Sans mon bébé

Sans mon bébé

Longtemps je n’ai pas réussi à me séparer de Pierre. Les premiers mois, je n’ai autorisé personne à lui donner un biberon, le confier à d’autres bras me demandait un effort presque insurmontable. Il y avait plusieurs raisons confuses à cela… J’avais l’impression que personne d’autre que moi ne comprendrait ses pleurs, ne saurait les interpréter, ni les consoler. Sous mon regard seulement je le pensais en sécurité. Je suis d’un naturel qui n’aime pas déléguer, au travail comme dans ma cuisine : j’ai tendance à ne faire confiance qu’à moi-même.

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Ma première pulsion de séparation, je m’en souviens très bien, est apparue quand il avait trois mois. Je passais chaque soir des heures enfermée dans sa chambre à tenter de l’endormir. Un soir j’en ai eu marre, vraiment. Alors j’ai réalisé, à quel point je m’étais oubliée, enfermée dans notre duo. Mon mari m’a alors proposé de sortir un soir pour moi, de garder notre enfant, et j’ai accepté. Je me souviendrai toujours de cette première sortie, du trajet, de la pizzeria, de cette incroyable sensation de liberté. Mais je n’étais pas tranquille. J’ai consulté mille fois mon portable dans l’attente du message qui me libérerait : « Il s’est bien endormi ».

Les mois ont passé, j’étais en congé parental et ne ressentais pas davantage le besoin de faire garder Pierre. Une fois par mois environ je le confiais à son papa pour sortir avec une copine et cela me suffisait. Lorsqu’il a eu 11 mois, il a fait sa rentrée a la crèche. Ce fut notre première vraie séparation, et je l’ai vécu, vous le savez, comme un grand déchirement. Le matin je partais travailler gonflée de culpabilité et de tristesse. Le plus tôt possible je retournais rapidement le chercher, quitte à ne plus jamais faire de vraie pause le midi. Etre sans mon fils ne m’apparaissait toujours pas comme un état naturel mais plutôt d’exception et de manque. Je ne me sentais vraiment bien qu’avec lui.

Cette situation était favorisée par nos conditions de vie. Mon mari travaille énormément, souvent de nuit ou le weekend. Nous n’avons aucune famille à proximité. Et puis en Allemagne, rester auprès de son petit voire se sacrifier pour lui est encore très courant – pour ne pas dire bien vu. Les seules remarques que j’ai entendue alors : « Il est assez grand, tu devrais le laisser plus souvent » sont toujours venues de l’autre côté du Rhin.

Finalement, les choses ont fini par évoluer d’elles-mêmes. Lorsque Pierre a acquis la marche et commencé à parler, deux évolutions déterminantes qui se sont produites chez lui presque simultanément, il s’est aussi soudainement individualisé. Le matin il partait en courant à la crèche, criant déjà à tue-tête les prénoms de ses petits camarades. J’ai alors eu l’idée très spontanée d’organiser enfin une sortie en tête à tête avec mon mari. C’était pour son anniversaire, en juin. J’ai réservé deux billets pour une soirée à plus de 100 €. Trouver une garde pour notre enfant a été compliqué : mon mari refusait de faire appel à une baby-sitter classique et j’avais besoin d’être en totale confiance avec la personne concernée. Nous avons finalement (la veille seulement !) déniché la perle rare : un papa voisin et collègue de mon mari. A posteriori je pense que je devais réserver ces billets coûteux et non-modifiables pour nous forcer la main. Nous n’aurions sinon peut-être pas franchi le pas.

C’était donc un soir de juin et… J’ai vraiment adoré. Sortir avec un petit sac a main (sans sac à langer !), mettre du parfum, m’alcooliser et cela sous le regard amoureux de mon mari, cela m’a fait tellement de bien ! Depuis nous avons renouvelé l’expérience plusieurs fois, toujours avec succès. Et nous y prenons goût, forcement. Chez mes parents cet été, Pierre a passé sa première nuit sans nous, dans deux semaines nous devrions recommencer : il restera cette fois chez mes beaux-parents. Je n’hésite plus non plus à le laisser parfois 30 minutes ou une heure de plus à la crèche. Cela me permet souvent de faire quelques courses ou une pause au travail…

Finalement quand je regarde l’évolution sur ces presque deux ans, je suis plutôt satisfaite. J’ai peut-être été un peu trop angoissée parfois, c’est vrai. Mais je suis contente aussi d’avoir su savourer la fusion des débuts. Ma présence n’a pas rendu Pierre sauvage, au contraire. Au moment de l’adaptation en crèche comme à chaque fois que je le confie, il est serein et ne pleure pas. Il a eu une période difficile cet hiver, mais je pense qu’elle était davantage liée à sa frustration d’alors (il était le seul enfant de son groupe à ne pas savoir marcher), qu’à une véritable angoisse. Pierre accepte toujours d’être nourri / douché / couché par d’autres. Il faut vraiment qu’il soit malade ou blessé pour qu’il réclame « maman ».

Il me semble que depuis quelques mois, Pierre comme moi avons accepté de mener notre vie (presque) chacun pour soi. D’ailleurs cette évolution vous devez aussi la ressentir ici. Je parle de plus en plus de moi, de moins en moins de lui. C’est peut-être parce qu’en vrai, je n’ai plus de bébé…

J’ai un petit garçon 🙂 .

Et vous, comment avez-vous vécu les premières séparations ?

56 réactions au sujet de « Sans mon bébé »

  1. On ressent effectivement ce changement dans tes articles. Et je trouve que c’est une bonne chose de ne pas seulement vivre pour son enfant. Apres tout les enfants ne sont pas fait pour rester toute leur vie avec leurs parents. Et quand ils ne sont plus là, le couple reprend ses droits donc autant l’entretenir.

  2. J’ai accueilli la première séparation avec soulagement : après six mois de fusion à ne pas beaucoup dormir et à tourner en rond, j’ai trouver un petit job en CDD. Donc je savais aussi que les longues journée de séparations ne serait que temporaire ^^.
    Je ne sais plus quand est-ce qu’on l’a laisser pour une nuit/week-end la première fois … et la naissance de son petit frère fut notre plus grosse séparation depuis sa naissance 😉
    Bon, là, après un mois complet seule avec les deux crapouilles, même si j’ai adoré, je suis contente de le voir reprendre le chemin de la nénène XD.
    Par contre, j’aurais du mal à lâcher LutinCoquin tout de suite (d’autant que l’animal passe 80% de ses journées dans mes bras ou en écharpe). Vraiment, chez moi, 6 mois, c’est parfait, ça coïncide avec le moment du sevrage, c’est la période où j’ai besoins de dé-fusionner d’avec mon bébé ^^.

    1. En fait j’ai l’impression que nous avons chacune notre « moment » mais finalement dans la quasi-totalité des cas ce moment finit toujours par venir 🙂 ! Profite bien de ton coquin en écharpe, ça passe trop vite 😉 .

  3. Ben il y en a pas vraiment encore donc j’ai pas grand chose à te dire moi Mais elle est impossible à nourir et à coucher donc je la file à personne pour pas rendre fous d’autres gens !

    1. Souvent quand ils ne sont pas avec nous ils sont différents et beaucoup plus sages… Mais rien ne presse, tu franchiras le pas quand tu le sentiras 🙂 .

  4. C’est rigolo, deux de mes collègues me racontaient tout à l’heure avec tristesse comment leurs enfants venaient de quitter le nid familial (pour faire leurs études dans une autre ville). Ça a d’ailleurs dérivé sur leur première rentrée en maternelle y a vingt ans.
    La semaine dernière, une autre me racontait la première rentrée de sa fille. Sa fille qui a tout juste un an de plus que le mien, et j’ai réalisé que ça serait notre tour l’an prochain….
    On n’a pas fini de se séparer. Ça commence par l’accouchement. Chaque étape vers l’autonomie les éloigne un peu de nous.
    Bien sur moi j’en ai complétement rien à faire et je me sépare très facilement (c’est d’ailleurs pour ça que je ne l’ai jamais fait garder le soir et que je n’ai jamais passé une seule nuit loin de lui…)

    1. C’est vrai que toute l’enfance ressemble à long processus de séparation…
      Et sinon je ne sais pas pourquoi mais je pensais que tu étais une mère ultra-moderne qui laissait garder son fils tout le temps, je suis rassurée de voir que je ne suis pas la seule à avoir du mal à le confier 😉 .

  5. Le premier jour où j’ai repris le travail, j’ai pleuré sur le trajet. Je laissais mon bébé de presque 8 mois et c’était dur! Mais je la confiais à ma mère, donc j’étais confiante et je n’ai pas trop culpabilisé car j’étais sûre qu’elle était entre de bonnes mains. Cette année ma fille va plus souvent à la crèche (2 jours par semaine contre 2 demies journées l’année dernière). C’est moi qui l’emmène et elle pleure à chaque fois (pour le moment). C’est dur de la laisser mais je sais que quelques minutes après elle va mieux. D’ailleurs, tout se passe très bien à la crèche. Ce n’est que la séparation qui est un peu difficile. Par contre, j’ai beaucoup de mal à m’accorder du temps le week-end. J’ai longtemps estimé que, comme je ne la voyais pas énormément la semaine, il fallait que je sois hyper présente le week-end. Or, je commence à saturer un peu (je rêve d’une grasse mat’). Je pense que, dès que je serais à temps partiel je culpabiliserais moins et je m’accorderais une ou deux heures le samedi ou le dimanche (même si ma fille me réclame beaucoup). Nous avons la chance d’habiter près de chez ma mère, donc, quand nous voulons sortir le soir, c’est elle qui prend le relais. Et même si je suis toujours un peu soucieuse, j’arrive à profiter des bons moments avec mon mari. Ah la la que c’est dur de couper le cordon! Je le fais petit à petit mais il reste encore quelques filaments pour le moment 😉

    1. En fait ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule à avoir du mal 🙂 . J’ai longtemps cru que j’étais trop mère poule. Je suis sûre que le temps partiel t’aidera à t’accorder du temps en plus sans culpabiliser, c’est pour ça aussi que je savoure le mien !

  6. Je suis en plein dedans ! J’ai repris hier et mon bébé a 7 mois. Je reprends à temps plein et j’ai énormément appréhendé et culpabilisé. Je n’ai pas eu peur qu’on s’occupe pas bien de lui, j’ai beaucoup délégué à mon mari puisque notre fils pleurait énormément et que le soir c’était mon mari qui le couchait le plus souvent. Je l’ai aussi laisse à mes tantes et à ma belle mère pour aller chez le kinésithérapeute et une fois à mes parents le soir pour aller au restaurant mais j’étais angoissée car c’était il y a un mois et il a eu pile à ce moment là une période à nouveau de pleurs le soir. Je pense que ces étapes m’ont aidé à mieux le vivre. Je ne pense pas non plus non stop à lui, j’apprécie le fait de faire autre chose car j’en avais un peu marre de n’avoir que lui de toute ma journée et adapter mon rythme au sien même pour mes repas. Par contre j’ai une peur bleue que ce soit moins bon pour lui (même si, vu son comportement avec la nounou et le soir, il est clairement très épanoui et le vit très bien), et surtout peur qu’il m’aime moins parce qu’il me voit moins. De mon côté c’est donc sur ça que je vais devoir travailler !!!

    1. De mon côté je me suis rendue compte que la plupart des enfants gardés allaient très bien… J’ai essayé de lire des résultats d’études sur ce sujet et je n’ai rien trouvé de probant, si ça peut te rassurer 🙂 . Quand à l’amour qu’il te porte, je comprends ta crainte, mais je suis sûre à 200% qu’elle est infondée. Tu es sa maman pour toute la vie !

      1. Oui, j’ai lu aussi ses études ! Ils disaient même qu’il n’y avait pas de différence au niveau affectif et scolaire donc ça me rassure et puis il est vraiment super épanoui et pas du tout stressé par ça, il a un super feeling avec la nounou et avec l’autre petit qui est chez elle (ils sont trop mignons ensemble). Et je pense que le plus dur est vraiment de me rassurer sur le fait qu’il va pas moins m’aimer. Je sais que les enfants savent qui est leur maman, mais je me dis qu’avec la crèche ça doit être plus facile de moins avoir peur car il n’y a pas qu’une seule assistante maternelle !

  7. Sans mes bébés. ..un moment plutôt très rare à l’exception du travail.
    A 18 mois, nous ne nous sommes accordés que deux sorties à deux et une soirée « surprise » pour l’anniversaire de mon mari (avec la complicité de notre nourrice qui les a gardé ce soir là).
    Comme toi, j’avais peur que les autres ne comprennent pas leurs besoins mais surtout aient des problèmes pour gérer deux bébés ce qui est épuisant.
    Il n’y a que cet été où j’ai laissé ma fille à mes parents 2 jours en gardant mon fils avec moi….culpabilité x2: la laisser et les séparer pour la première fois (sauf hospitalisation).
    Cette semaine, c’est l’adaptation a la crèche et demain les premières heures tout seul…je suis prise entre le sentiment de joie d’avoir quelques heures pour moi et la culpabilité de laisser en sachant qu’ils vont pleurer!
    Mais comme toi, ce ne sont plus des bébés.
    Résolution de rentrée:un peu plus de temps pour moi et pour nous…

    1. J’avais lu après mon accouchement que les bébés qui avaient eu un peu de mal au démarrage (prématurité légère, jaunisse, etc.) n’avaient pas forcément de problèmes plus tard mais généraient souvent des mamans très protectrices ou angoissées. Dans mon cas cela s’est vérifié à 100% et je pense en effet que nos débuts y sont pour quelque chose. Comme je sais que les tiens ont été beaucoup plus difficiles encore (et d’ailleurs bien sûr incomparables), je me dis que tu as vraiment de bonnes raisons d’avoir du mal à couper ce fichu cordon.
      J’espère en tout cas que l’adaptation en crèche te donnera confiance en eux : ils vont peut-être t’étonner par leur capacité d’adaptation tu sais ! Quant au fait de profiter de son mari, c’est vrai que c’est important aussi. Je me dis qu’un couple épanoui est un des plus beaux cadeaux qu’on puisse leur faire. Bref, bonne chance (et si tu déprimes pendant l’adaptation rassure-toi, c’était mon cas aussi 😉 ).

  8. +1 pour celle qui n’aime pas délégué (surtout en cuisine !). Monsieur Etoile est comme ton mari en ce qui concerne confier Petit Prince, mais j’ai belle-maman pas trop loin (et encore on a confié Petit Prince très rarement sur des temps de vie « faciles »). Dans un mois, nous allons fêté en tête en tête mon passage dans une nouvelle décennie dans un très grand restaurant parisien. J’imagine que c’est ce côté « exceptionnel » qui va nous forcer, me forcer, à ne penser qu’à moi et à me faire belle ! Donc je me retrouve totalement dans ton article 🙂

  9. J’avais remarqué l’évolution sur ton blog. Il grandit et évolue et toi avec . Le fait que tu te sois écouter, que tu ais pris le temps d’être prête, et que tu ais été à l’écoute des besoins de ton fils est très intéressant.
    Souvent tu compares l’approche entre la France et l’Allemagbe et je trouve passionnant de voir les différences culturelles.

    1. Sur le domaine éducatif, l’Allemagne et la France se différencient en effet énormément ! J’aime bien prendre ce qui me plait des deux cotés 😉 .

  10. couper le cordon, c’est un parcours qui appartient à chaque maman, et à chaque bébé… ma poupette n’a jamais paru être triste lorsqu’on la confiait, que ce soit chez les grands parents, la nounou, l’école.. mon gars lui a eu plus de mal. et nous on s’y est fait, petit à petit.. et on a pas le choix, car plus ils grandissent, plus ils font sans nous !!! boouhouhouhouh…

    1. Eh oui il faut se préparer toujours davantage à leur éloignement finalement… Heureusement que ça prend un peu de temps, et puis ça nous rend fières aussi 😉 .

  11. Pas facile la séparation avec bébé, je suis en plein dedans vu que je reprends le boulot demain. Mon fils a débuté la garde chez la nounou la semaine dernière et j’ai eu le coeur déchiré les trois premiers jours alors que c’était sa semaine d’adaptation mais maintenant ça va beaucoup mieux. Par contre, contrairement à toi ça ne m’a pas déranger de confier mon bébé dans les bras à d’autres personnes que mon mari. Mais bon, mon bébé n’est pas un prématuré, c’est peut être pour ça.

    1. Je pense en effet que nos débuts un peu « difficiles » m’ont rendue très anxieuse. Mais je dois reconnaitre aussi que c’est un peu ma nature 😉 .

  12. Chez nous les séparations courtes (1h, 2h) se sont fait très rapidement parce que j’en avais vraiment besoin pour me changer les idées et ne pas devenir folle. Vu que nos familles sont à 600 et 800 kms (en tout cas la partie qui pourrait garder le Choupi), je n’ai encore jamais accepté de laisser le choupi seul là bas (même si mon mari et ma bm voudrait que cela soit le cas). Je trouve que ça fait vraiment trop de distance à parcourir si cela ne se passe pas bien. Il a déjà fait une nuit sans ses parents mais à la maison et je ne sais vraiment pas quand je serai prête à le laisser aussi loin seul !!!

    1. Pareil pour moi, l’éloignement géographique ce n’est pas pour demain ! Mais en fait dans notre cas, quand il a dormi chez mes parents nous logions dans la même rue (hi hi ) et le week-end prochain nous ne serons pas loin non plus : nous allons prendre un hotel dans la ville de ma belle-famille 😉 .

      1. Même problème pour moi, mes parents adoreraient garder FeuFolet, mais ils sont à 14/15h de routes :-s
        Pour que ce soit rentable, il faudrait que je leur laisse 4/5 jours et là, je suis pas encore prête XD

          1. Non, non, 14/15h de route : je suis au bout du bout du Finistère (ou presque) et mes parents sont à côté de Marseille …
            Pour faire plus long y’aurai fallu qu’ils soient à La frontiere italienne

  13. J’ai le sentiment d’avoir toujours « bien vécu » les séparations… Peut-être car de toute façon, on a tout de suite été séparés. Je ne l’ai revu qu’à ses 3 jours, et surtout nous ne l’avons eu à la maison qu’à 5 semaines, avant un nouveau mois de séparation plus tard… Du coup, je n’ai jamais ressenti cette fusion. Et en grandissant, ùon fils n’a jamais eu de mal non plus avec les séparations : content quand on le pose quelquepart, content quand on le récupère… Il vit sa vie de son côté, et du coup ça aide beaucoup d’un point de vue « culpabilité ». C’est vrai que quand j’entends des petits pleurer le matin à la crèche quand on les dépose, je me demande régulièrement ce que ça me ferait si ça m’arrivait…

    1. C’est toujours difficile de savoir à quel point les débuts influencent une vie… Mais tant mieux en tout cas s’il gère bien les séparations, ça prouve qu’il a une jolie confiance en soi 🙂 .

  14. En te lisant et en lisant tous les commentaires… j’ai l’impression de faire tout de travers. Laisser mes enfants pour quelques jours ? Avec grand plaisir ! Je prends l’occasion dès qu’elle se présente (relativisons, ça doit faire 3 we dans l’année !). Je ne culpabilise pas, je veille d’avoir toujours mon téléphone qui capte au cas où, je le vérifie régulièrement mais ça ne m’empêche pas de profiter ! Du coup, qu’il te faille un peu de temps pour le faire, je le conçois tout à fait. Mais je ne peux que t’encourager à prendre du temps pour toi et pour ton couple.

    1. Ne t’inquiète pas, la blogosphère regorge de mamans poules mais nous ne sommes pas forcément la majorité ni la normalité 🙂 . S’il y a bien un domaine sur lequel je pense que chacune peut faire comme elle le sent c’est celui-là ! Tant mieux si vous avez réussi à vous défusionner très tot 🙂 .

  15. Moi j’avoue ne pas avoir eu de mal à laisser ma puce… Même jamais je crois… Je suis d’un naturel assez confiant, ça doit être ça. J’ai une confiance absolue en son père, en ma famille (et même en ma belle famille), en mes amis et dans le personnel de la crèche. A tous je leur confierai ma fille les yeux fermés, mais je crois que c’est en elle que j’ai le plus confiance au fond. En sa force de caractère et en sa solidité. Je l’aime et, parfois elle me manque, mais j’ai besoin de ces moment off pour pouvoir être à fond avec elle lorsqu’on est toutes les deux.

    1. Tu sais j’admire beaucoup les mamans comme toi ! Parfois je m’en suis voulue d’avoir autant de mal, je pense que c’était trop… Mais d’un autre côté je me rends compte que finalement j’ai fini par y arriver aussi, ça a juste pris un peu plus de temps 🙂 .

  16. J’ai laissé Louis a 2 mois et demi pour reprendre le boulot. Ça a été très dur – surtout parce que (je crois) lors de la première séparation il faut accepter que quelqu’un d’autre (des inconnus qui plus est) est capable de faire aussi bien que toi, la maman. Voire même… mieux ! Je sais par exemple qu’il fait des choses à la crèche (comme la peinture, danser…) dont je suis ravie qu’il les fasse à la crèche (parce que c’est trop salissant ou que ce n’est tout simplement pas mon truc !) : du coup parfait et déculpabilisant; il l’a fait à la crèche, c’est bon ouf, son développement est sauf 🙂
    Sinon, on a fait déjà quelques week-end en amoureux (forcés par ma soeur pour qui les week-end en amoureux sont le secret de la longévité du couple parental). On a aussi fait qqs jours au ski seuls avec des copains, en le confiant à ma belle-mère et là le laisser a vraiment été dur (je chialais en partant mon mari a du me tirer par le bras) mais une fois qu’on sait qu’il va bien ça passe et même si on pense tout le temps a lui on profite quand même.
    Pour le soir on n’à jamais eu trop de problèmes à le laisser, mais il a toujours été cool entre 19 et minuit, donc c’est plus facile je pense. Je comprends que c’est plus difficile de le laisser quand il est un peu relou, on n’à pas envie d’embêter les gens ou de les rendre dingos (par exemple je n’ai pas laissé Louis non plus tout le temps qu’il se levait à 5h !!). Pas facile tout ça !!!

    1. C’est vrai que parfois c’est étrange de voir qu’il apprend des choses avec d’autres et d’un autre coté comme tu dis c’est rassurant et ca nous enlève un peu un poids 😉 . Mon fils se lève toujours à 6h30 le matin mais chuuuut mes beaux-parents auront la surprise dimanche prochain LOL 😉 .

  17. Merci beaucoup pour cet article. Il m’a fait beaucoup de bien. Il me parle énormément. C’était un vrai déchirement de la voir dans les bras de d’autres personnes que moi ou mon mari. Ma fille a 9 mois et jusqu’à très récement il m’était impensable de la laisser garder. Mais petit à petit ma fille prend un peu plus d’autonomie, souhaite moins d’aide et donc je la regarde évoluer.

    1. Tu vois donc que tu n’es pas la seule dans ce cas. Je pense qu’il ne faut pas culpabiliser, les débuts sont un moment à part ! Ils grandiront et s’en iront bien assez vite 🙂 .

  18. Salut,
    Ton article m’a beaucoup amenée à réfléchir, car je ne ressens pas vraiment ce que tu décris là, et du coup ça me turlupine un peu… Je suis en train d’écrire à mon tour un article, pour essayer de mettre des mots…
    Bonne soirée,
    Marine

    1. Oh la la mais j’espère quand même ne pas t’avoir fait une impression trop bizarre ! Je pense que nous sommes toutes différentes sur ce point mais ce n’est pas grave du tout…

  19. Pour ma part je n’ai jamais eu de problèmes pour les confier, j’ai complètement confiance en la nounou, en mes parents, beaux parents, mes frères et sœurs…. La première fois que j’ai laissé mon grand à la nounou pour la matinée d’adaptation j’ai trouvé ca jouissif de pouvoir faire ce que je voulais. Ca ne m’a tellement pas posé de problème que je me suis même demandée si j’étais normale, si j’aimais assez mon fils…, mais en fait comme tout s’est toujours bien passé, j’ai arrêté de me poser des questions et j’ai profité.
    Je les laisse pour des périodes de max une semaine depuis assez longtemps (pas toujours simple entre les vacances de la nounou et les nôtres), chez mes parents ou ma belle mère, à deux heures de route de chez nous, et je vis ça extrêmement bien. Même si pendant ce temps là je suis au boulot, je trouve ça agréable pendant quelques jours de pouvoir rentrer et juste m’affaler sur un canapé ou faire du sport si j’en ai envie. Et quand c’est pour partir en WE avec mon mari, je trouve ça encore mieux ! Le grand (2ans et demi) est toujours heureux d’aller chez ses grands parents en vacances, fait plein de choses qu’il ne fait pas avec nous, est pourri gâté pendant quelques jours, dors généralement bien mieux qu’à la maison.. Il ne nous l’a jamais fait payé et franchement ça roule tout seul (et je trouve qu’il a développé une relation vraiment sympa avec ses grands parents, qu’il appelle régulièrement pour leur raconter sa vie..). Pour le petit (11 mois) c’est un peu plus compliqué parce qu’il est beaucoup plus collé à moi que son frère, alors je m’adapte, j’y vais plus en douceur, mais dans l’ensemble ça se passe aussi très bien..
    J’imagine qu’on fait toutes comme on peut, et que dans l’ensemble, quoi qu’on fasse, les enfants vivent les choses bien si nous on le vit bien.

    1. Je suis vraiment tout à fait d’accord avec ta conclusion ! Et Pierre aurait sans doute été prêt plus tôt pour la séparation que moi 😉 . Mais bon au début j’avais un côté maman poule très prononcé, sans doute augmenté du fait que je me suis occupée presque seule de lui pendant presque un an. Le principal c’est que ça ait fini par évoluer même s’il m’a fallu un peu de temps 🙂 .

      1. C’est marrant, même cause mais pas mêmes conséquences, moi c’est justement aussi parce que je suis souvent seule avec eux, R. étant généralement absent la semaine, que j’ai besoin de les laisser de temps en temps.

  20. Pour ma part, j’ai du laisser mon fils quand il avait 6 mois pendant une semaine chez mes parents. Enfin, « j’ai du », ça a été notre choix, mon mari et moi, puisque nous nous sommes mariés en juillet, étant étudiants, nous nous sommes dits que ce serait le seul moment où nous pouvions partir en voyage de noces. Donc, on a confié notre fils à mes parents (mes beaux-parents, je n’aurais pas pu) et on s’est envolé. Avant, je stressais vraiment, et il y a eu des petites larmes quand je l’ai laissé, mais ensuite, je l’ai « oublié » pendant une semaine! Maman me mettais un sms par jour pour donner des nouvelles, et tout s’est très très bien passé!

    1. Dans le même ordre d idée, notre première soirée sans bébé s’est très bien passée et a été un déclic. Finalement c’est toujours plus dur avant, quand on a pas encore franchi le pas 🙂 .

  21. Coucou c’est moi qui arrive après la bataille !
    Je te ressemble beaucoup sur l’attachement que tu portes à ton fils.
    Comme toi, les premiers mois ont été fusionnels. Cela ne me dérangeait pas de le laisser au bras de ses grands-parents, mais tous en ma présence ! Hors de question de le laisser et de m’absenter !
    On a quand même dû le faire quand il avait 10 mois , pour un mariage. On l’a laissé deux nuits.
    L’horreur . J’ai chouiné toute la soirée. C’était trop tôt pour moi.
    Aujourd’hui, le laisser aux grands-parents ne me pose plus de problèmes.
    Il est demandeur et je sais qu’il y est bien.
    En revanche, pour ma fille, c’est encore un peu tôt !

    1. Je suis ravie de voir que je ne suis donc pas la seule dans ce cas 🙂 . Je pense que nous sommes toutes différentes, certaines sont prêtes plus tôt que d’autres mais finalement ça ne sert à rien de bousculer la chose… Ca finit toujours par venir !

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