De l’excellence à la routine : ma non-carrière (1)

De l’excellence à la routine : ma non-carrière (1)

Dans quelques semaines maintenant, je reprendrai le chemin du travail après plus d’un an d’arrêt. Si j’ai le cœur lourd à l’idée de confier mon bébé à la crèche, je me réjouis à l’idée de retrouver mes collègues, mon bureau et mes dossiers. J’ai conscience que c’est une chance, et je la savoure. Cependant, quand on me demande quel est mon métier, je ressens toujours une petite gêne pour répondre – a fortiori si la personne qui me pose cette question m’a connue au cours de mes 25 premières années. Je ne suis pas vraiment fière de ce que je suis devenue. J’ai choisi la facilité, le confort, quand peut-être d’autres voies m’appelaient. C’est l’histoire de mon parcours professionnel de l’école maternelle à aujourd’hui, de l’excellence à la routine.

Partie I : mes études

Ecolière,  j’ai dès les premiers jours rencontré un grand succès. Un grand succès auprès des institutrices j’entends. Auprès de mes camarades de classe c’était une autre histoire. Très vite, on m’a envoyée chez une psychologue passer des tests et j’ai pu sauter une classe. Je continuais à épater en écrivant des poèmes alambiqués, que mes parents affichent toujours chez eux. Je me faisais en revanche encore pipi dessus – on ne peut pas tout avoir. Je me souviens aussi bien des briques de couleur de la psychologue que de la flaque d’urine sous ma chaise au CP, drôles d’images qui m’ont accompagnée. Ma vie scolaire du primaire au collège fut ainsi marquée par deux lignes directrices : d’excellents résultats obtenus facilement, une amère solitude.

L’entrée au lycée a été synonyme de grand changement. Soudainement rebelle, je refusai de suivre la voie scientifique que tous me désignaient et choisis délibérément la voie littéraire. J’y trouvai d’autres gens comme moi, un peu sensibles, un peu à côté, et liai de vraies amitiés – dont certaines m’accompagnent encore aujourd’hui. J’adorais mes professeurs, qui me le rendaient bien. J’ai passé mon bac haut la main, 18 en français, 19 en lettres. J’étais si heureuse comme ça, j’aurais pu rester en terminale L toute ma vie je crois. J’apprenais ce qui me plaisait, j’étais bien entourée, je réussissais. Mais il fallait penser à la suite, et je n’avais aucune idée.

Mes professeurs enjoués par de si bons résultats m’ont parlé des classes prépa. Ils étaient convaincus que j’y avais ma place, et je me suis laissée convaincre. Pour y préparer quoi ? Je n’ai pas vraiment choisi en fonction des concours, j’ai choisi en fonction des matières. Et j’ai fini par intégrer une hypokhâgne permettant, entre autres, de préparer le concours d’entrée à Sciences-po Paris. Ca sonnait bien Sciences-po Paris, ça laissait la porte ouverte à plein de choses en plus de la littérature, ça voulait dire que j’aurais peut-être la chance de quitter un jour ma région, alors j’ai fait ça. Et je ne sais pas trop comment, mélange de chance et de compétences, à la fin d’une année exaltante, j’ai intégré cette école renommée.

Au cours de ces années, du primaire à la prépa, j’avais acquis l’idée que j’étais quelqu’un d’un peu extraordinaire, intelligent en tout cas, et que j’étais vouée à faire de grandes choses. Mes professeurs me l’avaient tellement répété, les faits semblaient leur donner raison. Je me souviens très bien du jour où j’ai appris ma réussite au concours d’entrée de Sciences-po Paris : il me semblait planer. Mon origine sociale ne me prédisposait en rien à intégrer une telle école à 18 ans. J’étais fière, je rêvais, je me voyais grande journaliste ou avocate, membre d’un parti politique peut-être.

Et puis la réalité m’a rattrapée. Une promotion à Sciences-po ce n’est pas moins de 1 000 inscrits. Et presque tout autant d’élèves brillants. A leur contact j’ai perdu ma différence. Je suis devenue une élève normale, tout juste au niveau parfois. Mes notes ont fini d’être parmi les plus hautes. Et puis je suis redevenue seule. Je ne me reconnaissais pas dans les codes des autres étudiants, parisiens, issus de grandes familles riches ou enseignantes. Je n’avais pas de réseau. Je me souviens les premiers jours, ne pas avoir osé demander ce qu’était un rallye – si certains ne le savent pas, ce sont des fêtes organisées entre jeunes de ce monde. Je n’ai jamais été plus malheureuse que pendant ces années d’études. Elles m’ont menée directement chez le psychiatre en passant par une case pas jolie jolie. Beau résultat pour l’excellence.

A la sortie de Sciences-po j’avais la possibilité de préparer l’ENA. C’était la voie rêvée. Mais j’ai fini par renoncer. J’allais trop mal, je n’avais plus envie de continuer. Mes rêves m’avaient lâchée. Je voulais trouver un travail, n’importe lequel, et recommencer à vivre, tout simplement. Pour cela et profiter de cette année d’avance qui m’avait tant coûté, je me suis inscrite en master de management à l’université Paris Dauphine. J’y retrouvai des résultats très bons qui ne me demandaient aucun effort, y fis beaucoup de belles rencontres et me dis que décidément, c’était bien ça, la vie simple que je rêvais d’avoir.

Lorsque j’ai commencé à chercher un emploi, je n’étais donc mue par aucune autre motivation que celle de trouver un CDI bien payé. Je voulais ma tranquillité, vivre et profiter encore de ces années de jeunesse qu’il me semblait avoir perdu en étudiant.

La suite et mes premiers pas dans le monde professionnel bientôt 🙂 .

25 réactions au sujet de « De l’excellence à la routine : ma non-carrière (1) »

  1. Ici c’est pas glorieux non plus, mais ça ne l’a jamais été ^^. J’avais même eu un test d’orientation poussé, une aprèm à répondre, en conclusion : vous êtes une artiste sans talent. Bien bien, et ça donne quoi comme carrière ?
    Je vais devoir chercher un boulot d’ici peu, je sais pas quoi chercher. Je veux juste un truc qui me permette de bosser depuis chez moi et pas trop chronophage pour garder la petite. C’est dur de s’investir dans le boulot sans vouloir passer à côté de l’enfance de ses enfants.

    1. Tu m’as faite rire avec ton résultat « artiste sans talent » 🙂 . Moi j’aime beaucoup tes dessins, vraiment, et je ne sais pas si un test d’orientation peut permettre de mesurer le talent mais bon. Tes critères de boulot, j’ai finalement les mêmes et j’ai réussi à résoudre l’équation en travaillant pour l’administration. Mais chut, je ne vais pas gâcher le suspens de mon prochain article 😉 .

  2. Eh, moi aussi je suis allée chez le psy, petite. Mais c’était pas parce que j’étais surdouée, mais timide et maladroite pathologique 😉

    Et moi aussi je suis allée en L alors que tout le monde pensait que j’allais faire S. Mais c’est qu’en 2nde, je commençais à avoir du mal en maths… et surtout, il n’y avait pas de L dans le lycée de la petite ville de mes parents, du coup ça m’obligeait à aller à l’internat dans la « grande » ville, ce qui pour moi était une aubaine 🙂

    Pour le reste, ben je peux pas dire pareil, j’étais plutôt bonne, mais pas excellente, à l’école. Du coup après mon bac L et une année de médecine (si si, et j’ai été mieux classée que ma sœur qui avait fait S, j’étais pas loin des premiers pris), je suis allée direct en fac de lettres. J’aurais pu faire une prépa (c’est ce qu’on me conseillait en terminale) mais je savais que de toute façon, les concours des grandes écoles auraient été trop compliqués et me demanderaient plus de travail que j’avais envie d’en fournir (et comme, faut pas se leurrer, beaucoup de ceux qui ont échoué aux concours se retrouvent à la fac, c’était tout aussi simple d’y aller tout de suite).

    C’est dommage tout de même, ce système où quand tu es très bon, on te pousse toujours plus à repousser tes limites et tu finis dans des filières où tu es juste moyen. Une de mes meilleures amies étaient très très bonne (au collège, elle avait 21 de moyenne et elle a eu son bac S avec plus de 18), elle a fait maths sup puis une école d’ingé, et là elle était moyenne. Maintenant elle a un bon job, mais rien d’exceptionnel non plus. Je trouve ce système un peu décevant pour les personnes à qui on a dit toute leur vie qu’ils étaient exceptionnellement intelligents. On gâche un peu leur confiance en eux… et dans un sens, leurs capacités. Dans le but de quoi ? De leur apprendre l’échec ? C’est un peu bête.

    (j’ai conscience que ce discours peut paraître l’apologie de la médiocrité mais c’est comme ça, j’ai vraiment horreur des systèmes qui pourrissent la vie des gens sous prétexte d’excellence, comme les prépas ou les grandes écoles)

    1. C’est drôle tu voulais aussi quitter ta ville d’origine alors, pourquoi ?
      Et j’ai du mal à t’imaginer en petite fille timide et maladroite c’est fou ça.
      Je me reconnais pas mal dans l’histoire de ton amie, avec au final un « bon job mais rien d’exceptionnel non plus » et c’est vrai que ce système n’a peut être pas beaucoup de sens. C’est pour ça d’ailleurs que finalement je pense choisir le système allemand pour mon bébé qui me semble davantage pensé pour le plus grand nombre et où classe prépa et concours n’existent pas. J’en parlerai peut-être un jour, tiens !

      1. Ha ha, et pourtant, si tu me voyais en vrai, tu constaterais que je suis (toujours) maladroite et timide 😉 Mais bon, avec le temps, j’arrive mieux à combattre ma timidité, et quant à la maladresse… j’ai un mari pire que moi, donc je ne m’en rends même plus compte (c’est en constatant les gros yeux de mon beau-frère quand j’ai fait tomber mon smartphone devant lui -ce qui pour moi était juste… normal- que je me suis rappelée que tout le monde n’était pas comme nous ;)).

        Ce n’est pas tant ma ville d’origine que je voulais quitter (quoique, dans ma vie j’ai toujours considéré les déménagements comme une opportunité géniale de remettre les compteurs à zéro, d’être une autre et meilleure personne avec d’autres gens), mais ma famille. J’ai des velléités d’indépendance depuis le plus jeune âge et je n’ai jamais été aussi heureuse que depuis que je suis adulte et que je fais ce qui me plaît dans ma propre maison 😉

        J’aimerais bien, moi en tout cas, que tu nous parles du système allemand, étant une fervente opposante aux concours !

        1. On a quand même beaucoup de points communs, je pourrais dire exactement la même chose concernant l’indépendance et les déménagements ! Et oui promis j’en parlerai dès que possible et aussi dès que j’en saurai encore plus – je n’ose jamais trop parler d’un sujet si je ne le connais pas à 100%.

  3. Moi j’aime bien les descriptifs de parcours, ça prouve que rien n’est lisse et rien n’est figé.
    Les gens pensait aussi que j’aurai dû réussir ‘mieux’ par rapport à mes résultats mais l’ambition n’a jamais été mon fort et je ne me verrais pas tout donner pour mon travail (comme je ne me serais pas vu tout donner pour mes études). J’aime bien me la couler douce.
    Pour moi la réussite c’est surtout de mener ta vie en accord avec toi même. Il faut faire des choix.
    Maintenant j’attends ta suite 🙂

    1. Je me reconnais bien dans ce que tu écris, j’aime bien me la couler douce aussi en fait 🙂 . Et finalement, étant donné que je suis très heureuse dans mon quotidien, c’est vrai qu’on peut dire que j’ai réussi ! La suite arrive bientôt promis.

  4. Mais t’es une boule en fait! Sciences po…bah dis donc…(bon déjà avoir un Bac L ça me paraît fifou…parce que moi et les lettres tu vois…)
    Viser l’excellence n’était pas vraiment ton projet. A te lire, c’était plutôt celui de tes profs. Survivre dans un monde qui n’est pas le tien alors que tu es là « par hasard » et non par vocation, ça ne pouvait pas être facile.

    Je sais plus ce que tu fais exactement mais je pense que tes fonctions actuelles ne sont pas non plus en bas de l’échelle sociale. Moi je connais bien le bas de l’échelle sociale via ma famille et je peux te dire que n’importe quel poste administratif est synonyme de réussite. Ce que je veux te dire c’est que tu n’as pas autant réussi que ce que tu aurais pu mais tu n’as pas échouer non plus. Mener la vie qui nous convient est une réussite non?

    1. Une boule ?! Je ne connais pas l’expression mais je la trouve rigolote 🙂 .
      En effet je ne suis pas franchement en bas de l’échelle sociale même sans doute plutôt dans les 20% du haut j’imagine. Et comme tu le dis, je suis si heureuse, c’est ça ma plus belle réussite ! Mais c’est juste que je ressens toujours un peu de déception dans le regard de ceux qui m’ont connue avant et que je ne l’assume sans doute pas encore pleinement… Mais cet article va peut-être m’y aider !

  5. C’est passionnant, j’ai hâte de connaître la suite ! Il y a plusieurs similitudes dans nos parcours : un an d’avance, bac L, classe prépa, pas beaucoup d’amis… Ensuite j’ai étudié, commencé à enseigner, puis j’ai fait un virage complet et repris mes études. Quand j’ai été diplômée j’avais l’impression d’avoir déjà bien profité de ma jeunesse. J’ai placé le travail au centre de ma vie : je cherchais un boulot prenant, où j’allais apprendre et ne jamais m’ennuyer, et, comme toi, je me fichais totalement du salaire.

      1. J’ai enseigné en primaire. Maintenant, je travaille en agence de communication, et c’est super intense ! Reste à voir comment je vais m’organiser pour mener de front ma nouvelle vie de famille et ce boulot très prenant…

  6. Encore un article passionnant ! Merci d’aborder tous ces sujets et de nous faire partager tous ces questionnements : je m’y retrouve souvent, et ça me permet de me poser les bonnes questions et de mettre des mots là où, sans tes beaux articles bien structurés, je cafouille !
    Oh la la, je me rends compte que ces blogs, en plus d’être une sacrée addiction, sont une vraie thérapie pour moi !

    Bref, pour revenir au sujet que tu abordes, tu me sembles déjà avoir pris pas mal de recul sur cette situation. Je comprends tellement bien ce sentiment d’avoir échoué « dans le regard des autres »! Mais j’ai l’impression que tu arrives à t’en détacher doucement et que tu es tellement consciente de ton bonheur quotidien que ce sentiment finit par être minime. Est-ce que je me trompe ?

    Je t’avoue que je suis également dans cette situation en ce moment, avec tout de même le gros bémol que ce sentiment d’échec vient plus de moi que du regard des autres. En ce qui me concerne, ce malaise entre ce que je pensais faire de ma vie professionnelle et la réalité a commencé à émerger et grandir depuis la naissance de ma fille. J’ai l’impression que cette étape tellement importante qui est la découverte de la maternité nous fait nous remettre en question, nous ferme des portes aussi (professionnellement je veux dire), et je ne l’ai pas très bien vécu. Je suis persuadée qu’une première année à la maison m’aurait permis de prendre le temps de digérer cette nouvelle situation, mais bon, en France, quand bébé a 3 mois, hop, on retourne au boulot ! Et non, malgré les possibilités de congé parental, je n’ai jamais envisagé cette option, qui ne faisait pas partie de ce que mon entourage (personnel et professionnel) attendait de moi. Souvent je le regrette, mais j’ai des sentiments tellement contradictoires au sujet de ma carrière que je suis constamment perdue….

    Comment est-ce qu’on fait pour concilier une belle carrière avec prise de risque et ambition, tout en voulant se garder du temps pour profiter du bonheur familial ? Personnellement, je n’y arrive absolument pas, et ma vie professionnelle passe à la trappe en ce moment. Est-ce que je ne vais pas le regretter plus tard ? Mais à l’inverse, je suis sûre de regretter le temps que je n’aurais pas passé avec ma fille !

    Dur dur, cette situation. Et comme tu dis, notre parcours scolaire ne nous prépare pas vraiment à tout ça : entre les enseignants qui te poussent sans même prendre le temps de chercher à savoir ce qui te plaît ou te convient, ceux qui te mettent tellement la pression que tu abandonnes avant même d’avoir essayé et le système scolaire tellement rigide, difficile de faire du sur-mesure. Je pense que le système allemand (ou autrichien en tous cas, que je connais mieux) permet bien plus de latitude.

    En tout cas, encore merci pour ce bel article, et j’attends la suite avec impatience, en espérant pouvoir m’inspirer de ton attitude positive !

    1. Oh non mais il est trop gentil ce commentaire ! Il me touche vraiment beaucoup, merci.

      Tout ce que tu racontes sur les problèmes de conciliation typiquement féminins, j’y ai été confrontée aussi… J’en parlerai dans la suite !

      Ah et non tu ne te trompes pas, je n’ai pas du tout envie de changer de vie !

  7. ben écoute, l' »excellence », comme tu appelles ça, j’y suis allée aussi, et j’en reviens. Déjà parce que ça ne rend pas forcément heureux et parfois même, très malheureux (j’ai suffisamment d’exemples!)
    Ensuite parce que croire qu’intégrer une grande école avec un nom prestigieux (Sciences Po, Normale Sup…) t’ouvrira un monde inaccessible autrement, dans lequel se mêlent métiers extraordinaires et nécessairement passionnants, émulation intellectuelle, opportunités incroyables, rencontres excitantes, voire, pour ceux que ça intéresse, également bon salaire, respect de la société… j’ai compris que c’était un mythe dans lequel évoluent tous les étudiants en prépa qui, ainsi motivés, s’avalent des kilomètres de livres pendant deux ans!
    Une fois qu’on y est, on se rend compte qu’on s’est déchiré pendant des années pour, au final, galérer comme les autres, peut-être avec un meilleur salaire pour ceux qui ont eu la bonne idée de ne pas s’essayer à la recherche -coucou!-, mais aussi avec plus d’exigences et de pression. Pour les cotoyer au quotidien, je pourrai longuement parler des normaliens, agrégés, docteurs, qui ont obtenu le graal et qui finissent en collège comme tout le monde.
    Bref! 🙂 Il est difficile de trouver un équilibre après ce genre d’expériences je trouve. De savoir se réjouir de ce qu’on a appris, l’utiliser, sans, pour autant, se sentir insatisfait et frustré d’une manière ou d’une autre. Tu as l’air d’être satisfaite de ce que tu appelles injustement à mon sens la « routine ». Et c’est tout le bien que je te souhaite! 🙂

    1. Ca me fait du bien de lire ton commentaire, je ne suis donc pas la seule 😉 . J’appelle ça la routine parce que c’est quelque chose qu’on peut aimer aussi la routine, non ? En tout cas j’aime la mienne, oui 🙂 .

  8. J’adore la réflexion « une prépa ? Pour y préparer quoi ? » … C’est exactement ce que je me disais quand j’étais en Terminale L ! Je n’ai jamais été première de la classe (il y avait toujours des « invincibles ») mais toujours dans les meilleures … Ma mère est prof, j’y étais « obligée » ! Je n’ai jamais eu l’ambition d’être la meilleure … Des bonnes notes, meilleure que machin ou machine et être tranquille, c’était mon but ! 🙂 Et puis, il faut avouer que j’étais très très très nulle en maths !!! Mon truc, ça a toujours été les langues donc à partir du moment où j’ai su que je pouvais faire LEA à la fac, mon chemin était tracé ! Ma mère a bien essayé de me convaincre de m’inscrire en prépa mais je n’aurais vraiment pas pu rester 2 ans de plus dans un lycée … Il fallait que j’aille à la fac et à Paris !! 🙂 (Par contre, elle a réussi à convaincre ma petite soeur !) J’ai eu tous mes semestres sans me fouler … Sauf le dernier où je me suis payée une méga gastro pendant la semaine de partiels ! J’ai dû repasser une matière pour une sombre histoire de pourcentage à une UE alors que j’avais bien plus que la moyenne … Bref ! L’étape suivante a été de partir en erasmus en Allemagne. Et j’ai fini par un master de marketing franco-allemand. Là, j’avais déjà plus d’ambition : on était que 11 dans la promo et des étudiants qui sortaient d’écoles de commerce et qui avaient cet esprit de compétition. Et puis, on entrait sur le marché du travail et on voulait gagner de l’argent 🙂 J’ai été très fière d’obtenir un poste marketing chez un constructeur automobile français (en Allemagne) à 25 ans … Clairement en sortant de fac, je ne pense pas que j’aurais eu cette opportunité en France ! Mais rapidement, je me suis retrouvée à un autre poste : l’assistante du directeur a fait un burn out (à cause de lui) et il me voulait absolument (j’étais jeune et française, parfaite pour son image) donc j’ai occupé cette place jusqu’à mon congé parental. Au début, j’étais furieuse car on ne m’a pas laissé le choix et puis finalement, j’y ai vu des avantages (salaire et gros réseau). Le problème c’est que ce n’est pas ce que je veux/voulais faire et que c’est très agacant/humiliant d’entendre dire les gens que tu es « secrétaire » (clairement, j’avais d’autres responsabilités qu’une secrétaire et je ne rentrais pas chez moi à 16h30 comme la plupart des autres employés …). Finalement, comme mon chef ne voulait pas me laisser partir, j’ai fait un bébé 🙂 Maintenant, je suis en congé parental donc j’imagine qu’on peut dire que le « déclin » continue … Faire des études pour s’occuper de ses enfants et être à la maison … Mais c’est mon choix ! Je n’ai pas envie de passer des heures dans une entreprise à faire un job que je n’aime pas pendant que mes enfants seraient à la crèche … Et en Sarre, on n’est pas vraiment gâté au niveau marché du travail … J’ai la chance de me permettre cette situation et je retournerai travailler quand j’aurai trouvé un boulot qui me plaît vraiment ! C’est loin d’être ambitieux, c’est carrément la routine … Mais pour le moment, cela me convient !! Je crois également que nos ambitions évoluent quand on a nos enfants … On ne vit plus que pour soi, on a ces charmants petits êtres qui nous rendent heureux d’une autre façon.

    1. Intéressant ton parcours ! Je connais ça les directeurs qui te veulent comme assistante perso parce qu’ils ont besoin de quelqu’un qui les aide tout simplement. Heureusement j’ai toujours réussi à préserver mon poste.

      « Maintenant, je suis en congé parental donc j’imagine qu’on peut dire que le « déclin » continue … » Cette phrase m’a trop faite rire !! On va dire qu’elle me va aussi, mais c’est un déclin très agréable alors 🙂 .

      1. Oh moi aussi, je le trouve agréable ce déclin 😉 Mais parfois, je me prends de bonnes claques ! La dernière en date venant de ma soeur à propos de nos cadeaux d’anniversaire : »bon tu me diras quel est ton budget pour mon cadeau vu que tu ne gagnes pas d’argent et je m’adapterai pour le tien » Okayyyyyyyy … Je me suis vraiment sentie comme une pauvre fille qui ne sert à rien 🙁 J’imagine qu’elle changera son point de vue (et reverra ses priorités) quand elle sera maman dans quelques mois !
        Et pour le poste d’assistante, j’ai été bien naïve ! Le directeur me voulait dès la 1ère fois où j’ai mis un orteil dans son bureau (il en avait marre de sa vieille assistante) et j’ai eu trop peur de me faire virer si j’osais m’y opposer … On apprend de ses erreurs ! 😉

  9. La recruteuse en moi adore ce genre d’articles de parcours scolaire et pro hihi !
    Mon parcours est différent car je suis vraiment fainéante et surtout, les systèmes scolaires belge et français sont radicalement différents… Les « grandes écoles » n’existent pas, il n’y a pas de concours (à part médecine et ingénieur pour des raisons de quotas et de « filtrage/éviter les sacrifices »), nous avons l’université (bac+5, le plus haut niveau) et les hautes écoles (bac+3) qui sont toutes accessibles librement avec le CESS (notre bac). Bref, les notes excellentes dans des lycées réputés donnent plus de facilités mais sûrement pas d’accès spécifique. Ca n’encourage pas à l’étude, je dois dire (et en même temps, tout le monde est égal face à l’éducation !) Franchement, faire l’option sciences (notre bac S) puis des études scientifiques à l’université, ça m’aurait demandé beaucoup de travail… et j’avais la flemme. J’ai quand même fait l’unif (parce que bon, soyons honnêtes, bac+3 ici, c’est vraiment trop facile quand tu es un bon élève d’un très bon lycée…), dans des domaines moins réputés, ça demandait du boulot mais sans se forcer.
    Je ne vais donc pas te jeter la pierre quand tu dis rechercher la tranquilité, je comprends tout à fait…!
    PS pour l’anecdote : en Belgique, si tu dis que tu as fait « sciences po » (chez nous, ça veut dire master en sciences politiques à l’université), on te met d’office dans la catégorie « n’a rien glandé pendant 5 ans et sera au chômage après » :p

    1. Ah tu remontes mes archives, c’est très gentil 🙂 ! Et merci pour ton explication sur le système belge, c’est intéressant. Concernant ton anecdote c’est pareil en Allemagne du coup je dis toujours pour faire vite que j’ai étudié l’économie, c’est mieux vu 😉 .

      1. Ouiiiii j’avais envie de m’y replonger, suite à ton dernier article qui m’a renvoyé vers l’article sur ton neveu (je n’y ai pas encore répondu mais il m’a tellement brisé le coeur à la lecture…)
        Ah oui l’économie mieux vue… Pourtant, je n’ai pas l’impression qu’on apprenne plus dans l’un ou l’autre de ces domaines.

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