Qu’est-ce qui cloche ? (mon travail et moi)

Qu’est-ce qui cloche ? (mon travail et moi)

Suite à l’un de mes derniers articles vous avez été nombreuses a me faire remarquer mon manque évident d’enthousiasme à l’égard de mon travail. Certaines se sont même demandées si ma « non-carrière » n était pas davantage dictée par mon histoire familiale que par mes envies profondes. Alors pour commencer je vous remercie beaucoup de toutes ces réactions car elles m’ont faite beaucoup réfléchir ! Et je vous préviens donc : aujourd’hui on ne parlera ni bébé ni maternité mais management et évolution professionnelle. Puisque j’ai eu la sagesse de ne donner à ce blog aucune autre ligne éditoriale que moi-même, je me le permets.

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Concernant le temps partiel et ce qu’il implique – plus de temps et moins d’argent – je crois sincèrement qu’il correspond à mon envie profonde. Je ne me sens pas obligée de le faire pour mon fils. Et finalement je peux le démontrer assez facilement : à 25 ans déjà alors que je n’avais ni mari ni enfant j’avais demandé un 80% à ma hiérarchie. A l’époque c’était pour me consacrer davantage à ma vie associative. Mais cela reflète bien mon état d’esprit général : à partir du moment où je n ai pas de « métier-passion » (type écrivain ou photographe) je ne veux pas passer ma vie à travailler. Mon travail je le vois avant tout comme un moyen de gagner de l’argent. Du moment que j’en gagne suffisamment pour bien vivre à mes yeux, je fais en sorte de travailler le moins possible – et de consacrer le reste de mon temps à des choses qui me passionnent vraiment mais sont malheureusement moins lucratives : l’éducation de mon fils en ce moment mais aussi mon blog, mes lectures, et peut-être un jour de nouveau les voyages ou l’engagement politique. Une furieuse envie d’équilibre m’habite finalement et j’essaie de repartir mon temps entre tous mes centres d’intérêt.

Le problème – j’en avais déjà parlé – c’est que mon poste actuel se combine très mal avec un temps partiel. Pour être fait à fond et de manière satisfaisante, il exige une grande flexibilité horaire : de 7 a 20h, parfois même le weekend. Depuis mon retour de congé parental, je suis donc condamnée a gérer de petits dossiers moins stratégiques qu’auparavant et à faire de l’encadrement – sans que cela n’occupe vraiment 100% de mon temps, et c’est en effet très frustrant. Je ne pense pas être « carriériste », mais j’aime les défis professionnels, me dépasser, être reconnue pour les résultats atteints… Tout cela me manque vraiment. J’ai cru un temps que l’encadrement justement serait ma porte de sortie. Je me disais : « Le jour où je ne pourrai plus tout faire moi-même, je ferai faire par une équipe, et cela sera également passionnant ». Or, pour le moment, mon expérience de manager ne me procure pas plus d’enthousiasme que cela. Je ne sais pas très bien pourquoi… On me reconnait souvent un tempérament de leader pourtant. Mais celui-ci est contrebalancé par une irrépressible envie de faire moi-même (difficulté à déléguer), mon amour de l’opérationnel (mettre les mains dans le cambouis, oh oui !), et un aspect très individualiste et solitaire de ma personnalité (or quand vous êtes manager, il faut généralement vous attendre à faire assistante sociale au passage). En fait c’est quelque chose que je n’ose pas encore avouer – ni à moi-même, ni à mon entourage – mais je ne suis plus du tout sûre que l’encadrement soit fait pour moi. Je me dis que je suis peut être trop « einzelkämpfer » (combattant solitaire) pour cela.

D’autres choses me pèsent un peu – sans lien aucun avec mon temps partiel cette fois, elles me pesaient déjà avant mon départ en congé maternité. Je n’ai pour commencer aucune affinité avec les usagers concernés par mon administration. Souvent je regrette le bon temps où je travaillais en ONG, où je pouvais au moins me dire que tout cela avait un « sens ». Je fais par ailleurs ce métier depuis dix ans en tout, cinq ans à se poste. Et je crois que je commence simplement à me lasser.

Quelles sont les options qui s’offrent a moi dans ce contexte ?

  • Chercher un nouveau poste en externe (voire monter ma propre affaire !) serait une petite folie. Comme vous le savez, je suis employée de la fonction publique allemande ce qui m’assure une sécurité et un confort hors du commun. Mon quotidien est certes un peu frustrant, mais reste très agréable. Par ailleurs cela pourrait remettre en question mon temps partiel – c’est le genre de choses qui se négocient généralement quand on a un peu d’ancienneté.
  • Chercher un nouveau poste en interne est une option plus réaliste. Mais étant donné que notre projet de BB2 va bientôt être lancé, le moment me semble peu opportun pour faire une telle demande. A terme – et probablement après le congé parental que j’envisage pour BB2 – pourquoi pas. Il faudra alors « juste » clarifier dans ma tête ce que je veux – et espérer qu’une place adéquate se libère.
  • La dernière option – que je privilégie donc en ce moment – est d’attendre que nos projets familiaux se concrétisent. Je serai plus libre de penser à une évolution une fois que je serai sortie du tunnel des potentiels « grossesse – congé maternité – congé parental » et ma hiérarchie sera alors elle aussi plus encline à me confier de nouvelles responsabilités (pour le moment elle se doute que Pierre n’est pas voué à rester enfant unique).

Voilà vous savez tout. A la lecture de vos commentaires la derniere fois j’ai été surprise de l’image négative que je donnais de mon métier. Je ne suis pas très épanouie professionnellement c’est vrai. Et c’est vrai que, plus jeune, j’imaginais autre chose : je me voyais journaliste, chercheuse ou avocate. Mais d’un autre coté j’ai vite tendance à râler (moi, francaise ?). Ma grande administration, mes collègues, mon bureau, je les aime bien quand même… Et je ne suis pas prête de les quitter.

Et vous, vous en êtes où de votre carrière ? Vous avez un travail-passion ? Vous avez déjà eu l’occasion d’encadrer une équipe ? Vous connaissez cet « entre deux grossesses » ? Je vous lirai avec plaisir !

57 réactions au sujet de « Qu’est-ce qui cloche ? (mon travail et moi) »

  1. Hum … pour avoir fait des études « passions » et être depuis 4 ans au chômage, je ne peux pas vraiment t’aider sur ce domaine … Vive le mariage et les grossesses pour passer le temps XD
    Le « pire » étant que vu le boulot du Breton, je n’ai pas besoin d’un job alimentaire, ce qui a tendance me pousser à attendre des offres d’emplois un minimum intéressante pour postuler. Après, je sais aussi que la réalité du terrain est souvent bien moins glamour que celle sur le papier.
    Par contre, je sais déjà que j’aurais beaucoup de mal à manager une équipe, en tout cas actuellement : manque de confiance en moi, tendance plutôt solitaire, ect.

    Et ça me semble plutôt rationnel de privilégier tes projets familiaux, d’autant plus si ton employeur s’y attends et sera alors plus enclin à te confier de nouveaux dossiers plus exaltant 😉

    1. En fait ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule à privilégier ses projets familiaux 🙂 . Je pense qu’on ne peut pas « tout » faire de toute façon et qu’il faut bien fixer des priorités…

  2. c’est si compliqué d’avoir des idées claires ! moi même j’ai du mal. mon rêve aurait été de bosser pour une ONG !! j’ai réussi a faire mon « trou » professionnel avant d’avoir mes enfants. avec le recul, je me rends compte que c’est une chance. j’ai travaillé 13 ans avant mon 1er congé mater. du coup j’avais déjà bien évolué, car j’étais dans une grande multinationale japonaise dans l’électronique grand public (celui qui trouve le nom aura un bonbon) bref, je me suis éclatée, et après je suis partie faire des bébés. par contre la question du temps partiel était plus que délicate.. j’ai fait un an a temps plein quand ma fille était bébé, et j’ai eu la chance de retomber enceinte vite, puis j’ai pris un congé parental. ensuite nous avons changé de région et je suis partie à la recherche d’un nouveau boulot, que je fais depuis 4 ans maintenant, et… je commence à tourner en rond… je trouve ça plutôt raisonnable d’attendre ton retour de congé mat’ pour essayer d’évoluer, mais finalement pourquoi attendre ? on se met des barrières alors qu’on devrait pouvoir évoluer professionnellement sans pour autant mettre sa vie de mère de coté.. mais ceci est un vaste débat..

    1. En fait il me semble donc que nous avons donc eu un parcours un peu similaire avec une carrière un peu plus « éclatante » avant bébé et un peu moins fournie après… Et du coup on blogue pour passer le temps hi hi hi 😉 . Concernant l’attente c’est vrai que ça peut être à double tranchant : et si je ne tombais pas enceinte par exemple ? Et d’un autre côté je ne me sentirais pas à l’aise de demander un changement de poste quelques mois seulement avant de reprendre les essais…

  3. C’est vrai que la fonction publique en Allemagne, c’est un peu le poste en or. J’y suis aussi et je me dis que le jour où je pars, je perdrais forcément en avantages (même si en fait, je n’en ai pas tant que ça).

    Courage en tout cas pour la suite 😉

    1. Merci !! Les avantages ne sont pas très nombreux mais rien qu’une certaine sécurité de l’emploi de nos jours ça vaut quand même de l’or je trouve…

  4. Bah la mienne est au point mort. Je découvre le statut peu célébré ou respecté de mère au foyer. Après bosser pour payer la nounou et faire 2h de trajet par jour non merci donc ma carrière pro attendra et vu qu’elle m’importe peu, je bosse pour vivre et non l’inverse, ça me va.
    Mais on sent chez toi que le boulot est important pour ton estime personnelle oui

    1. Ah oui ? Qu’est ce qui te fait dire ça ? En fait ce qui est vraiment important pour moi c’est plutôt mon indépendance financière, ça c’est vrai. Mais si je gagnais au loto ou touchait un immense héritage en revanche je crois sincèrement que ça ne me dérangerait pas de ne plus travailler 🙂 .

      1. Le fait que tu t’interroges autant sur ta carrière par exemple. Que tu refuses d’avoir un job alimentaire uniquement. Tu le dis bien, t’as un job en or, une sécurité, le temps que tu veux pour ton fils à côté, mais il te manque quelque chose.
        Moi si je devais bosser du moment que les revenus soient suffisant par rapport au temps perdu, ce sera banco et je trouverai toujours un moyen de m’occuper l’esprit autrement. J’ai pas ce besoin de sens dans mon travail. Le sens de ma vie est ailleurs.

        1. En fait je pense que c’est du au fait que je suis un peu une enfant gatée du systeme : j’ai toujours été en CDI dans des conditions confortables et ce depuis mon stage de fin d’études… Du coup quand on a déjà ca ben on veut toujours plus comme du sens à ce que l’on fait par exemple. Mais j’apprends petit à petit à me satisfaire de ce que j’ai 😉 . Et je suis à 200% d’accord avec toi en plus : le sens de la vie est ailleurs. (On peut meme citer Rimbaud pour le chic : « la vraie vie est ailleurs ».)

  5. J’aime mon travail (dans la fonction publique également) mais je commence à en faire le tour ! Ça fait 7 ans que je travaille au même endroit. Je suis aussi entre deux grossesses donc je ne me pose pas trop de questions pour le moment. Mais comme pour toi il y aura certainement du changement après mon congé parental. Mon but est aussi de me rapprocher de chez moi car pour le moment je passe beaucoup (trop) de temps dans ma voiture. Mais bon, on est encore jeunes, on a le temps de faire carrière ou en tout cas de nous épanouir totalement dans notre travail. Pour le moment je privilégie ma vie de famille et c’est plutôt réjouissant. Je vais d’ailleurs bientôt passer à 80% pour pouvoir m’occuper un peu plus de ma puce. Ça passe trop vite, il faut en profiter !

      1. J’ai 32 ans… donc je crois un an de moins que toi? Mais je maintiens qu’on est jeunes si on prend en compte le fait que nous allons peut-être devoir travailler jusqu’à 70 ans !lol

  6. Je crois qu’il faut redescendre sur terre et se rendre compte qu’avoir un travail c’est déjà pas mal. Les gens qui « s’éclatent » au boulot c’est rare…j’en ai pas autour de moi pour te dire. Si tu pars du postulat qu’il « faut » s’éclater au boulot, tu seras très probablement déçue dans ton poste actuel mais aussi dans le futur. Moi, ex femme au foyer qui cherchait à retravailler, je pense que ta situation est enviable mais qu’elle ne te correspond pas. Tu parles de challenge alors que tu es fonctionnaire. Pour moi ça colle pas. J’ai peut être un a priori faux sur le fonctionnariat mais lors de mes stages en collectivités (en France) je n’ai pas entendu parler de chiffre ou d’objectif à atteindre et tu sembles rechercher ça.
    Après, est-il judicieux de quitter un job « tranquille » pour un job moins tranquille mais plus satisfaisant pour toi? Tu es la seule à le savoir.
    J’ai pas (encore) lu l’article incriminé mais ce n’est pas parce que ta situation pro paraît enviable que tu n’as pas le droit de te plaindre pu de tout remettre en question.

    PS: non non je ne me suis pas fait pirater mon compte…j’ai bie eu le temps decommenter ton article moi-même! Je sais, c’est fou! 🙂

    1. J’ai cru avoir une hallucination ce matin en découvrant ton commentaire 🙂 . Re-bienvenue ici !! Je te rejoins sur le début de ton commentaire : j’ai énormément de chance et au fond, je me pose sans doute des questions d’enfant gatée du système… En revanche je ne suis pas d’accord sur ta vision du service public. Dans mon poste avant bébé et temps partiel, j’avais des défis à relever et des gros ! Par exemple gérer un projet de plusieurs millions d’€ pour plusieurs milliers d’usagers, avec la presse locale sur le dos… On ne parle pas de part de marché dans ces cas là mais quand meme niveau challenge ca me suffisait pour le coup 🙂 .

  7. Moi aussi comme Mam’weena j’ai fait des « études passions » (dans le dessin animé) et pourtant le fait de travailler dans ce milieu a été très décevant et frustrant pour moi. Alors certes, parfois mon métier me sort parfois par les yeux (je suis fonctionnaire aussi, mais prof) mais il me laisse une qualité de vie et une sécurité qui me permet d’avoir l’esprit libre pour ma vie… « Ne pas perdre sa vie à la gagner » c’était pas ça le slogan?

    1. Très bon slogan en effet que je pourrais reprendre sans problème à mon compte ! Pourquoi ca a été frustrant le milieu pour lequel tu as étudié ? Ca m intéresserait beaucoup de le savoir car personnellement parfois je me demande toujours si je n’aurais pas du plus suivre mes passions que la raison dans le choix de mes études… Je réclame un article 🙂 .

  8. Je sais plus où j’avais entendu « Bon tu es grande maintenant, donc tu vas faire comme tout le monde, renoncer à tes rêves et avoir un travail pépère. » Ah si, je crois que c’était dans Zootopia (premier film qu’a vu Choupie en entier, ce weekend) (c’étaient donc des lapins qui disaient ça).

    Mais oui, je crois quand même qu’il y a un peu de ça. Les rêves c’est bien, mais la vraie vie, c’est mieux. Les rêves c’est exigeant, fixe, ennuyant au final. La vie c’est souple, adaptable et sans cesse en mouvement.

    Je pense que si tu réfléchis objectivement à ta vie, tu te dis que tu réussis à jongler plutôt bien entre les différentes choses que tu dois gérer et que tu es arrivée à un bon compromis. Ou alors c’est moi qui me projette sur toi :p

    1. Je trouve que ta citation vaut largement Rimbaud 🙂 . Et je ne sais pas si tu te projettes sur moi mais je suis d’accord avec le fait que niveau jonglage, je m’en sors plutot pas mal finalement 😉 .

  9. Je vois que je ne suis pas la seule dans ce cas de figure et que les questions des grossesses et des enfants restent d’importants freins aux carrieres. Pareil pour moi. D’un poste d’expat en Chine, ma boite a voulu me renvoyer en France « parce que tu ne vas pas elever tes enfants en Chine »… Meuh si 😉
    Puis demenagement international et la troisieme grossesse. Je suis en CDD et demande a mon employeur si je pourrai revenir apres mon conge mat… Reponse: « ah non, tu peux plus travailler maintenant que tu as trois enfants… » Meuh si 😉
    Bref j ai plus qu a me rechercher un autre boulot et j ai l impression que plus j ai d enfants, moins on me propose de trucs interessants… Malgre mes 65 heures par semaine au taf (que j adore)!
    … du coup, ton calcul de revoir quelle orientation et quelles nouvelles dynamiques donner a ta carriere apres tes grossesse semble tout a faire coherent, au demeurant… Tu as raison, il me semble urgent que tu prennes ton temps 🙂
    PS: Petite question, en Allemagne, pour une famille « standard?, combien d’enfants?

    1. Merci de ton témoignage qui rejoint (un peu tristement) mon expérience : pas si facile de tout concilier ! En Allemagne pour cette raison la famille standard est entre 1 et 2 enfants… Le taux de natalité est un gros souci du gouvernement.

  10. Moi je trouve naturel et sain de finalement faire ce que tu souhaites. Tu tiens à ton indépendance financière et à ton autonomie, cela me paraît très raisonnable. Mais tout autant que privilégier sa vie de famille lorsque la carrière professionnelle te permet de le faire en toute sérénité.
    Je n’envisage pas de ne pas travailler mais après je n’ai pas encore d’enfants pour mesurer le gap donc on verra bien le moment voulu.
    Et qui sait après bébé 2 tu auras peut être une révélation sur ce qui te passionne vraiment. En attendant tu fais bien de te passionner pour ta vie de famille ! Cela n’est pas donné à tout le monde

    1. Merci de me rassurer sur mes choix 🙂 . C’est vrai que quand j’y réfléchis ce qui saute aux yeux c’est surtout ma chance ! J’ai hate de voir comment tu vivras tout ca, la maternité, la conciliation avec ta vie pro, etc.

  11. je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis. Je ne suis pas carriériste et je me prendrais bien un 80% sans enfant. Mais j’attends un minimum d’épanouissement de mon travail. J’ai besoin de chalenge pour rester motivée et dès que j’ai l’impression d’avoir fait le tour je m’ ennuis.
    Du coup moi j’en conclus que la fonction publique ce n’est pas pour moi (je travaille pour la fonction publique européenne depuis un peu plus de 2 ans). Dans 9 mois quand mon contrat se terminera j’aurais largement fait le tour de mon poste actuel et je vais avoir besoin de changement. Mais j’avoue que j’hésite à rester après ma thèse, le temps de faire mes enfants comme tu dis, parce que les conditions sont quand même confortables tout en sachant pertinemment que je ne serais pas épanouie. C’est un choix cornélien ! Pour le moment je veux quand même essayer de trouver un poste qui me fait rêver mais je ne suis pas à l’abri de me faire retenir par le confort…

    De ton coté que ce que tu as à perdre en demandant un changement interne maintenant? Essaye toujours d’en discute de façon informel avec ta hiérarchie, on ne sait jamais 😉

    1. Travailler pour la fonction publique européenne, cela faisait rever à peu près tous mes camarades de promo je serais curieuse de savoir en quoi ca consiste exactement (mais c’est toujours un peu délicat d’écrire sur son travail). Ce que je risque en demandant un changement maintenant c’est de perdre la confiance de ma hiérarchie et ce serait très génant… Car si j’obtiens un nouveau poste puis que j’annonce une grossesse trois mois plus tard et que, comme pour BB1 je reste 18 mois à la maison c’est pas très sympa pour eux. Donc je suis peut etre trop « gentille » mais je ne le ferai sans doute pas. Par ailleurs si je prends un nouveau poste j’ai aussi envie d’avoir l’esprit libre et donc pas préoccupé par d’éventuels essais BB. J’ai hate de savoir comment les choses vont évoluer pour toi !

      1. La fonction publique européenne c’est – pour les fonctionnaires (accès sur concours) – des gros salaires détaxés, la sécurité de l’emploi, une bonne mutuelle, un plan retraite défiant toute concurrence… Moi je suis thésarde donc je n’ai pas droit à tout ça mais si je veux rester après ma thèse je serais alors contractuelle et pourrait profiter des ces avantages pendant quelques années. J’aurais aussi un plus long congé maternité et/ou parental que la base belge.
        Ce que j’aime moins dans le système c’est la lourdeur du coté administratif et le fait que la plupart des gens sont au même poste toute leur carrière. Il y a des promotions salariales avec l’ancienneté mais très peu de mouvement. Comme disent mes collègues ça peut vite devenir une prison dorée (on aime pas son boulot mais on ne veut pas changer parce qu’on tient aux avantages).
        Sinon pour les postes même, il y a beaucoup d’administratif pour faire marcher cette grosse machine qu’est l’Europe ; mais aussi quelques services spécialisés dans un peu de tout (santé, agriculture, énergie, environnement, statistiques, transport…). Et il y a aussi une structure dédiée à la recherche scientifique en support à la législation et c’est là où je travaille 🙂
        Voilà tu sais tout (ou presque)

        1. Ca ressemble donc un peu à ma prison dorée à moi mine de rien 😉 . Et en tant que contractuelle tu ne peux pas rester plus de 3 ans c’est ca ?

          1. Oui c’est un peu le même combat et c’est pour ça que je pense que c’est peut être plus facile de ne pas y entrer 😉
            Mon contrat actuel est limité à 3 ans (durée universitaire d’un doctorat) mais c’est un spécial pour ce cas de figure ( c’est un contrat belge et je paie mes impôts comme tout le monde). Le contrat européen auquel je pourrais prétendre après la thèse c’est jusqu’à 6 ans.

  12. Je pense qu’il faut vraiment trouver un équilibre entre ta vie pro et ta vie perso. Mon mari aimerait que je prenne des postes avec plus de responsabilités mais franchement d’une part je ne me vois pas manager une équipe (en tout cas pour l’instant) et en plus qui dit responsabilités dit aussi devoir faire plus d’heures. Je ne vois pas beaucoup le Choupi en semaine et je n’ai pas envie d’encore moins le voir. Mon poste actuel me convient bien. Je me sens à ma place et je peux m’organiser assez facilement entre le travail et le Choupi !!! ^^

    1. J’ai parfois l’impression que de nos jours il faudrait etre au top partout ! Avec un job à responsabilités, un bébé super épanoui etc. Mon mari aussi me pousse un peu dans cette voie. Mais moi je pense qu’il faut poser des priorités car on ne peut pas tout faire au top… Alors je fais comme toi 🙂 .

  13. J’ai beaucoup apprécié cet article : tu montres un grand recul sur ta situation actuelle au travail, que je trouve très intéressant : est-ce la suite des questionnements qu’on a déclenché ? Je me dis que je devrais également écrire un article sur mon métier pour pouvoir prendre le temps de poser sur papier, comme tu as su si bien le faire, son importance dans ma vie actuelle.

    Je pense qu’une part de toi continue à idéaliser toutes les voies possibles que tu n’as pas eu l’opportunité d’explorer : dur de renoncer à ses rêves, n’est-ce pas ? Pour le coup, je suis exactement comme toi sur ce point-là, alors je comprends tout à fait.
    Mais je crois qu’il faut, petit à petit, accepter que la place que l’on occupe actuellement, dans le travail comme dans le reste de notre vie, correspond à une succession de choix que l’on a fait, tout au long de notre vie : nos choix d’études, nos choix de stages, d’opportunités à l’étranger, de domaines, de spécialisation, de postes, etc…. Sur le moment, ces choix-là étaient les plus adaptés, et il faut l’accepter.

    Après, il est aussi normal et légitime de se remettre en question quand on sent qu’on commence à se sentir à l’étroit dans notre situation actuelle, et en l’occurrence, j’ai l’impression que c’est ce qui t’arrive depuis ta reprise du boulot, à l’issue de ton congé parental.

    Mais, étant donné les circonstances, c’est-à-dire vos envies de deuxième bébé qui se profilent à l’horizon et les conditions du congé maternité en Allemagne, je pense que ton choix est le plus adapté : se lancer tranquillement dans cette nouvelle aventure familiale, sans pression au travail, et attendre de voir quelles sont tes nouvelles attentes après ce deuxième enfant.

    Je te rejoins aussi complètement sur la difficulté à se forcer à se sortir d’un confort quotidien pour se risquer vers un poste avec plus de challenge : c’est difficile à envisager, alors que l’on souhaite consacrer beaucoup de temps à sa famille par ailleurs (et, tu le sais, je te rejoins également sur ce point-là).

    Sinon, pour répondre à tes petites questions de fin d’article (et parce que ce sujet m’intéresse beaucoup !) :
    – Je n’en suis pas au même point que toi dans ma carrière : comme tu le sais, j’ai fait une thèse qui, même si c’est un emploi en soi, retarde le début de ce qu’on appelle la « carrière ». Je ne suis dans mon poste actuel, mon premier poste en CDI, que depuis un peu plus de 3 ans, ce qui, à l’échelle du domaine de la recherche, est très peu. Je n’en ai pas encore exploré toutes les possibilités, et je me vois bien y rester encore plusieurs années.

    – On ne peut pas vraiment dire que j’ai un travail-passion : je ne suis pas dans le domaine artistique, par exemple. Ce n’est pas non plus forcément un travail-vocation, comme professeur ou médecin. Mais mon métier de chercheur, c’est clairement un métier qui demande énormément d’investissement personnel, de créativité, d’autonomie et d’adaptabilité. Et en ça, je peux dire que je me fais plaisir au travail.

    – Non, je n’ai pas encore eu l’occasion d’encadrer des équipes de manière formelle, bien que je le fasse dans le cadre de projets bien définis. Par contre, je forme et j’encadre de nombreux stagiaires, doctorants et post-doctorants. Contrairement à toi, je m’épanouis énormément dans ce rôle : c’est mon côté maternel qui s’éclate à apprendre aux autres, et mon côté assistante sociale qui s’en donne à cœur joie ! 😉

    – Pour finir, tu le sais, je connais bien cet état d’entre deux grossesses. Mais comme je n’ai pas hésité à lancer ma première grossesse pendant ma première année à mon poste, je ne suis pas vraiment dans une situation comparable, et je serai plus que ravie de récupérer mon poste en l’état après mon deuxième congé mat.

    Voilà, je crois que je t’en ai déjà beaucoup dit sur ce sujet passionnant ! (Et j’ai bien l’impression que je vais encore décrocher le prix du commentaire le plus long ! 😉 )

    1. Je suis heureuse de voir que tu comprends mon cheminement et mes choix 🙂 . Et c’est vrai qu’il n’est pas forcément facile de renoncer aux rêves qu’on a peut etre caressés un jour. Je ne sais pas pourquoi mais je t’imagine bien aussi en encadrante de rêve : tes petits doctorants ont sans doute de la chance 🙂 . Tu sembles avoir vraiment un bel équilibre en tout cas ! J’espère que je retrouverai aussi un peu plus de plaisir au travail après notre deuxième bébé, meme si je n’y passe pas toutes mes journées, j’y passe quand meme trop de temps pour le perdre 😉 . Ah et sinon du coup tu n’envisages pas du tout un congé parental pour un deuxième bébé ? La derniére fois tu avais laissé cette possibilité ouverte. Tu as peut être encore le temps d’y songer 🙂 .

  14. Tu parles d’un éventuel congé parental pour BB2: est-ce parce que tu penses qu’en ayant déjà BB1 ce sera plus difficile au début, ou c’est tout simplement parce que l’expérience de BB1 t’a fait te rendre compte que tu voulais passer plus qu’une seule année avec ton enfant au début (c’est-à-dire que si tu devais refaire le passé et prendre un congé parental en plus pour Pierre, tu le ferais ?)? Cela m’interpelle car justement pour moi c’est le contraire. J’ai pris l’année de congé mat’ allemande mais je n’ai pas bien vécu une période aussi longue sans pouvoir être aidée (la faute aussi à l’expatriation bien sûr, j’imagine que pour les Allemands qui ont des parents et des beaux-parents sur place ça doit être le rêve), et j’envisage de ne prendre que 6 mois (Rabenmutter hello) pour le prochain (pas encore prévu, au fait). Mais c’est aussi parce que je ressens absolument le besoin de faire mon boulot que j’aime beaucoup – or justement, dans un commentaire tu dis que si tu gagnais au Lotto, tu ne bosserais sans doute plus: pour moi au contraire, je suis persuadée que je continuerais à travailler, car sans être une carriériste acharnée, j’ai besoin de mon travail pour me sentir épanouie. Je pense donc que c’est une question de caractère : on n’est pas toutes pareilles et notre équilibre famille/travail est également différent! Et c’est justement parce que ce sujet nous est si intime que je trouve tout à fait normal, légitime et sain que tu te poses des questions là-dessus (j’ai lu dans un commentaire que ce serait là des questions irréelles dans un contexte socialement difficile, mais je ne vois pas trop la logique de cet argument : ce n’est pas parce que le chômage existe que tu ne peux pas désirer un travail qui te plaise, de la même manière que ce n’est pas parce que le malheur existe qu’on ne peut pas désirer d’être heureux…).

    1. Euh en fait je pense avoir juste écrit potentiel car on ne sait jamais si je ne tombe pas enceinte 🙂 . Mais en vrai j’ai pris 12 mois pour Pierre et j’envisage de prendre au minimum 12 mois voire 15 ou 16 pour le prochain. Comme tu dis nous sommes toutes différentes, moi j’ai adoré mon congé parental et pourtant j’étais aussi très isolée niveau familial (mes parents et mes BP sont trop loin). En revanche je me suis rapidement fait plein de copines maman et ça aide 🙂 . Tu as raison sur le fait que tout questionnement est légitime mais c’est vrai aussi que je me comporte peut être comme une enfant « gatée » car j’ai beaucoup de chance quand même (CDI et tout et tout). Et sinon j’avoue je crois avoir deviné ton métier (et ton employeur) et si j’ai vu juste je comprends bien que ton métier te comble, il rentre justement dans la catégorie des métiers-passion à mes yeux 😉 . Enfin je suis curieuse mais je me demande : vous avez prévu de rester toujours en Allemagne avec ton mari ? Ton mari est francais ?

      1. Potentiel bien sûr! On est malgré tout obligées de se projeter et de tout planifier en prévision d’une grossesse, ce qui crée d’ailleurs souvent un stress non négligeable au moment du projet…Mais je m’égare. Tu as peut-être deviné (mais il faudrait y ajouter le substantif qu’on lui accole habituellement avec un petit tiret) 🙂 mon mari n’est ni allemand ni français et on est tous deux en CDI donc on va sans doute rester quelque temps – toute la vie je ne sais pas!

        1. Tu parles de ton employeur, le substantif en trois lettres ? 🙂 En fait c’est un hasard total mais j’ai une connaissance qui est partie y travailler et donc ça a fait « tilt » (mais bon du coup j’espère qu’on parle de la même chose 🙂 ). Ouah deux expats à la maison ! Mais alors vous parlez quelle langue ?

          1. Haha non alors on doit pas parler de la même chose (tous ces sous-entendus :)). On parle français depuis ma grossesse, avant c’était l’anglais.

  15. Hum hum, ça me fait beaucoup réfléchir tout ça ! Ton article, les commentaires, le récent article de Louna sur l’équilibre féminin, le récent article SNT sur le chômage… Moi j’ai un métier passion, et vraiment j’ai beau me creuser la tête je ne me vois pas faire autre chose. Mais ce sont des postes très rares, et donc : chômage ! Dans ma recherche d’emploi je me suis demandée aussi si ça valait le coup de trouver un job puisqu’on envisage bébé 2 rapidement. Même si moi je n’ai aucun scrupule pour les employeurs (je sais que la plupart n’en auront pas pour moi !). Alors aujourd’hui je privilégie la vie familiale, avec une pointe de regrets de ne pas être vraiment épanouie. En espérant trouver un job qui me plait vraiment quand le moment sera venu. Dur dur de tout concilier, et je suis d’accord avec ce que tu dis, il faut faire des choix… et je rajouterais qu’il faut les assumer pleinement !

  16. Il y a une chose avec laquelle j’ai du mal : pour beaucoup, un poste de cadre équivaut à un poste à responsabilités qui équivaut à du management… Premièrement, ça veut dire quoi « un poste à responsabilités » ? Je pense que chaque métier est responsabilisant à son niveau que ce soit l’électricien qui câble un nouveau bâtiment ou le PDG qui décide de la ligne d’investissement pour 5 ans… chacun est responsable de ses actions. Les répercussions des erreurs ne seront pas les mêmes, certes, mais c’est aussi pour ça que le salaire n’est pas le même. Quant aux challenges… c’est pareil, chacun peut en avoir à son niveau. Ensuite le management. Ce n’est pas parce que X a fait telle grande école qu’il sera bon manager et inversement. En France on le diplôme est survalorisé. Sauf que pour être un bon manager, c’est surtout l’humain qui compte et les diplômes n’en tiennent absolument pas compte. Pourquoi le management devrait absolument être un but à atteindre ?!
    Pour ton boulot en lui-même, je rejoins les précédents avis. Chaque chose en son temps ! Tu n’as pas un travail exaltant, OK. Mais tu as du temps pour Pierre, un confort professionnel. Et ça tombe bien puisque c’est ce dont tu as besoin. Quand tes enfants auront grandi, tu auras besoin d’autre chose. Mais tu auras aussi la force de te sortir de ta zone de confort parce que tes enfants auront moins besoin de toi (c’est ce que je te souhaite en tout cas) Les attentes de la trentaine ne sont pas les mêmes que celles de la quarantaine. Quoi de plus normal ?!

    1. Je suis tout à fait d’accord avec toi concernant le management mais justement dans la société actuelle c’est malheureusement pas facile à « avouer ». À part ça je te remercie de me rassurer comme tu le dis chaque chose en son temps !! On verra bien dans dix ans alors 🙂 .

  17. C’est difficile de tout concilier. .. en même temps, si tu avais un métier passionnant, peut-être te sentirais-tu coupable vis à vis de ton fils. . C’est un équilibre difficile à trouver. .. peut-être qu’inconsciemment, cela « t’arrange » de ne pas trouver ton travail exaltant, cela te permet de te consacrer pleinement et sans scrupules à ton fils. . Comment considérerais-tu ton travail si tu n’avais pas encore d’enfants? Je fais sans doute de la psychologie de comptoir:-) ne m’en veux pas! Gros bisous

    1. Je pense que si je n’avais pas d enfants je demanderais plus de responsabilités, de gros projets… Mais tu as tout à fait raison : finalement la situation actuelle me convient bien comme ça 🙂 .

  18. Je comprends ce que tu vis.
    Pour ma part, venant de passer d’un plein temps à un temps partiel, je me pose la question de rechercher un temps complémentaire. Et puis je me dis, pas avant les vacances, ah et puis si on fait bb2, ah et si mon chéri décroche un concours qu’il prépare …. bref du flou.
    Mon travail que j’occupe depuis 5ans est plutôt plan plan et même si je l’aime, je m’ennuie un peu et j’ai l’impression que les problèmes de mes collègues sont toujours les mêmes. Je pense à faire une formation externe mais c’est compliqué du point de vue du financement et surtout s’engager sur deux ans alors que je serai peut -être enceinte d’ici là … je pense aussi à essayer de créer de nouvelles choses, faire évoluer mon poste mais je ne sais pas trop comment.
    Bref beaucoup de tournage en rond et d’incertitude quant à l’avenir (ben oui, comme tout le monde). Après peut-être qu’à la trentaine tu te concentres sur les enfants (si tu en veux) et tu laisses ta carrière en pointillé. Et à la quarantaine tu reprends les choses en mains. Une chose à la fois 😉

    1. En fait je suis peut-être sadique (pardon) mais je dois dire que ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule dans cette situation (même si je m en doutais quand même un peu). Bien sur ce n’est pas facile de tout concilier, entre les projets perso la vie pro, etc. Et j’aime ton crédo : une chose à la fois (en Allemagne ils disent un pas après l’autre 😉 ).

  19. Ah manager des gens, quelle horreur… J’aime encadrer et aider, conseiller en fait, mais gérer une équipe au quotidien, avoir une vision globale sur leur travail, très peu pour moi ! (ça étonne toujours mes boss quand je dis que je ne veux pas gérer de gens, je ne sais pas trop comment je dois le prendre :s )

    Au vu de tes explications, je pense qu’attendre après BB2 est la meilleure solution… Principalement parce que, pour moi, s’attaquer à un nouveau défi pro alors qu’on va en être coupée pendant 12 mois ou plus, c’est difficile et probablement très frustrant. Tu vois ce que je veux dire ? T’as (durement) obtenu ton poste, tu t’y mets gaiement, pleine de confiance dans tes capacités et prête à surmonter les obstacles … et puis tu pars un an et demi. Là, d’un coup, tu ne touches plus à tes projets, tu ne fais plus rien (enfin… entendons-nous : « rien » entendu comme « s’occuper d’un nouveau-né et d’un enfant en bas âge »). Je pense qu’on profite plus d’un nouveau poste si on peut s’y consacrer « à fond » (toujours entendu comme « en plus de s’occuper d’un bébé et d’un enfant en bas âge » :p ).
    C’est clair que la fonction publique n’aide pas à visualiser un changement… Les avantages sont indéniables et ce serait bête de cracher dessus ! Mais, si effectivement, tu as besoin d’épanouissement dans ton travail (cf. toutes tes interrogations !) et que la fonction publique ne te l’apporte plus, c’est aussi à mettre dans la balance : présence pour tes enfants grâce au temps partiel ou job épanouissant au possible ?
    Sans oublier … que ces deux choses ne sont pas forcément incompatibles 😉 Je pense fondamentalement qu’il y a presque toujours moyen de trouver un job qui reliera les deux pôles, pro et privé.
    Est-ce que tu sais quels types de postes tu voudrais occuper, qui te rendraient heureuse, tout en conservant ta vie familiale telle que tu la souhaites ? (je demande souvent à mes candidats : « dans un monde parfait, vous voudriez faire quoi ? » hihi)

    Je n’ai pas un travail-passion, même si je bosse dans mon domaine de prédilection. J’ai besoin d’aimer mon travail pour être heureuse. Je me suis légèrement réorientée l’année passée, alors que j’étais entre deux grossesses aussi (+/- :p ). Mais c’était impossible pour moi de ne pas bouger. J’ai pu étoffer mes compétences au passage (je suis passée de recruteuse externe en consultance financière à responsable RH pour des asbl, des ong, des grosses boîtes, des petites pme). Maintenant on me contacte déjà souvent pour des jobs et je sais que si en plus j’améliorais un peu ma pratique du néerlandais, je m’ouvrirais complètement le marché de l’emploi dans le secteur, avec des opportunités de carrière incroyables.
    Mais je ne veux pas d’une carrière, je veux un équilibre 😉 (comme toi ?) Et pour le moment, je l’ai. J’adore le contenu et la balance entre les différents aspects de mon job (les dossiers plus pépères de la RH interne pour compenser le stress et les objectifs du recrutement), je preste en moyenne l’équivalent d’un 4/5e (je pourrais faire plus mais je choisis de ne pas le faire), avec des boss géniales qui me comprennent et me soutiennent, avec une flexibilité juste énorme (j’organise quand même mon horaire de A à Z comme je l’entends), une indépendance financière (ni haute, ni basse, juste comme il faut)… BB2 viendrait un peu bousculer nos habitudes pendant quelques mois mais je ne prendrais a priori pas de congé parental alors la coupure sera plus facile à digérer que dans ton cas, je pense ^^

    Bref, j’arrête là… Je voulais juste insister sur le fait que, pour tout ce que j’ai pu lire sur toi, on voit que tu tiens à ta vie familiale telle qu’elle est actuellement (limite tu en redemandes !) mais aussi que ta vie pro est une partie intégrante de tes objectifs de vie. Alors, je te dirais de oui attendre peut-être après BB2 mais après cela, ose mettre le museau dehors et considérer une autre voie. Ca ne coûte rien de toute façon 😉

    1. Oh ouah merci miss chat !! J’ai l’impression d’avoir eu droit à un coaching RH gratuit c’est trop gentil de me donner autant de pistes 🙂 . Et je crois que tu as raison : pour le moment rien de ne servirait de presser les choses, le moment n’est pas opportun mais après je pourrais / devrais sérieusement y réfléchir !! Et finalement ma vie professionnelle est encore suffisamment longue je ne dois pas déjà la considérer comme « bloquée ». Ca me rassure aussi beaucoup de lire que tu n’es pas non plus attirée par le management… Est ce que tu ne trouves pas que ça peut me dévaloriser si je l' »avoue » aux RH par exemple dans le cas d’une éventuelle mobilité interne ? Peut être que je dois aussi persévérer un peu et que ça va finir par venir ? En tout cas merci encore pour ton long et passionnant commentaire 🙂 .

      1. Oh bah de rien, je n’ai pas vraiment fait de coaching (enfin… je ne crois pas ?)
        Ah non, si tu considères ta vie pro bloquée à 30 et dès, c’est que tu as un problème pour te projeter haha :p
        Oui, je ne fermerais pas la porte au management non plus. Gérer une équipe, ça peut aussi venir avec l’expérience : plus d’assurance, de temps, les goûts et les affinités qui changent aussi…
        Heum sinon pour le dire ouvertement, ça dépend la personne en face de toi… Perso, je considère que « non » aujourd’hui ne veut pas dire « non » demain mais ma collègue n’est pas comme ça par exemple. Je dirais que, tant que tu n’es pas sûre de détester ça, ne l’évoque pas aussi concrètement. Laisse la porte ouverte en gros mais sans insister sur ton intérêt ?

        1. Oui ça me va tout à fait comme solution 🙂 . Je me dis que le déclic peut encore venir pour le management. Merci encore de tous tes conseils !!

  20. Oh comment dire, ce billet réveille tellement de choses en moi aue je ne sais par oè commencer… disons que venir vivre en Allemagne a brisé ma carrière, voilà, c´est dit. Et je comprends ce que tu ressens.
    J´ai fait de bonnes études en France, y avaias un bon job, grimpait doucement mais surement… Je suis venue ici en expatriation, y suis restée pour mon mari, ai pris un congé parental forcé pour mon deuxième enfant car mon contrat d´expat était fini. Moi les tout petits bébés ca ne m´éclate pas, je ne regrette pas ces trois ans mais ils n´étaient pas choisis au départ. Ensuite j´ai cherché un poste (à temps partiel bien sur, difficile de faire autrement avec des enfants en Allemagne) et n´ai trouvé que dans un organisme para public. Donc comme toi, salaire extremement reduit. Depuis je m´y ennuie et n´ai aucune perspective d´évolution car la structure est trop petite. Je leur suis reconnaissante de m´avoir embauchée et de m´accorder des horaires extremement flexibles. Mais quand je vois la carriere de mes amies en France, je pleure. Je profite certes plus de mes enfants, ils n´ont jamais eu une nounou, je suis là à la sortie de l´école , pour les emmener aux activités, c´est de super moments. Je ne serais peut-etre pas plus heureuse en super businesswoman maman affairée, je ne sais pas. J´essaie de chercher autre chose mais difficile de trouver un job qui me laisse autant de libertés horaires. Et je tiens À travailler pour que ma fille ne pense pas que la place dd´une maman est à la maison. Mais souvent je regrette que mon diplome ici ne soit pas plus reconnu et me demande si plus tard je devrais encourager mes enfants à faire de longues études.

    C´est tout à ton honneur de vouloir attendre le retour de ton congé parental pour essayer de changer de poste, mais moi j´essaierai déjà de discuter avec ma hierarchie: j´ai plusieurs exemples autour de moi où BB2 a mis plusieurs années – voire dans un cas nést jamais arrivé. Je ne te le souhaite pas, mais ca peut malheureusement arriver

    1. Je me reconnais bien sur en partie dans ton expérience. Moi aussi finalement j’éprouve avant tout de la reconnaissance pour mon employeur actuel. Et parfois j’envie les carrières de mes copines francaises à temps plein. Mais d’un autre coté pour rien au monde je n’échangerais avec elles… J’aime trop ce temps passé avec mon fils, bien plus je crois que le temps que je passais avant sur mes super projets. Et mon congé parental a été une des plus belles années de ma vie…
      Concernant BB2 j’ai bien sur conscience que ce type de projet ne se réalise pas toujours ou toujours quand on veut. Mais je sais que si je suis en essai, je n’aurais pas l’esprit libre pour m’investir à fond dans un nouveau poste, surtout les premiers mois. Et j’aurais aussi un peu l’impression de trahir la confiance de ma hiérarchie. Mais bien sur si les essais ne marchent pas au bout de quelques mois j’y repenserai et changerai peut etre d’avis. Pour le moment je me laisse la possibilité de poursuivre un projet à la fois, d’autant plus qu’autant d’un point de vue familial que professionnel, rien ne presse 🙂 .

  21. Avec un peu de retard, je découvre cet article que j’aurais pu écrire moi-même. Je me reconnais bien dans ta façon de travailler et les questions que tu te poses. D’ailleurs, j’en suis arrivée à la même conclusion : je patiente pour le moment et je continue à réfléchir plus largement à ce que j’aimerais faire et dans quelles conditions… ça me rassure de voir qu’on est plusieurs dans la même situation en tout cas !

    1. Oh je suis étonnée je pensais jusqu’à maintenant que tu étais une business woman épanouie 🙂 . Mais bienvenue au clan des mamans un peu frustrées professionnellement alors 😉 .

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