Pour un congé parental réussi

Pour un congé parental réussi

Dans deux semaines maintenant, ça y est, la première partie de mon congé parental sera terminée. Cette première partie, c’est celle que j’ai passée seule avec mon fils, huit mois complets. Pour les trois prochains mois, son papa sera avec nous.

J’ai hésité sur le titre à donner à cet article (qui sait je vais peut-être encore le changer). J’avais pensé d’abord faire la liste de tout ce qui allait me manquer. Mais finalement ça ne colle pas vraiment, car ce n’est pas comme si nous allions désormais être séparés ! Et puis j’aurais trouvé ça triste, nostalgique, et ce n’est pas du tout mon état d’esprit actuel. Alors je préfère prendre une autre perspective. A posteriori, quels bons conseils donnerais-je à la primipare que j’étais l’an passé juste avant son congé ? Quelles bonnes idées garderais-je pour un potentiel deuxième congé ?

1. Les deux premiers mois : un peu d’indulgence s’il vous plait !

J’ai vraiment commencé à profiter de mon congé parental à partir du mois de janvier. C’est comme si  partir de ce moment là tout avait commencé à prendre sa place spontanément. Bébé a trouvé son rythme, j’ai recommencé à m’organiser. Avant ça, il y a eu les deux premiers mois. Et ceux là je dois dire qu’ils n’ont pas été très faciles ! Bébé n’avait aucun rythme régulier. La nuit, il était souvent pris de panique et hurlait des heures durant sans que je ne comprenne pourquoi. Je n’étais jamais sûre de moi, j’avais toujours peur de louper quelque chose : que le bain soit trop chaud ou trop froid, que bébé mange trop vite ou pas assez, qu’il ait de la fièvre sans que je ne m’en aperçoive… J’étais en mode survie : il m’arrivait de passer toute une journée en pyjama à me nourrir exclusivement de soupes déshydratées. Je n’arrivais pas du tout à sortir le matin : je n’étais jamais vraiment prête avant midi. Jusque là j’avais toujours contrôlé ma vie comme mon emploi du temps. Ces deux mois ont donc été particulièrement difficiles. Lorsque j’ai compris que bébé n’acceptait de dormir que sur moi, j’ai eu peur. J’ai cru qu’il allait garder cette habitude des années durant, je me demandais si je ne faisais pas une erreur en cédant ! Heureusement ma mère et ma sœur étaient là pour me réconforter et me dire ce dont aujourd’hui je suis convaincue : « Ce n’est rien, ça va passer ». Alors si je devais donner un conseil à une future jeune maman je lui dirais : « Sois un peu indulgente avec ton bébé et toi ces deux premiers mois ! Le temps que tu prennes tes marques en tant que maman, le temps qu’il arrive sur notre jolie planète… Lâche du lest en attendant : tant pis pour le ménage, la cuisine et le repassage. Ces deux mois, c’est pour vous deux et puis c’est tout. C’est d’ailleurs bien pour ça qu’est prévu un congé maternité sur cette durée, non ? ».

2. Jamais sans mes copines !

Le risque du congé parental d’un an, en tout cas le risque pour moi, c’était l’isolement. J’avais peur des longues journées seule avec mon bébé. Je n’avais pas peur de m’ennuyer, je savais bien qu’un bébé et un foyer à gérer sont des occupations à temps plein ! Mais je savais que tôt ou tard j’aurais aussi besoin d’échanger avec d’autres adultes. Quand il a grandi, j’ai découvert que mon bébé aussi s’ennuyait un peu, seul avec moi. Les journées se passaient toujours mieux quand nous avions au moins une sortie ou un rendez-vous de prévu. Il en revenait fatigué mais content. J’ai donc commencé à organiser mes journées avec le principe suivant : une sortie ou un rendez-vous par jour. Ni plus ni moins ! En effet, à partir de deux sorties, j’obtenais généralement l’effet inverse de celui désiré avec un bébé crevé et plaintif pour la deuxième sortie, et une maman de ce fait sur les crans. Mais comment prévoir une sortie par jour quand on ne connaît pas grand monde dans la ville où on vit ? On fait connaissance, tout simplement. J’ai échangé mes coordonnées avec toutes les mamans que je croisais et me semblaient sympas : au cours de préparation à la naissance, pendant le cours de rééducation post-accouchement, au parc… Cela demande à dépasser une certaine timidité mais vaut le coup ! Au final j’ai noué quelques jolies amitiés et trouvé de quoi remplir mon agenda.

3. Des activités en veux-tu en voilà…

En complément de ces nouvelles amitiés, il y a les activités pour bébé. J’en avais parlé ici. Au début de mon congé, j’ai hésité à m’inscrire aux différents cours proposés en Allemagne. J’avais peur des comparaisons entre bébés, je me demandais ce que cela pourrait nous apporter. Finalement, j’ai été conquise par le groupe que j’ai fréquenté chaque semaine. Pierre était ravi tous les mercredis de retrouver ses petits copains. Et moi j’étais contente de retrouver les autres mamans. C’était un moment vraiment sympa. Les activités proposées pour les tout petits étaient toujours très adaptées, je n’aurais jamais eu toutes ces idées moi mêmes. J’ai appris des chansons, des petits jeux de mains… A la fin, je récupérais toujours un bébé épanoui mais crevé qui enchaînait sur une grosse sieste. Et moi je pouvais flâner un peu en ville tranquillement. Si c’était à refaire, je crois que je m’inscrirais à un cours de bébés nageurs en plus ! Et pourquoi pas un cours de massage pour bébé ? Bref, vous avez compris, j’ai bien aimé et le recommande !

4. Vive les nouvelles technologies !

Encore une stratégie anti-isolement, la plus évidente et la plus accessible sans doute : internet. Je ne compte pas les heures que j’ai passées cette année, mon fils à moitié endormi dans les bras ou dans le porte-bébé, mon téléphone dans une main. Je crois d’ailleurs que l’achat d’un téléphone à grand écran a été un des meilleurs investissements de mon congé ! Grâce à lui, je me suis souvent sentie moins seule. J’ai découvert les forums puis les blogs. J’ai lu et j’ai écrit, j’ai échangé avec d’autres mamans françaises. Il y a la messagerie instantanée aussi, qui m’a permis d’écrire des milliards de messages à ma mère, à ma sœur, à mes meilleures amies. Il est de bon ton de nos jours de critiquer l’importance prise par les réseaux sociaux ou les phénomènes de cyber-dépendance. N’empêche qu’internet reste aussi un formidable outil de communication. Je suis sincèrement attachée aux membres de mon forum ou aux autres blogueuses que je lis. Et je suis ravie de vivre à une époque qui me permet de vivre éloignée de toute ma famille mais de pouvoir quand même écrire à ma soeur à 4 heures du matin : « Pierre à 38,5 de fièvre. Je fais quoi ??? ». Bien sûr, il faut savoir utiliser ces outils avec modération. Je me fixe pour ma part des petites règles d’utilisation. Je conseille cependant une bonne connexion et un smartphone pour équiper les jeunes mamans à la maison !

5. Encore un peu femme ?

J’ai survécu aux deux premiers mois, je ne me sentais pas trop seule mais soudain j’ai réalisé que je vivais à travers lui. Il est et reste ma nouvelle passion du moment, c’est vrai. Mais des fois je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir bête et moche. J’avais l’impression de ne plus avoir d’autre sujet de conversation. Et quand il m’arrivait de sortir sans lui – presque jamais mais ça arrivait – j’avais honte de mon aspect négligé sans nourrisson à mes côtés pour me justifier. J’ai donc décidé de faire un peu plus attention à moi, et même si parfois, j’ai été obligée de me forcer un peu, globalement cela m’a fait beaucoup de bien. Au rang des choses que j’ai entreprises pour moi cette année, je peux citer : la lecture d’un roman par mois, l’écoute quotidienne des actualités à la radio, une manucure régulière, quelques émissions culturelles à la télé, quelques sorties en solitaire, plusieurs projets au crochet ainsi que des tentatives répétées pour me nourrir sainement. Je ne pensais pas que la maternité aurait cet effet sur moi, mais j’ai vraiment eu tendance à m’oublier. J’ai même perdu plus de poids que je ne le souhaitais, parce qu’il m’est arrivé fréquemment de ne pas prendre le temps de manger. Ce n’est sans doute pas très sain, il vaut mieux penser à soi sans culpabiliser !

6. Etre réaliste sur les « to do »

Avant mon congé parental, j’avais prévu une liste de choses à faire pendant ces quelques mois. Je me disais que je n’avais jamais eu autant de temps libre, que je pourrais enfin prendre le temps de ranger mes placards ou refaire mes papiers d’identité. Au final, je trouve que c’est un peu ridicule. Pendant mon congé parental je ne travaillais pas c’est vrai mais je n’étais pas en vacances pour autant. Et puis j’avais envie de m’occuper de mon bébé, pas de faire de l’administratif. J’ai réussi à faire certaines choses de cette liste, la plupart même, et c’est peut-être bien, ça m’a donné le sentiment parfois d’être active quand même. Mais j’aurais du être plus réaliste en l’écrivant. Il y a des activités qui se combinent assez bien avec la garde d’un bébé et d’autres pas du tout ! La prochaine fois, j’essaierai donc d’être plus réaliste sur mes « to do ».

7. Profiiiiiite

Mon dernier conseil, il est tarte à la crème n’est ce pas ? Mais ce qui rend la fin de cette première étape beaucoup moins douloureuse je crois, c’est que j’ai la sensation d’en avoir vraiment profité. J’ai savouré chaque jour avec mon fils. J’ai observé chaque progrès. J’ai adoré le voir grandir à mes côtés. Je repense avec bonheur à toutes ces heures passées avec lui sur son tapis d’éveil, à tous ces repas pris en tête à tête, mais aussi à toutes ces sorties et ces fous rires avec les autres mamans. Bénéficiant sur ce point du système allemand, je n’en revenais pas d’être « payée » pour ça.  J’ai l’impression désormais d’avoir construit une relation sereine et très forte avec lui et de ne rien avoir manqué. C’est comme si j’avais assouvi ma première grande soif de maternité. Et tout cela me rend beaucoup plus sereine pour la suite. J’imagine que c’est quelque chose de très personnel et qui ne vaudrait pas forcément pour d’autres mamans ni d’autres bébés. Mais dans l’ensemble, je crois que ce n’est pas bête de se rappeler que tout à une fin : le jeune âge de nos bébés, le congé… Alors ça peut valoir le coût d’en voir les bons côtés !

11 réactions au sujet de « Pour un congé parental réussi »

  1. Je t’avoue que je t’envie ^^ Ici je suis heureuse d’avoir 6 mois pour gérer Lulu, mais je me sens épuisée et la solitude me pèse. Je suis un peu isolée par rapport à la ville et je croise peu d’autres parents. Bravo d’avoir géré ^^ (et oui le système allemand il a du bon quand même un peu !)

    1. La solitude, tu vois, ça prend 3 points sur 7 de mon récapitulatif, c’est donc sans doute bien l’enjeu majeur du congé parental… Et le fait qu’en Allemagne, presque toutes les femmes s’arrêtent un an pour une naissance m’a sans doute aidé à ne pas être trop seule. En tout cas moi j’ai l’impression que tu gères aussi ! Et c’est normal si certaines choses te pèsent… Ca m’arrive aussi 😉 .

  2. Plein de bons conseils tout ça, ton titre est donc bien choisi… Moi pour mon premier je n’avais pris que le congé maternité classique, c’est à dire que j’ai repris le boulot quand bébé avait 2 mois et demi, et j’avais vraiment pas envie mais bon, c’est bien passé. Puis dans la configuration dans laquelle je suis, j’ai eu la chance de pouvoir le prendre avec moi au boulot (entreprise familiale).
    Pour mon second j’ai pris un an, et comme Ragnagna, je t’envie, tu as l’air d’avoir super bien géré ton temps, moi je suis de toute façon assez solitaire, mais j’avoue que j’aurais aimé bouger un peu plus.
    Et 3 mois avec le papa!!?? Mais c’est génial ça! C’est le congé parental allemand qui est fait de cette manière?

    1. C’est drôle, moi j’ai mis du temps à accepter de ne pas pouvoir rester une année de plus à la maison… Je ne pensais pas en fait que d’autres pouvaient s’ennuyer 🙂 . Pour les trois mois avec papa, oui c’est le système allemand : 12 mois de congé parental à se répartir entre les deux parents, sachant qu’un des deux doit prendre deux mois minimum (c’est ce que font la plupart des pères, les mères restant donc au total un an, puisque ce congé s’ajoute au congé maternité). Le congé parental est indemnisé à hauteur de 60% du salaire, plafonné à 1 800 € (non imposable). Vraiment pas mal c’est vrai…

  3. Oh oui que c’est dur de ne pas s’isoler. Nous sommes les premiers de la bande à être devenus parents, du coup on a « dû » continuer de vivre comme eux c’est à dire sortir au resto les samedis soirs…mais ça faisait du bien de voir des adultes et de sortir des 4 murs de l’appart.
    L’ouverture du blog m’a pas mal aidé aussi mais il a été très tardif (Junior avait déjà 7 mois).
    Aujourd’hui je me languis vraiment de travailler car la vie de femme au foyer ne me comble pas. Mais je suis toutefois très heureuse d’avoir pu carrément quitter mon job pour vivre pleinement ma grossesse et la première année du fils.
    J’espère que beaucoup de futures mamans vont lire ce billet. Les conseils sont « simples »… encore faut-il y penser quand on a la tête dans le guidon.

    1. Je comprends qu’au bout d’un moment, on se lasse de la vie de femme au foyer. Finalement, aujourd’hui, je suis assez contente de reprendre mon travail en octobre, d’autant plus que ce ne sera qu’à temps partiel. J’ai rencontré une maman au foyer dernièrement, qui me racontait que, dès qu’elle a eu une place en crèche pour son petit dernier, elle avait commencé à travailler à temps partiel en tant que serveuse et que ça lui avait fait trop de bien ! Elle n’avait jamais travaillé et pas de métier en soi, elle n’en avait pas vraiment besoin financièrement mais elle en ressentait le besoin psychologiquement. Je trouvais que c’était un témoignage intéressant sur le plaisir qu’on peut avoir à travailler 🙂 .

      1. Je suis comme elle! Enfin, je rêve de retravailler, avoir un vrai statut social, gagner MES sous, faire autre chose que m’occuper de la maison et du petit…exister par un autre biais que la maternité en fait. C’est dur de s’épuiser à la maison sans aucune reconnaissance en retour ou de ne discuter qu’avec son conjoint comme seul adulte.
        Après, je dis ça mais j’ai peur de devoir regretter ma vie de mère au foyer une fois le pied en entreprise…Paradoxale moi??

  4. Tu as raison de rappeler que les 2 premiers mois peuvent être difficile. Quand on attend son premier enfant on s’imagine souvent que le petit ange va dormir bien sagement dans son berceau pendant qu’on éliminera un à un les points de notre « to do list »… La réalité est souvent bien loin de ça ! Malgré tout le congé parental peut être très agréable !
    Maintenant vous allez pouvoir profiter de votre été tous les 3 et je suis sûre que cela te plaira tout autant !

    1. C’est vrai que les deux premiers mois ont été un vrai choc pour moi je n’étais pas préparée ! Meme si c’est pour tout le monde différent (j’ai des amies qui sont partie en vacances avec leur bébé sans stress) de mon côté je me suis vraiment sentie débordée !

  5. Excellents conseils ! J’ai remarqué de mon côté que les sorties/rencontres/activités nous ont apporté d’excellentes journées. Je ne sais pas si cela s’explique parce que ma fille trouve son compte dans l’animation et l’interaction avec les autres, ou si c’est tout simplement parce que je suis plus détendue et moins focalisée sur elle qu’elle est plus zen aussi. Alors pas de to do, mais pas de journées « vides » non plus, ce serait mon retour d’expérience pour un congé parental réussi !

    1. Oui je suis à 100% d’accord avec ça ! Et tu as raison, je ne sais pas non plus exactement d’où ça vient, mais nous sommes toujours plus détendus mon loulou et moi en bonne compagnie 🙂

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