La rééducation du périnée en Allemagne

La rééducation du périnée en Allemagne

En France toutes les jeunes mamans en parlent forcément : la rééducation du périnée. Il y a différentes méthodes parmi lesquelles on peut choisir. Et apparemment le sujet est pris très au sérieux par le corps médical. Le risque de la descente d’organes à cinquante ans terrorise.

Ici, les choses sont un peu différentes. Personne ne m’a jamais parlé des risques liés à une absence de rééducation du périnée. Après l’accouchement, à la maternité, de très jeunes kinésithérapeutes, sans doute encore en formation, sont venus nous présenter des exercices que nous pouvions faire pour muscler notre ventre. Je parle assez bien allemand maintenant, mais je dois avouer que je n’ai pas compris grand chose. Il s’agissait de faire le nénuphar avec mon ventre autour de mon nombril (?). Sachant que celui-ci venait d’être dévasté et ressemblait à une vaste zone flasque incontrôlable, que j’étais moi-même encore dans l’incapacité de me lever à cause de mon hémoglobine trop faible, que je n’avais pas dormi depuis trois jours… Bref, la position du nénuphar, je n’ai pas franchement essayé.

Lors de ma sortie, j’ai été informée que j’avais droit à 10 séances de « Rückbildungsgymnastik » (qu’on peut traduire comme gymnastique de réparation) payées par la sécurité sociale. Ces séances devaient s’effectuer deux mois après l’accouchement. J’étais impatiente de m’y mettre. J’ai en effet rapidement constaté que j’avais perdu beaucoup de tonicité pour ne pas dire que j’étais devenue légèrement incontinente (attention on rentre dans le glamour).

Les séances de Rückbildungsgymnastik s’effectuent en groupe chez une sage-femme ou à la maternité, comme les cours de préparation à la naissance. La question est : avec ou sans bébé. Certains cours sont réservés aux mamans seulement. Il faut donc avoir une solution de garde une heure par semaine. D’autres cours autorisent la présence des bébés dans la salle. Je n’avais pas vraiment le choix de mon côté, n’ayant ni famille ni amies dévouées à disposition, j’ai choisi la deuxième option. Etant donné que j’habite dans une ville (la seule ville allemande ?) qui connait en ce moment un fort baby boom, les places sont chères et il faut s’inscrire très à l’avance dans les cours les plus réputés. Une connaissance de mon cours de préparation justement s’était inscrite dans le sud de la ville, et il restait des places. Je ne me suis pas posée plus de questions que cela et j’ai choisi de m’inscrire là-bas.

Au final je me suis donc rendue dans ce cabinet de sage-femme une dizaine de fois, tous les jeudi matins de mi-janvier à mi-avril. Les cours avaient lieu dans une grande salle très lumineuse. Nous faisons les exercices au centre, d’abord debout puis sur tapis. Nous étions positionnées en cercle autour de la sage-femme. Sur les côtés étaient posés des tapis au sol pour les bébés. Nous devions les laisser là ou dans leur poussette pendant le cours. Le nombre de participantes était assez variable : de quatre à douze je dirais. Moins nombreuses nous étions, mieux le cours se passait, évidemment.

Faire de la gymnastique avec son bébé posé à côté sur un tapis, ce n’est pas franchement évident et ça nuit bien sûr énormément à l’efficacité de l’exercice. Il y a bien sûr ces bébés calmes ou toujours contents, que je n’ai vu qu’une fois en dix séances sortir le nez de leur poussette ou s’exciter sur le tapis. Et puis il y a les bébés comme le mien, qui ne tiennent pas en place, qui s’énervent rapidement, encore plus quand le bruit et la chaleur de la pièce dépassent un certain niveau. Il y avait souvent des effets groupés : un bébé commençait à s’énerver et à pleurer, entraînant dans sa suite tous les autres. La sage-femme nous a finalement demandé de quitter la pièce dès qu’un de nos bébés commençait à râler. La conséquence pour moi, c’est que j’ai passé deux cours entiers dans le couloir.

Les exercices correspondaient à de la gymnastique douce, naturellement très centrée sur la contraction des muscles du bassin. Nous avons aussi appris des postures pour faire les choses sans se blesser : porter bébé, soulever un sac de linge lourd, ranger une chambre. J’avais un peu l’impression de faire de la gymnastique pour femme au foyer désespérée mais c’était intéressant quand même !

Est-ce que cette méthode de rééducation du périnée, si on peut vraiment l’appeler comme ça, est efficace ? Je ne sais pas mais à vrai dire j’en doute. J’ai surtout vu une différence suite à mon retour de couche, je pense donc qu’elle a plutôt été déterminée par mes hormones que mon exercice physique. Dans l’ensemble les choses se sont un peu améliorée mais mon ventre est toujours flasque et une légère incontinence dite « d’effort » a persisté. J’ai essayé d’en parler à mon médecin qui m’a dit que c’était normal après un accouchement. Normal jusqu’à quand, ça je ne sais pas encore, je reposerai la question la prochaine fois.

Et vous la rééducation du périnée ça s’est passé comment ? Le système français est-il plus efficace ? Vous avez le droit de me dire que oui, je vous promets que ça ne me redonnera pas le mal du pays !

7 réactions au sujet de « La rééducation du périnée en Allemagne »

  1. Moi, ce qui m’ énerve c’est qu’un médecin dise que c’est normal d’avoir une incontinence.
    Oui, dans un sens, c’est normal, le corps a souffert, les muscles sont distendus. Mais ce n’est pas normal de ne rien faire contre ! Ce n’est pas une fatalité.
    Je te conseillerai de profiter d’un passage en France pour vois une sage femme, elle pourra rapidement t’expliquer les exercices à faire à la maison. Ou alors d’en trouver une française là où tu es, moi c’est ce que j’ai fait, mais c’est sûrement plus facile dans une capitale.

    1. Tu as raison c’est vrai que ce n’est pas une fatalité et qu’il faudrait que je m’en préoccupe plus sérieusement… Bon je vais me motiver et envoyer un e-mail à ma cousine sage-femme, elle pourra peut-être m’aider à distance ?

  2. Coucou,
    C’est curieux que le suivi post-grossesse ne soit pas pris plus au sérieux que ça.
    Pour ma part, j’ai carrément eu droit à la sonde. J’étais vraiment sceptique quant à son efficacité. Au bout de 9 séances et des exercices à faire à la maison, j’ai constaté une nette amélioration ! Je te conseille aussi d’aller voir une sage-femme en France dès que tu en as l’occasion. C’est toujours mieux !

  3. Pour ma part, j’ai bien traîné pour faire la rééducation … J’ai fini quand Pierre avait 8 mois et demi ! La sécu rembourse les cours si tu les as faits avant les 9 mois de ton bébé. J’ai l’impression que c’était un peu moins le bazar même si les bébés étaient présents. J’avoue que la maman qui avait des jumeaux n’a pas dû faire grand chose ! J’ai bien aimé qu’on fasse la plupart des exos à 2, c’était plus sympa ! Et notre sage-femme était très dynamique 🙂 Au niveau du résultat, je sens que pour ma 2ème grossesse, je ne suis plus très « dicht » … Je crains un peu l’après 🙁 Et sinon, j’avais commencé la rééducation avec ma sage-femme du Nachsorge …Raison pour laquelle j’ai laissé traîner les cours ^^

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