Envieuse (et enviée)

Envieuse (et enviée)

Je me rappelle bien vous avoir promis un article sur ce thème. Je vous disais que la jalousie était sans doute mon plus vilain défaut. En y réfléchissant je crois que je préfère parler d’envie. Le mot de jalousie pourrait vous laisser penser que je suis possessive à l’égard de mon mari par exemple, or ce n’est pas le cas. Je le laisse plutôt sortir quand il le souhaite et n’oserais jamais fouiller dans ses papiers. En revanche j’ai du mal à partager la chance et le bonheur des autres, ça oui.

Ca ne fait pas vraiment rêver, hein, de vous parler de cela. Cela implique de lever le voile sur quelque chose qui, disons-le, me fait bien souvent honte. Mais bon je vous dis tout ici ou presque alors. Et puis avec un peu de chance vous me direz que je ne suis pas la seule à éprouver ce genre de mauvais sentiments. Laissez-moi vous raconter.

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Je crois savoir assez précisément quand ça a commencé : à la naissance de ma cousine. Jusqu’alors, j’avais toujours été la petite dernière de la famille et me plaisais beaucoup dans ce rôle. J’avais six ans lorsque ma tante est tombée enceinte et nous étions alors si proches que cela m’a presqu’autant déstabilisée que s’il s’était agi de ma propre mère. Dès son annonce au téléphone – je m’en souviens encore très bien, j’ai pensé que pour moi ce n’était pas du tout une bonne nouvelle. Et de fait, j’ai passé les années suivantes à envier ce bébé, l’attention qui lui était apportée, les cadeaux qu’il recevait, les crises qu’on lui passait.

Je me souviens très bien aussi de la façon dont à l’époque mon père m’a sermonnée. Il m’a dit : « La jalousie est le pire sentiment car elle rend malheureux des deux côtés : celui qui la ressent et celui qui la subit ». C’était sans doute très vrai, je m’en rends compte désormais, mais cela n’a rien changé. Je n’ai plus six ans aujourd’hui (sans blague) et pourtant je suis restée envieuse, par moment. Qu’est-ce qui me fait dire ça ?

J’ai beaucoup de mal à m’investir dans une activité si je ne me considère pas comme faisant partie des meilleures. Cela explique par exemple que je ne fasse quasiment aucun sport. Je supporte mal la comparaison quand elle n’est pas à mon avantage.
Plus généralement, et aussi horrible que cela puisse paraître, j’ai une vision assez concurrentielle de la vie. J’ai beaucoup de mal à me réjouir pour mes amis s’ils obtiennent avant moi quelque chose que je convoite. Les annonces de mariage qui se sont succédées l’année où j’attendais fébrilement ma demande ont été une épreuve.
Enfin, j’ai du mal à accepter qu’une existence puisse se dérouler sans faille, sans blessure, sans maladie, dans un bonheur égal… Et j’ai naturellement tendance à fuir ceux qui semblent goûter cette chance.

Alors là vous vous dîtes : « Oh la la mais en fait Die Franzoesin, elle n’est pas du tout fréquentable ! ». Je vous rassure, cela ne fait pas de moi une fille totalement aigrie et méchante. Je suis globalement sociable et gentille. Lorsque ces petites pointes d’envie se font sentir, dans ce petit coin gauche de ma tête, j’arrive généralement à très bien les reconnaître et les canaliser. Je félicite toujours les gens pour leurs belles annonces. Je garde mes sentiments noirs pour moi et je les cache au plus grand nombre.

J’ai même appris à en tirer partie. Je me suis ainsi rendue compte que mes envies, souvent, trahissaient mes désirs cachés et j’ai appris à lire en elles afin de mieux me connaître.
Je n’envie pas, par exemple, nos amis qui se lancent dans de beaux projets immobiliers ; c’est donc que je ne me trompe pas quand je pense être heureuse dans notre petit appartement. Jusqu’à très récemment, je n’éprouvais aucune envie aux annonces de grossesse ; c’est que je n’étais pas encore prête pour relancer nos essais. Je n’ai jamais vraiment envié les filles aux poitrines généreuses ; c’est que mon décolleté d’adolescente me convient.
A l’inverse, le fait que je jalouse les femmes aux foyers me prouve à quel point j’aurais aimé être maman à temps plein. L’agacement que j’éprouve devant les plaintes de fin de grossesse me dit que je n’ai pas encore accepté mon accouchement prématuré. Mon regard de biais sur l’allaitement montre bien que je n’ai toujours pas fait le deuil de celui que je voulais.

Cependant, ma tendance à envier les autres a aussi des conséquences négatives – et pas seulement sur moi. Si j’arrive à faire semblant de me réjouir pour les autres, le plus souvent je m’éloigne par la suite. C’est parce que je ne supportais plus les couples longue durée et heureux que j’ai perdu contact avec une grande partie de mes amis après avoir été quittée, à la fin de mes études. C’est parce que le sujet était devenu trop douloureux que je ne me suis pas davantage engagée dans les préparatifs de mariage de ma meilleure amie, quelques années plus tard. Ces réactions me font honte mais j’ai du mal à les maîtriser. Je me console en me disant que je ne fais volontairement de mal à personne : au pire, je me mets en retrait. C’est en fait la seule façon que je trouve de me préserver. Parce qu’au fond, derrière tout ça, il y a quand même une souffrance : c’est que très vite, à force de comparaisons, je finis par me sentir nulle, malchanceuse, déprimée.

Le grand paradoxe, c’est que je suis par ailleurs probablement une des premières personnes à souffrir de l’envie des autres. J’ai mis du temps à m’en rendre compte, mais certains proches ont fini par m’ouvrir les yeux. Vu de l’extérieur, je suis sans doute le prototype de la fille que les autres ont tendance à envier. Cadre de la fonction publique, j’ai été embauchée avant même d’avoir terminé mes études. J’ai toujours été mince sans faire de régime. Je suis mariée avec un beau cardiologue allemand. Je suis la maman d’un adorable petit garçon en bonne santé. Et surtout, je ne laisse généralement pas facilement entrevoir mes failles. Je tiens cela de ma famille napolitaine : je suis souvent trop fière pour parler de mes problèmes. Alors on m’imagine sans doute souvent petite fille trop gâtée par la vie, quand on ne me souhaite pas parfois du mal.

Mon papa avait raison : l’envie est un sentiment vraiment moche. Au fond, si d’autres sont plus heureux que soi, qu’est-ce que ça peut nous faire ? A priori ça ne nous enlève rien. Il faudrait savoir ce contenter de ce que l’on a, c’est souvent déjà tellement. Et puis, on le sait bien : « L’herbe du voisin est toujours plus verte… jusqu’à ce qu’on découvre que c’est du gazon artificiel », non ? Le problème est que, comme tous les sentiments, l’envie est difficilement contrôlable. J’espère au moins ne pas transmettre ce défaut à mon fils. Heureusement, son père en semble dépourvu, ça aidera sûrement.

Et vous, il vous est déjà arrivé d’envier quelqu’un ? Ou de souffrir de l’envie des autres ?

69 réactions au sujet de « Envieuse (et enviée) »

  1. Oh là là ! Quel article! Qu’il a dû être difficile à écrire !
    Je ne vais pas trop pouvoir t’aider car je ne suis absolument pas envieuse mais j’ai d’autres défauts 😉
    Après, je pars du principe que personne n’est parfait et c’est une grande force de connaitre ses failles.
    Et concernant l’allaitement, j’ai la conviction que les mamans qui prennent mal le fait de valoriser l’allaitement, c’est qu’elles ont ce profond regret au fond d’elles de ne pas avoir pu mener leur allaitement comme elles auraient souhaité, le plus souvent à cause d’un mauvais accompagnement. Tu confirme donc ma conviction. 😉

    1. En fait non il n’a pas été difficile à écrire car je le sais depuis longtemps 😉 . Et comme tu dis, j’en suis suffisamment consciente pour éviter de faire souffrir autour de moi, je pense que finalement je suis celle qui en souffre le plus… Concernant l’allaitement, je pense en effet qu’il est beaucoup plus facile de choisir délibérément le biberon que de se le voir imposer (malheureusement pour moi, cela restera toujours un petit regret, même si heureusement avec le temps il s’estompe).

    2. Je crois faire partie de celle qui critique la valorisation de l’allaitement mais sans pour autant avoir de regret d’avoir fait le choix du que le bib. C’était un choix délibéré, fait en amont et personne ne m’y a contrainte.
      Je n’aime pas en général les solutions uniques mises sur un piédestal nonobstant les cas particuliers, solutions qui passent avec leur temps pour une nouvelle solution unique.
      (Je tenais à le dire ayant en quelque sorte un peu participé à l’article d’Alice sur l’allaitement !!!)

      1. Je ne vais pas faire un débat ici ce n’est pas le lieu. Mais je tenais juste à préciser que je n’ai absolument aucun problème avec les biberons du moment que c’est un réel choix de la mère.

  2. Ouah, ça c’est de l’article confession !
    Je ne sais pas quoi te dire … est-ce que j’ai été (suis?) envieuse …? J’avoue ne jamais m’être poser la question.
    Dans l’ensemble, ma vie me convient (à peu de choses près). Quand je suis envieuse, c’est rarement un sentiment qui dure et j’arrive toujours à me réjouir.
    Je trouve dommage que tu te « prive » de faire certaines choses parce que tu ne peux pas y être la meilleure (te dit la nana qui n’ose pas porter de couvre-chef et autres tenues extravagantes par peur du regard des autres … mais je travaille dessus car je veux que mes enfants se sentent libre d’être ce qu’ils veulent).

    1. Oui, je vous dit tout 🙂 . Et je pense que si tu ne t’es pas encore posé la question, c’est que tu n’es sûrement pas concernée. Tant mieux !

  3. Je crois que même quand ce n’est pas prononcé, enfin disons si ce n’est pas un trait de caractère permanent, ça arrive à tout le monde. Je ne suis pas très envieuse de nature mais ça m’arrive par moment. Surtout quand je ne me sens pas bien, quand je ne vois pas la fin du tunnel dans une période pourrie. Le reste du temps j’arrive à ne pas du tout y penser, simplement parce que je suis bien ou je suis. Mais bon je dis ça mais ça fait pas si longtemps que je me contente de ce que je suis alors… avant je ne dirais pas que c’était de l’envie mais j’avais la tendance systématique de prendre uniquement ce qu’il y a de bien chez quelqu’un et de me dire que j’étais moins bien, sans prendre en compte la globalité et sans voir que sur d’autres points j’avais peut être mieux.

    1. Je pense que ce que tu dis est très vrai : ça dépend beaucoup des moments. Il y a des périodes très propices à ces « pics d’envie » et d’autres où on est plus apaisé, heureux de ce qu’on a ou de ce qu’on est.

  4. Tu es courageuse de partager cela avec nous! C’est assez rare de voir sur un blog quelqu’un parler ouvertement de ses faiblesses !
    Pour ma part je me reconnais dans ta description, j’ai toujours plus ou moins été envieuse ( plus que jalouse en effet bien qu’on m’ai reproché ma jalousie ) de quelqu’un : ma meilleure amie beaucoup plus belle que moi, de ma grande soeur qui avait tout avant moi : un copain, un appartement, un mari , un enfant … et c’est normal! ) . J’ai souvent trouvé que l’herbe avait l’air plus verte ailleurs aussi. Je pense que c’est avant tout un manque de confiance en moi en réalité. Manque de croyance en mes capacités à combler par moi-même tous mes besoins et mes envies. L’analyses tu comme cela aussi ?
    Depuis que je suis maman les choses se sont calmées un peu, mes sentiments ne sont plus aussi virulents mais bon la maternité est aussi un lieu de compétition n’est ce pas? « Quand a-t-il fait ses nuits? »  » Il sait déjà faire des puzzles de 8 pièces et toi ?  »
    Et la dessus la blogosphère peut venir reveiller mes envies de fille envieuse : la maman qui gère 3 enfants en cuisant bio et qui prépare plein d’activités et qui poste des photos d’une maison nikel… bien sûr je sais qu’on ne voit pas l’envers du décors mais cela suffit parfois à me dire : ah moi aussi j’aimerai arriver à être comme cela, à avoir ça. ..
    Par contre j’ai été récemment de l’autre côté de la barrière, enviée par une amie et j’avoue ne pas avoir bien vécu la choses et mêtre rendue compte que les les sentiments qu’on projette quand on envie ne sont pas agréables pour l’autre : j’ai parfaitement ressenti son amertume, son aigreur et c’est blessant car on a l’impression d’être accusé d’être là ou l’on en est dans sa vie… pour autant j’ai le recul de me dire que j’ai aussi beaucoup de chance, elle a peut être reçu « mon bonheur en pleine tête  » et que cette personne manque sûrement de confiance en elle.

    1. Je n’ai pas voulu trop parler de la blogosphère mais très clairement, elle peut générer beaucoup d’envies, les réseaux sociaux plus généralement d’ailleurs, puisqu’ils poussent souvent à ne montrer que le « beau ». Je ne pense pas que je manque de confiance en moi en revanche, après avoir vécu quelques coups durs je pense plutôt avoir perdu confiance en la vie, j’ai du mal à voir ma chance et suis peut-être restée un peu bloquée sur ces moments difficiles. Personnellement, le fait de réaliser que je pouvais être enviée m’a donné envie de parler davantage de mes faiblesses, de montrer que justement l’herbe n’était pas toujours verte chez moi au delà des apparences.

  5. Eh bien, c’est drôle, j’ai l’impression que cet article, j’aurais pu l’écrire, et d’ailleurs j’avais prévu de l’écrire ! Mon histoire n’est pas la même, mais je connais bien ce sentiment d’envie jalouse, la honte qui va avec (voire la colère en ce qui me concerne, parce que je m’en veux de ces sentiments), le discours rationalisant sur le fait que le bonheur des autres ne nous enlève rien et aussi la conscience que l’envie nous montre nos fragilités, nos insatisfactions. Je ne vais pas faire la liste des miennes, qui sont nombreuses, mais plutôt parler de l’autre place, l’enviée, que je connais bien aussi. Depuis toute petite, depuis toujours je dirais, je suis première de ma classe. Au début ça n’avait pas d’importance, puis les autres ont commencé à venir me demander à chaque fois quelle note j’avais eue pour pouvoir me chantonner « j’t’ai battue, j’t’ai battue » à chaque fois qu’ils réussissaient mieux. Ça a duré longtemps, c’était terrible de sentir les autres avides de me voir chuter, ça ne faisait que me rajouter de la pression pour réussir (parce que j’étais envieuse de mon grand frère qui était un peu plus premier que moi). Durant mes études, un jour où j’avais pris le temps durant un TD d’aider une fille qui était venue me demander une explication, elle a dit quand je suis retournée bosser « qu’est-ce qu’elle se la pète celle-là », alors que je n’avais fait que répondre à sa requête en essayant d’être pédagogique et sympa…
    Comme je l’ai déjà dit, ma technique, c’est de dire aussi les failles, de ne pas étaler mes réussites – ça me permet d’être moins souvent enviée, et je me dis que si les autres faisaient pareil je serais moins envieuse… Mais la vraie solution, c’est de se réconcilier avec ses lacunes. Depuis que j’ai des perspectives professionnelles moins catastrophiques, j’arrive à me réjouir sincèrement des réussites de mes amis, et ça fait un bien fou !
    (pif paf désolée pour le pavé, ça veut bien dire que je risque d’écrire sur le sujet quand même ! :))

    1. Je suis totalement d’accord avec toi sur les solutions. Pour être moins enviée, il faut réussir à dire ses failles. Je m’y entraîne (ici par exemple) mais j’ai encore beaucoup de mal « en vrai » et au travail n’en parlons pas. Pour être moins envieuse, il suffit d’être heureuse et épanouie mais la vie nous joue parfois des tours, on n’a pas toujours ce qu’on mérite, c’est ce que j’ai encore du mal à accepter, je crois : l’injustice de la vie.

  6. Je pense que tout le monde envie un peu le voisin, ça doit être même le moteur d’ambitions. Après tu as l’air de te surveiller pour essayer de contrôler ton envie, plus qu’à gérer la culpabilité !

    1. Oh merci pour ce gentil compliment 🙂 . Si tu es capable de me le dire, ça va, c’est que c’est de l’envie « gentille », ça doit exister aussi 😉 .

  7. Tout d’abord je trouve ça important de connaître ses défauts/faiblesses et tu sais en tirer du positif, ce qui n’est pas négligeable. Apprendre à se connaître, même si c’est à travers ses failles, c’est très important! L’être humain n’est pas parfait (ça se saurait!) et il faut faire avec. Il m’est parfois arrivé d’envier certaines personnes, mais c’est tout de même assez rare. Lorsque l’on essayait d’avoir notre fille et que j’apprenais la grossesse d’amies ou de connaissances j’étais heureuse pour eux et un peu triste pour moi car je me demandais si cela arriverait un jour. Mais j’ai beaucoup d’autres défauts (je suis maladroite, pas du tout patiente, je n’ai pas vraiment confiance en moi, je peux parfois être un peu égoïste et j’ai tendance à décharger mon stress sur mon pauvre mari! ) Bref, je ne sais pas si j’en ferais un billet, la liste est trop longue! lol Le principal est que tu « travailles » sur ce défaut et que tu arrives à te maîtriser pour ne blesser personne. Allez, le prochain article, parle-nous de tes qualités pour contrebalancer! Je suis sûre que tu en as plein 😉

    1. Hi Hi Merci de me rassurer avec ta liste de défauts ! Cela dit j’en ai aussi d’autres ! Mais comme tu dis heureusement j’ai aussi des qualités, ça compense 😉 .

  8. J’ai aussi beaucoup été envieuse, j’ai toujours un peu de mal à me réjouir des bonnes nouvelles pour autrui (à part quand, chose un peu bête, j’estime que la personne l’a « mérité » : un job obtenu après des mois voire des années de galère, un bébé hyper attendu, etc.), mais je crois que je le suis moins depuis un moment.

    Parce que bon, objectivement, j’ai énormément de chance. J’ai un mari parfait pour moi, dévoué et aimant, j’ai un enfant, et même une fille, comme je l’ai toujours voulu (et elle me comble, même si elle est très différente de ce que j’imaginais), et un deuxième en préparation sans même avoir eu le temps de le souhaiter, j’ai un boulot qui fait rêver beaucoup de gens (même si bon, je sais bien qu’ils n’en voient que le côté le plus brillant, celui que j’adore moi-même, mais que ce n’est pas non plus que ça…) et le CDI qui va avec, j’ai un appart plutôt grand dans lequel je me sens bien et même si on est loin d’être riches (et même qu’on est plutôt pauvres très objectivement), on ne manque de rien d’essentiel.

    Quand je vois mes amies avec certes un métier bien payé (et encore, pas toutes) mais un mec pas très stable ayant une peur panique de l’engagement sous toutes ses formes, je me dis que je m’en suis vachement bien sortie et que je dois vraiment avoir une bonne étoile. Et ma vie n’est pas finie ! Je peux encore hériter d’un oncle lointain (ouais, bon, c’est assez peu probable) et m’acheter une grande maison où je pourrai faire un potager (oui, j’ai des envies de potager) et planter des arbres fruitiers (non je ne suis pas qu’un ventre) et/ou ouvrir notre propre librairie. Il y a encore des possibilités d’améliorations malgré un présent plutôt pas mal du tout, et c’est vachement cool.

    Ça ne m’empêche pas d’être envieuse envers certaines personnes, et de ressentir un pincement au cœur quand quelqu’un réussit dans un domaine qui m’est inatteignable (j’aime bien ton exemple du sport : moi aussi ça ne m’a jamais intéressée parce qu’objectivement, je n’avais pas les capacités pour y exceller – ni envie, il faut bien le reconnaître, de me donner cette peine), mais je relativise.

    En tout cas je comprends bien ce sentiment 🙂 Et si tu veux mon avis, ce n’est pas un si gros défaut (je t’envie si c’est ton seul défaut :p).

    1. Ce qui ressort de ton témoignage je crois, c’est qu’on a davantage tendance à être envieux dans les périodes où on va moins bien. Quand tout roule et qu’on est heureux, on a moins tendance à regarder l’herbe du voisin ! Je suis intéressée de lire qu’ouvrir une librairie reste ton rêve lointain. C’est drôle, j’adore les livres mais je ne sais pas si j’aimerais ce métier. Pour terminer je te rassure, tu n’as rien à m’envier, ce n’est pas mon seul défaut 😉 (mais je dirais quand même mon défaut le plus « marqué »).

  9. Se contenter (au sens littéral du terme) de ce que l’on a est certainement la chose la plus difficile qui soit. Mais quand on y parvient (si l’on y parvient réellement un jour) je suppose que l’on est véritablement heureux. C’est l’idéal vers lequel j’essaie de tendre mais la route est encore longue 😉

    1. Nous sommes dans la même situation un peu alors 🙂 . Ce qui me rassure c’est qu’avec l’âge j’ai tendance à être de moins en moins envieuse. Peut-être viendra un jour où je ne le serai plus du tout !

  10. J’ai été très envieuse aussi, mais j’ai l’impression que cela a tendance a s’atténuer. Ce qui est évident chez moi aussi, c’est que j’envielà où le bât blesse dans ma vie. Je me souviens d’un article d’une blogueuse qui expliquait qu’elle était envieuse d’une relation mère / enfant de sa connaissance. J’ai réalisé que clairement moi jamais, je suis vraiment comblée par ma relation avec ma fille. Je ne peux pas en dire autant par ma relation avec mon amoureux et très souvent je soupire d’envie devant des couples qui semblent si harmonieux. Les envies pointent tjrs là où ca fait mal… par contre je jalouse rarement des personnes proches, et je trouve cela triste si ca t’eloigne d’eux du coup. Tu as pu renouer les liens avec ta meilleure amie par exemple? lé

    1. Tu as tout à fait raison : les envies pointent là où ça fait mal. C’est peut-être pour ça aussi qu’au fond on doit plaindre les envieux. Concernant ma meilleure amie (et les autres) je me suis peut-être mal exprimée : je me suis mise en retrait parfois pendant un temps, je ne me suis pas engagée à fond dans les préparatifs de mariage par exemple mais finalement cela n’a jamais généré de dispute ou de vraie séparation. Ma meilleure amie l’est toujours, je ne sais pas si elle s’est rendue compte de quelque chose à l’époque mais si c’est le cas je crois qu’elle m’a pardonnée 🙂 .

  11. Nul n’est parfait, nous avons tous des défauts et des qualités avec lesquels il faut composer… Ce n’est pas évident. Certains défauts nous font honte, alors qu’au final, il font aussi qui nous sommes. Effectivement, il faut être vigilant pour éviter que nos défauts prennent le pas sur le reste, mais à partir du moment où nous sommes capables de les reconnaitre et de travailler dessus pour éviter qu’ils nous empoisonnent la vie, c’est déjà un bon point !
    Quant à l’envie… Je pense que tout le monde a déjà envié quelqu’un d’autre et que quelqu’un nous a déjà envié. La position d’enviée et d’envieuse est une question point de vue. A l’adolescence, j’enviais énormément la position de ma petite sœur, je trouvais qu’elle avait la position parfaite de petite dernière qui n’avait pas de pression, mais elle m’enviait, elle avait que j’avais moins de pression qu’elle, que j’étais plus libre de faire ce que je souhaitais (en discutant, nous avons vraiment eu une bonne crise de fou rire en réalisant cela !!!)
    Il y a des périodes de notre vie où on est plus sensible que d’autre à ce sentiment et je pense comme toi qu’il est révélateur d’un malaise ou d’une envie profonde (pas toujours identifiée…). Nous savions que nous devions attendre un peu avant de se lancer dans projet bébé, pendant 2 ans les annonces autour de moi m’ont fait l’effet d’un coup de poignard et pourtant je n’avais pas l’impression que c’était une envie si forte !
    L’envie peut être aussi un moteur, nous permettant de nous donner les moyens d’arriver à un objectif.
    Je trouve dommage que tu t’interdises de faire certaines choses de craintes de ne pas être la meilleure, mais je comprends le mécanisme de protection qui sous-tend…
    Il n’est pas évident de se dévoiler autant, alors bravo pour cet article qui nous fait réfléchir !

    1. Merci pour tes encouragements 🙂 . C’est vrai que, sur un blog en particulier, on a plutôt tendance à ne parler que de ce qui nous met plus ou moins en valeur. Mais dernièrement j’ai eu envie de changer cela 🙂 . En tout cas je vois que nous avons le même avis sur ce drôle de sentiment.

  12. J’aime beaucoup ta franchise et je trouve que ta façon de réagir à l’envie est une force 🙂 j’ai connu ce sentiment quand j’attendais impatiemment la demande en mariage. En fait je n’étais pas jalouse mais plutôt triste. J’ai perdu mes deux témoins de mariage par jalousie. J’étais la jalousée. Comme toi je cache bien mes failles et je m’investis que dans les projets ou je pense réussir mais c’est plutôt par manque de confiance en moi. Bref tu n’as pas de honte à avoir ce que tu ressens surtout que tu sembles bien gérer 😉

  13. Je crois que tout est question de paix intérieure. Je ne crois pas avoir été ni envieuse, ni jalouse, mais à l’époque j’avais tendance à toujours me dénigrer au profit des autres. Parce que je n’avais pas confiance en moi, c’est une certitude, mais aussi parce que je suis perfectionniste (et je le suis encore). De fait, je me dévalorisais beaucoup et n’osais pas non plus entreprendre certaines activités de peur d’être nulle à côté des autres (ce côté perfectionniste exacerbait mon self-contrôle). Je suis tombée sur une amie qui s’est avérée avoir un véritable trouble de la personnalité, et une des premières manifestations de ce trouble, c’était la jalousie, et j’en ai beaucoup souffert (car si je me dévalorisais toujours au profit des autres, je faisais toujours attention à valoriser les autres). Et puis, en grandissant, en devenant maman, en étudiant plus profondément le sujet, j’ai trouvé une véritable paix intérieure. Et alors, tout s’est envolé. Aujourd’hui, je sais ce que je vaux, et il m’arrive très souvent (milieu artistique oblige) de croiser des individus bien plus compétents, bien plus doués et bien plus sensibles que moi, et pourtant, je suis simplement admirative, enjouée. Au contraire, j’ai très envie de les féliciter, de me tourner vers eux pour les encourager, et de retirer quelques conseils qui m’aideront à m’améliorer. Parce que je n’ai pas besoin d’être quelqu’un d’autre, ou de faire mieux que les autres : je suis moi et je suis bien comme ça. Ca peut paraître très simple, mais c’est bien évidemment un long chemin à parcourir.
    Néanmoins, il y a toujours un point d’arrivée à la sortie 😉
    Nous sommes tous différents, nous sommes tous uniques et nous sommes tous imparfaits. Nous avons donc tous quelque chose à apporter ici bas.
    Courage, plus facile à dire qu’à faire, mais c’est une véritable démarche que tu as engagée déjà en le reconnaissant et en l’écrivant. La solution ne devrait plus être très loin 😉

    1. J’aime beaucoup ce que tu écris et j’aimerais beaucoup atteindre ta sagesse 🙂 . Parfois j’ai aussi l’impression que je n’en suis plus très loin, je me suis déjà beaucoup améliorée 😉 .

  14. Bon ça été dit plusieurs fois, mais l’humain n’est pas parfait. Je trouve important d’être capable de connaitre ses défauts et ses qualités. Cela permet de travailler dessus. Je trouve ça vraiment chouette que tu arrives à en parler. Et puis ce n’est que par pic, je suis sûre que tu as plein d’autres qualités qui compensent et qui font de toi une très belle personne.
    Dans la vie je ne suis pas très envieuse, je me réjouis du bonheur des autres. Cela peut m’arriver, dans certaines situations, quand la vie est injuste, professionnnellement je suis assez envieuse. Mais j’arrive à prendre du recul et à analyser ce qui est positif dans ma vie, et en quoi j’ai de la chance. Si j’y arrive désormais maintenant, c’est que j’ai fait un long travail sur moi. Et puis il faut dire que mon mari est un éternel optimiste, difficle de ne pas voir la vie du bon côté même dans les moments pas très droles.

    1. Merci de me rassurer, je pense en effet que mes qualités compensent un peu 😉 . Et puis je suis aussi engagée sur la voie que tu décris, j’arrive de mieux en mieux à prendre du recul. J’espère que bientôt ce sentiment aura totalement disparu 🙂 .

  15. Merci de nous faire partager cette facette de ta personnalité. Et comme tu le dis si bien, tu as réussi à tirer profit de ce défaut afin d’en apprendre davantage sur toi-même et mieux te connaître. On est humain, sensible et imparfait. On ne maîtrise pas toujours nos émotions et à partir du moment où tu ne le montres pas et que tu ne fais pas de mal à la personne enviée, tu restes la personne qui en souffre le plus. Il m’est arrivé également de ressentir une profonde tristesse à l’annonce de grossesses, j’étais heureuse pour les personnes mais j’avais l’impression parfois d’une injustice lorsque j’attendais depuis des mois et que d’autres tombaient enceinte très facilement. J’arrivais à me réjouir assez vite et à relativiser. je crois que ma plus grande angoisse était la peur de ne pas pouvoir avoir d’enfant et aussi lorsque je souhaite quelque chose, j’ai tendance à me donner des échéances dans ma tête et si cela n’arrive pas comme prévu dans le temps imparti, cela me contrarie. On vit aussi à une époque où on a tendance à comparer, montrer sa « life » sur les réseaux sociaux… ce qui n’aide pas. J’ai aussi le sentiment que parfois je ne réussi pas aussi bien que je le devrais, que je ne suis pas assez à la hauteur, lorsque par exemple une copine qui vient d’accoucher à un intérieur nickel et pour qui tout à l’air de rouler sur des roulettes. Puis je me raisonne, oui tout à l’air plus calme et de bien fonctionner chez elle, mais je ne suis pas H24 chez elle, et je suis pareil, lorsque je reçois du monde je fais le grand ménage avant. Et puis, son bébé est un grand dormeur, le mien ne dormait que sur moi, impossible de le poser, alors difficile dans ce cas d’être une super fée du logis. Avec l’âge, on se connaît mieux et on sait mieux qui on est, ce que l’on veut, souhaite… et puis chacun a son parcours, son lot de difficultés, des épreuves à traverser. On ne voit et on ne sait pas tout. Parfois, l’herbe paraît plus verte ailleurs et ne l’ai pas forcément ou qu’en apparence. Je peux également être la personne enviée, car je ne confie rarement mes soucis, problèmes, même à mes amies les plus proches bien que j’ai un peu évolué. Par exemple, pour la maternité, je n’hésite pas à briser le tabou, « c’est merveilleux, tout est rose… » Bien sûr que ça l’est mais c’est aussi difficile. Et beaucoup de parents ne le disent pas , ne le montrent pas sauf si tu en parles là les personnes commencent à se confier sur leur quotidien. Mais ça c’est un autre sujet 😉

    1. Je me retrouve beaucoup dans ton témoignage. Tout d’abord je pense aussi qu’en termes d’envie, celui qui la ressent est souvent celui qui souffre le plus. Par ailleurs j’ai aussi du mal à accepter que ma vie ne soit pas prévisible. Enfin, il est vrai que les réseaux sociaux augmentent le phénomène. C’est pour ça que j’ai voulu en parler sur mon blog, d’ailleurs 🙂 .

  16. Déjà tu es très courageuse ! et puis je vais te dire : si tout le monde pouvait avoir conscience de ses défauts comme ça, la vie serait plus simple !! Quelque part c’est normal d’être envieux sur quelque chose qu’on désire et qu’on a pas.. peut-être que ça te fait t’éloigner un temps des personnes que tu envies, mais au moins tu ne leur nuis pas ! moi je trouve pas ça bien méchant, t’es quand même ma copine malgré ça !!! lol. Faudrait que je fasse moi aussi une introspection, même si j’ai une petite idée de mes défauts, je ne pense pas en avoir une idée aussi précise….. (ou je ne préfère pas le savoir…)

    1. Je trouve cela dommage qu’en entretien d’embauche notamment, nous ne soyons autorisés qu’à révéler de « faux » défauts. Parce que finalement, je trouve que cela peut-être aussi une force de les connaître, car c’est le premier pas pour lutter contre. J’attends donc ton prochain article sur ce thème 😉 !

  17. Bonjour,

    J’ai parfois l’impression que tu parles pour moi. Envieuse est le mois plus juste que je n’arrivais pas à trouver pour décrire le sentiment qui m’a envahi très souvent plus jeune et qui m’envahit encore aujourd’hui. J’ai toujours eu honte de ce sentiment. Secrète aussi sur mes failles y compris avec mes plus proches ami(e)s/parents, je ne révèle que peu de chose sur moi. J’ai été envieuse de mes copines de classe, non pas de ce qu’elles avaient (au niveau matériel) mais plutôt des relations aux autres qu’elles avaient et de ce que cela leur apportait : qu’est ce que j’ai envié les fêtes surprises organisées pour certaines, les cadeaux personnalisés qui collent pile avec leurs goûts et leurs envies. Un peu plus âgée, j’envie parfois simplement les moments que vivent certaines ensemble sans qu’elles ne pensent à me proposer de faire des activités avec elles. Tout ça est bien compliqué à évoquer. On me dit parfois : mais demande leur si tu peux les accompagner… oui mais non, je n’aime pas demander. Je pense aux autres, je demande des nouvelles, ça vient très souvent de moi et ça me fait mal de ne rien n’avoir en retour. Peut être que certaines de mes relations amicales n’en sont pas vraiment, mais j’en ai tellement peu que je ne me vois pas les laisser partir. Quand je compte mes relations amicales sur les doigts d’une main ( et demi peut être), j’ai tendance à garder ces relations même si parfois elles me font me sentir mal (c’est pas tout le temps tout de même). Merci pour ce bel article.

    Isabelle

    1. Merci à toi pour ce si gentil commentaire. J’espère qu’avec le temps, tu trouveras des amis avec lesquels tu te sentiras vraiment bien. En tout cas je ne pense pas qu’il faille avoir honte de ce sentiment. On ne peut pas s’empêcher de l’éprouver, l’important c’est de ne pas faire souffrir les autres avec.

  18. Ta chronique me parle parce que j’ai longtemps été jalouse de mes amies au lycée : permis, première relation, appart… Ce n’est pas tant que je voulais qu’elles échouent que je voulais réussir, moi ! Heureusement, j’ai travaillé sur moi parce que j’en devenais pas très sympa.
    Maintenant, ce qui me rend jalouse, ce ne sont pas les jalons de vie, mais les voyages. Paradoxal pour une blogueuse de voyage, mais j’ai longtemps évité ce type de publication qui me rendent malades de jalousie. Je me soigne aussi, car finalement enrager d’envie ne change rien à ma situation – mieux vaut canaliser mon énergie à essayer de voyager 😉 Comme tu le dis, on n’est envieux que de ce qu’on aimerait avoir, il faut donc croire que je ne pense qu’à… voyager (la réponse est oui !) :p

    1. C’est drôle je n’ai jamais été jalouse de voyage et pourtant j’adore ça aussi (et sur le sujet, c’est plutôt moi qui devrais t’envier) ! Mais nous avons toutes nos sujets de fixation 🙂 . Au passage je retrouve ton pseudo habituel avec soulagement 😉 . Le précédent avait provoqué un quiproquo très drôle avec une de mes lectrices habituelles, Audrey, dont le profil WordPress est aussi un motif de fleurs 🙂 . J’ai mis beaucoup de temps à comprendre qui était qui 🙂 !

      1. Je plaide coupable pour la confusion des pseudos, j’ai aussi cafouillé chez Flora – j’ai tellement l’habitude de ne pas avoir à me soucier de mon pseudo chez SNT que j’oublie que je ne suis pas chez moi ailleurs !
        Ah oui, dans les autres sujets de jalousie : les abonnés sur Hellocoton 😉

  19. Honnêtement ton article me parle, je voulais en écrire un comme ça, mais trop peur du lynchage je l’ai pas fait. Moi aussi je suis envieuse des autres, quand ils ont ou on eu tout ce que je n’ai pas (eu).

    Une femme de ma famille est enceinte et là eu sans difficulté, quand moi je peine à avoir le 2éme et tout le monde se réjouit pour elle alors que moi c’était presque un drame. Tout le monde est au petit soin pour elle, quand moi j’ai du trimer.

    Je peine à trouver du boulot quand d’autres décroche des CDI ou ont des promotions.

    Mon copain n’est pas mariage, et même si il se décidé, on a pas l’argent pour, car on enchaine les galères financières.

    Je suis envieuse, mais je n’ai rien à envier

    1. Je suis triste de lire ta conclusion… Mais elle est fausse, aujourd’hui tu es en Une Famille sur Hellocoton et je suis sûre que beaucoup vont t’envier pour cela 🙂 ! Plus sérieusement, je crois beaucoup à l’image de la roue qui tourne, peut-être qu’en ce moment tu as cette impression, que les galères s’accumulent, mais un rayon de soleil viendra peut-être bientôt illuminer votre quotidien ! Je te le souhaite sincèrement en tout cas.

  20. Je suis totalement d’accord avec toi sur le fait que quand j’envie quelqu’un sur un point c’est que dans mon fort intérieur c’est un regret ou un désir refoulé.
    J’ai remarqué que souvent j’envie plus des gens dont je ne suis pas proche (ce qui peut paraître très bizarre mais c’est le cas).
    J’ai l’impression que l’envie est plus féminin que masculin mais je peux me tromper.
    Et comme tu le dis en conclusion, on voit toujours le bon côté de la vie des gens mais jamais les mauvais (et il y en a sans doute).

    1. J’ai moi aussi moins tendance à envier mes proches, peut-être parce que nous idéalisons moins leur vie, parce que nous connaissons aussi leurs failles ? En revanche je n’avais jamais pensé à cette différence fille / garçons mais c’est vrai qu’elle me semble réelle ! C’est intéressant !

  21. Merci pour cet aveu touchant et sincère. Je n’ai pas tendance à envier les autres, ayant toujours été over-chouchoutée et complimentée par toute ma famille, c’est plutôt le contraire, je me réjouis tout le temps pour tout le monde, un peu trop d’ailleurs, plus que ce qu’on se réjouit pour moi.
    J’ai souvent été déçue par la réaction de certaines de mes copines qui se sont montrées parfois hostiles et méchantes gratuitement envers moi. Ma mère me disait que c’était de la jalousie, en y réfléchissant, c’est effectivement sûrement cela.
    Alors, oui, on peut dire que j’ai connu quelques coups de poignard dans le dos, bien fourbes et bien traîtres. Mais ça me m’a jamais empêchée d’avancer et de garder malgré tout presque toutes mes amies de lycée et de collège. J’ai su faire le tri!
    Je te rassure, je ne suis pas du genre jalouse, mais j’ai plein d’autres défauts! (je suis très égoïste et personnelle, même envers mes enfants) (c’est un autre sujet)…

    1. Je trouve ça super que tu ne sois pas envieuse, beaucoup de commentaires sur cette article montrent que ce n’est pas forcément la réalité. J’imagine que du coup, tu as du tomber de haut quand d’autres t’ont jalousée. Après, heureusement que tu as d’autres défauts sinon tu serais trop parfaite et donc… vraiment trop enviée 😉 .

  22. Oh la la, ma Fran-Fran, si tu savais : je me reconnais dans chacun de tes mots !

    Je pense que, pour moi, la jalousie, ou l’envie plutôt, parce que comme toi, je ne suis pas très possessive, ni avec mon mari, ni avec les autres, est arrivée à la naissance de ma soeur. Ou plutôt, pendant nos années d’enfance, où je me trouvais toujours injustement sermonnée, alors qu’on lui passait tout (bon, avec le recul, ce n’était probablement pas vrai, mais c’est comme ça que je l’ai vécu, à l’époque ! 😉 ).

    Et comme toi, à l’âge adulte, j’ai aussi beaucoup de mal à ne pas envier mon entourage, même si je réalise de plus en plus vite que ces envies que je ressens, correspondent à des sentiments parfois inavoués. Par exemple, ma jalousie envers les mamans d’enfant rapprochés me ramène à ma première année difficile avec Poupette, m’empêchant totalement d’envisager une seconde grossesse aussi rapprochée.
    Et comme toi, je ne me sens pas très à l’aise dans des activités ou des domaines où je suis clairement loin de faire partie des meilleures.

    Mais voilà, j’ai moi aussi appris à vivre avec ce sentiment pas très généreux, en m’en protégeant (tout comme toi, j’essaie de me préserver, mis j’ai l’impression que j’y parviens moins bien….) et en compensant par ailleurs : j’essaie d’être toujours à l’écoute et serviable, dès que je m’en sens capable.

    J’espère que ma fille n’héritera pas de ce sentiment, et je compte bien sur son papa pour l’aider : tout comme Ulrich, Mister F. en est complètement dépourvu (et a d’ailleurs beaucoup de mal à me comprendre, dans ces moments-là).

    Merci pour cet article (et pour nos conversations antérieures à ce sujet), qui me permet de déculpabiliser et de voir à quel point ce sentiment inavouable est finalement assez humain.

    1. Merci à toi, tu m’as aussi permis grâce à nos discussions antérieures de réaliser que je n’étais pas un monstre, sans toi je ne sais pas si j’aurais réussi à publier cet article. C’est drôle parce que sur nos qualités aussi, nous semblons nous ressembler : je pense être également assez serviable et à l’écoute. En revanche je me demande : pourquoi tu penses que je sais davantage me préserver ?

      1. J’ai cette impression que, malgré ce que peut dire ou penser ton entourage, tu as souvent un avis tranché et argumenté sur les questions importantes, notamment concernant l’éducation de ton fils, là où moi j’ai tendance à me remettre immédiatement en question, avant d’essayer de me ressaisir et d’apprendre à me faire confiance.

        Mais peut-être que cette impression est fausse, et qu’elle correspond simplement à ce que je peux capter de toi à travers ton blog, notamment. Et on sait bien que la vie réelle n’est pas tout à fait la vie bloguesque ! 😉

        1. Non tu as raison je suis assez sûre de moi en général (et d’ailleurs en vrai il parait que je fais peur 😉 – enfin surtout au travail 😉 ). Cela dit j’avais compris que tu disais que j’arrivais mieux que toi à me protéger de l’envie et c’est cela dont je ne suis pas sûre car même si j’ai beaucoup beaucoup évolué c’est quand même un sentiment qui continue de me faire souffrir souvent.

  23. Merci pour cet article ! J’adoré tes confessions intimes !
    Paradoxalement je suis très mauvaise perdante donc je ne joue qu’aux jeux où j’ai une chance non négligeable de gagner. Les sports de raquettes par exemple je déteste ça parce que j’y suis trop nulle.
    Mais dans la vie, il m’arrive certainement d’envier les gens mais ça ne m’à jamais empêchée de me réjouir et de supporter les chanceuses (enfin je crois). Pour l’exemple bébé tu me fais même me demander si je suis vraiment prête parce que les grossesses poussent autour de moi et je trouve ça chouette. Limite je me réjouis que ce qui m’arrive ne soit qu’une exception et non la règle, sinon le monde serait bien triste…
    Je pense que ton papa avait raison et même si tu ne peux pas contrôler l’envie, tu peux certainement modéré ta réaction. C’est dommage de perdre des amis pour des histoires de timing 😉

    1. Tu m’as faite bien rire avec tes confessions de mauvaise joueuse 🙂 . Concernant le bébé, tant mieux si tu n’es pas morte de jalousie, finalement c’est une souffrance en moins, je ne suis pas sûre au fond que ça révèle vraiment quelque chose de ton envie profonde. Enfin je n’ai jamais vraiment perdu d’amis par envie heureusement. Je me suis peut-être mal exprimée, il y a eu des moments d’éloignement mais rien de plus.

  24. Comme Popie, je crois que c’est un trait humain assez courant (voire inévitable !) Tu l’es peut-être plus que d’autres mais voilà, on a tous des défauts 😉 (je suis intransigeante et pessimiste, c’est pas plus reluisant…) Au moins, tu en es consciente (bonus 1) et tu en tires des leçons utiles sur tes propres aspirations (bonus 2)
    On dit que « l’envie est un vilain défaut »… j’ai envie de dire « tous les défauts sont des vilains défauts ». Mais on en a tous alors autant en tirer parti, n’est-ce pas ? 😉

    1. Oui je suis d’accord avec toi ! D’ailleurs comme je l’ai dit à une autre lectrice je trouve dommage qu’en entretien d’embauche (c’est ton métier je crois 😉 ) on nous invite plutôt à masquer nos vrais défauts. Car finalement tout le monde en a et être lucide dessus c’est aussi un bon signe je crois.

  25. Tu l’as déjà dis je crois dans le commentaires, mais je suis souvent envieuse quand je ne vais pas bien.
    Lorsque mon boulot ne me convenait pas j’étais envieuse de tous ces gens qui avaient un boulot bien payé ou avec des vacances suffisantes ou tout simplement intéressant. La dessus, je n’envie plus personne.
    J’aimerai que l’on ait les moyens d’acheter, du coup j’envie un peu ceux qui le peuvent ou qui reçoivent de l’aide financière de leurs parents.
    Pendant ma période d’essais, j’ai détesté toutes ces annonces de grossesses alors que moi je ne pouvais pas concrétiser ce rêve, et la période des essais bébé est forcément une période où je me suis sentie envieuse à chaque nouvelle annonce.
    Je crois aussi que le fait d’avoir une soeur jumelle n’aide pas. On a forcément un élément de comparaison

    1. Je me suis demandée si le fait d’avoir une soeur avec laquelle j’ai souvent été comparée a aussi développé ce sentiment chez moi mais c’est difficile à dire. En tout cas je suis d’accord sur le fait que c’est une question de périodes de vie.

  26. Moi je me demande: est-ce que tu envies aussi les hommes, ou surtout les femmes? Et tu envies ce que les autres « ont » ou aussi ce qu’ils « sont »? (Moi j’envie parfois des traits de caractère, j’aimerais être plus posée, plus calme).

    1. Je n’envie que les femmes je crois, avec les hommes je me compare moins. Et j’envie finalement plutôt la « chance » : tomber sur le bon mec rapidement, tomber enceinte rapidement, ne pas avoir de gros soucis de famille etc.

  27. J’arrive après la bataille mais ton article a traîné dans mes onglets pendant pas mal de temps avant que je trouve 5 minutes pour me poser et le lire. Je trouve ce que tu as écrit très courageux et très mature. Tu arrives à avoir un regard très objectif sur toi-même et je trouve ça admirable. Moi je pense que je suis de bien trop mauvaise foi pour ça : je suis parfaite!^^ (bon ok… Même moi je n’y crois pas mais j’avoue avoir beaucoup de mal à accepter mes défauts (qui sont nombreux, enfin il paraît…). Alors pour le coup c’est moi qui t’envie d’être suffisamment à l’aise avec toi-même pour t’accepter telle que tu es.

    1. Oh ben alors c’est l’arroseur arrosé 🙂 . C’est vrai que je connais assez bien mes défauts et tu as raison c’est sans doute une force. Cependant ça ne veut pas dire pour autant que j’arrive toujours à les corriger 😉 .

  28. L’envie, vaste sujet… Je dirais que ce n’est pas quelquechose qui me caractérisait forcément. Avant. Depuis la naissance de mon fils, j’avoue que c’est quelquechose qui me mine régulièrement. J’envie les autres, j’envie leur monde sans handicap, j’envie la « vie facile » qu’ils me renvoient. J’ai beau savoir que ce n’est qu’une projection, une vision biaisée, je ne peux m’en empêcher. Je me suis beaucoup déconnectée de mes amis du coup, et je rame pour retrouver notre connexion d’avant. La réalité, c’est que même si ça « va mieux », si je vais mieux, je donnerais tout pour vivre ma vie sans cette épreuve et que c’est une idée qui ne quitte jamais ma tête. Même si je fais des efforts pour me raisonner, ça reste difficile, principalement car j’envie leur vie, tout simplement, et tout me semble plus dur pour moi. Difficile d’avoir des relations sereines dans ce cas… Mais je cherche des solutions, et j’aimerais revivre ma vie sans cette « envie » qui me bouffe !

    1. Ce sentiment d’envie est forcément exacerbé face au malheur et plus encore face à la grande injustice de la vie. Quand on n’est pas du bon côté on se demande : « Pourquoi moi ? » et on en veut au monde entier. Je crois que c’est normal et dans ton cas je ne vois aucune raison du culpabiliser. Ma soeur m’a toujours dit que le fait d’avoir plusieurs enfants avait apaisé beaucoup de choses. Car cela lui avait permis de goûter aussi un peu de « normalité ». J’espère vraiment que l’agrandissement à venir de ta famille te permettra de trouver cet apaisement.

  29. Oh lala! J’aurais pu écrire quasiment la même chose! Jusqu’au bout de ton texte! Sauf que je ne crois pas que j’aurais ton courage (il y a trop de mes proches qui lisent mon blog)!
    Si ça peut te « rassurer », maintenant, que nous sommes « au complet » (on voulait 2 enfants, on les a, on se sent au complet en tant que famille), j’ai de moins en moins ce sentiment d’envie… Je crois que j’apprends à être heureuse de ce que j’ai, et à relativiser! Oui, intel gagne vachement mieux sa vie, machin a eu beaucoup de bol pour acheter sa maison, truc a fait un voyage de fou… Mais au fond, moi, je suis très bien dans ma vie, et j’ai toutes les raisons d’être heureuse, si j’arrête de me bouffer la tête pour rien!

    1. Je pense aussi que, quand j’aurais atteint tous mes objectifs de vie (ou aurais accepté de ne pas les avoir atteints 😉 ) cela s’apaisera aussi. Ma période la plus « envieuse » était aussi, évidemment, celle où j’étais la moins épanouie. En tout cas merci de me rassurer je vois que je ne suis pas la seule 😉

  30. Bon, s’il y a un sentiment que je ne connais pas, c’est bien celui-là. Peut-être est-ce dû à nos histoires respectives ? En tout cas, je me suis toujours réjouie pour les autres et, surtout, j’ai toujours été honnête avec moi-même… et les autres ! Du coup, lorsque je trouve un truc vraiment dingue, je le dis « oh là là, t’as trop de chance ! » ce n’est pas de l’envie, c’est un constat. Or, en général, quand tu ouvres ce type de discussion, on te sert l’envers du décor. En plus, je suis contre la « ressasse attitude » car j’ai constaté ses conséquences néfastes toute mon enfance avec mon père. Du coup, je regrette des choses mais je n’en fais pas une maladie. Je me raisonne très vite, après tout, on n’est pas maître de tout et il faut savoir l’accepter (dur dur parfois 😉 ).
    Toutefois, je trouve effectivement ce sentiment très destructeur, en particulier pour toi. C’est plutôt bien que tu saches identifier pourquoi finalement tu as ce sentiment et je me demande si du coup tu en restes réellement à un « simple » sentiment d’envie. Je comprends cet adjectif plutôt comme quelqu’un qui envie bêtement la vie ou un truc de quelqu’un d’autre, sans prendre en compte qu’il existe un envers du décor et surtout sans s’apercevoir que c’est le reflet de sa propre histoire. Ce n’est pas ton cas. Je trouve dommage que tu sentes le besoin de t’éloigner car cela signifie que tu es vraiment touchée. C’est plutôt sur cet aspect que je travaillerais à ta place (si tu permets 🙂 ) et non pas forcément sur les causes elle-même de cette envie à un moment donné. Je suis réellement alertée de lire que tu en arrives là.

    1. Merci pour ton commentaire, tu as raison finalement c’est sans doute sur ce risque d’éloignement que je dois travailler en premier. En ce moment je suis dans une phase plutôt heureuse de ma vie alors mes envies sont limitées mais j’y repenserai la prochaine fois qu’une telle envie repointe le bout de son nez !

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