Trois cycles sans

Trois cycles sans

Suite à la naissance de Pierre, son papa et moi étions spontanément d’accord : je resterai sans contraception. J’ai mal vécu mes années de pilule. Je sais que c’est une invention géniale qui a libéré les femmes. Mais au bout de dix ans d’utilisation presque sans interruption j’en avais marre. D’ailleurs comme un signe de mon inconscient, je l’oubliais tout le temps. Lorsque nous avons lancé le projet bébé, je brûlais d’impatience de redécouvrir mon corps sans. Je me faisais l’effet d’une adolescente juste avant d’avoir ses premières règles. Sauf que justement, j’étais alors en mode projet bébé et on ne peut pas dire que j’en ai vraiment profité. Chaque cycle était l’occasion de guetter fébrilement des symptômes, de repérer une hypothétique ovulation, de déceler une éventuelle grossesse. Et puis au bout du quatrième j’étais enceinte. Bref ce n’est pas vraiment ce que je peux appeler une expérience sans pilule. Cette expérience, je suis en train de la vivre maintenant car depuis l’accouchement c’est ainsi : je vis sans ! 
Comment ça se passe concrètement ? Tout a commencé avec le retour de couches. Après l’accouchement j’ai perdu longtemps du sang, puis de moins en moins, puis soudain encore un peu. Je me demandais a chaque fois si ce n’était pas le fameux retour de couches, mais je me trompais. Le retour de couches, je crois que c’est un peu comme la rupture de la poche des eaux : sauf exception, c’est difficile de passer à côté ! Pour moi tout a commencé trois mois après avoir arrêté l’allaitement. J’ai alors eu les règles les plus douloureuses et les plus abondantes de toute ma vie. J’ai tellement été surprise que – oui, j’ai honte – j’ai fait un passage par mon médecin généraliste avant de comprendre ce que c’était !! Depuis, les cycles se sont remis en place presque comme avant. Mais alors après un accouchement et sans contraception, qu’est ce qui a changé ?

Mes cycles sont restés à peu près les mêmes. Des souvenirs que j’en ai d’avant la pilule, et des cycles que j’ai connu avant ma grossesse, ils ont toujours été comme ça : réguliers, mais plutôt longs (entre 30 et 34 jours).

Je ressens beaucoup plus l’effet des hormones sur mon mental ! Je l’avais déjà constaté lors du projet bébé et maintenant que je suis libérée de la « course à la grossesse » cela me semble encore plus flagrant. Des phases de déprime inexpliquée aux pics de libido franchement fous, c’est assez étonnant de voir à quel point j’y suis sensible. Côté libido je dois dire la vérité : elle est nettement, très nettement plus forte qu’avant. La baisse de désir sexuel est un effet secondaire possible connu des contraceptifs hormonaux mais je ne voudrais pas les accuser trop vite. Peut-être qu’il s’agit aussi chez moi d’un effet de l’arrêt du travail  et de l’absence de mauvais stress qui en résulte ? Ou peut-être que ma vie de maman m’épanouit tellement que je suis aussi soudainement plus libérée sur ce plan ? Aucune idée mais la différence est flagrante et ravit mon mari !

Un autre point positif que je relie avec l’arrêt de la contraception : la perte de poids. Bon, j’ai toujours été très mince, presque trop, donc je n’ai jamais eu de problème avec ça. Mais quand même, il y a une différence. Je n’ai fait attention que quelques petites semaines, et j’ai perdu sans problème tous mes kilos de grossesse. Depuis je ne fais attention à rien, je ne mange pas très équilibré et je ne prends pas un gramme. Alors là encore, je ne peux pas forcément dire que c’est un effet de l’arrêt de la contraception. Peut-être que c’est seulement mon petit chat qui ne me laisse plus le temps de manger, ni la possibilité de me faire des soirées au restaurant alcoolisées à 2000 calories. Je ne sais pas, mais les faits sont bien là.

Il y a quand même des effets négatifs également ! Le premier, qui est très net depuis le retour de couches, ce sont les douleurs de règles. Je n’en ai presque jamais eu avant, avec ou sans contraception. Là, je ne sais pas ce qu’il se passe, mais chaque mois, je souffre vraiment. Je suis presque incapable de rester debout. Je ressens une pression très désagréable vers le bas. J’en parlerai à ma gynécologue lors du prochain contrôle. A mon avis, cela est davantage lié aux suites de l’accouchement qu’à l’arrêt de la pilule mais bien sûr, sans contraception, mes règles sont plus abondantes et j’imagine donc que la douleur s’en trouve amplifiée.

Le second effet négatif, vous vous en doutez certainement, c’est l’utilisation des préservatifs ! Oui parce que bon je vous écris que j’ai une libido d’enfer mais nous ne voulons pas forcément d’un deuxième bébé tout de suite. Alors nous redécouvrons cette bonne vieille méthode des couples jeunes. Nous savons qu’elle n’est pas très fiable mais nous prenons le risque : nous voulons de toute façon un deuxième enfant un jour, s’il arrive un peu plus tôt que prévu, ce ne serait pas un drame non plus. Après c’est personnel, en tant que femme je trouve que l’utilisation de préservatifs a du bon. Pour mon mari je crois en revanche que c’est vraiment un petit sacrifice. Mais il sait que j’ai pris pendant des années des hormones en rechignant alors il est d’accord pour cette fois subir les désagréments de la contraception. Dans ce domaine là aussi, nous appliquons la parité ! A l’origine nous avions dit que, si mes cycles restaient toujours réguliers, nous nous passerions complètement de contraception pendant les périodes hors ovulation. Mais nous n’en sommes pas encore là, pour le moment cette solution me semble encore bien trop risquée. J’aimerais quand même bien souffler encore un peu avant d’enchaîner sur un deuxième bébé ! Et vous, vous avez changé de contraception après bébé ? Comment s’est passé votre retour de couches ? Je trouve qu’on en parle pas assez !

5 réactions au sujet de « Trois cycles sans »

  1. Comme toi, je n’ai pas repris la pilule après la naissance de mon fils. En fait, je l’avais déjà arrêtée fin 2011 suite à un kyste et une opération pour l’enlever. On allait se marier, on voulait un bébé, je sentais que mon corps ne supportait plus donc basta ! Et on vit très bien sans 🙂 Certes, il faut faire « attention » en période d’ovulation mais sinon, c’est plus pratique, pas d’oubli … (j’oublie déjà une fois sur deux de prendre mes comprimés d’acide folique alors la pilule, ça serait la catastrophe ^^). Après la naissance de Pierre, on s’est protégé à chaque fois jusqu’à mon retour de couches, le jour de ses 8 mois (histoire que je m’en souvienne bien !). J’avais bien senti qu’il se passait « quelque chose » 2 semaines avant donc je n’ai pas été surprise.
    L’envie d’un 2ème bébé étant présente, je n’avais vraiment pas envie de reprendre la pilule … Et bon, ce qui devait arriver est arrivé … bb2 sera bientôt là 🙂
    Mon mari n’était pas réticent à utiliser à un préservatif. Il sait que ma pilule m’a causé des problèmes donc il accepte ce « sacrifice » et puis ce n’est pas à chaque fois ^^

    1. Ah c ‘est intéressant ! Je me rends compte que de plus en plus de femmes dans une relation stable font ce choix. Mais du coup ça a toujours marché de ne faire attention « que » pendant les périodes d’ovulation ? Pour le moment je n’ose pas trop abandonner le préservatif même dans les périodes a priori non risquées car j’ai peur de me tromper :). De notre côté nous en avons parlé hier dans l’idéal on aimerait bien que BB2 s’installe à partir de mai 2016 !

  2. Oui, ça a marché parce que je savais reconnaître les signes et en cas de doute, on utilisait un préservatif ! Bon et on (surtout moi) voulait un 2 ème donc on ne prenait pas de gros risque ! Par contre, comme on ne prévoit pas de petit trois, je ne sais pas quelle solution on choisira. Entre les 2 grossesses, ça me paraissait inutile de reprendre la pilule et d’intoxiquer mon corps !

  3. Je découvre ton article aujourd’hui et arrive un peu tard pour participer aux commentaires mais ce sujet me fait toujours réagir !
    Nous n’avons pas encore d’enfant avec mon mari et souhaitons attendre encore quelques temps (au moins la fin des travaux de notre maison!), mais après avoir pris la pilule pendant de nombreuses années j’ai décidé d’arrêter. Je sentais que mon corps n’en pouvait plus !
    Après une pilule trop dosée j’ai essayé une mini-dosée mais pour moi l’effet était le même et je ne voulais plus forcer mon corps à prendre un cachet tous les jours !
    Pour autant hors de question de tester des méthodes naturelles et on ne souhaitait pas trop revenir au préservatif (même si mon chéri l’aurait fait sans soucis si j’en avais décidé autrement). Du coup je me suis tournée vers les DIU, plus connu sous le nom de stérilet. J’ai trouvé une super gynéco qui accepte d’en poser aux nullipares. Comme je ne voulais pas d’hormones je porte un petit stérilet en cuivre.
    Les premiers jours (et surtout la pose) ont été un peu (beaucoup) douloureux, mais aujourd’hui je ne changerai de méthode pour rien au monde ! Je suis beaucoup plus en phase avec mon corps et mes hormones et me reconnais complètement dans ce que tu décris !

    1. Oh c’est super ton retour d’expérience sur le stérilet en cuivre ! Et ce n’est pas trop tard 😉 . Pour moi ce sera une option après avoir eu un deuxième enfant, pour le moment c’est sans doute idiot mais je n’ose pas… Et je dois dire que les douleurs dont tu parles me font un peu peur !

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