Bilinguisme : premiers mots, premiers soucis ?

Bilinguisme : premiers mots, premiers soucis ?

Avant même la naissance de Pierre il était évident pour son père comme pour moi que nous souhaitions lui transmettre nos deux langues : le français et l’allemand. Au quotidien, mon fils est donc élevé de façon dite « bilingue ». Concrètement cela signifie que je lui parle exclusivement français et que son papa lui parle exclusivement allemand. A la maison, son père et moi parlons français entre nous, pour compenser le fait qu’en journée Pierre fréquente une crèche allemande.

Depuis longtemps, j’ai envie d’écrire un article sur ce thème. Mais tant que Pierre ne parlait pas – ni ne montrait aucun signe de compréhension, cela me semblait prématuré. Aujourd’hui je crois pouvoir enfin vous livrer un premier point d’étape. Et le message que j’ai envie de transmettre pour introduire ce sujet délicat est que ce n’est pas forcément aussi merveilleux que l’on croit.

Souvent quand les gens apprennent que notre fils est élevé de cette façon, ils s’exclament d’enthousiasme : « Quelle chance ! ». Et c’est vrai oui bien sûr. Si tout se passe bien, Pierre sera bilingue « de naissance » sans avoir à fournir le moindre effort en cours de langue. Il obtiendra une note confortable au bac en français qui rendra jaloux ses petits camarades. J’imagine quelque chose comme ça.

Ce que ces gens ne savent pas forcément en revanche, ce sont tous ces petits moments délicats à gérer aujourd’hui déjà et auxquels je n’étais pas forcément préparée. Ces moments où j’envie les familles où tout est plus simple, où une seule langue traduit le quotidien. Car je dois vous le dire : si le bilinguisme fait rêver, en ce moment, j’en subis plutôt le revers de médaille.

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Le premier effet désagréable de l’éducation bilingue, c’est la compétition qu’elle induit entre les deux parents et au-delà, entre les deux familles. Sans arrêt on nous demande : « Alors, Pierre comprend mieux le français ou l’allemand ? ». Bien sûr dans ces moments là on aimerait être un monstre de rationalité et ne mettre aucun enjeu émotionnel dans la réponse. Mais c’est bien sûr impossible. Admettre qu’il parlerait mieux l’autre langue est forcément difficile. Et puis pour tout vous dire, je ne sais pas répondre à cette question, puisque je ne parle avec lui qu’en français !

Nos familles bien sûr, sont d’autant plus impliquées dans ce « concours ». Elle ne parlent pas la langue de l’autre, alors si Pierre venait à ne parler qu’une seule langue, l’une d’entre elles pourrait se trouver comme exclue ! Ainsi nous devons répondre constamment aux questions des grands-mères : oui, les premiers mots de Pierre sont français, oui il comprend l’allemand aussi… Puisqu’on vous le dit !

Le deuxième effet regrettable est cette fameuse « gêne en public ». Quand nous sommes au parc, à la crèche, n’importe où et que je parle français à Pierre, ce n’est pas anodin.

Les adultes le tolèrent généralement très bien, je n’ai jamais eu de remarques sur le fait que ce soit « impoli ». Cela dit, quand je suis par exemple en présence des éducatrices, ou en visite chez mes beaux-parents, il est souvent gênant de ne pas pouvoir m’adresser à Pierre et aux autres en même temps. Quand je dis par exemple : « on y va maintenant », est-ce que tout le monde anticipe notre départ ?

Concernant les enfants, vous n’imaginez pas alors comme certains me dévisagent… Ils se postent devant moi, yeux et bouche grand ouverts, tentant désespérément d’interpréter mon charabia. C’est vraiment drôle pour tout vous dire. Sauf que je sais bien qu’un jour, ces regards gêneront Pierre.

Ce qui me rassure sur ce point et pour Pierre à l’avenir, c’est la très majoritaire francophilie des allemands. J’espère par ailleurs que je ne serai pas toujours le seul parent « de langue étrangère » de son groupe ou de sa classe. A la crèche pour le moment, trois enfants sur dix sont élevés de façon bilingue. Cette crèche étant  financée par mon employeur, le public est de fait très international. Je ne me sens ainsi pas trop « bête de foire ». Et ce serait merveilleux si cela pouvait continuer comme ça.

Toujours sur ce point enfin, j’essaie de fréquenter le plus grand nombre possible de familles bilingues. J’espère ainsi minorer le sentiment de particularité que pourrait ressentir Pierre un jour sur ce sujet.

Enfin je termine par le plus difficile pour mon cœur de maman : les difficultés concrètes que ce bilinguisme génère pour Pierre en ce moment. J’ai l’impression que les gens pensent souvent que les enfants bilingues naissent bilingues. C’est faux. Ils le deviennent et cela comporte aussi pour eux quelques difficultés. Vous savez qu’en ce moment Pierre dit ses premiers mots. Mais il ne semble pour le moment pas comprendre qui parle quelle langue ni quel mot ressort de quelle langue. Et cela génère bien sûr des incompréhensions, particulièrement frustrantes pour lui. Mon cœur s’est ainsi brisé ce matin lorsque je l’ai vu courir vers son éducatrice en criant « Canya ». Il voulait qu’elle l’emmène voir cette image de canard accrochée dans l’entrée. Elle n’a rien compris, l’a emmené dans une autre direction, et il a hurlé – évidemment. Bon, je me rends bien compte qu’une éducatrice française aurait pu aussi ne pas comprendre (quelle incompétence 😉 ). Mais disons que là il n’y avait pas le moindre espoir de communication. Dans le même ordre d’idées, Pierre a déjà essayé plusieurs fois de me dire des mots allemands. Je les comprends mais tâche de ne pas les reprendre, de reformuler la même chose en français. C’est dur de voir son regard plein de fierté tourner vers l’incompréhension. Pourquoi maman ne veut pas redire avec moi ce mot là ?

Je dois vous sembler bien négative mais je vous rassure, je ne le suis pas. Et surtout je ne remettrai pour rien au monde en question notre modèle. Je souhaite que Pierre parle français et allemand, et je suis persuadée que nous allons y arriver. Je pense que chaque phase de son développement apportera son lot de questions sur cette éducation particulière et qu’il faudra alors simplement que nous cherchions à l’accompagner au mieux. J’ai déjà reçu plusieurs conseils de lecture sur le sujet et j’ai envie de me fixer comme objectif de lire un livre sur ce thème prochainement. Cela m’aidera sûrement à y voir plus clair, me rassurera peut-être aussi.

En fait ce que je voulais vous dire, c’est juste que l’éducation bilingue, c’est une chance, oui, merveilleuse, si on veut, mais que je le vis parfois aussi comme quelque chose d’un peu difficile, un peu contrariant, pas toujours évident.

Et vous l’éducation bilingue ça vous fait rêver ? Vous l’avez reçue ? Vous êtes en plein dedans ? S’il y a un sujet sur lequel j’adorerais vous lire c’est bien celui-là !

82 réactions au sujet de « Bilinguisme : premiers mots, premiers soucis ? »

  1. J’imagine ta frustration. Et celle de ton loulou.
    J’aurais tendance à dire que cela arrivera même d’autres fois avec des mots en français. Avec Choupi tous les mots se ressemblent, du coup des fois on ne sait pas non plus ce qu’il veut.
    Donc oui c’est difficile mais ce sera vraiment une chance plus tard. Et je te rejoins ce serait vraiment dommage qu’une partie de la famille ne puisse communiquer avec lui.

    1. C’est vrai qu’en écrivant l’article je me suis rendue compte que l’exemple du « canya » aurait pu aussi arriver dans un contexte français finalement 😉 . Et je pense en effet que cela vaut le coup de persévérer (et de toute façon je n’ai pas trop le choix je ne me vois pas du tout lui parler allemand ! 😉 ).

  2. Je n’imaginais pas de telles difficultés avec le double langage.
    Avec mon mari, nous voulons également introduire deux langues dès que bébé sera né, le français et l’anglais, voire même commencer avec la langue des signes. J’espère que tout cela ne le perturbera pas trop.
    J’ai un livre à lire sur le sujet pour avoir toutes les informations nécessaires et les réponses à mes questions.

    1. J’au fait un article sur les désagréments mais bien sûr à terme le bilan sera quand même positif (j’espère en tout cas). Je ne voulais pas te décourager 😉 . Cependant vous voulez introduire ces deux langues mais elles ne sont pas vos langues maternelles, c’est ça ?

  3. Je suis bilingue de naissance et je pense que tu te préoccupes beaucoup trop… notamment pour ce qui est du regard des autres enfants, tu as l’air de prendre pour acquis que Pierre en sera gêné : à mon avis, ce sera bien le contraire ! Je me souviens avoir toujours été un peu fière de ma particularité (fierté mal placée puisqu’il s’agit seulement d’un hasard de naissance, mais enfin c’est ainsi que je le ressentais). Le regard admiratif des autres, je ne connais pas beaucoup de bilingues qui s’en plaignent.
    En règle générale, je comprends que ça te préoccupe mais rappelle-toi qu’à l’échelle mondiale, la majorité des humains sont bilingues ou trilingues, et qu’être monolingue est l’exception plutôt que la norme : ça rassure tout de suite !

    1. Je suis d’un naturel un peu inquiet c’est vrai alors merci de me rassurer 🙂 . Quelques jours après avoir écrit cet article j’ai croisé une petite fille bilingue au parc et en effet elle était incroyablement fière devant les autres de me parler français ! Mais j’ai quand même déjà aussi observé l’inverse…

  4. Je pense en effet que c’est une chance pour la suite de sa vie mais l’apprentissage est quand même double. Je suis sûre que vous allez vous en sortir et que (comme beaucoup de choses) les désagréments actuels seront vite oubliés.
    Et si ça peut te rassurer, la compréhension du choupi n’est pas toujours aisée et il n’a que le français à mémoriser !!!

    1. Je dois dire que je ne m’attendais pas à ce que Pierre commence à parler aussi vite et bien et que je ne suis pas peu fière… 😉 Pour le reste oui je ne doute pas vraiment que nous nous en sortirons mais je pense que je ne suis qu’au début de mes découvertes !

  5. Je ne peux pas t’aider sur les difficultés du bilinguisme, ms j’ai des cousins bilingues et c’est super pour eux.
    J’espère que tes lectures t’aideront car c’est une vraie chance pour Pierre.
    Et pour l’anecdote, le sens langue maternelle est vraiment littéral, ma cousine bilingue de mère française n’arrive à s’adresser spontanément qu’en français à ses enfants alors qu’ils vivent en Allemagne ! J’ai un autre cousin qui tente le trilingue : français pour lui, anglais pour elle et allemand dans la vie courante. Je n’ai pas vu leurs filles depuis longtemps, je me demande comment ça se passe?

    1. C’est très intéressant ce que tu dis sur la langue maternelle ! Mais je comprends que ça puisse avoir cet effet. Par ailleurs j’ai lu qu’au tout début le nouveau-né est « programmé » pour mieux écouter sa mère. Il ne serait donc a priori pas étonnant que Pierre commence par parler français…

  6. C’est très intéressant comme article ! J’avais eu des retours d’enfants plus âgés élevés de manière bilingue mais jamais d’aussi jeune que Pierre… C’est vrai que ton article sonne un peu « tristou », comme si les conséquences temporaires n’étaient pas aussi positives qu’espéré. Je pense que justement ce n’est que temporaire et que donc le bénéfice long-terme en vaudra largement la peine ! 😉 Les résultats 5 ans, 10 ans, 20 ans plus tard sont phénoménaux. A une époque de globalisation comme nous le vivons, je considère l’apprentissage des langues comme vital !
    Les enfants bilingues que je connais mettent souvent plus de temps à parler correctement parce qu’ils doivent apprendre « en double » et en parallèle et faire les liens logiques de deux langues, qui sont parfois très différentes. Mais une fois adulte, je n’en vois aucun qui semble avoir développé un quelconque souci qu’on pourrait relier au bilinguisme… Je connais une petite fille, 6 ans, qui est trilingue français-espagnol-néerlandais maintenant (!) Mais à l’âge de 3 ans, elle avait toujours du mal à faire des phrases, confondait les 3 langues, ne connaissait pas autant de mots qu’un enfant monolingue du même âge et du coup évitait souvent de parler. A l’époque, c’est vrai que ça semblait triste et je me demande s’il peut y avoir un impact à long-terme… Mais ici, c’est trois langues, pas deux. (je connais aussi un petit garçon qui en a appris 4 dont la langue des signes et ça a été la galère pour TOUS les apprentissages : propreté, alimentation, école, etc.)
    Habitant dans un pays bilingue (bon ok, trilingue officiellement… on oublie vite l’allemand par ici oups :p ) et venant d’une famille partiellement étrangère, je baigne dans les langues étrangères depuis que je suis toute petite mais je n’ai jamais eu la chance de vivre un vrai bilinguisme. Mon père ne parlait espagnol qu’avec ses parents mais nos grands-parents nous parlaient espagnol : résultat, j’ai dû prendre des cours pour l’apprendre correctement mais j’ai gardé une ‘oreille’ pour la langue, une certaine facilité naturelle et une prononciation quasi-native. Au fond, il ne faut pas grand-chose donc, pour habituer son enfant 😉
    Bref, je regrette qu’on ne nous l’ait pas appris et avec mon mari, on a beaucoup hésité pour l’anglais avec Croquette… C’est tellement difficile de s’adresser à ton enfant autrement que dans ta langue maternelle (la langue de coeur !) Elle est actuellement dans une crèche bilingue français-néerlandais mais qui ne pratique presque pas la deuxième langue malheureusement… Je ne désespère pas de la mettre dans des écoles néerlandophones plus tard, on verra bien !

    1. C’est gentil de me rassurer et de me motiver ! Je crois que je ne me rends pas compte de la chance que c’est parce que je n’ai moi même pas eu trop de mal à apprendre des langues étrangères plus tard, à l’école ou pendant mes études. Par ailleurs ça me fait du bien aussi de me rappeler que certains pays entiers sont bi- ou trilingues, je me sens moins seule du coup 😉 ! Concernant les parents qui enseignent à leurs enfants une langue autre que leur langue maternelle je ne connais pas très bien le sujet… Je serais curieuse de savoir comment ça marche !

      1. Oula je t’ai fait une méga tartine, je suis désolée 🙁 Contrairement à ce que beaucoup pensent, la facilité à apprendre une langue étrangère n’est pas innée mais elle s’acquiert par différents mécanismes. C’est pour ça que je te dis de ne pas t’inquiéter pour Pierre : il finira par y arriver et ça sera génial pour lui 😉 Par contre ce qui est vrai, quand tu es bilingue « de naissance » (mais aussi si tu connais déjà plusieurs langues), tu en apprends plus facilement de nouvelles car tu as déjà l’habitude de faire les connexions nécessaires à leur acquisition : les mécanismes sont déjà connus, « intégrés » et l’apprentissage se passe plus vite (bonjour ici Miss Chat, diplômée en multilinguisme, ça se sent ? ^^)
        Hihi oui il y a en réalité beaucoup plus de pays bilingues au moins que monolingues ! Comme dit Pline, le monolinguisme est plutôt l’exception que la règle dans le monde 😉 Dans nos contrées, un vrai bilinguisme reste relativement rare mais ça force en général l’admiration (ou l’intérêt).
        Pour l’enseignement d’une langue non-maternelle, je te dirai quoi quand on aura un résultat concret :p Pour le moment, elle entend régulièrement trois autres langues en plus du français, j’espère que ça lui permettra au moins d’affiner son oreille (c’est déjà ça de pris)…
        ps: je t’ai refait une tartine……..

        1. Pas de souci j’aime bien les tartines 🙂 . Je pense que quelque soit l’intensité des contacts c’est un enrichissement en fait… J’ai hâte de savoir comment ca évoluera pour Croquette !

  7. Alors la, comment dire… Je ne me retrouve absolument pas dans ce que tu écris, et pourtant , je suis dans la même constellation que toi, avec seulement des enfants plus âgés. On ne nous a jamais demandés quelle langue était la mieux parlée , les grands – mères n’ ont jamais été en compétition , parler français devant des gens qui ne parlent qu’ allemand ne m’ a jamais gênée, et je n’ ai pas de souvenirs que le bilinguisme ait génere de gros problèmes à la crèche. Dis toi bien que tu ne vois pas tout ce que ton fils fait à la crèche et que gérer ses frustrations fait partie des apprentissages nécessaires de la vie.  » Sauf qu’ un jour je sais bien que ces regards gêneront Pierre » En es-tu vraiment si sûre ? Moi pas. C’ est plus le sentiment de me sentir étrangère , et d’ être parfois traitée comme telle, qui me dérange . Mais c’ est mon problème, pas celui de mes enfants.
    Bon tout ce roman pour dire que je ne crois pas m’ être posée autant de questions que toi et que 7 et 9 ans plus tard mes enfants sont bilingues et conscients de la chance qu’ ils ont. Mon mari et moi parlons chacun notre langue à nos enfants, français entre nous et les enfants entre eux un mélange des deux ( parfois dans une même phrase !) Détends – toi, laisse le temps faire son œuvre et tout ira bien !

    1. Comme pour beaucoup de choses, les ressentis varient sans doute en fonction des enfants, des familles etc. Je suis peut-être influencée négativement par des exemples autour de moi où le bilinguisme a été par moment un peu perturbant. Du coup je suis ravie de lire que chez toi, tout roule !
      Concernant les regards gênants tu as tout à fait raison, il se peut aussi que plus tard, Pierre soit fier de sa différence !
      Je suis très sensible et j’ai tendance à m’inquiéter vite c’est vrai. Si c’est pour rien tant mieux 😉 .

  8. Tu sais que c’est un de mes sujets préférés 🙂 Je te suis sur tous les points que tu abordes. On me demande aussi souvent si Pierre comprend/parle les deux langues … Les gens ont toujours peur qu’il ne les comprennent pas ! Il m’est également arrivé que des enfants me dévisagent parce que je parlais français … C’était chez le pédiatre et la maman était super mal à l’aise car elle ne savait pas si je comprenais l’allemand … J’ai dissipé le malaise. Dans l’ensemble, je perçois une différence sûrement due à ma région : le bilinguisme est très commun ici (pas seulement franco-allemand) et la plupart des familles que nous fréquentons en Allemagne sont bilingues (mais pas en France, bizarre !).
    Pour ce qui est de la langue forte, j’ai dû reconnaître que chez nous, c’est l’allemand … en ce moment ! J’ai l’impression que cela évolue constamment. Au début, Pierre « parlait »plus français (j’étais ravie ^^). A 2 ans et demi, il parle plus allemand. Je l’accepte, c’est logique puisque tout son entourage parle allemand. Mais je ne perds pas espoir que le français reprenne le dessus s’il va à l’école maternelle … En fait, son langage évolue vraiment avec son environnement.
    Et pour finir (et pour défendre l’éducatrice ^^), je comprends mieux le charabia allemand de Pierre que mon mari et mes beaux-parents … Le « bébé » est une langue à part entière et je suis sa traductrice officielle 🙂 C’était déjà le cas avec ma petite soeur (en français), je traduisais ce qu’elle disait à mes parents 🙂
    La question cruciale : quelle langue parleront vos enfants ensemble ?? 🙂

    1. Aaaaah Violaine de retour sur mon blog 🙂 ! Je suis contente que tu te reconnaisses un peu dans mon témoignage, je me sens moins seule du coup. Je pense que pour Pierre la langue dominante sera forcément l’allemand à cause de l’école (il n’y a malheureusement pas d’école bilingue ici). Mais je l’ai déjà admis et je sais aussi que tout peut évoluer ! Il ira peut-être étudier dans un pays francophone…
      Concernant mes (futurs) enfants j’imagine qu’ils parleront en allemand de leur quotidien scolaire et plutôt en français de la vie à la maison par exemple ? En fonction des sujets, comme mon mari et moi spontanément…

  9. J’avoue qu’au début, je me suis dit, quand tu as évoqué les difficultés de Pierre à cause du bilinguisme, que tu devais attribuer au bilinguisme des difficultés que j’avais aussi, et j’étais déjà prête à te dire : « Mais nooon, c’est tous les enfants… » Mais en fait si, je comprends parfaitement à quel point ça doit être frustrant pour lui de ne pas pouvoir communiquer avec tout son entourage de la même façon, et pour toi de ne pas pouvoir le « féliciter » de ses nouveaux mots en allemand. Choupie en dit plein de nouveaux en ce moment (après quelques semaines/mois de stagnation, elle est de retour dans la course au langage !!) et c’est vraiment une joie de les répéter, de lui faire répéter, de lui montrer qu’on comprend. Donc je compatis.

    Mais vous aurez ensuite d’immenses moments de fierté quand ils commencera à dire les mots dans les deux langues et à s’adapter de lui-même à son interlocuteur 🙂 Il est encore tout petit, là, et les incompréhensions, c’est encore leur lot quotidien, à ce âge-là !

    Et c’est assez drôle que Pierre dise « canya » quand Choupie dit « caya » et Junior « cana »… Il fait un mix 😀

    1. Je pense que c’est d’autant plus frustrant pour moi qui suis vraiment une amoureuse des mots et de la langue française. Heureusement j’aime bien la langue allemande aussi 🙂 .
      Je n’avais pas fait attention pour les variantes du mot canard ! Quel succès pour ce mot quand on y pense 😉 (je précise que Pierre ne dit toujours presque pas maman…).

  10. J’ espère qu’ ils continueront à se parler dans leur charabia  » frandeutsch » mais je pense que ça dépendra fortement du pays où ils vivront, de la nationalité de leurs conjoints,… Je me demande souvent aussi s’ ils transmettront leurs deux langues à leurs enfants. Quelle langue parles-tu avec ton mari?

  11. Hello,
    Alors c’est avec grand intérêt que j’ai lu ton post: comme tu le sais, maman depuis peu j’élève ma petite en mode bilingue (je lui parle français alors qu’on habite en Allemagne), comme je l’ai moi-même été (d’une maman allemande alors qu’on vivait en France). Du coup pour moi c’est tout naturel, un foyer bilingue et je ne me pose pas bcp de questions. D’un autre côté, elle est encore bien loin de dire ses premiers mots, à l’inverse de Pierre alors la prise de tête sera peut-être pour dans un an 🙂

    Pur produit Franco-allemand, je n’ai jamais ressenti les côtés qui te semblent négatifs: je n’ai jamais eu honte de ma maman – du moins pas à cause de la
    langue… (pourtant l’allemand est bien moins sexy que le français comme langue étrangère); je n’ai pas de souvenirs d’avoir été déçue de ne pas être comprise (trop lointains p-ê?); et ce n’était pas franchement qq chose qui me distinguait des autres gamins – et aujourd’hui ce sera encore moins une particularité je pense.

    Pour ce qui est de la famille ou des questions des autres à propos de la préférence, je ne m’en ferais vraiment pas : ça va fonctionner, Pierre parlera les deux langues, c’est sûr ! Et une fois à l’école, si son allemand prend le dessus, après des vacances en France il rattrapera tout et appréciera les différences culturelles :p
    Il switchera du français à l’allemand selon la personne qui lui parle, du moins c’est comme ça que ça se passe encore chez nous avec mes parents ou chez ma soeur, qui élève également ses enfants de manière bilingue.
    Continue et ne te fais pas de soucis, ça peut très bien marcher !

    1. J’aimerais beaucoup que tu poses des questions à ta maman sur ce thème car a priori elle a super bien géré en tout cas ! Et d’ailleurs j’ai déjà une question qui me vient : quand et comment as-tu appris à écrire en allemand ?

      1. J’ai appris l’orthographe et la grammaire allemande très tard (j’avais en effet pris allemand comme 2ème langue étrangère parce qu’à l’époque je ne m’intéressais pas à l’espagnol – bien bête d’ailleurs, j’ai galéré pour apprendre à 24 ans… du coup les vraies règles je les apprises en 4ème). Ma maman me laissait écrire en allemand avec la phonétique française (et me corrigeait ensuite mais du moins j’étais libre de m’exprimer comme je le savais). Par ex, « schön » je l’aurais écrit « cheun ». C’était un peu galère pour décrypter apparemment ;o)

  12. Pour Pierre, je ne pense pas qu’il faille t’en faire. Dans un groupe de petits enfants, c’est rarement un problème si l’un d’entre eux ne parle pas la même langue que les autres.
    C’est vrai que le bilinguisme est compliqué, même si c’est clairement une chance (pour moi qui suis pas douée en langue, ca a bien sauvé mon anglais). Parce que la langue véhicule toute une culture, une histoire et qu’apprendre une langue va bien au delà des mots. Se rendre compte qu’on parle moins bien une langue que l’autre, c’est compliqué. Moi je l’ai toujours ressenti comme une trahison envers mon père, d’autant plus que je connaissais aussi mieux la culture et l’histoire française qu’irlandaise. J’ai toujours très mal vécu aussi le fait d’arriver chez mes cousins en Irlande et d’avoir besoin de quelques temps pour me faire à leur accent et pas tout comprendre de travers.
    Chez nous, petits on parlait vraiment les deux langues (on a d’abord habité en Irlande avant de déménager en France), puis petit à petit la langue de l’école et des copains/activités a pris le dessus, et on a commencé à parler français entre nous (les frères et sœurs). Mon père a toujours continué à nous parler en anglais (le plus souvent), même si progressivement on s’est mis à répondre en français. Aujourd’hui je pense qu’on parle tous mieux français qu’anglais (malgré tout ce que mes parents ont essayé de faire pour nous faire parler anglais, ce qui est allé jusqu’à « celui qui réussit à ne parler qu’anglais ce we aura un mars »… ils devaient vraiment être désespérés !). Même si on le parle/comprend très bien. Avec mon père, on lui répond avec une sorte de mélange étrange, peu compréhensible, où en on saute d’une langue à l’autre sans transition, dans la même phrase, selon ce qui sonne le mieux. Entre frères et sœurs on parle quasi toujours français, sauf certaines expressions (c’est vrai ce que tu dis sur la vie de la maison, nous on était incollables en anglais sur les mots de ménage, genre laver la cuisinière, passer le balai, mettre la table….).
    Si tu lui parles français, que tu le fais lire en français, qu’il va en France régulièrement, c’est déjà énorme. L’enjeu est pour moi bien plus une question de transmission de culture que de simple communication, parce qu’il est évident qu’il comprendra bien les deux langues, quoi qu’il arrive.

    1. Etant donné que je mets quand même une certaine charge émotionnelle derrière cette histoire de langue, j’ai peur que Pierre développe aussi une certaine culpabilité un jour vis a vis de moi… Je pense que je vais devoir être vigilante sur ce point. Sinon tu as raison, il ne s’agit pas que de ça mais aussi de culture, de transmission… Sur ce point j’espère que le fait de fréquenter un maximum de français et de nous rendre en France régulièrement aidera. Je ne voudrais pas non plus être la seule personne qui parle français à ses cotes. Après je suis préparée à ce que, si Pierre reste toute sa vie en Allemagne, il finira par parler mieux voire exclusivement l’allemand. En revanche je redoute déjà un peu cette phase d’opposition ou peut être il rejettera le français. Je ne sais pas si je lui donnerai des mars alors 🙂 ! Ce que je constate en tout cas aussi dans les commentaires de cet article c’est que c’est très variable d’une famille à l’autre… Je n’ai par contre aucune idée pour le moment des raisons qui font que parfois ça se passe mieux que d’autres…

  13. Ici on a pas tenté le bilinguisme, on est Français tous les deux. Je vois partout autour de moi les parents essayaient d’initier à l’anglais les enfants, même si ça ne fait pas partie de leur langue maternelle à eux mais je me vois pas faire ça. C’est pour moi trop vouloir poussé le bouchon, j’ai pas de légitimité avec l’anglais. Je préfère qu’elle apprenne avec des vrais anglo-saxons plus tard.

    Pour Pierre méfie toi, lui apprendre oralement le français ne suffit pas si tu veux qu’il soit 100% bilingue, surtout qu’il est immergé dans un contexte allemand uniquement. Je pense à un ami d’enfance franco-allemand, il parlait couramment allemand car, comme toi sa maman lui parlait dans sa langue natale, mais ne savait pas l’écrire, et il a commencé tard à apprendre (en 6e), il a été super rétif en cours et c’était plutôt la cata (il devait aussi s’emmerder à apprendre « Sie müssen tanken » le pauvre).
    Autre exemple une amie 100% française mais qui n’a jamais grandi en France, elle est le cul entre deux chaises car elle a de grosses lacunes en français écrits et sait pas trop où se situer culturellement.
    Encore un autre cas, mon petit frère en maternelle avait un petit Finlandais, le pauvre connaissait rien du français. Imagine l’angoisse. Au bout de 2 mois tout content à la sortie des classes il dit devant sa maman « aujourd’hui la maitresse a parlé finlandais !!!! ». En fait il commençait à comprendre le français !!
    Un dernier exemple de mon entourage, j’ai un couple ami franco-chinois qui vivait en expat’en Chine. Ils ont voulu mettre le petit en école anglaise, en plus du français et du chinois, il a explosé et s’est fait viré de l’école. 3 langues c’était trop pour lui !!! Il l’a même exprimé à ses parents alors qu’il était encore super jeune. Et pour les grands-parents celui là a très vite saisi qui parlaient quelle langue et en jouait pas mal pour faire tourner chèvre les grands-parents avec des phases où il ne leur répondait que dans l’autre langue. Il disait à sa mamie fr « toi tu parles pas chinois ! ».

    Après c’est chouette de naître en connaissant deux cultures, tu sais les mauvais regards à l’école des autres ça ne durent qu’un temps. Plus grand il saura comprendre la richesse de partager deux histoires et langues !! Et les jaloux, les mesquins, les brutes trouveront toujours un truc pour l’emmerder. Te bile pas et parle lui dans ta langue, pour ton coeur de maman c’est important
    Et personne ne comprend mieux un enfant que la personne qui passe le plus de temps avec, ma nièce à 3 ans à part sa mère on comprenait rien. Elle pleurait à force de frustration quand elle essayait d’échanger en vain avec son père, c’était peinant !!

    1. LE commentaire de la nuit 😀 . Pour l’écrit beaucoup ont posé la question en fait j’envisage de lui faire prendre des cours particuliers assez tôt pour cela (je n’ai pas envie de jouer le rôle de son institutrice) car en effet sinon c’est souvent le problème. Je vous tiendrai au courant le moment venu !
      Concernant le fait de faire apprendre une langue non maternelle à son bébé je ne sais pas trop ce que j’en pense. J’aimerais savoir le résultat ! Et je pense que le plus important c´est que ça ne devienne pas une contrainte, que ça reste un jeu.
      Apres tes exemples parlent plutôt d´enfants qui ont déménagé ou changé de langue un peu plus tard. C´est au moins l’avantage de Pierre : il est né avec deux langues et ça devrait rester stable 😉 .

      1. Dans l’idée, j’aimerais faire regarder des dessins animés en anglais à FeuFolet, pas pour qu’il soit « billingue » mais plus pour que son oreille reste habitué à la sonorité de la langue, ce qui devrait lui permettre de l’apprendre plus facilement plus tard …
        Et j’avoue, l’anglais, c’est uniquement pour le coté langue internationale … mais sinon, on écoute beaucoup de musique russe dans la voiture, à voir si ça aura une influence XD

  14. Notre situation est un peu différente chez nous : nous sommes tous les deux français, et nous parlons donc français à la maison. C’est à la crèche que Camomille apprend l’allemand. Elle a globalement un retard de langage par rapport aux autres enfants, mais je ne peux pas dire si c’est dû au bilinguisme ou si elle est simplement comme sa maman, qui a pris son temps avant de se mettre à parler.
    Par contre, elle a toujours bien différencié les deux langues. D’après ce que la crèche nous dit. Je pense que le « tri » entre les deux langues s’est fait naturellement. Si elle baragouine en allemand à la maison, on ne fait pas forcément le lien avec les vrais mots allemands, et donc on ne réagit pas comme il faudrait. Pareil, si elle parle français à la crèche, elle ne risque pas d’obtenir ce qu’elle veut ! A la maison, elle parle donc surtout en français, mais tout les petits mots sont en allemand : ich, auch, ja, nein, da oben, hier… Ça fait des phrases rigolotes !
    Pour moi le vrai problème sera l’apprentissage de la lecture en français. Pour voir l’exemple de ma nièce (bilingue français-anglais, vivant en Irlande), elle lit très bien en anglais, mais bute sur le français alors qu’elle le parle bien. Pas facile d’appréhender de nouvelles lettres et de nouveaux sons !

    1. Ah c’est très intéressant il me semble que Pierre commence aussi à dire des petits mots en allemand ! Je me pose aussi la question de la lecture et de l’écriture et j’envisage de lui faire prendre des cours particuliers assez tot pour cela (je ne me vois pas jouer l’institutrice). Je vous tiendrai au courant le moment venu !

  15. Pour moi apprendre n’est jamais une perte. C’est peut être déstabilisant au départ mais dis toi que dans quelques années ce qui restera sera plus qu’il aura acquis 2 langues plutôt que les galères éventuelles. Et je crois que c’est important d’apprendre le plus tôt possible. J’ai appris le français à 3 ans et je le considère comme ma 2ème langue maternelle mais des fois quand je suis fatiguée, je sors les faux amis typiques entre le français et ma 1ère langue. Et pourtant ça fait 10 ans que j’utilise exclusivement le français dans la vie de tous les jours!
    Quant à se sentir différent ça dépendra de son caractère. ça tient toujours à très peu de chose de définir sa différence comme une force ou comme un handicap. Mais comme a dit quelqu’un plus haut, à l’heure de la mondialisation les langues se démocratisent et il y a des chances qu’il ne ressente même pas cette différence 🙂

  16. Pardon pour cette réponse incompréhensible qui n´allait pas sur le bon commentaire. Il était tard hier soir…
    Je ne peux que continuer à t´encourager et t´assurer que ton fils deveindra bilingue sans souci!

  17. (Pour apporter une nouvelle petite pierre à l’édifice, puisque je n’ai pas pensé à le mettre dans mon précédent commentaire : j’ai une amie dont la maman est allemande et le papa français, mais prof d’allemand, qui a grandi en France. Elle parle très bien le français et elle parle allemand avec sa mère, mais même si elle a un allemand courant, elle le parle quand même un peu moins bien et a un peu de mal à l’écrit. Il n’empêche qu’elle a toujours été bonne avec les langues en général : elle en parle quatre couramment aujourd’hui, et elle est devenue guide 🙂 Donc oui, même s’il y a peut-être une langue minoritaire, du fait du contexte qui est unilingue, ça reste une vraie richesse !)

    1. Sur l’écrit comme je le disais à Cassonade j’envisage de lui faire prendre des cours particuliers assez tôt (je ne me vois pas jouer l’institutrice). Mais bon je vous tiendrai au courant le moment venu ! Notre experte Mme Gezellig me dit que c’est mieux d´attendre que Pierre sache écrire et lire en allemand pour commencer.

      1. Disons qu’autant se baser sur l’apprentissage d’un code écrit fixé pour apprendre l’autre comme le fonctionnement est similaire (même alphabet beaucoup de sons s’écrivant pareil dans les deux langues). C’est juste plus pratique et plus efficace d’après mes recherches et expériences.
        Après, s’il est intéressé par la lecture avant l’âge de la lecture à l’école, rien ne t’empêche de commencer par le code écrit français mais je dirais qu’il faut que tu te formes un minimum sur l’apprentissage de la lecture et que ça corresponde à une envie pour lui pour qu’il soit respectif.

  18. Bonjour,
    Je ne connais pas de personnes bilingues ni ne suis dans cette situation, donc je ne pourrai pas t’apporter beaucoup de réconfort de ce côté là. Par contre, j’ai lu ton article de mon œil de linguiste, et je me demandais si, quand tu étais enceinte, tu avais surtout parlé français ou allemand…? Le bébé, dans le ventre de sa mère, entend surtout la voix de sa mère, puisqu’il l’entend du dedans et du dehors, et il est particulièrement sensible à la prosodie de cette langue (c’est-à-dire sa musique, son rythme). Des études ont d’ailleurs montré qu’un nouveau-né pleure « dans sa langue maternelle », ce qui veut en fait dire qu’un bébé allemand et un bébé français ne vont pas pleurer selon le même rythme, et que ce rythme est à rapprocher de la prosodie de la langue maternelle. Mais je ne sais pas si de telles études ont été faites sur des enfants bilingues, mais je trouverais ça suer intéressant !
    Belle journée
    Marine

    1. Je connaissais cette influence de la grossesse et je dirais qu’enceinte j’ai parlé principalement français. C´est peut être pour ça que pour le moment, les premiers mots de Pierre sont plutôt français ! Merci en tout cas pour ces informations intéressantes 🙂 .

      1. Je ne connaissais pas la caractéristique des pleurs, mais ça explique pourquoi mon petit cousin (franco-allemand) disait de sa cousine (franco-germano-anglaise) : « A. elle pleure en anglais » soit la langue de sa maman !!!

  19. Je ne peux qu’imaginer les « difficultés » par lesquelles il faut passer avant que oui, bébé soit bilingue, vraiment ! Déjà que les débuts de la communication sont toujours un peu de l’interprétation, ce n’est pas facile. Mais quelle agilité d’esprit cela doit donner pour plus tard je pense 🙂

  20. Bonjour,

    J’ai lu votre article avec attention. Il y a le blog Les Mots de Marguerite qui est intéressant (trilinguisme : français, espagnol, catalan). Chez nous c’est un cas un peu différent, nous avons une langue majoritaire : le français, et deux langues « minoritaires » italien (pour moi) et arabe (papa et la nounou). Le terme minoritaire n’est pas péjoratif ici mais plutôt dans le sens où notre fille parle et entend beaucoup plus souvent le français. J’ai eu la chance d’apprendre l’italien dés la naissance par le biais de mes grand parents et de mes parents en seconde langue de la maison. Mon mari lui est bilingue français/arabe, mais sa langue maternelle est l’arabe. Nous avons dés le départ souhaité transmettre ces 3 langues à notre fille. De ce fait nous avons des « rituels » de langue : je lui parle tous les jours en italien à un moment de la journée, et l’arabe intervient avec la famille de mon mari, la nounou et mon mari de temps à autre. Les comptines jouent un rôle important de transmission chez nous ( et là le berbère entre également en jeu), et ont été un des premiers véhicules des ces langues « minoritaires ». Nous continuons ainsi, et je pense demander à mes parents (mon papa surtout) de parler plus souvent italien à ma puce.
    Nous avons adopté ce qui nous a semblé le plus facile pour nous. Ma fille aura 3 ans en Juin et parle bien pour une enfant de son âge. Les mots en italien ou en arabe viennent de temps à autre dans les conversations mais elle arrive le plus souvent à les adresser à la bonne personne. Les chansons ont été retenues et ressorties (parfois des semaines plus tard) sans soucis. Alors oui parfois je regardais ma fille avec des yeux ronds quand je ne comprenais pas que le mot prononcé était en arabe ( langue que je ne parle pas ou juste quelques mots). Je lui redemandais alors ce qu’elle voulait dire, de me montrer ce qu’elle voulait. Parfois ça peut être un peu difficile le bilinguisme (je me sentais cruche de parler à ma fille en italien en croisant des gens dans le hall de l’immeuble), mais c’est une aventure à vivre en famille.
    Les enfants retiennent et comprennent beaucoup de chose.
    Ma fille me surprend chaque jour. Je pense que votre fils s’en sortira.

    Au plaisir de continuer à vous lire.

    Isabelle
    (désolée si je suis un peu brouillon dans mes idées).

    1. C’est très intéressant et pas du tout brouillon, merci pour ce long commentaire ! J’aime beaucoup votre expression « une aventure à vivre en famille » c’est exactement comme ça que je le ressens aussi. Je trouve ça magique de donner à votre fille l’occasion de grandir au contact de trois langues aussi différentes et belles que l’italien, le français et l’arabe 🙂 .

  21. Ton article est très intéressant. Je trouve que recevoir une éducation bilingue est un atout pour un enfant car cela lui permet d’aborder l’apprentissage des langues plus facilement. L’une de mes amies est mariée avec un japonais depuis une dizaine d’années et ils ont deux enfants qui ont trois et six ans. Chez eux, ils parlent trois langues qui sont le français, l’anglais et le japonais car mon amie maîtrise moyennement le japonais et son mari c’est pareil pour le français. Du coup, les enfants communiquent avec leur mère en français et en japonais avec leur père avec un peu d’anglais entre les deux. C’est pas toujours facile mais à priori ça va. À l’école, les enfants parlent japonais car ils sont scolarisés dans des établissements japonais classiques et non pas en lycée français comme ça peut être parfois le cas. Par contre, la différence avec l’Allemagne c’est que les enfants « gaijin »(étranger) sont un peu des bêtes curieuses (y compris mon amie) et il y a souvent des sous entendu pas très sympa de la part des autres mais bon le Japon n’est pas connue pour être très accueillant avec ses résidents étrangers même si les moeurs évoluent depuis une vingtaine d’années. Bref, pour dire que c’est très bien que ton fils puisse avoir une éducation bilingue.

    1. Merci de ton commentaire et de cet exemple japonais 🙂 . Il semble en effet que le modèle fonctionne la plupart du temps. En plus nous avons la chance de vivre dans un pays très ouvert sur le monde et pas trop loin de la France…

  22. Sympa cet article. On est un peu confrontés aux mêmes situations, mais je ne m’en inquiète pas plus que ça.
    Ce qui est un peu bizarre c’est lorsque mon fils me dit des mots dans une langue que je ne connais pas… Je lui parle en français, et son papa lui parle principalement en espagnol. La crèche est bilingue français/Suisse-allemand. Et bien étonnamment ses premiers mots ont été en suisse-allemand, que je comprends à peine! Il me dit « Hallo mami » ça me fait rire!
    Après je suis d’accord que parfois ils peuvent être frustrés, comme la fois où il disait « l’eau » à une des stagiaires de la crèche, et qu’elle n’a pas compris qu’il avait soif…car elle est germanophone 🙂 Mais ce sont des petits désagréments en comparaison au bénéfice qu’ils auront à parler plusieurs langues dans le futur.
    Notre bonhomme ne parle pas encore, mais je m’étonne chaque jour du fait qu’il comprend parfaitement tout dans les 3 langues!

    1. Je me rends compte que beaucoup de mamans dans un contexte similaire s’inquiètent moins que moi je suis vraiment du genre à me prendre la tête pour rien il semblerait 🙂 . Mais ça me rassure de voir que chez les autres tout se passe bien naturellement, il n’y a pas de raison pour que ce soit différent chez moi !

  23. De mes vagues souvenirs sur l’acquisition du langage chez l’enfant, lorsque le bébé né, il est potentiellement réceptif à toutes les langues. C’est le bain de langage (la façon dont on interagit avec lui, pas le fait de le mettre devant Dora) qui va laisser certaines potentialités ouvertes alors que les autres se fermeront. Le fait d’avoir deux langues, fait juste que tu as deux portes ouvertes et n’empêche en rien le développement normal du langage. Les choses sont parfaitement compatibles et l’enfant ne se trompe pas. A mon sens, c’est une réelle chance que tu offres à Pierre (parce qu’entre nous, apprendre l’allemand, et sans doute le français aussi, quand ce n’est pas notre langue maternelle, quelle plaie!).
    Concernant le regard des autres, je trouve ça normal que de t’entendre parler français en Allemagne interpelle. C’est simplement inhabituel en fait (tu viendrais au bord du rhin, personne ne se retournerai). Mais tu ne vas quand même pas priver Pierre d’un plus juste pour faire comme les autres?
    Je comprends que les familles soient un peu diviser. Mais déjà dans une famille de même culture nationale, les cultures familiales se divisent. D’ailleurs cet enfant , ressemble-t-il plus à la mère ou au père? (Rien que dans cette question se niche toute la problèmatique).
    Je trouve ça extraordinaire que Pierre ait déjà un mot pour dire ‘canard’. Je pense à mon fils qui parle du chat en faisant une sorte de ‘tata’ ou de ‘dada’ tout en prenant une vois entre le chuchotement et la voix éraillée d’un gros fumeur. Nous (les parents) savons qu’il désigne le chat de cette façon. Quand il parle au chat, il utilise ce même timbre particulier. L’autre jour, on a croisé un chat qu’il a aussi désigné de cette façon (en plus de le pointer du doigt). La nounou l’aurait-elle compris? Ca me rappelle aussi une anecdote. Quand ma cousine était petite , l’âge des premiers mots, nous étions en voitures toutes les trois avec ma mère. La petite répétait ‘mache, mache’ sans cesse, frustrée de notre incompréhension. ‘Tu as faim?’ ‘non, mache, mache’. Arrivée, on en a parlé à sa mère qui nous as traduit : elle parlait des ‘vaches’ au bord de la route …
    Donc à mon avis, c’est bien normal que peu de gens comprennent ton fils au stade où il en est et c’est formidable cette potentialité que vous lui offrez en lui proposant deux langues.

    1. J’ai adoré ton exemple sur les ressemblances, c’est tout à fait ça et finalement, une ou deux langues, difficile d’y échapper 😉 . Concernant le canard comme tu as pu le lire, je suis la seule à comprendre pour le moment 😉 . Donc ça vaut sûrement ton « dada » rauque 😀 .

    2. Juste une précision anecdotique (ça fait pas si grande différence au final), le développement de l’écoute aux différents sons pour l’enfant commence déjà avant même qu’il soit né.
      Les neurones d’un nouveau né réagissent déjà plus aux sons qu’il a entendu avant de naitre ! (Je trouve ça fou-fou quand on y pense)

  24. Je suis de retour! Concernant l’ apprentissage de la lecture et de l’ écriture , j’ ai d’ abord acheté des cahiers d’ activité (J’ ai commencé avec Toute Petite Section!) puis j’ ai trouve sur Internet des sites d’ instits de maternelle et ai imprime leurs fiches. J’ ai fait ça car je trouvais les acquis du Kindergarten très légers ( sur le plan moteur en revanche c’ est bien mieux, l’ idéal est sans doute un mélange des deux). Ça a très bien marché avec mon fils, qui voyait ces activités comme un jeu , avec ma fille beaucoup moins. Pour elle c’ était clairement du travail.
    Maintenant ils sont tous les deux en école bilingue , ils apprennent à lire et a écrire les deux langues en même temps. C’ est pourquoi je ne comprends pas que l’on te dise d’ attendre qu’ il sache lire l’ allemand.
    Sinon, sans école bilingue à proximité , je te recommanderai plutôt des cours par correspondance que des cours particuliers, car il faut tomber sur quelqu’un de vraiment bien . Renseigne toi aussi si l’ Afle propose quelque chose par chez toi.

    1. Tu as raison je pourrais peut-être commencer ce genre de cahier pendant le Kindergarten ! En fait on ne m’a pas dit de commencer par l’allemand mais de ne pas faire les deux en même temps. Mais quand il sera au Kindergarten il n’apprendra pas encore à écrire ou lire en allemand… Ensuite j’envie le fait que tes enfants aillent en école bilingue ça doit favoriser la situation ! Il n’y en a pas par chez nous. Mais j’espère pouvoir trouver quelqu’un de bien quand même…

  25. Bonjour, chez nous, mon fils est aussi bilingue, mon mari lui parle en basque, moi en français, ces grand-parents paternels lui parlent basque et espagnol! aujourd’hui il a 18 mois, il dit des mots (petites phrases) dans les deux langues et il sait faire la différence suivant la personne a laquelle il s’adresse. S’il me parle en basque, si je comprends ce qu’il me dit, je répète avec lui le mot en basque sinon je lui dit que je ne comprends pas et il me le répète en français! c’est assez rigolo comme situation, pour le moment tout le monde s’adapte plutôt bien! on verra pour la suite! voilà pour mon expérience! bonne soirée

  26. Coucou ! Avant d’oublier, je te conseille cette référence (peut être te l’ai je déjà conseillée, je ne sais plus) :
    https://www.amazon.fr/d%C3%A9fi-enfants-bilingues-Barbara-ABDELILAH-BAUER/dp/2707185337
    Je l’ai lu quand j’attendais ma fille et l’ai trouvé très intéressant.
    Ici, nous ne sommes pas une famille « bilingue » à proprement parler. Mais mon mari et moi parlons chacun 3 langues couramment (2 communes et une qui diffère), alors nous nous sommes posé la question de cette transmission à nos enfants. Comme je parle l’anglais depuis mon enfance, les mots me viennent plus naturellement qu’à mon mari, et il a été décidé que je me chargerai de la transmission. Et… j’ai souvent l’impression d’avoir échoué ! Lorsque Colombe était petite je n’arrivais que rarement à m’adresser à elle en anglais. En revanche je chantais énormément, et nous regardons la télé exclusivement en anglais. Pendant longtemps elle refusait de chanter avec moi, mais elle savait reconnaître l’anglais parmi d’autres langues quand elle l’entendait. Depuis quelques semaines elle chante en anglais (et de bon cœur !) Je doute qu’elle comprenne tout, mais ses mots sont de mieux en mieux prononcés. Bref, nous avons un bilinguisme « secondaire »… Mes enfants ne connaissent pas l’incompréhension comme ton Pierre, mais ils rejettent parfois ma volonté de parler un peu l’anglais…
    Bref, le bilinguisme n’est jamais simple je crois… Mais de mémoire plus de la moitié de la population mondiale est au moins bilingue, alors ça doit être gérable !

    1. Je ne savais pas qu’il y avait tellement de bilingues dans le monde et en effet ça me rassure ! Je trouve ton expérience très intéressante aussi. Et je note ton conseil de lecture encore une fois mais cette fois avec la ferme intention de le commander !

  27. Je viens enfin commenter cet article (même si je suis crevée ; j’espère que ça restera cohérent ce que je raconte)

    D’abord, je n’ai pas lu tous les commentaires.
    Ensuite, je n’ai pas d’enfant donc pas encore une vision « sentimentale » de la chose mais une vision professionnelle.
    Je saute sur le sujet parce que comme tu sais, ça me passionne (d’ailleurs, je vais à partir de septembre me spécialiser sur les enfants et cet été, je développe un programme complet pour les petits bilingues…).

    Rentrons dans le vif du sujet…
    Je suis d’accord avec toi : le bilinguisme ne va pas autant de soi que ce que les personnes qui n’y connaissent rien peuvent croire. Ça demande un effort des parents et il existe plusieurs formes de plurilinguismes (disons différents niveaux pour simplifier, ça dépend de ce qu’on souhaite et de la façon dont on l’aborde et puis aussi, ça dépend de l’histoire de l’enfant).

    Tu es dans un âge critique (enfin Pierre, pas toi lol), parce que le langage est au début de sa construction… Pierre est en train d’apprendre à parler et en plus, il y a deux codes (deux systèmes / deux langues), il n’a pas encore bien conscience de l’existence des deux codes.
    Pour la question de la frustration qu’il peut ressentir, je crois qu’elle n’est pas beaucoup plus forte que celle des enfants monolingues qui veulent s’exprimer et qu’on ne comprend pas toujours… Et je crois que la possible frustration en grandissant dépendra vraiment de l’image qu’il donne au français et à son bilinguisme. Tu pourras l’aider à l’avenir à voir les choses positivement en valorisant le fait qu’il parle deux langues mais aussi en le faisant rencontrer d’autres bilingues (pas forcément français / allemand, mais qu’ils voient « tu as vu eux, aussi, ils ont la chance de parler deux langues, c’est super, ils peuvent parler avec plein de personnes. Regarde, toi, tu peux parler x et y en France et w et z en Allemagne parce que tu parles français et allemand »).

    Pour le moment, il doit petit à petit séparer les deux systèmes linguistiques dans sa tête. Quand il te dit un mot d’allemand, tu peux le féliciter et dire, « oui, bravo, c’est ça le mot en allemand, comme dit papa et les dames à la crèche. En français, on dit ça, maman, elle appelle ça un…  » Dis-lui qu’il peut être fier, c’est bien, tout en faisant passer l’information que toi tu dis / en français on dit autrement.

    Et enfin, pour les familles qui mettent la pression : gentiment mais fermement, je leur dirais « ce n’est pas une compétition, nous essayons de faire que Pierre grandisse bilingue pour qu’il ait cette richesse et puisse communiquer avec les deux côtés de la famille. Mais on n’a pas envie de commencer à compter ou à comparer. Il n’apprend pas les deux langues de la même manière (le français étant une langue de la maison principalement et l’allemand aussi une langue sociale), il ne peut pas faire des progrès complétement symétriques dans les deux. Mais ne vous inquiétez pas, vous pouvez toujours communiquer avec lui dans votre langue »

    Voilà pour ce qui me vient à l’esprit. N’hésite pas si tu as des questions.
    Et je répète mon conseil principal : essaie de ne pas trop te mettre la pression et de ne pas trop te stresser pour ça, et n’oublie pas, c’est quand même une super chance et une grande richesse pour ton fils (oui, oui, je te jure… 😉 )

    1. Merci pour ton commentaire ! C’est toujours tellement intéressant pour moi de te lire sur le sujet je bois tes paroles, vraiment !! Merci pour tes conseils que j’essaierai vraiment d’appliquer, je les trouve très adaptés ! (notamment ma réaction à ses mots en allemand)

  28. Encore un super article (merci).
    Chez nous évidement la situation est différente et on ne peut pas encore vraiment parler de bilinguisme puisque Melle Sha ne va toujours pas en crèche (on croise les doigts pour qu’elle puisse intégrer une structure le mois prochain). Donc ici on ne lui parle qu’en français son père et moi mais en revanche évidemment dans la rue, les magasins et les parcs, les autres enfants et les autres parents s’adressent à elle en allemand. Ça ne semble pas la perturber mais c’est sûrement parce qu’elle n’a toujours pas investi la sphère du langage (tu sais, c’est toujours mon angoisse et mon inquiétude bla bla bla 😉 ) . Je crois qu’elle s’accommode aussi bien de l’allemand que du français (on a pu le constater avec la baby-sitter qui lui parle en allemand).
    Je rebondis sur un point que tu abordes dans cet article. Perso, je ne ressens pas de honte à parler en français à Charlotte à l’extérieur de la maison notamment aux parcs. Comme tu le dis on bénéficie d’une vraie francophilie ici. Je trouve que les regards sont plutôt bienveillants voire peut être même admiratifs. Bref, pour moi il n’y a pas de gêne mais seul l’avenir nous dira si cela finira par déranger nos enfants quand ils seront plus grands.
    Enfin, je comprends que là tout de suite la phase d’apprentissage ne soit pas facile mais il faut juste te dire qu’une fois que ça sera mis en place, ça sera que du positif.

    1. Merci pour le compliment et les encouragements 🙂 . Je suis ravie de voir que tu bénéficies de la même francophilie que moi, c’est top !

  29. J’ai adoré ce billet qui me parle forcément, à moi, la prof d’allemand. Je comprends ta gêne à parler français en public. Mais je trouve qu’il n’y a aucun complexe à avoir à ce sujet! Tu as entièrement raison de le faire et je ne trouve pas ça impoli du tout. Ensuite, il es vraiment que les enfants bilingues parlent un peu plus tard que les autres et peuvent connaître certaines inhibitions. C’est normal. Une de mes meilleures amies avait un père américain et une mère anglaise. Ils lui parlaient donc en anglais. Je me rappelle qu’elle refusait catégoriquement de leur répondre en anglais.. Ça donnait des scènes comiques, surtout lorsqu’ils se disputaient! Aujourd’hui, elle est maman à son tour et parle anglais à son fils, qui lui répond en français! Ça la fait râler, alors je lui rappelle qu’elle aussi réagissait comme ça lorsqu’elle était petite! Bref, pardon pour la tartine, tu m’as inspirée 😉

  30. C’est en effet un article trés interessant ! Je viens d’avoir une petite fille (donc bon, encore un peu tôt pour l’apprentissage de la langue hein! ) mon mari est américain et on vit en France. On souhaite lui donner une éducation bilingue. Tout ce que tu dis là est bon à savoir! Je suis en train de me renseigner sur le bilinguisme du coup et je pense que chacun lui parlera dans sa langue mais à la maison on parlera anglais pour compenser tout le reste qui sera en français ! Merci pour cet article!

    1. Alors vous serez dans le même cas de figure que nous ! Je vous souhaite bonne chance et je serais ravie que tu me tiennes au courant de vos avancées !

  31. Salut Die Französin ! Pour être sûre que Pierre ne vive pas mal son bilinguisme par rapport au regarde des autres, tu peux prendre le temps de lui expliquer à chaque fois que tu en as l’occasion qu’il parle 2 langues, qu’il est un peu différent des autres, que c’est pour ça que des gens peuvent le regarder étonné parfois ect… Le fait de mettre des mots sur cette spécificité l’aidera probablement à l’apprivoiser… et à en être fier !

  32. Bonjour,

    moi aussi je vis en Allemagne (depuis 12 ans) et ma fille parle le francais et l’allemand. Elle a trois ans. Et je te comprends. En ce qui nous concerne, je lui ai toujours parlé en français mais dès fois des mots allemands m’échappent ! Il faut juste persévérer et konsequent sein 😉 Quelle joie quand elle a enfin dit oui/non au bout de deux ans au lieu de ja/nein. Ce qu’on fait, c’est qu’on sème… On ne voit pas tout de suite le résultat, mais un jour tu l’entendras dire ces mots que tu lui as dit pendant des mois. C’est top. Depuis quelques temps je lui dis que je parle francais, elle aussi, sa mamie aussi etc mais son papa, oma etc non. Et ca elle le comprend bien et dit « moi parle français ». Bref, cela ne m’a jamais gêné de parler en francais devant les autres, puisque je le fais pour elle, pour nous. Ce qui est parfois frustrant, c’est de voir que l’allemand à cause de la kita est plus développé, et elle « régresse » parfois en utilsant le mot allemand alors qu’elle utilisait le mot francais. Mais c’est lié à des phases de croissance et un jour, elle saura dire cela en francais ausi.
    Continuons comme ça 🙂

    Et sinon, tu habites où ?
    À bientôt,

    1. Coucou et bienvenue ici ! C’est vrai que c’est frustrant parfois de savoir que le francais ne sera jamais leur langue prioritaire, je ne sais pas vraiment pourquoi mais c’est difficile à accepter je crois. Cela dit il faut persévérer tu as raison !

  33. Bonjour! et merci pour ce bel article…..dans lequel je retrouve mes inquiétudes…..

    Je suis francaise, mon mari espagnol et nous vivons en Espagne (ma pucette va a l´école espagnole (elle a 3 ans)) du coup la langue minoritaire c est la mienne:-( .
    Je parle français a ma pucette depuis sa naissance et elle comprend absolument tout ce que je lui dis….mais elle me répond majoritairement en espagnol. Moi même étant bilingue (pas de naissance) en espagnol je comprend donc ce qu´elle veut me dire, je lui répète en francais et répond à sa demande en francais….mais je ne sais pas si je dois continuer à faire ca ou si je devrais faire comme ci je ne comprenais pas l´espagnol pour qu´elle fasse l´effort de le reformuler en francais??. Qu´en pensez vous? Quand je lui demande de me le dire en francais elle me dit qu´elle ne sait pas comment on dit alors que je suis sure qu´elle connait les mots et que forcement si elle ne pratique pas et n´essait pas elle n´y arrivera pas:-(.
    Nous sommes en train de nous demander, mon mari et moi, si nous ne devrions pas passer a parler francais à la maison (lui parle francais aussi donc ca pourrait aider) pour renforcer cette langue. Qu´en pensez vous?
    Nous allons bientot partir une quinzaine de jours en France donc j´espère que elle se lancera là bas….ma famille ne parlant pas espagnol elle n´aura pas le choix ;-).

    Certaines personnes de mon entourage qui sont dans une situation similaire (avec d´autres langues) me disent que c´est un processus normal et que chaque enfant à son rythme et que le vrai déclic a lieu entre 4 et 5 ans……est ce vrai? je vois dans certains commentaires que bcp d´enfants plus petits qu´elle parlent déjà les 2 langues donc je me pose des questions.

    Des conseils? des idées? Merci d´avance à tous.

    1. Bonjour Stella, alors pour commencer je dois te dire (j’espère que je peux te tutoyer) que je ne suis pas experte du sujet, comme toi je suis juste une maman dans un contexte bilingue 🙂 . Le fait qu’elle te réponde en espagnol est un classique je crois… Je vois beaucoup de familles franco-allemandes autour de moi où le phnénomène est même installé avec des enfants plus grands (7 – 8 ans) qui répondent systématiquement en allemand – et j’avoue que ça me fait très peur. Je pense que si je suis dans ta situation un jour je ne réagirai pas et lui demanderai de répéter dans ma langue. Est-ce que tu peux essayer un temps ? Ca peut paraitre dur mais je ne vois pas trop d’autres solutions… Sinon tu peux peut-être aussi essayer de favoriser des échanges avec d’autres enfants francais dans votre ville ? Afin que tu ne sois pas la seule à « porter » le francais. Les vacances en France devraient aider aussi surtout si elle a des petits cousins par exemple ! Et sinon je pense en effet que parler francais avec ton mari à la maison serait une très bonne chose pour « rééquilibrer » la situation. Regarder des DVD en francais aussi, lire des livres, etc., ce qu’elle aime faire mais en francais. Qu’en penses-tu ?

      1. Merci pour ta rapide réponse (bien sur que tu peux me tutoyer, ici c´est courant et j´en ferai de même:-)). Initialement je voulais que ma pucette voit la langue de maman non pas comme une contrainte ou une différence et c´est pour cela que même quand elle me parle en espagnol je répond (en francais toujours!)…mais maintenant je me demande si j´ai bien fait 🙁 (ce que je pensais être un avantage au départ (que mon mari et moi parlions parfaitement la langue de l´autre) n´en n´ai peut être finalement pas un…).
        Les dessins animés elle les voit en francais (ou en anglais (elle a commencé l´anglais à l´ecole cette année et bizarrement (ou pas…) son attitude envers l´anglais est bien différente et je crois que c´est du au fait qu´elle l´apprend avec ses amis de classe donc ne se sent pas « seule » ni « différente »…) et de ce point de vue là aucun problème, elle comprend tout (en francais du moins) et ne rechigne absolument pas. Elle aime aussi écouter les chansons en francais, et écouter les histoires….le problème c´est juste qu´elle n´ose pas parler….

        J´espère bien que ces vacances en France vont lui servir pour avoir le déclic…..des personnes de mon entourage dans cette situation m´ont dit que le déclic peut venir vers 4 ou 5 ans…..moi du moment que ca vient peut importe le moment….ce que je ne voudrai pas c´est qu´elle s´accomode à ne parler qu´espagnol…

        Avec mon mari on va le faire donc j´espère que d´instaurer le francais à la maison l´aidera aussi à se « débloquer ».

        Les échanges avec d´autres enfants francais dans ma ville c´est pas évident car on n´habite dans une petite ville….je suis déjà allée à un atelier dans une ville voisine avec d´autres enfants francais mais ils étaient beaucoup plus petits que ma pucette et ne parlaient pas encore, c´était justement pour leur apprendre les couleurs en francais etc….chose que ma fille sait déjà…moi j´aimerai trouver quelque chose avec un réel échange entre enfants, pour qu´elle voit qu´elle n´est pas la seule!!…c´est vrai qu´elle est encore petite, peut être que je suis simplement trop pressée….;-)

        Je vais donc essayer d´instaurer le fait qu´elle doive me parler (ou du moins essayer de formuler les phrases) en francais pour lui répondre (ca va être compliqué….), on va voir si on y arrive toutes les deux 🙂

        Merci encore de ta réponse. Si quelqu´un d´autre à d´autres conseils, je suis preneuse:-). Je te tiendrai au courant!

  34. Bravo pour votre témoignage d’enfant bilingue. Moi aussi je suis maman de 2 enfants une fille de 5ans et un garçon de 28 mois à la maison papa parle espagnol et moi français . Si à 2 ans ma fille parlait parfaitement les 2 langues Mon petit bonhomme lui traîne et dit juste papa, maman, donne, non et encore. Ma fille a parfois du mal à parler en espagnol à son père en public alors il lui parle espagnol et elle répond en français ou en espagnol nous n’insistons pas mais à la maison nous essayons de faire en sorte qu’elle parle bien la langue pour papa.
    il est parfois gênant arrivé à un certain âge pour l’enfant d’être « différent » des autres mais nous retournons cette gêne en lui expliquant la chance qu’elle a de parler 2 langues et surtout papa lui dit que c’est bien car ils peuvent se dire des secrets que seuls eux comprennent Les gens que nous croisons sont souvent surpris de nous voir parler 2 langues à nos enfants mais ils ont toujours un regard administratif vis à vis des loulous. À l’école elle vient de commencer l’anglais (elle est en grande section maternelle) cette chance d’être une enfant bilingue lui permet de commencer l’acquisition de cette langue facilement et surtout le fait d’être bilingue la stimule énormément pour l’apprentissage des autres langues. Elle ne parle à son petit frère que en espagnol quasiment et cela nous amuses. Et en ce qui concernes nos parents il n’y a pas de compétition bien au contraire c’est pour eux une fierté (surtout pour mes parents car ce sont leurs premiers petits enfants bilingues) et ils sont impressionnés qu’une petite minette et un petit bonhomme puissent comprendre aussi bien 2 langues. Voilà juste pour vous dire d’être fière et de ne surtout pas culpabiliser ou ressentir de gêne fasse aux autres gens déjà les autres on s’en fou et puis soyez fière d’offrir à vos enfants une chance pour eux pour plus tard. Bonne continuation

    1. Merci beaucoup pour votre témoignage qui me donne beaucoup de courage pour la suite ! Les choses se sont apaisées et améliorées déjà depuis cet article 🙂 .

  35. Merci pour cet article très intéressant. Si je peux me permettre, le bilinguisme est encore facile à gérer. Mon fils est trilingue et c’est encore une autre paire de manches:) Je pense que le plus important est de garder des repères pour l’enfant « une langue= une personne, un lieu= une langue. Mon fils parle 3 langues couramment (il a 5 ans)+ il comprend aussi l’anglais en 4ème langue mais a un niveau basique J’ai remarqué que les problèmes commencent quand il y a « trop de langues simultanément », quand trop de personnes le sollicitent en même temps dans plusieurs langues. Là j’attends de voir ce que ça va donner pour sa petite soeur, elle n’a qu’un an. C’est vrai aussi au sujet des éducateurs, peu sont formé au multilinguisme et on se heurte beaucoup à d’incompréhension à l’école. Ce qu’il y a de bien en Allemagne (en tout cas, ça marche ainsi dans notre land), c’est qu’on peut demander une aide externe (une éducatrice spécialisée qui vient plusieurs heures par semaine consacrer du temps à notre fils trilingue à l’école:))

    1. C’est génial ce système d’aide ! Tu habites dans quel Land ? Tu peux me dire comment ça s’appelle en allemand ? Merci en tout cas pour ton témoignage intéressant !

  36. C’est le Früh­för­de­rung, j’habite dans le Schleswig-Holstein. Mais c’est très long à obtenir, on a fait la demande en décembre et ça ne va commencer qu’en août. Une éducatrice va venir plusieurs heures par semaine pour l’aider avec la langue allemande directement à la Kita+ séance orthophoniste. Tout est pris en charge par la caisse d’assurance maladie. Pour mon fils, c’est sa langue numéro 3 et il n’est arrivé ici que depuis 10 mois à l’âge de 4,5 ans. L’objectif est donc de régler tout ses problèmes de grammaire/prononciation en allemand pendant la vorschule. Ce devrait être différent pour sa soeur qui est arrivée ici à l’âge de 3 mois, elle apprendra sans doute les 3 langues en parallèle facilement. De mon expérience, il ne faut pas trop s’angoisser avec le multilinguisme. Les enfants n’ont aucune difficulté d’apprentissage s’ils sont bercés dans la/les langue(s) depuis leur tendre enfance. Plus une langue s’insère dans leur vie quotidienne tard, plus c’est compliqué.

    1. Je pense que pour Pierre qui a un papa allemand et baigne dans cette langue depuis la naissance ce ne sera donc pas nécessaire. Mais merci beaucoup pour ces informations je ne connaissais pas avant !

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