et que vos valeurs sont très louables à mon sens. Pourquoi le priver de ce que vous avez c’est une chance et cela fera sa richesse s’il en comprend la valeur lui aussi

    1. Je trouve l’histoire de ta famille vraiment touchante je suis toujours admirative quand les gens s’en sortent comme ça par eux-mêmes et forcent leur destin. Les parents de ton mari sont un peu une énigme pour moi, je connais le fils unique très gâté (mon mari 😉 ) et nos quatre parents sont globalement très très généreux avec nous, j’ai beaucoup de mal à imaginer qu’en tant que parent, on ne soit pas spontanément porté à tout donner à son enfant comme tu dis. Concernant les cadeaux, ce n’est pas toujours facile de limiter ses proches, nous y arrivons en dehors des grandes fêtes, je me dis que c’est déjà ça. Mais c’est un vrai challenge tu verras 😉 !

  32. J’ai été élevée dans la valeur de l’argent, un peu comme tu le décris ici. Et quand nous serons parents, nous souhaitons transmettre cela à nos enfants. Je sais d’avance qu’on devra freiner certains grands-parents en matière de cadeaux … on leur fera comprendre qu’on souhaite de l’utile pour nos enfants (donc en effet participation à un gros achat par exemple, ou épargne pour plus tard).
    Petite, ma mère m’a donné de l’argent de poche vers 6 ans, pour que j’apprenne à économiser pour me faire plaisir. J’ai trouvé ça très formateur. Elle m’a aussi appris à donner les affaires dont je n’avais plus envie/besoin, avant d’en acheter de nouvelles. C’est chouette je trouve 🙂

    1. Oui ce sont de chouettes idées ! Lorsque j’étais petite ma mère m’incitait aussi à donner mes jouets ou habits et j’ai commencé à gérer un petit budget à l’adolescence, j’ai trouvé ça vraiment bien.

  33. Ouh lalala sujet à discussion !!!
    De mon côté, je viens d’une famille très modeste alors que mon mari vient d’une famille de médecins (ses 2 parents en l’occurence). Autant mes parents ne sont pas du tout dépensiers autant ma belle famille (surtout mon bp) c’est une autre histoire. Heureusement pour moi, mon mari est tout l’inverse de sa famille et serait même du genre un peu près de ses sous.
    Malgré le peu de moyens de mes parents, je n’ai jamais manqué de rien mais je ne demandais pas grand chose. Je n’ai jamais eu d’argent de poche et si je voulais de l’argent, je le gagnais (soit avec des bonnes notes, soit en aidant ma mère dans les taches ménagères). J’ai pu faire les études que j’ai choisies parce que j’avais une bourse. Aujourd’hui j’ai un très bon boulot, mon mari aussi. On vit dans Paris (ce qui en soit est déjà un luxe) et on ne manque de rien même si on reste raisonnable et qu’on essaye d’économiser pour devenir propriétaire. J’essaye d’apporter le plus de choses possibles au choupi mais pas en excès, juste ce qu’il a besoin. J’essaye d’acheter les vêtements en solde, je lui ai ouvert un compte où on met un peu d’argent tous les mois + un compte capital koala pour reverser de l’argent sur ce que j’achète sur internet. J’essaye de limiter les cadeaux au strict nécessaire (mais tu le sais je ne suis pas toujours écoutée) tant parce que déjà je trouve que le choupi en a bien assez et aussi parce qu’on a pas la place. J’essaye aussi de grouper les gros achats (genre le siege auto, la dinette, le lit de grand l’année prochaine, …)mais là j’ai un désavantage énorme parce que le Choupi ayant une cousine du même âge et ben on passe pour des radins au niveau des cadeaux (je crois que je t’ai déjà parler de la dinette et cette année on a eu le tableau, on en discutera en privé si tu veux). Le seul truc où je serai prête à me saigner c’est une bonne éducation. Pour l’argent de poche, je serais tentée de faire comme mes parents mais pas sûr que mon mari soit complètement d’accord avec moi. ^^

    1. J’ai l’impression que nous sommes assez en phase sur nos objectifs et les valeurs que nous souhaitons transmettre. Après je suis bien d’accord, il n’est pas toujours facile de les faire respecter par les autres ! Concernant l’éducation aussi, cela fait partie pour moi des dépenses essentielles si on a le luxe de pouvoir les financer. Enfin l’argent de poche, je pense que j’en donnerai mais en essayant quand même au passage de lui apprendre à gérer un petit budget 🙂 .

  34. Super intéressant cet article !

    Je trouve votre manière de fonctionner très saines et vous inculquez de belles valeurs à Pierre. Nul doute que ce petit sera bien élevé et équilibré 😉

    Je pense qu’il serait dommage de se priver de certaines choses parce que réservées à un public aisé. Le principal est d’avoir conscience de la valeur des choses et de l’argent. Avoir conscience que tout se mérite et donc qu’il est important de se donner les moyens d’y travailler.

    Mes parents nous ont toujours poussé à donner le meilleur de nous mêmes dans les études et inculqué une certaine valeur du travail. Même si je n’ai pas une ambition professionnelle démesurée, je suis fière aujourd’hui d’en être arrivée là (je suis responsable RH dans la fonction publique hospitalière).
    Pour mon cher et tendre c’est un peu différent. Je trouve qu’il se met parfois trop la pression financièrement et je déteste qu’il me dise « je veux qu’on soit riche ». Déjà, je trouve ça indécent car je considère que nous sommes déjà favorisés (de par nos parents d’abord et notre emploi ensuite), mais en plus, je dois à chaque fois lui rappeler que l’argent ne fait pas le bonheur…
    Bref, le jour où nous aurons des enfants, je serai vigilante à ça. Leur rappeler qu’il est important d’être indépendant financièrement et que l’argent c’est bien, mais que ça ne fait pas tout (et heureusement)

    1. Ce n’est pas toujours facile de trouver une façon de faire commune avec son conjoint, spontanément le mien a tendance à être plus dépensier et moins gêné de « gâter » son enfant. Mais bon avec pas mal de discussions on finit toujours par trouver un compromis finalement 😉 .

  35. Ton article est passionnant et couplé aux commentaires, il pousse à une réflexion assez poussée sur la valeur de l’argent, l’éducation à l’argent…
    Les 2 points que tu comptes inculquer à Pierre me paraissent logiques.
    Cependant, je ne suis pas sure que l’argent et les valeurs sur la consommation ressortent de la même logiques… En effet, pour nous habiller nous privilégions soit le fait maison dans des tissus issus de filière responsable, soit l’occasion de qualité, soit les marques respectant une éthique rigoureuse. Dans notre consommation en général nous sommes sur cette logique. Nous privilégions les filières courtes, la qualité à la quantité. Du coup, pour nous équiper pour le Petit Haricot nous avons suivi la même logique. Privilégiant les prêts, les vêtements d’occasion, le fait maison ou certaines marques qualitatives.
    Autant ces choix ont été tout à fait compris dans ma famille, j’ai été élevée de cette manière. Autant dans ma belle-famille nous passons pour des OVNIS…
    Pourtant, ce n’est pas un souci de revenu, mais plus un rapport à l’argent. Dans ma belle-famille, le paraitre est important, il faut montrer que l’on possède, même si ce ne sont pas des objets de valeurs ou de qualité, mais montrer qu’on ne manque de rien.
    Alors certes, le niveau de rémunération a une influence sur le budget que l’on peut allouer à tel ou tel poste, mais le rapport à l’argent ne passe pas uniquement par le niveau de vie des parents.
    L’éducation est plus déterminante à mon sens. C’est là que je te rejoins sur les points que tu as à cœur de transmettre à ton fils. Leur apprendre à gérer un budget, à ne pas dépenser l’argent inutilement me parait capital. Soit en leur donnant de l’argent de poche, soit en leur allouant un budget à gérer pour faire tel ou tel achat (là je pars d’exemples vécus dans mon enfance)… De même, leur inculquer que l’argent n’est pas une fin en soi est important. C’est peut être moins évident, car moins concret… Mais leur montrer que dans nos choix nous privilégions tel aspect plutôt que tel autre est capital. Par exemple, mes parents nous emmenaient en vacances dans une région de France différentes tous les ans, mais nous ne faisions qu’une seule activité par enfant pendant l’année.
    Bref, bref, tu nous as donné du grain à moudre, et je pense que nos réflexions vont continuer à progresser en fonction de nos enfants aussi…

    1. Ton commentaire est à peu près la conclusion que je tire également de toute cette réflexion, et elle me rassure beaucoup ! En effet je fais sans doute une erreur en pensant que nos salaires et ses cadeaux détermineront son comportement. Sans doute que nos valeurs, que nous vivons déjà au quotidien, et que nous avons à coeur de transmettre, joueront un rôle beaucoup plus déterminant. Tant mieux 🙂 !

  36. Aie aie j’arrive à la traîne pour commenter … tout n’a -til pas déjà été dit?
    Tans pis je me lance.
    Déjà moi je suis une dépensière surtout pour ma fille. Je veux tjs plus pour elle et de bonne qualité . Je passe des heures à comparer les petites cuisines en bois, les sièges autos…
    Les jouets c’est ma passion. ( déformation professionnelle… c’est moi qui suis responsable des commandes de jeux à la crèche alors je compare, réfléchi à l’intérêt éducatif. ..) Mais attention des jouets intelligents et éducatifs (adieu les trucs pleins de boutons qui font du bruit et de la lumière , je parle de puzzles, de jeux de motricité fine…)
    Donc j’achète beaucoup de livres et jouets à ma fille et à Noël non loin de me plaindre de l’avalanche de cadeaux j’ai orienté vers des jouets utiles et que je vois comme du véritable matériel éducatif important pour son développement . Et comme je vois ça comme du matériel éducatif utile voir nécessaire je n’ai pas l’impression de gâter ma fille et encore moins d’en faire une gosse de riche…
    Faut dire qu’on n’est pas les plus aisés de la famille, on n’est pas propriétaires, on ne pars pas beaucoup voir pas en vacances mais ça ne me dérange pas. Ça va avec mon mode de vie un peu ecolo. On a train de vie tout à fait convenable mais qui ne nous permet pas des folies. Mais je ne me refuserai pas un 2e congé parental même s’il faut se serrer la ceinture.
    J’achète beaucoup d’occasion ( les jouets, parfois des vêtements de marque) ou je cherche les bons plans.
    C’est sur que je ne pourrai pas payer l’école montessori de mes rêves à mes enfants. Et à la fois je ne souhaite pas les faire grandir dans une bulle élitiste, je leur souhaite aussi de la mixité sociale. Pour moi le gosse de riche serait surtout l’enfant qui baigne exclusivement dans un environnement aisé mais fermé avec aucun autre contact sur l’extérieur que d’autres gens riches comme lui.
    Pour nos histoires avec l’argent on vient de deux familles assez aisées mais très simples (mon père malgré un poste très important en fin de carrière achetait encore ses chemises à carrefour). Pourtant nous sommes très différents de nos frères et soeurs dans notre vision de l’argent . Je ne crois donc pas qu’au facteur éducatif, il y a des gens qui depuis tjs ont un attrait de l’argent et d’autres non.
    Nous on n’est pas des accro du budget, on aime la vie qu’on a et je me dis (peut être à tord) que cela suffira à ne pas faire de nos enfants des petits pourris…

    1. Ton témoignage va dans le sens de beaucoup d’autres et me rassure : je me rends compte en effet que le nombre de jouets n’est pas forcément déterminant sur les valeurs qu’on transmet. Ta réflexion sur les fratries est passionnante, mais elle m’étonne aussi un peu. Je trouve quand même dans mon entourage qu’il y a des tendances dans le rapport à l’argent qui semblent se transmettre. Après il est vrai aussi que parfois il y a des bugs dans la transmission et comme l’a évoqué une lectrice, par opposition parfois des enfants de parents trop économes par exemple peuvent devenir très dépensiers… Bref, c’est vraiment un sujet très intéressant 🙂 .

  37. Coucou,

    nous on est respectivement : instit’ et employé de bureau. On ne gagne pas un gros salaire.
    Mais on est content parce qu’on vit correctement.
    On ne peut pas s’offrir, ni offrir à Bubus tout ce qu’on veut mais vu qu’on ne veut pas beaucoup de chose c’est cool ^^
    Concernant les habits, on lui en achète très peu, en général il porte les habits qui ne vont plus à son cousin ou ceux offerts par la famille.
    L’autre jour je suis allée chez Emmaüs j’en ai acheté de très beaux pour pas cher (et en bon état).
    Pour le bio on essaye de lui en donner au max, mais ça coute cher. Du coup il mange généralement mieux que nous. (le bio pour lui, le pas bio pour nous)
    Et pour la piscine il y va avec moi le dimanche. Il n’a pas de cours mais au moins il est habitué et ça coûte juste le prix d’une entrée.
    Ah et pour noel et anniversaire je fais comme toi. Je demande à la famille de se limiter, même si ça les frustre. Je ne veux pas qu’il soit couvert de cadeaux.
    Tu vois, au final, on n’a pas le même budget mais les démarches se ressemblent.
    Ton fils ne sera pas « un gosse de riche » ^^

    1. Je me suis rendue compte grâce à cet article que finalement les moyens et l’éducation sont deux choses différentes et cela m’a beaucoup rassurée 🙂 .

  38. Très intéressant comme sujet. Je n’ai pas tout lu les commentaires, il y aura sans doute des redites. Mais je crois que finalement le fait d’être un gosse de riche n’est pas grave en soi, de toute façon quoi que tu fasses t’as toujours plus riche et plus pauvre que toi. L’important pour c’est vraiment d’apprendre que le matériel, c’est une vraie chance mais ca ne fait pas tout.
    Moi j’ai grandi entre les deux. Mon père vient d’un milieu paysan irlandais pauvre, ma mère de la bourgeoisie militaire française. En gros d’un côté mes oncles étaient éboueurs et gardiens de prison, de l’autre polytechniciens. Mes parents n’ont jamais vraiment eu un rond, mais je pense que dans un sens on était malgré tout des gosses de riches, parce qu’on est allé dans des bonnes écoles (mes parents ont mis tous leurs sous là-dedans parce que c’était important pour eux), et qu’on a eu une éducation privilégiée. J’ai quand même de mauvais souvenirs de n’avoir quasi jamais eu d’habits neufs, ou de ne pas savoir skier alors que toute ma classe passait des vacances au ski (et je cherche encore aujourd’hui bêtement à compenser… j’ai mis un point d’honneur à mettre mon fils sur des skis dès qu’il a su marcher (bon en même temps j’habite à côté, mais je sais bien que c’est con quand même..)). La difficulté de toute façon est rarement d’avoir ou de pas avoir dans l’absolu, mais de ce que tu as par rapport aux autres (si tu n’as pas l’eau courant en France, c’est l’enfer.. si tout le monde va au puit autour de toi, ça reste chiant, mais tu ne vis pas le manque de la même façon !).
    Mais même s’il y a objectivement de l’argent dans ma famille maternelle, je considère qu’aujourd’hui aucun de nous (mes frères et sœurs ou mes cousins) ne semble avoir été pourri par l’argent. Et je pense qu’une des choses qui fait a fait la différence, c’est l’ouverture aux autres qu’on nous a toujours enseigné/montré. Ma grand-mère voyageait dans tout le bloc URSS avant la chute du mur pour rencontrer des gens, a toujours hébergé des étudiants de tous horizons et conditions sociales, en s’intéressant vraiment à eux, à ce qu’ils étaient, à leur culture (elle va dans le pays, apprend la langue, lit tout ce qu’il peut y avoir d’écrit le sujet..). J’ai toujours baigné là-dedans. Chez mes parents c’est la même chose. Ils nous ont toujours appris le partage et l’accueil. Quand on était plus petit, on servait par exemple le repas de noël dans des foyers de sans-abris. Ca fait relativiser. Depuis toujours ils accueillent aussi la veuve et l’orphelin, en fonction de leurs rencontres, et encore plus maintenant qu’ils ont plus de place (et ca peut donner des situations bizarres, quand tu passes en surprises chez tes parents et que tu trouves la maison ouverte, tes parents absents et deux camerounais/sénagalais/bengladais ou que sais-je dont tu n’as jamais entendu parler en train de boire tranquille un thé.. ça donne un peu l’impression d’être passé dans une dimension parallèle).
    Bref, je pense qu’il n’est pas grave d’offrir un certain confort matériel à son enfant (tant qu’on n’est pas dans l’excès… mais même si je leur achète des livres ou des habits neufs, ils n’ont pas non plus un iphone à 3 ans), que les en priver pour le principe me parait pas forcément intéressant non, mais je souhaite surtout leur apprendre en parallèle que l’argent, même si c’est bien pratique (j’ai toujours trouvé que la plupart des gens qui disaient mépriser l’argent étaient des personnes qui n’en manquaient pas… ) et une chance, n’est pas ça qui fait la vraie richesse ou l’intérêt d’une personne.

    1. C’est drôle j’apprends des choses sur toi du coup je ne savais pas tout ça 🙂 . J’ai l’impression que sur les valeurs à transmettre nous sommes en phase et tous les commentaires que j’ai reçus m’ont aussi rassurée sur ma capacité à y arriver (notre capacité, donc 😉 ) et ce quels que soient nos moyens. Sinon ta petite remarque sur le ski m’a faite sourire car figure-toi que je ne sais pas hyper bien nager et sans doute que cela n’est pas étranger à ma décision concernant la piscine 😉 .

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