Pierre a un mois

Pierre a un mois

Je regrette un peu de ne pas avoir commencé plus tôt à écrire, pour me souvenir de toutes ces petites choses qui feront l’évolution de Pierre. Mais mieux vaut tard que jamais je commence aujourd’hui avec une rétrospective de ses trois premiers mois.

Poids et alimentation : mon p’tit bébé

Le séjour à la maternité ne se passe pas bien : Pierre doit être placée dans une couveuse à cause d’une jaunisse, je n’arrive pas du tout à allaiter et je dois commencer à tirer mon lait pour lui donner au biberon. Il perd énormément de poids, plus de 13% de son poids initial, et tout le monde s’inquiète. Au final nous restons une semaine au lieu des trois jours prévus. Je revois ses petites mains toutes bleuies à cause des prises de sang à répétition, son petit corps dans la couveuse avec les lunettes qui protègent ses yeux de la photothérapie.

De retour à la maison, il boit en moyenne 60 ml par repas, au moins 8 fois par jour, donc au total environ 550 à 600 ml de lait maternel quotidiennement. Lorsque la sage femme venue à domicile m’annonce qu’il a récupéré son poids de naissance, je fonds en larme. J’ai eu tellement peur pour celui que j’appelle alors « mon p’tit bébé ». A quatre semaines il pèse finalement 3 kilos 740 et mesure 52,5 cm.

Sommeil : un grand dormeur ?

Pierre est sage, presque trop sage, à tel point que j’ai peur parfois que cela ne cache quelque chose. Il dort jour et nuit dans sa poussette, et je dors à côté de lui sur le canapé. La poussette ne rentre pas dans notre chambre et nous préférons laisser dormir le papa.

Caractéristiques, aptitudes et activités : les yeux et les oreilles grand ouverts

Les premiers jours, son corps est recouvert d’un petit duvet que je trouve incroyablement doux. Il a de grands yeux souvent ouverts. Il prend très bien le biberon et boit même goulûment tout ce qu’on lui propose, lait maternel ou artificiel. Il semble apprécier particulièrement la radio (MFM, chansons françaises !), et s’endort presque toujours avec ce bruit de fond pour l’apaiser.

Les impressions de la maman : au bord du baby blues

A la maternité je n’arrête pas de pleurer. J’ai beau essayer de me raisonner, de me dire que rien de tout cela n’est grave (la jaunisse, la perte de poids), je n’y arrive pas. Cette première semaine reste encore un grand traumatisme pour moi.

Heureusement, nous recevons peu de visites. Je crois que je n’aurais pas été en mesure de les assurer. Mes beaux-parents seulement passent le deuxième jour. Mais c’est avant le diagnostic de la jaunisse, quand tout va encore bien. Je suis touchée par la retenue de ma belle-mère, qui n’ose pas me prendre mon bébé des bras. Je redoutais tellement son attitude. Mes parents, malgré le prix exorbitant des billets, débarquent de France dès la fin de semaine et sont adorables. Ils gèrent toute l’intendance avant notre retour, assurent les courses, la cuisine et le repassage.

A la sortie, je suis obsédée par la prise de poids de Pierre. Je continue à tirer mon lait, persuadée que c’est le meilleur, mais cela m’épuise. Je dois enchaîner toutes les trois heures biberon / change / câlins et tirage, c’est très fatigant. L’image que j’ai de moi et de mon corps en prend un coup aussi. Rien de moins sexy que cette machine à tirer le lait, je me sens réduite au rang de vache laitière. J’avais déjà si mal vécu ma grossesse, j’ai l’impression que le cauchemar se poursuit…

Mes mamelons ne se remettent pas des premiers jours d’allaitement ratés : ils saignent, et c’est une douleur lancinante et permanente. Je n’arrête pas depuis de dire que l’allaitement m’a fait davantage souffrir que l’accouchement et c’est vrai. Au bout de deux semaines, première mastite, 40° de fièvre m’assaillent.

A la fin de ce premier mois, j’entame ma troisième mastite et je décide d’arrêter l’allaitement. Ça ne fait aucun sens de toute façon d’allaiter cette machine. Tous mes rêves de fusion et de proximité charnelle sont envolés. Et puis que ressent mon fils face à toute cette souffrance ? Comment vit-il les nuits de fièvre pendant lesquelles sa maman ne peut plus se lever ? Cette décision, si dure à prendre, si lourde de culpabilité, est une véritable libération. Mes seins guérissent enfin (même si il reste des marques), je retrouve mon corps pour moi.

L’allaitement raté et l’angoisse ajoutés aux réveils nocturnes constants m’épuisent littéralement. Avec mon mari, nous nous disputons souvent. Il n’a pas pris de congé et ne peux pas me soutenir. Nous réglons nos comptes post-grossesse aussi. Heureusement Pierre est là, il est magnifique et grandit à vue d’œil. Et la fontaine d’amour qui s’est déclenchée le jour de l’accouchement ne se tarit pas. Alors malgré tout, je l’admire chaque jour avec fierté et remercie le ciel qu’il soit là.

6 réactions au sujet de « Pierre a un mois »

    1. En fait mon fils ne s’appelle pas comme ça ;). Mais j’ai choisi ce surnom pour le blog avant de découvrir le tien ! Nous avons longuement pensé appeler notre fils Pierre, ce prénom nous plaisait beaucoup et sonne bien dans les deux langues – j’imagine que c’était un argument pour vous aussi ! Mais nous avons finalement choisi un autre prénom car celui-là est déjà porté par deux de mes oncles.

      1. Ahaaaa ! 🙂 Pour nous, ce prénom est arrivé très tard, vers 36 ou 37 sa … Et c’est son « vrai » prénom qui finalement était une évidence car porté par le papa et l’arrière-grand-père côté allemand et mon arrière-grand-père, mon oncle et moi (mon 3ème prénom qui est composé). Maintenant, on galère pour son petit frère 🙂 Vous avez trouvé un prénom prononçable dans les 2 langues ? C’est super dur pour un garçon !

        1. Oui on a trouvé mais franchement c’était très très dur… On est resté dans le « traditionnel français » du style : Charles, Jacques, François… D’ailleurs je vais écrire un article sur ce sujet je crois :). En tout cas je compatis, dans l’absolu j’aimerais bien avoir un deuxième petit gars un jour mais quelle galère de trouver un deuxième prénom pour un garçon ! Je pense que c’est plus facile pour une fille.

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