Féministe à reculons

Féministe à reculons

Lorsque j’observe mon histoire familiale – ou, pour être plus précise, l’histoire des femmes de ma famille, je m’interroge. Je ne suis pas la seule dans ce cas je crois, en tout cas cette histoire semble représentative d’un mouvement plus général. Elisabeth Badinter l’évoque même dans son livre très célèbre et que je vous conseille, pour vous faire votre idée : « Le conflit – la femme et la mère ». J’ai envie de vous parler aujourd’hui de mon point de vue sur tout ça, le féminisme et la maternité, un point de vue très personnel et donc forcément très subjectif.

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Petit rappel des faits pour commencer. Ma grand-mère maternelle n’a jamais travaillé. Elle a eu son premier enfant à 19 ans, deux autres ont suivi, et elle est restée à la maison s’en occuper. Je ne suis pas sûre qu’à l’époque on se posait vraiment la question dans son milieu. Et puis sans frigo, sans lave-linge, et j’en passe, j’imagine qu’elle avait largement de quoi faire. Le fait est cependant que ma grand-mère n’a jamais vraiment semblé accepter cette condition. Femme au fort caractère, je crois qu’elle a ressenti une immense frustration. Qu’elle aurait sans doute aimé plus : étudier, sortir de chez elle, voir autre chose, gérer son argent. Et qu’elle a éduqué ses trois filles avec cette ambition. Ses filles, dont ma mère, donc. Ma mère qui a fait des études avancées pour son époque, et qui a toujours rencontré un grand succès dans son travail. Lorsqu’elle-même est devenue mère, elle a demandé un temps partiel, mais il a été refusé. Alors elle a fait ce qui lui semblait le mieux : elle a continué à travailler, beaucoup, et demandé à son mari et sa mère de l’aider – jusqu’à devenir, un jour, la principale source de revenus du foyer.

Ma sœur et moi avons donc été élevées avec un père ultra présent, très investi dans l’éducation de ses enfants comme dans la vie de la maison. Élevées aussi un peu par nos grands-parents, qui nous gardaient tous les soirs après l’école, le mercredi et pendant les vacances. Et grandi avec une mère forte,  admirée et dont nous étions fières. Or, au cours des dix dernières années, ma sœur et moi sommes à notre tour devenues mères. Et étonnamment – ou pas, nous faisons manifestement « marche-arrière ». Ma sœur et moi avons toutes les deux fait de longues études qui auraient pu nous promettre de belles responsabilités. Mais… ma sœur et moi avons toutes les deux pris un congé parental d’un an pour la naissance de nos enfants, travaillons toutes les deux à temps partiel pour nous consacrer le plus possible à notre famille, sommes toutes les deux employées de la fonction publique avec des carrières au point mort,  et avons toutes les deux épousé un homme particulièrement absent. Pur hasard vous croyez ?

Peut-être que le modèle avec lequel nous avons grandi ne nous a simplement pas convaincues… – et si je ne parle que pour moi je peux à vrai dire l’affirmer. Parce que ma maman m’a manqué, énormément, et que mon papa et mes grands-parents si formidables soient-ils n’ont jamais pu rattraper ça. Parce qu’enfant, je rêvais toujours d’être malade de manière totalement imprévue pour que ma mère passe ne serait-ce qu’un seul jour avec moi. Ce manque, c’est un point sur lequel je m’interroge beaucoup aujourd’hui en tant que maman.

Peut-être que j’ai autant souffert de l’absence de notre mère – à la sortie d’école, aux réunions de parents, au cours de danse – justement parce que ce n’était pas « normal » dans la société qui nous entourait à l’époque – nous étions en école privée catholique de surcroît ? Peut-être que s’il y avait eu un tiers de mamans, un tiers de papas et un tiers de nounous ou grands-parents attendant sur le trottoir le soir, je l’aurais mieux vécu ? Je ne sais pas…

Peut-être aussi que, ce qui m’a manqué, en plus du temps passé ensemble, c’est la qualité de ce temps comme on l’entend désormais souvent. Je ne veux pas accabler ma mère – qui n’a quand même pas trop raté ses filles dans l’ensemble – mais il est vrai que non seulement elle travaillait beaucoup mais qu’en plus, quand elle ne travaillait pas, elle ne nous réservait pas spécialement de temps. Elle faisait beaucoup de choses, pour nous la plupart du temps (cuisiner, organiser la semaine, faire des courses), pour elle aussi parfois (téléphoner avec ses sœurs, aller chez le coiffeur) mais nous n’avions pas de temps « rien qu’à nous ».

Ce qu’il est intéressant de noter par ailleurs, c’est que non seulement ma sœur et moi nous consacrons beaucoup plus à nos enfants et aux tâches ménagères que notre mère – mais que par ailleurs nous avons toutes les deux choisi des maris qui – pour des raisons principalement professionnelles – n’y participent presque pas. Comme si nous avions cherché à remettre les choses « dans l’ordre ». Comme si un certain machisme nous avait manqué ? Nous serions donc dans la famille féministes à reculons !? Plus sérieusement il y a matière à réflexion…

D’un point de vue professionnel c’est vrai mon couple n’est pas un modèle d’équité – loin de là même. Combiner temps partiel et poste à responsabilités étant presque impossible dans mon métier, je mets depuis deux ans très clairement ma carrière de coté – quand mon mari s’investit totalement dans la sienne. Alors oui,  parfois, j’envie les carrières des copines. Je ne suis pas toujours fière quand on me demande « ce que je fais ». Mais cette situation je l’ai choisie et personne ne me l’a imposée. Et la plupart du temps elle me convient très bien. J’aime cet équilibre entre toutes mes vies : de femme, de cadre, de mère, mais aussi de lectrice et de blogueuse. Je n’ai donc peut-être pas seulement « bêtement » fait marche arrière. J’ai étudié, j’ai un poste somme toute intéressant, je suis indépendante financièrement. J’ai juste défini, en pleine conscience, l’équilibre qui me convenait entre « ça » et le « reste ».

Concernant la place plus générale de mon mari dans notre vie de famille (sa capacité à préparer un biberon, faire une machine, calmer des cris), je me suis en revanche interrogée récemment sur ma volonté de « tout » faire. Au fond je crois que, ma mère n’ayant à mes yeux jamais vraiment joué son « rôle », j’ai eu peur, moi aussi, qu’on me le « vole », j’y étais au début surtout mal assurée. Alors inconsciemment sans doute, j’en ai tenu mon mari éloigné. Comme une envie d’hurler : « La mère c’est moi, ok ? ». Avec le temps mes pensées ont cependant beaucoup évolué. Je n’ai plus peur aujourd’hui , j’ai trouvé ma place de maman et de femme et me sens désormais prête pour un modèle plus équilibrée. Je m’interroge encore parfois, sur les rôles de papa et de maman notamment. Mais je peux dores et déjà vous annoncer que depuis quelques mois je ne suis plus la seule à me lever la nuit et à savoir calmer les cris – et c’est en effet drôlement agréable !

Et vous alors dites-moi, la place des femmes dans vos familles : « marche arrière » ou « marche avant » ?

66 réactions au sujet de « Féministe à reculons »

  1. Je trouve ton billet très intéressant… Je pense également que le modèle d’avoir une mère présente joue beaucoup dans les besoins des enfants… Mais pas que… Il me semble qu’il y a une histoire de cerveau reptilien, et que la mère est programmée biologiquement pour répondre aux besoins primitifs de ses enfants. Chez nous, c’est ma mère qui est restée à la maison pour se donner corps et âme à notre éducation. Aujourd’hui, je laisse mon mari s’immiscer pleinement dans l’éducation de nos enfants. Quand j’ai passé l’agrégation, c’est lui qui a « élevé  » Chucky pendant 10 mois… J’ai beaucoup culpabilisé… De ne pas être comme ma mère… Mais la réalité est ainsi: j’aime faire des choses pour moi, pas forcément pour mes enfants, même si je les aime plus que tout…

    1. Je ne pense pas vraiment qu’il soit question d’amour et je ne doute pas une seconde du tien pour tes enfants 🙂 . C’est plein d’autres choses qui ne sont pas très claires pour moi non plus, peut-être le cerveau reptilien comme tu dis ! En tout cas je note que chez toi c’est plutôt « marche avant » 😉 .

  2. très bonnes réflexions…pareil ici, quoiqu’en mélangé (à la fois « marche avant » et « marche arrière », je dirais).
    PS. je ne peux pas m’empêcher de remarquer que tu as anobli Badinter 🙂

    1. J’aimerais en savoir plus sur ce savant mélange 😉 . Pour Badinter oups, c’est drôle ! Je vais corriger, merci de me l’avoir signalé.

      1. Elle le mérite bien, allez ! J’ai lu son bouquin grâce à ton commentaire d’il y a quelques mois, merci. (j’ai également regardé hier ton commentaire sur Makine : je n’ai lu qu’un livre de lui, La fille d’un héros de l’Union soviétique, je te le conseille ! Et je lirai celui-ci à l’occasion)
        Mhhh pour moi je dirais que c’est marche avant dans la mesure où ma mère s’est consacrée à nous (tout en étudiant puis en travaillant, mais la carrière de mon père a toujours été la priorité), mais, comme ta grand-mère, elle nous a inculqué très jeunes l’idée que nous, en revanche, on devait « faire mieux qu’elle » (même si, à bien y réfléchir, cette expression me semble absurde…étant sa fille je trouve forcément qu’elle a fait un bon boulot 😉 ). D’une certaine manière, c’est ce que j’ai fait, dans la mesure où j’ai attendu de finir mes longues études et d’avoir un pied dans ma carrière rêvée pour avoir mon premier enfant. Cependant, force est de constater que, si j’étais célibataire et sans enfant, je serais plus mobile et je pourrais postuler à des postes plus élevés que celui que j’occupe. Ce qui ne veut d’ailleurs pas forcément dire que je les obtiendrais !
        En tout cas, je suis d’accord avec Camille (plus bas) : c’est effectivement une tendance que je constate autour de moi aussi. Je crois qu’il y avait un article sur Le Monde très intéressant là-dessus il y a quelques mois, qui expliquant que la part des hommes dans les tâches ménagères, après avoir monté en flèche il y a quelques décennies, stagnait, ce qui faisait dire à l’auteur qu’il semblerait y avoir une forme de « statu quo » ou de « plafond de verre » que le féminisme n’a pas pu chambouler (de là à dire qu’il est « naturel »…on peut en discuter, et je ne veux m’attirer les foudres de personne).

        1. Ouah je suis hyper flattée que quelqu’un lise mes « critiques » et en plus s’en inspire pour choisir ses lectures ! D’autant plus que tu as l’air d’être une dévoreuse de livres ! A part ça je serait trèèèès curieuse de savoir ce que tu fais en Allemagne même si j’ai ma petite idée 🙂 .

        2. Ouah je suis hyper flattée que quelqu’un lise mes « critiques » et en plus s’en inspire pour choisir ses lectures ! D’autant plus que tu as l’air d’être une dévoreuse de livres ! A part ça je serait trèèèès curieuse de savoir ce que tu fais en Allemagne même si j’ai ma petite idée 🙂 .

  3. Très intéressant ton article ! (sélection hellocoton à minima !) le principal pour moi est que tu sois épanouie quel que soit ton choix ! Et c’est ce qui ressort à priori. Intéressant qu’on se sente obligée de faire carrière vu le combat qu’on menées nos mères. Il faut juste se dire qu’on a le choix. Et puis tu peux aussi reprendre ta carrière dans quelques temps quand ton petit sera plus grand !

    1. Merci pour le pronostic mais HC est souvent imprévisible, on verra 😉 . Je suis d’accord avec ta conclusion finalement le principal c’est de pouvoir choisir !

  4. C’est vrai qu’à première vue, ça semble bizarre que vous soyez parties toutes les deux à l’opposé de ce modèle, qui est pourtant le plus mis en valeur à l’heure actuelle et alors même que vous l’avez toujours eu à la maison.
    Mais à te lire, je mettrais de côté le féminisme ici en fait. Comme tu dis toi-même que ta maman t’a manqué, j’ai plutôt le sentiment que tu essayes de recréer une situation où justement l’image, le rôle de la maman présente, qui se concentre sur ses enfants plutôt que sur sa carrière, revient au centre du schéma. Comme si c’était ce que ton inconscient avait fini par programmer comme modèle sur base de ce qu’il a vécu, de comment il a souffert ou été heureux 😉
    Cela dit, c’est intéressant de constater, notamment avec ton article, que peu importe le background familial, on peut évoluer et construire sa propre vision de la parentalité/maternité selon des schémas qui peuvent différer de nos parents … ou non !
    Personnellement, je ne saurais dire si c’est « marche avant » ou « arrière » chez moi… Je crois que je suis justement à un équilibre entre les deux dernières générations. Ma grand-mère était une femme indépendante et active, qui a fait des études scientifiques, a toujours travaillé et supporté sa famille mais qui n’avait pas vraiment la fibre maternelle : un peu la caricature de la femme carriériste (et peut-être féministe). Ma mère au contraire a vécu toute sa vie des allocations sans vouloir travailler, avec un conjoint pris par le boulot et absent (quant à sa fibre maternelle heu… pour faire simple, nous l’évitons autant que possible). Je pense m’être calée entre ces deux-là : je m’investis dans mon boulot sans déborder sur le temps que je passerais avec ma fille, mon mari est présent et s’occupe tout autant d’elle que moi… et j’ose espérer que je ne suis pas aussi névrosée en matière de maternité !

    1. Comme quoi finalement ton expérience comme la mienne prouve qu’on peut construire sa vie différemment de ses parents et ça déjà c’est top !

  5. Je trouve ton article très intéressant, surtout ton point de vue vis à vis de ta mère.
    Dans mon cas, je dirais que ma mère nous a montré un visage équilibré un choisissant des postes qui lui ont permis d’être très présente dans notre petite enfance, puis de prendre de plus en plus de responsabilités ^^.
    Pourtant, ma soeur et moi sommes parties dans deux directions différentes : elle est carriériste, moi, j’ai comme toi épousé un homme très pris, pas forcément eu les dents assez longues pour ne serais-ce que commencer une carrière, choisi de suivre mon mari où qu’il aille et de faire des enfants ^^.
    Mais j’ai l’espoir, sans viser une carrière de malade, de trouver un job épanouissant un jour pour mon équilibre personnel.

    1. Je te le souhaite aussi vraiment ! Après tu gères déjà en ce moment une très grande maison en travaux et ca pour moi ca vaut largement un poste à temps partiel je crois.
      J’imagine que cette différence de mode de vie fait aussi que vous n’etes pas très proches avec ta soeur ? Est-ce qu’elle a déjà des enfants ?
      Tu en as déjà parlé, c’est quelque chose qui m’interpelle un peu, ta relation plutot distante avec ta soeur. Je ne me souviens plus si tu as déjà écrit un article sur ce thème mais ca m’intéresserait !

  6. Moi j’ai été élevée par deux parents très présents qui se répartissaient les tâches de façon équitable… Honnêtement avoir des parents aussi « parfaits » ça fout la pression! Mais il faut bien avouer quelque chose que je me refuse à reproduire : mes soeurs et moi avons été la seule « passion » de notre mère. Du coup, maintenant que nous sommes parties… Il ne lui reste plus grand chose. Et ça, il est hors de question que cela arrive. Je veux vivre d’autres choses en plus de ma fille. Même si je l’aime plus que tout elle ne me « suffit » pas pour vivre une vie pleine et épanouie… J’sais pas si je suis bien claire là… Pfiouu.. J’vais me piauter. En tous cas merci pour ce bel article! Ca fait réfléchir…

    1. Avoir des parent presque parfaits en effet ça ne doit pas être forcément évident. L’avantage par exemple me concernant c’est que je ne ressens (presque) aucune culpabilité à être partie vivre à l’autre bout de l’Europe. Cette liberté je veux aussi l’offrir à mon fils c’est pourquoi moi non plus je ne veux pas qu’il soit ma seule passion et j’essaie de conserver d’autres choses à côté…

  7. je trouve ton article très intéressant et en tant que féministe il m’interpelle pas mal. A côté de cela j’en retient que (et il me semble que ce n’est pas la première fois) tu dévalorise pas mal ton boulot alors qu’il a l’air plutôt top. C’est quoi exactement le problème? Ça donne un peu l’impression que tu es une carriériste (sans aucune vue péjorative à cela) qui s’empêche de l’être, peut-être justement pour ne pas reproduire le rôle de ta maman. Mais du coup je ressens de ta part un parfum de déception sur ce côté là.
    De mon côté ma maman n’était pas toujours très présente, très investie dans ces très nombreux et variés jobs (pas carriériste mais la bougeotte et l’esprit créatif) ; mon papa, en tant que prof passait beaucoup plus de temps avec nous, gérait beaucoup l’administratif et la maison. Mais je n’en ai aucune tristesse, ou aigreur, peut-être parceque les moments de vrai partage avec elle étaient bien là tout de même comme tu le dit.
    Est-ce que tu en as déjà parlé avec ta maman?
    Pour les tâches ménagères, je pense que même avec des modèles comme les nôtres, on a encore trop un modèle de société où les femmes doivent tout gérer. Chez moi on partage pas mal, parceque je ne suis pas beaucoup chez moi entre le boulot et les trajets, mais je suis persuadée que si j’étais à temps partiel, ça serait moi qui ferait le plus gros. Quand on ne dira plus que les conjoints « aident » leurs femmes, c’est là qu’on aura gagné!

    1. Merci pour ton commentaire qui me fait moi même réfléchir 🙂 . Concernant mon travail il est top niveau conditions : bon salaire, temps partiel toléré, collègues sympas etc. Niveau contenu en revanche (responsabilités, taille d’équipe) c’est vrai qu’il est « en dessous » de ce dont je rêverais spontanément. Et mon temps partiel actuel (ainsi que mes projets de BB2) m’empêchent de demander un changement. Voilà tu sais tout je crois 🙂 .
      Non je n’ai jamais vraiment parlé de tout ça avec ma mère, d’ailleurs j’avoue que j’ai un peu peur qu’elle tombe sur cet article et d’un autre côté elle ne serait pas étonnée de son contenu je pense.
      La thématique féministe est très complexe dans l’absolu on partage quand même beaucoup les tâches ménagères avec mon mari. C’est plutôt vis à vis de Pierre que ça n’a pas été le cas au début. J’ai choisi un titre un peu provocateur mais tu auras compris j’espère que je ne suis ni contre le travail des femmes ni contre le partage du ménage 😉 .

      1. alors j’espère que tu trouveras le travail de tes rêves dans l’avenir, celui qui réconcilieras tes facettes carriériste et maternel! Ne laisse pas tomber tes rêves professionnels car ils semblent aussi important pour toi que tes besoin familiaux. Et je me permets, si tu y arrives, essaie d’en parler avec ta mère… On croit connaitre nos parents par cœur, mais parfois on a de grosses surprises, et c’est toujours enrichissant d’avoir leur version de ce genre de mécanisme de reproduction. Suite à une situation particulière, mon papa m’a pas mal parlé de son enfance ces derniers temps et il m’a frappé de voir que certains nœuds personnels se fondent entièrement dans une problématique de répétition familiale.
        -et oui ne t’inquiètes pas il n’y a pas d’équivoque anti-feministe à ton texte 😉

  8. C’est absolument fascinant comment l’éducation et les choix de nos parents nous influencent (même quand on essaye de prétendre le contraire). Je dirais marche en avant pour moi vu que ma maman n’a jamais pu faire d’études comme elle l’aurait souhaité et qu’elle nous a poussé à faire ce dont on avait envie. Mais en même temps je retrouve beaucoup de mon père dans mon mari. Ma mère n’était pas très présente comme la tienne mais pas par choix et du coup, j’espère avoir ce choix la le moment venu. Il y a quelques mois je me voyais bien maman au foyer ! Mais maintenant que mon boulot m’epanouit ce n’est plus aussi évident !

    1. Quoiqu’on fasse (au foyer, à temps partiel ou à temps complet) je pense qu’il n’y a pas de solution parfaite et qu’il s’agit toujours d’un compromis entre différents facteurs. Du coup j’espère que tu pourras trouver celui qui te convient. Concernant l’influence de nos parents je te rejoins c’est presqu’effrayant !

    2. Tout pareil que ma soeurette mis à part que je ne retrouve pas complètement mon mari dans mon papa mais cela tend à s’améliorer. Tu le sais bien, je ne suis à priori pas faite pour être maman au foyer (j’ai testé mais ça ne colle pas) mais j’espère quand même pouvoir dégager de mon temps pour mes enfants.

      1. « Cela tend à s’améliorer » ça m’a fait un peu rire car j’ai du coup l’impression que votre papa est l’homme idéal 😉 . Mais bon j’ai aussi une très très haute estime du mien de papa, alors je comprends 😉 .

  9. Ta subjectivité se lit dans le choix des mots, en avant, en arrière, féministe. En prenant plus de recul on peut plus aisément relativiser : il fut un temps où les femmes riches refilaient leurs enfants à une nourrice à la campagne dès la naissance, les paysannes partaient aux champs avec le bébé sur le dos, etc. Mille nuances de famille sont possibles, bien plus que le shéma étriqué qu’on nous vend actuellement.
    Dans mon cas je suis femme au foyer maintenant quasi, je stresse pour mon avenir mais j’ai fait le choix de mettre ma fille en priorité et ma vie entre parenthèse. Je sais que Lucie sera pas éternellement avec moi et qu’un jour elle volera se ses propres ailes, alors je veux profiter de cette période et plus tars je sais que je pourrai retrouver un autre rythme de vie. Par contre c’est vrai que mon choix est pas super valorisé par la société où je vis actuellement. On dit pas à une nounou si elle se repose bien quand elle promène la poussette pour faire dormir un bébé à bout…

    1. Tu as raison, beaucoup de schémas sont possibles. Et aujourd’hui s’occuper de son enfant peut être aussi vu comme un luxe parfois. Ta Lucie est encore petite j’espère qu’avec le temps tu trouveras aussi l’équilibre qui te convient. Mais tu ne m’as pas dit, ta maman travaillait ?

      1. Elle a eu une vie très active avant de nous avoir tardivement mon petit frère et moi. Mon père ne supportait pas ses horaires de boulot imprévisible et elle s’est retrouvé avec deux enfants dont une nourrisson et un (mon grand frère) avec un passé compliqué à gérer, donc elle a arrêté et nous a gardé.
        Elle me pousserait plutôt à bosser car elle trouve que notre société est moins stable et que c’est un risque pour moi si Julien décède soudainement par exemple.
        J’ai un équilibre qui me convient comme toi à 99%, puis parfois je sature quand Lucie est compliquée et que je suis fatiguée. C’est humain. Après je suis à l’aise avec mon choix, je regrette pas et je croise beaucoup de femmes (plus ou moins vieilles, certaines sont mêmes grand-mères) qui elles ont travaillé durant la petite enfance de leur enfant et me disent que j’ai raison selon elles d’en profiter et de partager ce moment unique avec ma fille.
        Par contre l’image que la mère au foyer a j’ai du mal, comme si gérer une maison et un bébé ce serait insignifiant comparé n’importe quel boulot. Et puis pour l’enfant rester près de sa mère c’est mauvais, il reste collé aux jupons et est pas sociable quoi…

        1. J’ajoute car il y a pas que ma mère qui compte : la maman du Chti aussi était au foyer, elle a accouché pendant le bac à 17 ans et ses parents ne pouvaient pas lui payer d’études. Donc elle a élevé ses 3 enfants et je crois que le Chti aussi a apprécié avoir sa mère de présente.

    2. Ah bah des personnes ont su expliquer plus clairement ce que j’ai essayé de dire au début, femme au foyer et féminisme ne sont pas antonyme. Je considère pas réaliser un retour en arrière à une domination masculine en ayant fait le choix que je mène. On a décidé ensemble avec le Chti de répartir des tâches entre nous, après tout pourquoi devrais-je faire 3h de trajet par jour (et donc ne pas voir ma fille littéralement en semaine) pour gagner à peine de quoi payer une nounou ? Autant que j’arrête tout et compte sur mon bon mari pour les finances 🙂

      Je m’exprime mal mais j’ai Lu sur les genoux qui veut à tout prix jouer avec la souris et je tenais à cette précision sur le féminisme

      1. En fait disons que c’est souvent un raccourci que les gens font : je travaille moins que mon mari, donc nous sommes conservateurs. Mais je n’ai personnellement rien contre les femmes qui se consacrent à leur enfant, je pense que tu l’auras compris à travers cet article 🙂 . Je ne pense pas d’ailleurs que cela puisse nuire à ta fille, sûrement pas même. A la limite tu me dirais que tu ne veux pas la scolariser je me poserais des questions ! Mais sinon elle aura bien le temps à trois ans je pense, de découvrir la collectivité. Concernant ta sécurité financière, c’est un argument que je peux davantage comprendre, surtout de la part d’une maman qui s’inquiète pour sa fille 🙂 . Mais ça reste un choix personnel et on n’est pas toujours obligé de prévoir le pire.

        1. Vi puis surtout je te connais 😉
          Pour la sécurité financière mes deux parents ont perdu leurs premiers compagnons de vie, donc ils savent particulièrement que rien n’est acquis et peuvent le craindre. Mais si jamais un malheur arrive, je pense avoir la capacité de rebondir et prévoir ma vie en fonction du pire c’est déprimant 😛 .

  10. Je crois que c’est une tendance générale. J’ai l’impression qu’à notre époque, il y a beaucoup plus de congés parentaux et de mères au foyer qu’à l’époque de nos parents. Je ne peux pas me rappeler d’une seule mère de copine qui ait été femme au foyer (bon, ok, si, une, sur des dizaines d’autres). Alors que des femmes qui ne travaillent pas ou plus, j’en vois plein autour de moi (c’est peut-être aussi que nos enfants sont petits : forcément, je n’ai pas trop d’éléments de comparaison avec quand j’avais moi-même 2-3 ans).

    Nos mères sont arrivées dans la vie active à une époque où c’était presque un devoir de travailler quel que soit son sexe, étant donné les grands combats féministes qui les avaient précédées. A présent, je crois qu’on en est un peu revenues, de cet idéal de la mère qui travaille.

    Parce qu’on s’est rendu compte que c’était compliqué de tout gérer. Moi-même qui ne suis qu’à mi-temps et avec un travail extraordinairement flexible, je n’y arrive pas ! J’ai TOUJOURS quelque chose en retard. Pourtant, nous sommes un couple évolué : mon mari en fait autant que moi à la maison (parfois plus !). Mais il travaille lui aussi, à temps plein pour le coup, et il ne peut pas s’occuper de tout non plus. Et je trouve ça dommage, vraiment, qu’on mène tous, à notre époque, cette vie de folie à toujours courir après le temps.

    Je ne dis pas qu’il faut renvoyer les femmes au foyer pendant que les hommes sont au travail. C’est vrai que pour les personnes qui s’opposent justement à ce système où tout le monde court sans cesse, ça se passe souvent comme ça. Parce que c’est ce qu’on connaît le mieux, parce que ça nous rassure peut-être d’emprunter le même chemin que nos grands-mères, parce qu’on se tape aussi trop souvent beaucoup plus de tâches ménagères que les hommes et que quitte à les faire, autant avoir le temps pour. Mais l’idéal, ce serait qu’on ait tous, hommes et femmes, du temps pour notre foyer. Quand on est tous les deux sur la route de 9 à 18h, j’ai du mal à voir à quel moment on peut dégager ce temps.

    Et tu vois, je pense pas que ce soit une question de féminisme, tout ça. Je pense que c’est une question d’hédonisme. Je crois que si beaucoup de femmes « retournent » au foyer (à temps partiel au moins), c’est parce qu’elles ne veulent pas arriver au bout de leur vie épuisées et désabusées comme elles ont pu le voir avec leurs propres mères. C’est évidemment très maladroit, puisque ça véhicule un message complètement obsolète (ce fameux « féminisme à reculons » dont tu parles), mais je pense vraiment que ça ne part pas d’une mauvaise intention.

    Et si au lieu de mépriser ces femmes qui font le choix de moins en faire professionnellement, on écoutait ce qu’elles disent, à savoir que c’est extrêmement compliqué de concilier une vie de famille et deux emplois à temps plein, peut-être que finalement on pourrait généraliser le temps partiel au deux sexes et créer une société plus facile à vivre, plus équitable et moins sexiste.

    (ça dérive un peu de ton propos, il y a peut-être eu dans ta démarche une volonté d’aller à contre-courant de ce qu’avait fait ta mère en particulier, mais je crois quand même ne pas trop me tromper en disant tout ça – de ma propre expérience, et des nombreux commentaires que j’avais reçus sur mon article « mère au foyer »… qu’ils aillent dans mon sens ou non, parce que ce que j’entends dans « MOI Madame j’ai le courage d’enchaîner une deuxième journée après mon travail à temps plein, même si j’en chie des ronds de serviette », c’est juste un grand « HELP »)

    1. Camille présidente ! 🙂 Sans rire je suis vraiment d’accord avec toi. D’ailleurs c’est aussi la conclusion à laquelle je suis arrivée sur l’article de miss Louna de la semaine dernière. L’idéal ce serait que tout le monde travaille moins (y compris mon mari). Du coup j’ai commencé à m’intéresser au thème de la décroissance je vous raconterai peut être le résultat de mes lectures 🙂 . À part ça c’est toujours un régal de lire tes commentaires à défaut de te lire sur ton blog 😉 .

    2. ah mais bien sûr que c’est une question féministe! On fait tous nos choix personnels, mais qui s’inscrivent dans des questions de société globaux. C’est comme dire qu’un violeur agit pour des question hédoniste, alors qu’ il agit aussi dans un contexte de culture de viol (pardon je viens de lire un article sur Brock Turner, ça m’a un peu perturbé). Les deux s’imbriquent toujours, et je trouve ça très juste dans l’article de le souligner.

    3. Oui, oui, Chat-mille présidente !

      Je suis d’accord avec toi sur le fait que chacun devrait pouvoir consacrer plus temps à son foyer ou, plus largement, à des activités non professionnelles (associatives, humanitaires, écologiques, politiques, sportives ou autres).
      Vive la décroissance ! J’ai hâte que Die Franzoesin nous en dise plus à ce sujet (mais j’ai un mari adepte à la maison….!)

      Par contre, je bugge sur l’impression que tu as qu’il y a plus de femmes au foyer maintenant qu’à notre époque : j’ai plutôt l’impression inverse, et j’aimerais bien avoir des données pour valider ou non mon sentiment.
      Même si, de toutes façons, nous n’étions pas non plus dans la même conjecture, avec un monde du travail acharné et compétitif à l’extrême, et que l’on pouvait aussi se permettre de refuser un emploi quand on savait qu’il était relativement aisé d’en trouver un autre mieux adapté à compatible avec nos attentes.

      1. Cette thèse, que les femmes de notre génération mettent davantage un frein à leur carrière professionnelle que nos mères est aussi cette d’Elisabeth Badinter je crois… Mais elle est bien sur « favorisée » par le chomage de masse : beaucoup de femmes restent au foyer par défaut.

  11. Je trouve ton article très intéressant. Mais je ne trouve pas que tu recules ! Pour moi le féminisme c’est l’égalité de droit mais aussi l’égalité de choix ! Et l’égalité passe par la liberté donc je trouve juste que tu as fait ton propre choix en fonction de Ce que tu souhaitais !
    Dans ma famille, ma grand mère n’a pas travaillé, mais elle aurait aimé s’occuper d’enfants, être assistante maternelle je crois. Elle ne l’a pas fait car elle s’occupait d’un enfant handicapé et elle n’a pas voulu le laisser alors elle a pas pu se former. Ensuite elle a rencontré mon grand père a 19ans ils se sont mariés et mon grand père a eu des postes importants mais dans le fin fond de la cambrousse alors elle était à la maison avec ses enfants. Elle a voulu que maman fasse de grandes études pour qu’elle n’ai pas à être femme au foyer. Maman a donc fait une école d’ingénieur, a rencontré mon père, l’a suivi, n’a pas trouvé tour de suite, m’a eu , a eu mes 2 frères et à repris le travail à presque 50 ans. Mais je ne pense pas qu’elle se soit épanouie à la maison. Et moi ben je suis à la recherche d’un emploi, mon fils a 4 mois et dans l’idéal j’aimerai reprendre à temps plein à ses 7 mois en septembre ! Je souhaite aussi changer de voie (je suis dans des postes administratifs et je m’ennuie), et devenir professeur des écoles. Donc pas non plus une carrière impressionnante et pleins d’ambition. Mais c’est un choix, j’ai voulu faire un bac + 5 dans la gestion je pensais vouloir être manager etc. Sauf qu’en fait je n’aime pas le monde de l’entreprise, je ne veux pas manager des gens je veux un travail qui ait du sens pour moi. Mon mari a un poste plutôt important et en cela je crois que nous sommes dans le cliché mais je m’en fiche car ce n’est pas par obligation ou pas soumission à un rôle que je fasse ça, je le fais pour moi et ça c’est féministe

    1. J’aime bien ce que tu dis : la liberté est plus importante qu’une égalité à tout prix ! Je te souhaite bonne chance pour ton concours, j’espère que ca va marcher. Je pense que de mon coté aussi il faut que j’envisage un petit changement professionnel pour trouver un métier plus adapté à mon temps de travail réduit.

  12. Super article qui donne à réfléchir.
    Je crois que malgré le fait que nos mères/grand-mères se soient battus pour nos acquis sociaux, la différence aujourd’hui est que nous avons le choix. Nous avons le choix de travailler 50h/semaine si nous voulons faire carrière ou de rester au foyer, ou d’être à mi-temps tout comme les papas ont le choix de rester à la maison s’occuper des enfants et la femme d’amener le plus de revenus. L’important est de se sentir à l’aise dans ses choix. Je sais que quand j’ai du rester à la maison pour m’occuper de mon fils car nous n’avions pas de place en crèche, je me suis sentie mal, frustrée et dépendante. Cependant quand je regarde en arrière, je sais que pour les 15 premiers mois de son existence, il a eu la chance d’avoir une maman totalement dispo, et ça ce n’est pas rien!
    donc voilà, pour résumer cette tartine (désolée ><), tant que chacun s'y retrouve, tout va bien et on peut être femme au foyer et féministe (et je sais que j'ai de la chance d'avoir un mari qui trouve normal – et ça l'est- de partager au maximum toutes les tâches)

    1. Merci pour les compliments ! Est-ce qu’on peut etre femme au foyer et féministe ? En effet, il n’y a pas de raison d’opposer les deux finalement !

  13. Pour moi, le féminisme, ce n’est pas vouloir faire comme les hommes. C’est vouloir être traitées comme eux. Être femme au foyer et féministe n’est pas antinomique : il y a des femmes qui en font le choix.
    Je trouve dommage que le terme féministe soit maintenant aussi réducteur et extrémiste – on imagine facilement la carriériste sans enfants (ou qui les fait garder) qui ne s’intéresse pas aux tâches domestiques.
    Sauf que, féministe ou pas, la majorité d’entre nous choisissent une vie équilibrée et endossent plusieurs rôles dans la journée – femme, mère, working girl… Tout est dans la mesure, et chacune devrait avoir le choix du temps qu’elle consacre à chaque rôle. Voilà ma vision du féminisme, et dis comme ça, tu n’y vas pas à reculons 🙂
    En revanche, tu dis avoir souffert de l’absence de ta mère. Tu n’as pas peur que Pierre souffre de l’absence de son père ?
    PS : ça m’y a fait pensé en lisant un commentaire, merci de m’avoir fait découvrir hello coton, j’y vais maintenant très régulièrement 🙂

    1. Oh mais Camomille je découvre ton blog du coup tu ne m’avais pas dit que tu te lancais dans l’aventure bienvenue !! Je vais de ce pas m’abonner (mais as-tu une page HC du coup ? je ne la trouve pas…).
      Grace à vous mes lectrices formidables je réalise en effet que je ne suis pas forcément « anti-féministe » ou disons plutot que tout dépend ce que l’on met derrière ce mot. De toute facon j’y reviendrai certainement dans d’autres articles car c’est clairement un sujet passionnant.
      Concernant mon mari et mon fils c’est vrai qu’ils se voient peu mais pour le coup mon mari passe vraiment du temps de qualité avec lui. Quand il rentre le soir il s’y consacre à 100%… Par ailleurs je n’ai pas dit mon dernier mot et j’espère notamment qu’il changera bientot de poste, ce qui devrait lui permettre de ne plus travailler le week-end (on croise les doigts).

      1. Oui, je vais essayer de faire aussi bien que toi 🙂 (pas réussi à me créer un compte HC, on dirait qu’il y a un bug… je réessayerai)
        S’il arrête de bosser les week-end, effectivement ça serait top pour Pierre et surtout pour toi ! Je croise les doigts avec toi

  14. Bonjour,

    Comme plusieurs l’ont dit plus haut « l’égalité de choix » me semble avoir son importance. Le fait d’avoir le choix de travailler ou non, à temps plein ou non, pour le père ou la mère est un élément important.
    En lisant ton histoire je vois que tu n’as pas voulu reproduire le choix de ta maman. Ca doit avoir tout un tas de significations. Chez nous ma mère est institutrice et mon père ouvrier. Je me souviens que la mère m’a souvent déposé à la garderie avant d ‘aller dans son école (en primaire notamment), et d’être allée à l’étude. Mon père s’est toujours beaucoup occupé des tâches ménagères et de la cuisine. Il venait à l’école aussi de temps en temps, mais laissait ce côté là plutôt à ma mère. J’ai le souvenir de parents plutôt présents, à des moments et activités différents. Actuellement je bosse en tant que salarié et mon mari lui cherche du travail tout en travaillant à la maison. On essaie un maximum de partager les tâches à la maison, même si j’avoue que la cuisine c’est pour moi, et puis je m’organise la semaine dans ma tête à l’avance et je suis plus au « taquet » que lui pour certaines choses, mais on y arrive.
    On essaie de faire des activités avec notre puce à la fois ensemble et séparément. On cherche surtout un équilibre et c’est ça le plus important.

    Bon après midi.

    1. Oui je crois que tu as noté les mots les plus importants : choix et équilibre, et les modèles que tu me décris me font un peu rêver 🙂 .

  15. Salut,
    Je ne pense pas qu’on soit dans un retour en arrière. Je ne pense pas qu’il faille stigmatiser les femmes qui, aujourd’hui, ont décidé de se consacrer à leurs enfants. Aujourd’hui, la lutte ne doit pas se faire contre ces femmes, mais au contraire pour que chaque femme ait la possibilité de faire son CHOIX. Que le fait de rester chez elles à s’occuper de leurs enfants ne leur soit pas imposé. Que le fait de faire une carrière non plus. Cependant, la lutte doit se consacrer sur le fait de reconnaître ce choix, au niveau des retraites par exemple, pour qu’aucune femme ne soit discriminée. Laisser la chance à chacun d’avoir une garde d’enfant abordable (tant dans le nombre de places que financièrement). Bref, garantir ce choix. Être suivie, quoiqu’on décide, rester à la maison (un peu, beaucoup), ou travailler. Avoir un enfant ou en avoir quinze. Et surtout ne pas exclure les hommes de ce choix. Prendre cette décision en commun, pour que chacun, en toute conscience, prenne sa place…
    Bonne soirée !
    Marine

    1. En fait je suis tout à fait d’accord avec toi, l’objectif ne devrait pas être que les femmes soient aussi peu disponibles que les hommes pour leurs enfants mais que chaque couple puisse trouver l’équilibre qui lui convient. Ca reste une décision très personnelle…

  16. Merci pour ce bel article passionnant, qui donne à réfléchir. Il est aussi beaucoup plus intime et personnel que le mien, qui se contentait de décrire les aspects inégalitaires de la place des femmes et des hommes, et notamment des parents, dans le monde professionnel.

    Par contre, tout comme Popie et Camomille, je ne suis absolument pas d’accord avec toi sur la définition que tu donnes au mot « féministe » ! Pour moi, le féminisme prône le choix de pouvoir avoir les mêmes droits entre les femmes et les hommes. Et l’organisation que tu décris, tes choix de vie, sont totalement en accord avec cette notion de choix ! Le fait que tu aies décidé de consacrer plus de temps à ta famille que n’as pu le faire ta mère ne fait en aucun cas de toi une « féministe à reculons » ! Ça m’attriste que tu penses cela de toi, et du coup, avec ce problème de vocabulaire, je comprends mieux pourquoi nous n’étions pas toujours d’accord à ce sujet. (Et, en passant, ça m’attriste et me désole que ce terme ait pris cette connotation négative et extrémiste : que faut-il utiliser comme terme, du coup ?)

    A travers ton discours, on sent encore un reste de cette souffrance d’enfant de n’avoir pas eu ta mère à tes côtés autant que tu l’aurais souhaité. J’ai l’impression que c’est plus pour éviter ce genre de souffrance à Pierre que tu as fait ce choix. Comme si tu cherchais à créer cette mère idéale qui t’avait manqué. Je rejoins aussi Pititecarotte sur le fait que souvent, lorsque tu nous parles de ton travail, de ta non-carrière comme tu l’as toi-même baptisée, on sent une pointe de déception, comme si tu te décevais toi-même. Je trouve ça vraiment dommage, parce que, de ce que je peux en juger (c’est-à-dire, pas grand chose ! 😉 ), tu m’as l’air d’avoir bien réussi professionnellement, mais que tu es très sévères avec toi-même.

    Le regard que tu portes sur ton histoire familiale est vraiment riche, et je t’admire d’avoir une telle lucidité. Tu as vraiment réussi à analyser ce qui ne te convenait pas et à te détacher de cette histoire pour pouvoir faire tes propres choix et ne pas reproduire ceux de tes parents (encore une fois, j’enfonce le clou, mais pour moi, c’est le comportement typique d’une féministe : être consciente des différentes options et choisir en toute connaissance de cause !). Bravo à toi, parce que, sans avoir encore osé faire ce même travail sur mon histoire familiale et mes véritables envies, je ne crois pas être encore parvenue à m’en détacher aussi bien que toi.

    Je ne sais pas quelles sont tes relations avec ta mère, mais si tu sens que c’est possible, je te conseillerai d’essayer de parler de tout cela avec elle : avoir mis des mots dessus, pour rédiger cet article, a déjà dû t’aider à y voir plus clair. Cela peut peut-être faciliter votre discussion ? En as-tu déjà discuté avec ta soeur, également ?

    Bon, sinon, pour assouvir ta curiosité (non non, pas la peine de le nier, je sais bien que tu meurs d’envie de me poser la question ! 😉 ), ma mère a fait de longues études scientifiques (tout comme sa mère avant elle, d’ailleurs !), elle a toujours travaillé alors que mon père a pris un congé parental d’un an. Contrairement à toi, je n’ai pas vraiment souffert de cette situation, mais j’imagine que c’était parce qu’elle compensait en sortant tôt du boulot (elle rentrait tous les jours vers 18h) et qu’elle passait beaucoup de temps avec nous pour faire de la musique (près d’une heure tous les soirs pour faire du piano ensemble). Je l’ai toujours trouvée disponible et à notre écoute, et j’avoue avoir clairement voulu reproduire ce schéma dans ma vie de maman (un boulot dans lequel je m’épanouis mais qui me permet d’être libre de mon temps et de ne pas faire des journées trop longues). Après, je n’ai pas réussi à me détacher aussi bien que toi, car je n’ai jamais envisagé de prendre un congé parental ou de reprendre le travail à temps partiel, notamment par peur du jugement de ma famille, et de ma mère en particulier (bouh, la honte, je suis encore clairement une petite fille à sa maman, en quête d’approbation, mais j’essaie de me soigner !). Bon, je reste également convaincue que ce n’est encore malheureusement pas possible d’adapter mon temps de travail sans que ma carrière en pâtisse….. Mais c’est un autre sujet dont on a déjà parlé par chez moi ! 😉

    1. Louna je crois que tu vas remporter le prix du commentaire le plus long 😀 . Je ne reviens pas sur l’association mère au foyer / pas féministe, j’ai bien compris 😉 . Concernant ma frustration professionnelle c’est drole je n’avais jamais réalisé que j’en parlais « autant » ou en tout cas que cela ressortait à ce point de mes propos. Mais c’est vrai en ce moment je ne suis pas hyper épanouie au travail. Et du coup je pense que je vais écrire un article sur ce thème, au moins je vous expliquerai tout ! Avec ma soeur oui nous en avons déjà parlé car ca saute aux yeux quand meme, ce chemin de vie un peu en opposition à celui de nos parents. En revanche avec ma mère pas vraiment et je ne suis pas sure de souhaiter le faire (à quoi bon aujourd’hui ? ca lui ferait de la peine pour rien… de toute facon elle se rend compte d’elle meme que nous ne suivons pas son modèle). Ce que tu racontes de ta mère ressemble à un bel équilibre. Et d’un autre coté je suis étonnée de lire que son regard t’a peut etre empechee de faire ce dont tu avais peut etre profondément envie ?

  17. Ton article me fait beaucoup (trop?) réfléchir et mes méninges te remercient 😉
    J’ai tendance à mettre des pieds dans le plat et j’espère que je ne vais pas t’offenser (sinon tu me le dis hein). Aussi je suis une scientifique et je n’ai jamais eu un seul cours de sociologie ou psycho donc ce que je dis n’est que mon interprétation qui est sans doute autant biaisée par mon propre vécu.

    Dans le fond il n’y a rien d’antifeministe à vouloir consacrer du temps à son enfant. Mais je dois dire que tu donnes l’impression de ne pas te considérer comme l’égale de ton mari est cela est peut être un peu un retour en arrière. Peut être bien que tu surcompenses inconsciement ta maman mais il me semble que tu n’attends pas beaucoup d’Ulrich pour Pierre mais aussi la cuisine, la maison… (j’avais aussi tiqué sur le « mon mari m’à demandé d’apprendre à lui faire de la rhubarbe »).

    Pour le manque de ta maman à l’école c’est, à mon avis, influencé par la société. Je suis née dans une communauté ou beaucoup de mamans travaillaient et où il y avait quasi que des nounous à la sortie de l’école et devines quoi? Je trouvais ça normal ! Et ça ne m’as pas empêché d’avoir une relation très forte (voire fusionelle) avec ma maman.
    Samedi dernier j’ai eu une discussion très intéressante avec des américains (je suis actuellement en visite chez ma soeur là bas) qui me disaient qu’en Europe on est très attaché au temps libre (par exemple chez eux un jour férié est souvent compensé en argent qu’en journée de congé). Pour eux le mieux que tu puisses faire pour tes enfants c’est gagner beaucoup d’argent pour qu’ils n’aient jamais à se faire de soucis. Je ne suis bien sûre pas de cet avis mais je dois reconnaître que leurs enfants n’ont pas l’air malheureux même si certains travaillent 80h/semaine. Du coup je pense que l’idée qu’on se fait du devoir de nos parents et les déceptions qui en découlent sont des notions purement societales. D’où l’intérêt de la sensibilisation à l’égalité dans nos communautés pour que ce ne soit pas grave si papa est plus impliqué dans l’éducation que maman (mais on a droit d’avoir ses préférences bien sûr 😉 ). Pour pousser le bouchon un peu loin je dirais même qu’il ne devrait pas y avoir de rôle de papa ou de maman sinon quid des familles mono/homoparental? Bref je m’égare et je te fais un pavé !

    Ce qui me marque aussi comme les autres lectrices c’est que tu n’as pas l’air satisfaite de tes choix alors je me demande si tu le fais parce que tu en a envie ou si c’est parce que « c’est la bonne chose à faire  » selon le courant actuel du Montessori et compagnie (je dis peut être des bêtises je n’ai jamais lu Montessori mais c’est l’idée que j’en ai). Comme tu le dis le problème avec ta maman n’est pas que le travail et je pense que ce n’est pas parce que tu travailles à temps plein que Pierre t’en voudra plus tard. Tu n’es pas ta maman et tu peux trouver une façon d’être une super maman tout en aillant un travail correspondant à tes ambitions. C’est en tout cas ce que je te souhaite 🙂

    1. Merci pour ce long commentaire très intéressant ! Je ne me rendais pas compte jusqu’à maintenant que j’avais l’air aussi « frustrée » professionnellement ! Du coup je pense que cet article aura une suite sur ce thème 🙂 . Concernant le rapport au temps et aux normes sociétales je suis tout à fait d’accord avec toi c’est pour cela que j’ai précisé ces deux points dans le regard que je porte sur mon enfance. Concernant les roles de papa et de maman je ne suis en revanche pas certaine de te suivre 😉 . Mais j’ai aussi dit que j’écrirai un article séparé sur ce thème, patience !

    2. Je rebondis sur ta mauvaise utilisation de « Montessori » et me permets de faire une petite rectification 😉
      A la base, cette pédagogie ne consiste qu’à laisser l’enfant libre d’expérimenter son environnement à son rythme, en s’amusant, sans le brimer et en restant à l’écoute de ses besoins. Par déclinaison, on a la motricité libre, on a des activités proposées mais jamais obligatoires, on a des jeux d’éveil sensoriel, etc etc…. Ce n’est en aucun cas lié à la présence d’un parent, encore moins de la mère uniquement.
      Après, je te rejoins sur le fait que c’est à la mode en ce moment, parfois un peu trop, parce qu’au fond, beaucoup de parents appliquent ces principes dits « Montessori » sans le savoir !

      1. Je savais bien que je disais des bêtises 😉 merci pour l’information. Je serais alors intéressé de savoir d’où vient le courant actuel, parce qu’il me semble aussi que le retour de la femme au foyer est une réalité (surtout dans les pays comme l’Autriche ou ça redevient carrément la norme).

  18. Déjà il faut que tu saches que mon fils à la même brosse à dents.
    Ensuite je me posais la question des couverts en métal (je me l’étais déjà posé par rapport à une de tes photos sur instagram) mais bon, je sens que ce n’est pas le sujet …

    Bref, avant je pensais que les féministes n’étaient que des filles énervées aux cheveux courts qui détestaient les hommes. Je trouvais ça nul. Aujourd’hui je sais à quel point c’est important d’être féministe. Mais mon féminisme à moi, ne dis pas qu’une femme ne doit pas être femme au foyer et faire la cuisine si c’est son truc. Sinon on dérive de nouveau. C’est comme de s’être battu pour porter des pantalons et d’être jugée aujourd’hui quand on est en jupe.
    Franchement c’est une utopie culpabilisante de croire qu’on peut tout faire. On sacrifie forcément des choses, à nous de mettre nos priorités où on a envie. La vraie liberté c’est celle de choisir.
    Et puis d’un point de vue sociétal, avec la crise, le terrorisme, la sinistrose, ça ne me parait pas idiot de revenir à des valeurs fondamental comme la famille .

    1. La brosse à dents allemande, très bon choix ! Et les couverts en métal tu as peur du danger ? Il en a depuis ses un an à bouts très rond et pas de problème à signaler… (j’ai déjà vu des couverts en plastique très pointus).
      À part ça je pense moi aussi qu’il est utopique de penser pouvoir « tout » faire à fond et c’est aussi un peu le sens de mon article – à un moment on est quand même obligé de fixer une priorité.
      Sur le féminisme tu as raison et j’ai adoré ta comparaison avec le port de la jupe !

      1. Je ne sais pas pourquoi je bloque sur les couverts en métal. Risque d’électrocution à cause de l’électricité statique? XD Non, en fait je pense que c’est une histoire de taille. (Et puis il faut bien que je l’avoue quelque part, moi je mange avec des couverts en plastique parce que j’ai du mal avec le métal dans ma bouche).

  19. Depuis le temps que je lis tes posts, je trouve enfin le temps de commenter. Mes grandes-mères travaillaient toutes les deux. Et ma mère travaillait à temps partiel, enfin elle était médecin et avait certaines demi-journées de libres pour s’occuper de mon frère et moi. Ce qui fait qu’elle avait du temps pour s’occuper de nos devoirs et nousemmener à nos diverses activités. Du coup, je ne me voyais pas travailler à temps complet et laisser mon bébé 12h par jour chez la nounou (ceci dit je ne sais pas combien d’heures travaillait ma mère quand j’étais bébé…).
    Bref, avant ma grossesse je faisais du 8h-19h du lundi au samedi, certains samedi matins et des soirs et weekends de garde. Mon mari ayant aussi un boulot très prenant, je ne me voyais pas du tout continuer ainsi. Maintenant que bébé est là, finalement je bosse à temps complet mais 35h par semaine donc j’ai l’impression d’être à temps partiel lol !! J’ai les fins d’aprèm avec mon bébé tous les jours et ça me va bien.
    Après chacun fait comme il le sent. J’ai une copine qui bosse énormément mais dont le conjoint est homme au foyer et s’occupe de leur petite fille 🙂
    Comparé à elle, je suis dans un schéma très classique de la femme qui réduit son temps de travail pour ses enfants. Maisc’est un choix et mon mari étant à son compte, il était très clair dès le départ que ce n’est pas lui qui allait réduire son temps de travail. Entre ce qu’on voudrait dans l’idéal et ce qui est faisable en fonction des contraintes qu’on a, j’imagine que chacune fait au mieux…

    1. Ah mais je ne savais pas que tu me lisais en sous-marin bienvenue ici alors !! Je me reconnais pas mal dans ton exemple (finalement mon temps partiel est de 30h quand même). Et je te rejoins sur le fait que souvent on est obligé de faire des choix.
      Sinon j’espère que ton Loulou va bien si je me souviens bien il est né avec un problème au pied, n’hésite pas à nous donner des nouvelles sur DMT 🙂 .

      1. Notre bébé est en pleine forme malgré son souci à la jambe et au pied. Je viendrai raconter la suite de ses aventures sur DMT dès qu’il y aura du nouveau, mais pour l’instant on attend : les radios sont prévues fin juillet. Et éventuellement une chirurgie pour sa cheville en fin d’année.

  20. Déjà, un grand merci. Pour ton article passionnant, et merci aussi à tes lecteurs car voir le débat se prolonger autant dans les commentaires est un vrai plaisir ! 🙂
    Il y a un aspect dont j’aimerais parler par rapport à tout ça, c’est aussi le côté génération. J’ai l’impression qu’autour de moi, globalement cadres trentenaires, c’est de toute façon une période de remise en question face au travail. Alors quand on a des enfants, la question se pose tout autant…
    Pour ma part, je suis aussi en pleine réflexion, mais je suis incapable de dénouer les fils. Mes parents ont tous les 2 fait de longues études, nous ont toujours pas mal poussé mon frère et moi à en faire « pour nous donner le choix de faire ce qu’on voulait ». Niveau familial, ma mère a pourtant toujours bossé à mi-temps, pendant que mon père partait toute la semaine hors de la maison pour bosser. Un choix particulier, dont je n’ai pas souffert pendant mon enfance, mais j’ai toujours su que je ne le reproduirait pas.
    Pour ma part, j’ai fait de longues études, j’ai commencé à bosser en galérant un peu, j’ai fini par trouver des postes dans de belles boites et me suis construit un joli CV. Puis tout a basculé. Je suis devenue maman, j’ai découvert le monde du handicap, j’ai changé de boulot sans le vouloir. Depuis, le monde du travail est un échappatoire salutaire et en même temps, sans me mentir, je sens bien que j’ai du mal à m’impliquer. Il faut dire que ça a été beaucoup d’un coup, beaucoup trop bien entendu, et « revenir » comme si de rien n’était est impossible. Aujourd’hui, pour plein de raisons, je sais que j’ai besoin d’un changement, notamment de région. Mais j’ai peur. J’ai peur de prendre le risque de dire « au revoir » à une carrière qui me tenait à cœur, ou en tout cas de revoir la manière de l’envisager, et là clairement je suis paumée…

    1. Tu as tout à fait raison pour ce point de la remise en question tes trentenaires !
      Te concernant je crois imaginer ce que tu ressens. Quand il arrive quelque chose de si déstabilisant que la découverte du monde du handicap, tout bascule, on sort du chemin classique et balisé par la société. Et je ne pense pas qu’on puisse alors tout continuer « comme avant ». Indépendamment de la prise en charge, c’est une expérience trop bouleversante pour cela. Cependant je pense qu’il ne faut rien brusquer parce que justement c’est déjà en soi un bouleversement bien suffisant à gérer. Mais tu peux prendre le temps d’y réfléchir. Tu as déjà pensé consulter un coach ou un psychologue du travail pour t’aider ?

  21. Bonjour Französin,
    Merci beaucoup pour ton article et tous les commentaires extremement intéressants.
    Je voulais vous faire part de mon expérience.
    Maman travaillait en agence de pub jusqu a ce qu elle m’ai mon frere et moi. Apres elle etait a la maison mais tres active d’un point de vue culture et developpement personnel, ce qui fait que nous avons toujours eu une bb sitt et une aupair en vacances. Papa travaillait beaucoup.
    Je n en ai pas souffert conciemment, mais je n ai pas de souvenir non plus de « quality time » avec mes parents étant enfant, et je me suis toujours dit que je voulais plus pour les miens
    Je suis partie m installer en allemagne il y a 12 ans et ai commencé ma carrière en marketing dans des boites renommées, des semaines a 80h pas de secret et j en etais fière. Puis le diagnostique est tombé pour faire un bébé il vous faudra etre plus de 2 ….
    En 2012 les traitements ont commencé et j ai eu mon petit soleil, ange ou diable selon les jours 😉
    Je ne voulais pas retourné travailler tout de suite, je m’étais tellement battue pour l’avoir ce cadeau. Au bout de 10 mois je me suis rendue compte que je tournais en rond et mon ptit bout aussi, je n avais pas assez de ressource pour l’occuper et assouvir sa soif d’apprendre ressentir etc… Malgré les bb nageurs, les cours de développement motorique en Allemagne ils ont toutes une chiadées de cours pour les bébés.
    Nous avons pris la décision de mettre petit vampire chez une nounou avec 8 autres enfants. tout c est tres bien passé il s est éclaté !
    Puis comme la vie est parfois faite, j’ai quitté mon mari quand Constantin avait 1,5 ans.
    Pendant ces premiers 18 mois, Constantin n a presque pas vu son père qui avait une vision de la famille un peu (beaucoup) rétrograde : Je vais bosser tu t’occupes du reste … Mais je m’égare
    Après la séparation il a fallu que je me trouve un job et fissa. Je suis aller bosser en temps partiel dans une boutique en face de chez moi pendant 6 mois, c est le temps dont j ai eu besoin pour me réadapter à aller bosser.. et puis ca ne m a plus suffit intellectuellement, j ai ressenti le besoin de m’épanouir aussi professionnellement et pas que en tant que maman.
    J ai eu la chance de trouver un employeur compréhensif et flexible. Par contre les autres mamans (différence de culture entre la France et l’allemagne) n’ont pas compris comment je pouvais aller bosser a temps plein et laisser ma grenouille 9h/ jour à la crèche. Et je suis toujours confronté à de l’incomprehension, mais c est mon choix.
    Je rentre a la maison vers 17:30 et j ai encore 2,5 h avec mon fils ! Oui me direz vous il y a le bain le diner etc…. Mais parfois c est plus important de manger simplement une tartien en faisant un calin que de cuisiner un menu gastronomique 😉
    Chacune doit avoir le choix de son mode de vie
    Et je dois dire que mon choix était le bon !
    Attention hein: je dis pas que je suis jamais fatiqué, toujours épanouie et souriante, loin de la je pete aussi les ploms parce que par moment c est trop
    Mon fils (5ans) a trouvé une très bonne solution pour les jours ou maman rentre du bureau a 350 de tension.
    Il me dit  » Assied toi » me prend dans ses bras et me serre tres fort.
    Et quand je sens la chaleur de son corps ca me rappelle ce qui est vraiment important l’Amour

    Désolée pour le roman mais ton article m’a beaucoup touchée

    1. Bienvenue par ici Olivia et merci pour ton témoignage ! Tu as bien raison, je pense qu’il n’y a pas de modèle unique le plus important étant de se sentir à l’aise avec ses choix 🙂 . Le quotidien que tu me décris avec ton Constantin (joli prénom !) me semble très doux !

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