Adaptation – semaine 1

Adaptation – semaine 1

Alors voilà, cette première semaine d’adaptation se termine. Je n’avais pas imaginé à quel point cela bousculerait tout notre petit rythme. Encore une fois, je me suis laissée surprendre par mon émotivité débordante… Aller, je vous raconte.

Jour I

Nous avons rendez-vous à 10h. Aujourd’hui, aucune séparation n’est prévue, nous venons en observateurs. Lorsque nous arrivons, tous les autres enfants présents jouent déjà. Une éducatrice accueille Pierre et commence à lui proposer des jouets. Elle me demande de m’asseoir dans un coin et de rester disponible pour mon bébé sans le solliciter. Pierre répond à ses sourires et joue avec elle, il s’échappe même à l’autre bout de la salle pour d’autres découvertes. Au bout d’une heure, l’éducatrice me dit que nous pouvons repartir et qu’elle est très confiante pour la suite : Pierre semble particulièrement à l’aise !

De mon côté je suis soulagée qu’il joue si bien le jeu. Je suis aussi rassurée en observant le groupe et les trois éducatrices. Les échanges se font tout en douceur, tous les enfants ont l’air heureux. Je suis presque frustrée de ne pas être une professionnelle à la maison 🙂 . Les locaux sont parfaitement adaptés, et on voit que tous les enfants s’y sentent comme chez eux. En revanche, j’aurais aimé pouvoir m’entretenir en privé avec l’éducatrice, lui parler en tête à tête de nos petites habitudes mais je comprends que ce n’est pas prévu. Elle me pose en revanche beaucoup de questions tout en jouant avec lui : comment se passent les dodos, les repas, etc.

Jour II

Ce jour là nous venons plus tôt, dès 8h45. C’est l’heure limite à laquelle les parents doivent déposer leurs enfants. J’assiste à quelques adieux déchirants, une petite fille pleure au moment où sa maman referme la porte. Elle se calme aussitôt mais j’ai le cœur brisé et les larmes me montent. A neuf heures, les trois éducatrices chantent des chansons pour signaler le début de la journée : « Guten Morgen, Guten Morgen… ». Je sens que toute cette agitation perturbe un peu Pierre, qui se blottit contre moi. A 9h15, tous les enfants s’assoient autour d’une petite table pour prendre un goûter. Pierre participe et semble plus motivé que jamais pour manger sa biscotte ! Le reste de la matinée se déroule comme la veille, dans la grande salle avec les jeux. Une partie des enfants sort jouer dans le jardin mais nous restons à l’intérieur avec les plus petits.

L’après-midi à la maison, Pierre fait 3h30 de sieste. Je sens que ces matinées sont un peu trop chargées pour lui. Le soir, il dort de ce fait plus tard et moins bien. Cela m’ennuie bien sûr, mais je me dis que ça passera avec le temps, qu’il s’habituera à ce nouveau rythme.

Jour III

Le troisième jour comme le deuxième, nous arrivons vers 8h45. L’accueil se déroule de façon similaire.

Au moment du goûter, j’observe quelques petites choses qui m’inquiètent. Une petite fille de onze mois est autorisée à croquer dans le grain de raisin de sa voisine. J’imagine déjà mon bébé s’étouffant avec ! Une éducatrice change la couche d’une enfant mais se détourne un instant de la table à langer, la laissant à mes yeux sans surveillance suffisante – elle est restée devant la table mais s’est retournée.

Après le goûter, au moment des jeux, nous tentons une première séparation d’une demie-heure : « Pierre, je m’en vais maintenant, et je reviens ». Je quitte la salle et vais m’asseoir dans l’entrée. Au moment de refermer la porte, je jette un coup d’œil. Pierre me voit partir mais ne pleure pas, il continue simplement à jouer.  Au bout d’un quart d’heure, une éducatrice vient me dire que tout va bien et que nous poursuivons l’expérience. Au bout d’une demie-heure, j’ai le droit de revenir ! Lorsqu’il me retrouve, Pierre me fait de grands sourires et se déplace vers moi. Je le sens cependant très serein et les éducatrices me confirment que tout se passe bien. Elles me demandent quel est mon ressenti. Je leur dis que Pierre me semble très à l’aise, sauf au moment des chansons du matin, qui le perturbent un peu. Je n’ose pas évoquer les deux autres problèmes.

Cet après-midi là, je l’ai passé à pleurer toutes les larmes de mon corps. Je ne sais pas si c’est le contre-coup de la première séparation, les petits défauts observés qui écorchent ma confiance, il n’empêche que je ne vais pas bien du tout. Mon mari a vraiment pitié de moi et ne sait plus quoi faire pour me consoler ! A 23h, il m’autorise à prendre un anxiolytique pour me détendre un peu. J’ai vraiment l’impression que je vais craquer, je me sens tellement mal…

Jour IV

Au réveil je vais beaucoup mieux, les restes de mon médicament et d’une bonne nuit de sommeil sans doute. A notre arrivée, je constate que le rituel d’accueil a été modifié pour nous : les éducatrices chantent assises des chansons très douces et très calmes. Je suis vraiment très touchée par cette attention qui prouve la prise en compte de mes remarques. Après le goûter, nous tentons une nouvelle séparation de trente minutes qui se passe à nouveau très bien. Nous convenons de reproduire ce schéma – sans changer la durée de présence ni la durée de séparation – jusqu’au mardi suivant. Je suis ravie de cette adaptation très lente et progressive ! Peut-être qu’elle est davantage nécessaire pour moi que pour lui, mais qu’importe finalement 😉 .

Concernant les petites choses observées le jour précédent, je décide de leur en parler le moment venu lorsqu’il sera question de laisser manger Pierre sans moi ou lorsque je montrerai à son éducatrice comment s’y prendre pour le changer.

Jour V

La routine des jours précédents est désormais bien rodée. Avant d’emmener Pierre à la crèche, je prends mon temps pour petit déjeuner avec lui et essaie de savourer pleinement ce moment. Lorsque nous arrivons dans les locaux et retrouvons ses petits copains, il faut voir la joie qu’il manifeste, ses sourires, ses battements de mains, je n’en reviens pas ! C’en est presque vexant 😉 . A onze heure, je ramène Pierre avec moi pour le week-end, enfin !! J’ai l’impression de ne pas l’avoir vu de la semaine. Et il m’a tellement manqué…

Au cours de cette semaine, mes angoisses ont donc connu un pic puis se sont finalement apaisées. Je vous tiendrai au courant de la suite – sans doute de façon un peu moins détaillée 😉 .

26 réactions au sujet de « Adaptation – semaine 1 »

  1. Eh oui, les premiers jours en Kindergarten sont souvent plus difficiles pour les parents que pour les enfants! Concernant ces petites choses qui t’effraient, tu n’as pas à t’en faire, ce sont des petites choses normales en Kindergarten et les enfants n’encourent aucun danger! Les enfants sont bien plus malins que les adultes ne le pensent et les accidents sont extrêmement rares! Et les plus gros bobos se résument souvent à de petits pansements. Si tu t’inquiètes trop, ton fils le ressentira et cela l’inquiétera aussi alors qu’il n’ y a pas de raison ;).

    1. Tu travailles en Kindergarten je crois, tu as donc l’expérience de l’autre côté ! Et tu as raison, je crois qu’en tant que maman, on a toujours tendance à voir son « petit » plus petit qu’il ne l’est vraiment. J’ai quand même parlé avec les éducatrices depuis et cela m’a fait beaucoup de bien, je suis plus rassurée désormais 🙂 .

      1. Oui je travaille en Kindergarten, j’ai les connaissances de l’autre côté à défaut d’être maman 😉 Donc si tu as d’autres questions, tu peux aussi demander, je te répondrai volontiers :)!
        En tout cas, ils ont l’air de vraiment bien faire dans ton Kindergarten, je suis sûre que d’ici peu, ton petit Pierre si sentira comme chez lui 🙂

        1. C’est rigolo de retrouver ici une blogueuse que je connais par un biais totalement différent 🙂
          (Si c’est bien l’Audrey au pair du forum au pair que j’ai eu la chance de rencontrer à Bonn)

  2. 3h30 de sieste ??????????????? Je pensais pas qu’une sieste pouvait être aussi énorme c’est géniaaaaaaaaaaal !! J’en veux !! Je pourrais bosser à ce moment là moi !!! Plutôt que 45 minutes !
    Sinon j’avoue que ça fait mal au coeur de lire ton angoisse, mais je la comprends tout à fait :/ C’est dur de se détacher d’eux, surtout qu’ils étaient si dépendant de nous au début !! Et on les connait par coeur nous, ça fait peur de les donner à quelqu’un d’autre…
    En tout cas il a l’air d’aimer lui 😛

    1. Hi hi oui moi je m’habitue maintenant tous les jours je dois le réveiller après trois heures de sieste 😀 .
      Merci de ta compréhension concernant mes angoisses, ça me fait du bien 🙂 . Mais ça va de mieux en mieux maintenant.

  3. Oh ma belle, c’est normal que ça te fasse un coup. C’est votre première grande séparation. Tu as tout sorti, c’est bien, maintenant tu vas être plus sereine. Surtout que Pierre a l’air de trouver que cette crèche est très bien, et s’y sent en confiance.

    Pour ce qui est des grains de raisin, j’avais exactement la même peur !!
    Ici, en Autriche (comme en Allemagne je suppose) ils donnent très tôt des morceaux aux enfants, sauf que je trouvais que Rose avait vraiment du mal à les avaler. Je sais qu’ils partent du principe que l’enfant a un réflexe de régurgitation; mais dès que je vois Rose le faire, je panique !
    Bref, tout ça pour dire que c’est moi qui emmène son fruit pour la collation du matin, et que je leur ai dis qu’elle avait du mal avec les fruits trop durs, que je ne voulais pas qu’elle mange de la pomme, du melon etc

    Mais les premières fois je gardais mon téléphone tout près en imaginant déjà qu’ils m’appellent pour me dire qu’elle s’était à moitié étouffée avec un raison (mères angoissées bonjour).

    Et donc, non 🙂 elle survit et même très bien !

    1. Merci pour ton message 🙂 . Depuis ça va beaucoup mieux en effet 🙂 .

      C’est drôle que ton expérience ait été la même en Autriche ! Mais c’est exact, en Allemagne aussi, ils donnent des morceaux très tôt et sans crainte ! Pierre a commencé plus tard que tous les autres. Mais bon sur ce point, je crois que les éducatrices ont compris ma hantise et elles font attention maintenant 😉 .

    1. Oui j’en ai trop besoin 🙂 . C’est vrai que c’est long, certaines mamans m’ont confié que c’était trop long pour elles mais moi ça me va bien !

  4. Ahlala je me retrouve tellement dans ton témoignage ! C’est top qu’ils t’écoutent comme ça et qu’ils s’adaptent en effet c’est très touchant ! Moi aussi j’ai eu besoin de beaucoup de temps pour faire l’adaptation, j’ai augmenté de quart d’heure et en quart d’heure je sais que ça en faisait sourire certains mais moi c’est le max que je pouvais faire…Aujourd’hui il est trop heureux d’aller à al crèche et râle souvent d’en partir mais moi ça me fait trop plaisir de le voir comme ça ! Pour nous c’est toujours difficile et tu verras qu’il y aura des jours où il pleurera quand tu partiras mais en fait aussi tôt partie ils s’arrêtent de pleurer il ne faut pas s’en faire. Courage pour la suite, tout se passe très bien, prends ton temps et continue de bien communiquer avec l’équipe c’est très important !

    1. Oui j’ai beaucoup de chance l’équipe de la crèche est vraiment super, et je n’hésite plus à leur confier mes craintes.
      Je suis rassurée de voir que je ne suis pas la seule maman folle dingue à avoir besoin d’une adaptation d’un mois 😉 . Mais je pense que ça me rassure et du coup c’est aussi positif pour mon petit.
      Je vois bien que les petits se calment sitôt la porte refermée mais j’appréhende quand même un peu ces matins !

  5. Ah la fameuse adaptation, un grand moment ! J’espère que tout va continuer à bien aller et que ton petit homme va continuer à aller à la crèche avec plaisir … pour avoir encore plus de plaisir à retrouver maman le soir 🙂

  6. Je suis plutôt du genre confiante, je dois tenir ça de ma maman qui ne ferme jamais sa maison à clé :p Donc c’est vrai que pour choisir notre nounou, ça a été plus du feeling qu’une liste de critères à remplir. Et des fois, des choses un peu limites, j’en vois aussi chez elle (genre elle est partie au moment où j’arrive et certains enfants sont à la garde de sa fille de 15 ans…). D’un autre côté, une nounou qui te prend ta petite, au débotté, un jour à 5h30 le matin, et le lendemain jusqu’à 21h30 parce que t’es à l’hosto et que ton mari travaille super tôt et super tard ces jour-là, ben t’es contente de l’avoir. Je trouve que la confiance est primordiale avec la personne qui garde ton enfant, et l’indulgence aussi. Parce que mine de, des choses limites, nous en tant que parents, on en fait aussi (moi en tout cas), et on en a pas cinq à gérer.

    Pour l’étouffement, c’est une grosse peur des parents, mais crois mon expérience de mère qui a donné des morceaux à son enfant hyper tôt, ils savent très bien gérer… et recracher si ça ne passe pas 😉

    Ce que je retiens, c’est que ça a l’air de super bien se passer du côté de Pierre, en tout cas, et ça c’est top 😀

    1. Tu as totalement raison concernant l’indulgence, je suis épatée par le travail des trois éducatrices, je me dis qu’elles doivent être sur les genoux chaque soir. Après, je suis aussi pour le dialogue ouvert alors j’ai quand même préféré leur parler de ce qui me trottait dans la tête et finalement tout s’est bien passé 🙂 .
      Concernant l’étouffement j’avais entendu que les enfants allaités géraient mieux car leurs mâchoires seraient plus musclées. Je ne sais pas si c’est un mythe ou pas…
      Sinon oui pour Pierre tout va bien, quel ingrat 😉 !

  7. Tout d’abord, je trouve pas ton billet trop détaillé alors ne résume pas trop la suite hein!

    Ensuite, ta réaction me culpabilise (c’est pas le but de ton billet, je le sais bien) car pour moi la séparation a été salvatrice! Je pouvais ENFIN faire quelque chose de mes journées (oui bon…le ménage, les courses, fermer les yeux sur le canap aussi des fois…). Moi, les crises de larmes c’est quand Junior était à la maison. Ça doit te paraître horrible car moi c’est ta réaction qui me semble « normale » et pas la mienne. Le fait qu’il ne soit pas là quelques heures me permet de bien mieux apprécier les heures où Junior est à la maison. Je pense que chacun est différent, chacune perçoit sa maternité à sa manière…mais j’avoue que pour le coup, j’ai l’impression d’être une vraie mère indigne.

    Pour ce qui est de la vie à la crèche, vu que j’ai été hyper-déçue je vais avoir du mal à te rassurer et te dire que les nanas savent ce qu’elles font et que Pierre sera aussi heureux que chez toi (ou presque). Il reste un espoir que les crèches allemandes soient mieux qu’en France ^^

    1. J’ai bien noté la commande pour la suite, je vais donc sans doute l’écrire 🙂 .
      Je ne trouve franchement pas que tu doives culpabiliser et je suis désolée si ça a été l’effet de mon article ! Par ailleurs je ne trouve pas ma réaction « normale », elle était quand même exagérée. Trop d’amour peut être étouffant aussi tu sais, et c’est le risque que je cours avec ce genre d’attitude. Mais comme tu le dis, je ne suis même pas sûre qu’il y ait une normalité en la matière.
      Sinon pour les crèches, je pense qu’il est impossible de généraliser, en France comme en Allemagne, cela dépend du personnel, des locaux, de la direction mais aussi des attentes est besoins des parents et enfants. Je pense dans notre cas que nous avons quand même de la chance.

    2. T’inquiètes, tu n’es pas la seule, moi aussi déposer FeuFolet chez la nénène a été un grand moment de soulagement ^^
      D’ailleurs, même au chômage, j’ai prévu de l’y mettre quand même 2 jours 1/2 par semaines pour avoir du temps tranquille pour les tâches ménagères, préparer mon concours et juste souffler … même si depuis qu’il dort ça va quand même un peu mieux 😉

  8. Y’a un gros point positif : ton fils s’adapte bien et n’a pas peur ! Et ça c’est vraiment bien ! Comme je te comprends et comprends tes craintes… Heureusement que la semaine s’est bien terminée 😉
    Bises.

  9. Je vois que l’adaptation du Kita-Kind s’est super bien passée pour lui 🙂 (il n’y a pas de cellule de soutien pour les mamans ?! Je crois que finalement, c’est nous qui en avons le plus besoin, non ?!) Je trouve ça super bien de la part du personnel d’avoir été à l’écoute de tes remarques et de s’être adapté à Pierre … Je ne pense pas que ça soit partout la même chose 🙁
    Et pour ta réaction, tu ne dois pas être la seule à subir le contre-coup de cette séparation et à craquer … Quand j’ai été hospitalisée en mai, j’ai pleuré pendant des heures parce que je devais laisser mon gros bébé à mon mari …

  10. Je découvre avec un peu de retard ton billet… Moi aussi je suis en pleine reprise 🙂
    Ici à Paris j’ai trouvé l’adaptation progressive mais je constate une grosse différence entre nous : je n’ai pas assisté aux journées. Je ne sais pas ce qui se passe en détail, ni comment le personnel gère ma fille et les autres enfants. Et je crois que ça me rend service car comme toi j’aurais sûrement été chiffonnée par quelques petites choses. Au lieu de ça, j’ai le plaisir de déposer un bébé à l’aise et de le retrouver nourri, propre, reposé et tout joyeux. J’espère que le rythme « normal » t’aidera à retrouver confiance. D’ailleurs je vais tout de suite aller lire la suite de vos aventures…

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