Mon accouchement (de rêve)

Mon accouchement (de rêve)

Je n’ai pas beaucoup aimé ma grossesse, j’y reviendrai à l’occasion. En revanche, je dois le dire, j’ai eu un accouchement de rêve. A côté de tous les récits d’horreur qu’on peut trouver, j’avais donc envie de proposer le mien.

J’ai perdu les eaux un samedi soir en prenant l’apéritif en amoureux avec mon chéri. Toute la journée, je m’étais sentie particulièrement lourde et tendue. Je savais que désormais, cela pouvait arriver d’un jour à l’autre. J’ai entendu un « plop », une drôle de sensation et de l’eau a commencé à couler vraiment de mon entrejambe : aucun doute possible donc, je perdais les eaux. Mon mari a d’abord cherché comme toujours à minimiser la chose, pensant que j’exagérais, que je me trompais. Puis il a vu l’ampleur de l’inondation et il a réalisé.

Nous étions surexcités et avons filé très vite à la maternité – en oubliant la moitié des affaires évidemment. Je n’avais jamais vraiment réussi à me résoudre à préparer cette fichue valise. Heureusement en Allemagne tout est fourni par la maternité. Sur le coup je disais « oh non c’est trop tôt je ne voulais pas accoucher maintenant » mais mon mari m’a empêché strictement d’y penser (j’ai accouché à 36 SA après une menace d’accouchement prématurée, MAP pour les connaisseurs). Maintenant il fallait y aller !

Une fois arrivés à la maternité ils m’ont examinée, je n’avais alors pas encore de contractions. Ils nous ont dit que si le travail ne commençait pas de suite ils me garderaient pour la nuit et qu’on ferait le point le lendemain pour un éventuel déclenchement. A ce moment là j’ai paniqué car je ne voulais ni être séparée de mon mari pour la nuit ni être déclenchée (après une MAP j’aurais trouvé ça vraiment fort…) ! Avec mon mari nous avons donc décidé de tout faire pour accélérer les choses. J’ai un souvenir tendre et drôle de cette heure passée à déambuler avec lui dans les couloirs du CHU. Nous avons pris les escaliers, marché, parlé, fait des photos et des petits films souvenirs… Et finalement le travail à commencé : les contractions ont commencé et sont devenues toujours plus fortes, toujours plus longues. Lorsque nous sommes retournés en salle de travail, la sage femme a décidé de nous garder.

Au début ça allait, je gérais bien la douleur. Je me souviens que ce qui me gênait le plus, c’était la perfusion qu’ils avaient installée sur ma main ! A 1 h du matin mon col était déjà ouvert à 5.

Puis ça a commence à devenir très long et douloureux. Ce moment est mon seul vrai mauvais souvenir. J’étais seule avec mon mari dans une chambre et je ne savais plus bien gérer la douleur, ne j’arrivais pas à bien respirer, je paniquais… Mon mari ne savait pas quoi faire pour m’aider. Je me concentrais sur l’horloge suspendue au dessus du lit. Je comptais les minutes en me disant que tôt ou tard j’aurai droit à la péridurale, que quoi qu’il arrive ce serait bientôt terminé et je rencontrerai mon bébé.

Finalement la sage femme est revenue, elle m’a fait une perfusion de paracétamol et m’a aidé à mieux respirer sur les contractions. Autant dire qu’elle m’a sauvée. À 3 h du matin mon col était alors à 10 ! Elle m’a ramenée dans une chambre de travail et m’a dit « maintenant on y va sans péridurale ça risquerait de tout stopper, ça va aller ». Aidée par mon mari, la sage femme et la gynécologue j’ai donc poussé comme une dingue jusque 4h40. Ça m’a semblé très court bizarrement, je ne sentais plus trop la douleur, la sage femme était extra, une vraie coach. A chaque contraction, je me concentrais sur ses instructions et rien d’autre. Elle m’a proposé à un moment de sentir la tête du bébé entre mes jambes mais j’ai refusé. Je trouvais ça trop bizarre… Et je n’avais pas besoin de ça pour me motiver ! Et finalement il a fini par sortir.

Quand il est sorti j’ai pu le prendre moi même et le mettre sur mon ventre… C’était magique, je ne m’attendais pas à ça, et tellement naturel, nous n’avons pas été séparés une seconde. Après j’ai du être recousue d’un petit déchirement mais je n’ai rien senti. Ils m’ont anesthésié localement comme chez le dentiste… Ils ont sondé ma vessie aussi pour aider à la sortie du placenta mais là encore ça ne m’a sincèrement pas fait mal du tout. Pendant ces petits travaux Pierre était toujours prêt de moi dans les bras du papa. J’étais attendrie de les voir se découvrir comme ça. Les premiers examens du bébé ont aussi eu lieu dans cette chambre, c’était bien. Pierre a reçu un peu de lait à la seringue, il n’arrivait déjà pas à têter. Ca c’était le début de la galère allaitement mais je ne le savais pas. J’étais dans un autre monde de toute façon, comme droguée, pleine d’amour et de joie ! Je ne me reconnaissais pas.

La sage femme était une perle sans elle je n’aurais sans doute pas réussi sans péridurale. Je l’ai remercie mille fois à la fin, d’autant plus que pendant les contractions je n’avais pas toujours été adorable. Elle m’avait proposé à un moment de prendre un bain. Il faut voir comme j’ai refusé… Heureusement elles doivent être habituées ! J’en suis quand même ressortie avec beaucoup d’admiration pour ce métier.

J’ai pu faire don de mon sang de cordon comme je le souhaitais. Ça ne change rien à l’accouchement et ça peut aider des patients atteints de leucémie par exemple. Ça se fait dans les grands hôpitaux.

Au petit matin donc Pierre était là. J’étais émerveillée par sa beauté sa perfection. Je n’étais pas devenue mère en tombant enceinte. En tout cas j’avais eu du mal pendant toute ma grossesse à m’extasier sur le fœtus qui grandissait en moi. Mais à la seconde où il est sorti je l’ai aimé passionnément d’un amour que je ne connaissais pas et dont je n’avais pas imaginé l’intensité. J’étais devenue maman.

4 réactions au sujet de « Mon accouchement (de rêve) »

  1. Tu me ficherais la larme à l’oeil, dis! J’adore les récits d’accouchement, probablement parce que les miens ont été catastrophiques. Le tien était formidable, et sans péridurale, chapeau! Moi non plus je n’ai pas aimé être enceinte, mais une fois le bébé sorti du ventre, on n’a qu’une envie, revivre une autre grossesse pour assister au final si magique!

    1. Pour l’accouchement en effet j’ai eu de la chance ! De là à vouloir être de nouveau enceinte… Il me faut peut être encore quelques mois de réflexion 😉 .

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