Je suis contre la fessée

Je suis contre la fessée

A l’origine je voulais vous parler ce soir de mes grandes lignes directrices en matière d’éducation. Cela fait un peu pompeux dit comme ça mais je me suis aperçue que je ne l’avais jamais fait encore, vous décrire quelle maman je voulais être. J’avais envie de réfléchir sur ce sujet également, puisque c’est évidemment un domaine où je tâtonne encore.

Et puis finalement comme souvent j’ai trouvé de la matière pour écrire au moins deux articles. Alors pour ne pas vous écraser sous un flot de paroles, j’ai décidé de m’arrêter aujourd’hui sur mon premier principe. Je ne sais pas s’il est le plus important, il est en tout cas pour moi le plus évident : je refuse d’avoir recours à la fessée ou à quelconque châtiment corporel pour éduquer mon enfant.

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Avant de devenir maman il y avait très peu de sujets sur lesquels j’avais déjà une opinion arrêtée mais celui-ci en faisait partie. Il était très clair pour moi que je souhaitais éviter à tout prix de frapper mes enfants. Je n’ai pas eu besoin d’en débattre avec mon mari : nous habitons un pays qui a abandonné ce type de pratiques depuis déjà une bonne génération, et l’a même interdit dans ses lois.

Je sais cependant qu’en France, le sujet continue de faire parler. La fessée a encore des adeptes, et sur la blogosphère comme en vacances, je les côtoie de près. Je ne souhaite sincèrement pas leur manquer de respect mais j’ai envie de leur exposer mes convictions. Qui sait, je réussirai peut-être à faire changer d’avis quelques uns !

Pour commencer je souhaiterais vous expliquer comment mon chemin personnel m’a amenée à remettre en cause cette pratique.

Enfant, j’ai moi-même reçu des fessées ou des tapes sur la main. Elles ne m’ont pas traumatisées durablement, c’est vrai, elles ne m’ont pas même fait douter de l’amour de mes parents. Je me souviens en revanche que j’éprouvais une haine profonde au moment de les recevoir et les vivais comme une grande humiliation.
Plus tard, je n’ai jamais été convaincue par les fessées que j’ai vu donner dans mon entourage. J’ai au contraire toujours trouvé ces images dérangeantes. J’observais systématiquement ce même scénario : un parent excédé, dépassé par la situation, puis un enfant hurlant de colère et de ressentiment.
Enfin, j’ai eu le déclic de façon un peu surprenante. Comme je vous l’ai déjà raconté, j’ai eu un chien extraordinaire, avec lequel j’intervenais en établissement de soins. J’avais dû l’éduquer spécialement pour cela, et reçu une formation en éthologie. Je me souviens très bien du jour où la spécialiste nous a expliqué à quel point frapper un animal en vue de l’éduquer était contre-productif. Un chien suit son maître parce que son autorité s’impose à lui presque naturellement. Les coups, c’est un signe de perte de contrôle : ils vous font chuter automatiquement dans son estime canine. Cela m’a alors semblé évident : je suis persuadée qu’il en est de même – a fortiori – avec des enfants.

Cette réflexion personnelle a été alimentée par des lectures sur le sujet.

Je suis notamment sensible à l’argument du contre-exemple : comment expliquer à son enfant qu’on s’autorise avec lui un acte qu’on lui interdit par ailleurs et que nous nous interdisons nous-mêmes avec l’ensemble des autres personnes que nous fréquentons ? J’ai tendance à penser qu’en tant que parent, je dois viser dans la mesure du possible un comportement que j’estime exemplaire, ou au moins cohérent.
J’ai par ailleurs pour ambition d’apprendre à mon fils à prendre soin de son corps : je considère qu’il est son capital le plus précieux. Or, le frapper reviendrait à mes yeux à ne pas respecter son intégrité physique, cet espèce de respect premier que je lui dois.

J’aimerais maintenant opposer quelques arguments à ceux qui défendent la fessée et ce type de pratiques.

J’ai déjà entendu : « Mais la nouvelle génération ne respecte déjà plus rien, n’a aucune valeur !». Je perçois une peur : celle qu’une éducation non-autoritaire, sans fessée, pourrait favoriser le désordre et l’impolitesse des enfants à venir. Personnellement je ne suis pas du tout convaincue que notre génération soit pire que les précédentes : je la pense même au contraire par exemple plus tolérante. Par ailleurs j’ai devant moi une génération entière d’allemands qui n’a jamais été frappée : mon mari, mes collègues… Je peux vous assurer qu’ils ne sont pas plus mal élevés que mes proches français.
J’ai déjà entendu également que la fessée serait un dernier recours, une façon de marquer un désaccord très important. Je pense que chaque couple de parents peut instituer sa propre gradation de mécontentement. Pour le moment, le fait d’isoler Pierre quelques minutes dans sa chambre est la pire punition qu’il connaisse. Et cela suffit largement à « marquer le coup » de temps en temps. Par ailleurs, je me demande alors comment ces parents procèderont plus tard, quand la fessée ne sera plus d’actualité. Comment réagiront-ils quand ils découvriront que leur adolescent est rentré en voiture et alcoolisé ? Je préfère essayer de réfléchir maintenant à d’autres moyens qu’une tape pour faire comprendre à mon enfant la gravité potentielle de ses actes.

Voilà toutes les raisons qui font que, tout en haut de mes principes éducatifs, il y a celui de ne pas frapper mon enfant. Je ne voudrais pas vous paraître prétentieuse : peut-être qu’un jour il m’arrivera de perdre totalement le contrôle, de le frapper parce que je n’ai plus aucun recours – et parce que j’y ai été malheureusement habituée. Mais je n’invoquerai pas alors un quelconque intérêt éducatif. Je considèrerai cet acte pour ce qu’il a été : un malheureux dérapage. Et je pense que je m’en excuserai.

Et vous, la fessée, vous en pensez quoi ? Ai-je par hasard réussi à vous faire changer d’avis ? Avez-vous d’autres arguments à m’opposer, ou à m’apporter ?

91 réactions au sujet de « Je suis contre la fessée »

  1. Perso je suis de ton avis. Ça m’est arrivé excèdé de donner une tape sur la main de Princesse mais comme tu dit c’est pas principe éducatif. Mais plus un dérapage.
    Maintenant qu’elle est plus grande je fait attention !

  2. J’ai déjà donné des fessées à Chucky. Pas souvent, mais la dernière date de quelques semaines seulement.
    Ton article a raison en tous points et a effectivement fini de me convaincre, même si j’en étais déjà convaincue auparavant.
    Comme toi, j’ai reçu des fessées, dans la crainte d’une mère très aimante mais très autoritaire.
    Je les ai mal vécues, je les ai craintes aussi. C’est pourquoi, comme toi je m’étais promis de ne jamais en donner à mes enfants.
    Sauf que je n’ai pas réussi et je n’en suis pas fière.
    Je n’ai pas d’excuses. Je suis quelqu’un de très nerveux. Chucky est difficile, mais il y a d’autres enfants comme lui je pense.
    Quand je lui donne une fessée, c’est justement que je l’ai puni dans sa chambre et qu’il ne l’accepte pas. Il se met généralement à donner des coups de pieds dans la porte.
    C’est à ce moment que je perds le contrôle et que je cède moi-même à la violence.
    Mais je n’abandonne pas et je me suis promis de ne jamais le faire avec ma fille et d’abandonner cette pratique avec mon fils.

    1. Je suis très touchée par ton témoignage et désolée si j’ai ravivé un souvenir récent difficile. Notre rôle est difficile car nous devons changer un comportement dont nous avons hérité. Mais tu as raison de ne pas abandonner ! Je ne suis pas parfaite il m’est déjà arrivé aussi de « déraper » dans un autre registre (par exemple le forcer à manger). Je pense que le principal c’est de chercher des solutions pour éviter que cela se reproduise (de mon côté j’avais écrit un article sur le sujet en demandant des idées, ça aide souvent !).

  3. Chéri-chéri et moi nous avons eu, depuis quelques temps une grande réflexion autour de la fessée, et nous continuons d’ailleurs de nous concerter afin de faire avancer nos pratiques éducatives. Autant je ne pense pas que la fessée soit éducative, autant, il m’est arrivé (très rarement… n’appelle pas la DASS) de l’utiliser. Peut être est-ce une faiblesse de notre part, peut être nous le reprochera-t-elle? Qui sait? En tous cas, une chose est sûr, notre souhait, à tous les deux, c’est de n’avoir jamais à s’en servir…

    1. En fait bizarrement je ne le reproche pas vraiment à mes parents et comme je l’ai écrit je ne pense pas d’ailleurs que les fessées aient forcément de « graves » conséquences.
      En revanche je pense que c’est inefficace voire contre-productif comme mode d’éducation… C’est ce que j’ai essayé d’expliquer.

  4. Dans l’idée, je suis contre aussi et convaincu qu’une alternative est possible … de là, à dire que je ne taperais jamais, je ne serai pas aussi sûre de moi …
    D’autant plus que le Breton n’est pas sur la même longueur d’onde …

    1. J’ai aussi dit que je n’étais pas sûre d’y arriver 🙂 . Mais disons que j’aimerais car je ne suis pas pour… Bien évidemment c’est plus facile pour moi dont le mari (et le pays !) est déjà convaincu. Est ce que tu pourrais imaginer faire lire mon article au breton ?

      1. Hum … je n’arrive déjà pas à lui faire lire des ouvrages de spécialistes … pour lui, ce sont des foutaises …
        Donc, j’espère réussir à le modérer et que nos enfants, eux réussissent à s’en passer

  5. Je ressens exactement le même principe, la base. Jamais je n’aurais pu user de la moindre violence. Et si je comprends tout à fait qu’on puisse perdre pied et donner une tape sans pour autant que cela soit préjudiciable, j’ai eu la chance d’avoir pu agir autrement.
    Tout d’abord, je dormais tout ce dont j’avais besoin et c’est, je crois, une donnée essentielle. On agit plus sereinement lorsqu’on n’est pas fatigué. Et tout le monde n’a pas cette chance.
    Ensuite, je n’avais pas de grands objectifs. Inutile de demander à son fils de s’habiller en deux minutes et j’avais le temps de leur laisser du temps. Comment faire pour attendre que son enfant se calme lorsqu’il ne reste que deux minutes avant la fermeture de la crèche, du supermarché, lorsqu’il faut courir au travail. Et ces impératifs, on n’y peut rien. On ne rêve pas toutes d’être « mère au foyer » (terrible ce terme).
    Et parfois, on se trouve complètement démuni et on sait qu’il faut crier stop. Alors, chacun fait ce qu’il peut pour marquer la limite.
    Chez nous, on comptait jusqu’à 3 et si le 3 résonnait, c’était le coin (même qd il n’y en avait pas). Les ordres (parce que je n’ai pas encore réussi à ce que la petite de deux ans comprennent l’utilité d’essuyer ses pieds, ou mettre un manteau, ou même manger des épinards avant le gâteau au chocolat), donc il y a des ordres, n’étaient jamais crié mais toujours dit à côté d’eux et avec certitude.Les félicitations étaient fréquentes. Les mises au coin ne me culpabilisaient jamais. Non, on ne hurle pas « j’veux un bonbon quand il est l’heure de se coucher ». Et je me disais qu’une crise, un « test » comme on dit souvent avait une raison d’être. Alors qu’il hurle mais cela n’influeera pas la décision prise.
    Aujourd’hui les enfants sont grands et n’ont jamais connu la fessée. Cela ne les a ni rendus odieux ni sans doute meilleurs. C’est finalement surtout moi que ça soulage, d’avoir pu vivre dans une certaine sérénité.

    1. C’est très intéressant d’avoir le témoignage d’un parent qui a réussi à faire sans ! Je suis notamment d’accord avec le fait que c’est plus facile quand le quotidien n’est pas déjà trop stressant, qu’on dort suffisamment etc. Et aussi avec le fait que faire sans est aussi (voire surtout) un soulagement pour le parent.

  6. Je suis de façon totale en accord avec ton article! La fessée et tout châtiment corporel quel qu’il soit est acceptée dans notre société (en France j’entends surtout) de façon totalement irrationnelle et fait appel à un inconscient conditionné par un passé marqué. On nous interdit de frapper un adulte, quelqu’un qui nous est inconnu ou même quelqu’un que nous détestons, nous n’avons pas non plus le droit de frapper un enfant qui n’est pas le notre, mais on nous autorise à frapper notre enfant, la chair de notre chair, l’être que nous aimons le plus au monde? N’est ce pas tout simplement irrationnel?

    1. C’est en effet de mon point de vue difficilement justifiable rationnellement. A voir si certains en commentaires trouvent de bons arguments à nous opposer 🙂 .

  7. La fessée, je suis contre aussi. Malheureusement, il m’est aussi arrivé d’en donner à P. Je n’en suis vraiment pas fière et je te confirme que c’est tout à fait inutile et contre-productif A part voir la peur dans les yeux de ton enfant, ça n’amène à rien. Crier m’est tout aussi insupportable et pourtant, j’ai l’impression de ne faire que ça ! Le pire, c’est que c’est une spirale : tu cries quelques fois et ton gamin ne réagit que comme ça … Bref, je suis en pleine remise en question pour mieux faire. Pourtant, à la base, je suis quelqu’un de plutôt zen. Mais c’est vraiment un petit diable

    1. Je veux absolument commenter ton dernier article mais je n’ai pas encore trouvé le temps… Je dois reconnaître que pour le moment j’ai de la chance, Pierre est de toute façon assez facile. C’est forcément plus difficile quand on est à bout (et qu’on a deux enfants). J’espère que chez vous les choses s’apaiseront bientôt !

  8. Étant encore nullipare, c’est facile pour moi d’être 100% d’accord avec toi, puisque je n’ai à l’être que sur le principe – même si j’ai gardé beaucoup d’enfants, y compris pendant plusieurs jours, je n’ai pas la patience érodée d’un parent à temps plein que son enfant teste en permanence.
    Mais je suis 100% d’accord avec toi. Le châtiment corporel n’était pas du tout en usage dans ma famille, mais j’ai le souvenir d’une claque partie toute seule un jour où, préado, j’avais craché sur ma sœur (!). Ce geste unique, j’imagine que mon père l’a regretté. De mon côté, je ne l’ai pas pris comme un paradoxe (un manque de respect face à un manque de respect) mais comme un signe que j’avais touché qqch de tellement grave (le respect justement) que mon père si posé était sorti de lui. Tout ça pour dire si ça dérape un jour, je suis persuadée qu’il faut l’expliquer à l’enfant, demander pardon, mais ne pas non plus s’accabler de culpabilité.
    Je connais une famille où ça tape, et comme tu dis les enfants sont beaucoup moins à même de comprendre qu’ils ne doivent pas se frapper entre eux. En plus, ça entretient un climat de tension, de violence et de peur (le terrible décompte 1… 2… et l’enfant qui se met à hurler NON NON NON, cette terreur dans sa voix me brise le coeur) Quant à l’escalade, elle existe bel et bien chez eux : la fessée est devenue assez ordinaire, il y a même eu une ou deux « douches froides » pour calmer l’enfant.
    J’imagine combien ce témoignage peut paraître horrifiant, dit comme ça on a vraiment envie d’appeler la DDASS, et s’il n’est pas question pour moi de demander à placer les enfants, je suis persuadée que cette famille a besoin d’aide car toutes les relations sont déformées par cette violence potentielle permanente.
    J’ai été très touchée par le film sur la Suède, ils y disaient : on ne tolèrerait pas que ce soit fait sur un adulte, pourquoi le faire sur un enfant ? La question de la posture de la société sur le sujet me semble cruciale et compliquée, elle touche à l’ingérence dans l’éducation dont les limites sont bien complexes – j’ai pensé à ce sujet ce matin, ton article me conforte dans l’idée d’écrire là dessus très bientôt.
    Merci en tout cas de mettre le sujet sur le tapis, et désolée pour le pavé.

    1. Oh la la j’ai lu ton commentaire en pleine nuit suite à un réveil de Pierre et ensuite je ne pouvais plus me rendormir. Je dois dire que c’est quelque chose qui me touche beaucoup ce genre de phénomènes. C’est justement ce pour quoi je suis contre. J’espère vraiment qu’en France aussi bientôt cela deviendra un comportement marginal – et sur ce sujet je suis pour une ingérence de la société – d’ailleurs j’avais écrit pour DMT un article sur les services sociaux allemands qui en parlait.

  9. À la base j’étais pour parce que j’en ai reçu plein mais dans un cadre non énervé où ma maman prenait le temps d’expliquer le pourquoi du comment et je trouvais le châtiment justifié et presque mérité. J’aimais bien l’idée de « à chaque action correspond une réaction proportionnelle « .
    Et puis j’ai rencontré mon mari qui est comme toi, et maintenant je me dis qu’on va essayer de faire sans. Mais ma seule vraie limite c’est de ne pas taper en colère.

    1. C’est intéressant car jusqu’ici j’associais presque systématiquement fessée et colère. Du coup j’ai du mal à imaginer ce que ça donne concrètement. Cela dit je trouve qu’à froid il devrait être encore plus facile de trouver une punition alternative.

  10. Je suis aussi contre la fessée alors que j’ai reçu quelques rares gifles et fessées quand j’étais petite. En fait je ne m’imagine pas du tout taper mon fils en cas de gros conflit, mais peut-être que ça finira par arriver ? Je suis inscrite sur Facebook à des groupes d’éducation bienveillante et de lire tous les jours des articles disant que c’est possible d’éduquer sans violence et donnant des solutions, c’est rassurant ! Quant à mon mari, il est loin d’être convaincu… A moi de réussir à prouver qu’on peut faire autrement.

    1. Le fait d’évoluer dans un environnement où la fessée n’est jamais considérée comme une alternative est évidemment facilitateur pour moi. En tout cas je suis sûre qu’on peut y arriver !

  11. Je suis tout à fait de ton avis.
    Mes enfants ne recevront jamais de fessees ou autre tape.
    Je n’en comprend pas l’intérêt, cest tellement dégradant et humiliant et honnêtement j’en aurai même pas le courage. Je ne vois pas et ne comprend pas quelle situation peut mériter un tel acte.
    Pour l’instant hormis les petites crises de colère lorsqu’il n’a pas ce qu’il veut on a pas encore eu à faire face à des situations de « punition ». On le laisse faire son boudin et ça passe tout seul.
    On verra plus tard comment on réagira fasse à d’autres situation mais une chose est sûre la reponse ne sera jamais la fessee !

    1. Je suis contente de voir que tu es déjà convaincue 🙂 . Ici aussi pour le moment le simple fait de l’ignorer ou de l’isoler un peu suffit.

  12. Au début, je le suis dis qu’il y allait avoir débat avec ce que je pense. Et puis en fait non 🙂
    Globalement, je suis tout à fait d’accord avec toi et tu m’as donné quelques pistes de réflexion. Si j’ai recu des fessées dans ma jeunesse je ne m’en souviens pas. Je me rappelle juste la claque que j’ai prise à 15 ans par mon père et que j’estime encore aujourd’hui avoir très largement méritée. Mais comme tu vois j’étais déjà presque adulte et j’ai pu faire la part des choses.
    Je vais revenir sur ce que tu dis concernant notre génération, je suis d’accord avec toi je la trouve plus respectueuse dans l’ensemble, mais ce qui me fait peur c’est la génération suivante de la nôtre et celle que nous allons engendrer. Comme je le disais sur DMT et à Louna, je vois malheureusement trop de personne dans mon entourage qui sous couvert de bienveillance et de respect de l’enfant, ne punissent jamais leur enfant (et quand je dis punir, isoler l’enfant me paraît déjà une punition suffisante la majorité des fois). Et quand ces enfants grandissent, cela ne va pas vraiment en s’arrangeant pour moi. Et cela me fait un peu peur quand je vois ça au parc notamment. Parce que si déjà à 4-5 ans c’est normal que les enfants se comportent mal avec leurs parents ou les autres enfants, qu’est ce que cela sera les excuses quand ils auront 15 ans. Je n’ai pas de réponse, mais j’estime que la fermeté et la sévérité bien dosée quand il le faut ne vont pas à l’encontre d’une éducation dans le respect de l’enfant et dans l’amour de ses parents. En tous les cas moi j’aime les miens d’un amour inconditionnel

    1. Je me demande bien ce que tu as pu faire à 15 ans 😉 . Pour le reste il faut vraiment comprendre que éducation sans fessée ne veut pas dire pas d’éducation ! D’ailleurs pour reprendre mon exemple canin je ne frappais pas ma chienne mais elle était super bien éduquée !

      1. Une méga insolence (ce qui tu l’imagines ne me ressemble pas trop, ce qui explique cette unique entorse de mon papa qui plus est).
        Oui je suis d’accord avec toi, l’absence de punitions (dans leur globalité) ne veut pas dire absence d’éducation. Mais je crois qu’il serait bien que les gens s’en rendent compte. Des deux côtés
        Je discute souvent avec une amie professeur des écoles et petite section, et elle fait le même constat que moi, certains parents ont oublié ce que signifier éduquer un enfants et préfère déléguer cette tâche aux autres (notamment l’éducation nationale, qui n’a pas le rôle d’éduquer au sens où ses parents l’entendent mais d’apporter les connaissances).
        J’ai ne sais pas si je serais capable de frapper mes enfants. Je’n doute un peu mais sur un coup de sang, on ne sait jamais.

  13. Encore un super article avec lequel je me sens complètement en phase!
    Pas de fessée ni châtiments corporels chez moi non plus bien que j’en ai reçu ma dose enfant. Moi non plus je n’en veux pas particulièrement à mes parents par contre en effet au moment des faits je ressentais une immense haine et injustice !
    Je sais combien c’est difficile quand notre enfant nous pousse à bout, je suis parfois tentée mais pour le moment j’ai toujours contrôlé ces pulsions négatives qui m’envahissent. Je sais que c’est par ce que j’ai été élevée comme cela et que dans c’est cas la il faut que je fasse appel au côté rationnel en moi. Heureusement mon mari partage mon point de vue c’est plus simple !
    Ce qui me fait peur c’est l’entourage : et si quelqu’un un jour donnait une fessée à ma fille? (Comme vu que un autre blog…) je crois que je serait folle de rage!

    1. Je pense que si quelqu’un frappait mon enfant je sortirais totalement de mes gongs ! Mais je ne peux même pas imaginer que ça se produise en fait, avec le temps même les grands-parents (de mon côté) sont devenus plus cools.

      1. J’en profite pour te demander quelles sont les manières de faire des allemands sur la punition ? Mettent -ils facilement les enfants au coin, punis pour une bêtise ou sont-ils plus dans l’explication et le fait de trouver une solution ensemble sans forcément sanctionner ? Ça m’intéresse d’autant plus que tu dis que la génération de jeunes allemands n’est pas pour autant mal élevée. …(Mais c’est peut être l’objet d’un prochain article ? )

        1. Ce ne sera pas l’objet d’un premier article car je ne suis pas sûre de pouvoir poser la question à mes collègues 🙂 (ils risquent de me trouver bizarre…). En revanche j’ai posé la question à mon mari et chez lui (dans son souvenir) il n’y avait pas vraiment de punition mais plutôt une « dispute » avec un peu de cris d’abord parfois puis des explications.

          1. Merci de ta réponse, cela alimente ma réflexion car je suis aussi de plus en plus contre les « punitions  » et notamment le « coin  » ou « piquet » que je trouve très humiliant. Mais autour de moi on s’insurge « comment compte tu te faire obéir sans punir? » « N’as tu pas peur qu’elle devienne une adulte sans aucune limites? ». Alors si je vois bien que ma façon de faire fonctionne pour le moment c’est vrai que je n’ai aucune garantie sur l’avenir. .. et pourtant au fond de moi je suis persuadée qu’on doit pouvoir éduquer sans punir. .. (merci Thomas Gordon …)

  14. J’ai le même raisonnement que toi, par rapport au respect du corps et de l’autre. On demande de ne pas taper, pourquoi le faire sur notre enfant.
    Je trouve que la tape ou la fessée n’est pas très productive, mais très humiliante. Ce n’est pas cela qui va aider à faire comprendre à nos enfants à ne pas transgresser les règles et les codes qu’on essaye de leur apprendre dès tout petit. Mais une punition (moi quand j’étais enfant c’était d’écrire une lettre d’excuse), permet de le faire réfléchir sur son comportement.
    Mais ce que je peux remarquer, et tu en as fait la remarque aussi (ainsi que certains commentaires), la fessée et la petite tape sur la main arrive souvent quand le parent est excédé. C’est arrivé aussi à mes parents, qui sont pour la non violence. Car oui, nos enfants sont bien mignons (je crois que je n’étais pas très facile étant enfant, mais mignonne quand même !!), mais parfois on ne sait plus quoi faire. Alors oui, je suis contre la fessée, mais peut-être déraperais-je si Miss E va trop loin et que je me retrouve démunie. J’espère de tout coeur que j’en arriverai pas là.

    1. Tout pareil pour moi 🙂 . Je ne peux bien sûr pas promettre que je ne le ferai jamais mais je m’engage vraiment à l’éviter à tout prix !

  15. Je suis convaincue que la fessée est contre-productif ! Je crois avoir déjà réagit à ce sujet sur d’autres blogs, car c’est un sujet qui me tient à cœur…
    J’ai reçu des fessées et des tapes enfant et j’ai le souvenir d’avoir eu peur de ma mère. Mais en y réfléchissant, je pense qu’elle ne connaissait pas d’autres moyens de réagir, qu’elle était un peu désemparée… Elle a évolué, puisque la dernière de la fratrie n’en a quasiment jamais eu.
    Je me suis promis de ne jamais en donner à mes enfants. Après, je sais qu’il est facile de dire jamais… Par contre, avec mon mari nous en avons discuté. Il a eu une éducation assez différente de la mienne et nous sommes d’accord que la fessée ne doit pas être un principe éducatif. Un dérapage peut arriver, mais je suis convaincue de la contre-productivité du geste !
    Étant quelqu’un de nerveuse, je sais qu’il faudra que je sois vigilante sur cet aspect, mais je commence à lire des ouvrages et les clés données me paraissent assez logique, donc il est possible que je tienne le bon bout !

    1. On trouve vraiment de nos jours je trouve des ouvrages super bien faits qui donnent des clés pour gérer les situations délicates. Moi aussi, ces lectures m’aident beaucoup !

  16. Comme toi j’ai eu des fessées dans ma jeunesse mais pas beaucoup et cela ne m’a pas du tout affectée. Je suis assez neutre sur le sujet (je ne juge pas les parents qui le font ou non) mais je ne trouve pas que cela soit la solution pour se faire obéir. Je préfère de très loin faire comme à la crèche du choupi et l’isoler dans sa chambre quand il s’énerve et fait une crise. D’ailleurs je pense qu’il a pris très facilement cette habitude parce que de lui même quand il n’est pas content ou frustré, il part bouder dans sa chambre.

    1. Je pense que le fait qu’elle soit inefficace est sans doute le meilleur argument « contre » la fessée. Après, même si je considère aussi qu’il y a plus grave et que je n’en ai pas été traumatisée je continue quand même de penser que c’est dommage qu’elle soit encore autant utilisée en France.

  17. Cela fait aussi partie de mes grands principes. Pour l’instant je m’y tiens sans grande difficulté. Cela fut sujet de nombreux débats avec mon mari, il n’est pas autant convaincu que moi que cela ne doit pas arriver mais pour l’instant il ne lui vient pas à l’idée / émotion de lui donner une fessée ou taper les mains (et encore moins une claque) pour obtenir le respect d’une consigne ou corriger un comportement inadapté. 🙂

    1. J’ai l’impression que souvent (dans les commentaires en tout cas) les maris sont moins convaincus… Ici c’est l’inverse (la fessée choque encore plus mon mari que moi) mais cela est sans doute dû à notre « mixité ».

  18. Merci pour cet article avec lequel je suis entièrement d’accord ! J’ai moi aussi reçu des fessées lorsque j’étais enfant. Je ne crois pas avoir été traumatisée par cela, en revanche, je n’en garde pas en souvenir très agréable. Comme tu le dis, la « violence » envers un enfant est difficilement explicable alors qu’on ne souhaite pas que lui même tape ses petits camarades ou bien même ses parents. Il m’est arrivé peut être 2 fois en 2 ans de donner une tape sur les fesses de mon fils, mais comme tu le dis si bien, il s’agit malheureusement d’un dérapage et je m’en suis vraiment voulu. J’aimerais à présent pouvoir convaincre les grands-parents de mon fils qui, je pense, sont plus axé sur les principes d’antan (je parle de mes beaux-parents), sur le « l’enfant crie donc je crie plus fort », « l’enfant fait une bêtise donc je le punie sévèrement voire lui donne une fessée… ». Bref…n’oublions pas que ce sont les parents qui décident de l’éducation de leurs enfants 🙂

    1. J’ai de la chance car chez nous les grands-parents sont soit déjà convaincus soit trop réservés pour s’en mêler. J’espère que tu réussiras de ton côté à les convaincre !

  19. Coucou je suis une adepte de la fessée jetée moi des tomates pourries xD Non sans rire adepte est un peu exagéré, mais je la pratique qu’en dernier recours, avant je préfère la mettre au coin, l’isoler dans sa chambre. Par quand elle nous tape, elle se prend une tape sur les fesses, (car j’ai tendance à penser qu’il y a une marge entre la fessée qui fait mal et la petite tape sur les fesses histoire de marquer le coup) et après elle va se calmer dans sa chambre. Pour le coup de la voiture alcoolisé, biensûr qu’on va lui mettre une fessée, on trouvera bien quelque chose pour que ça lui serve de leçon…
    Pour le coup du contre exemple il y a plein de chose qu’on fait qu’on interdit de faire à nos enfants : se coucher tard, grignoter, boire de l’alcool…. c’est la différence même entre un enfant et un adulte.
    En revanche je suis désolé tu ne m’as pas fait changer d’avis mdr mais c’est parce que je suis plus têtue d’un troupeau de mule réunis (ça se dit ??)
    Bon je prônent pas la fessée, mais je suis juste pas contre 🙂

    1. C’est courageux de ta part de le dire ouvertement. C’est vrai qu’il y a certaines choses qu’on interdit à nos enfants et pas à nous-mêmes cela dit dans mon cas je ne vois pas d’autre exemple que l’alcool et l’heure du coucher et il y a une raison rationnelle et simple : c’est parce que leur corps est différent du notre et ne supporterait pas comme nous l’alcool ou se coucher à 23h. Concernant les frappes je ne trouve pas de raison rationnelle évidente pour nous l’autoriser.

  20. J’ai abordé le sujet récemment sur le blog. Je suis d’accord avec toi. Je ne frapperais jamais ma fille et jusqu’à présent, sa plus grosse punition a été d’aller se calmer au coin. Mais chaque enfant réagit différemment et peut-être me reprochera-t-elle un jour de l’avoir mise au coin, qui sait comment elle le vit ? C’est peut-être pour elle une sorte d’humiliation aussi… C’est difficile de trouver le juste milieu, surtout quand les enfants sont petits et aussi parce qu’ils réagissent tous différemment… Je pense qu’il faut essayer au maximum de communiquer avec son enfant, de le mettre en situation et de lui donner des exemples concrets. Malheureusement ça ne suffit pas toujours. C’est toute la complexité d’être parent !

    1. Je suis d’accord avec toi sur la complexité de la tâche ! S’interdire la fessée n’est qu’un élément parmi d’autres pour y arriver, peut-être même pas le plus important d’ailleurs.

  21. je suis absolument d’accord avec tous tes arguments ! du point de vue de la petite fille, je n’ai jamais eu de fessée. pourtant mes parents n’étaient pas des avant-gardistes, loin de là ! en fait j’étais plutôt sage et réservée. Il suffisait que mon père hausse le ton pour que je flippe… et ma mère était trop gentille sans doute. du point de vue de la mère, j’y ai eu recours malheureusement. et la seule chose qui en ressort, c’est que je l’ai fait parce que je n’en pouvais plus. je me suis « soulagée » mais ça n’a rien résolu… du coup maintenant quand ça déborde , je sors de la pièce. vu qu’ils sont grands, ça a de l’impact..

    1. Je comprends que parfois on en puisse plus et si je n’ai jamais donné de fessée il m’est déjà aussi arrivé de « déraper » malheureusement (cris etc.). Mais je trouve qu’il est différent de se dire : « Oups j’ai été trop loin » que de revendiquer la fessée ou les tapes comme mode d’éducation.

  22. Mes parents ne m’ont jamais donné la fessée, mais à certaines de mes soeurs qui étaient plus difficiles, oui. Mes parents l’ont expliqué en disant:  » Quand les mots n’ont pas suffit, une tape explique que ça suffit, que les limites ont été dépassées ». Evidemment, ce n’était jamais des fessées douloureuses, c’était une tape légère sur les fesses. Pour mon petit frère, il en a eu plus souvent, ça, c’est sûr! Mais c’est vrai que quand c’était une bêtise stupide, ou légère, mais faite exprès, c’était plus généralement une petite tape sur la main. Est-ce que je suis contre la fessée? Oui. Est-ce que je ne le ferais jamais? Non, ça, je peux pas le promettre, même si j’aimerais bien! En revanche, pour les tapes légères sur les mains, ça ne me gêne pas du tout, mais c’est une question d’éducation. MOn fils a dix mois, donc quand il fait une bêtise, je considère que c’est involontaire, et je l’éloigne des endroits qui le tentent (genre, des prises électriques, évidemment). Mais plus tard, une tape sur la main ne me choquera pas plus que ça (même si, je le redis, ce n’est pas l’idéal, bien sûr)

    1. Nous avons tous bien sûr notre sensibilité sur le sujet sans doute en fonction de notre histoire, nos souvenirs. Personnellement je préfère mettre un interdit sur les tapes en général.

  23. Je suis totalement d’accord avec toi et tes arguments sont très justes. Comment apprendre à son enfant à ne pas taper les autres, si on le tape à son tour? Mais même sans cela, je ne pense pas pouvoir un jour lever la main sur Little Miss S. Même lors de certains moments plus difficiles, je n’ai jamais eu cette réaction et j’espère que cela continuera! Je ne lui ai jamais crié dessus non plus. Il m’arrive bien sûr parfois de m’impatienter ou de lui parler plus fermement quand elle ne veut pas écouter mais j’ai vraiment l’impression que mon amour pour elle me faire réagir de façon beaucoup plus posée et calme qu’avant. Je ne juge bien sûr pas les parents qui élèvent leurs enfants autrement. Tout le monde fait comme il peut ! Mais j’espère vraiment pourvoir garder cette ligne de conduite pendant les 18 prochaines années (au moins)!

    1. Je dois dire que moi aussi je m’auto-impressionne parfois avec Pierre parce qu’en temps normal la patience et la douceur ne sont pas mes premières qualités mais avec lui tout est plus simple 🙂 . Cela dit il m’est déjà arrivé de crier un peu mais j’essaie toujours ensuite d’analyser la situation à froid pour éviter que ça ne se reproduise.

  24. Comme je suis d’accord avec toi! D’ailleurs une fois la lecture de ton post terminée, je me suis replongée dans ma lecture du moment: le bouquin de la fameuse Céline Alvarez. Et à l’endroit même où j’ai repris ma lecture, je pouvais lire « comment pouvons nous apprendre aux enfants à gérer leurs émotions si nous n’en sommes pas nous même capables. » Ah… Alors oui parfois nous sommes fatigués, irrités et ça démange. Mais comme toi je pense qu’il faut être cohérent et juste dans son comportement. Être exemplaire au mieux. C’est compliqué et ça demande un boulot de dingue à faire sur soi! Et puis en cas de journée vraiment éprouvante, il faut passer le relais: conjoint, parents, amis, baby sitter… Autant de personnes qui pourront nous aider à souffler un peu et nous donner du temps pour danser, crier, pleurer, rire, chanter, ou bloguer 😉

    1. Tu as raison de mettre l’accent sur cette capacité à se faire aider en cas de crise. Lorsque Pierre était tout petit et pleurait beaucoup un soir j’ai un peu craqué et je l’ai posé assez brusquement dans son lit. Ce n’était pas « grand chose » mais ça m’a fait énormément culpabiliser. Finalement je me suis rendue-compte que c’était un signal : la semaine suivante je le laissais à son papa et je m’organisais ma première soirée entre filles depuis l’accouchement 😉 .

  25. Je suis contre les châtiments corporels en règle générale, il m’est arrivé à mon désarroi de donner une tape sur la main. Je me suis excusée auprès de mon fils, lui ai dit que maman n’avait pas à faire ça, que je me devais de lui expliquer les choses.
    Certaines personnes ne frappent pas mais parlent de manière tellement violente à leurs enfants que je trouve que parfois c’est pire!
    ici on explique, on discute et comme chez toi, l’exclusion dans la chambre est la pire des « punitions »

    1. Je ne pense pas non plus que la fessée soit le pire que l’on puisse faire à son enfant, et je pense que certaines formes de maltraitantes morales sont sans doute plus ravageuses. Mais bon étant donné que ce n’est pas non plus le top je préfère quand même comme toi éviter ça 😉 .

      1. Les cris, le chantage affectif, le « tu es nul » (entendu régulièrement au parc) du coup ma parade quand je suis énervée : « tu es une patate » (mot passe-partout) et lui quand il est fâché il me dit « maman gwosse patate » ça le libère c’est pas vilain. Voilà 🙂

        1. C’est une excellente idée 🙂 ! Perso je lui dis souvent « j’ai mal à la tête » ou « je suis fatiguée » quand je suis au bout et ça marche assez bien aussi, il comprend souvent que j’en ai marre ou que j’ai besoin d’une pause…

  26. C’est drôle… Je n’ai jamais pu mettre le doigt ou exprimer clairement ce qui me dérangeait avec la fessée et tu viens de tout mettre à plat, parfaitement exposé, dans ton article. Ne pas toucher à l’intégrité physique d’un enfant, l’inutilité finale de la fessée, le respect de l’enfant au même titre qu’envers un adulte, etc. Tout ce que tu dis correspond exactement à ma pensée.

    Je sais que les images de mes parents utilisant la punition physique ont marqué mon esprit durablement. Je me suis rendue compte il y a 2 mois que j’étais capable de déraper : ma fille a essayé de faire je-ne-sais-même-plus-quoi (mais c’était potentiellement dangereux) et de panique, de frustration, de colère, ma main est partie. J’ai réalisé et j’ai pu freiner ma main mais pas suffisamment pour ne pas qu’elle se dépose quand même un peu fort sur sa joue. Ca ne lui a pas fait mal, ni choquée (elle n’a pas eu l’air de comprendre qu’il s’était passé un truc d’ailleurs) mais ça m’a brisé le coeur de voir que j’avais osé la toucher de cette manière. Je me suis excusée cent fois, je l’ai serré dans mes bras et lui ai expliqué pourquoi j’avais réagi comme ça. Alors oui, c’était un dérapage mais j’espère que cet épisode m’aura suffisamment traumatisée pour ne pas recommencer…

    Mon mari est contre la punition physique et, même s’il n’est pas fermé à la « fessée de la dernière chance » (qu’il a lui-même reçue une fois dans sa vie), je sens bien qu’il n’est pas convaincu de son utilité pour autant. Pour nous, le dernier recours en matière de punition, ce serait plutôt le « mépris silencieux », une sorte de silence de réprobation, déception et colère qui, je trouve, a bien plus d’impact (que ça soit sur un enfant ou sur un adulte d’ailleurs !)

    1. Je suis contente d’avoir réussi à poser ta pensée sur le sujet. Pour moi aussi jusqu’ici c’était plutôt un sentiment diffus de « je suis contre » et j’avais besoin d’écrire pourquoi. Je pense que nous faisons toutes un jour l’expérience du dérapage que ce soit une tape, un cri ou une attitude. L’important à mes yeux est d’avoir conscience justement que c’est un dérapage et que ça ne doit pas se reproduire.

  27. Je suis évidemment (mais tu t’en doutes n’est-ce pas ?) complètement d’accord avec toi. Moi aussi ne pas frapper est le premier de mes principes et un des seuls auxquels je tienne. Et si moi qui suis assez colérique (je n’en suis pas fière, mais ça fait partie de mon caractère… mais je me bonifie en vieillissant quand même ;)), j’arrive à m’y tenir, je pense sincèrement que tout le monde peut le faire.

    Je ne suis pas parfaite non plus, et s’il est avéré que tu pousses les gens aux confessions, je te fais celle-ci : il m’est arrivé de taper Choupie. Sur la main, une fois (peut-être deux, mais je n’arrive pas à me souvenir de la deuxième en tout cas, je l’ai peut-être refoulée), un jour où j’étais excédée et qu’elle venait me casser les pieds avec ses petites mains qui te touchent partout. Ce qui était clair, dans cette situation comme dans plein d’autres, c’est que c’était moi qui étais énervée, pas son comportement qui était plus énervant que d’habitude. Quand quelque chose me tracasse, ma patience chute à des niveaux négatifs et le moindre truc me fait sortir de mon gonds (instant confession, on a dit). C’est pour ça que je ne crois pas à la fessée « éducative » (ni même, pour aller plus loin, à beaucoup de punitions « éducatives »), je crois au contraire que c’est très facile de se défouler sur son enfant (qui l’a souvent bien cherché, hein, je ne le nie pas) puis d’appeler ça de l’éducation (et je me mets dans le lot, hein, parce que si je ne frappe pas, hors une ou deux fois donc, il m’arrive régulièrement de crier, et même d’avoir des gestes brusques avec Choupie – confession jusqu’au bout).

    D’ailleurs une des choses qui prouvent que les châtiments corporels ne sont absolument pas quelque chose d’anodin, c’est que personne (même les plus ardents défenseurs de la fessée) n’accepte qu’un autre éducateur (nounou, prof, Pascal le grand frère…) ne frappe son enfant. Et pourtant, pour avoir été prof (stagiaire), animatrice (brièvement), baby-sitter et jeune fille au pair, je peux affirmer que les enfants ne ménagent pas non plus (du tout du tout) ces personnes-là.

    Je te félicite en tout cas pour ton article, très réflexif et très posé, très convaincant en somme (même si en ce qui me concerne, tu l’auras compris, c’était prêcher une convaincue) ! J’ai conscience d’avoir été beaucoup moins mesurée dans mon commentaire, même si au quotidien, je ne balance pas des pierres sur les parents qui mettent des fessées… je me dis juste (intérieurement) que c’est dommage, pour les enfants un peu, mais surtout pour eux (j’entends encore mes parents nous dire qu’ils nous frappaient « très très très occasionnellement »… je ne sais pas si c’est eux qui euphémisent – du verbe euphémiser – ou moi qui aie exagéré le phénomène dans mes souvenirs, mais dans tous les cas, ça me fait pitié pour eux, et je ne veux pas me retrouver dans cette situation-là).

    1. C’est drôle je ne t’imaginais pas colérique jusqu’à maintenant ! Pour le reste mon article est posé et réflexif c’est vrai mais tu t’en doutes, dans la vraie vie et en privé je serais aussi sans doute plus directe. C’est le grand avantage d’écrire quand on a du temps, de ne pas parler trop vite justement et d’avoir l’opportunité d’être plus convaincante.
      Concernant les confessions, je suis toujours très touchée d’en recevoir en commentaires, je me dis que mes lectrices doivent un peu me faire confiance pour cela. Et confessions pour confessions, mais tu le sais déjà, il m’arrive aussi bien sûr de déraper. Des tapes pas encore, mais des cris ou des gestes brusques il y en a déjà eu à mon grand regret. Mais je trouve qu’il y a une énorme différence entre se laisser emporter puis s’excuser et chercher à ne pas reproduire que de revendiquer ces gestes comme des modes d’éducation.
      En revanche je voudrais te poser une question sur les « punitions ». Je sais que tu es globalement contre mais dans la situation où Pierre me donnait des tapes, tu penses que l’ignorer ou l’isoler comme je l’ai expliqué dans un de mes articles n’est pas approprié ?

      1. J’étais terrible niveau colères petite et adolescente (quand Choupie fait ses colères, je me revois complètement), mais comme je disais, je me suis bien calmée en grandissant. Mais je me définis toujours comme colérique, je ne sais pas si c’est par habitude ou si je le suis vraiment encore (tu me fais réfléchir :p). Ce qui est certain, c’est que quand quelque chose me contrarie très fort, faut pas rajouter un truc dessus (les enfants ont le chic pour ça), sinon je craque rapidement.

        Et pour tout te dire, Choupie ne nous a jamais frappés « méchamment ». Si elle l’a déjà fait (et j’ai pas de souvenir précis), c’était vraiment plutôt pour blaguer. Donc je ne peux pas te donner d’exemple de réactions qu’on a eues dans ce cas. Mais quand même je pense qu’on se limiterait à gronder avec un rappel aux règles (type « On ne tape pas Papa et Maman, c’est pas bien de faire ça. » Oui, dit comme ça, ça fait très bête :p). Pour moi, exprimer son désaccord et sa déception (plusieurs fois si nécessaire) est suffisant pour que l’enfant comprenne, surtout si parallèlement on est plutôt dans une démarche de valorisation de l’enfant.

        Comme je le disais je sais pas où (ou c’est juste que j’ai pensé à le dire et je l’ai pas dit ?) (souvent j’écris des articles dans ma tête), je n’ai jamais trouvé d’occasion de punir Choupie. Je l’ai parfois isolée, mais c’était pour ne pas MOI péter un câble, pas pour lui apprendre quelque chose. D’ailleurs la seule fois où mon mari l’a fait (elle était super pénible avec lui, j’avoue), ça m’a choquée et je suis allée moi-même la « libérer » au bout de 5 minutes (oui, je sais, c’est mal, cohérence parentale toussa) et tenter de la calmer (c’était plus facile, vu que ce n’était pas moi qui étais énervée). Je ne suis pas fondamentalement contre les punitions, et je ne blâme pas les parents qui les utilisent tant que c’est sans violence, mais je ne sais pas si je le ferai un jour. J’ai l’impression en fait (de plus en plus) que c’est complètement contre ma nature…

        Parce que (plus j’y pense plus ça me saute aux yeux) il y a peut-être aussi dans cette ligne de conduite éducative, une volonté de s’adapter à ma propre manière de faire, plutôt que le contraire (tu vois ce que je veux dire : plutôt que d’adapter ma manière de faire à ma ligne de conduite, j’adapte ma ligne de conduite à ma manière de faire). Et quand je parle de punitions pour calmer les parents plus que pour éduquer les enfants, il est aussi possible que je parle en réalité de ma façon de réagir. En réalité, j’admirerais (paradoxalement), un parent qui garderait son calme en toute circonstance et serait capable d’appliquer une punition sévère sans s’impliquer du tout émotionnellement. Ce serait contraire à ma vision des choses dans la pratique, mais je ne pourrais pas m’empêcher d’envier ce détachement à toute épreuve.

        1. Mathou et toi m’avez fait beaucoup réfléchir cette nuit sur le thème des punitions ! Effectivement chez nous nous n’étions jamais vraiment punies et nous sommes quand même bien éduquées (je crois 😉 ). Après concernant Pierre actuellement en fait je ne considère pas vraiment cela comme une punition mais plutôt comme une réaction. Lorsqu’il joue avec ses couverts à table au bout de quelques rappels je les lui retire pour éviter qu’il ne se blesse mais aussi l’obliger à cesser. Lorsqu’il me tape je sors de la pièce et cesse d’interagir avec lui (jamais plus de deux minutes) presque de la même facon (a fortiori cela m’évite aussi de péter un cable comme tu dis 😉 ). Après je dois quand même dire que fondamentalement demander à un enfant de rester isolé un instant me choque beaucoup moins que le frapper. D’ailleurs si un collègue adulte devient blessant en réunion même entre adultes civilisés on procède de la même facon : on interrompt l’entretien (généralement).

  28. Comme tu dois t’en douter, je suis évidemment contre la fessée et les violence éducative ordinaire d’une manière générale même s’il est vrai que l’on a pas toujours les clés pour réagir comme on le souhaiterais. Et la fatigue n’aide pas !
    Néanmoins, je pense qu’il ne faut pas se mettre trop de pression. Si je fait une erreur, je m’excuse auprès de ma fille.
    Il est vrai que je m’informe aussi beaucoup (avec les lectures de livres et de blogs ) car c’est quelque chose de très important pour moi.

    Et sinon, je voulais juste préciser que la DDASS comme on l’entends n’existe plus depuis au moins 25 ans! On parle de l’Aide Sociale à l’Enfance. 😉

    1. Merci pour la précision, tu as raison 🙂 . Certains sigles restent longtemps dans l’inconscient collectif. Je trouve aussi beaucoup d’aide et d’idées dans mes lectures !

  29. Je rejoins le commentaire de Flora. Moi aussi j’en ai reçu plein. Trop même. Mais autant j’ai un vrai traumatisme sur les claques – jamais mes enfants n’en recevront – autant je n’ai rien contre la fessée. Je comprends tes arguments et les trouve très censés. Et je suis contre donner la fessée avant un certain âge (les punir au coin est bien plus efficace) mais à partir de 4 ou 5 ans, je pense que je la donnerai en sachant petinnement ce que je fais. Et pour que mes enfants comprennent tout de suite que là, ils ont été trop loin. Après, dans mon idéal, ça reste la solution de dernier recours, c’est à dire exceptionnelle.

  30. Bonjour,
    autant je suis contre la fessée, je suis encore plus opposée au coin et aux punitions. Je trouve cela encore plus humiliant et contre productif. Est ce qu’un enfant va réfléchir a ce qu’il vient de se passer ? Il me semble qu’un adulte doit les aider à se poser les bonnes questions. Mes enfants ne sont pas des anges, mais ils n’ont jamais eu ni fessées ni punitions. Quand on va craqué, on prévient « Je suis trop fatigué(e) pour supporter ton comportement, je suis désolé(e), en attendant tu peux aller jouer/lire/ avoir un comportement en adéquation avec mon état ». puis on explique/discute pourquoi la situation a poser problème. Après on ne force pas nos enfants à manger par exemple, mais c’est vrai que les repas ont toujours été un plaisir.

    1. Je trouve ton commentaire très positif de voir qu’on peut s’en sortir sans fessée ni punition. De mon côté cependant je continue de penser que la fessée est plus grave que la punition. Je trouve qu’en isolant l’enfant on lui donne une occasion de prendre du recul et on s’en donne l’occasion aussi. Finalement c’est aussi ce que tu fais quand tu leur demandes de s’occuper calmement un temps, non ? Après j’ai peut-être une fausse image du « coin » finalement je ne l’ai jamais vu pratiqué encore.

  31. C’est drôle… Je n’ai jamais pu mettre le doigt ou exprimer clairement ce qui me dérangeait avec la fessée et tu viens de tout mettre à plat, parfaitement exposé, dans ton article. Ne pas toucher à l’intégrité physique d’un enfant, l’inutilité finale de la fessée, le respect de l’enfant au même titre qu’envers un adulte, etc. Tout ce que tu dis correspond exactement à ma pensée.

    Les images de mes parents utilisant la punition physique ont marqué mon esprit durablement (la description d’Ars Maëlle : coucou c’est nous ! Claques, fessées, douches froides, enfermement dans la cave noire et humide, ceinture). Je lis souvent des gens qui disent comme toi que « une fessée n’entame pas l’amour qu’on porte à ses parents ». Une, non. Mais 10, oui. Il est impossible pour mon frère et moi de leur porter un amour sans faille après ce genre de choses. On ne se considère pas battus pour autant : à mon sens, un enfant battu est quelqu’un à qui ça arrive régulièrement/quotidiennement même quand il ne fait rien de mal. Ce n’est pas notre cas, ça partait toujours d’une bêtise de notre part. Mais ça ne nous a pas empêchés de recommencer/faire d’autres bêtises et c’est pour cela précisément que je pense que c’est inutile !
    Il y a 2 mois, ma fille a fait je-ne-sais-même-plus-quoi de potentiellement dangereux et de panique, de frustration, de colère, ma main est partie. J’ai réalisé et j’ai pu freiner ma main mais pas suffisamment pour ne pas qu’elle se dépose quand même un peu fort sur sa joue. Elle n’a pas eu l’air de comprendre qu’il s’était passé un truc mais ça m’a brisé le coeur de voir que j’avais osé lever la main sur elle. Je me suis excusée cent fois, je l’ai serré dans mes bras et lui ai expliqué pourquoi j’avais réagi comme ça. Alors oui, c’était un dérapage mais j’espère que cet épisode m’aura suffisamment traumatisée pour ne pas recommencer… La douche froide, la ceinture, la cave ne me font pas peur : ça ne me viendrait même pas à l’esprit de faire ça à un chien, alors à un enfant… Mais la fessée et la claque, c’est si « facile », si « incontrôlable »…

    Mon mari est contre la punition physique et, même s’il n’est pas fermé à la « fessée de la dernière chance » (qu’il a lui-même reçue une fois dans sa vie), je sens bien qu’il n’est pas convaincu de son utilité pour autant. Pour nous, le dernier recours en matière de punition, ce serait plutôt le « mépris silencieux », une sorte de silence de réprobation, déception et colère qui, je trouve, a bien plus d’impact (que ça soit sur un enfant ou sur un adulte d’ailleurs !)

    1. J’ai reçu ton commentaire en deux exemplaires c’est étrange. En tout cas pour compléter ma réponse ci-dessus je dois dire que bien-sûr, je ne parlais pas des traitements que tu évoques quand tu parles de ton enfance (et qui de mon point de vue sont de la maltraitance et me font très sincèrement beaucoup de peine pour toi). J’ai dû recevoir quatre fessées en tout dans ma vie (je ne me souviens que d’une seule) et c’était déjà la pire des pires punition chez mes parents.

      1. Ah oui bizarre… J’avais commencé à l’écrire hier en fait puis comme j’avais trop de choses à dire et pas assez de temps, j’avais quitté la page (que je croyais). Et heu donc voilà. Bref, tu peux en supprimer un des deux du coup si tu veux ^^
        Ouh ben faut pas que ça te fasse de la peine, on va bien tous les deux actuellement 😉 Maltraitance, oui je sais pas. Peut-être qu’on a minimisé cela pour se protéger… Mon frère par exemple a très peu de souvenirs d’enfance et parfois, je pense que c’est parce qu’il a juste tout refoulé.
        Je me doute que tu ne faisais pas une généralité ! C’était juste pour amener une autre dimension au débat, disons : que, oui, ça peut avoir un impact négatif sur la relation parent-enfant selon la gravité.

  32. Là encore, avec moi, tu prêches une convaincue. Pourtant, je n’avais jamais vraiment intellectualisé la chose avant d’être maman. Je ne me disais pas, comme toi, visiblement, que je ne voudrais jamais taper mon enfant. Ça m’a simplement paru naturel, comme tu l’as si bien dit, de respecter son intégrité physique. Son petit corps ne m’appartient pas, il n’appartient qu’à elle, et c’est à moi, en tant que parent, de lui apprendre à le respecter. Comme je cherche à lui apprendre à respecter le corps des autres en ne les frappant pas (ça marche aussi, durant la première année avec les verbes « mordre », « tirer les cheveux » ou encore « pousser »). Et comment lui faire comprendre l’importance de ce respect des autres si je ne l’applique même pas à elle ?
    Bref, ça m’a rapidement paru comme une évidence, même si je dois avouer que je ne suis absolument pas colérique, que je m’emporte difficilement, et que ça doit être bien plus facile pour moi que pour quelqu’un d’autre de ne pas sortir de mes gonds.

    Et pourtant, comme j’ai essayé de l’expliquer dans mon récent article DMT (avec plus ou moins de succès, d’ailleurs…. 🙁 ), ça ne nous empêche pas, à Mister F. et moi, de poser des limites à notre fille. Une éducation sans violence (physique ou verbale, d’ailleurs) ne suppose pas un laxisme déluré ou l’absence de limites.
    D’ailleurs, comme Mathou plus haut, je suis très intéressée par les cultures qui ont depuis des années utilisées des alternatives à la violence physique. Quel type de punition ? Et même, la punition est-elle vraiment une solution ? Quelles sont les autres options d’un parent (ou d’un éducateur) pour faire comprendre les limites ?

    Ce qui m’amène d’ailleurs au fond du sujet qui me tient vraiment à coeur : lorsque j’en parle avec les parents de mon entourage, je suis souvent prise pour une jeune maman naïve qui n’a, en fait, pas encore été confrontée à des situations qui nécessitaient une fessée (ou autre châtiment corporel). J’ai l’impression que ce système de violence banalisée envers les enfants est tellement ancré dans notre société que les alternatives continuent à être décriées et considérées comme laxistes et irresponsables. J’avoue que j’ai alors du mal à rester calme et à rassembler mes arguments pour répondre à ces personnes. Même lorsque j’essaie de leur ouvrir les yeux en leur disant que, lors d’une dispute avec un collègue, on n’a pas besoin d’aller au conflit physique pour faire comprendre que les limites sont dépassées, je m’entends répondre qu’un enfant n’est parfois pas capable d’être raisonnable, et que c’est notre rôle de parents que de sanctionner ses écarts.

    Bref, si tu as des arguments, en plus de ceux exposés dans ton article (contre-productif, humiliant, contre-exemple à l’attitude qu’on souhaite leur inculquer, marque de fort désaccord) pour convaincre les autres adultes, je suis preneuse !
    Et dans tous les cas, je compte bien (un jour !) finir cet article qui traîne dans mes brouillons, intitulé « de la violence à la bienveillance » (oui oui, bien trop pompeux…. 😉 ), donc on aura l’occasion d’en rediscuter.

    1. Pour le moment c’est vrai j’ai peu d’exemples concrets (je veux dire de l’âge de mon fils) mais j’en ai au moins un sous les yeux : mon mari. Quant à moi comme je l’ai précisé j’ai dû recevoir quatre fessées dans ma vie (je ne me souviens en fait que d’une) et jamais de punitions. Comment faisaient nos parents alors ? Ils nous « disputaient » en cas de mauvais comportement (gros yeux, voix ferme, ton haussé, etc.), cela était suivi assez naturellement de l’isolement d’au moins une des deux parties et cela suffisait en fait… Peut-être étions nous naturellement sages, je n’ai aucune réponse à cette question ! Mais pour le moment je vois que les mêmes méthodes suffisent largement avec Pierre et j’espère que cela va continuer comme ça.

  33. Ah, la fessée… C’est vrai qu’ici, en France, c’est un objet de débat assez important. Je crois que la plupart des personnes de mon entourage la considère comme « normale », ou en tous cas « inévitable », une sorte de dernier recours justifié par la nécessaire autorité dont il faut faire preuve pour obtenir de l’enfant un certain comportement. Mon mari l’a toujours considérée comme une option envisageable, héritage d’une éducation que je qualifierais de « conservatrice » (même s’il avoue lui même ne pas avoir reçu de fessée, le simple haussement de ton de la part de son père générant une crainte suffisante à éviter la bêtise, ce qui me fournira l’occasion d’une autre discussion avec lui, thème « pourquoi le gouvernement par la peur est-il moins souhaitable que l’éducation par l’amour ? » bref je m’égare).
    J’ai pu le convaincre de bannir la fessée (évidemment, je suis réaliste et n’exclu pas le mouvement d’humeur suite à la fatigue et à un enfant qui vous pousse à bout un jour, mais si on ne se pose pas des principes, comment les piétiner ? 🙂 ) Pour cela j’ai exposé deux types d’arguments : le contre exemple, qui a été très efficace. Comment interdire à son enfant un comportement que l’on adopte soi-même ? C’est valable avec tout : comment lui expliquer qu’il ne faut pas dire de gros mots si j’en prononce moi-même ?
    Deuxième argument : le fait de le poser, de l’éloigner dans sa chambre, de l’exclure dans un coin, en lui expliquant que son comportement ne me plait pas/est dangereux/est inadmissible etc… a beaucoup d’impact (et en plus, si je l’éloigne, ça me calme aussi !!). Il comprend bien qu’il a fait une erreur puisque je refuse de le prendre dans les bras immédiatement. S’en suit l’explication et la mise au point, avec le calin qui va bien.
    Pour l’instant ça fonctionne super bien, et mon mari est gagné à ma cause, alors j’espère que ça va durer ! Et c’est l’occasion de lui faire lire ton article pour renforcer sa propre conviction 😉 !!

    1. Je suis super contente de ton témoignage car d’une part tu es déjà convaincue mais en plus tu as réussi à convaincre ton mari c’est super 🙂 ! J’espère que mon article lui plaira et renforcera ses bonnes résolutions 🙂 .

  34. Je suis entièrement d’accord avec toi!
    Avant d’être mère, je ne m’étais pas spécialement posé la question, même si être témoin de ce genre de scènes me mettait très mal à l’aise.
    Quand je suis devenue maman, ça m’a semblé coulé de source.
    Et puis un jour, quand mon loulou avait 18 mois, il a mis une tape au frère de mon mari… Et celui-ci lui a « rendu »… J’ai serré les dents et je m’apprêtais à mordre, mais mon chéri est intervenu avant, en lançant simplement « tu crois vraiment que le taper pour lui montrer qu’il ne faut pas taper, ça a du sens? »
    Et en fait, je trouve que ça résume bien la pensée…
    La fessée n’est qu’un moyen de soulager les nerfs du parent, elle ne va pas aider l’enfant à mieux comprendre que ce qu’il a fait n’est pas autorisé…

    1. Je suis contente de lire que je ne suis pas la seule à penser cela (et aussi un peu rassurée de voir que d’autres loulous de l’âge du mien frappent 😉 ). Tu as très bien fait de prendre sa défense face à ton beau-frère.

  35. Je crois que je suis d’accord avec toi sur la plupart des points. Il est clair que la fessée est souvent contre productive et humiliante. Cela me dérange toujours de voir un parents donner une claque ou une fessée même si l’on peut la juger méritée par une bêtise.
    Petite fille je n’ai pas le souvenir d’avoir reçu de fessée ni même de claque. Mon petit frère beaucoup plus turbulent en a reçu quelques unes mais pas tout petit, plutôt vers 8-9 ans et jamais en public.
    Et c’est la que je voulais en venir, autant je suis particulièrement choquée par les châtiments corporels sur les jeunes enfants (moins de 8 ans je dirais) autant je comprends qu’une claque puisse partir avec un enfant plus âgé, à fortiori un ado ! J’ai souvenir adolescente d’avoir parfois sciemment provoqué mes parents et toute discussion était inutile. J’ai du me prendre 2 ou 3 claques que je pense amplement méritées.
    Finalement je crois que pour moi c’est moins grave à partir du moment où justement ce n’est plus un enfant mais un ado ou pré ado qui est tout a fait conscient qu’il dépasse les limites. Alors qu’un enfant bien souvent n’a pas vraiment la volonté de mettre ses parents à bout simplement les limites qu’on lui impose ne lui conviennent pas et il fait tout ce qu’il peut pour le contourner (je ne sais pas si je suis très claire…).
    Bref, s’il est certain que les châtiments corporels sont exclus pour moi tant que ma puce est « petite » mais je ne suis pas sure de ne pas craquer et lui mettre une claque si elle me répond avec insolence à 15 ans 😉

    1. Je comprends ton raisonnement. Et d’un autre côté je dois dire qu’avec un ado de 15 ans j’aurais très peur qu’il me rende sa claque et que ça dégénère totalement ! Je crois décidément que je préfère éviter toute violence physique 🙂 .

  36. C’est « marrant » mais je trouve que mes recherches sur l’éducation des animaux étaient nettement plus ferme que sur celle des enfants .On ne frappe pas un animal sinon il aura peur de ta main et deviendra agressif. En résumé, hein. Bon alors mon chat s’est déjà pris des ‘fessés’ après m’avoir sévèrement griffé ou mordu. Mais je pense que j’ai sérieusement foiré mon éducation.
    Quant aux enfants, tu entendras toujours l’argument « moi j’en ai aussi reçu dans mon enfance, ça ne m’a pas tué ». C’est plus admis de frapper de temps en temps tes enfants. Cela dit, la maltraitance dans l’enfance (pas une « simple » fessé, la moche moche) ne tue pas non plus (enfin pas tout le temps), ça fait quand même pas des adultes hyper équilibrés. Y a des tas de choses qui fragilisent , qui empêchent de se développer, c’est pas parce qu’on n’est pas mort qu’on vit bien.
    Bref, moi j’aimerai arriver à une éducation sans lever la main mais il m’est déjà arrivé de mettre une tape sur les doigts à mon fils. Ou sur les cuisses comme j’en avait une fois parlé, là c’était un moment de crise, ça n’a rien désamorcé. Bon franchement, ça change rien, il obéit pas mieux. Bon parfois quand je lui crie dessus, ça le fait rire et il me crie dessus en retour, du coup ça me fait rire. Par contreje pense que je lui ai déjà plus fait mal involontairement, je ne sais pas si c’est une excuse. Tient tout à l’heure il s’est pris un poing dans le visage parce que je me suis tourné un peu vite et que je n’avais pas réalisé qu’il était si près. Hum, du coup ça lance un autre débat, frapper ses enfants sans que ça soit un principe éducatif,ni une pulsion sadique, pour ou contre?
    Et pour conclure, il y a quelques temps il y avait un fait divers qui avait sensibilisé l’opinion public. En Asie, des salariés qui avait mal fait leur job s’étaient fait humilier publiquement : dans la rue, ils avaient reçu une fessée cul nu à la vue de tous. Tout le monde était d’accord pour dire à quel point c’était humiliant. Mais alors pourquoi le faire sur nos propres enfants? Doit-on moins respecter un enfant qu’un adulte?

    1. Merci pour ta contribution 🙂 . Si j’ai bien compris, tu es déjà convaincue ! Concernant les coups « involontaires » il ne faut pas exagérer, ça arrive à tout le monde, du moment qu’on s’en excuse et qu’on redouble d’attention la prochaine fois, tout va bien (on en parle de la fille qui a fait tomber la bouteille de savon sur la tête de son nouveau-né et est partie sur le champ se confier à son pédiatre en pleurs ? 😉 ).

  37. Encore un super article ( je sais je ne suis pas objective puisque du même avis que toi mais hein ! ). Donc je suis contre la fessée et mon mari est français et a comme moi été élevé à la fessée ! J’ai du le convaincre que ça n’était pas une solution et il respecte ça ( bon pour le moment minus n’a que 9 mois mais pour moi c’est très important ). Je pense comme toi que dire à son enfant de ne pas taper mais que les adultes, en gros, peuvent n’est pas cohérent ( ça peut aussi pour moi vouloir dire que les adultes peuvent faire ce qu’ils veulent avec SON corps ce qui me dérange profondément). Je sais que ça n’est pas directement lié mais dans le même ordre d’idée je ne souhaite pas dire à mon fils que le père Noël existe ni la petite souris etc, car pourquoi on aurait le droit de mentir et pas lui ? Personnellement quand j’ai appris que ça n’existait pas je n’ai pas été traumatisée mais je me suis demandée pourquoi on m’avait menti. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas raconter les contes de Noël et pour moi de toute façon les enfants ont suffisamment d’imagination pour ne pas avoir besoin qu’on leur mente. Mais c’est un autre débat ! Pour en revenir à la fessée je suis aussi contre car les études prouvent que ça ne fait pas du tout obéir plus les enfants. Je suis persuadée qu’en expliquant et en indiquant son mécontentement à l’enfant ( avec un temps isolé pour y réfléchir par exemple ) les enfants comprennent bien mieux.

    1. Nous sommes donc exactement sur la même longueur d’onde 🙂 . Je ne sais pas si tu as déjà lu mon article sur le sujet (il est dans la catégorie best of 2015 à droite) mais je suis aussi « contre » l’histoire du père Noël. Et effectivement, même si le sujet est différent, pour moi il y a une sorte de cohérence, de respect communs aux deux sujets.

  38. Ah ! la Fessée ! Vaste sujet ! Qui a dit que tu ne faisais pas de polémique ? 🙂 🙂 🙂

    J’ai une mauvaise image de la fessée non pas à cause de la manière dont j’ai vécu celles que j’ai reçues mais à cause de la manière dont ma mère les vivait. Un jour, elle m’a expliqué que cela lui donnait la sensation d’une perte de contrôle et de reproduire le schéma parental (je ne rentre pas dans les détails mais, oui, tu peux imaginer le pire). Et ça m’a marquée. J’ai donc gardé cette vision des choses, pour moi, c’est une marque de faiblesse. Cela revient à dire « je ne sais plus quoi faire ». Puis, j’adoooore discuter, creuser, savoir pourquoi, est-ce que tout va bien pour de vrai, etc. du coup, je suis effectivement pour les « punitions » constructives et surtout pour ne pas hésiter à dire à mes enfants « je suis déçue » « je suis en colère » « je n’arrive pas à me faire comprendre » « pourquoi on n’arrive pas à communiquer ». J’ai appris ça avec mon mari et, vraiment, c’est libérateur. Pi, en cas de grosse colère, je hurle et c’est tout 🙂 🙂 genre « hiiiiiiiiiiii » et c’est fini 🙂

    1. Je pense que de mon côté aussi, le fait que mes parents mettaient des fessées plutôt « à contre coeur » a joué sur ma vision négative de la chose. Quant à ta façon de t’exprimer j’essaie d’utiliser la même ! « Je n’en peux plus, je suis fatiguée, etc. » Cela évite de stigmatiser la personne en face et aide à se concentrer sur son propre ressenti 😉 .

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