Ces traditions que j’ai envie de transmettre

Ces traditions que j’ai envie de transmettre

Cet article fait partie de ma liste « à écrire » depuis… Pâques ! Et non ce n’est pas une blague. Force est de constater que le sujet est un peu plus compliqué qu’il n’y parait. Mais bon la période des fêtes s’y prête tout ça tout ça alors j’ai décidé : le moment est venu de me lancer.

J’ai grandi dans le respect de beaucoup – trop ? de traditions. Dans ma famille, toutes les fêtes de l’année était très ritualisées. Pendant trente ans, nous avons ainsi fait exactement la même chose la veille et le jour de Noël : chanté les mêmes chansons, dégusté le même menu, avec les mêmes personnes. Lorsque nous étions enfants, ma sœur et moi trouvions cela merveilleux. Je me souviens en avoir parlé avec elle : penser qu’un jour, cela s’arrêterait nous plongeait dans une profonde tristesse. Pourtant, une fois adultes, c’est nous qui avons mis fin à cette très longue série. Une année, nous avons toutes les deux décidé – sans nous concerter au préalable d’ailleurs – de rester auprès de nos conjoints dans nos régions d’adoption. Et c’en fut fini du Noël traditionnel, qui regroupait pourtant une bonne dizaine d’autres personnes.

Tout ça pour dire que mon rapport aux traditions est ambivalent. D’un côté je les trouve attachantes, je crois que les enfants les aiment – si je m’en réfère à ma propre expérience, elles permettent de lier les générations entre elles en respectant certains codes établis. D’un autre côté je sais qu’elles peuvent être pesantes et manquer de flexibilité. Je crois que c’est ce qui m’a le plus gênée, à la fin, dans nos Noëls. Entre une tante dépressive, un neveu demandant beaucoup de soins, des grands-parents vieillissant, qui prenait encore du plaisir à ce trop long repas ? Personne, mais personne n’osait le dire.

Une petite parenthèse : je ne parle ici bien sûr que des traditions festives. Mais n’oublions pas quand même, qu’au nom de la tradition, on peut justifier tout et n’importe quoi : de l’excision à la corrida. Enfin bon, dans cet article, je m’en tiens à des choses tout à fait consensuelles je crois 🙂 .

Bref, mais alors, quelles traditions pourrais-je bien transmettre à mon fils ? De celles que j’ai reçues, lesquelles voudrais-je retenir ?

Pour Noël, j’aimerais chaque année… faire un vrai beau sapin qui sent bon, visiter le marché de Noël de notre ville, planter des lentilles, faire une crèche provençale, écouter les chansons que je connais par cœur (Minuit chrétien, c’est l’heeeeeeure solenneeeeeelle »), cuisiner de jolis petits sablés, l’emmener à la messe, avoir un moment rien que pour tous les trois, faire un dessert à la crème de marrons… J’ai failli écrire « manger des coquilles Saint Jacques » en plus car c’est vrai que je les adore mais je crois que je pourrais y renoncer une année – et je n’ose émettre l’hypothèse que mon fils n’aime pas ça !

Pour Pâques j’aimerais aussi emmener Pierre à la messe, décorer des œufs pour le repas du dimanche, lui offrir beaucoup trop de chocolat.

Je voudrais continuer à célébrer les saints patronaux. Je trouve ces journées presque plus intimes que les anniversaires et adore les fêter en petit comité. Souvent seuls les plus proches y pensent. Facebook jamais, le présentateur de la météo parfois. Je reçois en tout cas chaque année avec bonheur un merveilleux bouquet de la part de mon mari. Et l’an dernier, Pierre a reçu à cette occasion le doudou dont il ne s’est depuis plus jamais séparé !

Dans ma famille, nous accordions aussi une certaine importance à la fête des rameaux. J’aimais beaucoup cela quand j’étais enfant, tous ces rameaux tressés, le début du printemps que ce jour annonçait ! Mais je ne crois pas que cela existe en Allemagne, il faudrait que je me renseigne.

Une deuxième parenthèse : pour le moment l’ensemble des traditions que j’ai citées sont des traditions catholiques, cela ne vous aura pas échappé – si ? Je ne viens pas d’une famille très pratiquante – nous n’allions à la messe que ces jours là d’ailleurs, mais ma mère est croyante. Mes parents ont toujours été abonnées au magazine d’actualité chrétien La Vie. J’ai été scolarisée du primaire au lycée dans un établissement catholique – sans doute plus pour la qualité de l’éducation qu’il garantissait que par engagement religieux  de la part de mes parents – mais cela m’a marquée. Définir mon rapport à cette religion n’est pas facile, mais je continue de me définir comme catholique, c’est vrai, et je paye d’ailleurs un impôt spécifique pour cela en Allemagne. J’ai fait baptiser mon fils à l’Eglise. Je n’étais cependant pas vierge le jour de mon mariage, entre autres.

Il y a d’ailleurs des traditions que j’ai envie de transmettre et qui n’ont rien à voir avec la religion ! Passer chaque été une semaine dans ma ville d’origine par exemple. Profiter du soleil et de la chaleur de la côte d’azur, se baigner, manger des pan bagnas et de la pissaladière, aller danser au bal, faire la sieste… C’est incontournable pour moi !

Et puis il y a ces traditions allemandes que j’ai adoptées et souhaite aussi transmettre : la fête des lampions de la Saint Martin, la Saint Nicolas et son autre orgie de chocolat.

J’imagine qu’avec mon mari, nous créerons petit à petit les traditions de notre famille. Ce n’est pas forcément quelque chose qu’on peut décider et prévoir à l’avance. Cela dépendra des goûts et des envies de chacun…

Et vous, quelles traditions vous tiennent suffisamment à cœur pour vouloir les transmettre ?

15 réactions au sujet de « Ces traditions que j’ai envie de transmettre »

  1. J’avoue que depuis le décès de mes grands parents, Noël et Pâques ont pour moi une saveur différente.
    Depuis que je vis à 800 kms de ma ville natale, il m’est plus difficile de respecter des traditions.
    Mais je souhaite vraiment passer au moins Noël ou le jour de l’an avec mes parents. L’année dernière on a pas pu pour différentes raisons et j’ai été vraiment triste.
    Après comme toi, j’aime passer au moins une semaine par an avec mes parents chez eux ! Ça me permet de me ressourcer.
    Mais c’est difficile de faire avec ta propre famille et celle de ton conjoint !
    Et je ne partage pas forcément les traditions de ma belle famille ! Du coup c’est d’autant plus difficile pour moi.

    1. Qu’est ce qui est différent chez ta belle-famille ? C’est vraiment problématique ? Je suis étonnée sur ce point parce que ma belle-famille est étrangère et pourtant nos traditions se sont bien adaptées…
      Je pars chez mes parents une semaine en février pour commencer, j’ai trop hâte 😉 .

      1. C’est différents déjà parce que l’on mari est fils unique et parce que ces parents sont plus âgés et pas du tout croyants. Donc il n’y a justement pas vraiment de tradition et c’est justement ce qui me dérange.
        Cette année mes parents ont organisé Noël chez eux et ont invité mes beaux parents. C’était sympa mais ce n’est pas tout à fait pareil pour moi. J’espère que dans l’avenir quand nous aurons des enfants nous créerons nos propres traditions.

  2. Eh eh, moi aussi j’étais en école privée, avec des bonnes sœurs et tout (bon, les bonnes sœurs donnaient pas des cours, c’était une sorte de maison de retraite pour sœurs missionnaires) 🙂 La légende veut que c’était l’école la plus proche de chez mes parents, qu’ils n’avaient même pas vu que c’était une école catholique et privée. Ouaip. N’empêche qu’ils y ont mis leur quatre enfants, ma sœur de 2 ans de moins (admettons), mais aussi celle de 9 ans de moins, et même mon frère de 19 ans de moins que moi.

    Pour le reste, niveau traditions, nous on en a pas beaucoup, et ça a pas mal changé au fil des années, avec le divorce de mes parents, la brouille avec mon père, la séparation de mon oncle et ma tante chez qui on allait manger le 25… Je crois que nos traditions de Noël, il va falloir les créer nous-mêmes 🙂 On verra bien !

    Ah, et puis moi aussi je fête les saints, normalement ! D’ailleurs, le 16 décembre, j’ai bien pensé à ma sœur…. j’ai juste oublié les autres jeunes femmes au même prénom que je connaissais :p

    1. Décidément encore un point commun ! 🙂 dans mon établissement il n’y avait des bonnes sœurs qu’au primaire et elles me terrorisaient ! Et toi d’ailleurs c’est quoi ton rapport à la religion ? Parce que CHoupie aussi est baptisée !
      Je suis convaincue en tout cas qu’on peut bien vivre avec de petites traditions flexibles, c’est un peu mon objectif en fait. Parce que quand c’est trop lourd c’est indigeste 😉 .
      Le 16 décembre prochain t’as intérêt à m’envoyer un Whats app 😀 .

      1. Je ne suis pas pratiquante, ça c’est sûr, je ne fais des prières que très rarement et je ne vais jamais à la messe (même pas pour les grandes fêtes). Je ne suis pas complètement persuadée qu’il y ait un dieu, mais je suis plus croyante qu’agnostique. Quand je ne suis pas bien, ça m’arrive de parler à Dieu, quand quelque chose de super cool m’arrive, je lui dis parfois merci (tiens, d’ailleurs je devrais lui dire merci, aujourd’hui !), et j’aime l’esprit de communauté de la religion, je trouve ça rassurant et réconfortant. Voilà pourquoi je me suis mariée à l’église et j’ai fait baptiser Choupie. Je ne pense pas que je sois une chrétienne modèle, pas du tout, mais c’est quand même une culture à laquelle je tiens. Voilà, en gros 😉

        J’ai intérêt à installer WhatsApp, déjà, si je comprends bien :p

  3. Donc tu te prénommes comme ma fille! Un excellent prénom franco-allemand et qui change de cette mode actuelle allemande de prénom féminin terminant par A. Elles n’ étaient que deux dans son groupe au Kiga à avoir une autre voyelle finale! Dans ma famille , catholique , nous avons toujours célébre les fêtes patronymiques. Mon mari allemand n’ y était pas habitué mais apprécie aussi désormais d’ avoir son jour. Les traditions, les fêtes, les célébrations sont importantes pour la transmission je trouve. Plus tard, quand les enfants ont grandi je ne sais pas.
    Et pour info, en Bavière , il y a des bouquets tresses pour les Rameaux.

  4. Ici pas beaucoup de traditions…certes on descend dans la belle-famille pour noel et c’est tout…je pense qu’on transmet nos « traditions » sans y penser. Tu agis avec ton fils selon tes propres expériences. Tu te souviens de certains moments de ton enfance et tu veux que Pierre connaisse les mêmes joies. Ça me semble tout à fait logique. Moi j’ai du mal avec noel car je n’en ai pas de très bons souvenirs et ça me rappelle forcément que j’ai coupé les ponts avec ma mère, que mon père est mort un 28 décembre…bref, j’ai du mal à être joyeuse en fin d’année mais j’essaye de me forcer pour que mon fils ait de bons souvenirs avec sa famille paternelle.
    Tu as beaucoup de traditions catho (que je ne connais même pas) mais faire des gateaux de noel, visiter le marché, acheter et décorer le sapin…sont aussi de jolies traditions engendrant de jolis souvenirs et participant à l’histoire commune (comme l’histoire de pere noel mais je ne veux pas remettre en cause ton choix 😉 ).

    1. Oh ben zut alors je savais pas que Noël te rappelait de si tristes événements 🙁 . J’espère que tu t’entends bien avec ta belle-famille et qu’il en ressort un peu de magie !

  5. Ouh j’en ai raté. Tu réfléchis tellement à certains trucs auxquels je pense pas ^^ Lu a pas encore un âge où elle est sensible aux traditions, donc j’ai encore rien commencé. Après on a quand même voulu faire notre premier sapin (après 7 ans de vie commune), on a acheté nos premiers cadeaux pour elle.
    Ce que je voudrais transmettre au-delà des traditions ce sont des valeurs, à la famille par exemple. Et aussi aux territoires qui nous ont forgé son père et moi, donc le Pas-de-Calais et la Bretagne. Et qu’elle aime les animaux 😉

    PS : j’ai fait toute ma scolarité, de la maternelle au Master 2 dans des écoles cathos, mais j’ai vraiment rien d’une croyante ou d’une chrétienne par contre.

    1. Tu m’as faite rire mais toi aussi des fois tu réfléchis à des choses auxquelles je pense pas 😀 ! Je pense que le sujet des traditions s’est imposé ici parce que nous sommes dans un contexte « bi-culturel » même si j’aurais pu choisir une culture encore plus éloignée !

      1. Ah oui ???? Oh tu me diras pourquoi la prochaine fois !! Ça sera fun !!!

        Le Chti est du même pays mais a des habitudes assez différentes quand même, là pour son anniv il se met une pression de fou alors que moi je prends ça plus à la légère, chez lui c’était plusieurs gâteaux maison avec grand repas, moi c’était juste comme d’hab avec un gâteau à la fin et les grands-parents à la maison.
        En fait on y réfléchit pas et on mixe, et parfois on fait « mais pourquoi tu fais ça ? », « c’est comme ça chez moi », « ah ok bah si tu veux ».

  6. La première partie de ton article me parle tant! Ici c’est identique à Noël, d’ailleurs j’en avais parlé sur le blog Noël dernier (pas 2015, 2014 ^^). Sauf que moi j’ai pas encore osé ne pas y aller, pourtant l’Homme me dit chaque année « allez cette année on y va pas, on bouge, on fait autre chose! »… Et puis non…mais un jour j’y arriverai !
    Pour le reste, moi je suis athée voire agnostique, mais j’aime bien quand les gens pensent à ma fête, vu qu’elle n’est pas dans le calendrier (c’est le 21 août pour info 😉 ).

    1. Ce n’est pas facile quand on a pas une bonne raison pour décliner !! 😉 Et j’essaierai de penser à toi le 21 août mais je ne te promets rien 🙂 .

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