Allaitement : et si on en faisait trop ?

Allaitement : et si on en faisait trop ?

Aujourd’hui c’est mon grand saut. Cet article se prépare dans ma tête depuis des mois, plus d’un an même, il me brûle les doigts, j’ai si peur de l’écrire. Mais je crois avoir suffisamment réfléchi à la question maintenant. Je crois pouvoir vous dire ce que je pense vraiment sur ce sujet malheureusement si polémique : l’allaitement.

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Cet article je l’ai écrit seule, mais j’en ai parlé avant. Et en échangeant sur le sujet avec ma copine de blog Ragnagna elle m’a proposé de l’illustrer : vous avez sans doute déjà reconnu son premier dessin. J’espère que cette petite collaboration vous fera plaisir autant qu’à moi !

Au fond je ne suis ni pro-allaitement, ni pro-biberon, ni féministe même. Allaiter, j’aurais beaucoup aimé, et je reste persuadée que ça peut être une expérience merveilleuse. Le problème, c’est que ça n’a pas du tout fonctionné pour moi et que cela m’a donné un regard plus que critique sur le sujet. Et aujourd’hui, je vous le dis comme je le pense, je n’en peux plus du discours pro-allaitement ambiant. Car je vis en Allemagne vous le savez, et l’Allemagne n’est pas un pays pro-choix comme l’est encore (un peu ?) la France. L’Allemagne est un pays clairement pro-allaitement, où l’éventualité du biberon n’est jamais évoquée de façon bienveillante. Il est important que vous le sachiez avant de lire cet article, pour comprendre ma colère. Bref, voilà…

J’en ai marre d’entendre : allaiter c’est ce qu’il y a de meilleur pour votre bébé. Mon enfant est né légèrement prématuré mais à 3 kilos 100, une chance. Après quatre jours d’allaitement raté pendant lequel je l’ai laissé sans le savoir littéralement mourir de faim, son poids est descendu à 2 kilos 450. Nous avons dû rester une semaine à la maternité en attendant que son poids remonte. Cette première semaine, son effroyable maigreur d’alors a profondément marqué notre histoire. Est-ce qu’allaiter était vraiment le meilleur pour lui, pour moi, alors ? J’en doute très fortement. A l’aide de biberons donnés beaucoup plus tôt nous aurions pu quitter la maternité trois jours après l’accouchement et nous lier sereinement.

J’en ai marre d’entendre : un enfant allaité n’est jamais malade. Mais qu’est ce que c’est que cette approximation scientifique ? Allaiter n’a jamais vacciné aucun bébé que je sache. Et d’ailleurs dans mon entourage j’ai vu autant de bébés allaités souffrir de rhume et de gastro que les autres. Personnellement tout ce que j’ai trouvé sur le sujet, ce sont de vagues résultats d’études démontrant une résistance plus forte des bébés allaités à certaines infections. J’ai parfois l’impression que les pro-allaitements ne savent plus quels arguments utiliser pour convaincre les mamans… Et je ne vous parle pas des études sensées démontrer que les bébés allaités seraient plus intelligents.

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J’en ai marre de l’argument « naturel » du type : allaiter tous les animaux et les hommes y sont parvenus pendant des générations, c’est la nature, donc « c’est bien » et « il faut ». Ah oui. Mais c’est cette même merveilleuse nature qui faisait il y a seulement quelques siècles de cela que nous avions un taux de mortalité infantile de près de 35%. Donc bien sûr, dans la majorité des cas la nature fait bien les choses et elle doit être respectée. Mais il y a aussi des loupés. Et dans ces cas là on peut être bien contents que la science ou le lait artificiel en l’occurrence prennent le relais. Alors oui je sais, dans les pays sous-développés l’utilisation de lait artificiel peut être dangereuse – notamment à cause de l’eau utilisée. Mais je vous parle de mon fils là et sans biberon il serait mort de faim.

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J’en ai marre d’entendre que l’allaitement est le meilleur – sinon l’unique – moyen de créer une véritable relation « maternelle ». Cet argument m’a terrorisée lorsque j’ai compris que je ne pourrais pas allaiter. Mais je peux vous dire que la douleur qui me déchirait la poitrine rendait insupportable les cris de faim de mon nourrisson. Et je peux aussi vous dire que tous les biberons que j’ai donnés ont été des moments de tendresse. Aujourd’hui encore une amie me faisait remarquer la qualité charnelle du lien qui s’est tissé avec mon fils. Quand il est fatigué, il pose sa joue dans mon cou, s’agrippe à mon tee-shirt. Le fait qu’il ait toujours été nourri au biberon ne l’a pas empêché de devenir câlin.

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Et puis tant que j’y suis : j’en ai marre de la fierté des mamans allaitantes. J’en ai marre de cette distribution de bons et de mauvais points dès la naissance. Sur tous les forums maternité auxquels je participe les mamans au biberon ne posent pas de questions, ne donnent pas de conseils, se cachent presque. Les mamans allaitantes, elles, annoncent souvent fièrement – parfois même en signature ou bannière de leur blog : « bébé allaité exclusivement depuis… ». Je vais vous dire la vérité, je comprends un peu cette fierté. J’ai ressenti la même suite à mon accouchement sans péridurale. C’est vrai que c’est sympa d’être dans le sens du vent actuel, de faire ce qui est attendu de nous aujourd’hui pour être une « bonne mère ». Et puis c’est vrai aussi que l’allaitement, comme l’accouchement sans péridurale, demandent souvent une certaine volonté. Mais après avoir un peu réfléchi au sujet, j’ai arrêté de trop parler de mon accouchement. Parce qu’au fond je crois que je n’ai aucun mérite là-dedans : c’était mon choix, j’ai eu beaucoup de chance d’avoir pu le mener à bien, point. Et je crois que j’attends un peu la même modestie de la part des mamans allaitantes : c’est votre choix, vous avez eu de la chance de pouvoir le mener à bien, point.

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Alors attention je ne veux pas que vous pensiez que je suis devenue une pro-biberon déterminée. Si une amie enceinte me demandait conseil, je lui recommanderais aujourd’hui encore et même après mon expérience traumatisante d’essayer d’allaiter. Je reste convaincue que cela peut être super, pour la maman et le bébé. Je n’ai rien non plus contre l’allaitement en public, ni même contre l’allaitement longue durée !

Je me suis par ailleurs rendue compte d’une chose en écrivant cet article…  A l’origine de mon ras-le-bol, il y a sans doute comme une erreur « d’aiguillage » : tous les arguments du discours pro-allaitement ambiant sont avant tout destinés à convaincre les futures mamans. Pour moi qui ai essayé, n’ai pas réussi et l’ai très mal vécu, ces paroles sont autant de couteaux remués dans ma plaie. Ils ne pourraient tomber plus mal.

Mais enfin, je crois quand même que tout le monde a compris désormais les bienfaits de l’allaitement. De même que ceux d’un accouchement naturel d’ailleurs. Ce que je voudrais, c’est qu’on retrouve désormais un peu de respect et de considération pour le biberon et le lait artificiel, et leurs utilisatrices au passage. Parce que comme la péridurale et la césarienne, ce sont aussi des progrès. Et parce qu’ils ont permis à mon fils de grandir et de vivre, tout simplement.

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84 réactions au sujet de « Allaitement : et si on en faisait trop ? »

  1. N’ayant pas encore d’enfants je serais bien mal placée pour porter un jugement.
    Néanmoins, je peux te dire que ton article me fait quand même du bien. Sans doute parce que je me retrouve sur ce débat allaitement ou biberon, mais aussi sur d’autres debats comme crèche ou nounou, cododo ou lit, pots maison ou industriels … Bref sur chacune des futures décisions d’éducation de ton enfant, tout le monde a un avis et moi aussi. Mais donner un conseil bienveillant n’est pas la même chose qu’imposer ton opinion (ma hantise vis à vis de ma BM).
    Je trouve que dans ton article on sent que tu as souffert de la situation et que tu n’as pas pu trouver le soutien espéré et nécessaire.

    1. Je suis très heureuse que mon article t’ait plu et surtout qu’il en ressort ce que je voulais : pas d’attaques, mais le récit d’une souffrance avant tout… et un peu de déculpabilisation aussi !

  2. J’ai toujours voulu allaiter. J’ai tout fait pour que ça marche, même si ça a été horrible pendant 3 longues semaines. Je me suis battue et j’ai pu allaiter ma fille. Mais si ça n’avait pas fonctionné, j’aurais donné le biberon, malgré moi.
    J’ai subi beaucoup de pressions car en France, quand on allaite plus de 3 mois, on est critiquées, quand on allaite plus de 6 mois, on est violemment jugées (et la place du père, enfin? Couper le cordon? C’est incestueux…). Et quand on donne le sein plus de 12 mois, quelle horreur… 24 mois…?
    Je milite pour laisser les femmes LIBRES et qu’on nous fiche la paix, qu’on accepte leur CHOIX. Le plus important c’est de bien s’occuper de son enfant. Peu importe la façon dont on le nourrit. Je rêve du jour où on verra un biberon ou un sein de la même manière, et pas comme un objet de gavage toxique pour l’un et comme un objet sexuel pour l’autre. C’est pas gagné malheureusement.

    1. Je trouve ça super de lire ce genre de témoignages, c’est exactement ce pour quoi je me suis engagée moi aussi aujourd’hui… Et je suis ravie de voir que des mamans allaitantes comme toi se retrouvent aussi dans mon article 🙂 .

  3. Comme tu le dit, il y a d’un coté le discours qui ne laisse pas la place au choix et aussi ces reflexions ultra-moralisatrices qui ne cherche même pas à connaître les raisons (ou obligations) de ce choix … ‘-_-
    Ma mère n’a pas pu allaité. Moi, j’avais tellement de lait que j’ai du en jeter faute d’un dispositif adéquate pour le donner au lactarium (oui, il aurait fallu que je fasse 1h de route chaque semaine avec mon nourrisson pour leur donner …).
    Comme dans tout ce qui touche la maternité chacun fait comme il peut/veut et tout irais pour le mieux dans le meilleur des mondes si chacun arrêtait de penser détenir l’ultime vérité … Il y a des choses qui ont fonctionné avec FeuFolet, peut-être que ce ne sera pas le cas avec n°2 😉
    (même si j’espère très fort tenir sans péridural ce coup ci et allaiter entre 3 et 6 mois, t’imagine le jackpot !!!! Quoique, le summum serait le sevrage naturel of course)

    1. Yeah le Jackpot pour ton BB2 !! 😀 J’espère sincèrement que tu réussiras à réaliser tous tes projets. Et si ce n’est pas le cas ne t’en fais pas, tu vois qu’on survit (la maman ET le bébé 🙂 ).

      1. Rassure toi, j’ai adoré mon premier accouchement avec période donc je ne considérera issus ni comme un échec, ni comme un affront personnel de ne pas réussir à faire sans au second, je vais juste m’y preparer au mieux 😉
        Pour l’allaitement, j’ai un peu peur de la culpabilité « je n’ai pas fait aussi bien que pour son frère » … c’est pourquoi, je me fixe psychologiquement 3 mois …

        1. L’avantage dans mon cas c’est que quelle que soit ma décision concernant l’allaitement de BB2 (qui doit d’abord être conçu) ça ne pourra pas être pire que son frère 😉 .

  4. Comme toi, je n’ai pas réussi à allaiter mon fils (qui avait perdu autant de poids que Pierre, mais il partait de 4 kg !) et j’en ai eu beaucoup de regrets. J’ai réussi à allaiter ma fille, presque 6 mois, je le voyais comme ma revanche. Mais ça n’a jamais été un allaitement serein… Maintenant, quand je peux donner mon avis, je conseille un allaitement sans prise de tête. Si pour une raison ou une autre le climat n’est pas serein, il faut avoir la clairvoyance de passer au biberon sans culpabiliser. Et c’est ce « culpabiliser » qui me chagrine et te donne entièrement raison: il y a bien – hélas – un diktat de l’allaitement… Probablement plus marqué en Allemagne, même si la France s’y met de plus en plus

    1. Je suis à 100% d’accord avec ce que tu as écrit et je suis contente que tu te retrouves un peu dans mon témoignage. L’allaitement oui mais pas à tout prix. C’est dommage que ce soit devenu un sujet si culpabilisant.

  5. Je ne suis ni pro-allaitement, ni pro-biberons. J’aurais aimé avoir un allaitement exclusif avec le choupi mais cela n’a pas marché comme je l’aurais voulu (bon en l’occurence les déboires ont continué après avec le biberon mais ce n’est pas le sujet). Je pense avoir fait ce qui était le mieux pour le choupi et pour moi-même (parce que oui cela compte aussi) et si c’était à refaire, je le referai. Pour un deuxième, je ne sais pas si je retenterai ou non, je verrai sur le moment mais ça sera mon choix et ma décision et je n’ai pas envie de devoir justifier mon choix à la terre entière.

    1. Je n’ai pas parlé de mon choix pour BB2 mais je suis déjà presque sûre que je ne retenterai pas les mises au sein. Peut-être un tire-allaitement ou le lait artificiel directement on verra. En tout cas je suis tout à fait d’accord avec toi quand tu dis que la maman compte aussi dans ce choix…

  6. Je pense que les gens devraient se contenter d’encourager les mamans, qu’elles aillaitent ou non, qu’elles cododottent ou non, qu’elles donnent la tétine ou non, etc… Avoir, élever et éduquer un bébé, c’est quelque chose de très personnel, et il faudrait vraiment que les gens comprenne que faire certains choix qui diffèrent de leurs point de vue ne fait pas de quelqu’un un mauvais parent.

    Personnellement je suis enceinte de mon premier enfant, j’espère pouvoir allaiter mais je suis presque certaine de ne pas pouvoir car j’ai été opérée (réduction mammaire). Je savais que cela compromettrait mes chances d’allaiter mais cette opération était indispensable. Alors je me prépare déjà pour les bib’s.

    Ma mère est assistante maternelle depuis 20 ans, elle a vu une quantité incroyable de gamins défiler dans sa maison, et les bébés allaités n’étaient pas moins malades que les autres, les bébés au biberons n’étaient pas moins attachés à leur mamans que les autres, et les bébés en cododo pas plus gâtés que les autres.

    Il faut laisser aux parents le droit d’agir comme ils l’entendent pour le bien de leur bébés. Et pour le leur.

    1. Je suis désolée ton commentaire était parti dans les indésirables ! J’espère que tu pourras allaiter si c’est ton souhait mais si ça ne marche pas c’est super que tu aies déjà cette certitude et cette confiance en toi : en effet, ça ne fera pas de toi une moins bonne maman ni quoique ce soit dans ce genre !

  7. Super article ! Je pense que ça s’applique à tous les choix qu’on fait. Je pense que chaque couple de parents fait des choix en fonction de ce qu’il sent et il n’y a pas de meilleur choix que celui qui parle aux parents ! On est en 2016, on a le choix et on fait bien de saisir cette chance et si on pouvait le faire sans être jugé ce serait le top ! J’allaite mon bébé et j’adore ça mais je ne pense pas du tout que tout le monde devrait faire la même chose, j’estime que si la maman a fait un autre choix c’est que c’est ce qu’il y a de mieux pour SON bébé !

      1. Je trouve ça fou parce qu’on dit jamais qu’on salue la tolérance des femmes qui donnent le biberon, comme si les femmes qui allaitent détenaient un truc que les autres n’ont pas on est toutes des mamans, on galère toutes sur des trucs différents et on fait des choix différents mais on est toutes des mamans à égalité !

  8. Je suis bien d’accord avec toi!
    La mère ne devrait pas subir l’allaitement. C’est un choix. Et choisir de ne pas le faire ce n’est pas être une mauvaise mère ou une mère égoïste.
    Aujourd’hui choisir le biberon ce n’est pas nocif pour son enfant. Bien au contraire. Une femme qui allaite et qui le vie mal va transmettre son anxiété à son enfant et on ne me fera pas croire que le lait d’une femme qui ne mange que des cochonneries est meilleur qu’un lait en poudre de bonne qualité.
    Comme je l’avais écrit dans mon billet sur l’allaitement, j’ai allaité Bébou 3 mois car j’y étais plus ou moins forcée à cause d’une suspicion d’allergie au lait de vache et j’ai commencé à apprécier réellement le moment des repas après être passée au bib’…
    Chacune est différente sur un sujet aussi intime et sensible et je trouve abusé qu’on nous fasse culpabiliser là dessus!
    Sur ce, à bonne entendeuse salut!

    1. Merci pour ton commentaire 🙂 . A posteriori je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis, cette anxiété qu’il vaut mieux éviter… Une fois qu’on l’a vécu on voit les choses différemment je trouve. C’est pour ça que je ne suis pas sûre de retenter l’expérience une deuxième fois.

  9. Je suis une lectrice « sous-marine », et je profite de cet excellent article pour ajouter mon premier commentaire! 😉
    A tout ce que tu as dit, j’ajouterai aussi que donner le biberon peut être un choix assumé, pour des raisons qui ne sont pas de la santé! Je m’explique: dans mon cas, j’ai allaité jusqu’à trois mois, ce qui est le « minimum syndical » pour toute maman allaitante si on veut bien croire le discours de la société. Et bien arrivé à ses trois mois, j’en ai eu ras-le-bol! Oui, j’ai aimé allaité, mais j’avais envie de retrouver mon corps, mon mien! 😀 De savoir que mon corps ne dépendait pas de l’envie de mon fils (même si je l’aime évidemment de tout mon coeur!) J’ai donc décidé d’introduire les biberons, et quand je le dis, tout le monde me répond: « Ah mais tu as plus de lait? » (de quoi je me mêle?) ou « Il prenait pas assez de poids? » Alors peut-être me trompe-je, mais les biberons après l’allaitement (assez) court, c’est un choix qui est parfois totalement assumé! Le bien-être de la maman passe aussi dans les conditions d’allaitement.
    Ouf, un peu long ce commentaire! Merci beaucoup de nous donner ta vision des choses, notamment sur l’éducation et la pédagogie en Allemagne (pays que j’aime énormément!)

    1. Oh une lectrice sous-marine ! Je suis ravie de ce premier commentaire et merci de me suivre ! Par ailleurs je suis aussi tout à fait d’accord avec ce que tu dis. On parle beaucoup des bienfaits pour le bébé concernant l’allaitement mais peu du ressenti de la maman alors qu’il est bien sûr aussi très important.

  10. Je suis tout à fait d’accord avec ton article. Le principal est de faire comme on peut/veut.
    De mon côté je voulais tenter l’allaitement voire si ca me plaisait, sans pression et finalement avec un bébé préma je n’ai pas trop eu le choix, il avait besoin de mon lait, et c’est ainsi que j’ai commencé le tire-allaitement et la mise au sein.
    J’ai un sentiment partagé quand j’y repense, j’éprouve de la fierté c’est sur de l’avoir allaité « longtemps » mais je me rappelle aussi m’être sentie comme prisonnière, être obligée de le faire.
    Honnêtement je pense que j’aurai peut être était plus à l’aise avec un début d’allaitement puis le passage au biberon rapidement.
    Bref je ne le saurai jamais !
    On verra pour bébé 2 (pour lequel j’aimerai aussi tenter sans peri ! -> oui tu peux être fière !!!)

    1. C’est difficile moi même j’ai eu du mal à arrêter le tire-lait alors que je n’aimais pas ça du tout… C’est un sujet paradoxal qui remue beaucoup de choses je crois. Pour l’accouchement sans péri je suis sûre que c’est plus facile pour BB2 alors go go go 😉 . Mais ne te mets pas trop la pression non plus, chaque accouchement est différent, si tu ne réussis pas ça ne fait pas de toi une poule mouillée je te rassure 🙂 .

  11. Je trouve que ton article retranscrit toute ta souffrance et j’en ai été désolée pour toi. Effectivement tu ne devrais pas culpabiliser de ne pas avoir pu allaiter. Tu as fais au mieux et c’est le principal. Comme tu le sais j’allaite (et je me suis battue pour à la maternité qui aurai préférée que je lui foute un biberon dans la bouche et que j’arrête de demander de l’aide pour la mise au sein… comme quoi) mais honnêtement mes raisons ne sont pas forcément toutes louables (money, money, money, must be funny … oups je m’égare) et c’est pour ça que je ne jugerai jamais les choix de chacunes. Surtout que malgré l’allaitement je donne le biberon à petit habitant en journée pour garder le rythme qu’il a avec la nounou. Et pour avoir fait les deux on peut effectivement créer une très belle relation quand on donne le biberon.

    En tout cas un bien bel article!

    1. Merci pour ton gentil commentaire ! Je suis très touchée que cet article plaise autant. Quand à l’argument que tu invoques (money money money hi hi hi) celui-là c’est un véritable argument en effet ! Le lait maternisé coûte si cher que je me suis parfois demandé comment font les couples à budget serré.

  12. Je n’ai rien lu pendant ma grossesse, je voulais allaiter et pensais que ça serait naturel. Ça ne l’ a pas été du tout. Comme le tien, mon fils a perdu beaucoup de poids à la maternité. On a finalement réussi de retour à la maison grâce à une sage-femme extraordinaire . Deux mois d’ allaitement exclusif, deux mois mixte. Vu d’ où on était parti, ça tenait du miracle. J’ ai tiré mon lait, bu du fenouil, fais tout le nécessaire pour répondre à la pression ambiante en Allemagne que tu décris si bien.
    Pendant ma deuxième grossesse , j’ ai eu la certitude que tout se passerait bien. Et ma fille est née, a tete de suite et ce fut un bonheur total pendant neuf mois. Je n’ ai soudainement plus eu de lait le jour de son baptême , elle a cherché désespérément mon sein pendant plusieurs jours, rien à faire. Je me demande toujours si l’ arret de ma « production » n’ a pas été cause par toutes les réflexions entendues ( nous avons fait le baptême en France) au sujet de ce si long allaitement totalement inhabituel pour mon entourage français. Les préjugés existent dans les deux pays, dans les deux sens.
    J’ ai eu droit à une réflexion d’ une interne, comme quoi je voulais une péridurale parce que j’ étais Française! Et je ne l’ ai pas eue au final parce que j’ ai accouche au milieu de la nuit et que l’ anesthésiste est arrivé trop tard. J’ ai déteste cette douleur, je n’ ai pas du tout apprécié cet accouchement , si naturel soit- il. Et je me sentais idiote parce que toutes les Allemandes autour de moi semblaient avoir apprécié le leur.
    Comme tu me dis si justement, que de contraintes pour être une mère parfaite.

    1. Je suis contente de lire ton ressenti de maman française en Allemagne et de voir qu’il correspond au mien, c’est vrai que les préjugés valent des deux côtés et que notre position n’est souvent pas facile. Concernant mon accouchement, j’ai été très surprise lorsque j’ai entendu en France des remarques du genre « quelle bêtise de préférer la douleur au progrès ». En Allemagne on ne m’a pas vraiment donné le choix en fait…

  13. Merci pour cet article! Ah l’allaitement! Un sujet qui déchaine souvent les passions! Je me retrouve beaucoup dans ce que tu as écrit. Je n’ai allaité ma fille que 15 jours (sein + tire-lait). Ce n’était pas un choix mais les repas étaient tellement difficiles voire impossibles que j’ai laissé tomber. Le biberon n’a pas été un long fleuve tranquille non plus à cause de l’apparition du RGO, mais au moins ma fille mangeait. Et bizarrement, je n’ai pas tant souffert que ça de renoncer à l’allaiter. J’étais tellement soulagée de savoir qu’ elle mangeait à sa faim. Pour bébé 2 je réessaierai je pense. Chaque enfant est différent, ça marchera peut-être! Ou peut-être pas, mais alors tant pis, je me ferai une raison et papa pourra aussi se lever la nuit pour donner le bibi!

    1. Je pense vraiment dans mon cas que le climat allemand ne m’a pas aidée à faire sereinement le deuil de mon allaitement… De mon côté pour BB2 je ne suis pas sure encore car le problème venait vraisemblablement de moi (tétons plats) alors je ne crois pas qu’il y ait d’espoir…

  14. Superbe billet et superbes illustrations!
    Il est grand temps de mettre un terme à ces débats passionnés qui sont plus culpabilisants qu’autre chose.
    Biberon ou sein peu importe!
    Maman et bébé doivent simplement être heureux.

    1. Oh merci pour ton commentaire qui me touche et qui touchera sans doute aussi ma camarade Ragnagna ! Pour le reste je suis bien sûr tout à fait d’accord avec toi 🙂 .

  15. Bon, j’ai l’impression d’avoir autant la pression pour commenter que tu l’as eue pour publier ce billet ! (il faut dire que j’ai attendu très fébrilement ce que tu allais dire)

    Je me suis dit que ça commençait mal quand j’ai lu en introduction que tu étais très en colère contre l’allaitement (parce qu’on ne dit pas forcément des choses sensées quand on est en colère), et puis finalement… mon esprit de contradiction (pourtant affûté) se heurte au bon sens de ce que tu dis. Et je ne trouve pas grand-chose à redire.

    J’ai beaucoup aimé le commentaire de Mélimélanie, parce que je dois avouer que pour moi aussi, « Money money money », c’est un argument qui a été une sacrée motivation (et au début, il en faut, de la motivation pour tenir la douleur, les angoisses, l’incertitude, la fatigue, même quand tout se passe bien côté bébé… et je pense que c’est pour ça qu’il y a cette fierté un peu bête de certaines mères, cette impression d’avoir vaincu un dragon) 😀 Si le lait infantile était gratuit ou remboursé par la sécu, je pense que je n’aurais pas passé la première semaine.

    Après, évidemment, la motivation (même pécuniaire) ne suffit pas, et si mon corps n’avait pas suivi, j’aurais donné des biberons aussi. Peut-être que c’est ce qui se passera pour le deuxième. Même si j’y vais confiante (forcément) et que cette fois-ci, j’ai vraiment envie (au fond de moi) d’allaiter. Pas parce que c’est le meilleur pour mon enfant (qu’on me prouve qu’il y a une réelle différence entre un enfant allaité et un enfant non allaité !), pas parce que c’est pas cher (même si bon, si, c’est toujours une motivation, radasse un jour radasse toujours), mais parce que j’aime ça. Et c’est pour ça que ça me peine, les mamans qui ont du mal à allaiter leurs enfants, et c’est pour ça que j’essaie de les aider quand je peux.

    Je vais pas te dire d’allaiter ton prochain (ton prochain enfant, pas ton prochain au sens religieux), je n’ai aucune légitimité pour décider à ta place, mais si ça t’intéresse toujours, peut-être que tu peux tenter, sans pression ? Si ça ne marche pas tant pis, mais on entend partout que les enfants sont très différents dans une patrie, et les allaitements aussi. Je peux pas dire dans ton cas, on n’est pas intimes au point que tu m’aies montré tes seins (et quand bien même, n’étant ni sage-femme, ni gynéco, ni de la leche league, je ne saurais sans doute pas quoi t’en dire, au-delà de l’aspect esthétique :p), mais j’ai entendu dire qu’on pouvait allaiter avec des tétons plats, il faut juste que l’enfant trouve comment faire. Donc bon, de l’extérieur en tout cas, ça semble pas une « cause perdue ». Après, si tu ne veux plus essayer, que ça ne t’intéresse plus ou que le traumatisme est trop fort, laisse béton, hein, oublie ce que je viens de dire. Mais fallait que je le dise quand même, au cas où.

    (Par contre, je ne comprends pas comment les médecins ont laissé ton bébé perdre autant de poids sans réagir… on parle souvent des médecins français trop flippés, qui paniquent quand un bébé n’a pas retrouvé son poids de naissance en deux jours, mais là, ça me paraît une véritable aberration ! Et je comprends que ça ait été une épreuve très dure pour toi, et que ça t’ait laissé beaucoup de rancœur envers le discours pro-allaitement.)

    Bref, ce commentaire part un peu dans tous les sens. Et il ne traite même pas du fond de ce que tu dis, parce que comme je disais plus haut, il n’y a rien à redire, c’est vrai ce que tu dis. Finalement, ce qui me rend un peu triste (mais c’est pas de ta faute !), c’est de sentir justement cette colère, cette rancœur, ce traumatisme, cette déception en filigrane. Et c’est peut-être plutôt à ça que j’ai envie de répondre. J’espère que pour le prochain bébé, tu pourras réparer ce ressenti. Soit en n’allaitant pas (et en ne ressentant pas de culpabilité, car comme tu le dis toi-même, il n’y a pas à en avoir), soit en ayant un bel allaitement (je sais que tu n’y crois pas mais je peux pas m’empêcher de l’espérer pour toi).

    Voilà voilà, j’espère avoir pas dit trop de conneries (la case pour écrire le commentaire est très étroite, c’est difficile de me relire et d’avoir une vue d’ensemble de mes élucubrations) et que si j’en ai dit, tu me les pardonneras, parce que je suis maladroite et que tu es magnanime. Je te souhaite un bon réveil (j’espère que tu ne veilles pas pour lire tes – trop nombreux – commentaires) et je te fais un câlin, parce que c’est ce dont j’ai envie.

    1. *les enfants sont très différents dans une FRATRIE (pas dans une patrie, ha ha :D). Quand je disais que cette case était trop étroite et qu’on pouvait pas se relire (quoi, c’est moi qui en écris des tartines ?) !

    2. Ton commentaire est super gentil, tu vois on ne trouvera pas matière à nous opposer et au fond j’en étais convaincue 😉 . La colère et la tristesse c´est vrai sont mes sentiments dominants au regard de tout ca et je n’aurais pas été honnete en écrivant un article théorique et sans émotion sur le sujet. Colère envers ceux qui nous ont mal entourés au cours de ces premiers jours, colère envers un discours qui m’a énormément culpabilisée par la suite… Et puis tristesse parce que oui, allaiter sereinement et longtemps ca reste mon reve, je suis persuadée que j’aurais adoré ca (et j’ai sincèrement un peu vécu ton super allaitement par procuration). Pour BB2 je n’ai pas encore pris de décision définitive, je dois encore y réfléchir le moment venu. A priori si j’étais en France je crois que je chercherais une animatrice LL ou une sage-femme au top pour m’accompagner – au top signifiant qu’elle soit aussi prete à me donner un biberon si la santé de mon enfant ou la mienne était en danger. Malheureusement en Allemagne je doute que cette perle rare existe, j’ai été clairement traumatisée… Alors ma peur de revivre ca l’emportera surement. On verra…
      Merci pour le calin, copine 🙂 .

      1. Juste je passe : j’ai aussi les tétons plats (enfin avec l’allaitement ils ne le sont plus: je ne sais pas comment ils redeviendront après mais ils l’étaient au début) et c’est pour ça que j’ai eu besoin de bout de sein à droite au début de l’allaitement.

        Pour la « perle de la LL » j’aurai tendance à te dire que malheureusement en France certaines animatrices sont aussi extrêmes… Celle que j’ai rencontré à même mis très en colère mon mari sur certains aspects… donc je ne peux que te conseiller de te faire confiance. Car au final c’est toi qui connaîtra le mieux ton bébé. Et à la vue de ce qu’est devenu Pierre tu n’as aucune inquiétude à avoir!!

        Et ton commentaire m’a fait beaucoup rire Chat-mille (en particulier le « radasse un jour radasse toujours » et « l’allaitement de ton prochain »)

  16. dans beaucoup de pays encore le lait maternel sauve la vie de bébés et il y a encore des années (et sûrement maintenant) en Chine, le lait artificiel tue carrément les bébés donc ça m’énerve quand les gens disent que le lait de nos jours sont de bonne qualité (ça dépend hein de où l’on parle) et ça m’énerve encore plus que ça vient des gens qui ont l’accès aux informations pas comme en Chine où internet est contrôlé et bloqué sans cesse

    Ton article est fort intéressant… mais on sent beaucoup trop de la colère (faut que ça sort et c’est très bien), un article écrit en rapport à une expérience ratée…

    un biberon donné par amour c’est mieux que les seins sous pression et dans ce cas là les seins donnés par amour c’est le top non ? enfin soyons logiques quoi

    Je suis pour que les femmes font un vrai choix tout en étant informées. Mais j’estime que la majorité d’elles sont hyper mal informées (moi-même j’apprends chaque mois des nouveaux trucs sur le lait maternel c’est fascinant), trop mal entourées et il faut que l’on milite pour le lait maternel puisque comme tu le dis le lait artificiel coûte très cher donc des lobbies sont là pour manipuler les gens (et publicités partout déjà) alors que le lait maternel c’est gratuit

    1. Je l’ai précisé dans mon article : il est vrai que selon les pays, les laits et les eaux n’ont malheureusement pas les memes qualités. Ce que je voulais juste rappeler, c est que le biberon aussi sauve des vies, comme celle de mon fils. Concernant les lobbies du lait industriel, je crois personnellement qu’ils ont perdu la bataille, en tout cas ici en Allemagne c est trés clair. Publicites interdites, messages en faveur de l allaitement sur les paquets… En Allemagne, les cigarettes et l’alcool (pour lesquels les publicités sont encore autorisées) sont davantage favorisés que le lait maternisé et je trouve cela exagéré.

    2. Le lait maternisé tue des bébés en Chine, d’accord, mais jusqu’à preuve du contraire, la matraquage en faveur de l’allaitement en France et en Allemagne ne s’adresse pas aux chinois… Dans ces pays, le lait en poudre et l’eau sont rigoureusement contrôlés et donner un biberon est complètement sécuritaire. C’est triste que la situation sanitaire ne soit pas partout la même, mais heureusement qu’on n’a pas à prendre automatiquement toutes les précautions d’hygiène en vigueur dans les pays qui n’ont pas notre chance…

  17. Je suis vraiment désolée d’apprendre à quel point tu as souffert de ce jugement. Malheureusement je crois qu’on est calibré pour critiquer tout le monde qui ose faire les choses différemment, surtout si on est dans le mainstream. (Je dis on parce que c’est assez facile et je crois que ça nous arrive à tous).
    Pour le moment je m’énerve assez souvent parce qu’apparemment ce n’est pas normal de ne pas avoir son horloge biologique qui hurle à quasi 30 ans ! C’est forcement parce que je suis égoïste, carriériste et j’en passe. Le pire c’est que je veux avoir des enfants mais il parait que je ne suis pas assez pressée Grrrrrrrrrrr
    Bref, Pierre se porte très bien et c’est tout ce qui compte. Même si j’ai l’impression qu’une revanche sur l’allaitement te ferait du bien, je te conseillerais de le tenter seulement si tu te sens capable d’encaisser si ça ne marche pas. C’est difficile d’être une bonne mère quand rien ne va 😉
    (Bravo à Ragnagna, les illustrations sont top )

    1. Merci de ton commentaire, je vois que tu n’échappes pas aux remarques sur un autre sujet (pour rappel je suis une maman de plus de 30 ans dont l’horloge biologique ne s’est jamais vraiment réveillée 😉 ). On verra pour BB2 je n’en suis pas encore là et je vous tiendrai au courant bien sur !

  18. Bonjour
    J’ai réussi mon allaitement grâce a 3 paramètres :
    – la super sage femme du cours de préparation qui nous avait Tout dit
    – mes études de bio (le mauvais lait n’existe pas, les mauvais seins non plus, le fonctionnement des glandes mammaires)
    – mon mari qui savait a quel point c’était important pour moi.
    Et malgre tout ça, ça a été très difficile au début.
    Et quand c’est devenu un vrai plaisir, c’est tellement pratique que l’on redoute de passer au bib.
    Quand mon bébé a eu 5 mois, j’ai repris le travail. Les collègues demandent systématiquement si on allaite ou pas. Et Grave erreur… J’ai répondu… Les réactions sont très violentes, du genre
    – « ah tu mets ton mari de côté, il le vit comment ? »
    « Tu veux etre la seule a pouvoir la nourrir  » (merci mais nous avons une vie sexuelle intense et si on n’attend pas que je rentre du travail le soir pour lui donner a manger !!!)
    Bref, quand est ce que on pourra faire comme on veut du moment que ça ne nuit pas aux autres ????? !!! C’est toujours la différence qui dérange : si on se retrouve en minorité, on est foutu !!!

    1. Je me rends compte en lisant les commentaires qu’allaiter longtemps en France peut aussi etre « mal vu » et engendrer des remarques déplacées. C´est vraiment dommage et tu as raison : finalement quelle qu’elle soit il est toujours difficile de faire partie de la minorité…

      1. Oui, en France, ce que les gens voudraient c’est que tu te tape les deux premiers mois galère pour lancer l’allaitement puis ensuite que tu arrêtes parce que quand même, c’est limite incestueux … ‘-_-. En gros, que les inconvénients, sans les avantages …

  19. Coucou
    je lis très souvent ton blog que j’apprécie beaucoup.
    Je suis tout à fait d’accord avec toi et que l’on allaite ou non, il y aura toujours des gens pour critiquer.
    Pour ma part j’adore allaiter et je n’avais pas pu allaiter ma fille et j’avais eu ce sentiment d’échec (mais au finale elle a bien grandi et sans souci hahah), mais pour mon fils tout a bien fonctionné et je l’ai allaité jusqu’à 14 mois…. Et en effet les remarques sur le fait d’allaiter un enfant aussi grand étaient quasiment quotidiennes.
    Je pense que l’important est que chaque maman fasse ce qu’elle a envie au plus profond d’elle même. L’hôpital où j’ai accouché un discours que je trouve assez juste : il vaut mieux donner un biberon avec le sourire qu’un allaitement contraint et dans la douleur.
    Il faut respecter chaque femme et se blinder pour envoyer valser toutes les remarques pro ou contre allaitement 😉
    Courage à toutes

    1. Merci de sortir de l’ombre Emilie je découvre toujours avec grand plaisir de nouvelles lectrices ! Et en plus je vois que nous nous retrouvons tout à fait sur ce sujet, je n´ai rien à ajouter 🙂 .

  20. 🙁 Je suis désolée de voir que tu as si mal vécu ton non-allaitement… et désolée si j’ai pu te blesser dans mes articles, commentaires ou autres, qui sont plutôt « pro-allaitement ». Je n’ai jamais eu l’intention de me « venter » d’allaiter longtemps, désolée si ça a été perçu comme ça. C’est juste qu’en France ça ressort encore de l’exploit et que oui, j’en suis fière, car au début j’ai bien galéré et j’ai réussi à surmonter cette difficulté. Ceci dit j’ai eu beaucoup de remarques négatives là dessus. Parce qu’en France la norme c’est le biberon. Je te raconte pas la galère que j’ai eu pour commencer la diversification alimentaire, car toutes les infos que je trouvaient étaient compatibles avec un bébé au biberon et non pas avec un bébé allaité. On m’a carrément dit que pour introduire des céréales il fallait que je tire mon lait pour ajouter des céréales dedans et lui donner au biberon ! J’ai aussi beaucoup souffert du fait que mon bébé ne fasse ses nuits qu’à 8 mois et qu’à partir de ses 2 mois j’entendais « quoi ?! Il ne fait toujours pas ses nuits ? C’est pas normal ! ». Comme quoi, la « norme » est toujours décalée par rapport à la réalité ! Mais tu as raison de dire que tu en as marre, comme on disait l’autre fois, ce qui compte c’est le libre choix et la bonne santé de l’enfant et de la maman ! Et même si j’ai tendance à encourager les mamans à allaiter, jamais au grand jamais je ne jugerais une maman qui décide (ou subi !) de nourrir son enfant au biberon.

    1. Dans un de tes articles une fois c’est vrai j’avais été en désaccord mais je te l’avais dit en commentaire et tu avais précisé ta pensée – aucun souci 🙂 . Concernant la diversification oui j’ai constaté cette différence entre France et Allemagne : ici on ne fait pas de mélange au biberon puisque la plupart n’en utilisent pas 😉 . Apres tu as raison aussi et c’est pour ça que j’aime beaucoup le « tableau de la maman méritante » de Ragnagna en fait quelque soit le sujet le problème c’est de sortir du courant dominant ambiant… Quoiqu’il en soit je crois que tu allaites encore et si c’est le cas profite bien 🙂 .

  21. Coucou , moi je suis une jeune blogueuse ( !) , mais une maman qui a 2 enfants de 9 et 7 ans. Je me suis retrouvée dans ton article car ma fille à sa naissance n’arrivait pas à prendre le sein.. pendant ma grossesse j’avais rencontré une super sage-femme qui était pro allaitement, je ne m’étais pas mis la pression au départ mais je voulais quand même essayer. A la mater on m’a donnée un bout de sein silicone qui lui a permis de téter et de prendre du poids, sauf qu’arrivée à la maison j’ai voulu essayer d’enlever le bout de sein et au bout de quelques jours chez le médecin de ville elle avait perdu 500 gr.. bonjour l’angoisse…je n’avais pas compris qu’elle ne faisait que titiller le sein sans le stimuler assez. du coup on a introduit les biberons en complément, avec de nouveau le bout de sein en silicone.. j’ai tenu 2 mois, je me demande encore comment, avec des séances de « nourrissage » qui duraient une heure ou plus.. du coup pour le 2eme je me suis dit dès que départ que j’essayerai l’allaitement mais que si ça ne marchait pas j’arrêterai direct !! et c’est ce que j’ai fait. Il a mieux réussi à téter dès le départ et du coup j’ai fait 2 mois exclusif, après il a commencé à crier famine alors je l’ai vite sevré. Et ils vont très bien tous les 2 aujourd’hui. Allaitement ou pas c’est un choix personnel, et surtout ce que m’a dit la sagefemme ( j’ai gardé la même car elle était vraiment extraordinaire) avant d’avoir mon 2eme BB : l’allaitement c’est 50% la mère et 50% le bébé ! ma fille n’a jamais réussi à prendre le sein sans bout de sein en silicone au bout ! alors merci au biberon.. je savais qu’en Allemagne elles étaient plus pro allaitement mais je ne pensais pas que c’était compliqué si tu préfères le biberon.. ce sont quand même des affaires privées qui ne regardent que les personnes concernées !! l’important c’est que l’enfant se porte bien ! et la maman aussi bien sûr. Juste pour l’anecdote, j’ai testé l’accouchement avec et sans péridurale, ( pour ma fille je suis arrivée dilatée à 8 à l’hôpital, je la voulais, mais pas eu le temps ! ) et franchement j’ai bien apprécié de l’avoir eu pour mon 2eme bébé !!!

    1. Merci pour ton commentaire et bienvenue sur la blogosphère alors ! On n’y trouve pas beaucoup de mamans d’enfants déjà grands et je trouve toujours leurs avis intéressants alors je viendrai te voir, promis 🙂 . Concernant la péridurale, je n’y ai pas encore trop réfléchi mais je dois dire que je l’accepterais sans doute volontiers pour BB2 car bon parfois je me demande si ça valait vraiment le coup hein 😉 . D’un autre côté je suis aussi contente d’avoir pu bien tout ressentir, c’est aussi un débat… Concernant l’allaitement je me suis aussi acharnée deux mois en tire-allaitant et parfois je me demande pourquoi… C’est vraiment un thème compliqué je crois car il touche peut-être à notre fonction première de « mère nourricière ».

      1. Oui je constate que beaucoup de jeunes mamans bloguent mais j’en vois moins avec des enfants de l’âge des miens.. Avec le recul on voit les choses différemment.. Va voir le sketch de antonia de rendinger sur l’allaitement sur le net … Moi ça m’a fait rire…
        pour la péri, je dois dire que j’ai vraiment tout senti, simplement la douleur était bien atténuée donc c’était top. Un dernier clin d’oeil : on adore l’Allemagne on y repart en vacances cet été !!!

        1. Oh c’est drôle vous allez dans quel coin ? La Bavière peut être c’est le plus touristique… Je suis allée voir le sketch j’ai bien rigolé merci !!

  22. Tout d’abord bravo pour cet article qui a le mérite de montrer ta rancoeur et ta colère sans tomber dans l’exagération (en même temps, te connaissant, le contraire m’eut étonné ! ).
    J’avoue que, moi aussi, à la lecture de ton article, c’est la tristesse qui ressort de cette expérience ratée qui me saute aux yeux. Moi aussi j’ai envie de te rassurer, de te câliner et de m’excuser pour toutes ces fois où tu as pensé être une moins bonne mère parce que tu n’avais pas su allaiter.
    Je trouve que tu as fait un travail sur toi remarquable et que tu as une analyse de la situation très pertinente. En effet, tu t’es retrouvée dans une situation d’autant plus compliquée que le discours ambiant en Allemagne est clairement orienté pro-allaitement (ça, je te rassure – ou pas – mais c’est aussi le cas en France) mais également stigmatisant envers les mamans non-allaitantes (et c’est vrai, je n’ai pas l’impression qu’on en soit là en France). D’autant plus compliquée aussi par ton envie de base de pouvoir allaiter, et par la naissance un peu précoce de Pierre. Comme Camille, je reste estomaquée par la non-réaction des médecins de ta maternité devant la perte de poids des premiers jours (et dire que pour moi, avec un bébé à terme, on m’a mis la pression pour un biberon de complément après une perte de 100g !), et je n’ose pas imaginer l’angoisse et les remords de voir ton bébé affamé. Bref, c’est un sacré parcours de la combattante que tu nous décris ! Du coup, je ne peux que comprendre ton ras-le-bol et, évidemment, soutenir ton envie qu’on laisse, enfin et une fois pour toute, le choix aux femmes !
    Sinon, je fais ma petite curieuse, mais tu ne parles pas du rôle du papa, dans cette histoire: t’a-t-il aidée à passer le cap difficile de ce deuil d’allaitement ? T’a-t-il protégée face aux remarques déplacées ?

    Bon, et en ce qui me concerne, mon expérience de l’allaitement est à peu près à l’opposé de la tienne ! (Et tu vois, ça ne m’empêche pas de partager ton avis à 100% !!)
    Enceinte, je disais à qui voulait l’entendre (et ça faisait beaucoup de personnes: c’est fou cette curiosité mal placée !!) que je ne savais encore si je voulais allaiter. Ma maman a eu une expérience compliquée avec l’allaitement (elle n’a pas pu m’allaiter du tout et a eu du mal avec ma soeur, mais elle s’est accrochée, malgré ses tétons plats et le discours ambiant plutôt anti-allaitement – c’est comme la mode, ça change selon les saisons !), du coup j’avais depuis longtemps en tête que cette histoire de seins, c’était pas forcément facile. Je ne voulais pas me mettre la pression et vivre un échec. J’avais aussi très peur de ma réaction à me sentir dépossédée de mon corps (comme l’ont fait déjà remarquer d’autres commentatrices). J’avais aussi beaucoup de mal à associer cet organe jusqu’à présent sexuel à la tendresse et la douceur d’une maman envers son enfant. Et étant plutôt pudique, je m’imaginais aussi bien galérer avec cette histoire de téton à l’air en toute circonstance !
    Bizarrement, je n’avais pas peur de la douleur….
    Mais bref, je partais pas gagnante dans cette histoire ! Heureusement, j’ai croisé en chemin une sage-femme qui m’a bien décomplexée en me disant qu’un allaitement réussi, c’était surtout grâce au bébé, et moi j’y ai entendu ce que j’avais besoin d’entendre: un allaitement raté, ce n’est pas la faute de la maman ! Et hop, plus de complexe à essayer !
    Le jour J, je ne savais encore pas ce que je voulais faire, mais j’ai accepté la tétée d’accueil, et ça s’est bien passé. Ça m’a enlevé mes angoisses quant à l’aspect sexuel (je ne parle pas de la pudeur parce que chacune sait que c’est un concept dépassé pour toute jeune accouchée ).
    Et il s’est avérée que Poupette était une téteuse de compèt: même si ma montée de lait a été tardive, elle a continué à s’accrocher et à assurer comme une pro !
    Les premières semaines se sont bien passées, mais elle a commencé à montrer des signes d’impatience en grandissant et avec l’arrivée des coliques et des angoisses du soir, ça a été plus difficile de continuer sereinement. Du coup j’ai fini par lui proposer un premier biberon vers 2 mois, et par la suite elle n’a jamais voulu reprendre le sein. Ce sevrage extrême et si rapide m’a laissé un goût amer.
    Tu vois, moi qui ne pensais même pas allaiter, j’ai réussi à me culpabiliser quand même !
    Bref, tout ça pour te dire que mon expérience me renforce dans l’idée que chaque histoire est unique, que chaque maman, chaque couple maman-bébé, chaque trio maman-bébé-papa faire ce qu’il peut après la naissance. Et que finalement, il n’y a pas de fierté mal placée ou de culpabilité à avoir, parce qu’on ne choisit pas grand chose dans cette histoire.

    1. Tout d’abord merci pour ton soutien et le câlin, je prends toujours volontiers 🙂 . Concernant le papa, au début il était comme moi et comme tous les allemands pour l’allaitement. Puis il y a eu le gros souci du poids et là j’ai commencé à tire-allaiter mais avec encore de grosses difficultés (deux mastites avec forte fièvre). A partir de là il a commencé à haïr l’allaitement et m’a clairement incitée à cesser de tire-allaiter (après deux mois quand même). Aujourd’hui lorsqu’on parle de BB2 il me laisse le choix mais je ressens qu’il est clairement contre une nouvelle tentative… Je crois que tout ça l’a aussi beaucoup traumatisé, il nous a vu tellement mal tous les deux, son fils et moi à cause de ça !
      Ton expérience est très intéressante, comme quoi il y a plein de chemins comme tu dis entre l’allaitement et le biberon, et malheureusement encore beaucoup trop de culpabilité au milieu 🙁 . J’espère que mon expérience de maman maintenant me donnera davantage confiance en moi pour BB2 et que quoiqu’il arrive sur ce sujet, je ne serai plus aussi triste que je l’ai été.

  23. Je me retrouve dans ce texte. Merci d’avoir sauté le pas et de l’avoir écrit cela me déculpabilise un peu de n’avoir pas réussi à allaiter. J’ai beaucoup souffert de tous les commentaires pro-allaitement qui sous entendaient que je ne voulais pas le meilleur pour mon enfant, j’en souffre d’ailleurs encore alors que mon fils à 15mois. L’important est qu’il soit heureux, en bonne santé biberon ou non.
    En bref, merci d’avoir écrit cet article cela m’a fait du bien de te lire.

    1. J’ai l’impression que nous avons une histoire et un ressenti très similaire en effet ! Mon fils a presque 18 mois et je peux dire qu’aujourd’hui encore, ce thème reste douloureux. Mais écrire cet article m’a permis de poser les choses et m’a fait avancer je crois. J’espère qu’il aura aussi cet effet pour toi, tu n’as qu’à lire les commentaires pour voir que nous ne sommes pas seules. Et ton fils aujourd’hui est sans doute plein de vie comme le mien, c’est vraiment le plus important 🙂 .

  24. Je suis tout à fait d’accord dans l’ensemble, par contre pour l’allaitement apres les 3 premiers mois on te demande quasiment tout le temps pourquoi tu ne donnes pas le biberon qui est la norme passé ce délai. Selon où on se situe on a des remarques dans tous les cas, je crois que ce sont les extrêmes qui saoulent. Ça ne me viendrait pas à l’idée de noter dans ma signature la durée d’allaitement même si j’en suis fière parce que j’en ai chié au début et que maintenant on me dit à chaque fois : quoi ? Tu l’allaites encore ? Oui elle a 6 mois c’est tout. On devrait avoir le choix, c’est sur et c’est valable en France aussi quand on n’accompagne pas correctement une maman qui veut allaiter mais qui a un début difficile et à qui on propose direct un biberon (j’en connais des dizaines). Disons qu’il faudrait un entre deux des 2 pays :))) et de l’information plus poussée dans les 2 cas, à mon avis.

    1. Tu as tout à fait raison les extrêmes sont pénibles en fait… Je ne comprends pas vraiment pourquoi on ne respecte pas l’allaitement longue durée en France, personnellement je ne vois pas vraiment le problème et je suis plutôt admirative ! Ce que je voulais dire avec cette histoire de signature sur les forums (j’imagine que tu vois ce dont je veux parler) c’est juste que ça peut aussi blesser sans le vouloir… Mais bon tu as compris qu’avec mon histoire et malheureusement toute la frustration associée, je suis particulièrement sensible sur ce thème. Et puis comme je l’ai écrit par ailleurs je comprends aussi cette fierté 🙂 .

  25. Merci pour ton article.. J’ai été dans le même cas que toi x3. La première j’étais en espagne, pays pro allaitemant. Ma petite a perdu trop de poids et je laissais mon bébé avoir faim (dixit la pédiatre). J’ai ultra souffert de culpabilité. Pour ma deuxième, gros bébé avec accouchement pourri = j’ai tenter 24H. Pour bébé 3 j’avais vraiment envie mais toujours pas de montée de lait. J’ai bataillé 9 jours, en complétant avec un DAL pour ne pas qu’elle perdre trop de poids. Au final je n’avais presque pas de lait et elle aspirait le lait de complément. Franchement la fille de la leche league vait beau insister sur le fait qu’il ne fallait pas que je complète et que tout le monde avait du lait je commence à me faire à l’idée que ça ne marchera jamais chez moi. Je suis déçue certes mais tant pis, comme tu dis il y a plein de belles choses à vivre à côté et cela n’empêche pas de créer le lien. Merci encore 🙂

    1. Bienvenue ici, je suis contente que cet article plaise autant je n’aurais pas imaginé ! Tu as tenté trois fois, tu étais vraiment motivée ! Moi je ne suis pas sûre que je tenterai pour BB2. Le fait que toutes les femmes peuvent allaiter je n’y crois pas non plus (c’est ce que j’ai nommé l’argument « naturel »). A mon sens il suffit de regarder la nature, il y a aussi beaucoup de femelles animales qui n’y arrivent malheureusement pas… Heureusement comme tu dis, quand nos bébés grandissent on relativise aussi ce point au regard de tous les autres 🙂 .

  26. Ton article est très intéressant. Je trouve ça triste le lobby qui entoure l’allaitement maternel, et que les mamans qui souhaitent ne pas allaiter sont montrées du doigt alors que parfois elles sont arrivées au biberon car pas possible d’allaiter. Personellement, je suis en fin de grossesse et franchement quand on me demande si je souhaite ou non allaiter je préfère être vague par peur des réflexions (j’ai dans mon entourage amicale des pro allaitement qui limite mettrai les mamans non allaitantes sur le bûcher tellement elles sont radicales sur ce sujet ). Je pense que chaque maman doit avoir le choix sans avoir droit à une engueulade de la part de l’un ou l’autre groupe et que l’on lui lâche les baskets dans sa façon d’aborder la maternité mais tant que ces lobbies continueront à avoir la dent dure c’est pas gagné.

    1. Oui c’est vraiment dommage toute cette pression… J’espère que tu vivras quand même ta fin de grossesse et tes débuts de maman sereinement !

      1. Merci. Je le souhaite aussi surtout que je ne sais pas trop si la clinique où je dois accoucher est pro allaitement ou non , donc j’espère ne pas avoir droit à un lobby digne de l’harcèlement.

  27. Bonjour, Merci pour ce super post!!!
    Enceinte de mon 1er je de ouvre avec stupeur le champ de bataille qu’est la maternité, pour moi ces choses là ont toujours été comme le choix des parents et surtout de la maman, et l’affaire de personne d’autre.
    Je pense beaucoup au rôle de mon partenaire: on veut tous les 2 qu’il puisse nourrir notre enfant! Du coup mon idée des le début c’était d’essayer d’allaiter et si ça marche d’alterner sein et biberon de lait maternel.
    Je ne comprends pas comment ça pourrait être un problème de donner les 2, je fais référence à la sage femme qui disait Ne complétez pas, ben pourquoi pas??? Moi je bois bien mon thé dans 1 tasse ou dans un bol, alors?
    C’est dingue ces diktats, comme si il y avait une Vérité Absolue…
    Eva future maman médusée

    1. Moi aussi j’ai souvent entendu dire qu’il ne fallait surtout pas « mélanger » et finalement j’ai eu plusieurs exemples d’allaitements mixtes réussis autour de moi ! C’est comme la confusion sein – tétine, tout ça en fait ça dépend toujours de chaque bébé, chaque maman etc. Bons débuts en tout cas !

      1. Merci beaucoup,
        Ton post est vraiment libérateur, car dans un sens ou dans l’autre, on doit faire son choix sans devoir se battre contre les préjugés!
        Moi je suis en Australie, première remarque du gynéco: « oh ne vous inquiétez pas ici c’est pas comme en France on vous aidera à allaiter » Euuuuuuhhhh… mouiiii ben on verra comment ça se passe, hein..
        Ici c’est très proche de L’Allemagne, a tous les niveaux: meres qui arretent de travailler, pro allaitement, anti peridurale et cododo.
        Je sens que je vais m’amuser, moi…
        Eva

  28. Voilà plein de choses intéressantes !
    A rajouter aux choses qui énervent : la question « Est-ce que tu le nourris ? »… que j’ai eue plusieurs fois et à laquelle je répondais invariablement « Non, je le laisse aller chercher tout seul sa nourriture dans les bois. »
    Grrrrrr… comme si donner le biberon n’était pas « nourrir » ?! Je ne me serais pas sentie personnellement visée puisque je donnais le sein, donc ça ne m’a pas culpabilisée, mais je trouvais cette question tellement stupide ! Et je suis certaine qu’elle aurait pu culpabiliser encore plus une femme qui aurait eu une pression contre le biberon.

    1. C’est vrai qu’on m’a souvent demandé comment je le nourrissais (heureusement pas si je le faisais quoiqu’on aurait presque pu se poser la question vu sa maigreur du début). Et c’est vrai qu’à chaque fois ca remuait un peu le couteau dans la plaie et comme en plus j’ai tire-allaité deux mois je ne savais vraiment pas quoi répondre ! Bref ce serait bien si chacun s’occupait de ses oignons 😉 .

  29. Je ne suis PAS quelqu’un de tendre et de calme (enfin pas trop) alors j’ai envie de te secouer dans tous les sens en te criant « mais POURQUOI tu te prends la tête et te justifies sur ce que tu as très bien fait malgré tout ???? » Parce que moi je trouve que tu as tout très bien fait, selon la situation qui s’est présentée, selon ton ressenti, les besoins de Pierre…!
    Je comprends ta colère face aux remarques et au manque de soutien que tu as vécu et j’espère que cela t’a fait du bien de l’extérioriser ici 🙂 L’alimentation d’un nourrisson ne devrait jamais être matière à faire culpabiliser une maman (bon, à moins qu’une maman ne laisse volontairement mourir de faim son bébé ou lui donne un coca en guise de tétée de bienvenue) alors ne culpabilise jamais pour ce que vous avez vécu, Pierre et toi. Aujourd’hui, il a l’air en forme et c’est le principal ! Et je le répète, ça veut aussi dire que tu as très bien fait cela 🙂
    Comme j’avais dit, je ne suis ni pro- ni anti-allaitement, dans le sens où chacun fait comme il le sent et personne n’a rien à y redire. Il y a des avantages et des inconvénients aux deux méthodes et elles peuvent en plus être complémentaires, comme tu le montres.
    Ce qui est vrai, par contre, c’est que j’étais pro-allaitement POUR NOUS. Je voulais allaiter au moins le temps de mon congé maternité (3 mois) car je voulais apporter les bienfaits du lait maternel à ma fille. C’était la seule raison qui m’y poussait d’ailleurs. J’ai lu ici et ailleurs que « rien ne prouve que les enfants allaités sont en meilleure santé » (alors justement, il y a des dizaines d’études qui montrent un risque moindre de développer des maladies chroniques par exemple : un RISQUE MOINDRE et donc pas « seront en meilleur santé à coup sûr et sans condition ») ou « dans mon entourage les enfants allaités sont aussi malades que les autres donc sein/biberon, ça ne change rien » (prendre une expérience personnelle qu’on transforme en vérité générale, ça s’appelle faire une erreur anecdotique ; c’est aussi utile que de dire « je ne connais pas d’enfants avec la varicelle donc rien ne prouve que la maladie existe »)

    1. Tu as raison concernant l’erreur anecdotique 😉 . Ce que je voulais dire en fait c’est que je n’en peux plus de ces études et de ces arguments, non pas parce que je remets en cause leur véracité mais parce que c’est le trop plein et que je sature (et qu’aucune étude n’est faite pour démontrer les bienfaits du biberon alors que je suis sure qu’il y en a aussi ne serait-ce que sur le stress maternel au démarrage)…
      Pour le reste écrire cet article m’a fait beaucoup de bien ! Je crois que ca restera toujours un regret, une déception mais que je commence enfin à l’accepter.

  30. Roh, à chaque fois je rate la parution de tes billets et je suis la dernière à commenter! Scrogneuneu… Je trouve ton billet très intelligent. C’est vrai qu’on distribue des bons et des mauvais points dès la naissance, et c’est complètement idiot. Ma mère n’a pas réussi à m’allaiter et je n’étais jamais malade, contrairement à me petite soeur, allaitée jusqu’à 10 mois et malade chronique! (on lui a même fait des analyses pour rechercher le sida, car nous avons vécu en Afrique un certain nombre d’années et ma mère a accouché là-bas pour moi.) Bref, je te raconte encore ma life.
    Je suis plus câline que ma soeur et pourtant, c’est elle qui a été allaitée.
    Autre point sur lequel je te rejoins: il y a des femmes pour qui allaiter ne marche pas. Tu en es la preuve. C’est fatiguant d’entendre toujours les professionnels de santé te dire: « Mais si ça marche, c’est une question de volonté, tout le monde peut allaiter! » Non, tout le monde ne peut pas.
    Moi, j’ai allaité, mais j’avais peu de lait. Je me suis accrochée, mais ma fille tétait toutes les heures, et ceux jusqu’à 4 mois..
    En tant que prof d’allemand, je côtoie pas mal d’Allemandes et c’est vrai que là-bas, l’allaitement est presque une étape obligatoire. Bonjour la liberté!
    En tous cas, j’aime beaucoup ton blog et la douceur qu’y s’en dégagent. 🙂

    1. Merci pour ton commentaire ce n’est pas grave si c’est le dernier 🙂 . Je suis en effet la preuve vivante que toutes les femmes ne peuvent pas allaiter malheureusement… Mais aussi qu’on peut quand même avoir un bébé en forme et épanoui ! Bienvenue sur mon blog en tout cas si tu aimes l’Allemagne tu vas te sentir chez toi 😉 .

  31. J’ai beaucoup aimé ta conclusion, car finalement ce qui pose problème c’est surtout que ces arguments sont donnés aux futures mamans, alors qu’elles auraient plutôt besoin de conseils, de partage de savoir faire, d’être prévenue qu’allaiter peut faire un mal de chien, et que leur bébé peut être affamé !
    Je pense que tu le sais, j’ai allaité mes enfants, j’allaite encore Petit O’ d’ailleurs. Mais la mise en place de mon premier allaitement a été proche de la torture. J’ai tenu bon car j’avais besoin d’allaiter (par contre je n’accoucherai jamais sans péridurale ! Je t’admire !). Mais je m’insurge lorsque j’entends ce qu’on raconte aux futures mamans, et qui se résume souvent à « c’est mieux et vous verrez c’est naturel donc ça sera facile »…
    Et j’imagine comme ces phrases peuvent résonner dans la tête d’une maman qui a essayé mais pas continuer. Alors que comme tu le dis, parfois le biberon est salutaire (j’ai d’ailleurs exigé des biberons pour ma fille à la maternité, l’équipe était contre, mais je voyais qu’elle avait faim !)
    Bref, je pense que tu as soulevé un point très pertinent !

    1. Ton commentaire me touche beaucoup car tu fais partie des mamans allaitantes que j’admire et grace auxquelles je vis un peu mon allaitement « par procuration » 😉 (si j’avais pu je pense aussi que j’aurais aimé allaiter longtemps). Je suis notamment ravie de lire que pour toi aussi, l’argument « c’est naturel donc facile » ne tient pas la route. Concernant les compléments alimentaires j’en veux encore à l’équipe qui nous a entourés de ne pas m’avoir alertée sur le poids de Pierre à temps.

  32. Bonjour
    J’ai enfin trouvé L’article qui résume ma pensée. Je viens de le partager sur Facebook mais je viens de penser qu’il valait peut être mieux que je demande l’autorisation de l’auteur…

    1. Si tu as mis le lien vers mon blog aucun souci au contraire ! Tu peux aussi partager le lien via ma page comme tu préfères. En tout cas je suis ravie que cet article te plaise !

  33. Je sais pas si je te l’ai déjà raconté mais j’ai été dans le cas de ton fils, je serais morte de faim sans biberons (c’est tellement tragique dit comme cas, je ne l’avais jamais vu sous cet angle avant de te lire). Ma mère allaitait, mais quelques semaines après ma naissance, je pleurais beaucoup, à tel point que mes parents s’en sont inquiétés. Diagnostic: j’avais tout simplement faim et je perdais du poids. Ils sont donc passés au biberon. Je ne sais pas si ça a été traumatisant pour ma mère, elle en parle maintenant sans émotions. Je n’ai jamais pensé à sa tentative d’allaitement comme étant un échec, un raté, pour moi, elle a simplement fait ce qu’il fallait faire: me nourrir. Je ne pense pas être plus bête que la moyenne et je n’ai pas particulièrement d’allergies. Il est vrai que j’éternue quand il y a de la poussière mais la corrélation avec le biberon me semble tirée par les cheveux 😉
    Ma mère a eu deux autres enfants, qu’elle a allaités sans soucis et même avec beaucoup de plaisir! La preuve que parfois, c’est le bébé qui s’y prend mal, ou tout simplement la faute à pas de chance. En tout cas, chaque situation est unique, d’une femme à l’autre, mais aussi d’un bébé à l’autre.
    Si tu le souhaites, j’espère que tu auras le courage de tenter l’expérience avec BB2, votre relation sera unique et qui sait, peut-être que l’allaitement en fera partie 🙂

    1. Ah ben décidément, l’allaitement a bien failli ravager mon entourage ! 😉 Ca prouve bien ce que je dis en substance dans cet article : la nature ne fait pas toujours bien les choses malheureusement. Pour BB2 j’ai encore un peu de temps pour y penser il faudrait déjà songer à arrêter la contraception 😉 . Mais je ne suis pas très optimiste, je crois bien que j’ai été un peu « traumatisée ».

      1. Ah oui, cet argument du naturel permet de dire des grosses bêtises avec un air d’autorité (on me l’a aussi sorti quand ma mère a eu un cancer et la question de la chimio se posait: soi-disant trop chimique…)
        BB2 sera un bébé aimé et heureux quoi que tu décides!

  34. Bonjour,
    Je suis tombée sur votre blog par hasard en tapant sur mon moteur de recherche « marre des pro-allaitement »… et pourtant, j’allaite encore ma fille âgée de 5 mois…
    Pourquoi alors devrais-je en avoir marre des pro-allaitement?
    Parce que je suis intimement convaincue que l’on est pas toutes égales face à l’allaitement. Parce que chaque bébé est différent. Parce que oui, il est possible de ne pas/plus avoir de lait contrairement au message véhiculé à l’unisson par la plupart des pro-allaitement qui culpabilisent les mamans rencontrant cette difficulté et qui ont besoin de tout sauf de ça dans ces moments là… et oui, cela arrive. Parfois même, la montée de lait ne se fait pas… ah oui, dans la nature, bla, bla, bla… bah je vais vous dire ce qui se passe dans la nature: soit le bébé meure de faim, soit une sœur/tante/amie prend le relai (phénomène fréquent dans les sociétés traditionnelles). Donc non, l’allaitement ne va pas « de soi ». Non, tout le monde ne prend pas plaisir à rester H24 son bébé collé au sein (car pour être une bonne mère allaitante, faut aussi cododoter, sinon on n’est qu’à moitié bonne hé hé).
    Bref, ayant moi-même allaité mes deux filles, je peux comprendre à 100% pourquoi d’autres donnent le biberon. D’ailleurs, si je devais en avoir un 3ème (mais ça ne sera pas le cas), je ne suis même pas sûre que je recommencerais…
    et oui, pour parler de mon cas personnel (on aime toutes parler de son cas, je ne fais pas exception ;-)), j’allaite encore ma fille de 5 mois… mais pour vous dire toute la vérité, ça commence à devenir plus une contrainte qu’un réel plaisir me concernant: j’ai repris le travail, j’ai une autre poucinette de 3 ans à m’occuper et mon bébé refuse obstinément de boire au biberon, ce qui m’oblige non seulement à continuer l’allaitement mais à devoir prendre sur ma pause déjeuner pour aller lui donner le sein chez la nounou! J’ajoute à cela qu’elle se réveille plusieurs fois par nuit (car quoiqu’on en dise, les bébés allaités font moins facilement leur nuit que les autres… j’ai pu le constater à l’époque quand ma grande a été sevrée)… sans compter que je trouve que le lien a dû mal à se faire entre elle et le papa (bah oui, vu qu’elle n’est nourrie que par moi et ne veut que maman, difficile pour eux deux de lier connaissance).Bref, un allaitement, même réussi, est loin de présenter que des avantages… mais de cela, on n’en parle pas trop bizarrement.
    Bref, certaines femmes sont certainement très épanouies en allaitant et y arrivent très facilement… pour d’autres, c’est juste pas possible.
    En conclusion, ça ne me choque pas du tout de lire vos propos. Ils sont justes et comme de nombreux autres témoignages ont pu vous le démontrer, vous êtes loin d’être la seule à penser cela 😉
    Bonne continuation à vous!

    1. Votre expérience est vraiment très intéressante et fait réfléchir ! Vous confirmez ce que je pense : c’est qu’on en fait quand même un peu « trop » avec l’allaitement. J’espère que vous arriverez à sevrer votre fille sans trop de difficultés et comme vous le souhaitez. Bon courage !

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